Comparaison de vins immergés en mer avec les mêmes vins restés à terre samedi, 24 septembre 2016

Un mail d’invitation me suggère de me rendre chez le caviste Soif d’Ailleurs pour faire une dégustation comparative à l’aveugle d’un champagne dont une bouteille a passé douze mois en mer à soixante mètres de profondeur et une autre provient de la cave de la maison Drappier.

C’est la société Amphoris qui immerge des bouteilles en mer d’Iroise pour étudier les effets du séjour en mer profonde. On annonce aussi la présence d’un représentant de l’Institut Universitaire de la Vigne et du vin, Régis Gougeon, que j’ai déjà rencontré lorsqu’une bouteille de Bourgogne, trouvée dans les ruines de l’Abbaye de Saint-Vivant, très probablement du 18ème siècle, avait été ouverte par mes blanches mains et dégustée au siège de la Romanée Conti.

Cette invitation me plait car j’ai eu la chance de goûter des vins qui ont passé plus d’un siècle sous l’eau et cette expérience pourrait être intéressante.

Soif d’Ailleurs est un marchand de vin spécialisé dans les vins du monde, offrant des vins de 45 pays et de 198 cépages ! La salle de dégustation est belle et le patron de la boutique organise des événements dans ce bel endroit. On se sent bien en ce lieu.

Après une petite vidéo qui montre comment les bouteilles sont immergées, nous avons deux verres à déguster le 1 et le 2 du Champagne Drappier La Grande Sendrée 2006. Ce vin qui est la cuvée de prestige de la maison Drappier est fait de 55% de pinot noir et 45% de chardonnay. Le 1 a un nez plus intense et le 2 a un nez plus frais. Le 1 fait plus dosé, plus noisette alors que le 2 fait plus souple. Le 1 est agréable et le 2 a une belle longueur. Mais force est de dire que ces écarts sont à la marge car on sent bien que les deux sont le même champagne. Avec un peu de temps je dirais que le 1 est plus vif.

On nous demande lequel est allé sous la mer. Régis Gougeon et moi, nous pensons que c’est le 2 qui a été immergé. D’autres personnes présentes pensent comme nous. Mais c’est le 1 qui a passé un an dans une mer à 11-12°.

Lors de la courte présentation par Régis Gougeon des études déjà faites, il avait indiqué sur la diapositive des résultats : « résultats contrastés ». Et nous allons en avoir la preuve.

Le deuxième essai sera fait sur un Brokenwood Cricket Pitch Australie 2011 avec 55% de sémillon et 45% de sauvignon blanc. Les deux vins sont très expressifs. Le 1 a un nez plus frais. C’est un vin très agréable au finale de noisette, bien expressif alors qu’il est jeune. Le 2 a un nez plus dense. Il est un peu moins brillant mais son finale est plus frais. Je préfère le 1 plus vif et je dis que c’est lui l’immergé, au hasard, et c’est la bonne réponse.

Nous allons maintenant vers un vin rouge de Toscane, dont le propriétaire est un archéologue célèbre qui a acheté un vignoble pour y planter un cépage ancien totalement oublié, le Foglia Tonda. Le vin est donc un Foglia Tonda de Toscane de Guido Gualandi 2012, vin biologique qui titre 13,5°. Il est présenté par sa fille.

Le 1 a un nez plus ouvert, il est très original et très pur, au fruit discret. Le 2 est plus cassis, plus riche, plus conventionnel même si le finale est mentholé ce que j’aime. Je préfère le 1. Je suis incapable de dire lequel est immergé et on nous dit que c’est le 2. Et là où la phrase du scientifique sur les résultats contrastés prend toute sa valeur, c’est que la fille du propriétaire, qui connaît bien son vin, s’est trompé en estimant que le 1 avait été immergé.

Nous avons poursuivi avec un vin rouge de Brokenwood, qui ne m’excite dans aucune des deux versions. Mais je préfère le 2 alors que c’est le 1 qui a été immergé.

Je suis intervenu pour dire qu’une immersion d’un an seulement n’est pas suffisante pour être probante. Il faut encourager ces expériences et je ferai mon possible pour les encourager, car si je suis venu, c’est parce que le plus grand champagne que j’aie bu est un champagne Heidsieck 1907 qui a passé cent ans sous l’eau dans une mer à 4°. Le fait que le vin combinait une étonnante fraîcheur d’un vin très jeune avec la patine que donne forcément le siècle d’existence a produit sur moi une émotion magique. C’était Hibernatus revenant à la vie !

Amphoris semble une société très sérieuse qui a étudié son dossier et l’association avec des scientifiques pour faire des analyses est une bonne chose. Il faut multiplier ces expériences avec des grands vignerons, en se fixant des horizons de plus long terme. Je suis heureux d’avoir participé à cette expérience, même si les résultats sont « contrastés ». Le patron de « Soif d’Ailleurs » Mathieu Wehrung est passionnant. Sa boutique est une caverne d’Ali Baba pour amateurs curieux de vins rares et étonnants. Une maison comme Dom Pérignon qui a créé les Œnothèque ou les P2 et P3 devrait se lancer dans les Dom Pérignon immergés. Ce serait très excitant.

Des exemples de bouteilles qui ont été immergées

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les deux bouteilles de Drappier

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des couleurs très proches

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203ème dîner de wine-dinners au restaurant Pages vendredi, 23 septembre 2016

Le 203ème dîner de wine-dinners se tient au restaurant Pages. Pour ce dîner de rentrée, nous serons seulement huit, avec un éclectisme rare : une indienne qui organise des événements où le vin joue un rôle et promeut toutes formes de gastronomie, indienne et européennes, une américaine représentante pour l’Europe d’une grande maison de vente de vins américaine, le directeur propriétaire d’un des grands guides gastronomiques, le gagnant de l’énigme d’un des récents bulletins (n° 695), une spécialiste de thés qui organise des dégustations et veut connaître mes dîners, le réalisateur des films du 200ème dîner et un habitué mordu de mes dîners, qui est le seul à avoir déjà assisté à un de mes dîners.

J’arrive peu avant 17 heures au restaurant pour ouvrir les bouteilles. La proportion de bouchons qui viennent en charpie est très élevée. Y a-t-il un phénomène saisonnier, la question pourrait se poser car des périodes de forte chaleur sèche et des périodes de pluie se sont succédé avec des rythmes brusques. Les deux blancs ont des nez très engageants comme le Lynch Bages 1955 au lourd parfum de truffe. Le Rausan-Ségla 1948 est bouchonné et je crois que j’ai une explication plausible. La maison Hannapier Peyrelongue qui diffuse ce vin l’a reconditionné il y a plus de trente ans et c’est cette opération qui a fait apparaître ce nez de bouchon qui me semble indélébile. Les deux hermitages ont des parfums très différents mais prometteurs. L’Yquem 1935 est impérial, avec toute la palettes des sophistications d’Yquem alors que le Rayne Vigneau 1942 a besoin de s’aérer. La proportion de vins bouchonnés dans mes dîners est très proche de zéro. Comme nous avons dix vins pour huit, nous ne serons pas en manque.

Il me reste deux heures avant le repas. Comme le veut la tradition, je vais au bistrot 116 qui jouxte le restaurant prendre une bière japonaise en grignotant des haricots edamame qui sont un « pousse à la consommation », car on croque les fèves en les retirant avec ses dents de la gousse saupoudrée de sel. Comme il est prévisible j’ai redemandé une autre bière !

Les convives sont tous à l’heure. Pour ne pas déranger les personnes qui dînent nous commençons l’apéritif sur le trottoir, pour que j’aie le temps de donner les consignes habituelles des dîners. Le Champagne Comtes de Champagne Taittinger Blanc de Blancs 1994 est un champagne agréable, solide et équilibré. C’est une valeur sûre, même si son message n’est pas très complexe.

Nous passons à table et continuons les amuse-bouche avec le Taittinger et nous passons ensuite au Champagne Salon 1990. Le saut qualitatif est manifeste. Ce qu’il y a de bien avec ce Salon, c’est qu’on sent tout de suite qu’il est très complexe mais il est aussi très accueillant. Il ne nous embarrasse pas car son message est limpide. Il est fluide, long en bouche et ne manque pas de grâce.

Les amuse-bouche sont très variés. Laure nous les présente mais on oublie vite – du moins moi – ce qu’elle nous a expliqué. Ce n’est pas grave car tout est délicieux et adapté aux champagnes.

Le menu composé par le chef Ryuji Teshima dit Teshi est : Amuse-bouche de saison / Caviar de Sologne / Homard bleu de Bretagne et risotto de riz sauvage croustillant / Agneau de lait, sauce figue et balsamique blanc / Trio de bœuf (bœuf de maturation et bœuf Ozaki) / Stilton affiné / Tarte à la mangue, pétales de mangue et sauce ananas.

Le Salon 1990 continue sur le caviar de Sologne posé sur une crêpe ou sur des dés de pomme de terre. Ce caviar bien iodé excite divinement le champagne. Je le préfère sur la crêpe.

Le homard bleu accueille deux vins blancs. Le Sylvaner Vin D’Alsace Trimbach 1962 avait à l’ouverture un parfum riche et franc. Ce vin est une belle surprise car il a une présence que je n’attendais pas aussi belle. Il est cohérent, ramassé, et très souple pour accompagner le homard, avec des notes très douces.

Le Château d’Arlay Côtes du Jura 1969 qui sentait la noix à plein nez à l’ouverture est un vin de puissance. Il est conquérant. L’accord se trouve mieux avec le Sylvaner car le vin du Jura est trop dominant, mais il est sacrément bon comme le montreront les votes. Sa personnalité est convaincante. Le risotto au riz sauvage n’ajoute pas grand-chose au homard et perturbe un peu l’accord naturel des vins avec le petit homard intense et goûteux.

Le Château Rausan-Ségla Hannapier Peyrelongue 1948 est définitivement bouchonné. Nous l’écartons. Le Château Lynch-Bages Pauillac 1955 accompagne le délicieux agneau de lait. Il avait un nez de truffe à l’ouverture qu’il a conservé. Il est riche, plein, cohérent, avec une affirmation de bon aloi. C’est un vin de satisfaction qu’on pourrait boire éternellement sans se lasser. Il crée un accord parfait avec l’agneau qui le met en valeur. Ce serait bien difficile de lui donner un âge.

Les morceaux de bœufs sont absolument délicieux et très différents, le bœuf allemand étant le plus racé et le Wagyu fondant comme un bonbon. Si les bœufs sont dissemblables, il en est de même des deux hermitages. Le Grand Hermitage Chapoutier 1953 est tout en douceur. Il est suave tout en ayant une belle vibration. Il est confortable. Il l’est tellement qu’il sera désigné premier par le consensus des votes.

L’Hermitage Cuvée Marquise de la Tourette Delas 1978 est beaucoup plus vif, tranchant, imprégnant. Le Chapoutier convient plus au Wagyu et le Delas convient mieux au bœuf normand et au bœuf allemand. Ce qui est amusant c’est qu’au moins un hermitage est premier ou second dans les votes de chacun. Et deux convives ont mis les deux hermitages dans leurs bulletins de vote. Ils trustent les deux premières places.

Le Château Rayne Vigneau 1942 est beaucoup plus sombre, acajou foncé, que le Château d’Yquem 1935 qui est assez clair. Il accompagne un très beau stilton. Il est riche, fort, et trouve sa place, même s’il ne peut pas faire oublier l’autre sauternes.

L’Yquem 1935 est d’une décennie froide dont beaucoup d’Yquem ont « mangé leur sucre » à l’exception du 1937 d’une rare richesse. Et là, ce 1935 me surprend car, sans être une bombe, il est d’une belle présence avec une sucrosité que je n’attendais pas aussi belle. Cet Yquem très complexe et varié évoque tous les fruits exotiques qui ont sa couleur. C’est un grand Yquem que je mettrai premier de mon vote.

Nous sommes huit à voter pour dix vins. Huit vins sur dix ont reçu des votes, mais compte tenu du vin bouchonné, ce sont huit vins sur neuf qui ont été placés dans les quatre premiers d’au moins un convive. Quatre vins ont été nommés premiers, le Grand Hermitage Chapoutier 1953 trois fois, l’ Hermitage Marquise de la Tourette Delas 1978 et l’Yquem 1935 deux fois premiers, et le Château d’Arlay Côtes du Jura 1969 a été nommé une fois premier. Mon classement diffère sensiblement du classement général.

Le vote du consensus serait : 1 – Grand Hermitage Chapoutier 1953, 2 – Hermitage Marquise de la Tourette Delas 1978, 3 – Château d’Arlay Côtes du Jura 1969, 4 – Château d’Yquem 1935, 5 – Champagne Salon 1990, 6 – Château Lynch Bages Pauillac 1955.

Mon vote est : 1 – Château d’Yquem 1935, 2 – Hermitage Marquise de la Tourette Delas 1978, 3 – Château Lynch Bages Pauillac 1955, 4 – Champagne Salon 1990.

L’atmosphère d’un dîner à huit est beaucoup plus intimiste. Les discussions ont été riches. Le chef Teshi a fait un menu très équilibré avec une élégance qui mérite tous les compliments. Vincent a fait un service du vin exemplaire. Ce fut un grand dîner.

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le bouchon du Lynch Bages est de la charpie !

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il est étonnant que le Delas 1978 ait un bouchon qui paraît aussi vieux

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on note la différence d’état entre le bouchon du Rayne Vigneau à gauche sur la photo ci-dessous et celui de l’Yquem pourtant plus vieux

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les vins en cave, puis ouverts, au restaurant. le chef est en cuisine

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j’ai oublié de photographier les morceaux de boeufs !!!

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la table en fin de repas

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les votes

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Film sur Henri Jayer mercredi, 21 septembre 2016

Film sur Henri Jayer fait par Laurent Maillefer, fondateur de Lotelduvin

Ce film permet de mieux connaître ce grand vigneron et d’avoir les commentaires d’autres grands vignerons sur cet homme légendaire mais aussi très paysan.

Dans ce film on peut voir le repas que j’ai organisé où avec mon ami Tomo et nos épouses nous avons reçu Aubert de Villaine, gérant de la Romanée Conti au restaurant Taillevent et où nous avons bu deux Cros Parantoux d’Henri Jayer, un Grands Echézeaux de la Romanée Conti et un vin mythique, les Gaudichots Domaine de la Romanée Conti 1929.

Le récit de ce dîner est fait    ICI

Tout amateur de vin doit voir ce beau film.

Déjeuner au restaurant Hexagone mardi, 20 septembre 2016

Un journaliste qui avait participé notamment au 150ème dîner souhaite me parler des projets qu’il a en tête. Je l’invite à déjeuner au restaurant Hexagone, dont le chef est Matthieu Pacaud, qui officie à l’Ambroisie et au restaurant Le Divellec repris récemment. L’entrée est en descente car ce restaurant partage le même immeuble qu’un hôtel. La décoration est assez chargée de dessins imposants mais l’atmosphère existe car les tables sont bien isolées les unes des autres ce qui fait que l’on peut parler dans le calme. La musique est un peu forte et j’ai dû demander trois fois qu’on la baisse. Cette manie américaine n’est pas de mon goût. Etant en avance je demande la carte des vins. Elle est très dissuasive pour les grands vins frappés de coefficients lourds. Il y a heureusement quelques pépites, mais il faut slalomer. Quand on voit qu’un Corton-Charlemagne domaine Rapet 2011 est proposé au verre à 60 € on ne peut que tousser.

Le menu du déjeuner donne des choix. Celui que nous ferons sera : raviole de foie gras, émulsion de petits pois / gigot d’agneau à la moelle avec une purée de gros haricots / fromage. Les amuse-bouche sont corrects, et il n’y a pas grand-chose à en dire. La raviole de foie gras est accompagnée d’une émulsion beaucoup trop salée, et l’on ne sent pas le foie gras sous les épaisses ravioles. Ce plat ne nous plait pas. L’agneau en revanche est un plat absolument parfait. C’est un vrai plat gourmand et délicieux. Un sans-faute. Alors que j’ai photographié le plateau de fromage sous un tableau de Rembrandt aimablement modernisé, on nous sert uniquement un Brie et l’on peut comprendre pourquoi, car ce Brie est quasiment en fin de vie. Il a fallu réclamer du pain pour le fromage, le service l’ayant oublié. L’agneau sauve ce repas.

Le Pinot Blanc Trimbach Alsace 2014 pris au verre arrive un peu froid et quand il s’étend dans le verre il montre des goûts agréables mais fort simples. C’est ce qu’il faut pour l’entrée.

Le Coteaux du Languedoc Peyre Rose Syrah Léone de Marlène Soria 2005 a un nez absolument superbe, riche, profond, évoquant la truffe. En bouche, tout commence comme un vin bourguignon noble, et se poursuit dans la truffe, avec un finale presque charbonneux tant il est lourd. Le vin titre 14,5° mais il est suffisamment équilibré pour qu’on le trouve presque aérien sous sa trace lourde de truffe. Nous sommes aux anges car c’est réellement un très grand vin. Chaque gorgée est un plaisir

Au vu de ce déjeuner, il me semble qu’il suffirait de quelques petits réglages pour que ce restaurant soit parfait et donne envie d’y revenir. Tous les espoirs sont permis.

A côté du restaurant Hexagone, il y a le restaurant Histoires, aussi géré par Matthieu Pacaud, qui n’était pas ouvert pour ce déjeuner. Je peux donc le visiter avec l’aimable sommelier que j’avais connu au George V et qui nous a fait un service du vin parfait et la décoration donne immédiatement l’envie de venir y dîner. C’est une succession d’alcôves dans une décoration de folie. Il faut vite y aller.

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le plateau de fromages auquel nous n’aurons pas eu droit

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une jolie décoration de légumes

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Indian Wine Appreciation Days à l’Ambassade de l’Inde à Paris mardi, 20 septembre 2016

Dans le cadre de plusieurs semaines d’animation de l’Inde à Paris sous le label « Namasté » qui veut dire un peu plus qu’une simple salutation que l’on fait les mains jointes paume contre paume, l’ambassade de l’Inde à Paris accueille la deuxième édition de « Indian Wine Appreciation Days ».

Lorsque j’arrive en face de l’ambassade, une foule est rassemblée dans la rue devant l’immeuble, attendant que l’on ouvre. Il y avait sans doute des préparatifs à finir. Nous sommes reçus dans une salle trop petite pour accueillir tous les invités. Il y a plusieurs discours très courts de bienvenue dont celui de l’organisatrice de l’événement et dont celui du Dr Mohan Kumar, l’ambassadeur. Un petit groupe de personnes en capes de vignerons se présente et remet à l’ambassadeur un diplôme d’honneur. Il s’agit de la confrérie du Clos Montmartre, dont j’ai en cave quelques exemplaires. L’un des dignitaires est étonné que je puisse lui montrer la photo d’un Clos Montmartre 1979 que j’ai bu à une séance de l’académie des vins anciens.

On peut ensuite goûter des vins indiens. Sur les trois premiers, c’est très dur pour moi, car ces vins sont très jeunes ou trop jeunes, avec des finales imprécis ou mal construits. Le déclic vient d’un Charosa Reserve Tempranillo 2013 de la Charosa Winery qui a vraiment un goût de tempranillo espagnol avec un finale aux fruits mentholés de belle facture. J’essaie ensuite de la même maison un Charosa Selections Shiraz 2014 qui se révèle très plaisant aussi. Ces deux vins sont précis et équilibrés et prometteurs.

La Grover Zampa Vineyard propose un Reveilo Chardonnay Reserve 2015 tout-à-fait acceptable qui pourrait figurer en bonne place sur la carte de restaurants français.

Tous les vins sont forts en alcool ce qui se justifie pour accompagner une cuisine indienne très épicée dont on nous fait goûter de délicieux exemples. J’avais assisté à la première édition des Indian Wine Appreciation Days et je dois dire que l’on peut constater des progrès sur plusieurs vins même s’il reste – mais comme partout – des vins porteurs de peu d’émotion.

L’Inde démarre dans le monde du vin et ne cache pas ses ambitions. Ce sera intéressant à observer.

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Guide Bettane & Desseauve 2017 aux Caves Legrand vendredi, 16 septembre 2016

Pour la onzième année consécutive Michel Bettane et Thierry Desseauve reçoivent à l’occasion de la parution du guide Bettane et Desseauve. Ils ont l’habitude de faire cette réception aux Caves Legrand le repaire où tous les amoureux du vin se retrouvent. Sont invités des vignerons qui présentent leurs vins, des journalistes et des amateurs fidèles. Différents prix sont décernés à cette occasion. Pierre Trimbach de la maison alsacienne éponyme est l’homme de l’année et nous a fait la gentillesse d’apporter un Clos Sainte Hune Riesling Trimbach 2008 qui est une merveille de précision, grand et noble riesling. La région primée cette année est la Corse dont Michel Bettane dit que c’est la région qui réussit à avoir autant de succès avec ses blancs, ses rosés et ses rouges. J’ai pu goûter un vin blanc corse dont je n’ai pas noté le nom, très fruité et goûteux mais légèrement court.

Un autre prix a couronné le Château Carmes Haut-Brion. Son vin rouge d’une année récente est effectivement fort bon et justifie qu’on s’y intéresse. Un prix est attribué à une marque ou une enseigne et cette année c’est Advini, la maison qui possède de nombreux domaines, dont la célèbre Maison Cazes, une des pépites de Rivesaltes.

Le fait que le Château Coutet soit aussi primé m’a fait extrêmement plaisir car c’est un Barsac que j’adore et donner un coup de pouce à ces délicieux liquoreux dont la consommation a tendance à décliner est une bonne chose.

Interdiction ayant été faite de donner à boire ou à manger avant la fin des discours et des prix décernés, la foule nombreuse piaffait. Avec des amis, réclamant du champagne au bar, aucun charme ne put agir, les serveurs et serveuses appliquant les consignes. Quand enfin les micros s’éteignirent, c’est avec un Champagne Krug Grande Cuvée que nous sommes ranimés. Ouf !

Les vins présentés se prennent à des stands à thème. J’ai souri quand j’ai vu que le Meursault Perrières Domaine Coche-Dury 2012 était présenté au stand des « domaines en progrès ». Alors que ce domaine est depuis des lustres au sommet de la hiérarchie des blancs de Bourgogne, c’est assez drôle de le voir « en progrès ». Le meursault est une merveille de puissance affirmée, de joie de vivre et c’est le vin le plus enthousiasmant de cette soirée pour mon goût et pour ce que j’ai bu.

L’intérêt de ces rencontres c’est de bavarder avec beaucoup de vignerons. Goûter avec celui qui le fait le Champagne Tarlant Extra-Brut 1999 est plus qu’un plaisir, un privilège. Les 17 ans du champagne lui vont bien.

Michel et Thierry ont annoncé une application gratuite sur smartphone qui donne tous les renseignements sur tous les vins. Comment va-t-elle se positionner par rapport au Guide ? L’avenir le dira. Ce fut une très belle soirée.

films on Youtube vendredi, 16 septembre 2016

I took the occasion of the 200th dinner to make small films about some subjects like the method of opening old wines, the philosophy of my dinners and so on.

 

The film 1 shows the « Audouze method » which is crucial to have the old wines showing their best.

 

The film 3 explains why I chose the format of my dinners

The film 2 shows the 200th dinner

The film 4 gives some testimonials of participants of the 200th dinner

 

 

Dîner de famille avec un cognac superbe mardi, 13 septembre 2016

Nos mouvements familiaux sont comme ceux d’une pièce de vaudeville : je reviens du sud et nous le fêtons, mon fils venu de Miami et moi. Le lendemain, c’est le dernier soir de mon fils à Paris et nous le fêtons. Nous allons solder les emplettes de mon fils : cœur de saumon, tranches de saumon fumé, anguilles fumées grasses et presque sucrées, camembert et reblochon, macarons de Pierre Hermé et une mousse au chocolat à se damner.

Le vin du repas est un Champagne Comtes de Champagne Taittinger 1986. Il a trente ans, mais qui oserait dire qu’il est âgé. C’est assez fascinant qu’on ait pu laisser prospérer l’idée que les champagnes devaient se boire dans les dix ans, alors que ce trentenaire est un jeune premier. La couleur est claire, la bulle est très active, et ce qui me frappe instantanément c’est le fruité de ce champagne, avec des fruits jaunes bien sûr mais aussi des fruits rouges. C’est un champagne de plaisir. Il manque un peu de longueur et de finale, mais c’est un champagne qui crée une bonne surprise.

La mousse au chocolat est l’excuse de tous les excès. Je sers un Cognac Gourry de Chadeville Grande Fine Champagne GDC-1914-003 qui provient d’alcools d’avant 1914, mis en fût en 1914, transférés en dame-jeanne en 1946 et mis en bouteilles en 2001. La légèreté de cet alcool qui titre 41,2° d’alcool est stupéfiante. L’accord est superbe et le cognac est immense de fraîcheur et de grâce. Cette entorse à tous les régimes, péché mortel, est une ouverture sur le paradis. Mon fils et moi faisons serment de diète pour les prochains jours.

Mais quel bonheur d’avoir péché.

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La petite devinette du bulletin 695 lundi, 12 septembre 2016

La devinette bien innocente était : « Je suis allé acheter des camerones chez le très bon poissonnier de la gare d’Hyères, poissonnier qui malgré l’adage ne livre pas à domicile ».

La réponse est : le poissonnier ne respecte pas l’adage qui est : « si tu ne viens pas à la gare d’Hyères, la gare d’Hyères ira à toi ».

De nombreux lecteurs l’ont trouvée.

Le gagnant participera au dîner du 22 septembre.

Un Dom Pérignon de pure grandeur dimanche, 11 septembre 2016

Le repas d’amis raconté ci-dessous fut effectivement le dernier dîner de mes vacances. Après 80 jours passés dans le sud, je retrouve Paris un dimanche matin. Mon fils de passage à Paris depuis quelques jours a fait les courses. Ma fille cadette nous rejoint pour le déjeuner. Comme dans les tours de magie, c’est la carte forcée : fêter mon retour est une évidence. Alors, allons-y !

Le Champagne Dom Pérignon magnum 1990 a un bouchon qui s’extrait difficilement mais qui, fort heureusement, vient entier. La couleur du champagne est d’un or léger. La bulle est très active et dès le premier contact le champagne montre qu’il est glorieux. Il est vif, limpide, d’une complète évidence. Il s’impose comme un très grand champagne. Si son quart de siècle lui a donné de l’équilibre, sa jeunesse est d’une rare vivacité. Champagne de plaisir, de joie, il est comme une certitude. Je ressens un peu de noisette grillées, mais son accomplissement sans aspérités forme un tout que ne se divise pas. A ce niveau de synthèse, on n’a pas envie de disséquer.

Saucisson de Wagyu façon chorizo, saumon, saumon fumé, tarama au corail d’oursin, œufs de saumon, harengs marinés, c’est le produit des courses de mon fils ainsi que quelques macarons de Pierre Hermé. Les goûts marqués ne sont pas les amis du champagne qui se boit seul avec gourmandise.

Un si beau repas « sur le pouce » montre que ma vie parisienne démarre en fanfare.

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