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Dîner à l’Assiette Champenoise après la fabuleuse dégustation Pol Roger lundi, 29 mai 2017

Après la fabuleuse dégustation de 38 champagnes de Pol Roger, nous sommes descendus dans le parc de l’Assiette Champenoise, pour laisser le personnel de service et de sommellerie préparer la table où nous avions été studieux, pour qu’elle accueille notre dîner. Hubert de Billy, propriétaire de Pol Roger, a été rejoint par son épouse Marie et Laurent d’Harcourt président de Pol Roger nous a quittés car il est retenu par un événement familial.

Des sommeliers ont descendu sur le parc quelques vins déjà dégustés pour qu’ils servent d’apéritif.

Le menu mis au point entre le chef Arnaud Lallement et Peter est le suivant : tradition, potée champenoise / asperge verte de Roques-Hautes S. Erhardt / langoustine royale, nage crémée, citron caviar / caviar Kaviari, haddock, pomme de terre / saint-pierre de petit bateau, carotte B. Deloffre / homard bleu, hommage à mon papa / pigeonneau fermier Cléopatra / fromages Philippe Olivier / miel et fraises.

Nous boirons à notre convenance les vins qui restent de la dégustation impressionnante et Peter, l’écossais organisateur de l’événement a ajouté d’autres vins. Le Coteaux Champenois Pol Roger années 60 est un vin tranquille blanc, qui n’est pas très porteur d’émotions pour moi mais il faut dire qu’après la dégustation on relâche un peu sa concentration.

Le Champagne Pol Roger Extra Brut sans année est d’une belle vivacité qui fait un fort contraste avec les vins que nous avons bus.

Le Champagne Pol Roger Blanc de Blancs 2009 est très jeune et sa bulle est trop envahissante. Il est servi trop froid ce qui contraste avec les températures impeccables lors de la dégustation.

Le caviar est superbe avec le Champagne Pol Roger 1962 et avec le Champagne Pol Roger Brut sans année sur base de 2008. Le 1962 est dans un état de grâce absolu.

Le Champagne Pol Roger rosé 2008 est très beau et gastronomique.

Le Champagne Pol Roger magnum 1971 est superbe.

Pour le dîner je n’avais plus l’esprit à prendre des notes, et la distribution des vins a été un peu brouillonne si l’on pense que Peter et Arnaud Lallement ont travaillé ensemble à un menu alors que les vins ont virevolté sans ordre structuré.

Avec Tomo nous avions déjà goûté plusieurs plats de ce repas mais ce n’est pas grave. La potée champenoise est divine, la langoustine est exceptionnelle, le caviar est très goûteux. Le saint-pierre est un plat très abouti, le homard est idéal. Le seul plat que je ne comprends pas bien est le pigeonneau recouvert de graines, ce qui empêche de profiter de la mâche de cette chair si tendre.

Arnaud Lallement a fait sur les deux jours une cuisine qui justifie ses trois étoiles et sa réputation. Il y ajoute une simplicité et une ouverture d’esprit qui sont remarquables. Peter a créé un événement historique. Le service a été en tout point exceptionnel. Les deux jours que j’ai partagés avec Tomo sont des moments riches et inoubliables.

Historique dégustation de 38 Pol Roger jusqu’à 1892 dimanche, 28 mai 2017

Peter est un écossais fou de champagne, dont la cave ne comprend que des champagnes. Il pousse sa passion au point de visiter tous les vignerons de la Champagne. Il organise des dégustations légendaires. C’est avec lui qu’à Londres j’avais goûté tous les millésimes de Pol Roger dans la cuvée Winston Churchill, tous présentés en magnums sauf un, le 1988, en jéroboam, qui fut le gagnant.

Ce soir nous sommes conviés à l’hôtel l’Assiette Champenoise d’Arnaud Lallement pour une dégustation de 38 champagnes différents de Pol Roger, allant du brut sans année fait sur une base de 2001 jusqu’au 1892.

Nous sommes douze, réunis à 17 heures dans un salon pour trinquer sur le Champagne Pol Roger Brut magnum sans année. Il y a un finlandais, une lettone, deux allemands dont un vit à Londres, un anglais, deux néerlandais, un japonais (mon ami Tomo), Peter l’organisateur écossais, Hubert de Billy propriétaire avec sa famille de Pol Roger, Laurent d’Harcourt le président de Pol Roger et moi.

Nous bavardons en goûtant ce champagne récent un peu dosé à mon goût mais très agréable à boire et nous rejoignons rapidement la salle de dégustation qui nous a été réservée. Peter a organisé huit séries de champagnes sans suivre un ordre chronologique. Nous allons voyager dans le temps dans les deux sens. Matthieu, l’excellent sommelier assisté de plusieurs personnes va gérer les verres en en récupérant au fur et à mesure car le restaurant n’a pas 38 fois 12 verres à nous proposer. Seul français à part les dirigeants de Pol Roger, je me suis comporté en irréductible gaulois en décidant de garder tous mes verres car je pressentais que la photo que l’on pourrait faire de tous les verres des vins dégustés serait du plus haut intérêt.

Première série : Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base de 2011 est le champagne qui se vend en ce moment. Dans très peu de temps le même champagne, sur base de 2012, arrivera sur le marché. Le nez est très lacté, très doux et je le ressens moins dosé que le champagne servi en magnum. Ce champagne de très belle tension est très agréable.

Le Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base de 2008 a un nez de plus belle tension. En bouche le champagne est plus tranchant. Il a un beau volume et une belle longueur. C’est un champagne raffiné que je trouve très bon.

Le Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base du début des années 90, probablement 1992 et 1993 a une couleur d’un or encore clair et un nez plus âgé frappé d’un léger bouchon, qui n’est presque pas sensible en bouche. Comme souvent, personne n’ose le dire. Je l’évoque en catimini avec mon voisin Laurent d’Harcourt qui confirme mon impression. Si on met de côté l’infime trace, le vin est élégant et frais.

Le Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base des années 50 a peut-être plus de pinot noir que les plus jeunes bruts sans année. La couleur est ambrée. Le nez est très mature avec un peu d’amertume apparente. En bouche il est très frais, léger et aérien. Il est plutôt court, avec un finale imprécis. Globalement, il n’est pas très agréable.

Le Champagne Pol Roger Brut sans année Pint est d’un volume britannique de 58 cl intermédiaire entre la demi-bouteille et la bouteille. Ce volume a été utilisé jusqu’en 1973. Le champagne est donc probablement entre le champagne des années 50 et 1973, ce qui est cohérent avec la gradation des couleurs de cette série. Le nez est très doux. Le vin très agréable en bouche, lacté. Il est précis et de belle longueur.

Mon classement de cette première série est : 1 – Pint, 2 – base 2008, 3 – base 90s, 4 – base 2011, 5 – base 50s.

Deuxième série : Champagne Pol Roger 2002. Le nez est fabuleux. Le vin est très vif et très racé.

Le Champagne Pol Roger 1971 a une couleur déjà ambrée. Le nez montre des signes d’âge. Le vin est très pur, solaire, avec quelques signes d’âge. C’est typiquement le vin qui brillerait s’il était associé à un plat. Il est très joli.

Le Champagne Pol Roger 1947 est présenté sous deux formes. Le Champagne Pol Roger 1947 de dégorgement d’origine a un nez très doux. La bouche est suave. Il est fantastique. Il est un peu court mais il a tellement de charme.

Le Champagne Pol Roger 1947 dégorgé en 1981 a été étiqueté pour le mariage de Charles et Diana mais n’a pas été utilisé pour cet événement. Il est plus sec car il n’a pas été dosé au moment du dégorgement. Sa vivacité est extrême. Il est assez ensoleillé et agréable mais je préfère de loin le premier qui m’enchante.

Le Champagne Pol Roger 1928 a un nez qui n’est pas net. La bouche est de nettement meilleure présentation. C’est un témoignage très attachant. Ce vin m’étonne du fait de l’écart entre nez et bouche. Le vin a une grande longueur. Il est extrêmement passionnant.

Mon classement de cette deuxième série est : 1 – 1947 dégorgement initial, 2 – 1928, 3 – 2002, 4 – 1947 dégorgé en 1981, 5 – 1971.

Troisième série : Champagne Pol Roger magnum 1990. Le vin du verre de Laurent d’Harcourt est bouchonné alors que celui de mon verre ne l’est pas ce que Laurent, étonné, attribue à son verre. Ce champagne a beaucoup de corps. De belle prestance il est opulent. C’est un champagne glorieux, de couleur claire. Peter nous informe qu’un deuxième magnum a été ouvert, de moins bonne qualité que celui-ci.

Le Champagne Pol Roger 1964 a une couleur légèrement ambrée. Le nez est un peu fatigué. La bouche est superbe, en contraste avec le nez. C’est un vin glorieux et tellement raffiné. C’est mon goût.

Le Champagne Pol Roger 1953 est à peine plus ambré que le 1964. Le nez est très pur. C’est un vin magnifique, très grand, doux et je le préfère au 1964 déjà très grand.

Le Champagne Pol Roger 1934 a une couleur très claire pour son âge. Le nez est superbe. C’est un très grand vin.

Mon classement de cette troisième série est : 1 – 1953, 2 – 1934, 3 – 1964, 4 – 1990. Je suis subjugué par la performance extrême des trois premiers. Il y a des épices et du poivre et un goût très sec malgré le dosage ce qui est superbe.

Quatrième série : Champagne Pol Roger 1982 a une couleur très claire. Le nez est superbe et plein d’énergie. C’est un vin fantastique qui allie jeunesse et pleine maturité.

Le Champagne Pol Roger 1962 a une couleur plus claire que le 1982. Le nez est profond et romantique. En bouche il y a un peu de perlant et du bonbon anglais qui font que le vin n’est pas très équilibré. Mais c’est un vin intéressant. Il y a un peu trop d’acidité dans le finale et quand il s’élargit dans le verre, on sent le coing.

Le Champagne Pol Roger 1952 a un nez élégant mais avec une pointe d’amertume. La bouche est agréable mais ce n’est pas un champagne parfait. Quand il s’améliore, il devient très beau.

Le Champagne Pol Roger 1904 dégorgé en 1921 et rebouché en 1992 est bouchonné, rebutant, mais en bouche cela va beaucoup mieux. Il est très excitant et la douceur de son dosage est la meilleure de tout ce que nous avons bu. Nous nous sommes demandé quand est apparu le nez de bouchon et c’est de toute évidence au rebouchage.

Mon classement de la quatrième série est : 1 – 1952, 2 – 1962, 3 – 1982, 4 – 1904.

Cinquième série : Champagne Pol Roger 1995 est de couleur claire. Le nez est très expressif. En bouche c’est un très grand champagne sans âge, extrêmement accompli.

Le Champagne Pol Roger 1985 a un nez très puissant et très clair. Il est extrêmement vif. Je l’adore car c’est un très grand vin d’une grande année.

Le Champagne Pol Roger 1961 est un peu ambré mais pas trop. Le nez est désagréable. Le vin est amer et manque d’équilibre.

Le Champagne Pol Roger 1949 a un nez d’une douceur incroyable. Son élégance est rare. Alors qu’Hubert de Billy signale un petit manque de matière, je le trouve fabuleux, élégant et romantique.

Mon classement de la cinquième série est : 1 – 1949, 2 – 1985, 3 – 1995, 4 – 1961.

Sixième série : le Champagne Pol Roger Blanc de Blancs 1988 est clair avec un nez très limpide. Le champagne est parfait. C’est le champagne idéal qui mêle jeunesse et maturité.

Le Champagne Pol Roger Vintage 1988 est excellent aussi. Il est moins aérien et je préfère le blanc de blancs.

Le Champagne Pol Roger rosé 1988 a un nez superbe. Il est bien charpenté et de bel équilibre. Hubert de Billy est très surpris de le voir aussi brillant. C’est un grand rosé.

Le Champagne Pol Roger P.R. 1988 est à 50 – 50% entre pinot noir et chardonnay. Il est très clair, au nez profond. C’est un vin très lourd mais dans le bon sens du terme tant il est imprégnant.

Le Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1988 c’est la classe à l’état pur. Le vin est au sommet, parfait.

Mon classement de la sixième série de cinq 1988 est : 1 – Winston Churchill, 2 – Blanc de Blancs, 3 – rosé, 4 – Vintage, 5 – P.R.

Septième série : le Champagne Pol Roger magnum 1996 a un nez magnifique, fabuleux et tellement pénétrant. Le vin est très puissant avec des fruits comme la groseille à maquereau. Vraiment très puissant.

Le Champagne Pol Roger 1959 dégorgement d’origine a une couleur assez foncée. Le nez est assez fatigué mais il est plus réaliste que le « jeune » 1959 qui suit.

Le Champagne Pol Roger 1959 dégorgement vers 2000 a une couleur beaucoup plus claire. Le vin est très fluide et fait très jeune. Je préfère le dégorgement d’origine qui est plus conforme à ce que doit être un 1959.

Le Champagne Pol Roger 1937 a un nez fatigué. Le vin est très ambré. La bouche n’a rien à voir, elle est belle. C’est un joli vin qui me plait énormément même si le finale n’est pas totalement net. Je l’aime malgré ses défauts.

Le Champagne Pol Roger 1914 dégorgement d’origine rebouché en 99 ou 2000 est un vin étonnamment clair et ça me gêne. Le nez fait un peu étable mais discrètement. Le vin est agréable mais pas au niveau de ce que 1914 devrait être, année mythique. Il est à la fois doux et vif.

Mon classement de la septième série est : 1 – 1959 original, 2 – 1996, 3 – 1937, 4 – 1959 dégorgement tardif, 5 – 1914.

Huitième Série : Le Champagne Pol Roger 2008 est clair. Il est magnifique avec une largeur incroyable. Ce sera une vedette pendant un siècle.

Le Champagne Pol Roger 1979 est très agréable et élégant. Je signale du caramel et Hubert de Billy précise : crème brûlée.

Le Champagne Pol Roger 1966 est superbe, pas très large mais joli.

Le Champagne Pol Roger 1921 dégorgement d’origine est magique. Il n’est pas parfait mais il a l’âme de 1921. C’est un vin fantastique.

Le Champagne Pol Roger 1921 dégorgement janvier 1992 est très clair, au nez superbe, il est incroyable de vivacité.

Le Champagne Pol Roger 1892 a un nez qui n’est pas net mais la bouche est doucereuse. C’est un vin très charmant, doux, dont on sent le sucre.

Mon classement de la huitième série est : 1 – 1921 original, 2 – 1921 dégorgement tardif, 3 – 2008, 4 – 1966, 5 – 1892, 6 – 1979.

Autant on peut classer dans une série, autant il m’est impossible de classer tous les vins car la mémoire ne peut assimiler tous ces vins en les hiérarchisant. Il est probable que si nous avions suivi l’ordre chronologique dans un sens ou dans l’autre, j’aurais pu faire des hiérarchies globales mais j’apprécie aussi le choix de Peter de varier les périodes dans chaque série ce qui a maintenu nos sens en éveil.

Je suis impressionné par la qualité générale de tous ces champagnes. Le taux de rejet est extrêmement ténu et je suis étonné aussi de voir que des nez rebutants ne signifient pas du tout que la bouche le sera. Je suis personnellement plus favorable aux dégorgements d’origine mais j’admets volontiers que c’est mon goût qui me pousse à rechercher l’âme du vin dans son année, plutôt que rajeunie.

Les températures de service ont été excellentes, exactes, le service de l’équipe de sommellerie a fait un travail très professionnel. Hubert de Billy et Laurent d’Harcourt pensent que cette dégustation qui n’avait jamais été faite aussi extensive sera peut-être impossible à refaire. Nous avons participé à un événement historique.

Nous quittons la salle de dégustation pour que le personnel puisse préparer notre table pour le dîner au cours duquel nous boirons les « restes » et quelques bouteilles nouvelles sur un menu spécialement conçu par Arnaud Lallement pour nous. La fête continue !

après l’apéritif, travail sérieux. Peter debout au fond présente la dégustation

ensuite, nous sommes prêts à travailler

 

 

 

Photo des verres de 38 Pol Roger dimanche, 28 mai 2017

La numérotation des vins bus lors de la fabuleuse dégustation de Pol Roger permet de retrouver chaque verre sur la photo.

Champagne Pol Roger Brut magnum sans année

  1. Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base de 2011
  2. Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base de 2008
  3. Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base du début des années 90
  4. Champagne Pol Roger Brut sans année sur une base des années 50
  5. Champagne Pol Roger Brut sans année format Pint des années 60

Classement : 1 – Pint, 2 – base 2008, 3 – base 90s, 4 – base 2011, 5 – base 50s

  1. Champagne Pol Roger 2002
  2. Champagne Pol Roger 1971
  3. Champagne Pol Roger 1947 de dégorgement d’origine
  4. Champagne Pol Roger 1947 dégorgé en 1981
  5. Champagne Pol Roger 1928

Classement : 1 – 1947 dégorgement initial, 2 – 1928, 3 – 2002, 4 – 1947 dégorgé en 1981, 5 – 1971.

  1. Champagne Pol Roger magnum 1990
  2. Champagne Pol Roger 1964
  3. Champagne Pol Roger 1953
  4. Champagne Pol Roger 1934

Classement : 1 – 1953, 2 – 1934, 3 – 1964, 4 – 1990.

  1. Champagne Pol Roger 1982
  2. Champagne Pol Roger 1962
  3. Champagne Pol Roger 1952
  4. Champagne Pol Roger 1904 dégorgé en 1921 et rebouché en 1992

Classement : 1 – 1952, 2 – 1962, 3 – 1982, 4 – 1904

  1. Champagne Pol Roger 1995
  2. Champagne Pol Roger 1985
  3. Champagne Pol Roger 1961
  4. Champagne Pol Roger 1949

Classement : 1 – 1949, 2 – 1985, 3 – 1995, 4 – 1961.

  1. Champagne Pol Roger Blanc de Blancs 1988
  2. Champagne Pol Roger Vintage 1988
  3. Champagne Pol Roger rosé 1988
  4. Champagne Pol Roger P.R. 1988
  5. Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1988

Classement : 1 – Winston Churchill, 2 – Blanc de Blancs, 3 – rosé, 4 – Vintage, 5 – P.R.

  1. Champagne Pol Roger magnum 1996
  2. Champagne Pol Roger 1959 dégorgement d’origine
  3. Champagne Pol Roger 1959 dégorgement vers 2000
  4. Champagne Pol Roger 1937
  5. Champagne Pol Roger 1914 dégorgement d’origine rebouché en 99 ou 2000

Classement : 1 – 1959 original, 2 – 1996, 3 – 1937, 4 – 1959 dégorgement tardif, 5 – 1914.

  1. Champagne Pol Roger 2008
  2. Champagne Pol Roger 1979
  3. Champagne Pol Roger 1966
  4. Champagne Pol Roger 1921 dégorgement d’origine
  5. Champagne Pol Roger 1921 dégorgement janvier 1992
  6. Champagne Pol Roger 1892

Classement : 1 – 1921 original, 2 – 1921 dégorgement tardif, 3 – 2008, 4 – 1966, 5 – 1892, 6 – 1979.

Les vins dans les groupes ont été servis de droite à gauche. Sur la ligne 3 il y a à gauche le groupe 3 et à droite le groupe 4. Sur la ligne 4 il y a à gauche le le groupe 5 et à droite le groupe 6, voir les numéros sur le tableau ci-dessous.

Position des verres sur la photo

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Historical tasting of 38 Pol Roger Champagnes up to 1892 dimanche, 28 mai 2017

Peter is a Scottish crazy for champagne whose cellar includes only champagnes. He pushes his passion to the point of visiting all the winemakers of Champagne. He organizes legendary tastings. It was with him that in London I tasted all the vintages of Pol Roger in the Cuvée Winston Churchill, all presented in magnums except one, 1988, in Jeroboam, which was the winner.

Tonight we are invited to the Hotel l’Assiette Champenoise owned by Arnaud Lallement a three stars chef, for a tasting of 38 different champagnes of Pol Roger, ranging from the brut non-vintage on a 2011 base until 1892.

We are twelve, gathered at 5 pm in a lounge to toast on the Champagne Pol Roger Brut magnum non-vintage. There is one Finnish, one Latvian, two German, one of whom lives in London, one English, two Dutch, one Japanese (my friend Tomo), Peter the Scottish organizer, Hubert de Billy owner with his family, Laurent d’Harcourt the president of Pol Roger and I.

We chatted while tasting this recent champagne a little dosed for my taste but very pleasant to drink and we quickly join the tasting room that was reserved for us. Peter organized eight series of champagnes without chronological order. We will travel back in time in both directions. Matthieu, the excellent sommelier assisted by several people will manage the glasses and retrieve frequently some as the restaurant does not have 38 times 12 glasses to offer us. Alone French except the Pol Roger leaders, I behaved like an irreducible « Gaulois » by deciding to keep all my glasses because I felt that the photo that one could make of all the glasses of the tasting wines would be of the highest interest. When you taste 38 wines, the notes can only be sibylline.

First series: the Champagne Pol Roger Brut NV on a 2011 basis is the champagne that is selling right now. In very short time the same champagne, based on 2012, will arrive on the market. The nose is very milky, very sweet and I feel it less dosed than the champagne served in magnum. This champagne of very beautiful tension is very nice.

The Pol Roger Brut champagne NV on a base of 2008 has a nose of more beautiful tension. In the mouth the champagne is more sharp. It has a beautiful volume and a long length. It’s a refined champagne that I find very good.

Champagne Pol Roger Brut NV on a base of the early 90s, probably 1992 and 1993, has a color of a gold still clear and an older nose struck by a slight cork, which is almost not sensitive in mouth. As often, no one dares to say. I evoke it in secret with my neighbor Laurent d’Harcourt who confirms my impression. If we set aside the tiny trace, the wine is elegant and fresh.

The Pol Roger Brut Champagne NV on a 50s base may have more pinot noir than the youngest Brut NV. The color is amber. The nose is very mature with a bit of apparent bitterness. In the mouth it is very fresh, light and aerial. It is rather short, with an inaccurate finish. Overall it is not very nice.

The Champagne Pol Roger Brut NV Pint is of a British volume of 58 cl intermediate between the half bottle and the bottle. This volume (pint) was used until 1973. Champagne is therefore probably between the champagne of the 50s and 1973, which is consistent with the gradation of the colors of this series. The nose is very soft. Very pleasant wine in the mouth, milky. It is precise and has a beautiful length.

My ranking of this first series is: 1 – Pint, 2 – base 2008, 3 – base 90s, 4 – base 2011, 5 – base 50s.

Second series: Champagne Pol Roger 2002. The nose is fabulous. The wine is very lively and very racy.

The Champagne Pol Roger 1971 has an already amber color. The nose shows signs of age. The wine is very pure, solar, with some signs of age. It is typically the wine that would shine if it was associated with a dish. He is very handsome.

The Champagne Pol Roger 1947 is presented in two forms. The 1947 Pol Roger Champagne of disgorgement of origin has a very soft nose. The mouth is sweet. It is fantastic. It is a bit short but it has so much charm.

The Pol Roger Champagne 1947 disgorged in 1981 was tagged for the wedding of Charles and Diana but was not used for this event. It is drier because it has not been dosed at the time of the disgorgement. His vivacity is extreme. It is quite sunny and pleasant but I prefer by far the first that enchants me.

The Champagne Pol Roger 1928 has a nose that is not clear. The mouth is of much better presentation. It is a very endearing testimony. This wine astonishes me because of the difference between nose and mouth. The wine is very long. It is extremely exciting.

My classification of this second series is: 1 – 1947 initial disgorgement, 2 – 1928, 3 – 2002, 4 – 1947 disgorged in 1981, 5 – 1971.

Third series: Champagne Pol Roger magnum 1990. The glass wine of Laurent d’Harcourt is corked while that of my glass is not, what Laurent, astonished, attributes to his glass. This champagne has a lot of body. Of beautiful presence it is opulent. It is a glorious champagne, light colored. Peter informs us that a second magnum has been opened, of lower quality than this one.

The Champagne Pol Roger 1964 has a slightly amber color. The nose is a little tired. The mouth is superb, in contrast to the nose. It is a glorious and refined wine. That’s my taste.

The Champagne Pol Roger 1953 is barely more amber than the 1964. The nose is very pure. It is a magnificent wine, very large, sweet and I prefer it to 1964 which is very large too.

The Champagne Pol Roger 1934 has a very clear color for its age. The nose is superb. It is a very great wine.

My ranking for this third series is: 1 – 1953, 2 – 1934, 3 – 1964, 4 – 1990. I am subdued by the extreme performance of the first three. They have spices and pepper and a very dry taste despite the dosage which is superb.

Fourth series: Champagne Pol Roger 1982 has a very clear color. The nose is superb and full of energy. It is a fantastic wine that combines youth and full maturity.

The Champagne Pol Roger 1962 has a lighter color than the 1982. The nose is deep and romantic. On the palate there is a little bead and English sweet and thus the wine is not very balanced. But it is an interesting wine. There is a little too much acidity in the finish and when it widens in the glass, one feels the quince.

The Champagne Pol Roger 1952 has an elegant nose but with a bit of bitterness. The mouth is nice but not a perfect champagne. When it improves, it becomes very beautiful.

Champagne Pol Roger 1904 disgorged in 1921 and recorked in 1992 is corked, putting off the nose, but in the mouth it goes much better. It is very exciting and the sweetness of its dosage is the best of all we have drank. We asked ourselves when the cork nose appeared and it is obviously at the refilling of 1992.

My classification of the fourth series is: 1 – 1952, 2 – 1962, 3 – 1982, 4 – 1904.

Fifth series: Champagne Pol Roger 1995 is light colored. The nose is very expressive. In the mouth it is a very large champagne without age, extremely accomplished.

The Champagne Pol Roger 1985 has a very powerful and very clear nose. It is extremely lively. I love it because it is a very great wine of a great year.

The Champagne Pol Roger 1961 is a little amber but not too much. The nose is unpleasant. The wine is bitter and lacks of balance.

The Champagne Pol Roger 1949 has a nose of incredible softness. Its elegance is rare. While Hubert de Billy points out a small lack of material, I find it fabulous, elegant and romantic.

My classification of the fifth series is: 1 – 1949, 2 – 1985, 3 – 1995, 4 – 1961.

Sixth series: Pol Roger Blanc de Blancs Champagne 1988 is clear with a very clear nose. The champagne is perfect. It is the ideal champagne that mixes youth and maturity.

The Champagne Pol Roger Vintage 1988 is excellent too. It is less aerial and I prefer Blanc de Blancs.

The Champagne Pol Roger rosé 1988 has a superb nose. It is well-built and of beautiful balance. Hubert de Billy is very surprised to see it as brilliant. It’s a big rosé.

The Champagne Pol Roger P.R. 1988 is 50 – 50% between Pinot Noir and Chardonnay. It is very clear, deep nose. It is a very heavy wine but in the good sense of the term as it is permeating.

The Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1988, is the class in the pure state. The wine is at the top, perfect.

My ranking for the sixth series of five 1988 is: 1 – Winston Churchill, 2 – Blanc de Blancs, 3 – rosé, 4 – Vintage, 5 – P.R.

Seventh series: Champagne Pol Roger magnum 1996 has a beautiful, fabulous and penetrating nose. The wine is very powerful with fruits such as gooseberry. Really very powerful.

The Champagne Pol Roger 1959 disgorgement of origin has a rather dark color. The nose is quite tired but it is more realistic than the « young » 1959 that follows.

The Champagne Pol Roger 1959 disgorgement around 2000 has a much lighter color. The wine is very fluid and very young. I prefer the original disgorging which is more in line with what a 1959 must be.

The Champagne Pol Roger 1937 has a tired nose. The wine is very amber. The mouth is completely different, it is beautiful. It is a nice wine that I like very much even if the final is not totally clear. I love him in spite of his faults.

The Champagne Pol Roger 1914 disgorgement of origin plugged in 99 or 2000 is a wine surprisingly clear and it bothers me. The nose is a little stable but discreetly. The wine is nice but not at the level of what 1914 should be, mythical year. It is both sweet and lively.

My classification of the seventh series is: 1 – 1959 original, 2 – 1996, 3 – 1937, 4 – 1959 late disgorgement, 5 – 1914.

Eighth Series: The 2008 Pol Roger Champagne is clear. It is magnificent with incredible width. It will be a star for a century.

The Champagne Pol Roger 1979 is very nice and elegant. I mention caramel and Hubert de Billy says: crème brûlée.

The Champagne Pol Roger 1966 is superb, not very wide but pretty.

The Champagne Pol Roger 1921 disgorgement of origin is magic. It is not perfect but it has the soul of 1921. It is a fantastic wine.

The Champagne Pol Roger 1921 disgorgement January 1992 is very clear, with superb nose, it has incredible vivacity.

The Champagne Pol Roger 1892 has a nose that is not clean but the mouth is sweet. It is a very charming, sweet wine, of which one feels the sugar.

My classification of the eighth series is: 1 – 1921 original, 2 – 1921 late release, 3 – 2008, 4 – 1966, 5 – 1892, 6 – 1979.

As much as one can classify in a series, as much it is impossible for me to classify all the wines because the memory cannot assimilate all these wines by hierarchizing them. It is probable that if we had followed the chronological order in one direction or the other, I could have made global hierarchies but I also appreciate Peter’s choice to vary the periods in each series which kept our senses awakening. I was very marked by three wines of the third series and by the 1921.

I am impressed by the overall quality of all these champagnes. The rejection rate is extremely thin and I am also surprised to see that nose rejects do not mean that the mouth will be. I am personally more favorable to the disgorgements of origin but I admit readily that it is my taste that drives me to seek the soul of wine in its year rather than rejuvenated.

The service temperatures were excellent, accurate, the service of the sommelier team did a very professional job. Hubert de Billy and Laurent d’Harcourt think that this tasting, which had never been made so extensive, may be impossible to redo. We participated in a historic event.

We leave the tasting room so that the staff can prepare our table for dinner during which we will drink the « leftovers » and a few new bottles on a menu specially designed by Arnaud Lallement for us. The party continues!

Le Salon du Vin de la Revue du Vin de France samedi, 20 mai 2017

La Revue du Vin de France organise au Palais Brongniart « Le Salon du Vin » avec un commentaire bien expressif, voire directif : « bien déguster pour bien acheter ». Un vigneron m’ayant envoyé une invitation, j’y suis allé. Il y a des domaines prestigieux et des domaines qui me sont inconnus. Je suis heureux de rencontrer des vignerons que je connais. Au hasard j’ai goûté un très bon Château Musar 2001 vin libanais superbe dont j’avais adoré le 1964 il y a quelques années. Un joli Riesling récent d’Agathe Bursin, et de beaux Châteauneuf-du-Pape de Charvin du Mont Olivet.

Je me suis surtout concentré sur les champagnes et beaucoup de grandes maisons sont présentes. Les grands sont grands, bien sûr, le Grand Siècle de Laurent Perrier, la Cuvée des Millénaires de Charles Heidsieck, le Comtes de Champagne de Taittinger et d’autres Ruinart, Lanson ou Pol Roger. Je signalerai les jolis champagnes d’Ayala, de Gonet-Médeville et de Drappier.

Et le vainqueur sera pour moi, si vainqueur il doit y avoir, le Château Suduiraut sauternes 2009 dont Pierre Montégut m’a dit : « je suis content d’avoir pu faire une fois dans ma vie un Suduiraut qui a la qualité de Suduiraut 1947 ». Je suis de son avis car ce 2009 est une splendeur.

Bas Armagnac X.O. Castarède 20 ans d’âge jeudi, 18 mai 2017

Florence Castarède, propriétaire de l’Armagnac Castarède, a vu sa société nommée « EPV » Entreprise du Patrimoine Vivant, cette nomination étant décidée par un organisme paraétatique qui dépend du Ministère des Finances. C’est un label d’Etat. Florence invite quelques clients et gens de presse à venir fêter ce diplôme autour du Bas Armagnac X.O. Castarède 20 ans d’âge. Le cocktail a lieu au siège parisien de cette maison. Au bar Jérôme Vallanet grand expert en alcools et cocktails, animateur du site formabar.com fait une présentation très didactique sur la façon d’approcher un armagnac. L’olfaction progressive, la position en bouche de ce que l’on boit sont des éléments importants. Il fait goûter l’armagnac 20 ans d’âge avec de l’eau plate, de l’eau minérale et sur un glaçon et chacun exprime ses préférences. C’est sur le glaçon que j’ai trouvé l’armagnac plus vif. On goûte bien sûr l’armagnac pur qui a une très jolie expression sans lourdeur malgré les 40° d’alcool. Il est d’une grande douceur avec fugacement des intonations de pain d’épices. Jérôme fait goûter le même armagnac mis au frais et c’est une agréable surprise car il a une belle personnalité en étant frais. On pense évidemment au whisky qui profite aussi d’être servi frais.

Après la partie didactique Jérôme nous donne à boire un cocktail de sa composition, avec moult jus de fruits et fruits en morceaux. C’est un artiste.

Voilà un label fêté de bien belle façon.

ce piano d’assemblage d’alcools pour faire des cocktails existe vraiment !

ci-joint le communiqué de presse :

CP ARMAGNAC CASTAREDE 17 mai 2017

Verticale exhaustive des « quilles » du champagne Lanson et déjeuner aux Crayères samedi, 25 mars 2017

Lors d’une récente visite à l’hôtel Les Crayères à Reims, lorsque je suis allé au bar avant un repas auquel je devais me rendre, quelqu’un de l’hôtel, était-ce un sommelier, a proposé de me présenter à un vigneron qui est assis à une table avec plusieurs personnes. Nous nous présentons. Philippe Baijot est président des champagnes Lanson. Je lui dis que dans ma famille, Lanson jouissait dans les années 50 d’une grande notoriété et on le retrouvait sur la table de mes grands-parents. Je signalai aussi que tout récemment, nous avions ouvert avec des amis des Lanson Red Label dont le 1971 et le 1961.

Cette introduction lui plaisant, Philippe Baijot m’invita à venir le rejoindre au siège de sa maison de champagne pour une dégustation extensive des champagnes qui ont utilisé la forme de quille si caractéristique de cette maison. Des mails se sont échangés et le jour dit je me présente au siège de la maison Lanson à Reims.

Le hall d’entrée présente des évocations d’un passé prestigieux et des touristes étrangers, surtout asiatiques, écoutent les explications. Marie-Albane d’Utruy me conduit directement dans la salle de dégustation puisque j’ai déjà fait la visite des chais il y a trois ans. Hervé Dantan, le maître de chais qui va conduire la dégustation me rejoint dans cette salle sombre entourée des impressionnantes cuves de stockage et de maturation. Seule la table est éclairée du plafond, formant un halo de lumière central.

Hervé va chercher les flacons, tous des quilles (c’est la seule fois où j’accepte qu’on utilise le mot quille car lorsqu’un amateur de vin utilise ce mot quille, ça me choque autant que lorsqu’on me dit que j’ai travaillé dans la ferraille, alors que les sociétés que je dirigeais vendaient de l’acier). Il y a face à nous, bien alignés, treize flacons, soit cinq magnums et huit bouteilles. Dix flacons ont été ouverts et dégorgés le matin même, et trois bouteilles ont encore leur bouchon et leur muselet car il s’agit de bouteilles dont le dégorgement est d’origine, c’est-à-dire fait au moment de leur commercialisation.

Je constate que certains niveaux sont assez bas. Il se peut que ces bouteilles aient été bues auparavant mais la fraîcheur lors de la dégustation montre qu’il s’agit de bouteilles ouvertes tout récemment. Pour trois années, nous allons comparer le champagne en magnum et en bouteille de dégorgement sur l’instant ainsi que la bouteille au dégorgement d’origine. Pour deux autres années où il n’y a pas en stock de bouteilles au dégorgement d’origine nous ne boirons que magnum et bouteille au dégorgement sur l’instant. L’alignement est impressionnant.

Marie-Albane voudrait nous laisser seuls mais Hervé fort aimablement lui permettra de goûter quelques-uns de ces trésors. Nous avons devant nous les seules années où les bouteilles en forme de quilles ont été utilisées, 1975, 1971, 1969, 1966 et 1964.

Les vins de tous ces champagnes sont à 51-52% pinot noir et 48-49% chardonnay, et sont tous des grands crus. Nous commençons par le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1975 et le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1975. Au nez, on sent tout de suite que la bouteille a vieilli plus vite ce qui paraît assez logique. Nous verrons plus tard que la logique ne sera pas toujours respectée.

Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1975 est gourmand, très pâtisserie. Il est complexe et d’une belle précision. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1975 est plus évolué mais gourmand. Le magnum est plus vif, pâtisserie, craie et minéral. La bouteille est plus gastronomique car plus évoluée et réclamerait un plat pour s’exprimer. Les deux vins se caractérisent par précision et noblesse.

Pour le millésime 1971 nous avons les trois versions. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1971 a un nez plus pointu et plus noble. La matière est superbe, florale et je sens une pointe végétale d’anis et de fenouil. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1971 a un nez de champignon frais. En bouche ça va, mais les notes de champignon et de sous-bois limitent l’amplitude du champagne. Le Champagne Lanson dégorgement d’origine bouteille 1971 a un rythme très dansant. C’est un vin très rond, mais marqué aussi d’un peu de champignon. Le magnum est superbe de jeunesse. Champagne très grand, il a la fraîcheur, la précision et une belle minéralité. La bouteille devient meilleure, avec des évocations salines d’huître. Le vin est tendu et strict mais il y a quand même le champignon dans le finale. La bouteille au dégorgement d’origine n’est pas parfaite. Il faut peut-être attendre qu’elle se reconstitue. On note cependant une petite pointe de bouchon qui fait douter de son retour à l’excellence.

Pour le millésime 1969 nous avons aussi les trois versions. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1969 a un nez qui très semblable à celui du 1971 magnum. C’est le champagne parfait. Dès le premier contact, il est parfait. Il a tout pour lui. Il combine la tension et la douceur. Je note : « c’est le gendre idéal ». Il a des fleurs blanches et il est gourmand. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1969 est une très belle bouteille, avec une belle tension. Pour moi il serait presque meilleur que le magnum. Le Champagne Lanson dégorgement d’origine bouteille 1969 est assez intéressant mais on ressent l’âge. De plus il est un peu champignonné. Le magnum est plus vif et la bouteille au dégorgement sur l’instant est plus sexy et plus large. Je préfère la bouteille au magnum parce que j’aime les vins plus évolués. Hervé est plus hésitant sur cette préférence. La bouteille au dégorgement d’origine montre des notes liégeuses qui la condamnent.

Pour le millésime 1966 nous avons aussi les trois versions. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1966 a une couleur particulièrement claire, signe de jeunesse. Cette couleur est incroyable. Le nez du magnum est fabuleux. Il est inutile de décrire ce parfum car c’est la perfection absolue, l’archétype du parfum parfait ou du parfait parfum. Il est tout en finesse et équilibre, tout simplement immense. L’attaque est belle, le champagne est floral avec de petits fruits jaunes, mais il est trop strict. C’est un champagne qui n’est pas sexy et qui ne se livre pas, la bouche ne suivant pas la magie du nez.

Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1966 est bouchonné. Curieusement j’avais dû utiliser mon tirebouchon pour retirer le bouchon provisoire mis ce matin, qui s’est cassé au moment où Hervé a voulu servir ce champagne. Le nez de bouchon ne se retrouve pas en bouche mais le vin n’est pas parfait.

Le Champagne Lanson dégorgement d’origine bouteille 1966 a un nez plus grand que celui de ses conscrits et il n’a pas de signe de vin passé. Il est gourmand, joyeux, fruité, au finale un peu amer mais sans que cela gêne. C’est un très joli champagne ancien. Fort curieusement le nez du magnum si extraordinaire se referme.

Entretemps, le magnum de 1969 est repassé dans mes classements devant la bouteille.

Pour l’année 1964 il n’y a que les deux bouteilles de dégorgement sur l’instant. Les couleurs des deux champagnes sont très belles et très claires. Le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1964 a un nez très floral. Ce nez est superbe. La bouche est brillantissime. C’est à mon avis, partagé par Hervé, de loin le gagnant de cette verticale. Le finale est de fruits roses. C’est le plus abouti de tous les vins et le finale le plus beau. Il a une grande fraîcheur, il est romantique, avec des évocations de groseilles blanches. Son finale est unique par rapport aux vins des années précédentes.

Très curieusement, le Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1964 est strictement identique au magnum avec un nez plus discret mais une bouche que je trouve encore plus aboutie.

Le classement final sera : 1 – Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1964, 2 – Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1964, 3 – Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1969, 4 – Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1969, 5 – Champagne Lanson dégorgement d’origine bouteille 1966, 6 – Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1966. Les 1964 sont très au-dessus des autres champagnes car ils n’ont pas les amers aussi prégnants que ceux des vins plus jeunes.

J’ai particulièrement apprécié cette verticale pour plusieurs raisons. Pour moi, la décennie la plus passionnante en champagne est celle des années 60. Dans cette décennie, je classe 1964 et 1966 en haut, avec deux personnalités très différentes, puis il y a 1969, 1962 et 1961 toutes intéressantes. J’ai donc pu aborder des vins que j’aime. Je suis un peu étonné que les vins de dégorgement d’origine ne se soient pas mieux comportés et je me demande s’il n’y a pas un problème de conservation qui est apparu à un moment ou à un autre dans les caves de Lanson, de température ou d’hygrométrie. Il est aussi à noter que les amers sont plus importants dans les plus jeunes vins comme 1971 et 1975. On a donc bien fait de boire les vins dans l’ordre du plus jeune au plus ancien.

Il faut décider de ce que nous apporterons à table puisqu’un déjeuner est prévu avec le président, Hervé et moi. Ayant le choix je retiens Champagne Lanson dégorgement sur l’instant bouteille 1964, Champagne Lanson dégorgement sur l’instant magnum 1964, Champagne Lanson dégorgement d’origine bouteille 1966 et Hervé se souvient qu’en 2013 lors d’une autre dégustation ici-même, j’avais retenu les 1964.

Nous nous rendons à l’hôtel Les Crayères et nous allons directement au restaurant sans faire d’arrêt par le bar car ce que nous avons bu représente un apéritif consistant.

Nous choisissons le menu « La Découverte » qui comporte : asperges vertes et couteaux cuits à l’eau de mer, champignons roulés dans un dashi au beurre de salicorne / cabillaud de ligne à la vapeur d’agrumes, radis et betteraves multicolores au poivre Timut / magret de canard doré au sautoir, pomme fondante et duxelles de morilles / chaource foisonné à l’huile de noisette, coulis de cresson, dés de brioche craquante / soufflé chaud au praliné amandes, sorbet et confit de citron.

J’ai apporté un vin à partager avec mes hôtes pour montrer les ponts qui peuvent exister entre les saveurs et les énergies des champagnes et d’autres vins. Philippe Jamesse me demande si je veux faire découvrir le vin à l’aveugle mais comme je vois qu’il y a des champignons dès le premier plat, je préfère que nous buvions le vin à découvert. C’est un Vin Jaune Château l’Etoile JH. Vandelle & Fils 1969 dans une jolie bouteille clavelin. Les quatre vins sont donc servis ensemble. Il est absolument fascinant de voir à quel point le vin jaune élargit les champagnes lorsqu’on les boit juste après avoir bu une goutte de vin jaune. Celui-ci est particulièrement puissant et de forte personnalité. Il est incroyablement imprégnant mais sait aussi se faire gastronomique. Sur toutes les saveurs secondaires comme les champignons, il est merveilleux, à la longueur infinie. Et les champagnes en profitent. La couleur du vin jaune est la plus dorée des quatre vins.

Déjà, tout naturellement, les champagnes à table ont pris une largeur qu’ils n’avaient pas en cave car la superbe cuisine de Philippe Mille leur donne plus de personnalité. J’avais demandé à Philippe Jamesse de changer le fromage pour un plat qui conviendrait mieux au vin jaune et nous avons eu la chance et la bonne surprise d’avoir un saint-nectaire farci de noix de Pécan puis des champignons et gnocchis au vin jaune. L’accord fut à se damner. Qu’il est agréable d’avoir un restaurant où la cuisine est aussi réactive. Les trois champagnes ont été parfaits, aux robes beaucoup plus dorées qu’elles ne l’étaient en cave, ce qui a fait rêver le jeune japonais qui mangeait seul à la table voisine. L’harmonie des quatre vins bus ensemble était totale. Et mes hôtes ont pu constater à quel point le vin jaune est comme la perche qui propulse le sauteur à la perche. Il apporte un supplément d’énergie.

J’avoue que j’étais sur un petit nuage de participer à une telle expérience gastronomique avec des vins de cette qualité.

Tout fut parfait, depuis cette exploration d’une période bénie pour les champagnes Lanson jusqu’à ce repas d’une grande harmonie. Grand merci à la générosité des dirigeants du champagne Lanson.

le bouchon du Lanson 1971 dégorgement d’origine

avec Hervé Dantan

on voit les couleurs des champagnes, plus dorées qu’en cave et le vin jaune est au premier plan

Week-end en champagne samedi, 18 mars 2017

L’organisateur de cet événement, la Communauté d’Agglomération Epernay, Coteaux et Plaine de Champagne me demande de relayer son invitation.

Ce sera : Vendredi 30 juin, samedi 1er juillet et dimanche 2 juillet 2017

Pour découvrir, le temps d’un week-end, les trésors de la Champagne !

Un événement festif pour célébrer l’art de vivre champenois au cœur d’un lieu d’exception : 15 communes de la Champagne et 150 vignerons et maisons de Champagne vous attendent !

Dégustations de champagne : Visites de caves / Animations musicales / Accords mets-vins / Découverte du vignoble / Savoir-faire champenois / Embrasement des coteaux

Les communes participantes : Avize – Aÿ-Champagne – Bergères-lès-Vertus – Chavot-Courcourt – Chouilly – Cramant – Cumières – Epernay – Grauves – Hautvillers – Monthelon – Mutigny – Oger – Vertus – Vinay

Programme : Ouverture des festivités sur l’avenue de Champagne à Epernay. / Dans les villages, dégustations de Champagne, concerts, gastronomie et expériences originales. / Samedi soir, embrasement des coteaux. / Découverte du patrimoine architectural et des paysages viticoles, promenades dans le vignoble, visites de caves et dégustations de Champagne.

Le lien : CHAMPAGNE EN FETE

La « private boutique » de Moët Hennessy et le restaurant Le Pichet de Paris jeudi, 16 mars 2017

Le groupe Moët Hennessy loue dans Paris un appartement de haut standing pour recevoir ses clients internationaux qui passent des commandes de produits hors du commun. Il est appelé « Private Boutique » pour qu’on se souvienne qu’ici on fait du commerce, mais, évidemment, dans une ambiance de grand luxe. Lorsque je dis que la décoration du lieu évoque pour moi celle de l’hôtel du Marc, demeure de réception de Veuve Clicquot, on me répond que c’est le même décorateur qui en est l’auteur. Dans cet endroit il y a un magnifique salon cosy, une salle à manger qui peut accueillir douze personnes, une cave prestigieuse où figurent tous les fleurons des vins de Moët Hennessy comme Dom Pérignon, Ruinart, Veuve Clicquot , Moët bien sûr, Cheval Blanc, Yquem, Clos des Lambrays, Ao Yun le vin chinois, Cheval des Andes. J’en oublie peut-être. Et ces vins sont représentés dans des formats dont certains sont du domaine du rêve. Il y a aussi une représentation des alcools de Hennessy, et dans une petite salle confidentielle un cognac irréel créé pour les 250 ans de Hennessy, qui comporte les meilleures cuvées sélectionnées par les sept générations de la famille des assembleurs des cognacs sur ces 250 ans, puisque cette charge est assumée par la même famille depuis la création. Il y a dans la grande salle de la cave une table de dégustation et dans une salle à part un fumoir où se dégustent les alcools les plus réputés tout en tétant les meilleurs cigares. Tout est fait pour que le client se sente le roi.

Je suis reçu par trois cadres du groupe et nous trinquons sur un Champagne Dom Pérignon rosé 2004. Les verres choisis sont les Montrachet de Riedel, et si l’ampleur du verre donne au vin une belle assise, il n’en est pas de même des parfums qui ne se développent pas. Le champagne d’une belle couleur de rose rose (si, si, ça existe) me frappe surtout par son équilibre. On sent ce champagne assis sur ses jambes, solide et prêt pour l’éternité. Car il a une réserve de progression qui est énorme. C’est un beau champagne rosé en devenir. Un cracker à la tomate crée un accord couleur sur couleur comme je les aime.

Je suis retenu à déjeuner par l’un des trois cadres, qui est fidèle de mes dîners et nous allons au restaurant Le Pichet de Paris. Deux bouteilles de Krug nous attendent dans des seaux, l’une d’un blanc l’autre d’un rosé. Ayant le choix, je demande le champagne blanc, le Champagne Krug 2002. Nous choisissons à la carte le même menu : neuf huîtres Gillardeau N° 5 Papillon et homard bleu juste rôti beurre blanc avec une purée de pommes de terre. Cette cuisine simple fait un sans-faute, les huîtres sont goûteuses et le homard est remarquablement cuit. Si le lieu ne brille pas par sa décoration, il permet de boire dans de bonnes conditions de bons champagnes. Le Krug 2002 est superbe et il se boit dans sa belle jeunesse avec beaucoup de plaisir. Autant pour le rosé on aimerait que le vin ait une quinzaine d’années de plus pour qu’il s’exprime plus vaillamment, autant pour ce 2002, il n’est besoin de rien. Il est vif, actif, cinglant, et glorieux. On aurait envie de lui dire : « ne changez rien ! ». C’est avec les huîtres qu’il crée un accord superbe, car l’iode fait apparaître sa minéralité et son côté crayeux. L’accord avec le homard est plus tranquille.

Au cours de ce déjeuner nous avons exploré des pistes de dîners que nous pourrions faire, fondées sur des pépites de ma cave et des trésors des caves des sociétés de ce groupe vivant et entreprenant. Cette rencontre fut féconde pour échafauder des moments rares.

des flacons d’anthologie

Message de Jean-Marc Quarin sur les bordeaux rouges 2016 lundi, 13 mars 2017

L’extraordinaire grandeur des Bordeaux rouges 2016 et leurs différences avec 2005, 2009, 2010 et 2015 .

(12 mars 2017)

 

Ce millésime tient du génie, de l’inhabituel et de l’inexplicable. Une fabuleuse et très rare combinaison à l’équilibre parfait entre une fantastique qualité des tanins, des degrés d’alcool modérés et des acidités soutenues mais imperceptibles.

 
– Quand on habite Bordeaux et que l’on observe depuis des années chaque jour la météo de l’été et que l’on trouve celle de 2016 sans cesse favorable de juillet à octobre et très sèche.
– Quand on se déplace d’une propriété à l’autre pendant les vendanges, que l’on goûte le raisin depuis des années, et que l’on observe qu’en 2016 chacun ramasse tranquillement selon la maturité de chaque parcelle, au point d’avoir les dates de vendange les plus étalées de l’histoire. Alors, on est fondé à croire que pendant les vinifications il devrait se passer quelque chose de différent et même d’inconcevable, à priori, dans le goût de ces vins.
– Quand on pénètre les chais librement et que l’on goûte depuis des années pendant les fermentations alcooliques jusqu’aux malolactiques et encore après, sans cesse en 2016, parce que le résultat vous éblouit et que vous vous pincez pour savoir si vous ne rêvez pas .
– Quand du coup, on file d’une rive à l’autre, sur tous les terroirs, sur tous les cépages pour vérifier.
Alors oui, je peux vous dire qu’après trois mois à ce rythme et plus de 300 échantillons dégustés, Bordeaux tient actuellement dans ses chais le plus grand millésime jamais fait depuis 1982 (j’y étais).
 
Ce millésime tient du génie, de l’inhabituel, du fantastique et de l’inexplicable.
Les vins rouges sont denses, très parfumés, riches, pleins, avec un toucher de bouche moelleux, velouté et une grande profondeur de saveurs. Le tout si savoureux, si éclatant de fruit, si raffiné dans le grain du tannin, avec une note plaisir si forte que 2016 va faire passer les 2010 que j’adore pour des vins rustiques !
Difficile à croire n’est-ce pas ? Et pourtant !
 
1/ Des couleurs parfaites .
Les couleurs sont superbes très sombres, (signe de la densité des vins)  pourpres, profondes et vives.
 
2/ Une qualité du fruité parfaite .
La qualité du fruit est excellente, au nez comme en bouche, bien mûre, pas surmûre, avec beaucoup d’éclat et aucune note végétale, à l’exception des vignes qui ont souffert de la sècheresse. Mais en général ces lots ont été éliminés de l’assemblage du grand vin.
 
3/ Des structures de bouche fabuleuses.

Et voici pourquoi.
 
– Des degrés d’alcool plus bas !

Le génie commence ici. Comment murir des tanins sans monter le degré d’alcool et donc alourdir les vins ? Et même si Bordeaux par sa position géographique est favorisé dans ce processus, cet équilibre n’a jamais été aussi parfait qu’en 2016. Les degrés d’alcool sont bons mais moindres qu’en 2009, 2010 et 2015. Et sur les deux rives ! En conséquence, on ne ressent aucun effet de chaleur en fin de bouche. Au contraire, il apparait une sensation de précision qui laisse la bouche fraîche et pousse à l’envie d’avaler. 
 
– Une fantastique qualité des tannins

Ils sont si parfaitement mûrs qu’ils ne se montrent jamais comme âpres ou tanniques. Au contraire, ils induisent une sensation de velouté, de soyeux, particulièrement forte. Pourtant les 2016 offrent un corps dense, puissant, mais le tout se révèle particulièrement fondant. Cette association entre la puissance et le raffinement est extrêmement rare dans des vins si jeunes sauf en 1982. C’est la grande différence avec 2005 et 2010 !
 
Mais il y a mieux encore ! Plus inédit, plus magique, plus inexplicable : des pH bas.

Les pH des Bordeaux 2016 sont bas et largement en dessous de la moyenne. Un pH bas signifie une sensation acide élevée. Et une acidité élevée devrait renforcer l’âpreté des tannins. Or, nul ne saurait dire pourquoi, il n’en est rien. C’est la grande différence  avec 2005. L’avantage de cette acidité présente, mais qui ne se sent pas, qui ne durcit pas le tannin, est de provoquer une immense sapidité, fraîcheur, buvabilité et des structures riches, mais sans lourdeur, non solaires où le fruité s’en trouve éclatant et même jaillissant. Du coup la note plaisir de ces vins est très forte alors qu’ils sont très puissants, mais cette puissance est particulièrement harmonieuse. Cette matière charnue, mais fraîche est la grande différence avec 2009 et 2015 !
 
Cette qualité n’est pas réservée qu’à l’élite de la production

Plus fort et plus inédit ! C’est l’ensemble de la production qui profite de la grandeur du millésime.

Cette sensation de pulpe joyeuse se retrouve sur toutes les catégories de sol (moins sur les sols sableux avec les jeunes vignes). Et c’est encore ça l’extraordinaire. Habituellement les sols les moins qualitatifs sont ceux qui possèdent une importante réserve en eau. Or, avec la sècheresse de l’été 2016, ces sols ont protégé la vigne des blocages de maturité. De fait, il existe de grandes réussites sur les terroirs réputés moyens, y compris au sein d’une même propriété où la hiérarchie entre les terroirs s’inverse.

De façon tout à fait incompréhensible, le résultat est aussi très bon sur les grands terroirs traditionnels plutôt chauds, surtout ceux dotés d’un sous-sol argileux ou calcaire. Ainsi, c’est l’ensemble de la production qui profite de la grandeur du millésime. Vu le niveau de satisfaction de tous, c’est toute une région qui va pousser pour valoriser le rendu de ces vins.
 
Les seuls points de faiblesse et d’hétérogénéité concernent les jeunes vignes en particulier sur les sols sableux, les propriétés très touchées par le mildiou (bien que celui-ci ait joué un rôle dans l’abaissement du rendement) et l’excès de production. En effet, 2016 est le millésime le plus productif depuis 2004. Après le petit volume de 2013, il ne fait aucun doute que certains producteurs voudront se rattraper en volume avec le 2016,  privilégiant la quantité à la qualité dans leur premier vin.
 
Dans quelques jours à l’ouverture officielle des dégustations, je pense qu’une onde de choc va parcourir le vignoble, les palais, les chais et les marchands. A juste titre, tous les esprits vont s’enflammer et tous les excès sont à craindre. Alors, réservez, réservez, réservez ! Jamais je n’ai goûté d’aussi grands vins, riches, nobles, profonds, complexes, juteux et néanmoins incrachables à Bordeaux sauf en 1982. Une pluie de notes extraordinaires va s’abattre sur Bordeaux.
 
Compte tenu de cette situation, un message d’alerte sera spécialement envoyé dès que la note atteindra 100 (déjà 4 crus bénéficient de cette mention) ou que le cru se présentera comme le plus grand jamais fait.

Pour recevoir mes notes et commentaires, vous pouvez me suivre ici : /fr/abonnements/tout-quarin-com_-b.html#.WMWvcyj5Zyc​

 

Bien cordialement.

Jean-Marc Quarin
Critique indépendant des vins de Bordeaux

www.quarin.com