Archives de catégorie : vins et vignerons

La maison Bichot présente ses vins de 2011 dimanche, 10 novembre 2013

La maison Bichot présente ses vins de 2011 dans un joli salon de l’hôtel George V. Je n’avais pas le souvenir qu’il y en eût autant, tant leurs gammes sont étendues. Contrairement aux professionnels, je ne fais pas une analyse détaillée de chaque cru. Je « butine », bavardant avec les visiteurs que je connais. Ce qui me frappe, pour la maison Bichot comme pour plusieurs autres maisons, c’est l’extrême précision des vins jeunes. Mon impression est que le travail à la vigne et sur les grains récoltés est de plus en plus efficace, donnant une pureté de jus extrême.

Les 2011 sont dans une période de félicité, plusieurs d’entre eux se montrant gourmands. Les vins de Bourgogne ont une place importante dans mon amour du vin.

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Repas féerique au restaurant El Celler de Can Roca jeudi, 19 septembre 2013

C’est grâce à Didier Depond, président des champagnes Salon Delamotte que j’avais pu avoir une table à El Bulli. Il était tentant de recommencer pour aller à Gerone chez les frères Roca. Kim, l’importateur de Salon en Espagne trouve une table. Didier et moi prenons l’avion à Orly, direction Barcelone. Il y a bien dix degrés de température d’écart entre Barcelone et Paris. Le soleil est radieux.

Nous sommes dix à partager le déjeuner au restaurant El Celler de Can Roca tenu par les trois frères Roca. Je demande qu’on me laisse un espace pour ouvrir mes deux vins âgés de 117 et 157 ans. J’officie devant les convives, devant le chef sommelier Carlos et devant l’un des frères Roca. Il fait soif, aussi est-ce l’occasion pour Didier de présenter pour le première fois dans le monde le très attendu Champagne Salon 2002. Didier va être photographié à côté du frère Roca. Il a un doigt qui retient le bouchon. Alors que j’ouvre mes bouteilles, j’entends un grand bruit, la bouteille de Salon tombe devant mes pieds et la moitié du champagne se retrouve moussant sur mon pantalon.

La bouteille n’est pas cassée. Il en reste un peu et Didier m’en sert pour me consoler. Quelques verres sont brisés et heureusement mes vins sont intacts. Un incident de ce genre, le premier pour Didier, c’est forcément un signe de chance. Le 2002 de Salon vient d’être ainsi baptisé. Disons-le tout de suite aux amateurs qui attendaient avec impatience ce premier millésime de Salon qui commence par le chiffre 2, il tiendra toutes les promesses et tous les espoirs qu’on plaçait en lui. Il a déjà une maturité et un équilibre qui sont le signe d’un grand vin. J’ai senti des notes lactées et des fruits dorés. Mais c’est surtout l’équilibre et la profondeur qui frappent.

Pendant ce temps, même avec le pantalon mouillé, j’ouvre les deux vins qui ont des parfums absolument renversants tant ils sont puissants. Le frère Roca me demande ce que je mettrais en accompagnement de ces vins qu’il a sentis profondément. Je réponds, mais je sens que les frères feront à leur façon.

Notre table ronde est à une extrémité de la salle à la décoration sobre. On peut aligner toutes les bouteilles que nous boirons sur le meuble de présentation des verres et des vins qui nous sépare du reste de la salle. Le menu est un enchantement, c’est le magicien d’Oz. Mais parlons d’abord des vins.

Le Champagne Delamotte magnum 1983 est un peu strict au début mais il s’anime avec les entrées d’une grande complexité. Il devient beaucoup plus imposant et fait oublier qu’il vient d’une année assez faible en champagne. Il est une agréable surprise.

Le Riesling Cuvée des Comtes d’Eguisheim Domaine Léon Beyer 1975 est d’une précision que seul le cépage riesling peut donner. Riche joyeux, c’est un vin qui emplit bien la bouche. Il se boit avec bonheur. Il est élégant.

Le Sancerre la Grande Côte domaine Pascal Cotat 1990 a des aspects fumés, oxydés, et fait tout sauf sancerre. Mais il a tellement de charme qu’il faut le prendre tel qu’il est, très gastronomique.

Le Wehlener Sonnenuhr Auslese Joh. Jos. Prüm 1994 n’a pas créé de réel accord avec le plat qui lui était associé. C’est le seul vin qui m’a déçu.

Au moment où j’ai porté à mes lèvres le Champagne Salon magnum 1971 j’ai eu le choc physique que j’ai souvent lorsqu’il se passe quelque chose. Et je me suis trouvé devant ce que j’attends de Salon. Quand je bois Salon 1988 ou 1995, j’ai deux vins différents. Quand je bois 1990 ou 1997, j’ai encore deux vins différents. Et là, je suis face à ce qui est pour moi l’âme de Salon. Je n’aurai peut-être pas le même choc si je le rebois dans quelques jours. Mais sur l’instant, ce 1971 est vraiment l’âme de Salon, celle que je recherche, comme Suzanne, désespérément. Mes voisins de table ont vu à quel point j’étais sonné par ce coup de poing au cœur donné par un champagne brillantissime.

Le Equipo Navazos Flower Power 44 Jerez n’a pas d’âge, car je ne crois pas que le « 44″ qui figure sur la bouteille soit une année. Il a un charme très particulier. Je l’aime par son côté extrême, délivrant des saveurs changeantes.

Le Chablis Grand Cru Les Clos Régnard magnum 1992 a une richesse qui mérite d’être signalée. Il est opulent pour un chablis et le Jerez précédent, très sec, lui a rendu un magnifique service.

Dans le verre il n’y a qu’une minuscule goutte de Cuatro Cortados Gonzales Byass 120 ańos Jerez. Mais quelle goutte ! On dirait une essence de Xérès, passée mille fois dans un alambic virtuel.

C’est la première fois que je bois un Musar blanc. Le Château Musar blanc Liban 1990 est une immense curiosité. Il est très oxydatif et ferait volontiers penser à un vin jaune s’il n’avait pas un caractère fumé. C’est un vin gouleyant de grand plaisir. Une grande et belle surprise, enchanteresse.

Je n’ai pas gardé de souvenir du Vina Pomal Grand Reserva Rioja 1955 alors qu’au contraire, le Marquès de Riscal Gran Reserva Rioja 1948 m’a conquis par son extrême sérénité. Tout en lui est équilibré et intégré. Il est fonceur et gastronomique.

Le Château Sigalas Rabaud 1er cru classé de Sauternes 1896 a un parfum d’un envahissement extrême. Il est tellement charmeur. En bouche, personne ne serait capable de donner un âge à ce sauternes parfait. Il a tout pour lui. Il est rond, équilibré, puissant, généreux, à la trace en bouche infinie. Pour tous autour de la table c’est une gigantesque surprise. Car il est parfait.

J’avais déjà bu plusieurs fois ce 1896 alors que le vin qui vient est le seul que j’avais dans ma cave. C’est un Marsala 1856. De tels vins sont aujourd’hui introuvables. Le vin est plus puissant, plus marqué par l’alcool, mais le vin est si aérien qu’il ne doit pas avoir été muté. Il est d’une élégance incroyable, d’une complexité sans égale, mais surtout il nous emmène sur des pistes inconnues. Il est plus complexe que le 1896.

Je suis content parce que les deux vins que j’ai apportés, d’âges canoniques, n’ont pas la moindre trace de défaut, et sont d’une vivacité plus grande que s’ils avaient cent ans de moins. Ce sont des vins de légende. Alors, si je devais faire un quarté, ce serait : 1 – Marsala 1856, 2 – Château Sigalas Rabaud 1896, 3 – Champagne Salon magnum 1971, 4 – Marquès de Riscal Gran Reserva Rioja 1948.

Et les plats dans tout cela ? Ayant égaré mon menu, dont j’espère recevoir une copie, les impressions qui suivent sont données sans support de texte. Le décor est planté instantanément. On apporte à chacun une assiette où sur un mini tronc d’arbre, il y a un lampion. On ouvre le lampion et l’on voit à l’intérieur cinq petites bouchées, posées comme en un bouquet, dont chacune représente les saveurs d’un pays. Il y a le Pérou, le Maroc, la Corée, la Chine et le Mexique. C’est spectaculaire et c’est gourmand. On apporte ensuite deux petits oliviers. Aux branches, ce sont des olives caramélisées qui pendent. On les cueille et c’est délicieux. Ensuite, il y a de fines galettes à la crevette qui forment le goût le plus envoûtant de ce que j’ai mangé. On passe ensuite à une boule étrange comme un Cromesquis, aux goûts impossibles à reconnaître. Viennent ensuite une purée de poisson à la cuiller, des dragées à la truffe, des champignons posés sur une pâte épaisse comme une brandade.

Une soupe basse température faite avec 26 saveurs différentes est un exercice tout en douceur. Une crème complexe à base de figue dessine une feuille de figue. Elle supporte des saveurs distinctes de toutes les couleurs. Arrive sur une ardoise ce qui ressemble à une tranche de gorgonzola. C’est en fait une crème d’asperge à la truffe, fort goûteuse. Le maquereau est d’une intelligence sidérante. Une préparation ressemblant à des spaghettis est faite de fruits de mer aux saveurs intenses et résolument mâles. Les crevettes roses contrastent par leur gracilité délicieuse. Les langoustines sont subtiles et traitées de façon originale avec le Xérès de 120 ans.

Se succèdent ensuite un plat de turbot aux saveurs complexes, un agneau à la peau caramélisée, un pigeon et des desserts que je serais bien en peine de décrire, car j’essayais de résister aux démons tentateurs qui m’entouraient. Ils estimaient que partir à 17 heures était inopportun et voulaient que nous restions encore, pour nous rendre ensuite à un match du F.C. Barcelone qui serait certainement suivi de nouvelles folies. Il leur semblait aisé que nous restions jusqu’au lendemain. Il a fallu se battre pour résister à la tentation.

A réception du menu, il est probable que je devrai corriger des erreurs, mais tant pis, il fallait restituer la mémoire de ce repas sur l’instant.

La cuisine de ce restaurant est d’une intelligence redoutable. Contrairement à El Bulli ou à Noma, la complexité s’appuie sur une cuisine naturelle et traditionnelle. Pas de chimie apparente dans ce que j’ai mangé. On est pris dans un tourbillon de créativité. Certains saveurs sont poussées à l’extrême et parfois osées. Mais c’est grand. Les accords mets et vins sont très réfléchis et le plus souvent pertinents. C’est une adresse où je reviendrai avec mon épouse, avec enthousiasme.

Le service est parfait, le rythme soutenu à cause de notre avion peut être ralenti. Mais nous l’avons bien supporté.

Alors, découvrir le nouveau meilleur restaurant du monde, qui mérite cette distinction, découvrir le Salon 2002 qui sera légendaire, et profiter des deux vins du 19ème siècle que j’ai apportés, c’est beaucoup pour une grande journée. Mais quelle joie, même les pieds mouillés !

le lieu et notre table

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le repas

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le chef Joan Roca vient nous rejoindre

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le menu complet et les vins sur ce document qu’il faut orienter dans le bon sens

déjeuner Frères Roca Gérone

Mon pantalon boit la première bouteille de Salon 2002 jeudi, 19 septembre 2013

Didier Depond a apporté les deux premières bouteilles au monde sorties du domaine, de Salon 2002. Regardez attentivement la photo. Didier veut être photographié avec Joseph Roca patron du restaurant Roca. Il a un doigt sur le bouchon, qui monte sans qu’il s’en aperçoive

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son doigt ne sait rien ! moralité, qui boit le premier Salon du monde ? Mon pantalon !

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la capsule est toute cabossée par le choc

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Le Ban des Vendanges au domaine de Chevalier dimanche, 15 septembre 2013

Lorsque l’on est invité au Ban des Vendanges à Léognan, on ne peut pas s’asseoir dessus, car c’est sans C. C’est par un jeu de mots orthographique bien innocent que commence mon week-end à Bordeaux.

A l’aéroport, j’inaugure la dépose des bagages que l’on fait soi-même. Obligé de m’y reprendre à deux fois j’ai pu recueillir la confidence du préposé qui oriente ou repousse les voyageurs : il se fait agresser des centaines de fois par jour par des mécontents et a décidé d’adopter une zen attitude. On fait la queue en zigzag pour passer le contrôle des bagages à main. Dans l’avion de 13 heures, le repas qui est servi fait 18 grammes et 74 calories, c’est ce qui est écrit sur le sachet.

L’attente au comptoir du loueur de voitures est d’une durée égale à celle du vol. On finit par se demander si la notion de client existe encore dans ce qui est organisé en transport de masse, sans âme.

C’est un tout autre monde à mon arrivée au château Malartic-Lagravière où je suis accueilli par la charmante Michèle Bonnie, maîtresse des lieux. On me donne la chambre jaune, qui est sans mystère.

Lorsqu’on arrive au Domaine de Chevalier, une immense tente est éclairée par des spots surpuissants. La gestion du parking nécessite une organisation importante. Des petits trains conduisent jusqu’à l’entrée. Ce sont 1.030 personnes qui vont participer au Ban des Vendanges qui revêt cette année un caractère particulier puisque c’est le 60ème anniversaire du classement des Graves, le 40ème anniversaire de l’Union des Grands Crus de Bordeaux et le 30ème anniversaire de l’achat du Domaine de Chevalier par la famille Bernard. Olivier Bernard qui dirige le domaine est aussi le président de l’Union des Grands Crus, ce qui fait que l’événement est de grande importance pour la famille Bernard représentée ce soir par 80 de ses membres.

Lors de la cérémonie d’intronisation à la Commanderie du Bontemps, qui se déroule avant le dîner, le nombre des Bernard intronisés est significatif. Comme il se doit, de forts contingents d’intronisés viennent d’Extrême Orient. Rien de tel pour fidéliser les relations commerciales.

Pendant que la cérémonie se déroule, on peut goûter les vins de 2010 des membres de l’Union des Crus classés de Graves, Sauternes, Barsac. Je suis frappé par le Château La Mission Haut-Brion 2010 dont la puissance et la force de conviction dépassent de loin celles des autres vins. Par comparaison, le Château Haut-Brion 2010 brille par sa délicatesse. Ces deux vins sont aux antipodes l’un de l’autre. On comprend que certains palais habitués aux vins modernes préféreront le Mission, car il est gourmand. Mon inclination personnelle est pour le Haut-Brion auquel je prédis un avenir glorieux.

Le Château Haut-Bailly 2010 est plein de charme et d’une élégance toute féminine. Le Domaine de Chevalier 2010 est conquérant. Ce qui me frappe, c’est que tous ces 2010 montrent des qualités et des précisions qui sont remarquables. C’est de la belle ouvrage !

On peut déguster à profusion des huîtres, du jambon de Bayonne excellent, des toasts au foie gras et mille autres petits canapés délicieux pendant que la pluie tombe et retombe ! C’est un déluge qui interdit de s’éloigner des allées couvertes.

Il est temps d’aller dîner et placer 1.030 personnes n’est pas une mince affaire. La tente gigantesque est si haute qu’il n’y a pas à redouter que la température ne devienne étouffante. C’est même le contraire qui se produira et les jolies épaules largement dénudées d’une myriade de jolies femmes se cacheront rapidement sous des châles. L’un des vignerons a invité Adriana Karembeu qui dépasse de la tête et des épaules toute cette assemblée et ne peut pas passer inaperçue tant sa beauté illumine l’espace. Elle vole facilement la vedette à Alain Juppé qui fera un discours de circonstance, aux compliments savamment dosés.

Il y aura beaucoup de discours, fête officielle oblige, et celui d’Olivier Bernard sera enflammé, son cœur débordant de générosité.

Le repas est conçu et réalisé par Jean Coussau, le magicien du foie gras qui a deux étoiles à Magescq. Le menu : foie gras de canard des Landes chaud, aux raisins / suprême de canard, réduction aux épices, mousseline de pomme de terre et céleri, cèpes et girolles à la Bordelaise, mini-légumes étuvés / dégustation de fromages des Pyrénées / dessert au buffet avec de nombreuses délicatesses.

Ce repas est magnifique, les plats servis à l’anglaise étant à températures et cuissons parfaites. Jean Coussau venu à notre table est chaudement félicité.

Les vins blancs et rouges sont ceux de l’Union des Grands Crus classés de Graves. Ils varient à chaque table sauf deux vins qui seront servis à toutes les tables.

Le Château Malartic Lagravière blanc 2008 est généreux et fruité. Il est gouleyant et de belle charpente, mais il faudrait l’attendre encore quelques années pour profiter de sa sérénité. A côté de lui le Château Olivier blanc 2009 a une acidité citronnée et un goût de fruits verts qu’il m’est difficile d’aimer tant il est jeune. Le foie gras magistral s’accorde bien avec le 2008.

Le Domaine de Chevalier rouge 1983 est servi à toutes les tables. On mesure le supplément d’âme qu’apportent trente ans de cave. Ce vin est élégant, délicat, manque un peu de force, mais nous ravit.

Le Château Malartic Lagravière rouge 2003 est fortement charpenté, aux lourds tanins. Il a beaucoup de charme. Le Domaine de Chevalier rouge 2003 est plus intense que le Malartic, avec une longueur respectable. Les deux vins se comportent très bien sur le canard à la cuisson parfaite.

C’est un peu dommage que le plus grand vin de la soirée offert à toutes les tables soit servi sur le fromage. Car ce vin gastronomique mériterait d’être provoqué dans une joute gustative. Le Château La Mission Haut-Brion 1998 est spectaculaire. Il est jeune bien sûr. Mais il a déjà un équilibre et une maturité qui lui donnent un haut niveau de plaisir. On en reprend sans cesse tant il est bon. C’est un très grand vin promis à l’éternité.

Le dessert est servi à des buffets dont certains sont dressés dehors maintenant que la pluie a cessé. Le Château Guiraud offre à goûter plusieurs millésimes de son sauternes, présentés en impériales, ce qui est impressionnant. Je bois le Château Guiraud 2003 très riche mais encore très jeune, qui s’anime bien sur les desserts.

Un feu d’artifice éclate dans le ciel, la sono monte ses décibels et les jolies femmes sont entraînées sur la piste de danse. C’est aussi l’occasion de discuter avec des vignerons et des personnalités du monde du vin, en dégustant un Bas Armagnac Darroze « les grands assemblages » 60 ans d’âge de belle patine, profond, mais de relativement faible longueur. Le Bas Armagnac Darroze « les grands assemblages » 40 ans d’âge a moins de maturité mais plus de longueur. Je le préfère.

Le retour aux voitures est assez mouillé. Cette soirée de grand prestige, remarquablement organisée, soude la communauté des vignerons de l’Union des Grands Crus dont la génération montante est particulièrement présente en nombre. La présence asiatique est aussi très développée ce qui montre l’importance qu’accorde le vin de Bordeaux à l’exportation. Bordeaux et la famille Bernard savent recevoir. Quand en France un secteur est aussi dynamique, généreux et amical, on ne peut que s’en féliciter.

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avec Olivier Bernard, maître de cérémonie

Olivier Bernard & Audouze

Le cercle Climats Côte Chalonnaise mercredi, 11 septembre 2013

Dix vignerons se sont regroupés en un cercle « Climats Côte Chalonnaise« . Ils font des Mercurey, Givry, Rully et Bouzeron, et ont invité des professionnels dans l’appartement du Questeur du Sénat. Connaissant quelques acteurs de cette sympathique association, j’ai tenu à venir les saluer.

Chaque maison présente cinq vins, ce qui représente une bonne cinquantaine de vins à déguster. En blanc, ce sont généralement les 2012 et 2011 qui sont sur table. Si la qualité des vins est certaine, j’avoue que la jeunesse de certains vins rend difficile d’apprécier tous leurs atouts pour un amateur de vins anciens. Aussi est-il peu pertinent que je fasse des appréciations de ces vins. J’ai préféré bavarder avec des vignerons de haute qualité.

L’ambiance était très amicale et les vins fort bons. Il est sûr que l’on reparlera de ce cercle où j’ai découvert quelques bonnes pioches, à laisser vieillir bien sûr !

Dégustation de Château Canon et Château Rauzan-Ségla Place Vendôme lundi, 9 septembre 2013

Sur la magnifique place Vendôme, au troisième étage de la boutique Chanel, John Kolasa reçoit des professionnels pour présenter deux vins de la famille Wertheimer dont il a la charge. Les lecteurs fidèles des bulletins se souviennent que dans les n°s 240 et 241 j’ai raconté les superbes verticales de ces deux vins qui avaient permis en quatre services de goûter :

Château Rauzan-Ségla 2005, 2000, 1996, 1995, 1988, 1982, 1970, 1966, 1961

Château Rauzan-Ségla 1990, 1989, 1986, 1985, 1957, 1952, 1947, 1929

Château Canon 2005, 2000, 1982, 1961, 1959, 1949, 1947

Château Canon 1998, 1990, 1989, 1964, 1955, 1952.

(voir : http://www.academiedesvinsanciens.com/verticale-de-rauzan-segla-et-canon-au-restaurant-taillevent/

http://www.academiedesvinsanciens.com/an-impressive-vertical-of-rauzan-segla-and-canon-by-taillevent/ )

Aujourd’hui, les vins plus récents sont présentés et l’on peut goûter : Clos Canon 2009, 2008 puis Château Canon 2010, 2008, 2006, 2005, 2004, 2002, 2001, 2000 puis Ségla 2009 et 2006 et enfin Château Rauzan-Ségla 2010, 2008, 2006, 2005, 2004, 2002, 2001, 2000.

Je suis revenu hier en voiture de mon sud. Nous sommes un lundi matin, j’ai pris juste avant ce rendez-vous un café crème. L’humeur n’est pas à une dégustation exhaustive. Aussi, plutôt que de l’analytique, je vais chercher à m’imprégner des deux grands vins faits par John Kolasa.

Ce que je bois du Saint-Emilion Château Canon est si fort, si précis, si typé que mon impression dépasse l’effet millésime. Il s’agit d’un vin strict, qui ne cherche pas à plaire et ne joue pas de sa séduction, mais qui récite son terroir, très représentatif de l’appellation. Pour moi, chaque millésime se rapproche des autres pour me faire aimer ce Saint-Emilion à la trace profonde. John à qui je fais part de mes impressions trouve au contraire que chaque millésime montre ses différences. C’est normal qu’il ait cette attitude puisqu’il fait le vin. J’ai cherché plutôt une synthèse. Le Clos Canon, dont je n’ai bu que le 2009 est infiniment plus charmeur, puisqu’il est plus facile. Dès que le Canon aura pris de l’âge, il va le distancer.

Le Margaux est différent, mais il y a la même recherche de pureté et d’authenticité. Le sommelier du restaurant qui a la plus belle cave de Paris me dit que ces deux vins n’ont pas la notoriété qu’ils mériteraient. Dans un coin de la jolie pièce on a carafé Château Canon 1998 et Château Rauzan-Ségla 1996. L’aération, un ou deux petits canapés à grignoter me permettent de ressentir le saut gustatif majeur. Ces deux vins sont épanouis, heureux, même s’ils sont rigoureux. C’est un plaisir de les boire. Pour se refaire le palais, si c’était nécessaire, nous avons la chance de boire un Champagne Delamotte brut magnum qui claque bien sur la langue, présenté par Didier Depond et son équipe.

Il ne fait pas de doute que c’est plus agréable de boire de grands vins dans les ors de la Place Vendôme et le luxe de Chanel que dans la cohue d’une foire aux vins. On n’en goûte que mieux l’intelligence du travail de John Kolasa sur ces grands vins.

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Lancement avec panache du nouveau Bettane et Desseauve vendredi, 6 septembre 2013

Comme l’an dernier à pareille époque, les Caves Legrand, dont l’âme n’a pas été affectée par le changement d’actionnaire majoritaire issu maintenant du pays de Soleil Levant, reçoivent les invités de Michel Bettane et Thierry Desseauve à l’occasion de la parution de leur nouveau guide de vins. De nombreux vignerons sont présents, des chouchous, des coups de cœur, des lauréats et des amis. La presse et quelques amateurs sont présents. La foule est immense et les déplacements de stand en stand sont difficiles.

Sous les verrières de la galerie Vivienne il fait une chaleur de souk. Les chemises des hommes s’auréolent ou se trempent. Les buffets de victuailles sont simples mais de belle qualité. Les vins rouges sont difficiles à boire car trop chauds. Le Palmer 2006 que j’essaie est trop chaud pour que j’en apprécie la belle structure. Il faut se rabattre sur le champagne, ce qui est loin d’une punition quand il y a Pol Roger, Bollinger, Philipponnat Clos des Goisses et Laurent Perrier Grand Siècle et d’autres encore.

Ayant découvert que Pol Roger présentait sa cuvée Winston Churchill 2000, j’en ai fait mon ordinaire lors de cette soirée.

Ce qui est toujours remarquable, c’est la complicité et l’amitié qui attachent tous ces vignerons aux deux auteurs. Il me semble qu’aucun autre critique ne crée des sentiments aussi forts avec les vignerons.

Il me semble aussi que les Caves Legrand sont le seul repaire capable d’accueillir avec cette chaleur humaine (et chaleur tout court) cette foule qui compte dans le monde du vin. Michel Chapoutier nous a dit tout simplement pourquoi il est fier d’avoir été nommé l’homme de l’année.

Ce cocktail lance merveilleusement bien l’année vineuse.

Vente caritative d’immenses cognacs le 19 septembre jeudi, 5 septembre 2013

Le Bureau National Interprofessionnel du Cognac organise avec « la part des anges » une vente caritative au profit de la Croix Rouge de bouteilles uniques de cognac, offertes pas une vingtaine de maisons de Cognac.

C’est le 19 septembre 2013 au château de Brillac à Foussignac, mais on peut enchérir par le web.

www.lapartdesanges.cognac.fr

Tout est décrit sur ce site. Il y a des bouteilles mythiques.

Un cocktail a réuni la presse, des amateurs et une bonne vingtaine de maîtres de caves de ces prestigieuses maisons, pour montrer les cognacs vendus.

On en a eu plein les mirettes !!! ici quelques bouteilles

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le cocktail à base de cognac qui a été servi, très agréable à boire et évoquant bien le cognac

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Dîner au restaurant Caves Madeleine à Beaune mercredi, 4 septembre 2013

De retour à l’hôtel le Cep, je bois une bière blanche de la Brasserie de Vézelay en attendant Ray Walker avec lequel je dois dîner. Ray me conduit au restaurant Caves Madeleine dont l’animateur est Laurent Brelin que j’avais déjà rencontré lors d’un déjeuner avec des vignerons bourguignons lors de la présentation des vins des domaines familiaux de Bourgogne à Paris. C’est un bistrot bar à vins dont l’éclectisme est certain. Laurent est très orienté vers les vins naturels et les vins de vignerons. Mais il a aussi des vins plus traditionnels.

Le menu que nous choisissons sur l’ardoise murale est : terrine de campagne maison /Collier d’agneau fermier du Quercy confit. Ray qui a faim y ajoute une joue de bœuf.

Nous commençons par un Champagne Jacques Lassaigne Brut nature Blanc de Blancs de Montgueux 2004. J’ai eu des expériences nettement meilleures avec des champagnes de ce vigneron. Ce vin est assez déstructuré, et joue au vin nature en oubliant d’être plaisant.

Le Musigny Grand Cru Jacques-Frédéric Mugnier 2004 dont j’ai un peu influencé le choix a fait peur à Ray car ses expériences avec des vins de 2004 ne lui ont pas laissé un bon souvenir. Le vin à l’ouverture est plein d’un fruit rouge généreux tout-à-fait étonnant, aussi bien pour le millésime que pour le domaine. Lorsque le vin s’installe dans le verre il devient plus Musigny, plus bourguignon, et Ray constate avec plaisir que l’on oublie aisément qu’il est de 2004, car il a une force de persuasion qui est très affirmée. Nous sommes maintenant en présence d’un grand vin, subtil et émouvant, bien mis en valeur par le collier.

Le chef et Laurent Brelin viennent discuter avec nous quand toutes les tables sont vides et nous bavardons à bâtons rompus, évoquant de grands souvenirs. Laurent fait goûter à l’aveugle un Bugey Cerdon méthode ancestrale Récolte Cécile – Balivet Mérignat vignerons. D’emblée je dis que ce vin pétillant qui ressemble à un sirop de groseilles n’est pas du tout dans mes recherches. Mais le temps passant, je constate ses propriétés digestives. Il remplace efficacement un dessert car il en gomme la nécessité.

Chaque séjour en Bourgogne donne lieu à de belles rencontres.

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la terrine était déjà bien entamée quand j’ai pris la photo !

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