Archives de catégorie : vins et vignerons

Voyage à Madère – jour 1 dimanche, 5 octobre 2014

Des sommeliers, dont deux meilleurs sommeliers du monde, se sont constitués en un groupe amical pour faire des visites sérieuses de régions viticoles et aussi pour être moins sérieux et profiter de leur amitié. Avec un petit clin d’œil aux Masters of Wine, ils se sont appelés Mad Wine Waiters, MWW. Joao, l’un d’entre eux, habite à Londres et est originaire de Lisbonne. Je l’avais rencontré au fabuleux déjeuner au siège du champagne Salon où avait été ouvert Salon 1943, vin de mon année.

C’était un tel cadeau dont j’avais une responsabilité indirecte, puisque j’avais la chance d’être né une année où Salon a été produit (je n’avais qu’une chance sur trois), Joao, pour me remercier, m’a proposé de me joindre à son groupe MWW pour une visite des vins de Madère. Une telle proposition ne se refuse pas.

Me voilà partant sur TAP vers Funchal, la ville principale de Madère, via Lisbonne. Si Air France a cessé de recruter ses hôtesses avec un premier critère qui serait leur beauté, puisqu’il faut lutter contre les stéréotypes du genre – sans toutefois la rendre interdite – il est bien agréable de constater qu’Air Portugal conserve la beauté comme critère. Sur les deux vols Paris Lisbonne et Lisbonne Funchal, la promotion de la beauté portugaise a fonctionné à plein. Et l’amabilité aussi.

Les vents qui lèchent cette île volcanique ont secoué l’avion à l’arrivée, ce qui m’a fait penser à l’arrivée sur l’île de Pâques, elle aussi volcanique, avec des reliefs de même nature. L’urbanisation est débridée et anarchique mais cette île est à taille humaine. A peine débarqués, et sans avoir eu le temps de défaire nos valises, nous partons à l’institut des vins de Madère, IVBAM, Instituto do Vinho do Bordado e do Artesanato da Madeira.

Au seuil de l’institut on nous dit : « vite, vite, vite, la télévision veut interviewer Joao et Olivier Poussier », meilleur sommelier du monde 2000, présent dans notre groupe. Notre dégustation sera filmée.

Nous avons devant nous quinze vins qui exhalent des parfums extraordinaires. La directrice de l’institut présente les missions de l’institut. Rubina, charmante et jolie experte de l’institut nous parle des vins de Madère et des réglementations qui dirigent les appellations. C’est extrêmement intéressant. Du niveau de la mer et jusqu’à 200 mètres d’altitude, on cultive surtout la banane. De 200 mètres à 700 mètres, c’est le domaine de la vigne qui pousse en pergola, en espalier ou à ras du sol. Lorsque la vigne est en pergola, il y a d’autres cultures au sol, à l’ombre de la vigne. Et lorsque la vigne est en espalier, on peut cultiver dans les allées de la pomme de terre.

Rubina précise les cépages qui interviennent dans l’appellation, l’usage de chaque cépage dans les vins à dénomination spécifique. Elle rappelle ce que sont les Colheita, Frasqueira, Vintage et selon quelles règles se font les soleiras. Chaque étape du processus de vinification est détaillé et c’est passionnant. Elle définit les dry, medium dry, medium sweet et sweet.

Elle explique la phase cruciale « estufagem » qui veut que le madère soit chauffé entre 45 et 50° pendant au moins trois mois.

Mais les papilles s’impatientent, car nous avons devant nous quinze vins dont quatre du 19ème siècle qui sont de redoutables tentations.

Nous sommes sept sous la bannière de Mad Wine Waiters, MWW. Les membres viennent de Grande Bretagne, d’Allemagne, de Belgique, du Portugal et de France. Ils ont tous un passé de sommelier et exercent divers métiers du vin. Un belge est vigneron au Portugal.

Mes notes sont prises à la volée. Je n’ai pas la compétence de mes amis, et mes jugements différeront parfois de ceux d’Olivier Poussier. Il donnent mes impressions de voyage.

Madère Colheita Tinta Negra 1995. Tinta Negra est le cépage dominant sur l’île de Madère avec environ 250 hectares sur les 450 hectares de l’appellation. Ce vin a une couleur foncée. Le nez est d’alcool et lacté. Il convient de dire que les vins nous ont été servis beaucoup trop chauds, avec au moins dix degrés de trop, ce qui veut dire que dans ces notes, l’alcool sera souvent cité, qui efface beaucoup des subtilités des vins du fait de la chaleur. Le vin, comme tous les madères, a une belle acidité. Il a un bel équilibre et une fraîcheur de zeste d’orange. S’il y a du lacté, le zeste domine dans le final.

Madère Boal 1984. Dans le nez, il y a de la crème caramel, mais aussi une évocation de fraise tagada. Belle acidité, du gras, plus prononcé que dans le 1995. Pruneau et impressions lactées. Le final est frais.

Madère Malvasia 1989 nez beaucoup plus doux car le vin est medium dry. Il est floral, vineux, raisin de Corinthe, pruneau. Il est séduisant, le plus féminin des trois.

Madère Terrantez 1976 nez discret avec un peu de poussière. Un peu de fruit rose frais en bouche, attaque fraîche, léger caramel. La structure ne me paraît pas très précise mais le final est plus structuré, voire séduisant. Il y a du pruneau frais.

Madère Sercial 1969. L’alcool est fort. Le nez est très pur. L’attaque est claire, le vin est bien dessiné. En bouche, ce n’est que du bonheur. Le vin est fluide, l’alcool est équilibré. Le final est merveilleux.

Madère Boal 1958. Le nez est à la fois discret et intense, c’est-à-dire complexe. Il y a du caramel et la bouche est influencée par la chaleur. Le vin est lacté, avec des notes de thé. Il est très sec. Le final est fruité, de fruits de toutes les couleurs. Le final est de pomelos et pruneaux.

Madère Sercial 1940 nez de lilas, de fleurs. La bouche est lactée, caramel, roudoudou, amande grillée. Le final est distingué, écorce d’orange et peau de pomme. Ce vin rebondit comme un ricochet, sa longueur est infinie.

Madère Malvasia 1933. Le nez est incroyable, presque mentholé. En bouche le vin est très civilisé et doux, pâte de fruits et caramel. On retrouve la menthe et le fenouil dans le final. Ce vin est magistral.

Madère Bastardo 1927. Le nez est discret et ne fait pas apparaître l’alcool. Il évoque la pierre mouillée par un torrent. La bouche est lactée, d’une distinction rare. Le final est noble et racé. Il est enchanteur. On pense à une pêche de vigne ou un fruit baignant dans l’alcool. Avec le 1933, ils sont les plus grands à ce stade.

Madère Verdelho 1912. Le nez est discret. Le vin est lacté et racé mais il a un peu moins de personnalité et de typicité. Il a de la fraîcheur et des évocations de pomelos dans le final.

Madère Boal 1903. Le nez est très racé, la bouche voluptueuse, complètement intégrée. Il y a de la pâte de fruit, de la noix, du bois. Le final évoque café, caramel. Ce vin est terriblement séduisant et de plaisir.

Après ces onze vins, c’est le grand moment d’émotion, car les quatre vins sur la table sont du 19ème siècle.

Madère Verdelho 1890. Le nez est raffiné, élégant, l’alcool semble mesuré. La bouche est d’une noblesse rare, le vin est très cohérent entre les tendances fruits, noix, pâtes de fruits, épices. Le final est très fort, en fanfare. C’est un vin noble, très grand.

Madère Moscatel 1875. L’alcool est présent au nez mais le vin en bouche est frais. L’attaque est très caramel, fruits confits. Le vin a de la puissance. On ressent un immense sentiment de plaisir car tout est cohérent. Ce vin est très grand.

Madère Sercial 1862. Le nez est discret. Ce vin fait plus léger et plus calme mais il a de la cohérence et de l’élégance. Thé, épices, bois des îles sont présents. Le final est plus court et moins gratifiant que les autres.

Madère verdelho 1850. Le nez est indéfini. La bouche est peu précise et amère. Il n’a pas trop de typicité mais il apporte du plaisir. On en ferait bien son ordinaire !

A l’issue de cette fascinante dégustation, ce qui me frappe, c’est l’incroyable diversité des vins de Madère. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent. Ce qui veut dire qu’on ne peut jamais dire que madère, on connaît ! La richesse aromatique des vins est extrême.

Mon classement sera : 1 – Malvasia 1933, 2 – Verdelho 1890, 3 – Bastardo 1927, 4 – Boal 1903. Ce qui est à remarquer, c’est que dans mon classement, je retiens quatre cépages différents. Et si j’ajoutais un cinquième, ce serait le Moscatel 1875, ce qui fait une variété de plus. Il est à noter qu’étant à l’institut du vin de Madère, les noms des domaines n’ont pas été cités sur nos feuilles de dégustation.

A ce propos, il y a environ 2000 viticulteurs dont la parcelle moyenne ne dépasse pas 3.000 mètres carrés qui vendent leurs raisins à huit grands groupes dont certains n’ont pas de vignes en propre. Il faut dire que les vignes sont tellement difficiles d’accès, sur des pentes inimaginables, que la cueillette ne peut se faire que dans un cadre familial où l’on ne compte pas son temps. Dans un groupe, les coûts de vendange seraient astronomiques.

Ebloui par cette dégustation, je suis sur un petit nuage. Le programme étant dense, j’ai à peine le temps de défaire ma valise lorsque nous faisons un crochet par notre hôtel. Nous partons à l’hôtel Choupana Hills où nous allons dîner, invités par l’institut IVBAM.

L’hôtel est de construction récente, très audacieuse et s’adressant à une clientèle internationale qui recherche le luxe. La vue sur la mer est grandiose. Le restaurant Xôpana est joliment décoré.

Le menu : sardines marinated in sea water, tomato jam and smoked eggplant / scabbard fish scallop in carpaccio with seaweed Nori, passion fruit vinaigrette, vanilla olive oil / fish of the Atlantic in Thai soup / flank with honey and soy sauce, mashed Cassava and cauliflower / chocolate and brandy filled with tangerine ice cream, lime crumble and sea salt.

Le Madère Henriquès & Henriquès Dry 5 years a un nez unidirectionnel. L’alcool est lacté, avec des noisettes. L’attaque est belle et franche, le vin s’installe, confortable avec du lacté et de l’alcool. Le final rebondit mais le vin est un peu limité en complexité. Une superbe sardine réveille le vin, mais il est trop simple.

Le Madère Verdelho 10 years a un nez frais car le vin est frais. Enfin des températures de service correctes. L’alcool se ressent avec la pondération qui convient. Le vin est très sucré, a une belle attaque. Il a beaucoup de charme et de douceur. Olivier Poussier qui est capable de trouver des évocations que mon imagination n’est pas capable d’envisager parle de sésame grillé. Le final du vin est un peu court et un peu ingrat. L’accord ne fonctionne pas du tout avec le poisson cru flanqué de coquilles Saint-Jacques, car le final est trop doux.

Nous buvons ensuite un vin tranquille titrant 11,5° qui est un Verdelho 2013. Il a un nez de vin jeune, très clair. Sa couleur est tellement claire qu’on dirait de l’eau. Il est assez astringent, il mange les joues ! vin de soif, aussi amer qu’un citron pressé sans eau. Sur des gambas bien cuites, c’est-à-dire peu, avec une soupe, ce n’est pas ce vin qui marche, mais le Verdelho 10 years. En fait, il aurait fallu échanger les deux vins pour avoir des accords justifiés sur ces deux plats.

Vient ensuite un vin rouge titrant 13° dont je n’ai pas noté le nom, qui évoque le clou de girofle. Je le trouve très adapté à une bavette délicieuse. Le vin glisse bien en bouche, évoquant un fruit noir mariné au vin. Sa longueur est assez agréable.

Le Madère Boal 10 years a un nez intense et raffiné, car servi à la température idéale. Il est doux, beaucoup plus fumé que ce que nous avons bu jusqu’alors. Il a un beau fruit confit. Son final a une belle palette de complexités. Olivier Poussier ne l’aime pas car il estime que l’ajoute de caramel dans le vin, pratique qui est autorisée, détruit son originalité.

Le Madère Terrantez 20 years de l’institut IVBAM a un nez que je ne trouve pas très cohérent entre l’alcool et le fruit. Il n’est pas très complexe et n’est pas aidé par le dessert au chocolat. Son final est très dry.

Nous avons discuté avec la directrice générale de l’institut et avec Rubina, la technicienne qui nous avait fait le brillant exposé de présentation du vin de Madère. Ce dîner se voulait démonstratif de la capacité des madères à être gastronomique. Il faudrait travailler cet exercice, car certaines audaces se sont révélées contraires au but recherché.

Après cette journée très remplie, il ne fut pas difficile de tomber dans les bras de Morphée.

Pour poursuivre la lecture des articles sur le voyage à Madère il faut lire les sujets un a un en remontant et non en descendant.

——

premières vues de madère

20141002_161633 20141002_161640 20141002_162046

dégustation à l’institut du vin de Madère

DSC09114 DSC09117 DSC09119 DSC09124 DSC09125

DSC09115 DSC09116 DSC09113 DSC09112

20141002_141846 20141002_140712 20141002_140654 20141002_160900 20141002_160737

20141002_140552 20141002_140539 20141002_140526 20141002_140514 20141002_140459 20141002_140444 20141002_140429 20141002_140417 20141002_140405

20141002_160546

dîner au restaurant Xôpana

DSC09126 DSC09127 DSC09130 DSC09131 DSC09133 DSC09134 DSC09136

MADERE MENU 141002 001

Rieslings allemands, champagnes d’Aÿ, saké mercredi, 1 octobre 2014

Une agence de communication organise une dégustation des vins de trois domaines : les champagnes Henri Giraud, les vins de Sarre du domaine Egon Müller et les sakés de Ryuichiro Masuda. Cette juxtaposition est particulièrement intéressante. Je me rends sur une barge des bords de Seine pour saluer Egon Müller qui participera au dîner de vignerons traditionnel de décembre.

Egon Müller fait goûter ses vins ou ceux de sa femme puisque je commence par un vin Château Belà, Riesling de Slovaquie 2013. Ce vin très jeune a un nez de jeunesse. En bouche il est très joliment construit et d’un bel équilibre.

Le Scharzhof Riesling Egon Müller 2013 a plus de matière mais il est encore tout fou et non structuré. De ce fait, je préfère le vin slovaque, même si le Scharzhof est plus grand.

Le Scharzhofberger Kabinett Egon Müller 2012 titre 9°. Il faut absolument l’attendre quelques années avant qu’il ne montre ses qualités.

J’ai l’impression inverse avec le Scharzhofberger Auslese Egon Müller 2011 d’un charme extrême et qui est d’une grâce idéale dans sa grande jeunesse. Sa douceur lui promet une grande carrière gastronomique. Il est frêle, doux, désaltérant et rafraîchissant.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la recherche esthétique développée par le Champagne Henri Giraud, représenté par Claude Giraud.

On goûte d’abord le Champagne Henri Giraud Aÿ Grand cru fût de chêne. Puis le Champagne Henri Giraud Aÿ Grand cru Hommage à François Hémart et enfin le Champagne Henri Giraud Aÿ Grand cru Argonne 2004. N’ayant pas pris de notes, je ne pourrais pas donner beaucoup de détails. Ayant personnellement un appétit marqué pour les champagnes de la Côte des Blancs, je suis moins réceptif à ces champagnes, même si je reconnais qu’ils sont bien faits.

N’étant pas connaisseur de Saké, je n’ai goûté qu’un seul saké titrant 17°, Saké Masuizumi 2005. On n’est pas du tout dans les contrées gustatives que j’aime explorer.

2014-09-29 14.51.21 2014-09-29 14.55.12 2014-09-29 14.59.05 2014-09-29 15.02.20

2014-09-29 15.14.28 2014-09-29 15.14.14

2014-09-29 15.20.04 2014-09-29 15.20.18

2014-09-29 15.23.39 2014-09-29 15.23.32

2014-09-29 15.26.41 2014-09-29 15.23.50

le saké porte le nom de Giraud qui fournit les fûts

2014-09-29 15.31.07

Visite et déjeuner au château de Pibarnon mercredi, 2 juillet 2014

Par une belle journée au ciel clair, je rends visite au Château de Pibarnon. Marie, maître de chai, m’accueille sur le seuil de la belle demeure et je rejoins Eric de Saint-Victor, le propriétaire du domaine, qui est en train de déguster avec un ami comédien que je retrouve avec un infini plaisir. Quelle coïncidence ! Il se joindra à nous au déjeuner, ce qui n’était pas prévu.

Le Château de Pibarnon rosé 2013 est bien jeune mais il est rafraîchissant. Il se boit bien et facilement. Il diffère du 2011 bu récemment, qui est plus gastronomique et plus puissant mais moins désaltérant.

Le Château de Pibarnon rouge 2012 est aussi très jeune et je ne le ressens pas assez structuré.

Le Château de Pibarnon rouge 2011 me plait énormément. Il a l’âpreté des bandols. Il promet beaucoup.

Le Château de Pibarnon rouge 2010 est plus classique, structuré, construit mais fait un peu trop bon élève, premier de la classe. Il a de beaux jours devant lui mais restera assez classique.

Le Château de Pibarnon rouge 2009 est un peu une synthèse entre 2011 et 2010, c’est-à-dire qu’il a la belle âpreté du Bandol, du tempérament, de la structure et un final du plus bel effet. Même si le plus grand me semble être le 2009, celui que je préfère est le 2011, plus canaille et de ce fait plus excitant pour mon palais.

Eric de Saint Victor m’emmène dans sa voiture faire le tour de plusieurs parcelles de son vignoble de 50 hectares. Nous passons de perspective en perspectives dans des décors de rêve avec des vues à couper le souffle, tant la position en hauteur de ce domaine, très au dessus de La Cadière-d’Azur, offre des horizons infinis.

Nous prenons l’apéritif dans le petit salon. J’ai apporté un Champagne Salon 1996 en vue de l’associer avec des blancs du domaine pour regarder comment la cohabitation gustative se fait.

Le Champagne Salon 1996 est dans un état de grâce. Servi très frais, il glisse en bouche avec facilité et impressionne par sa longueur inextinguible.

Le Château de Pibarnon blanc 2004 est malheureusement fatigué, faisant dix ans de plus qu’il ne devrait. Mais l’expérience que je voulais tenter donne des résultats. Lorsque l’on boit le blanc seul, suivi du Salon et lorsqu’on le reboit, il gagne en complexité. Le champagne « féconde » le vin blanc.

Avec un autre Château de Pibarnon blanc 2004 nettement meilleur, d’une grande complexité, l’effet du Salon est moins concluant. Mais aussi bien le 2004 que le champagne nous régalent. Le Salon 1996 est magique de complexité sous une apparente facilité : le champagne ne cherche pas à briller. Il a le charme naturel de la voix d’un Frank Sinatra.

Des blinis aux œufs de saumon et du jambon ibérique accompagnent l’apéritif avec plaisir.

Nous sommes quatre à table, Marie, Aladin mon ami comédien qui est familier des lieux, Eric de Saint-Victor et moi. Eric a fait une flambée de sarments pour une belle pièce de bœuf qui sera accompagné d’un morceau d’araignée cuit au four.

Le Château de Pibarnon rouge 1985 est d’une grande puissance, emplissant le palais dans sa largeur. Il a beaucoup de matière, un fruit plein, mais il me donne des impressions de vin torréfié qui vont fort heureusement disparaître dix minutes plus tard rendant le vin charmeur et de belle plénitude. Ce n’est pas un Bandol typique, et l’on pourrait lui trouver des accents du Rhône nord.

Le Château de Pibarnon rouge 1990 est totalement différent du 1985. Si le 1985 est horizontal dans le palais, le 1990 est vertical. Il est tranchant, plus masculin, et plus typiquement bandol. Au début, je préfère le 1990 au 1985 et lorsque le 1985 s’est aéré, on pourrait dire que les deux se rejoignent en qualité, même s’ils sont opposés. Mon cœur ira plutôt vers le 1990 même si j’aime la richesse et l’opulence du 1985.

Le fromage banon est une merveille pour les rouges. Pour le délicieux roquefort bien frais, le Château de Pibarnon rosé 2011 est d’un grand confort et confirme son potentiel gastronomique. Le Château de Pibarnon blanc 2004 est une merveille et une réussite incontestable. C’est le plus enthousiasmant des rosés et blancs que nous avons bus.

Eric décide d’ouvrir alors un Château de Pibarnon rouge 1982 qui se révèle être le plus brillant des rouges, avec un parfum exceptionnel, plus grand que le goût brillant lui aussi. Le vin est une sorte de synthèse de ce que nous avons bu en vins rouges, avec l’âpreté, la matière, la cohérence et un final mentholé de pure fraîcheur. Ce vin donne l’impression d’une grande jeunesse et d’une capacité de vieillissement quasi infinie.

Ce voyage dans le temps avec les vins de Pibarnon est extrêmement convaincant. Par une belle journée ensoleillée et face à des panoramas de rêve, nous avons partagé un déjeuner de grande qualité.

Vins bus dans la salle de dégustation

2014-07-02 11.34.33 2014-07-02 11.34.28 2014-07-02 11.41.31 2014-07-02 11.41.44 2014-07-02 11.50.19

le cadre féérique

2014-07-02 11.59.59 2014-07-02 12.00.27 2014-07-02 12.06.21 2014-07-02 12.13.59 2014-07-02 13.23.54

la salle à manger

2014-07-02 11.53.55 2014-07-02 13.23.45

la pièce de boeuf

2014-07-02 13.27.08

les vins du repas (manque photo de Salon 1996)

2014-07-02 14.31.28 2014-07-02 14.31.33 photo ALADIN 2014-07-02 14.30.47 2014-07-02 14.34.11 2014-07-02 15.27.33

coupe du Monde oblige, café brésilien !

2014-07-02 15.08.57

Déjeuner au siège du champagne Salon avec un immense Salon 1943 jeudi, 12 juin 2014

Didier Depond, président de la maison de champagne Salon-Delamotte lance une invitation à déjeuner au siège de Salon. Ça ne se refuse pas. Nous sommes dix-huit et je reconnais des fidèles amis de Didier, de tous horizons, avocats, sommelier, marchand de fleurs, journaliste, financier, directeur d’une école de dégustation, caviste et bien d’autres. Ils viennent de plusieurs pays, Argentine, Grande-Bretagne, Suisse. Certains sont des professionnels du vin et d’autres non, mais tous sont des amis de Didier.

A l’arrivée, on demande à chacun, devant une caméra, de dire quelques mots sur Salon et plus précisément sur le 2002 qui vient d’être commercialisé depuis peu de mois.

L’apéritif se prend avec le Champagne Delamotte Blanc de Blancs non millésimé magnum. C’est une magnifique surprise et je suis conquis. Le nez évoque la noix et le champagne glisse en bouche avec un extrême plaisir. Il a beaucoup d’atouts et une grande vivacité.

Nous montons à l’étage pour rejoindre la très jolie salle à manger aux tons d’or et de sable. Le menu qui est mis à chaque place indique sur la page de gauche : vin n° 1, vin n° 2, … jusqu’à vin n° 10. Sur la page de droite il y a le menu : soufflé de turbot, sauce homardine et son étuvée de poireaux / pièce de veau, petits pois à la française / fromages affinés : vieille mimolette et comté 18 mois, mesclun de salade / sablé aux framboises, mousse vanille et son coulis.

La dégustation est donc à l’aveugle, mais on peut supposer que les vins seront des Salon ou des Delamotte. J’ai pris des notes succinctes, car les discussions avec mon voisin marchand et producteur de fleurs ainsi qu’avec le directeur de l’institut Bisinger étaient passionnantes.

Le vin n° 1 a une bulle active, très jeune. L’acidité est belle mais le vin est moins rond que le blanc de Blancs sans année bu à l’apéritif. Il y a de beaux fruits blancs et le vin jeune est sans concession.

Le vin n° 2 a une bulle plus fine. Il est plus profond et plus long que le n° 1 qui a sans doute plus de potentiel mais moins de charme à ce jour que le 2.

Il s’agit de Champagne Delamotte 2004 et de Champagne Delamotte 1999. Le soufflé de turbot est d’un goût prononcé et délicieux. Il épaissit le 2004 alors qu’il étoffe le 1999. Quand le plat est parti, le 2004 se montre très frais et le 1999 est un peu plus lourd et brut de forge. En s’épanouissant dans le verre, le 2004 montre de plus grandes subtilités, alors que le 1999 se comportait mieux au départ.

Les vins 3, 4 et 5 sont servis en même temps. Alors que mon voisin hiérarchise les âges en donnant au n° 3 un âge canonique, je considère que l’âge n’est pas discriminant, car je ne vois pas comment trouver l’un ou l’autre plus vieux que les autres. Mais je ne pousse pas le raisonnement au bout. Je ressens le n°3 comme doté de beaucoup de subtilité, le n° 4 avec beaucoup de fruit et de soleil et le n° 5 comme plus rond, plus calme et plus accompli. C’est le 5 que je préfère. Didier Depond nous annonce que les trois vins sont des Salon 2002, avec Champagne Salon 2002 non dosé, Champagne Salon 2002 en bouteille et Champagne Salon 2002 en magnum.

Le n° 6 a un nez sublime et de grosses bulles. Il donne des notes confites. C’est pour moi un grand vin et une belle bouteille. Le n° 7 est aussi grand et très subtil. Je pense que le Salon est le n° 7 mais en fait il s’agit de Champagne Salon 1976 magnum et Champagne Delamotte blanc de blancs 1996 magnum. Le Salon 76 est non dosé et les deux vins ont été dégorgés le matin même. Je trouve plus de délicatesse dans le Delamotte dont Didier dit que 1996 est une de ses plus grandes réussites.

Le 1976 est un peu plus évolué qu’il ne devrait et a des notes lactées. Le 1996 est vif et brillant.

Didier annonce que les trois vins à venir évoqueront certains d’entre nous. Le n° 8 a un infime bouchon mais qui disparaîtra. Il est non dosé et dégorgé il y a 18 mois. Le n° 9 a un nez très strict et serré, truffe blanche. Il me rappelle le 1982 que j’adore. Ce vin est pour moi le « vrai » Salon historique. Il a un peu de champignons des bois. Le n° 10 a le confort du grand vin superbe, aisé, accessible. Il est d’une grâce extrême. Les 9 et 10 ont été dégorgés ce matin. Pour le 10, je cherche une année ancienne, mais jamais je n’imaginerais que Didier nous ait fait un tel honneur.

Les 8, 9 et 10 sont Champagne Delamotte magnum 1964, Champagne Salon 1969 et Champagne Salon 1943. Les amis autour de la table nés en 1964 et en 1969 pourront se féliciter que je sois né en 1943 car cela nous aura permis de goûter un Salon sublime, qui démontre à l’évidence, comme pour les vins jaunes, que plus Salon vieillit, meilleur il est, s’il est d’un grand millésime. Le 1943 est cohérent, immense, énorme, confortable, assumé, le 1969 de ce jour est l’archétype de Salon avec une vibration qui est rare.

Mon classement de ces vins est 1 – Salon 1943, 2 – Salon 1969, 3 – Delamotte 1996. Le plus émouvant est pour moi le Salon 1943 qui montre à quel point l’âge réussit à Salon. La cuisine a été pertinente et bien exécutée. Les convives de tous horizons sont éminemment sympathiques. Ce fut un plaisir mais aussi un honneur de participer à un tel événement.

L’invitation

invitation Salon 140611 001

salon de dégustation et visite de cave

2014-06-11 11.57.06 2014-06-11 11.57.18 2014-06-11 12.06.02 2014-06-11 12.06.40 2014-06-11 12.10.02 2014-06-11 12.12.44 2014-06-11 12.12.56 2014-06-11 12.13.01 2014-06-11 12.14.06 2014-06-11 12.14.31

apéritif

2014-06-11 12.45.31

le menu donné en début de repas

MENU SALON 2 140611 001 MENU SALON 1 140611 001

soupière Salon et plats

2014-06-11 13.10.05 2014-06-11 13.19.07 2014-06-11 13.51.29 2014-06-11 14.35.48 2014-06-11 15.10.59

le menu donné en fin de repas

MENU SALON 3 140611 001

photos de table et de vins

S2002  (2) S2002 2014-06-11 16.27.18 2014-06-11 16.27.10 photo

Des vins indiens au Yacht Club de France dimanche, 18 mai 2014

Au Yacht Club de France, lorsque j’arrive, il y a une conférence tenue par le directeur général de Vinexpo devant de nombreux vignerons indiens. On parle des tendances mondiales de la consommation de vin. L’Inde va connaître un fort développement de sa production et de ses ventes. A l’apéritif, nous pouvons goûter quelques vins blancs ou rosés de qualités moyennes. Un rosé de la maison York est très agréable. Sur l’excellent buffet servi par Thierry Leluc, je goûte un vin indien créé par un vigneron italien, Sette 2010. Il a des caractéristiques très italiennes et se boit bien. L’ambiance des deux réunions auxquelles j’ai assisté m’a permis de rencontrer des gens passionnants qui vont vivre l’essor du vin indien.

DSC08665 DSC08674 DSC08673 DSC08672 DSC08671 DSC08670 DSC08669 DSC08668 DSC08667 DSC08666

Présentation de vins pétillants indiens dans la demeure de l’Ambassadeur de l’Inde en France mardi, 13 mai 2014

Des vignerons indiens organisent des événements sur trois jours pour faire la promotion de leurs vins. L’organisatrice est d’une telle insistance efficace que je confirme ma présence à deux des trois événements. Le premier se tient dans la demeure de l’ambassadeur de l’Inde en France, ravissant hôtel particulier décoré à l’ancienne. Les discours dont celui de l’ambassadeur Arun K. Singh montrent un dynamisme et une ambition certaine. Un jeune vigneron annonce que sa propriété fait cinq cents hectares, ce qui n’est pas rien. L’ambassadeur cite la consommation de vin par habitant de son pays en la comparant à la France. C’est un boulevard, une autoroute qui se dessine devant les pas des vignerons indiens. Décidés, ils ont eu recours à Michel Rolland et à Stéphane Derenoncourt pour les conseiller. J’avais goûté leurs vins à la présentation des vins conseillés par Stéphane Derenoncourt au George V. Ils ont mêmes l’audace (!) de venir faire la promotion de leurs vins en France. Bravo l’ambition.

On nous propose des gourmandises cuisinées à l’indienne, très épicées et très pertinentes qui accompagnent des champagnes (si l’on peut dire), car la première soirée est consacrée aux pétillants. Je n’ai pas eu la chance de goûter le rosé dont on m’a dit qu’il est fort bon et a été consommé très rapidement. Le pétillant blanc m’a fait penser à cette jolie phrase de Philippe de Rothschild : « faire un très grand vin c’est facile. Le plus dur, ce sont les trois premiers siècles ».

Il n’y a de ma part ni critique ni ironie, mais les personnes que j’ai rencontrées ont de telles ambitions que je souhaite que Philippe de Rothschild ait raison, pour ralentir la marche en avant qui se dessine, comme celle qui est lancée en Chine.

Le pétillant blanc que j’ai bu a une belle attaque assez classique et souffre d’un arrêt brutal en bouche marquant une absence de final. Mais nous n’en sommes qu’au tout début de la grande aventure du vin indien. Le troisième événement auquel j’assisterai se tiendra au Yacht Club de France. Le monde du vin bouge. C’est une bonne chose.

Conférence dégustation à l’école « le Cordon Bleu » mardi, 13 mai 2014

Le « Cordon Bleu » est une école qui forme des professionnels dans les domaines de la sommellerie, du commerce du vin, de l’œnotourisme et plus généralement tous métiers qui tournent autour de la mise en valeur du vin. Chaque année, au Grand Tasting, Franck Ramage dirige une équipe de jeunes élèves qui font le service du vin dans les « Master Class » et cela me fait plaisir de les encourager.

Franck Ramage me propose de venir parler à un groupe d’une trentaine d’élèves de vins anciens et de tout sujet de mon choix. L’idée me vient de prêcher par l’exemple en montrant comment se comportent les vins anciens à côté des jeunes. J’apporterai donc quelques vins de ma cave pour des travaux pratiques.

Le jour dit, je me trouve devant une trentaine de jeunes élèves de tous âges et de toutes nationalités. Il y a une majorité de femmes, qui s’exprimeront beaucoup plus spontanément que leurs camarades masculins. Un traducteur a l’habitude de transposer les propos en anglais sans que cela casse le rythme de l’exposé.

C’est l’occasion de montrer à ces jeunes ma méthode d’ouverture des vins. Le premier couple sera de deux millésimes du même vin. Le Château Lafaurie-Peyraguey 1996 est un guerrier conquérant. Il envahit le plais de sa chaleur sucrée et ensoleillée. Mais le jeune tout-fou est assez simple et de peu de final.

A côté de lui, le Château Lafaurie-Peyraguey 1964 est tout en séduction et en complexité. Et son final est quasi inextinguible. Les élèves ont, comme on peut le comprendre, une approche très analytique, cherchant à découvrir les différents arômes et les différentes saveurs. Mon souci est plus de regarder le parcours du vin en bouche, avec les vagues plus ou moins marquées du flux et du reflux. La démonstration est évidente, le plus ancien est le plus complexe, le plus charmeur, même si le jeune a toute sa justification dans des accords de confrontation avec des plats aux sauces riches, brochet ou viandes blanches.

Le second duo sera entre deux vins différents, car je n’ai aucun Maury jeune. Aussi se compareront un Maury et un Rivesaltes.

Le Rivesaltes Grenat Domaine Cazes 1994 est une explosion de fruit qui finit très vite et le final manque un peu de précision. Alors que le Maury La Coume du Roy Paule de Volontat 1925 est un régal. Il frappe par sa longueur et par la précision de son final. Mais surtout il expose des épices par centaines, des fruits par dizaines tant sa complexité est grande.

Dans les deux séries, on constate la fraîcheur des vins les plus anciens. J’ai fait part aux élèves de ma crainte de voir que l’on boit les vins de plus en plus tôt, ne prenant conscience que d’un dixième de ce que ces vins peuvent devenir si on a la grande patience de les attendre quelques décennies. Le combat est perdu d’avance de vouloir retarder le moment où l’on boit les vins. C’est dommage et cela ne m’empêchera pas de continuer à semer la bonne parole sur ce sujet.

Les élèves sont sympathiques, connaissent les vins. Le Cordon Bleu forme des futurs acteurs importants du monde du vin.

présentation des vins de « Vignobles Français de l’Etranger » mardi, 6 mai 2014

Sylvain Ouchikh, journaliste et entrepreneur, organise à l’hôtel Saint-James & Albany une présentation de « Vignobles Français de l’Etranger« . Tout d’abord, un mot sur l’hôtel. C’est un hôtel charmant sur la rue de Rivoli, en face et au coin du Louvre et du jardin des Tuileries. Les espaces sont beaux, une cour intérieure est appréciable quand il fait beau comme aujourd’hui. Les salons sont vastes. Voilà un lieu que je ne connaissais pas et qui mérite d’autres visites.

Dans ce bel espace, les stands de présentation de vins sont à l’aise ce qui facilite les discussions. De stand en stand, on fait le tour du monde et le tour des cépages. Je me suis attardé sur les vins de la maison Drouhin dans l’Orégon, qui ont la fraîcheur que l’on attend de ce domaine subtil en France, puis sur les Tokaji de Samuel Tinon, dont un blanc sec magnifique d’originalité, flirtant avec des goûts de Xérès. Il est diabolique d’originalité.

Il y avait au moins quinze pays représentés. C’est plaisant de constater que les vignerons français se sont montrés entreprenants et conquièrent le monde. De combien de secteurs économiques pourrait-on en dire autant ? Bien que jeunes, les vins que j’ai goûtés m’ont montré que les caricatures de vins parkérisés du début du millénaire appartiennent maintenant à l’histoire ancienne. Cette présentation est une heureuse initiative.

Dégustation et dîner au siège du champagne Pol Roger vendredi, 18 avril 2014

Peter, un jeune ami écossais fait avec Sarah sa compagne un véritable marathon en Champagne, car, lorsque je les rejoins au siège de la maison Pol Roger, ils sont déjà 550 champagnes à leur actif en une semaine. A ce point l’amateurisme devient un sacerdoce. Christian de Billy a 86 printemps et vient toujours dans l’entreprise. Je bavarde avec lui en attendant notre hôte, Laurent d’Harcourt, président du directoire de la maison Pol Roger.

Nous commençons par une visite de cave et des chais. Il y a 7,5 kilomètres de galeries où sont stockées environ neuf millions de bouteilles. C’est impressionnant. On imagine aisément la ville d’Epernay comme un gigantesque gruyère. Ce qui m’intéresse au plus haut point, c’est la cave des vins anciens, qui recèle des trésors.

Nous allons ensuite en salle de dégustation pour goûter ce qui est commercialisé en ce moment.

Le Champagne Pol Roger « Pure » non millésimé est non dosé et fait à 75% de vins de 2009 et à 25% de vins de réserve des trois années précédentes. Le vin a une belle tension avec des notes de citron. Il est très sec, dur, et peu charmeur. Il faut du courage pour boire ce vin bien fait mais extrême.

Le Champagne Pol Roger Brut sans année est aussi à base de 2009 et a été mis en bouteille en 2010. C’est ce vin qui est livré actuellement. Il est très agréable, citronné avec un beau fruit. S’il est un peu dur, je l’aime bien pour sa belle structure et pour son beau final.

Le Champagne Pol Roger blanc de blancs 2004 est fait sur une base de grands crus. Il a été dégorgé en décembre 2013. Je le trouve très noble. Il est bien fait, prêt à boire, mais vieillira très bien. Il provient de parcelles de la côte des blancs de nombreuses communes.

Le Champagne Pol Roger Vintage 2004 est un assemblage de 60% de pinot noir et de 40% de chardonnay. Il y a des vins de grands crus et de premiers crus. Il a plus de charme que le précédent, plus de rondeur. Il est sexy, riche, beau, facile à boire, alors que le blanc de blancs est plus racé et plus profond.

Le Champagne Pol Roger rosé 2006 est difficile à boire après les blancs. Il a un beau final assez doux et expressif. Il est fait d’un assemblage de vins blancs et de vins rouges de Bouzy et d’Ambonnay.

Le Champagne Pol Roger cuvée Winston Churchill 2000 est de belle couleur déjà légèrement dorée. Il a une belle personnalité, assez fluide. Il est plus charmeur en milieu de bouche qu’au final que je trouve un peu court. Il y a des fruits blancs et jaunes comme je les aime. Nous n’avons pas goûté le champagne très dosé qui complète la gamme disponible à la vente.

Nous emportons nos verres du 2000 avec nous pour profiter du magnifique soleil du soir sur la terrasse de la noble demeure. Une chiffonnade de dorade sur canapé donne un coup de fouet bénéfique au Winston Churchill 2000 qui avait bien besoin d’un soutien de ce type. J’en profite pour ouvrir le vin que j’ai apporté, un Château Chalon Fruitière Vinicole de Voiteur 1964 dont le parfum est magique.

Nous passons à la salle à manger. Le menu créé par le chef Jean-Jacques Lange est : noix de Saint-Jacques, galette au parmesan / suprême de pintade aux morilles / brebis et comté / soupe de fruits rouges. C’est l’un des menus les plus adaptés au champagne que j’aie jamais trouvé dans une maison de champagne. Bravo le chef et la chef que nous avons félicitée.

Le Champagne Pol Roger blanc de blancs 1999 a une très jolie maturité. Il se boit bien car il a pris une rondeur de bon aloi. Il forme avec la sauce des coquilles Saint-Jacques un accord superbe.

Le Champagne Pol Roger cuvée Winston Churchill 1996 que je connais bien est fidèle à l’image que j’en ai. C’est un champagne noble mais qui ne crée pas de saut gustatif majeur.

Le Champagne Pol Roger Vintage 1973 a un final désagréable et dévie aussi une deuxième bouteille de ce champagne est ouverte, mais Laurent d’Harcourt signale qu’elle est bouchonnée. C’est vraiment mineur car quelques minutes après, ce défaut disparaît mais le plaisir n’est pas entier. C’est la superbe sauce de la pintade qui a gommé le vilain défaut de ce 1973.

Le secours vient d’une bouteille déjà ouverte pour le déjeuner, un Champagne Pol Roger Brut Chardonnay 1988. L’aération qu’il a eue lui fait du bien car c’est lui le vainqueur des vins de ce repas. Il a une opulence, une plénitude en bouche qui est spectaculaire. C’est un très grand champagne.

Le Château Chalon Fruitière Vinicole de Voiteur 1964 est d’une sérénité et d’une force de conviction extrêmes. Et comme chaque fois, le pont se crée entre le vin jaune et les champagnes. Il donne de l’ampleur au Winston Churchill, ce qui lui fait du bien, et il forme un duo avec le 1988. C’est un magnifique Château Chalon dont on remarque la jeunesse malgré ses 50 ans.

Le Champagne Pol Roger rosé 1996 est un compagnon naturel des desserts à fruits rouges. Il trouve sa place, mais Laurent d’Harcourt a la bonne intuition, il fait servir à nouveau du comté pour que nous finissions sur les combinaisons infinies des champagnes blancs avec le vin jaune.

Peter m’a demandé en fin de repas mes préférences. Ce sont : 1 – le 1988, 2 – le Château Chalon 1964, 3 – le Winston Churchill 1996 que je mettrais volontiers ex aequo avec le 1999 qui a fait une belle impression.

Je rêvais depuis toujours de venir visiter la maison Pol Roger. Mon vœu est exaucé et il renforce encore un peu plus mon amour pour ce vin que j’adore.

Sarah et Peter vont demain visiter trois domaines que je connais et que je considère comme mes chouchous. Ils me tentent en me demandant de les accompagner. J’ai résisté !

DSC08387 DSC08388 DSC08389 DSC08390 DSC08391 DSC08394 DSC08396

DSC08398 DSC08399

Pol Roger 140417 2 001 Pol Roger 140417 3 001 Pol Roger 140417 1 001

DSC08408 DSC08405

DSC08402 DSC08403 DSC08404