Archives de catégorie : vins et vignerons

Je suis nommé Echanson des Papes de Châteauneuf au Palais des Papes en Avignon mardi, 5 avril 2016

Chaque année, la fédération des producteurs de Châteauneuf-du-Pape organise pour le premier week-end d’avril « le Printemps de Châteauneuf-du-Pape ». J’y suis venu plusieurs fois et j’ai même animé un atelier consacré aux vieux millésimes. Les organisateurs m’ayant demandé d’animer à nouveau cet atelier, j’ai accepté bien volontiers. Ils poussent la gentillesse au point de me demander d’accepter l’honneur d’être nommé échanson dans l’ordre de « l’Echansonnerie des Papes ». La cérémonie d’intronisation a lieu dans la grande salle du conseil du Palais des Papes en Avignon. Elle est suivie d’un repas dans le grand réfectoire du Palais des Papes.

Au moment d’entrer dans la salle du conseil, longue salle où les sièges sont étagés en gradins se faisant vis-à-vis de part et d’autre de l’allée centrale, les huit impétrants sont installés sur les sièges du bas, le long de l’allée. La mise en place est longue car la présence du Prince Albert de Monaco parmi les huit impose des formalités protocolaires et de sécurité. Je me trouve donc condisciple et camarade de promotion du Prince Albert, du préfet du Vaucluse, d’un pilote de Formule 1, d’un restaurateur, d’un sommelier au lourd pedigree, et de deux journalistes.

Chaque impétrant est présenté à la salle d’environ trois cents personnes par un des maîtres de l’ordre qui tient un discours personnalisé et flatteur sur le futur échanson qui doit répondre à une question. La mienne fut de reconnaître du même vin un verre de 1999 et un autre de 2012 et de dire celui que je préfère. Apparemment, j’ai eu bon. La question pour le Prince fut de reconnaître de deux verres celui qui a du vin blanc et celui qui a du vin rouge. Le Prince après avoir goûté dit qu’il aime les deux et fut applaudi. Lorsque nous avons trinqué à l’apéritif entre intronisés j’ai demandé au Prince : « une question me taraude, avez-vous réellement trouvé lequel était le vin blanc ? ». Le Prince a eu la gentillesse de sourire.

La salle du réfectoire est toute en longueur et ogivale. L’arête centrale doit bien être à quinze mètres de hauteur ou plus. Ce palais est gigantesque. La salle est extrêmement bruyante. Le menu mis au point par le chef Laurent Deconinck de l’Oustalet de Gigondas est : tartare de maigre aux noisettes et citron sur une émulsion de racines / poitrine de veau à la sarriette, tomates confites et rave de céleri doré / voyage fromager sur le chemin des Papes : le brie des bois, le rove du Ventoux et le persillé du Venaissin, affinés par Claudine Vigier, MOF / sphère de chocolat pur cacao et quelques Amarena.

L’entrée est délicieuse et le plat principal a souffert de cuissons imprécises. Mais qui s’en soucie car la parole est aux vins. Les sommeliers arrivent avec des magnums ou des jéroboams, et l’on n’a pas le temps de finir son verre qu’un nouveau vin arrive. Les vignerons sont tellement généreux qu’ils ont apporté des quantités excessives de vins. J’ai su le lendemain qu’ils étaient étonnés eux-mêmes que l’on ait fait un sort à tous leurs apports. A Châteauneuf, on est généreux mais on boit bien et beaucoup. Dans ce contexte il serait impossible de citer les vins servis et c’est dommage car ils furent fort bons. Un jéroboam de Domaine du Pégau 2008 m’a fait forte impression comme les vins du domaine de la Barroche, de Saint-Préfert, d’années déjà mûres.

Un aide de camp du Prince veille à ce qu’il ne soit pas assailli par des convives et puisse profiter de cette soirée. Tout le monde a remarqué son aisance et sa gentillesse. J’ai eu la chance qu’il me consacre beaucoup de temps et nous avons évoqué l’idée de partager des vins prestigieux de nos deux caves lors d’un dîner à élaborer. Le Prince se souviendra-t-il de ces échanges, l’avenir le dira. Il avait le souvenir du dîner que j’avais organisé au Yacht Club de Monaco en 2010 dont ses amis lui avaient fait le récit.

C’est bien tard dans la nuit que j’ai rejoint la maison de deux jeunes vignerons située au centre de Châteauneuf-du-Pape pour un repos bien nécessaire.

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le Prince Albert boit le vin qu’il doit reconnaître. Est-il blanc ou rouge ?

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la salle du réfectoire

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on me voit dans le groupe des nouveaux échansons

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les nouveaux échansons

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le cadeau

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Dégustations du mardi des Caves Legrand domaine Marcel Deiss mercredi, 30 mars 2016

Les Dégustations du mardi des Caves Legrand donnent l’occasion de rencontrer des vignerons qui parlent avec cœur de leurs vins. Ce sont des rencontres inoubliables. Ce soir c’est Jean-Michel Deiss qui parle de ses vins et pour rien au monde je n’aurais manqué cette occasion de l’entendre.

Quand il commence son speech en disant que son maître est Jean Hugel, je suis aux anges puisque Jean fut certainement le vigneron avec lequel j’ai partagé la plus forte amitié. Jean-Michel sous la férule de Jean Hugel a fait une étude sur l’opportunité et la date précise de l’arrachage des vignes. Il a considéré cela comme une leçon d’excellence. Ce qui fascine Jean-Michel, c’est la profondeur des racines et la façon de leur apporter l’aération profonde pour que la plante se nourrisse. Il nous dit que les racines progressent de 2,5 cm par jour ce qui est énorme et peuvent atteindre si le sol le permet 70 mètres de profondeur.

Jean-Michel Deiss veut nous entraîner sur le terrain du toucher de bouche et sur celui de la dégustation géo-sensorielle qui permet de relier les sensations avec le terroir. Il parle de la couleur mentale du vin et aurait aimé que nous fassions la dégustation dans des verres noirs pour que cette couleur mentale s’impose à nous. Il philosophe aussi, disant que « la vie, c’est la lutte entre la croissance et la volonté de reproduction ».

Nous allons boire huit de ses vins sur un menu que j’ai trouvé fort bon mais très osé : mozzarella di Buffala, artichauts confits et lamelles de poutargue / marinière de coques aux beurre de soja / blanquette de veau et petits légumes printaniers / les fromages de Bernard Antony. Menu osé, car les feuilles d’artichaut et la sauce sont rudes, la sauce soja très imprégnante, ce qui a effarouché quelques vins.

Alsace domaine Marcel Deiss 2014 ce vin sans appellation est fait de 60 cépages, les 13 autorisés et 47 cépages anciens orphelins pour 2% de la récolte. Le vin est clair, au nez de fruit, d’alcool et de minéral. La bouche est très ronde, de caramel et c’est le final qui est frais, un fruit acide apparaissant en fin de bouche. Le vin devient rond et joyeux. Il ne fait pas Alsace avec le plat et redevient Alsace après, avec une belle amertume. Ce vin de belle minéralité est masculin, au caramel et au beau fruit ample. Jean-Michel parle du chasselas rose auquel il tient.

Cru d’Alsace Engelgarten domaine Marcel Deiss 2013 est clair d’un or léger. Le toucher de bouche est rugueux, ce qui voisine avec un peu de perlant. Il y a aussi un peu de fumé. Le fruit est moins affirmé. Malgré le perlant le vin est gourmand. Je sens de la rose et du fruit rose. La minéralité évoque l’huître. Jean-Michel dit que le vin rugueux est granulé et évoque la pierre.

Le Cru d’Alsace Schoffweg domaine Marcel Deiss 2011 est un vin clair au nez très affirmé. Jean-Michel nous dit qu’il est farineux, vanillé, avec une petite goutte qui ne tombe pas, concept que je n’ai pas compris. Pour moi le vin est très fruité, d’un beau fruit et de caramel. Les coques ont une sauce trop marquée pour ce vin pourtant gastronomique et gourmand. Il a une belle largeur de bouche.

Cru d’Alsace Grasberg domaine Marcel Deiss 2011 provient d’un calcaire jurassique ce qui pour Jean-Michel signifie largeur de bouche. Le nez est très pur, racé et élégant. L’attaque est rugueuse, sucrée et perlante. Le vin est un Fregoli dont le goût change à chaque gorgée, ce que j’adore. Il est sucré, fumé, aromatique et lourd et j’aime son côté atypique. Il a beaucoup de fruits blancs.

Cru d’Alsace Gruenspiel domaine Marcel Deiss 2002 est beaucoup plus ambré. Le nez est racé et pur tout en étant exotique. On sent les épices et les fruits exotiques. Le toucher est de glisse. Le vin est fumé, sans aucun perlant. Il y a beaucoup de fruits chauds et pas une grande longueur. Le vin est assez sucré. Gérard Sibourd-Baudry, maître de cérémonie préfère ce vin alors que je préfère le Grasberg comme Sylvie, la directrice des caves Legrand.

Alsace Premier Cru Burlenberg domaine Marcel Deiss rouge 2004 a un rouge soutenu et très rubis. Le nez est racé et prometteur. J’aime beaucoup ce vin qui est à la fois très fruité et offre de l’amertume. Le finale est rugueux mais noble. Le vin est très long en bouche, et large en milieu de bouche. Ce vin qui n’est pas naturellement gourmand le devient et je l’adore. C’est pour moi le vin de la soirée, qui me rappelle le vin rouge d’Hugel « vin des neveux » 1990, petit chef-d’œuvre. Jean-Michel trouve ce vin rocailleux, plus canaille que noble. Ce n’est pas ma perception, car il m’enthousiasme.

Alsace Grand Cru Mambourg domaine Marcel Deiss  2012. Jean-Michel nous dit qu’en 775 un prêtre ayant fauté avec une moniale allait être excommunié. Sa défense fut de dire : « ce n’est pas ma faute, c’est celle du Mambourg ». Le vin clair a un nez discret. Le vin est très rond, de belle acidité et perlant. Il a une grande vivacité. Noble et complexe il est un peu court en bouche et le perlant me gêne un peu. Il ne va pas avec les fromages.

Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim domaine Marcel Deiss 2005 est plus ambré. Le nez est doux et fumé. La bouche est lourde et sucrée. Le finale est très long en pâte de fruit. Il y a du zeste, du caramel, du miel. Il est agréable et gagnera beaucoup à vieillir.

On écouterait Jean-Michel Deiss pendant des heures tant il est captivant mais parfois abscons tant il pense loin, en visionnaire. Ses vins ont son intelligence et sa recherche d’excellence. Ce vigneron est d’une grande humilité et d’une passion communicative. Ce fut une bien belle soirée.

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25ème anniversaire du champagne Legras & Haas au restaurant Macéo samedi, 26 mars 2016

Pour le 25ème anniversaire du champagne Legras & Haas, Brigitte Legras, femme de François Legras et mère de Rémi, Jérôme et Olivier reçoit des relations et des amis au premier étage du restaurant Macéo, magnifique salle où se tiennent le plus souvent les réunions de l’académie des Vins Anciens où j’ai eu le plaisir de recevoir Jérôme Legras qui anime cette soirée avec son frère Rémi.

A l’apéritif debout nous buvons un Champagne Legras & Haas Brut sans année fait à base de vins de 2010. Il est agréable simple et sans histoire. Tous les champagnes millésimés du repas seront servis en magnums et proviennent de la collection particulière des vignerons.

Le menu composé pour les champagnes par Mark Williamson et la jeune femme chef est : maki d’oursin frais / huîtres fines de claires, gelée de wakame & pommes Granny Smith / velouté de châtaignes, premières morilles / sole cuite à l’arête, choux pointus juste snackés & mousse de champagne / caille rôtie, pommes de terre nouvelles & échalotes confites / amandine aux poires, glace praliné.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 2008 est très favorablement excité par les oursins, c’est vin solide et serein qui se calme lorsque l’oursin est parti.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 2006 a un peu moins de structure mais il est de belle émotion et vibre avec les délicieuses huîtres.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 2004 est un grand champagne qui fait un accord osé mais réussi avec le velouté de châtaignes. Il a une belle personnalité.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 2002 montre aujourd’hui un peu plus de sentiment et de fraicheur que le 2004.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 1997 est un champagne que j’aime beaucoup, facile à boire et élégant.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 1996 est puissant. Il a encore de la réserve et se montrera brillant. La caille lui convient à merveille.

Le Champagne Legras & Haas Blanc de Blancs Grand Cru Chouilly magnum 1995 est un très grand champagne, le gagnant pour mon goût.

C’est intéressant de voir que des années que l’on n’attend pas forcément comme 2006 et 1997 se montrent très agréables et presque plus humaines que les années comme 2004 et 2002.

La démonstration que voulait faire cette sympathique famille est réussie et la cuisine fut remarquable. C’est la première fois que je vois la jolie cuisinière toute discrète venue nous saluer, que Mark ne m’avait jamais présentée. Elle a réalisé un menu de grand talent.

Vive les grands champagnes de Chouilly  et merci à la famille Legras de cette belle célébration des 25 ans de son champagne Grand Cru.

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Mark Williamson nous présente le nouveau chef, une timide jeune femme de grand talent

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les Vinissimes de Nicolas samedi, 26 mars 2016

Un mail m’annonce que la maison Nicolas organise une dégustation de grands vins et de vins de prestige en deux périodes de temps possibles sur la même journée, « les Vinissimes de Nicolas ». On doit choisir son horaire et décider si l’on veut goûter seulement les grands vins, ou les vins prestigieux, ou les deux. J’aurais peut-être laissé passer ce mail, car on demande 150 € pour chacune des deux dégustations, mais elle a lieu à la Maison des Polytechniciens, ce qui m’incite à y aller. La cotisation demandée est remboursable si l’on fait des achats d’un certain montant.

Les magasins Nicolas et leurs ventes de prestige de fin d’année ont été le point de départ de la constitution de ma cave aussi ai-je un a priori favorable. Lorsque j’arrive, vers 16h30, les salons de la Maison des X sont archipleins. Et je n’imaginais pas qu’il y aurait tant de stands avec les vignerons eux-mêmes, ou leurs distributeurs en France. C’est très au-dessus de ce que j’imaginais. Je rencontre des vignerons que je connais et les stands sont de qualité.

Ayant la chance de rencontrer Bruno Paillard lui-même présenter ses vins, je goûte quelques champagnes dont le Champagne Bruno Paillard Nec Plus Ultra 1999 fort plaisant. Mais il y a tant de monde que je goûterai peu de grands vins, me réservant pour les vins de prestige, les salles étant moins fréquentées.

Le Château Lafite-Rothschild 2011 a un nez racé. Le vin est noble, mais il faudra l’attendre, car il est fermé à ce stade.

Le Château Margaux 2006 est magnifique en bouche. Il a tout d’un château margaux, féminin, charmeur, joyeux. Il est très agréable à boire à cet âge. Je l’adore.

Le Château Mouton-Rothschild 2007 a un nez magnifique. Si le vin est tributaire de son année, de relativement peu d’énergie, j’aime bien ce vin calme, au parfum le plus beau de tout ce que j’ai goûté.

Le Château La Mission Haut-Brion 2004 n’est pas mal, mais il manque de vibration, ce qui est confirmé par la dégustation en suivant du Château Haut-Brion 2004 qui est absolument superbe et se montre un grand vin. Haut-Brion est grand, quel que soit le millésime.

Le Château Angélus 2011 est un vin remarquablement fait qui vieillira bien. Il faut le laisser mûrir.

De ces bordeaux émergent deux vins, le Haut-Brion 2004 et surtout le Margaux 2006.

Le Penfolds Grange 2010 est un vin magnifique de puissance et d’équilibre. Il est déjà très épanoui et va progresser encore. Il est très beau.

Le Château d’Yquem 1995 est d’un millésime dont Alexandre de Lur Saluces était fier lorsqu’il est apparu. Il se bonifie et offre un gras charmant. Il va devenir très grand mais offre déjà du plaisir.

Quelle surprise de voir que Bollinger présente le Champagne Bollinger Vieilles Vignes Françaises 2004 ! Car la production est incroyablement faible. Ce vin que je n’achète plus à cause de son prix me crée une belle surprise car il est franchement d’un très haut niveau combinant noblesse et plaisir. Une bien agréable surprise.

Je redescends au niveau des grands vins et non vins de prestige, où il y a du bon. Ayant un dîner à la suite j’ignore de magnifiques vins, parce que je ne peux pas tout goûter.

Le Riesling Grand Cru Kessler Schlumberger 2011 est d’une précision que me ravit, vin gastronomique et joyeux.

Un Rivesaltes Gérard Bertrand 1974 est goûteux et gourmand avec déjà la belle patine des vins anciens.

Le Rosé les Clans Château d’Esclans 2013 fonde sa communication sur le fait qu’il est le rosé le plus cher du monde. J’en aime de plus typés.

J’avais fait la visite sans le catalogue et je le regarde pour voir quel achat me rembourserait de mon inscription. Peine perdue, les prix sont si élevés, ce qui m’étonne beaucoup, que la cause me semble entendue, il n’y aura pas d’achat compensant l’inscription. Ce qui n’enlève rien à la qualité de ce qui a été présenté, très au-dessus de ce que j’imaginais. S’il y a une nouvelle édition de ces Vinissimes, je reviendrai.

A great vertical of Pommard Epenots domaine Parent proves the efficiency of slow ox method dimanche, 14 février 2016

A great vertical of Pommard Epenots domaine Parent proves the efficiency of slow ox method

I have very quickly translated my text of this verticale with Google Translation. There are certainly mistakes I do apologize for that.
I did not change the text which is exactly what I wrote in 2008 and the French version here :

http://www.academiedesvinsanciens.org/une-belle-verticale-de-pommard-epenots-parent/

you should go there to see the pictures of the event.

http://www.academiedesvinsanciens.org/verticale-de-pommard-epenots-parent-dans-le-vaucluse/

Just a few months I had been staying with a couple of Burgundian winemakers who have chosen to escape the weekend amid Rhône Valley vineyards. We talked wine, as it happens between wine lovers. An appointment was determined by my cousin who is a friend of the winemakers, so that together we could taste some antique bottles.

My wife and I arrived on Friday afternoon with my cousin and I’ll drop my wines to the vacation house of the winemakers. François Parent shows me an incredible number of bottles of all sizes and said, « all those bottles of the family winery have their original corks. I planned rescue bottles if maderization or default.  » It turns out that François Parent, who opens occasionally one or two old bottles, will only make the third major vertical of wines of his Domaine. The first was made with Robert Parker in the early 80s, the second took place three years ago with Allen Meadows, the man who undoubtedly knows best Burgundy wines as Richard Juhlin knows champagnes, and third is done in the presence of a few friends and myself, what I feel like an honor. An additional mark of esteem is that François accepts myself to open wines, operation he never confided to anyone else. Bravado or encouragement, without seeing the wines, I start « tomorrow there will be no waste and no necessity to open extra bottles. »

We return to my cousin for dinner and we start with a pure Chardonnay champagne, Lady N Le Brun de Neuville. It is gently drinkable and pleasantly fits well with foie gras made by his son that one pepper lightly. On a soup with chestnuts and toasted chestnuts, my cousin opened a Arbois yellow wine Rolet Père & Fils 1995. The wine is very powerful. The agreement is smooth, comfortable. While this yellow wine delights me, imperious nose, virile and pervasive taste and a talented final. We fear that such wine not overbearing overshadows the wine to follow, but we’re getting. On a cod with orange, the Clos de la Coulee de Serrant Ms. Joly 1983 is appropriate as divinely elegant lemony acidity with prepared fish. What strikes me is the precision of the frame of this wine. I appreciate this wine to the period before the pope of biodynamics, Nicolas Joly. It clearly shows that we should drink this wine when it is adult. The acidity of the rhubarb pie with currants refuses any wine.

The next morning the hot sun illuminates the Vaucluse. My cousin hand pluck the thrushes, François Parent and Anne-Françoise Gros are busy. In a few hours I will open wines accompanied by one of my most faithful companions of old wine dinners and our wives. All abuzz pregame recollection.

I arrived a little late, at 17.30 instead 17.00 and I’m a little nervous because I want to demonstrate my opening method is the clearest possible but François Parent is as nervous as me because he would never so early open his antique bottles. François opens all bottles subsequent to 1947 and I open all older. The original corks up which are very dry and break like the crust of a dry lake. But the bottom corks are very flexible. The corks stick to the necks and are removed with difficulty but are integers, except the 1886 Pommard being torn apart. François is surprised that I find very good wines with unpleasant odors, but he accepts the experience. Anne-Françoise shows me the menu and wonder how I thus apportion wines to dishes that do not have all been designed for them, since the wines of my friend and mine were not announced.

The developed by Anne-Francoise Gros menu is: fish terrine, St. Jacques scallops on a bed of Vosne-Romanée / thrushes Vaucluse to pin / the deer roast, celery purée, potato and wild truffles / cheese platter Burgundy / apple pie and quince Pommard / roasted pineapple, lemongrass skewer, ginger cream.

We take an aperitif at the fireplace where a thrush company rotates the spindle, each bird is separated from the other by slices of bacon, two half-loaves under thrushes collecting cooking seeps. The champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1983 I brought has good acidity, freshness, which nicely fills the mouth. It does not have the density or complexity of champagnes typed as Salon or Krug, but we have a very comfortable expressing fine champagne. We must accustom Champagne Blanc de Blancs 1952 Mahu brought by my friend, because he lost his bubble, has an amber color and has a very strong wine that evokes a little Jura wines, with less force. Everyone being amateur wine is appreciated. However, it has aged more than he should have, which does not diminish his interest.

We go to the table and the bowl there are two wines: a 1976 Echezeaux Domaine Gustave Gros in half bottles and a magnum of Pommard Chaponnières Domaine Parent 1990. Pommard is a joyful youth, with a beautiful fruit and the cousin love it and will continue repeating. 1976 is a great personality, shows no drought, and does not suffer from his bottle format. We will drink two, very good quality. Both wines are dissimilar but coexist and the agreement with the dish is relevant. I love the message of 1976.

On thrushes, I wanted to join the Parent Pommard Epenots Domaine 1964 with the Pommard Jeroboam Epenots Domaine Parent 1933. And it works very well. One is struck by the similarity of taste between the two, which are the expression of the terroir of the Parent domain. 1964 has blossomed, slightly bitter and 1933, my friend and I like particularly, shows a beautiful complexity for the year, the best of the 30s, without a year of great influence. 1933 we like a lot.

The roast doe we have two series of wines of the finest vintages. The first set comprises the Domaine Parent Pommard Epenots 1959 and Pommard Epenots Domaine Parent 1947. The youngest is of great elegance and lightness that mark a long journey in the mouth. The contrast is striking with the 1947 rounder, fuller, more complex, more rich. I am quite stunned by the perfection of 1947 when my cousin did not see much difference with 1959. François Parent finds an opening made several hours before round the wines and the wine is good from the first sip to the last since it took a long time for aeration.

The second set includes Pommard Epenots Domaine Parent 1928 and Pommard Epenots Domaine Parent 1915. Could we imagine two more different wines and also perfect, each in its register? 1928 is in line with the 1947, but it has everything and more. My friend and I immediately say that for 1928, it has all of 1928. But it was more than that. It is powerful, strong, robust, complex, with a spectacular presence in mouth. Looks like this is the perfect Pommard, which seems more than happy Pommard the beginning of the meal. Anne-Françoise says drinking the 1915 « this is the rose. » And I tell the story of the first meals I had shared with Alain Senderens for which I brought my darling Nuits-Saint-Georges Les Cailles Morin 1915. Alain had loved and had asked a butler search for rose petals. And we had chewed rose petals and drank the divine agreement for 1915. Anne-Francoise had found the same evocation Alain on a wine of the same year. The 1915 is a wine of incredible sensuality. It is sexy, disturbing, seductive, and takes us on taste tracks that we would not have imagined. There are some similarities between 1915 and 1933, the oldest having a significantly higher charm. We were pretty impressed that we can have all the 1928-assured and domineering and romantic 1915 basket of roses with a feminine charm.

I wanted the two older wines are tasted without food, but we pecked cheese, Chambertin suitable well to the development of these two ancestors. The Pommard 1904 Parent Epenots Domaine a fairly astonishing color that Francis knows well, very red blood which is almost unbelievable this year. The wine is good, pleasing, distinctive, expressive, but is beginning to feel the effects of age even if the wine is nimble. The Pommard 1886 Epenots Domaine Parent moving. It comes pre-phylloxera vines were uprooted in 1895. The wine was a low level is still alive and François was pleased agility. But the more you drink it as a touching relic that like a fine wine. One detail struck me: François knows everything about the history of each year and explains the taste of each wine by climatology and resulting decisions.

We’re going on cheese make a powerful statement of accuracy. The Pommard Epenots Domaine Parent magnum 1985 and Pommard Epenots Domaine Parent magnum 1978 are wines that make a leap of almost a century with the wine we had left. And if the youth is beautiful, the wines appear to us at the time as too young, not enough structured, assembled not enough, not enough homogeneous. Wines that have more than twenty years seem like kids wines of the year.

My friend is very sad because his Vouvray Clos du Bourg 1959 Huet is nice, but a hundred cubits he can show, as if he had a cold. I brought two sweet. Le Pin Domaine 1st Côtes de Bordeaux 1937 I announced as a sauternes, and 1941, because the bottle had no label has a nicely citrus nose. On the palate, citrus fruits are present, but the wine lacks a little safe. The Chateau Rayne-Vigneau 1936, a very amber caramel nose. Anne-Françoise sees chocolate I have trouble finding. In the mouth it is very caramel and blends well with the sauce of pineapple crafted by the couple of Dutch guests participating in the meal. This wine will be highly favored in votes, but I find that both sweet that I brought, like the Huet, playing small arms during the evening.

Beyond two in the morning, under a starry sky, Cuban scrolls form the clouds and only marry a fine Burgundy Parent that can be dated between 1890 and 1904 from a barrel of 228 liters evaporated leaving only 50 liters at bottling. From birth to 70 °, there is still an alcoholic strength to break through the walls.

We voted for the four wines that were most popular. Despite great differences, the consensus is largely made on the first two. The consensus of the vote would be: 1 – Pommard Epenots field Parent 1915 2 – Pommard Epenots field Parent 1928 3 – Pommard Epenots field Parent 1947 4 – Château Rayne Vigneau, 1936. My vote is almost the same, being replaced by the sauternes champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1983.

I would draw from this magnificent vertical the following lessons. The excellence of this Pommard period is between 1959 and 1915. The youngest have not yet reached the roundness that highlights them, and beyond 1915, the older wines, although interesting, are now historical evidence more than the taste of serenity. They exceeded their threshold of interest, while the 1928 show by example an almost infinite longevity. The greatest source of pride for me is the total success of my opening method. François Parent acknowledged that he would have rejected two wines, but 1933 and 1886 have corresponded to what could be expected. This is the first time in these verticals, he was not obliged to open emergency bottles, and found that wine enhanced by slow oxygenation, appears on the table in the more fulfilled state they would be able to offer.

The noon the next day under a heavy sun that normally would never in January, brunch brings us to comment on the wonderful dinner the night before. The 1990 is still as cheerful, 1964 became more bitter and has lost some of its luster. The 1985 is constant, and it is especially the 1978, which has improved incredibly. No longer faced with the talent of 28 and 47, it shows a love of life and a balance that did not yesterday, that reconciles us with the wines of this age.

This impressive vertical in a friendly atmosphere between old wine connoisseurs learned many things for everyone.

(end of report)
Conclusion :
a winemaker allowed me to open his wines
by provocation I said : we will not use extra bottles and we did not (happy chance)
the winemaker would have opened two extra bottles and it was not necessary
he had the demonstration that wines are enlarged by slow ox method.

Henri Jayer lundi, 1 février 2016

Lors du déjeuner pour déguster les Gaudichots DRC 1929, nous avons ouvert deux Cros Parantoux d’Henri Jayer et nous avons été filmés par « lotelduvin ».

Voici un extrait de ce qui fera partie d’un film sur Henri Jayer EXTRAIT

Et le récit du déjeuner :  DEJEUNER

 

Déjeuner au restaurant de l’hôtel Mandarin Oriental vendredi, 29 janvier 2016

Ce soir, se tiendra le 197ème dîner. Deux jours avant le dîner j’ai écrit à chacun des participants les recommandations d’usage, de ne pas conduire après le repas et de déjeuner léger le jour de ce dîner. La grève des taxis va m’obliger à ne pas respecter l’engagement numéro un et peu avant dix heures ce matin, je reçois le message d’un vigneron : « êtes-vous libre pour déjeuner aujourd’hui au Mandarin Oriental ». Je vais donc désobéir aussi à la recommandation numéro deux.

Arrivé au restaurant de l’hôtel Mandarin Oriental, je suis accueilli par David Biraud tout sourire, sommelier que j’ai connu à l’hôtel de Crillon et avec qui j’ai réalisé des dîners mémorables. Ici il est un peu comme Eric Beaumard au George V ou comme était Philippe Bourguignon au Laurent, à la fois guide des mets et des vins. Il nous explique le menu où l’on peut choisir de cinq à huit plats. Nous prendrons le programme minimum qui pour moi sera : friture de barbue, poivre Sansho / œuf bio, riz Carnaroli, cresson de fontaine / bar de ligne, châtaigne, butternut et jus kabuto / poitrine de pigeon, fenouil cru et cuit, noisette torréfiée et raisin blanc / sweet Bento et Ylang-ylang.

De plus en plus, dans un plus grand nombre de restaurants, la recherche de recettes nouvelles nous emporte dans un monde lexical aux termes inconnus.

Nous prenons l’un des trois champagnes au verre proposés, le Champagne Pol Roger « Pure » extra-brut sans année. Avec David Biraud nous convenons que les champagnes non dosés sont un effet de mode, car l’extra-brut n’est pas le plus charmeur des champagnes. Nous le vérifions avec celui-ci, de belle matière mais janséniste, rigoureux, ascète, qui se présente pour nous rappeler que le plaisir est péché.

Et l’on pourrait dire que la cuisine de Thierry Marx suit les mêmes tendances que ce champagne, car sur un fond de dextérité et d’évident talent, on explore des saveurs parfois ingrates ou tout du moins faisant du « hors-piste » par rapport aux saveurs gourmandes que l’on aime. J’adore le bar, j’adore le pigeon, mais le diable gustatif s’habille non pas en Prada mais dans les goûts collatéraux. Il y a de l’invention, du talent comme avec cet œuf magnifiquement mollet, mais par moment on est plus dans l’intellectualisme que dans la gourmandise.

Mon hôte étant le président des champagnes Henriot et de la maison Bouchard Père & Fils, quoi de plus naturel que de boire un vin que j’affectionne tout particulièrement, le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus Bouchard Père & Fils 2009. Tout en ce vin est charmant. Il est velours, il est soie. Quelle grâce et quelle élégance. Alors que 2009 est une année puissante, le vin est tout en finesse et délivre ses messages avec subtilité. Il s’accommode bien du bar mais c’est surtout sur la chair goûteuse du pigeon qu’il est à son aise.

Thierry Marx qui est venu nous saluer a ajouté la surprise d’une truffe noire particulièrement goûteuse et l’enfant Jésus a cherché à se confondre avec elle, le vin devenant une truffe délicate.

Les desserts sont innombrables, aux saveurs exquises extrêmement variées. Comme on ne retient pas la présentation qui est faite de ces desserts, on s’aventure « à l’aveugle » sur des pistes gustatives intéressantes mais très abondantes et très disparates.

Le cadre du restaurant est très étonnant. Les tables sont très confortables. David Biraud est un amphitryon extrêmement sympathique et compétent. Son dynamisme joyeux est entraînant. Je lui demande si le chef pourrait s’intéresser à créer des dîners pour mes vins. Sa réponse immédiate est que mes dîners, qu’il connaît pour avoir participé à la mise au point de plusieurs, ne sont pas dans les axes de recherche du chef.

Cela n’enlève rien au plaisir d’avoir déjeuné agréablement dans un des grands restaurants de Paris.

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Rhône Vignobles présente ses vins à Paris et nous offre une surprise samedi, 23 janvier 2016

Ils sont quatorze vignerons, tous copains, qui ont créé « Rhône Vignobles » pour faire ensemble la promotion de leurs vins en France et à l’étranger. Ils invitent pour une dégustation d’après-midi à la Maison de l’Aubrac. Pour attirer une large audience, ils annoncent une surprise des « Winegroovers » et une dégustation de millésimes d’exception. Les quatorze domaines sont du nord au sud du Rhône : Jean-Michel Gérin, Yves Cuilleron, François Villard, Louis Chèze, Combier, Graillot, Courbis, Alain Voge, Delubac, Montvac, La Janasse, Beaurenard, la Citadelle et Revelette.

J’ai la chance de bénéficier de l’amitié des membres du groupe car nous nous sommes plusieurs fois rencontrés autour de vins anciens dont ils sont friands et de leurs vins. Après avoir salué chacun, je commence à goûter leurs blancs de 2014. Malgré leur jeunesse beaucoup sont agréables à boire. Selon les appellations, ils sont très différents, bien faits et typés. 2014 s’annonce comme une belle année de blancs. Je prends des notes, mais il serait fastidieux de les reproduire car dans cette salle bruyante du fait du monde, les conditions de dégustation ne sont pas les meilleures. Lorsque j’attaque les rouges, je prends de moins en moins de notes. Les vignerons présentent plutôt leurs rouges 2013 voire 2012 et 2011. On peut grignoter des cochonnailles à un bar comptoir au centre de la grande salle. Je suis étonné que ces cochonnailles soient aussi peu avenantes alors que la maison de l’Aubrac est célèbre pour ses viandes.

Le président de Rhône Vignobles Alexis Rousset-Rouard prend la parole mais son discours est recouvert par une vidéo des Winegroovers. Ce sont tous les vignerons qui chantent et jouent du rock. Grâce à un outil de modification d’images, on voit tous les vignerons et vigneronnes avec des chemises ou pulls fluos et les lunettes de soleil opaques des mêmes couleurs. C’est vivant drôle, et montre leur camaraderie. Le président veut reprendre la parole, mais la vidéo repart en boucle, avec la chanson « il faut le boire pour le croire ». Il annonce qu’il sera remplacé par une nouvelle présidente de Rhône Vignobles, Cécile Dusserre du domaine de Montvac à Vacqueyras.

Vient ensuite la partie la plus passionnante : chaque domaine a apporté des magnums de vins de 2010, 2009 et même plus vieux, jusqu’en 2003. Quand on voit le saut qualitatif que représentent ces vins plus mûrs, on est obligé de se demander pourquoi l’on commet l’erreur de mettre en vente des vins trop jeunes. Ces vignerons qui représentent l’excellence de leurs appellations font des vins superbes lorsqu’ils ont une dizaine d’années. C’est à méditer.

La joie de vivre et la compétence des membres de ce groupe vieux de vingt-cinq ans a attiré un nombre impressionnant de visiteurs du monde du vin et de la restauration. Longue vie à Rhône Vignobles, qui compte les plus beaux fleurons des Côtes Rôties, Condrieu, Saint-Joseph, Crozes-Hermitage, Hermitage, Cornas, Saint-Péray, Rasteau, Cairanne, Gigondas, Vacqueyras, Châteauneuf-du-Pape, Lubéron et Coteaux d’Aix. Leur joie de vivre est aussi souriante que leurs vins.

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Verticale de Dom Pérignon et déjeuner au Royal Monceau jeudi, 17 décembre 2015

Richard Geoffroy, le chef de cave et compositeur de Dom Pérignon invite une dizaine de journalistes et/ou amis à découvrir le millésime 2006 par une verticale des cinq millésimes successifs finissant par 2006. Le rendez-vous est à l’hôtel Royal Monceau, dans la suite Raffles. Ce n’est même plus le mot de « suite » qui convient mais plutôt « appartement », avec un luxe rare. Il y a même une salle de sport attachée à cette suite ! Nous sommes assis autour d’une table ovale, avec des verres alignés et Richard fait verser tous les vins en même temps, ce qui permettra, tout au long de la dégustation, de revenir plusieurs fois sur les vins, dans l’ordre de son choix..

Richard fait un long exposé sans être interrompu, ce qui permet à chacun de se concentrer sur ce qu’il boit, plutôt que de se lancer dans des échanges qui distrairaient de l’exercice auquel nous sommes conviés. J’ai pris des notes et comme je suis revenu plusieurs fois sur chaque vin, il y a forcément des redites.

Richard dit qu’avoir millésimé cinq millésimes de suite est très rare. Il nous invite à faire le point sur ces champagnes, en toute simplicité. Nous allons goûter les Dom Pérignon de 2002 à 2006, d’une décennie la plus solaire de l’histoire de la Champagne. La maturité des années solaires fait partie du projet Dom Pérignon,

Richard dit qu’une dimension importante de son rôle est celle d’une prise de risques, pour que la marque Dom Pérignon reste à son niveau. Il aime le titre d’un article d’Antonio Galloni, « No guts, no glory », qu’il trouve le plus adapté pour définir comment se fait Dom Pérignon : il n’y a pas de gloire sans prise de risque. Richard considère qu’à chaque millésime, il y a une réinvention, en mettant tous les compteurs à zéro. Il souhaite que le vin donne l’image de chaque année et du fait du réchauffement climatique qui profite à la Champagne il pense envisageable que tous les années donnent lieu à un Dom Pérignon. Il y a bien sûr parfois des impossibilités comme 2001 et l’année 2007 est encore en question car elle est faible.

Champagne Dom Pérignon 2006 son nez très élégant de jolie vinosité est le plus glorieux des parfums de cinq vins. Le vin est d’une belle acidité, les fruits sont roses et citron, il y a un peu de brioche, le vin est vif et va s’arrondir mais il est déjà très noble. Je ressens un peu de café dans le finale. Ce champagne est très frais. Je suis assez fasciné par le nez du 2006. Ce vin sera grand dans le futur.

Champagne Dom Pérignon 2005 a un nez de citron vert, avec un amer joli. La bouche est ample, joyeuse. C’est un Dom Pérignon joyeux et sûr de lui, très agréable. La bouche est vineuse avec un soupçon de pâtisserie dans le finale qui est un peu moins joyeux que le milieu de bouche.

Champagne Dom Pérignon 2004 a un nez qui évoque un peu plus la pâtisserie. La bouche est plus classique, il a beaucoup d’équilibre et un caractère salin, typique de Dom Pérignon. Un premier 2004 est carré et solide. Michel Bettane détecte un petit problème et fait changer. Une deuxième bouteille donne un vin plus floral et plus romantique. C’est un dandy assez sûr de lui.

Champagne Dom Pérignon 2003 a un nez très élégant mais aussi très intense, une attaque ample et le vin est marqué par l’élégance, aussi bien par ses fleurs blanches que par son finale. Sa fluidité est belle. Il y a un caractère féminin dans ce champagne.

Champagne Dom Pérignon 2002 a un nez un peu fermé. La bouche est ample comme le 2003. C’est un très beau vin de belle matière, au fruit solide et finale de grande beauté. C’est le Dom Pérignon le plus accompli à ce stade de sa vie, comparé à ses plus jeunes frères.

Ma synthèse faite en sens inverse serait que le 2002 est d’une élégance majeure, le 2003 plus étrange et « exotique », le 2004 très beau demandant plus d’âge, le 2005 très gracieux et élégant et le 2006 au parfum le plus intense, un Dom Pérignon plus calme, mais qui reste très Dom Pérignon.

Tous ces Dom Pérignon sont très élégants et vineux. Il ne jouent pas sur la puissance mais sur le grain, la « glisse », la fluidité. Centrés sur le fuit, ils sont, selon Richard, « glorieusement et fièrement réducteurs », conçus pour une maturation très lente.

Les discussions démarrent avec parfois des petites joutes entre les journalistes qui défendent leurs visions. J’aime celle de Michel Bettane qui a le recul et la sérénité.

Richard Geoffroy nous dit que 2007 sera un peu mince ainsi que 2014. 2008 et 2012 seront superbes et 2009 superlatif.

Cette dégustation est très intéressante mais pas discriminante dans la mesure où chacun de ces millésimes a ses propres qualités. Il aurait fallu un millésime qui se démarque un peu de ce schéma pour mettre encore mieux en perspective le travail créatif fait par Richard Geoffroy et salué par tous.

Nous quittons la table de dégustation pour aller trinquer sur le 2006 en grignotant des petits canapés d’une extrême pertinence. Nous bavardons et je fais la connaissance d’un ami de Richard, homme de presse, qui est mon conscrit. Richard nous retient et nous allons tous les trois déjeuner au restaurant du Royal Monceau où Richard est connu comme le loup blanc.

Nous choisissons un « Black Cod » (défense de la langue française oblige) mariné, riz noir étuvé au gingembre et citron. Le plat légèrement miellé est excellent Richard choisit sur la carte des vins un Champagne Veuve Clicquot Ponsardin rosé sans année fort judicieux pour le plat, avec une belle pertinence.

J’en profite encore avec un macaron Ispahan de Pierre Hermé, gourmandise suprême par le génie du litchi et de la rose, qui crée un accord couleur sur couleur avec le champagne.

Richard Geoffroy est un être exquis et un esthète innovant. Ce déjeuner sur le pouce n’est que bonheur.

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la broderie des serviettes méritait une photo

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le « travail » commence

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les petits-fours

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au rez-de-chaussée ce fauteuil d’enfant

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au restaurant

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Le premier Salon des Vins Matures mercredi, 9 décembre 2015

Hervé Bizeul entreprenant vigneron du Roussillon, du Clos des Fées, a convaincu une douzaine de vignerons de créer un « salon des vins matures » où seraient présentés des vins à boire et non pas des promesses de vins. Lorsqu’il m’a exposé ce projet, je ne pouvais qu’adhérer, tant je souffre de voir que les vins sont bus quand ils ne sont que des ébauches, loin des soleils qu’il pourraient nous offrir.

La première réunion a lieu dans un beau salon de l’hôtel Bristol, celui-là même où j’ai lancé il y a 26 ans l’introduction en Bourse de l’entreprise que je dirigeais. L’espace est confortable et les vignerons ont du temps pour présenter leurs merveilles. Je n’ai pas pris de notes car le plaisir de bavarder avec les vignerons tout en goûtant primait sur l’étude stricte.

Le Château la Nerthe Châteauneuf-du-Pape 2004 est dans un moment de grâce et brille par son équilibre, plus que le Château la Nerthe Châteauneuf-du-Pape Cuvée des Cadettes 2004 qui promet mais nécessite encore quelques années avant d’atteindre son épanouissement.

L’Hermitage La Chapelle Paul Jaboulet Aîné 1998 est déjà superbe et justifie pleinement l’initiative d’Hervé Bizeul : nous buvons de vrais vins. Les vins de Marlène Soria sont de petits bijoux de précision, le Clos de Cistes Domaine Peyre Rose Languedoc 1996 est une merveille de fluidité.

Les vins de Marcel Deiss, présentés par Jean-Michel Deiss et son épouse sont ciselés, l’ Altenberg de Bergheim Marcel Deiss 2001 est généreux.

Le Chinon Clos du Chêne Vert Charles Joguet 1998 est d’une fluidité et d’une gourmandise assez exceptionnelles.

Le Clos des Fées domaine du Clos des Fées 2005 profite bien de ses dix ans qui arrondissent les angles et donnent de la joie de vivre à ce vin.

Le Maury Domaine Pla del Fount 1939 est un bonbon fondant dans la bouche, avec une fraîcheur inégalable.

Par un heureux hasard, le domaine de Saint-Géry de Cahors faisait goûter ses cochonnailles et ses foies gras délicieux, ce qui poussait à aller se faire servir du vin qui convenait aux belles saveurs qui nous nourrissaient.

J’ai pu discuter avec Jean-Michel Deiss, Eric de Saint-Victor, Alain Vauthier, Caroline Frey, Jean Guyon, Laurence Brumont, et bien d’autres. Pour beaucoup de domaines, les vins de ces millésimes ont déjà été largement vendus. Garder des vins sur de longues périodes pour qu’on les consomme quand ils sont buvables est un vrai problème. Mais ce salon des vins mature montre l’écart fondamental qui existe entre une promesse de vin et un vrai vin.

Il est impératif qu’un tel salon fasse tache d’huile. Pour l’instant, la démonstration est faite de l’intérêt de cet événement. Longue vie au « salon des vins matures ».