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Dîner chez Laurence Féraud du domaine du Pégau vendredi, 8 avril 2011

Dîner chez Laurence Féraud du domaine du Pégau

Pendant que nous goûtions les vins d’Henri Bonneau à Châteauneuf-du-Pape, Laurence Féraud ne cessait de recevoir des appels lui disant que ses invités attendaient devant sa porte. Je lui suis reconnaissante de ne pas avoir précipité notre départ, tant écouter Henri est un bonheur d’amateur de vins. Nous arrivons chez Laurence Féraud du domaine du Pégau pour trouver tous les convives qui piétinent mais gardent le sourire.

Il y a dans notre groupe : Céline Sabon, propriétaire avec sa famille du Clos Mont Olivet, Philippe, œnologue et vigneron, Marc, écrivain du vin belge qui tient un blog, les cinq du vin, Michel, président du syndicat des vignerons de Chateauneuf du Pape, Nikos, amateur de vins chypriote, Laurence Féraud, notre hôtesse, et Dan, l’importateur américain des vins de Laurence du domaine du Pégau.

Je dois à la vérité de dire qu’au domaine d’Henri Bonneau, les vins étaient tellement bons qu’ils n’ont pas tous été recrachés et que ce soir nous allons boire l’équivalent de quinze bouteilles à huit. Comme je n’ai pas pris de notes, il est facile d’imaginer qu’il y aura des trous dans la couche d’ozone de mon récit. Je situerai le plus souvent les vins par rapport à ce que j’en attendais.

Le Champagne Billecart Salmon Brut Réserve sans année est meilleur que mon attente. C’est un champagne sans prétention mais très correctement dessiné.

J’attendais beaucoup plus du Champagne Jacquesson cuvée 733 qui est fait de vins de 2005 qui est plat et sans vigueur. Il s’agit certainement d’un problème de bouteille.

Le champagne que j’ai apporté est Champagne Dom Pérignon 1976. La couleur annonce le futur plaisir car elle est extrêmement jeune. Le champagne est séducteur et raffiné. C’est un Dom Pérignon que je situe au dessus de ce que j’attendais. Je me mets à penser qu’il pourrait être le vin gagnant ce soir. Mais ce n’est pas si sûr, car Nikos a apporté un Meursault Charmes Les Tesserons de Lafite négociant à Bruxelles 1969 qui est époustouflant. Je suis sous le choc, car ce meursault est merveilleux de complexité, avec une belle jeunesse, un citronné précis et une longueur extrême. Jamais je n’aurais pensé que ce meursault atteindrait ce niveau.

Nous buvons ensuite le Châteauneuf-du-Pape blanc Rayas vers années 60 ouvert il y a quelques heures dans la cave de Rayas. Il confirme la noblesse perçue en cave. C’est un grand vin.

Le 1969 Auslese Mosel Wein de Nicos est plaisant, mais il joue un peu à contre jeu et je n’en capte pas toutes les vertus.

Le Chambolle Musigny Morgan Fürze à Londres 1969 est une jolie surprise an nez extrêmement bourguignon. Le Corton Louis Jadot 1979 est une petite merveille, d’une précision de senteurs et d’arômes qui correspondent à la noblesse de l’année 79.

C’est alors qu’arrive le Château Rayas Châteauneuf-du-Pape 1978, dont j’annonce d’emblée devant ce parterre de palais affutés la problématique : est-ce un vrai ou un faux Rayas. Pas l’ombre d’un doute n’est apparu chez aucun convive. Nul n’a dit : "attendez un peu que je me prononce". Il était évident pour ceux qui ont des points de comparaison que ce vin est un Rayas 1978. De plus il est purement magnifique, la quintessence d’un Châteauneuf-du-Pape qui aurait des tendances gustatives bourguignonnes. C’est la pureté de son nez qui m’a convaincu qu’il ne pouvait pas s’agir d’un faux. Et quelqu’un a lancé : "de toute façon, si ça devait être un faux, achetez les tous, car c’est diablement bon".

Nous goûtons un Châteauneuf-du-Pape Clos Mont Olivet magnum 1984 qui est un solide Châteauneuf-du-Pape que j’ai peu mémorisé, car la soirée avance ainsi que la fatigue. Le souvenir que j’en ai est d’un Châteauneuf-du-Pape classique très équilibré. S’il y avait des symboles dans le vin que j’ai fait goûter à Emmanuel Reynaud à Rayas, il y en a aussi dans le choix du vin que j’ai apporté : Châteauneuf-du-Pape Emile Costes "Vins en Gros" à Nanterre 1947. J’adore faire goûter des fantassins. Il s’agit ici d’une mise en bouteille de caviste d’une très grande année. Et la démonstration est convaincante, car ce Châteauneuf-du-Pape dont on ne sait d’où il vient est sublimé par l’année grandiose et respire la joie de vivre. C’est un vin de bonheur.

Et c’est bien qu’il soit suivi du Châteauneuf-du-Pape domaine du Pegau 1981 d’une plus belle origine, car aucun des deux ne nuit à l’autre. J’aime beaucoup ce 1981 assagi, calme et serein. Laurence m’ayant demandé avant le repas quelle année de sa cuvée da Capo créée en 1998 je souhaitais boire, j’avais répondu 1998. Nous buvons donc le Châteauneuf-du-Pape cuvée da Capo domaine du Pégau 1998 et c’est un honneur et un bonheur. Le da Capo est célèbre dans tout le monde, car le 2003 a eu les honneurs d’une note de 100 dans l’échelle de Robert Parker. C’est, je crois sans en être sûr, le premier Châteauneuf-du-Pape qui a obtenu 100. Je suis heureux de constater que le premier millésime de da Capo puisse être aussi sage et élégant, car quand j’avais goûté pour la première fois le da Capo 2003, ça pulsait un max !

Nous finissons notre débauche par un Châteauneuf-du-Pape domaine du Pégau blanc 1989 au nez superbe mais moins glorieux en bouche.

Le repas élaboré par Laurence fut excellent, permettant des accords solides et cohérents. La joie d’être ensemble et de partager des grands vins mais aussi des vins plus ordinaires de qualité ainsi que des conversations enflammées ont permis de passer un dîner mémorable.

Si je devais classer les vins, ce serait : 1 – Meursault Charmes Les Tesserons de Lafite négociant à Bruxelles 1969, 2 – Champagne Dom Pérignon 1976, 3 – Château Rayas Châteauneuf-du-Pape 1978, 4 ex aequo le Corton Louis Jadot 1979 et le Châteauneuf-du-Pape blanc Rayas vers années 60.

Merci Laurence d’avoir suscité ce grand moment.

viste au chateau Rayas et chez Henri Bonneau à Chateauneuf-du-Pape vendredi, 8 avril 2011

Rentrant de Bordeaux chez moi quand il fait nuit, un sommeil réparateur est indispensable, car je me rends à Châteauneuf du Pape. La Gare de Lyon est aussi irréaliste que la circulation automobile à Bordeaux. C’est l’acceptation de la saleté et de la médiocrité. Etant déposé à la gare, je dois monter d’un gros étage avec une valise très lourde, car j’ai pris beaucoup de munitions pour les rencontres à venir. L’ascenseur est en panne et l’escalator ne fonctionne pas. Monter ma valise nécessite que je me fasse aider. Etant en avance je vais à la terrasse – si l’on peut dire puisque le soleil n’atteindra jamais ce lieu en sous-sol – d’un café. Les sièges en simili skaï sont tous percés. Le café crème est honnête. Comme la SNCF n’affiche les quais qu’au dernier moment, il me faut courir jusqu’au quai qui est à plus d’un kilomètre du lieu où je suis. Le TGV part à l’heure, ce qui est appréciable. A la gare d’Avignon, je suis accueilli par Céline Sabon, propriétaire du Clos Mont Olivet qui me conduit chez un jeune couple de vignerons qui ont une superbe demeure au centre de Chateauneuf-du-Pape. La bâtisse est ancienne, le jardin est de taille impressionnante au beau milieu de la cité papale et ma chambre est joliment décorée. J’arrange mes affaires et choisis les vins du dîner pour les porter chez Laurence Féraud du domaine du Pégau qui nous régalera. Céline me conduit chez Laurence et j’ouvre mes bouteilles. Parmi elles il y a Château Rayas 1978, un vin particulièrement célèbre qui, semble-t-il, aurait inspiré des faux. Comme les faux supposés ressemblent à ma bouteille, c’est une bonne occasion que de la boire avec des vignerons de Chateauneuf-du-Pape. Laurence inspecte ma bouteille et la trouve authentique, ce qui correspond aux autres examens visuels que j’avais fait faire par des experts.

Au nez, le vin est d’un parfum subtil et délicat, montrant un âge qui peut correspondre à 1978. Les senteurs de feuilles sèches, de buisson sont très homogènes avec ce que doit sentir un Rayas de cet âge. Laurence confirme que cette odeur est d’une logique parfaite. Le premier examen est bon.

Laurence Féraud me conduit à la porte du domaine Rayas et me dépose sans entrer, car elle doit travailler en cuisine, me demandant de la rappeler pour me conduire au rendez-vous suivant. La bâtisse ne paie pas de mine. On est ici dans la discrétion. Lorsque j’arrive, Emmanuel Reynaud me dit : "vous n’aviez pas confirmé votre rendez-vous. J’ai pensé que vous ne viendriez pas". Et il ajoute : "je suis occupé, je ne pourrai pas vous recevoir comme il faut". Ma réponse : "c’est dommage, parce que le rendez-vous était bien pris et par ailleurs, j’ai apporté une bouteille que j’aimerais partager avec vous".

Emmanuel me lance : "vous sentez le parfum. Comment peut-on être parfumé comme ça ?". Et il ajoute, perfide : "ce doit être la dame qui vous a conduit ici qui vous a inondé de son parfum". Le décor est donc planté.

Nous descendons dans une cave hétéroclite où des fûts de chêne voisinent avec des fûts métalliques. Emmanuel me fait goûter trois vins le Chateauneuf-du-Pape Fonsalette 2009, le Chateauneuf-du-Pape Pignan 2009 et le Chateauneuf-du-Pape Château Rayas 2009. Déguster quand on a l’impression de tomber sur un bec n’a pas la même saveur. Je suis toutefois conquis par le Rayas 2009, non encore réellement formé, mais qui promet d’être grand.

Emmanuel que j’avais appelé lorsqu’une discussion était apparue sur un forum au sujet de faux Rayas 1978, déclarés faux par lui, me demande si j’en ai goûté un de mon récent achat. Je lui dis que non, préférant ne pas mentionner qu’il sera bu ce soir. Il me lance alors : "allons goûter votre vin". Dans une cave de vieillissement aux fûts de chêne d’âges canoniques tant ils ont servi, j’ouvre un Beaune rouge Bouchard Père & Fils 1955. J’explique les raisons de cet apport : apporter un Chateauneuf-du-Pape à un vigneron de cette appellation n’aurait pas de sens. C’est un vin bourguignon qui créera une comparaison intéressante. Par ailleurs, 1955 est une année très brillante et j’ai pris un Beaune "ordinaire" pour montrer que même les vins "Villages" ont un réel intérêt.

A mon grand plaisir, Emmanuel accueille immédiatement ce vin. Sous une légère acidité qui disparait avec le temps, il y a un velouté et un fruit remarquables. Le vin est trouble du fait du voyage, mais il est une preuve convaincante et je dois dire que je l’adore. Comme j’avais envisagé que ce vin soit en comparaison je lance comme un appel au secours : "vous n’auriez pas une bouteille déjà ouverte (car j’imagine difficilement qu’il en ouvre une) qui soit un peu ancienne, pour comparer avec le Beaune ?".

Emmanuel me dit qu’il n’a rien d’ancien qui soit disponible, mais il pointe du doigt un tas de demi-bouteilles jetées en vrac sur un sol poussiéreux. Il s’agit d’un blanc et il m’indique que plusieurs se sont révélées madérisées. Il en ramasse une, sans étiquette qu’il faut épousseter et la pose sur le tonneau autour duquel nous dégustons. C’est alors qu’on l’appelle pour remonter au bureau et je reste là, en attente, décidant de ne pas ouvrir la bouteille tant qu’Emmanuel n’est pas là. Au bout de dix minutes il revient et me dit : "vous ne l’avez pas ouverte ?". Je l’ouvre avec mes outils. Et à cet instant, c’est une immense surprise qui nous attend. Car le vin est absolument superbe. Sa couleur est d’un jaune doré de grande beauté. Le parfum est un régal de générosité et de plénitude. Et en bouche le vin est opulent. Même Emanuel est étonné de la qualité de ce grand vin. Evidemment, il n’est pas possible de faire un pont entre le Beaune rouge 1955 et ce Chateauneuf-du-Pape Château Rayas blanc des années 60 comme le situe Emmanuel. Mais ce vin à lui seul efface les surprises de mon arrivée. Je propose qu’Emmanuel garde le 1955 pour son dîner et que je fasse goûter ce blanc à mes convives du dîner chez Laurence Féraud. Emmanuel accepte et soudain il se radoucit. Il me propose de me raccompagner chez Laurence et que j’aille avec lui à Sorgues où il a une course à faire, pour que nous puissions poursuivre nos discussions.

Dans sa camionnette, nos échanges deviennent passionnants. C’est comme si j’avais subi avec succès une épreuve initiatique, consciente ou non. Nous nous sommes promis de nous revoir et de boire ensemble de grands vins.

Je suis déposé devant chez Laurence Féraud et il me faut l’attendre, car elle fait des courses pour ce soir. Elle me conduit chez Henri Bonneau un vigneron emblématique de Chateauneuf-du-Pape. Quel immense honneur de rencontrer ce personnage qui est porteur d’histoire comme Jean Hugel l’était pour sa région. J’annonce tout de suite la couleur, cette visite, qui a duré deux heures et demie – et en 150 minutes il s’en dit des choses – est pour moi aussi précieuse et émouvante que ce que doit être une rencontre avec le Pape. Plantons le décor. La maison d’Henri Bonneau est située dans le haut de la ville, non loin du château papal. La porte d’entrée de la maison, puisqu’il s’agit d’une maison, est étroite. Elle ouvre sur un couloir. Du côté visiteurs, Laurence, Nikos, chypriote vivant à Londres, amoureux des vins de Châteauneuf et moi. Ceux qui jouent à domicile sont Henri, son épouse et leur fils Marcel. Dans le couloir, Henri, la casquette sur la tête, barre le passage. Il a les yeux malicieux et rit souvent. Ses affirmations claquent comme des coups de fouet. Son épouse, qui connaît ses histoires par cœur, intervient ici ou là pour corriger ou compléter telle ou telle anecdote. Marcel connaît aussi le répertoire et se concentre surtout sur la dégustation. Mais il n’en pense pas moins. Henri est visiblement heureux que Laurence soit là. Tout va se dérouler maintenant au rythme d’un aï ou d’un unau, sauf en ce qui concerne la faconde d’Henri, infatigable.

Les sous-sols dans la ville de Vézelay sont impressionnants et donnent l’impression que la colline n’est qu’un gruyère, troué de toute part. Les caves successives que nous allons visiter donnent cette même impression de gruyère ou de ruche aux mille alvéoles. Chaque année se déguste dans une cave différente. Pour chaque année il y a les "G" et les "P", le G étant la cuvée Marie Beurrier et le P étant la cuvée des Célestins, la plus qualitative des deux. Nous avons goûté de fûts les 2009 G et P, 2008 G et P, 2007 G et P, 2006 seulement P et 2005 G et P. Dans les petites caves, on se demande depuis combien de générations on a utilisé les mêmes fûts. C’est aussi le cas à Rayas puisqu’Emmanuel Reynaud a acheté des fûts usagés ayant servi pour l’élevage de Costières de Nîmes. Sur ces deux visites, je n’ai pas vu un seul fût neuf, et à aucun moment les vignerons n’ont parlé de technique ni donné des chiffres. Ici, on se fiche de tout cela, on fait comme le père et le grand-père faisaient. On goûte et puis c’est tout. N’ayant pas pris de notes et ayant eu un dîner "brutal" par la suite, il ne me reste que des impressions. D’abord ces vins sont de grands vins, une sorte d’aboutissement du Chateauneuf-du-Pape, avec une mesure et une sagesse extrêmes. J’ai préféré les années impaires et parmi elles, c’est 2005 qui m’a enthousiasmé, le Célestins étant exceptionnel.

Le parcours du combattant étant terminé en cave, nous remontons dans la salle à manger des Bonneau. Nous nous asseyons autour de la table et nous buvons un Châteauneuf-du-Pape Cuvée des Célestins Henri Bonneau 2004. J’avoue que j’ai été bluffé, car je n’attendais pas un 2004 à ce niveau de qualité. Il est généreux, gouleyant, vin de plaisir mais aussi vin de structure et de noblesse. Une leçon. Et pendant ce temps, nous parlons, parlons. Enfin, Henri parle et nous buvons ses paroles. Et nous sourions, car le courant passe entre le vigneron et sa famille et nous.

Il est à noter qu’Henri qui ne boit quasiment plus, connaît l’état des vins dans ses tonneaux avec une exactitude actualisée. Une telle visite est un bonheur absolu pour moi, car je côtoie quelqu’un qui représente l’histoire du vin de Chateauneuf-du-Pape. Nous nous sommes promis de nous revoir. Faisons tout pour que ce soit le cas.

Séjour à Chateauneuf du Pape photos vendredi, 8 avril 2011

je suis assez effondré par le niveau qualitatif de la Gare de Lyon, comme cette chaise à une brasserie qui illustre un peu mon propos

Grâce à Céline Sabon, je loge chez de jeunes vignerons dans une magnifique maison du centre ville. J’ai apporté un petit cadeau pour mon séjour

Chez Laurence Féraud, j’ouvre des bouteilles à boire ce soir. D’abord Chateau Rayas 1978

puis un Domaine du Pégau 1981 et le 1947 de caviste que j’ai apporté

On voit sur le bouchon Paul Féraud et fille, le « & » ressemblant à un « 8 »

les bouchons des trois vins. On note que la capsule rouge du Rayas est magnifique. Son bouchon est celui du milieu. Le 1947 a la capsule verte et son bouchon est en haut

visite au Chateau Rayas qui n’a de chateau que le nom, tant le site est modeste, accueilli par Emmanuel Reynaud

j’aime beaucoup ces images d’un Emmanuel Reynaud joyeux et heureux de partager

j’ai apporté un Beaune Bouchard 1955 à partager, qui sera suivi d’une bouteille inconnue d’un blanc de Rayas, probablement des années 60, absolument délicieux

ça fait plaisir de voir Emmanuel Reynaud boire ainsi le 1955

la photo de gauche est comme une nature morte

est-ce dans les vieux pots qu’on fait les bonnes confitures ?

Visite chez Henri Bonneau. C’est en haut de la ville

Henri Bonneau nous ouvre la porte

quand le climat est créé, voilà un homme souriant ! A gauche un amateur Chypriote, ami de Laurence Féraud

il sait aussi être sérieux quand il explique ses vins

il y a des caves partout, creusées dans la roche de la colline de Chateauneuf du Pape

Laurence Féraud et madame Bonneau

nous remontons à la salle à manger pour bavarder et goûter un 2004, réserve des Célestins

Henri Bonneau aime raconter le passé

et on l’écoute ! Laurence, Marcel, le fils d’Henri, et Nikos

Nikos et madame Bonneau

Après ces belles visites, dîner au domicile de Laurence Féraud, propriétaire du Domaine du Pégau

et bien sûr les trois vins que j’ai ouvert avant les visites de domaines, Rayas 78, Pégau 81 et Chateauneuf 1947

un Pégau 1989 difficile à lire

par quel miracle il y a des bouchons dans le fromage ?

le lendemain, ce sont les Printemps de Chateauneuf-du-Pape, l’objet de ma présence

d’abord un atelier sur les terroirs

Michel, le directeur du syndicat des producteurs de Chateauneuf du Pape

le salon bat son plein

le soir, réception au chateau de Chateauneuf du Pape

le groupe « Namas Pamous » (comme les Rolling Stones)

mais il fait un bruit infernal !

le deuxième jour des Printemps de Chateauneuf du Pape commence par un atelier sur les vins de Chateauneuf avec la cuisine asiatique

Laurence Féraud s’est impliquée dans cet atelier. C’est elle qui tient le micro

et elle ne le lâche pas !

l’après-midi, l’atelier « vieillissement » des Chateauneuf du Pape. La seule photo que j’ai prise est celle-ci, car j’étais à la tribune

Oui, mais, est-ce que j’y étais vraiment ? Mais si, c’est écrit dans le journal

Il n’est pas impossible qu’il y ait plus de 300 CdP dans ma cave.

Vivement l’an prochain, les Printemps de Chateauneuf du Pape.

Deux jours à Bordeaux pendant la semaine des primeurs jeudi, 7 avril 2011

Le château d’Yquem fait goûter son dernier millésime, au début du mois d’avril, pendant la célèbre semaine des primeurs où tous les journalistes mondiaux du vin et les très grands acheteurs viennent découvrir le nouveau-né, encore dans ses langes. Ayant manqué l’invitation d’Yquem plusieurs années, je réponds que je viendrai. Pour que l’aller et retour de Paris à Bordeaux vaille la peine, je greffe deux ou trois événements, et me voilà parti.

1 – dégustation chez Jean-Luc Thunevin à Saint-Emilion

A peine ai-je garé la voiture de location dans Saint-Emilion qu’un policier municipal photographie la plaque minéralogique, et quand je lui dis que je m’en vais, il me menace de lourds procès-verbaux car je suis garé dans le sens opposé au sens unique improvisé pendant la période des primeurs. C’est qu’on ne rigole pas ici, tant les foules sont nombreuses.

Ma première visite est chez Jean-Luc Thunevin et son épouse, les propriétaires du célèbre château Valandraud, qui font goûter les vins de très nombreux vignerons de toutes régions. A peine ai-je franchi la porte du jardin, je vois François Mauss, président du Grand Jury Européen qui organise des dégustations comparatives qui font couler beaucoup d’encre, en discussion avec Hervé Bizeul, un truculent vigneron du Languedoc-Roussillon qui connaît un grand succès avec ses vins. Il se trouve que nous nous sommes assez souvent empoignés tous les trois sur un forum de vin, aussi décidons-nous d’immortaliser notre rencontre.

N’étant pas un spécialiste des vins jeunes, les commentaires qui vont suivre sont surtout des flashes, des impressions instantanées, sans prétention de donner un avis sur le devenir de vins si jeunes, ni de vouloir les hiérarchiser.

Ma première dégustation est celle des Meursault 2009 du domaine Buisson-Charles, Les Tessons, Les Cras, Bouches Chères, Les Charmes et Goutte d’Or. Très différents, ils sont tous prometteurs. Etant sur les vins blancs, je poursuis avec Château Pape Clément blanc 2010, au nez de Graves qui suggère le citron et les fleurs blanches, vin qui donne en bouche l’impression de sucer une feuille de cassis, et offre un très grand fruité. Le Château Fombrauge blanc 2010 est plus calme mais il évoque aussi le cassis en feuille.

C’est maintenant le tour des rouges. Le Rol Valentin 2010 me cueille par un uppercut, car c’est une bombe de cassis, mais cette fois en fruit. Par comparaison le Château Rollan de By 2010 bu juste après fait très élégant, même s’il a beaucoup de fruit. Le Château Haut-Condissas 2010 fait plus strict et moins élégant que le Rollan de By, alors que la hiérarchie entre les deux peut différer.

Le Château La Couspaude 2010 est dans le même style de vin que Rol-Valentin, bombe de fruits. J’ai toutefois l’impression que La Couspaude vieillira bien. Bu juste après celui-ci, le Château La Dominique 2010 fait beaucoup plus classique, calme, et je note que c’est du vin et pas du jus de fruit.

Le Château Destieu 2010 est très fermé et strict. Je pense qu’il sera beau, mais il est sévère aujourd’hui. Le Château Petit Gravet Aîné 2010 est très élégant et je l’adore, parce que ça, c’est du vin ! Le Clos Saint-Julien 2010 est très bon mais très actuel, plus moderne que le Petit Gravet.

Le Château Haut-Carles Fronsac 2010 est très gourmand et bien fait. Le Château Mauriane, Puisseguin Saint-Emilion 2010 est vraiment très riche. Il est surpuissant pour son appellation. Le Château Faugères 2010 est très élégant. C’est un de ceux que je préfère.

Je suis maintenant "happé" par Hervé Bizeul qui me fait goûter tous ses vins présents. Les Sorcières du Clos des Fées, Côtes du Roussillon 2010 montre après les bordeaux une élégance toute particulière. Il a du charme et il est très bien fait. Le Clos des Fées Vieilles Vignes Côtes du Roussillon Villages 2010 est plus structuré avec un beau fruit. Il est plus noble, mais moins charmeur que les sorcières. Le Clos des Fées Hervé Bizeul 2010 est beau, mais il ne s’est pas encore orienté dans une direction gustative affirmée. En le goûtant à nouveau, je trouve qu’il est gourmand. La Petite Sibérie 2010, le vin phare du vigneron est plus rêche, plus en retenue, plus vert. Il râpe en bouche, mais il promet sacrément. Viennent ensuite des exercices de style du vigneron, avec des noms qui ne manquent pas de poésie, même si je ne suis pas très favorable aux noms qui sont des professions de foi. "Images Dérisoires" 2010 est un tempranillo. Le vin est curieux, très créatif. Il est riche et il faudra attendre encore plusieurs mois avant qu’il ne se découvre. "Un faune avec son fifre" 2010 est beaucoup plus plaisant et joyeux. Je l’aime comme il est en ce moment. Le "de battre mon cœur s’est arrêté" 2010 est très original et non conventionnel. On sent qu’Hervé s’est fait plaisir.

Arrive maintenant le temps du déjeuner sous un soleil de plomb. Le thermomètre dépassera les 30° pendant mon séjour, alors que ce matin, selon un collaborateur de Cheval Blanc, il y avait eu de la gelée blanche ! Du jambon espagnol délicieux et une terrine superbe sont très bien accompagnés par le Meursaut Goutte d’Or Buisson-Charles 2009. Avec un club sandwich au homard, je tente le Château Pape Clément blanc 2010 et je constate à quel point il est gastronomique. Il a tout ce que j’aime dans les Graves blancs.

2 – visite au château Cheval Blanc

Je veux quitter cette belle assemblée sans attendre la suite du repas, dont une jolie viande et Mireille me conduit en cuisine pour que je chaparde de belles tranches avant de partir. C’est que j’ai un rendez-vous secret avec une personne dont je dévalise la cave à chaque visite. Aujourd’hui j’achète deux 1900, deux 1921 et quatre 1929. Je n’en dis pas plus car c’est ma source secrète. De retour à ma voiture, je constate qu’en plein soleil, elle est devenue une fournaise. Or j’ai deux vins prévus pour le dîner. J’ai bien peur qu’ils ne soient cuits. Après men rendez-vous d’emplettes il me reste un peu de temps avant le cocktail d’Yquem, aussi vais-je vers Pomerol avec l’envie de déguster des vins de Michel Rolland. Mais sur la route je vois Cheval Blanc. Il n’est pas question de passer sans s’arrêter. Il y a d’immenses travaux en cours et Pierre Lurton me dira plus tard qu’il prépare de nouveaux chais.

Dans la salle de dégustation on peut goûter plusieurs vins, mais je veux m’en tenir au plus grand. Le Château Cheval Blanc 2010 est absolument superbe, magnifique d’élégance et de mesure. C’est un très grand vin. Suis-je influencé par l’étiquette ? Peu importe car il est vraiment très grand. La jeune femme qui me fait goûter insiste pour que je boive le Petit Cheval 2010. Elle a raison, c’est un vin qui est beau et bien fait. Mais le Cheval Blanc est nettement trop grand à côté de lui. Un ami présent me dit: "il faut absolument que tu ailles goûter Vieux Château Certan". Compte tenu de son expérience, on peut penser que c’est une indication sérieuse de la qualité de ce vin. Il n’y a plus assez de temps pour aller à Pomerol aussi vais-je à Bordeaux, au Grand Théâtre où sera présenté Yquem 2010.

3 – dégustation d’Yquem au Grand Théâtre à Bordeaux

La circulation dans la région bordelaise est complètement surréaliste. Tout est ligué pour dissuader les automobilistes. Quand on est dans une rue large dont la moitié est affectée à trois vélos pendant qu’on poireaute à un feu qui ne laisse passer que trois voitures toutes les deux minutes, on se prend à avoir des idées de meurtre contre les empêcheurs de circuler. Arrivé malgré tout en avance, je prends une eau minérale à la terrasse de l’hôtel qui fait face au Grand Théâtre. Il fait beau, ce qui raccourcit les jupes et fait sortir les shorts. Un vigneron allemand que je connais vient s’asseoir à ma table avec un coréen écrivain du vin. Quand l’heure d’aller au cocktail est arrivée nous entrons dans le magnifique bâtiment décoré de bouquets d’orchidées sertis sur des branches dorées plantées dans des vases marqués de la célèbre couronne dessinée sur les étiquettes d’Yquem. De jolies hôtesses ont de larges ceintures elles aussi dorées et certaines ont dans les cheveux des fleurs d’orchidées. Cet accueil est pour le moins spectaculaire.

Dans la salle d’apparat du théâtre, elle aussi dorée à l’extrême, on peut goûter Château d’Yquem 2010. Pour moi, c’est un solide Yquem très classique et grand vin. Il est très bien dessiné et Francis Mayeur aussi bien que Sandrine Garbay sont fiers de ce bébé pour lequel les soins qualitatifs les plus attentionnés ont été donnés. L’idée de faire goûter en même temps le Château d’Yquem 1988 est une excellente idée, car ils ont beaucoup de similitudes, le 1988 étant d’une solidité à toute épreuve. C’est le leader de la trilogie 88 89 90, triplette de grands millésimes. Les gens importants du monde du vin sont venus saluer Pierre Lurton et son équipe, Michel Bettane est en pleine forme et je remarque la forte proportion d’invités asiatiques de tous pays sauf le Japon qui est le grand absent. Bérénice Lurton est venue goûter le vin de son cousin. Des canapés très pertinents conçus par le chef Yannick Alléno triplement étoilé sont délicieux avec Yquem. Pour la première fois, j’ai l’occasion de tester un accord dont m’avait souvent parlé Alexandre de Lur Saluces, qui est huître et Yquem. Je n’avais jamais essayé car j’avais l’intuition que ça ne marche pas. Et en fait, même si ce n’est pas incohérent, c’est un accord où l’Yquem est trop dominant pour qu’un effet se crée.

4 – Dîner à Grand Puy Ducasse

Quittant ce lieu magnifique qui a servi d’écrin à l’éclosion de l’Yquem, je repars dans l’affreuse circulation bordelaise, subjugué par l’incohérence de la programmation des espaces et du temps de passage des croisements, pour me rendre à Pauillac, au siège du château Grand Puy Ducasse.

Thierry Budin préside aux destinées des vins qui appartiennent au Crédit Agricole. Cela faisait plusieurs années que nous voulions nous rencontrer en bordelais. Ce sera ce soir, dans la magnifique demeure située sur les quais à Pauillac, avec le soleil couchant qui fait briller la coque d’un bateau qui remonte la Gironde. Je passe vite dans ma chambre dont les fenêtres donnent sur la Gironde et je rejoins un groupe très cosmopolite d’invités de Thierry. Angleterre, Etats-Unis, Danemark et Croatie sont représentés. Tous sont des professionnels du vin. Nous commençons par un Champagne Taittinger sans année qui fait du bien après les dégustations de la journée. C’est un agréable champagne de soif. Le menu préparé au château est : quiche lorraine, rôti de veau et légumes de printemps, assiette de fromages, salade de fraises et framboises. Cette cuisine familiale simple se mange avec plaisir.

J’avais prévenu Thierry que je viendrais avec deux vins. Invité à Pauillac, il était exclu que j’apporte un vin de cette appellation aussi ai-je voulu faire un petit clin d’œil en apportant un vin qui a sur son étiquette deux appellations. Il s’agit du Château Saint-Julien, Saint-Emilion 1945. Il est amusant que Catherine, la propriétaire du Clos Saint-Julien, à qui je parlais de ce vin m’affirma que le "château" n’existe pas et que seul le Clos existe. Et mon pourvoyeur secret à qui j’en ai parlé aussi ne connaissait que "Jardin" Saint-Julien, mais pas "château". Il a fallu que j’aille chercher la bouteille dans la voiture pour qu’il le croie.

Pendant que nous prenons l’apéritif, je montre aux convives ma méthode d’ouverture des vins, pour aérer au plus vite les deux vins que j’ai apportés. Heureusement les bouchons viennent avec facilité, les deux étant d’une belle souplesse.

Nous commençons le repas par le "Sec" de Rayne Vigneau 2009, bordeaux blanc sec. Je le trouve très typé Graves et Anne, la directrice technique des vins du Crédit Agricole me confirme que c’est le choix qui a été fait. Le vin est très plaisant mais un peu court. C’est un bel essai.

Le Château Grand-Puy Ducasse 2004 est une agréable surprise car, si l’attaque est classique, en milieu de bouche, il y a une fraîcheur mentholée remarquable. L’impression est très positive. Le Château Grand-Puy Ducasse 1996 appelle un mot : pullman. Car ce vin est "le" Pauillac confortable. Tout en lui est un appel au plaisir. Avec le Château Meyney magnum 1947 nous franchissons une étape. Tout en lui est fraîcheur, consistance et tenue. C’est un très grand vin qui ne peut venir que d’un grand terroir. Meyney m’a toujours réservé de belles surprises, mais ici c’est la plus belle. La démonstration que voulait faire Thierry est réussie.

C’est avec force précautions que je fais servir le Château Saint-Julien, Saint-Emilion 1945 en indiquant qu’il a été chahuté et cuit dans la voiture. Mais à ma grande surprise, même si la fatigue est là, il y a un joli fruit et une belle structure. Bien sûr, le vin est loin d’être parfait, mais il arrive à être gentiment et élégamment évocateur.

Le vrai bonheur, c’est le Château Bastor Lamontagne 1929. Très foncé dans la bouteille culottée par l’âge, il est d’un acajou doré et foncé dans le verre. Le nez est d’une rare richesse qui m’évoque les agrumes poivrés alors que d’autres convives y sentiront du curry ou du fumé. En bouche, il est joyeux, plein, glorieux. C’est un très grand sauternes d’une très belle année. Je suis content de l’avoir fait goûter à des personnes particulièrement pointues dans la dégustation mais qui fréquentent peu ces vins canoniques. Thierry qui avait prévu que nous boirions Rayne Vigneau 2008 a préféré ne pas ajouter encore à la profusion de ce dîner.

Nous allons nous coucher très tard dans les chambres du château. Un soleil percutant réchauffe ma chambre tôt le matin, laissant une trace rouge sur la surface miroitante de la Gironde au bleu argenté. Un petit-déjeuner cordial a des saveurs d’après-match. Thierry voulait me conduire au château Meyney mais je n’ai pas le courage. Il me montre des nouveaux conditionnements de Rayne-Vigneau en bouteilles de 25 cl et avec capsule à vis, pour qu’on puisse en ouvrir en toute circonstance. C’est astucieux.

5 – Déjeuner au Domaine de Chevalier

Ma voiture me Gépééssise jusqu’au Domaine de Chevalier. Olivier Bernard tout souriant accueille des dizaines de visiteurs pour une dégustation des primeurs et un déjeuner mémorable.

Dans une grande salle on peut goûter des 2010, mais aussi des vins antérieurs, aussi, par esprit de contradiction, je vais surtout goûter des 2009.

Le Domaine de la Solitude blanc 2009 a un joli nez expressif. En bouche il y a un joli citron et un peu de caramel. J’aime assez, ce qui est souvent le cas du premier vin que l’on boit. L’Esprit de Chevalier blanc 2009 a un nez plus profond, très vin de Graves. Il est plus fin, plus ciselé, au final frais. Le Domaine de Chevalier blanc 2009 a un nez doucereux. C’est un vin plus ample, plus doux que les deux autres. Le final est très élégant de menthe et de réglisse. C’est un grand vin.

Le début des rouges se fait sur une nouvelle acquisition du Domaine de Chevalier, le Château Lespault Martillac 2009, très jeune, rêche mais très prometteur. C’est un joli vin assez simple au beau fruit balancé.

Le Domaine de la Solitude rouge 2009 est moins expressif. Il y a un joli poivre, un final agréable, mais c’est un vin un peu limité. L’Esprit de Chevalier rouge 2009 est assez flatteur. J’aime sa râpe et son beau final. C’est un beau Pessac-Léognan. Le Domaine de Chevalier rouge 2009 est encore plus riche et bien construit. De grande pureté il a un beau final velouté. C’est manifestement un grand vin.

Olivier a prévu que je déjeune avec trois représentants de la famille Johnston qui sont venus en un groupe d’une quinzaine de personnes de plusieurs horizons, Suisse, Allemagne et Etats-Unis et peut-être d’autres pays. En attendant le groupe qui viendra fort tard, je picore au buffet prévu par Marc Demund, le traiteur qui m’accompagne dans les dîners que j’ai la chance de faire au château d’Yquem. Je vais le saluer en cuisine où il prépare un redoutable brie à la truffe et à l’huile de truffe.

A l’apéritif, il y a un champagne William Deutz 1998 très agréable à boire qui crée avec des huîtres creuses un accord divin.

Alors que l’essentiel des invités déjeunent dans le jardin sous des pins parasol, notre groupe déjeune dans la salle à manger privée d’Olivier. Nous commençons par un vin fou. Un collectionneur italien particulièrement exigeant a fait confectionner par une verrerie des bouteilles de 17 litres de Domaine de Chevalier blanc 2000. Recevant depuis lundi alors que nous sommes jeudi, Olivier a ouvert ce grand format lundi et a confectionné des magnums vite bouchés qui sont utilisés au fur et à mesure. Le vin est extrêmement doux, rond et charmeur. C’est un vin frais, léger, et Olivier nous dit qu’il deviendra immense.

Nous avons devant nous sur la table trois carafes de magnums qui nous goûterons successivement. Le Domaine de Chevalier rouge 1970 a un parfum merveilleux. C’est un très grand vin, un peu léger mais d’un équilibre rare. Le Domaine de Chevalier rouge 1990 est encore meilleur. Quel vin ! Il est absolument excellent et au faîte de sa jeunesse. Et c’est un mauvais choix que d’avoir mis le Domaine de Chevalier rouge 2000 après le 1990. Car le 2000, pour mon palais, est encore beaucoup trop jeune. Il promet, mais à côté du 1990 il fait fermé, coincé, en attente de se révéler.

Le Château Guiraud 1998 est bon, agréable, d’un grand classicisme. Mais, trop classique, il ne dégage pas assez d’émotion. Les discussions ont été passionnantes avec ces grands professionnels. Parmi les participants à ce déjeuner, on pouvait noter une présence asiatique très importante, comme au cocktail donné par Yquem. Pékin, Shanghai, Hong-Kong, Singapour, Séoul sont très représentés. Seuls les japonais manquent à l’appel. Les asiatiques présents sont très concernés. On sent les acheteurs puissants, qui prendront une importance de plus en plus grande dans le paysage du vin.

Visite à Bordeaux photos jeudi, 7 avril 2011

1 – dégustation chez Jean-Luc Thunevin

beaucoup de vins à boire !

quelques uns au hasard des stands

le repas généreusement offert par nos hôtes

2 – Cheval Blanc

3 _ présentation d’Yquem 2010 au Grand Théâtre de Bordeaux

Pierre Lurton et sa cousine Bérénice Lurton de Chateau Climens et une femme écrivain du vin

4 – dîner au Chateau Grand Puy Ducasse

le Meyney 1947 est en magnum

Chateau Saint-Julien Saint Emilion 1945

Bastor lamontagne 1929 et les bouchons de mes deux vins

le chateau éclairé par le soleil du matin

la Gironde au petit matin

Thierry Budin m’explique les nouveaux conditionnements de Rayne Vigneau (on nous voit dans le miroir)

5 – déjeuner au domaine de Chevalier

l’incroyable bouteille de 17 litres du Domaine de Chevalier blanc 2000

Olivier Bernard et Marc Demund le traiteur ainsi que son épouse

Ils sont fiers de nous montrer le Brie à la truffe

le repas

visite aux champagnes Selosse jeudi, 31 mars 2011

Peu après avoir quitté Didier Depond, je rends visite à Anselme Selosse, des champagnes Jacques Selosse, sur le chantier d’un hôtel qu’il va ouvrir dans quelques mois. Il s’agit du château de Bricout, une ancienne maison de champagne où Anselme Selosse et son épouse recevront des amateurs de vins. Je visite les jolies chambres, la future cuisine aux raffinements les plus modernes. Anselme me montre le logement du chef qui va bientôt rejoindre l’établissement et nous allons dans les chais où la récolte 2010 vieillit en fûts de chêne neufs dans une magnifique cave voûtée. Anselme me fait goûter le Champagne V.O. Jacques Selosse sans année fait de 2002, 2001 et 2000. J’aime beaucoup sa personnalité virile.

Le Champagne rosé Jacques Selosse sans année est agréable mais d’une façon générale je ne suis pas un grand fan des rosés. Il est fait de vins de multiples communes. Nous goûtons ensuite un Champagne du Mesnil sur Oger Jacques Selosse 2003. Il a le dosage que j’avais aimé lors d’une dégustation à l’aveugle aux caves Legrand de plusieurs dosages du même vin. Il est très classique, alors que mon chouchou le Champagne Substance Jacques Selosse, fait avec des vins entre 1986 et 2003 et dégorgé en février 2010 a un goûté étrange et fumé que j’adore. C’est un très grand champagne, aux complexités extrêmes.

Anselme me fait goûter un vin inconnu, le "il était une fois" de Jacques Selosse qui est une sorte de vin doux fait avec des vins de 1995 à 1999. C’est étrange et diablement bon dans un registre doucereux élégant.

Anselme a de beaux projets en perspective avec cet hôtel à Avize où se prépareront de beaux accords mets et vins. Ses champagnes sont toujours un joli voyage dans des saveurs inhabituelles et typées.

Découverte du champagne Salon 1999 jeudi, 31 mars 2011

A chaque nouveau millésime prêt à être commercialisé, Didier Depond, président des champagnes Salon et Delamotte invite quelques amis à Mesnil-sur-Oger pour découvrir le nouvel enfant. Aujourd’hui nous sommes une dizaine à nous retrouver pour célébrer le Champagne Salon 1999 qui est seulement le 37ème millésime du siècle, car la stratégie de Salon a été de ne millésimer que les grands millésimes, et c’est le dernier du 20ème siècle, puisqu’il n’y aura pas de Salon 2000. Dans la magnifique et moderne salle de dégustation, nous trinquons sur le Champagne Delamotte sans année, fait avec des vins de 2005 des trois communes Mesnil-sur-Oger, Cramant et Avize. Ce champagne est très agréable et je fais rire le sous-préfet invité en disant que c’est un champagne de soif. Car ce champagne se boit avec un grand plaisir et une grande facilité. Je le trouve très pur.

Nous passons à table et sur le menu il y a ce titre : "entre privilégiés" sous un dessin très "années vingt". Et cette réunion très informelle rassemble des amis de Didier de tous horizons ayant un point commun, l’amour du vin et l’amitié avec Didier Depond.

Le Champagne Delamotte 2002 est un agréable champagne qui joue dans la cour des grands, mais qui ne représente pas un saut gustatif majeur par rapport un non millésimé dont j’avais apprécié la personnalité. Celui-ci est très bon, et satisferait plus d’un amateur. Il accompagne un marbré de canard et foie gras aux fruits secs, puis un risotto virtuel de homard et Saint-Jacques au citron vert. Nous goûtons ce champagne sur trois verres différents qui montrent l’effet évident de la forme sur l’intensité gustative. Un verre à vin assez banal freine le champagne. Certains préféreront le verre à vin assez haut et resserré sur ses bords, alors que je préfère le verre tulipe. Mais pour le 1999, le verre à vin sera de loin celui qui rend le champagne le plus expressif.

Si l’emphase n’accueille pas le 2002 autant qu’il le mériterait, il faut dire que nous attendons avec impatience le Champagne Salon 1999. Une chose est à noter : quand un millésime n’est pas encore à son avantage, Didier fait un petit couplet destiné à l’expliquer. Aujourd’hui, l’absence de commentaire d’introduction est le signe qu’il s’agit d’un grand. Ce qui frappe, c’est l’équilibre de ce champagne. Il est assis, solide, bien planté sur ses jambes. Il est fruité, il a des accents de pâtisserie, et n’a pratiquement aucun aspect citronné.

Sur la poularde de Bresse aux morilles l’accord est spectaculairement bon. J’en suis tout retourné. Didier nous dit que ce 1999 lui évoque le 1982 que je trouve pourtant plus romantique. Il m’évoque plutôt le 1988. Mais Didier a sans doute raison.

Nous continuons sur la viande avec un Corton Grand Cru Clos des Cortons Faiveley Domaine Faiveley 2007 au nez incroyablement puissant et séducteur. Le vin a une couleur à la fois claire et grise, et en bouche il est remarquablement bon. Mais il ne trouve sa place ni avec la poularde ni avec le vieux comté. Il se boit avec plaisir et pour lui-même.

Pour la tarte tiède aux pamplemousses, Didier a prévu un vin surprise sans étiquette qui se boit en magnum. Il s’agit d’un Salon, cela ne pose pas trop de problème, et je n’ai pas le souvenir d’avoir bu cette année encore inconnue. Le suspense ne dure pas longtemps et j’ai bu ce millésime il y a moins d’un an. Il s’agit du Champagne Salon 1971. La couleur commence à s’ambrer un peu, la bulle est d’une force impressionnante et le goût est extrêmement envahissant. C’est un champagne de quarante ans qui n’en paraît même pas vingt. Il est particulièrement bon. Il a des notes d’agrumes, de fumé, et sa longueur est extrême. Un très grand champagne.

Nous sommes fiers d’avoir porté le 1999 sur les fonts baptismaux et heureux d’avoir bu un 1971 d’un accomplissement qui justifie la légende Salon.

l’union des crus classés de Graves présente les 2008 jeudi, 17 mars 2011

Sortant de table à une heure qui est presque encore politiquement correcte, je me rends au ministère de l’agriculture où l’union des crus classés de Graves fait goûter ses 2008. Entrer dans des lieux où les ors le disputent aux trésors architecturaux en se disant "c’est nous qu’on paie" donne des envies de Grand Soir.

L’esprit citoyen reprend le dessus et dans une belle salle plus haute que large aux peintures agrestes et aux lambris lourds, des vignerons prestigieux font goûter leurs vins. Je commence par serrer des mains, comme si j’étais déjà en campagne pour les présidentielles, et le premier vin que je bois, à tout seigneur tout honneur, est le Château Haut-Brion rouge 2008. C’est objectivement un très grand vin. Par contraste le Château La Mission Haut-Brion 2008 est beaucoup plus rond, plus fruité et déjà très agréable à boire. On a donc deux vins qu’il est inutile de comparer, puisqu’ils n’ont pas appuyé sur la pédale de l’accélérateur au même moment.

Tous les rouges que je bois, Haut-Bailly, Carbonnieux, domaine de Chevalier, Malartic Lagravière, sont remarquablement faits, avec bien évidemment des différences, mais avec une constante : en cette année 2008, les vins sont élégants et n’en font pas trop, ce qui les rendra à terme extrêmement plaisants. Je suis très impressionné par leurs belles qualités, car j’aime moins les vins jeunes qu’une année puissante extrêmise. Le seul blanc que je bois me suffit, car il est tellement riche et complexe que je n’ai pas besoin de le confronter. C’est Château Laville Haut-Brion 2008, un très grand vin.

Trois jours à peine après avoir goûté les plus grands des vins de Bourgogne de 2008, ces grands crus classés de Graves de haut niveau me montrent que l’année 2008 correspond à mon tempérament, en offrant des vins qui n’en font pas trop et jouent sur la délicatesse et l’élégance.

Une journée particulièrement « vineuse » lundi, 14 mars 2011

Une journée particulièrement "vineuse"

1 – présentation de vins de Bourgogne 2008

Chaque année "Les Domaines Familiaux de Tradition" de Bourgogne présentent un nouveau millésime. Aujourd’hui c’est 2008. Alors que j’arrive assez tôt, la grande salle du rez-de-chaussée du Pavillon Ledoyen est noire de monde. Il faut dire que cette présentation de vins est "le" grand moment du monde du vin. Voici quelques impressions picorées de-ci, de-là.

Le Corton Charlemagne Bonneau du Martray 2008 est comme toujours un vin précis et de grande sécurité. Le Corton Grand Cru rouge Bonneau du Martray 2008 est un vin que j’apprécie beaucoup. Il va falloir qu’il s’ouvre encore pour montrer la forte personnalité que j’aime.

J’ai beaucoup apprécié le Morey-Saint-Denis 1er cru Les Monts Luisants domaine Dujac 2008, alors que le Clos de la Roche domaine Dujac 2008, plus grand dans l’absolu est dans une phase un peu ingrate. Le Mazis-Chambertin domaine Faiveley 2008 est d’une belle fraîcheur. C’est un vin que j’aime pour son élégance. Le Pommard 1er Cru Grands Epenots Michel Gaunoux 2008 est bien agréable. Le Clos Vougeot du Château de la Tour 2008 est solide et relativement classique.

Les trois blancs du domaine Comte Lafon le Meursault, le Meursault Clos de la Barre et le Meursault Charmes 2008 sont de solides gaillards, en pleine possession de leurs moyens. Par contraste la puissance des vins du domaine Leflaive est assez spectaculaire : le Puligny-Montrachet, le Puligny-Montrachet Clavoillons et le Puligny-Montrachet Pucelles 2008.

Le Clos Vougeot Méo Camuzet 2008 est un beau vin bien construit. Le Pommard Les Rugiens domaine de Montille est un vin dont j’aime la délicatesse qui ne cède à aucune mode.

Tous les vins du domaine Georges Roumier sont des modèles de précision, même s’ils ne sont pas tous dans le même état d’épanouissement. Le Chambolle Musigny est bon, le Morey-Saint-Denis Clos de la Bussière est un peu en dedans, j’aime beaucoup de Chambolle Musigny les Cras et le Bonnes Mares Georges Roumier 2008 est très prometteur.

Tout me plait dans le domaine Rousseau, même le Gevrey-Chambertin villages qui est très gourmand. J’aime beaucoup le Gevrey-Chambertin Clos Saint-Jacques de beau caractère, un peu moins le Charmes-Chambertin moins épanoui, et j’adore -évidemment – le Chambertin Clos de Bèze Armand Rousseau 2008.

Sur les fromages de la fromagerie Loiseau, j’ai goûté un Beaune Clos des Mouches Jospeh Drouhin 2006 fort plaisant.

Autour de moi les commentaires étaient mitigés, plusieurs personnes critiquant les rouges de ce millésime. Mon impression est plutôt que les vins sont remarquablement faits, car tous ces domaines travaillent merveilleusement bien, mais que plusieurs vins sont encore dans une phase ingrate et s’épanouiront progressivement. Il me semble qu’on se félicitera naturellement de ce millésime en blancs, mais que ce sera aussi le cas pour les rouges dans quelques années.

2 – déjeuner au restaurant laurent

Sortant du Pavillon Ledoyen je vois des vignerons qui se demandent où ils vont déjeuner. Un groupe est prêt à se former. Nous pensions être cinq, mais en fait nous ne serons que trois à déjeuner au restaurant Laurent.

Je choisis la palette de légumes raves relevés d’huiles aromatiques et épicées et un dos de cabillaud cuit au naturel, brandade truffée. L’un des vignerons voulait choisir un Saint-Joseph 2009 mais voyant ma moue devant la jeunesse du millésime il porte son choix sur une Côte Rôtie R. Rostaing Côte Blonde 2004. Personne ne dit rien, mais le vin est assez décevant. On dirait un vieux bourgogne qui a mal vieilli. Il n’a franchement pas grand-chose à dire, manquant de précision et relativement amer. Les légumes sont bons mais la sauce assez vinaigrée n’est pas l’amie des vins, alors que le cabillaud est magistral et cohabite bien avec le vin rouge qu’il réveille. Nous avons évidemment parlé de vins, et ce fut un bien agréable déjeuner impromptu avec deux grands vignerons.

3 – présentation des vins du domaine Antinori

A peine sorti du restaurant je me présente à l’hôtel Royal Monceau où Piero Antinori présente les vins de son domaine, le domaine Antinori. La décoration de l’hôtel est toute récente, et comme dans beaucoup d’hôtels nouveaux, ce sont les tons de bois marron qui dominent, les éclairages créant les atmosphères recherchées. De sculpturales hôtesses sont vêtues de marron pour que seul le rouge de leurs lèvres illumine le chemin à suivre vers les salles de réception. Leurs stilettos rehaussés de semelles épaisses les font apparaître encore plus grandes. Indépendamment de la présentation générale des vins, les V.I.P. du monde du vin sont reçus dans une salle de dégustation où chaque place est dotée de nombreux verres de dégustation très efficaces et très coûteux. L’atmosphère est studieuse.

Piero Antinori explique qu’il représente la 27ème génération de sa famille à la tête du domaine Antinori. Cette constance familiale vaut à son entreprise d’être classée parmi les Hénokiens, mais il m’explique qu’il s’en est un peu écarté car il s’occupe d’autres organisations de vignerons.

La première dégustation porte sur les Tignanello situés au cœur du Chianti Classico. Nous goûtons 1997, 2001, 2004 et 2007 après avoir bu un blanc, un Castello Della Sala 1999 de la région d’Ombrie. Le vin blanc a un nez très riche, très "vieilles vignes". Ce vin lourd au fort alcool est typé et très minéral. L’âge lui donne de l’équilibre.

Pour les rouges, ma préférence va vers le plus jeune, vin gourmand, marqué par la douceur.

Alors que nous étions en train de déguster les vins, Philippine de Rothschild vient s’asseoir à l’une des tables pour participer à la dégustation. Elle nous explique qu’elle est venue pour témoigner son amitié à Piero Antinori. C’est une attention toute particulière et d’une grande amitié et c’est assez surprenant de voir la baronne assise comme une écolière, puisque la disposition des tables donnait l’ambiance d’une salle de classe.

On nous demande de prendre une pause d’un quart d’heure pour permettre la mise en place de la salle pour la deuxième dégustation, celle des Solaia. Ne pouvant pas rester puisque le devoir m’appelle, je triche en me faisant verser un Solaia 2001. Quel grand vin ! Le saut qualitatif est immense et ce vin me plait. Il fait partie des grands vins italiens.

4 – présentation de vins d’Alsace

Ayant promis d’aller à une présentation de vins d’Alsace, je me précipite à l’hôtel d’Evreux, sur la place Vendôme, magnifique bâtisse. Dans une grande salle, le nombre de vignerons est très important. Et, comme seuls les alsaciens savent le faire, les victuailles typiquement alsaciennes sont de grande qualité.

Il est d’une évidence criante que le riesling est un vin blanc d’une immense noblesse. Sa précision et sa fraîcheur en font un vin de plaisir. Les variations selon les terroirs sont considérables, mais il faut absolument succomber à ce cépage divin.

Jean-Michel Deiss est toujours aussi passionnant à écouter parler avec passion des vins de son domaine. J’ai butiné rapidement sur quelques stands, saluant des vignerons que je connais.

5 – conférence dégustation à l’Institut Supérieur du Marketing du Luxe

Et très vite, je quitte une assemblée joyeuse et nombreuse pour aller à l’Institut Supérieur du Marketing du Luxe pour animer une conférence dégustation sur les vins anciens.

Le directeur a fait les choses avec un grand sérieux, car les 25 élèves présents ont dû, pour être acceptés à cette séance, justifier leur motivation à y participer. Les étudiants se sont présentés, et il y a dans cette assemblée très cosmopolite beaucoup de beaux projets et d’expériences. La semaine précédente, j’étais allé à la Maison du Chocolat pour choisir deux chocolats, un plus amer et un plus typé. Et j’ai présenté deux vins, un Rivesaltes 1974 et un Maury 1947 des vignerons de Maury. Et l’idée de l’expérience est de comparer les deux vins bus seuls, puis bus avec chacun des chocolats.

Il est apparu que bus seuls, c’est le Maury qui plait le plus du fait de l’équilibre que lui donne son âge, le Rivesaltes évoquant le pruneau, quand le Maury évoque la griotte. Le Rivesaltes s’associe bien avec le premier chocolat et profite de cette association. Le Maury s’associe mieux avec le second chocolat, mais n’en profite pas tant que cela, car nous préférons le Maury seul. Une grande unanimité est apparue sur chaque vote, ce qui n’est pas si fréquent.

J’adore converser avec des jeunes qui représentent des forces d’avenir, et ont envie de réussir. Certains d’entre eux participeront à la prochaine académie des vins anciens.

Laurent et Antinori – photos lundi, 14 mars 2011

au restaurant Laurent avec deux vignerons, une Côte Rôtie R. Rostaing 2004

les vins proposés à déguster par Antinori

une étonnnate ressemblance entre les armoiries sur les verres de dégustation et sur le cahier de dégustation fourni par Antinori