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13 millésimes de La Tour Blanche de 2012 à 1943 mercredi, 6 mars 2013

La Tour Blanche est un sauternes que j’apprécie pour son goût, mais aussi pour la fabuleuse histoire d’Osiris, mécène comme on n’en faisait qu’au 19ème siècle. Banquier, il a acquis La Tour Blanche en 1876 et en a fait don à l’Etat à la condition qu’on y construise une école de viticulture et de vinification. Elle accueille aujourd’hui 140 élèves par an. Osiris a créé l’ancêtre des restos du cœur, a été le plus généreux donateur de l’Institut Pasteur, a restauré pour en faire don à l’Etat la Malmaison. Bien sûr, il y avait dans cette générosité un intense besoin de reconnaissance, mais les dons sont concrets et d’une ampleur impressionnante. Alors, en buvant La Tour Blanche, je trinque à cet homme atypique, controversé peut-être, mais diablement généreux.

Didier Fréchinet responsable commercial, m’accueille à l’aéroport et me conduit au château La Tour Blanche. Nous faisons une petite visite du site de l’école d’où l’on a une vue qui s’étend à l’infini et surplombe le Ciron, le fameux cours d’eau qui est responsable de l’apparition du trésor du sauternais, la pourriture noble. Nous visitons les chais puis nous nous rendons dans une salle de dégustation très cosy où se regroupent Alex Barrau, directeur du château, Didier, Philippe Pélicano maître de chai qui travaille au château depuis 2001 et dont le premier millésime géré seul est le 2012. Se joint aussi Adeline, jeune stagiaire dont c’est le dernier jour de stage.

Château La Tour Blanche 2012 est un vin dont l’assemblage vient d’être fait hier, en vue de la semaine des primeurs du début avril. La couleur est d’un jaune vert et le vin est un peu trouble. Le nez est très pur, très frais, de très grand niveau. La bouche est lourde au sucre fort et dominant. Le vin est gourmand, mais il faudrait que le sucre se calme. Le goût qui reste en bouche, c’est le sucre. Aux experts de dire ce que ce bambin aux yeux à peine éveillés deviendra. Son nez est un signe positif de grandeur.

Château La Tour Blanche 2009 est fortement bouchonné. Elle est remplacée par une deuxième bouteille. Le nez est discret mais on sent un vin intense. La bouche est superbe, suave, d’un vin riche, sucré mais beau. Sa fraîcheur est invraisemblable et il est diablement bon. Quel dommage ! Car il est si goûteux que les amateurs vont le boire trop tôt, alors qu’avec quelques décennies de plus il sera immense. Tout est réuni pour faire un vin d’anthologie.

Château La Tour Blanche 2001 a un nez qui n’est pas parfait, d’iode, de camphre et si l’attaque est belle, le final est trop marqué. Aussi, Philippe va chercher une deuxième bouteille au nez un peu marqué, mais nettement meilleur. En bouche l’attaque est belle de caramel, de crème de lait et le final est sur les fruits confits. Il y a une belle fraîcheur mais je préfère le 2009. Ce 2001 n’est pas un vin de plaisir. Il faut le garder en cave pour qu’il trouve sa voie. Le 2009 donne une plus grande impression de fraîcheur. Et son final claque.

Château La Tour Blanche 1986 a une couleur claire, peu évoluée. Son nez a aussi une pointe de camphre. La bouche est très douce, raffinée, avec des fruits jaune clair. Le parcours en bouche est beau mais le final n’est pas assez précis, trop rêche.

Château La Tour Blanche 1983 a une couleur plus foncée, d’un bel or intense. Le nez a un soupçon d’animal et le pain d’épices est plus nettement marqué. Le vin est opulent, frais, de belle ampleur en bouche. Il est équilibré, au final un peu en dedans mais beau. Le 1986 s’améliore par l’aération, le 1983 est vaillant, solide sur ses jambes, au final court mais solide aussi. Il y a beaucoup de similitudes entre le 1986 et le 2001. Le 1983 devient nettement meilleur et son final s’allonge. Il convient de signaler que chacun des vins que nous buvons est ouvert au moment même. Il aurait beaucoup plus d’ampleur avec quelques heures d’aération lente.

Château La Tour Blanche 1967 a une couleur d’un ambre très clair. Le nez est frais, de fruits confits. Le vin est noble. Il est doux, élégant, au beau final. C’est un grand vin. Si son final est un peu sec, c’est à cause de sa minéralité. Alex évoque deux cailloux que l’on frotte. De ce vin de grande fluidité on aimerait ne garder que l’attaque pour oublier le final et ne rester que sur la première impression.

Château La Tour Blanche 1962 est plus sombre d’un très bel or foncé. Le nez est minéral. En bouche, c’est une merveille. Le sucre affleure, mais sur un nuage de bonheur. Riche, à la forte impression sucrée, à l’alcool marqué, il dégage une impression de luxure. Le final de ce vin voluptueux est beau. Le caramel et le zeste d’orange sont là, sur un alcool présent. Il y a dans le 1962 un infime côté liégeux que Philippe avait remarqué mais n’osait exprimer pour nous laisser libres de le découvrir. J’aime son côté atypique.

Château La Tour Blanche 1957 a un nez très Tour Blanche. Comme dirait Audiard, la bouche, elle cause. J’adore ce vin qui n’est pas orthodoxe. Il a un final magique. On sent les pomelos, le vin est légèrement acidulé, marqué par une forte tension. Son final rebondit sans cesse. Il est vivant, vibrant et claque comme un fouet. Ce vin de fraîcheur a le plus beau final.

Château La Tour Blanche 1950 a une couleur qui va plus vers le thé. Le nez est discret, retenu. Le vin est de grande pureté, très équilibré et très intégré. C’est un vin noble, serein, calme, avec un beau final. C’est le bon élève, droit dans la définition d’un sauternes accompli. Il a une très grande fraîcheur même si on sent un peu l’alcool. Le 2001 est nettement meilleur maintenant et devient ce que 2001 doit être.

Voici nos classements. Alex : 50 62 57 67 83 86 09 01 12. Didier : 62 83 50 57 67 86. Philippe : 57 62 83 67 50 86. Adeline : 62 50 83 57 67 86. Mon classement : 57 50 62 83 67 86 09 01 12.

Nous sommes unanimes pour mettre le 1986 en dernier des anciens, mais avant cela, nos préférences divergent. C’est le goût de chacun. Alors que nous avons adoré le 2009 si agréable à boire, lorsqu’on le boit après les 1957 et 1950, il paraît dénué de toute complexité ! L’avenir est au sauternes vieux. Ce devrait être un dogme.

Nous nous rendons au restaurant le Saprien à Sauternes, qui a changé de propriétaire depuis ma dernière visite. Le menu que nous sommes plusieurs à prendre est un duo de foies gras, puis un ris de veau et une variation sur le thème de fromages à pâte persillée.

Château La Tour Blanche 1990 est d’un équilibre rare. Il évoque le 1950 par son côté très archétypal. Il n’a pas l’ombre d’un défaut. C’est un splendide sauternes.

Château La Tour Blanche 1948 est d’un bel or. Le nez est d’orange amère. La bouche est éblouissante. C’est vraiment le plus grand de tous. C’est le seul à avoir un final mentholé. Le nez est de menthe et d’anis. Le vin est merveilleux. Il est beaucoup plus puissant que ce qu’on imaginerait d’une année qui souffre de sa proximité avec des années de légende. En fait il est magique d’équilibre et de sérénité. Il a beaucoup d’émotion et de plénitude. Il est orange confite, avec une grande pureté d’expression et beaucoup de cohérence.

Château La Tour Blanche 1947 est très café. Il a plus de fraîcheur mais aussi plus d’amertume. Il est très complexe et moins charmeur que le 1948. Le 1947 fait penser au 1957 et crée un accord magique avec le ris de veau.

Château La Tour Blanche 1943 a été ajouté parce que c’est le vin de mon anniversaire. J’apprécie cette délicate attention. Il est d’un bel or. Le nez est calme. Le vin est sec et j’explique à mes hôtes que je suis habitué aux sauternes qui ont mangé leur sucre et que j’apprécie leurs charmes particuliers. On sent que la « matière vineuse » de ce sauternes sec est magnifique. C’est un très grand vin noble.

Des quatre vins de ce déjeuner, ce sont les 1990 et 1948 qui sont les plus équilibrés. Le 1990 a des saveurs exotiques. Je classe les vins ainsi : 1948, 1990, 1947 et 1943. Et ces quatre vins se classeraient en tête, si l’on combinait les deux séries, le 1957 pouvant se situer presque à égalité avec le 1943.

Quels commentaires ajouter ? Nous avons rencontré sur quelques vins de la dégustation du matin des imperfections olfactives ou dans le final alors que les quatre vins du déjeuner frappent par leur absolue pureté. Dans chaque décennie, les écarts entre les vins présentés sont importants, sauf pour la décennie 40 où les vins sont beaucoup plus proches et cohérents. Les 1947 et 1948 sont deux vins magistraux et proches.

Cette verticale de treize vins de la Tour Blanche est un honneur pour moi dont je suis reconnaissant. Ce fut un exercice apprécié par mes hôtes car ce fut pour eux une belle occasion de revisiter l’histoire de leur grand vin. Ce grand moment a apporté de l’eau au moulin de mes convictions : plus un sauternes est ancien, meilleur il est. Longue vie à La Tour Blanche, un grand sauternes.

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le 2012 est dans un flacon de 2007, à gauche ci-dessus

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déjeuner au Saprien

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Déjeuner de 29 vins dont 22 du domaine de la Romanée Conti samedi, 2 mars 2013

Décidément, les vins de la Romanée Conti ne me quittent plus. Sébastien, un fou de vin dijonnais, lance une invitation dont le thème est la Romanée Conti. Il coordonne les apports de chacun et l’ordre du jour est à la générosité. Le repas devant se tenir à Dijon, j’ai apporté il y a plus de deux semaines mes deux bouteilles au domaine de la Romanée Conti où Sébastien en a pris possession.

La veille de l’événement, Sébastien m’envoie un mail où il déclare que pendant la séance des photos des bouteilles apportées, il a pu constater que le Richebourg 1942 que j’ai fourni est considéré par lui-même et un ami comme un faux. Instantanément j’envoie un mail de réponse avec des extraits des bulletins 89 et 216 dans lesquels j’ai raconté les bouteilles sœurs de celle-ci. L’une était fatiguée, l’autre splendide, mais aucune ne m’avait donné le moindre doute sur son authenticité. Il est vrai que sur l’étiquette il n’y a pas la mention des propriétaires, ce qui paraît étrange et sur lequel je reviendrai après la dégustation du vin.

Après ce mail qui me froisse un peu, je choisis une bouteille de complément, « pour le cas où ». Le lendemain matin, jour de la dégustation, j’arrive au restaurant La Dame d’Aquitaine à Dijon, et je descends des marches pour me trouver dans une magnifique salle d’architecture gothique aux nombreux piliers qui soutiennent d’élégantes voûtes. La hauteur de plafond est très grande et l’atmosphère du lieu est engageante. Sébastien est en train d’aligner les bouteilles présentes pour des photos. Ma bouteille de La Tâche 1974 est alignée avec les autres mais la bouteille de 1942 est dans un casier de réserve. Je dis à Sébastien qu’il me paraît opportun de boire la 1942, ne serait-ce que pour un intérêt pédagogique : si elle est vraie, que conclure et si elle est fausse, que peut-on en dire ? Je sens Sébastien réticent et je lui réitère mon opinion sur les deux précédentes que j’ai bues, d’un lot que j’ai dû acheter il y a une vingtaine d’années.

Un de ses amis arrive, qui avait questionné le domaine sur la 1942. Il dit que dans une dégustation qui se veut sérieuse, on ne devrait pas l’ouvrir. Un peu agacé par cette réaction, je décide d’offrir à la dégustation un Richebourg 1953 de beau niveau, d’une année de grande réussite ce qui fait que mon apport sera : La Tâche 1974, Richebourg 1953 et Richebourg 1942 que je tiens à goûter au sein des autres vins.

Avec Sébastien, j’ouvre les bouteilles et lorsque je sors le bouchon du Richebourg 1942, il apparaît que le bouchon est bien de cette époque, qu’il a 1942 imprimé clairement visible et le mot « Richebourg » écrit comme on l’écrit au domaine. Voilà un élément qui conforte ma bouteille et Sébastien en convient.

A onze heures débute dans la belle salle voûtée une dégustation verticale d’Echézeaux du domaine. Un ami signale que si cette dégustation démarre à onze heures, c’est qu’à ce moment précis nous entrons dans un jour fleur. Nous rions de cet à-propos. Sabine, propriétaire avec son mari du restaurant fait le service du vin en annonçant à haute voix celui qu’elle répartit. Elle aura accompagné notre parcours et nos facéties avec une bonne humeur digne d’éloges.

Christian, l’ami qui voulait refuser ma 1942 remet à tout le monde un document où nous devons marquer trois notes pour chaque vin : d’abord celle que nous donnerions, sur 20, sans avoir bu, en fonction de ce que nous attendons. La seconde note est celle du vin dégusté et la troisième est le classement du vin dans l’ensemble des vins de la journée. Nous sommes douze et il y a 29 vins à boire. Aurons nous la force de noter au final ? L’avenir le dira mais l’idée est intéressante.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1989 a une couleur trouble assez évoluée. Le nez est un peu dévié, amer. La bouche est opulente. Le vin est plus riche que ce que je pensais. Il est nettement meilleur que ce que le nez annonce. Il a une belle acidité, mais il commence à décliner. On note une torréfaction. Il est beaucoup plus évolué qu’il ne devrait et lorsqu’on y revient plus tard, le vin décline.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2003 a un nez très fenouil, très végétal. Le vin est jeune, gourmand. Il est généreux, au final poivré. Ce vin tue le pauvre 1989 qui est trop évolué. Tout au long de cette dégustation des Echézeaux, des amis vont signaler le côté gibier des vins, pour presque tous. Je ne partage pas cette analyse pour le 2003 que je trouve végétal, au final de cassis.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2005 a une couleur assez claire. Le nez est de menthe et d’anis. Avec lui je perçois le côté gibier suggéré par les amis. La bouche est assez dure et marquée par une certaine sécheresse, mais ce vin a un gros potentiel. Il faut qu’il devienne moins rugueux et il sera grand.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2006 a une couleur grenat. Le nez de ce vin est absolument magique. Il est élégant, velouté, capiteux. Une merveille de nez. En bouche, le vin est élégant avec un léger manque de puissance. C’est un vin de plaisir que j’adore. Il est vraiment DRC.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2007 a une couleur très claire et le nez laisse apparaître le gibier. La bouche est agréable, un peu modeste. On sent ses limites. C’est un vin qui ne me parle pas et je suis gêné par son côté gibier.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2008 a un nez jeune qui sent le soufre. La bouche est goûteuse, gourmande. C’est bon. Le vin est jeune et minéral, pas encore positionné, mais c’est un vin de plaisir. Il est agréable à boire maintenant et c’est assez difficile de prédire son futur. Il me semble gourmand et gastronomique.

L’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2009 a une couleur plus sombre. Le vin est plus dense. On sent le cassis et le poivre. La bouche est puissante, envahissante. Le final est plus discret. Il a la sécheresse du 2005 mais il est plus élégant. Il est beau mais son final est un peu court.

Plutôt que de noter ces sept vins au sein des 29 vins, j’ai jugé plus prudent de les classer entre eux et ce sera dans l’ordre de préférence : 2006, 2008, 2009, 2005, 2003, 2007, 1989. J’ai pu constater que mes amis ont des votes différents entre eux.

Nous faisons une pause pendant que notre table se prépare pour le déjeuner. Mon ami Florent a apporté deux champagnes et le sauternes. Il me sert le Champagne Dom Pérignon rosé 1985 et ma réaction est instantanée : ce vin sent le Paris-brest. Et tout le monde en convient. C’est incroyable que ce champagne soit aussi nettement Paris-brest. Mais il l’est aussi en bouche ce qui est encore plus incroyable. Alors mon cerveau est totalement possédé par cette image. Plus tard, je sentirai de la truffe blanche. Nous allons différer Florent et moi, car je pense que ce goût atypique est une déviation de ce que devrait être ce rosé. Florent n’est pas d’accord. Mes amis ont aimé ce champagne plus que je ne l’ai aimé. Le champagne réagit bien à un amuse-bouche au ris de veau.

Le Champagne Krug 1989 de Clément a beaucoup plus de tension et de précision. Il est très agréable, à la bulle forte. Le Champagne Henriot Brut Souverain magnum 1949 est absolument délicieux. Il a la perfection de l’année 1949, une des plus belles en Champagne, et il a le charme fou des champagnes anciens. Sa bulle est discrète mais le perlant est là. Sa force vient de sa conservation en magnum. La douceur est d’une élégance rare. C’est un pur régal.

Le menu conçu par Laurent Perriguey est : tartare de Saint-Jacques à l’huile de truffe, copeaux de parmesan et mesclun / foie gras de canard poêlé aux légumes oubliés / barrette de thon mi-cuit, crumble de chorizo et grué de cacao / déclinaison de porcelet, la côte en juste température, le carré confit et le pied en cromesquis / crépinette de queue de bœuf et joue de bœuf, purée de rattes / plateau de fromages / assortiment de sorbets poire Williams, pêche de vigne, yuzu et mirabelle.

Le Bourgogne Hautes Côtes de Nuits blanc mis en bouteille par DRC 2009 a un nez de vin très jeune. On sent le beurre et le toast, voire un peu de noisette. C’est un vin un peu limité.

Le Montrachet Domaine de la Romanée Conti 2001 a un nez diabolique de richesse et d’évocation. Ce nez est à se damner. Ce montrachet n’est pas très puissant par rapport à d’autres du domaine et ça lui va bien, car il joue sur l’élégance et la discrétion. Dans le brouhaha, car notre joyeuse équipe est assez dissipée, j’essaie de me recueillir sur un accord de première grandeur, voire de folie. Car l’huile des coquilles est parfumée à la truffe blanche et trouve un écho incroyable dans ce vin splendide. C’est un moment merveilleux de ce repas. C’est totalement sublime.

Le Corton Prince Florent de Mérode Domaine de la Romanée Conti 2009 a un nez de vin jeune, un peu imprécis. Mais en bouche, c’est une belle surprise, car il est beaucoup plus riche que ce qu’on attendrait. J’ai une bonne relation avec ce vin. Le Vosne-Romanée 1er cru Cuvée Duvault-Blochet Domaine de la Romanée Conti 2002 servi en même temps que le Corton fait beaucoup plus faible. Toutefois, et c’est cela la magie de la gastronomie, il trouve une alchimie avec le goûteux foie gras qui crée un accord fabuleux.

Sébastien, par prudence, fait servir maintenant les deux 1961 pour que nous ayons toute notre lucidité pour les apprécier. Les deux vins sont noirs et donneront des sensations un peu torréfiées. La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1961 est très vivante et la Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti 1961 est magique de complexité. Le côté torréfié est commun aux deux. Nous sommes face à deux très grands vins, car toutes les complexités sont là, mais en revenant sur eux après la série des Richebourg, j’ai noté dans mes verres une fatigue qui ne devrait pas exister.

La Romanée Saint-Vivant Marey-Monge Domaine de la Romanée Conti 2004 est superbe et très étonnante après les deux 1961, car elle les snobe de sa jeunesse. J’aime beaucoup sa subtilité. Le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1997 est beaucoup plus vieux que ce que son année devrait donner. Il n’est pas très intéressant.

C’est maintenant qu’apparaissent les trois Richebourg dont un est affirmé faux par Sébastien et Christian. La surprise n’en est que plus agréable, car le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1942 a le nez d’un vin du domaine et d’un vin de cette époque. Il est très conforme à ce qu’on attend d’un Richebourg du domaine. Le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1953 est lui aussi très DRC, et j’en jouis avec plaisir, heureux de l’avoir rajouté pour qu’il serve de témoin au 1942. Et le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1975 ajouté par Sébastien est nettement meilleur que ce qu’on peut imaginer de cette année faible. Je l’aime beaucoup. Ces trois Richebourg sont superbes, très DRC et je classe pour moi : 1942, 1953 et 1975.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1997 est un très beau vin que je trouve un peu conventionnel, surtout après les émouvants Richebourg, qui surclassent à mon sens les deux 1961.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1974 est aussi un très beau vin du domaine. Il n’a pas de signe de fatigue. Il est quand même en dessous des deux Richebourg que j’ai aussi apportées. La Tâche Domaine de la Romanée Conti 2007 est un vin agréable mais qui donne relativement peu d’émotion après les vins plus canoniques.

Nous buvons un vin mystère de Sébastien et j’avoue que « Le Vin le plus simplement » domaine Van Berg à Meursault 2006 n’a pas laissé de trace dans ma mémoire tant une myriade d’étoiles des vins du domaines valsaient dans mon cerveau.

Le Champagne Heidsieck Monopole « Red Top », goût américain vers 1930 est superbe, plus sec que ce que suppose le goût américain. Il est très beau mais nettement moins vibrant que le Heidsieck 1907 gardé cent ans dans des eaux de la mer du Nord. Mais c’est un grand vin.

Le Château Suduiraut Sauternes 1928 est comme toujours une merveille de précision. C’est un de mes chouchous du sauternais et c’est pour cela que Florent l’a apporté. D’une couleur acajou, bien gras, c’est un vin de bonheur.

Le Marc de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti 1991 est à la Fine de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti 1991 ce que le vin jaune du Jura est au vin blanc de Bourgogne. Le côté interlope, canaille du marc est un bonheur coupable, car il fauche comme des blés nos restes de lucidité.

L’ambiance du repas a été joyeuse, parfois estudiantine. Sabine a été une hôtesse parfaite et son mari Laurent a fait une cuisine remarquable. Si je classe ce qui n’est pas vin rouge, ce sera : 1 – Montrachet DRC 2001, 2 – Champagne Henriot 1949, 3 – Suduiraut 1928, 4 – Marc 1991.

Si je classe les vins rouges, ce sera 1 – Richebourg 1942, 2 – Richebourg 1953, 3 – La Tâche 1961, 4 – Romanée Conti 1961. Le fait de classer premiers deux de mes vins peut paraître puéril ou provocateur, car souvent, je regarde mes vins avec les yeux de Chimène. C’est indéniablement pour le goût que je fais ce classement et cela donne l’occasion de réfléchir au problème des faux. Si l’on est capable de faire un faux 1942 (grands dieux, pourquoi cette année) avec la typographie exacte du domaine, pourquoi oublierait-on d’indiquer les noms des propriétaires. Comme le bouchon est d’origine, comme le goût est celui d’un Richebourg du domaine (personne n’a crié au faux en le goûtant et je n’ai eu que des compliments), je m’entretiendrai avec le domaine sur une hypothèse que je risque : c’est en 1942 qu’Henri Leroy achète les parts des Chambon dans la société civile du domaine, selon ce que j’ai lu. Quelqu’un au domaine aurait pu demander à l’imprimeur d’étiqueter des bouteilles sans que les noms des propriétaires n’apparaissent, puisqu’ils changeaient. C’est peut-être une hypothèse fausse. Mais elle a plus de consistance pour moi qu’un faux, qui pourrait se mesurer à égalité avec deux Richebourg du domaine, dont on ne voit pas l’objet quand il a été fait.

Plutôt que d’envisager un faux dont la logique n’est pas évidente je préfère, pour cette époque, croire à une initiative dont on n’aura pas gardé la trace, puisque les archives n’ont pas été conservées. C’est peut-être de l’optimisme, mais fondé sur les résultats de la dégustation.

Ceci étant mis à part, ce fut un moment extraordinaire, grâce à Sébastien et à la générosité de tous. Nous avons bu des grands vins, émouvants, avec une cuisine exacte en un lieu prestigieux. Mon compteur a maintenant une marque de 350 vins du DRC bus depuis 12 ans, en 74 millésimes. Même si je ne peux pas me prétendre expert des vins du domaine, j’en ai maintenant une certaine accoutumance.

A 29-WINE LUNCH INCLUDING 22 BOTTLES FROM THE DOMAINE DE LA ROMANÉE CONTI samedi, 2 mars 2013

It really begins to look like I cannot escape the wines from the Romanée Conti. Sébastien, a wine enthusiast from Dijon, is inviting people for a lunch based on the theme of the Romanée Conti. He coordinates everyone’s contributions and generosity is the word of the day. Since the meal is to take place in Dijon, I delivered my two bottles two weeks ago to the Domaine de la Romanée Conti where Sebastien collected them.

The day before the event, Sébastien sends me an email in which he states that during the photo session of the bottles brought by the participants, he was able to observe that the 1942 Richebourg I provided was apparently a counterfeit bottle, according to him and a friend of his. I immediately send an answer by email with extracts from some of my reports (numbers 89 and 216) in which I narrated the adventures of the sister bottles of this one: one was exhausted, and the other beautiful, but neither gave me the slightest doubt about their authenticity. It is true that on the label there is no mention of the owners, which seems odd, but I will come back to this point after the tasting.

After this mail that offends me a bit, I choose an alternative bottle—just in case. The next morning, on the day of the tasting, I arrive at La Dame d’Aquitaine in Dijon, and walk down a flight of stairs to find myself in a magnificent room in the style of Gothic architecture, with many pillars that support elegant arches. The ceiling height is impressive and the atmosphere of the place is engaging. Sébastien is in the process of aligning the bottles to take photos. My bottle of 1974 La Tâche is aligned with the others, but the 1942 bottle is kept on the side in a plastic crate. I tell Sébastien that it seems appropriate to drink the 1942, if only from an educational point of view: if it is authentic, what should we make of it? And if it is counterfeit, what can we say about the wine? I sense that Sébastien is a bit reluctant and I reiterate my opinion on the other two bottles that I drank, all from the same lot that I probably bought some twenty years.

One of his friends arrives, who has apparently asked the domaine about the 1942 bottle. He says that in a tasting that aspires to be serious, it should not be served. I am a little upset by this reaction, and I decide to contribute another bottle to the tasting, a 1953 Richebourg with a beautiful level from a highly successful vintage. As a result, my contribution will be: 1974 La Tâche, 1953 Richebourg and 1942 Richebourg which I insist I want to taste along with the other wines.

With Sébastien, I open the bottles and as I uncork the 1942 Richebourg, it appears that the cork is indeed from that time period, with « 1942″ and the word « Richebourg » clearly printed on it as is traditional at the domaine. This element seems to confirm the authenticity of my bottle, and Sébastien agrees.

At eleven, in the beautiful vaulted room, we begin a vertical tasting of the Echézeaux of the domaine. A friend points out that if the tasting starts at eleven, it is because at that very moment, we enter a « flower day » in the biodynamic calendar. The coincidence makes us smile. Sabine, co-owner of the restaurant with her husband, proceeds to serve the wines, announcing each of them out loud. She will accompany our journey and our antics with very commendable good humor.

Christian, the friend who wanted to reject my 1942, hands everyone a document on which we need to give three grades to each wine: first the grade that we would give to the wine out of 20, without having tasted it, according to our expectations; the second grade is for the tasting of the wine properly speaking; and the third is the ranking of the wine among the bottles of the day. There are twelve participants, and 29 wines to drink. Will we have enough strength to give grades in the end? Time will tell, but the idea is interesting.

The 1989 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti is of a hazy, relatively evolved colour. The aromas are deviated somewhat, with a certain bitterness. In the mouth, it is opulent. The wine is richer than I thought. It is much better than what the nose promises. It has nice acidity, but it begins to decline. There are also roasted aromas. It is much more evolved than it should be, and when we come back to it a bit later, the wine is indeed declining.

The 2003 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti has a very fennelly, vegetal aroma. It is a young and tasty wine, generous and with a peppery finish. It delivers the final blow to the poor 1989 that is far too evolved. Throughout this tasting of Echézeaux, our friends will point out the gamey flavour of almost all of the wines. I do not share this point of view for the 2003 which I find more vegetal, with a blackcurrant finish.

The 2005 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti has a fairly light colour. The aromas evoke mint and aniseed. Here I can perceive the gamey flavour that our friends mentioned. The mouth is rather severe and has a certain dryness to it, but this wine has great potential. If it loses some of its roughness, it will become great.

The 2006 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti is of a garnet colour. The aromas of this wine are absolutely magical. It is elegant, velvety, intoxicating—a wonder of a scent. On the palate the wine is elegant with a slight lack of power. This is a pleasure wine and I love it. It is DRC for sure.

The 2007 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti has a very light colour and the smell evokes game. In the mouth it is pleasant, somewhat unassuming. It clearly has limits. This wine does not speak to me and its gamey flavour hinders my tasting pleasure.

The 2008 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti has a young, sulfurous smell. In the mouth it is tasty and flavourful. This is good. The wine is young and mineral, and has not settled yet, but it is a pleasure wine. It is pleasant to drink now and it is pretty hard to predict its future. It strikes me as a tasty and gourmet wine.

The 2009 Echézeaux Domaine de la Romanée Conti is of a darker colour. The wine is denser, and evokes blackcurrant and pepper. On the palate it is powerful and mouth-filling, and with a more discreet finish. It has the typical dryness of 2005 wines, but it is more stylish. It is beautiful but its finish is a bit short.

Rather than ranking these seven wines among the group of 29, I think it would be wiser to classify them separately, in order of preference: 2006, 2008, 2009, 2005, 2003, 2007, and 1989. I notice that my friends’ rankings differ from each other.

We pause while our table gets ready for lunch. My friend Florent has brought two champagnes and the Sauternes. He pours me the 1985 Champagne Dom Perignon Rosé and I instantly react—this wine smells like a Paris-Brest cake. And everyone agrees. It is amazing that this champagne can be so evocative of Paris-Brest. But it does too in the mouth, which is even more incredible. My brain becomes totally obsessed with this association. Later, I will find white truffle aromas in this champagne. Florent and I will not see eye to eye on this, because I believe this unusual flavour is a deviation from what this rosé should be. Florent does not agree. My friends appreciate this champagne more than I do. It pairs well with an appetizer based on sweetbreads.

The 1989 Champagne Krug brought by Clément has much more power and accuracy. It is very pleasant, with a strong bubble. The 1949 Champagne Henriot Brut Souverain Magnum is absolutely delicious. It has the perfection of the 1949 vintage—one of the finest for Champagne—and it has the enticing charm of old champagnes. Its bubble is subdued but still present. It gets its strength from the magnum format. It is sweet and of rare elegance—a pure delight.

The menu designed by Laurent Perriguey includes: tartare of scallops in truffle oil, parmesan shavings and mixed salad / pan-fried medallion of duck foie gras with ancient root vegetables / strip of seared tuna, chorizo crumble and ​​ cocoa nibs / variations on the suckling pig: slow-cooked chop, confit rack, and trotter in a croquette / flat sausage of oxtail and beef cheek, mashed ratte potatoes / cheese platter / a selection of sorbets: Williams pear, wild peach, yuzu and plum.

The 2009 Bourgogne Hautes Côtes de Nuits Blanc, bottled by the DRC, has the aromas of a very young wine. It smells of butter and toast, and a little bit of hazelnut. This is a somewhat limited wine.

The 2001 Montrachet Domaine de la Romanée Conti has fiendishly rich and evocative aromas. It is to die for. This Montrachet is not very powerful compared to others from the domaine and that suits it quite well because it is all about elegance and discretion. Amidst the hubbub caused by our unruly and joyful team, I try to collect myself and appreciate a first-rate, almost insane pairing: the oil that comes with the scallops is flavoured with white truffle and finds an incredible echo in this splendid wine. It is a wonderful, absolutely sublime moment of the meal.

The 2009 Corton Prince Florent de Mérode Domaine de la Romanée Conti has the slightly imprecise smell of a young wine. But on the palate, it is a nice surprise, because it is much richer than could be expected. I have a good relationship with this wine. The 2002 Vosne-Romanée 1er Cru Cuvée Duvault Blochet Domaine de la Romanée Conti served alongside the Corton appears a much weaker wine. However, thanks to a little bit of haute cuisine magic, it develops a chemistry with the tasty foie gras and creates a fabulous pairing.

Sébastien, as a precautionary measure, now asks both 1961 to be served when we are still level-headed enough to appreciate them. Both wines are black and produce light roasted aromas. The 1961 La Tâche Domaine de la Romanée Conti is very much alive and the 1961 Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti is of magical complexity. They share this roasted flavour. We have two great wines here, in all their complexities, but as I come back to them after the Richebourg flight, I notice in these wines a certain exhaustion that should not be there.

The 2004 Romanée Saint-Vivant Marey-Monge Domaine de la Romanée Conti is superb and very surprising after the two 1961 bottles, giving them the cold shoulder in all its youthful glory. I love its subtlety. The 1997 Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti is much older than its vintage should produce. It is not very interesting.

It is then that we come face to face with the three Richebourgs, once of which Sébastien claims is counterfeit. That makes it even more delightfully surprising, for the 1942 Richebourg Domaine de la Romanée Conti has the aromas of a wine from the domaine and from this period. It is quite consistent with what you would expect from a DRC Richebourg. The 1953 Richebourg Domaine de la Romanée Conti is also very DRC, and I greatly enjoy it. I am happy to have added it to today’s list so that it could serve as a supporting witness to the 1942. And the 1975 Richebourg Domaine de la Romanée Conti that Sébastien also adds to the list is much better than you can imagine from this weak vintage. I love it. These three Richebourgs are great wines, typical of the DRC, and I would rank them as follows: 1942, 1953 and 1975.

The 1997 La Tâche Domaine de la Romanée Conti is a beautiful wine that I find a bit safe, especially after the very moving Richebourgs, which I believe outperformed both 1961 wines.

The 1974 La Tâche Domaine de la Romanée Conti is also a beautiful wine from the domaine, showing no sign of tiredness. It is however below the two Richebourgs that are also my contribution. The 2007 La Tâche Domaine de la Romanée Conti is a pleasant wine but it creates relatively little emotion after more canonical wines.

We drink a mystery wine that Sébastien serves us and I have to admit that the 2006 « Le Vin le Plus Simplement » Domaine Van Berg from Meursault barely leaves a trace in my memory as a myriad of shining wine stars dance inside my brain.

The 1930 or thereabout Champagne Heidsieck Monopole « Red Top » Goût Américain is superb and drier than what the « American taste » suggests. It is very beautiful but much less vibrant than the 1907 Heidsieck that was left dormant in the waters of the North Sea for a century. But this is a great wine.

The 1928 Château Suduiraut Sauternes is a precision marvel, as always. This is one of my darlings from the Sauternes region and this is why Florent brought it today. It is of a mahogany colour and very fat—a wine of happiness.

The 1991 Marc de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti is to the 1991 Fine de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti what vins jaunes from the Jura are to white wines from Burgundy. The rakish, cloak-and-dagger side of the marc is a guilty pleasure, reaping whatever clear-sightedness we still have left.

The atmosphere of the meal is joyful, sometimes reminiscent of a group of students. Sabine is a perfect hostess and her husband Laurent produces remarkable dishes. If I rank everything that is not red, it would be: 1 – 2001 Montrachet DRC; 2 – 1949 Champagne Henriot; 3 – 1928 Suduiraut; 4 – 1991 Marc.

If I rank the red wines, it would be: 1 – 1942 Richebourg; 2 – 1953 Richebourg; 3 – 1961 La Tâche; 4 – 1961 Romanée Conti. It could seem a bit childish or provocative to place two of my wines in the top two, for I frequently look upon my wines with great fondness. But undoubtedly I rank them as such based on the taste, and this gives us the opportunity to ponder on the problem of counterfeiting. If one is able to produce a counterfeit 1942 (but good gods, why this particular year?) with the exact typography of the domaine, why would one forget to indicate the names of the owners? Since the bottle has an original cork, and it tastes like a Richebourg from the domaine (there was no cries of outrage when tasting it and I had nothing but compliments about it), I will have a talk with the domaine about a hypothesis that I dare suggest: according to what I have read, it is in 1942 that Henri Leroy buys the Chambon shares in the Civil Society of the domaine. Someone from the domaine could have asked the printer to label some bottles without indicating the names of the owners, since they were changing. This may be a false assumption. But it has more substance to me than the possibility of a counterfeit that could compete on equal footing with two Richebourgs from the domaine and whose purpose seems quite a bit obscure.

Rather than considering a fake bottle whose logic does not seem obvious, I would rather believe in a spur-of-the-moment initiative which would not have been recorded since no records have been kept. This may be optimistic, but based on the results of the tasting.

That put aside, it was an extraordinary moment, thanks to Sébastien and everyone’s generosity. We drank great, moving wines, paired with precise cooking and in a prestigious location. There are now 350 wines on my DRCometer, drunk over the last 12 years, encompassing 74 vintages. Even if I cannot call myself an expert on the wines of the domaine, I now have at least a certain addiction to them.

Des 2009 de Valandraud dimanche, 10 février 2013

Philippe Faure-Brac organise dans son Bistrot du Sommelier des vendredis dédiés au vin. Un vigneron présente ses vins au déjeuner et aussi au dîner. Ayant repéré que Jean-Luc Thunevin serait la vedette d’une de ces dégustations, je m’inscris au plus vite. Nous sommes une douzaine d’amateurs et de gens de presse autour d’une table en sous-sol et Philippe se joint à nous, tant qu’il n’est pas appelé à résoudre les inévitables questions que pose la gestion de son établissement.

Le menu est composé pour les vins : chair de crabe au raifort, tartelettes croustillantes / pressé d’aile de raie aux petits légumes, sauve vin rouge / gigot d’agneau rôti, brisures de truffe, poêlée de chanterelles et pied de mouton : bleu des Causses et Abbaye Bel’loc, figues séchées en coulis / millefeuille craquant au chocolat de Saint-Domingue et griottes.

Le Blanc N°1 de Valandraud 2009 est d’une belle couleur. Le nez est très frais et vert de jeunesse. En bouche le vin est charnu, de belle mâche avec des fruits jaunes généreux. Le vin est bien fait mais gagnerait à vieillir. C’est un vin de plaisir, de luxure, généreux qui sera bon dans cinq à dix ans. J’aime beaucoup le final de ce vin puissant qui titre 14°.

Le 3 de Valandraud Saint-Emilion Grand Cru 2009 est le troisième vin de Valandraud, après le grand vin et après Virginie de Valandraud. Le nez est très joli. L’attaque n’est pas assez précise à mon goût. Ce vin de 13,5° fait de 70% de merlot n’est pas assez structuré. Il est plutôt gourmand, riche, et s’arrondit dans le verre. Un peu brutal, un peu amer dans le final, il ne me convainc pas.

Le Virginie de Valandraud Saint-Emilion Grand Cru 2009 a un incroyable nez de truffe. L’attaque est belle et le milieu de bouche donne une impression lactée. Le final est un peu amer mais cela se corrigera. Ce vin de 14° aux tannins assez forts est un vin de gastronomie.

Le nez du Château Valandraud 2009 est plus discret. La couleur est d’un noir extrême. Le vin est lourd, généreux, opulent. Il peut ! Il titre en effet 15°.C’est un vin moderne, où la richesse bride un peu la personnalité. Le vin est riche mais a aussi de la grâce et de la légèreté. Je commence à l’aimer pour sa fraîcheur en bouche.

Le Virginie devient gracieux et le grand vin le met en valeur, alors qu’en revenant au Valandraud, on ressent à quel point il est extrême. Le Virginie est très agréable. Le Valandraud, d’une matière énorme, doit être attendu quelque années si l’on veut en profiter.

Le Maury Thunevin-Calvet 2007 titre 16° ce qui fait seulement un degré de plus que le vin de Bordeaux. Il est joli, bien « dry ». Il est très élégant, frais et léger. J’aime beaucoup ce vin légèrement muté, de 100% grenache venant de vignes de plus de 80 ans. Il est beaucoup plus à l’aise avec les fromages qu’avec le dessert au chocolat qui fait trop « ton sur ton ».

Cette dégustation de 2009 de l’écurie Thunevin est intéressante. J’aurais aimé pouvoir comparer le 2009 de Valandraud avec un vin plus âgé, pour voir comment cette folle richesse s’assagit. Mon plus grand plaisir fut d’entendre Jean-Luc Thunevin, vigneron passionnant, dont la hauteur de vues est un véritable bonheur. Philippe Faure-Brac est un hôte attentif et délicat et la cuisine adaptée aux vins est un atout. Pour un premier essai pour moi, ce vendredi du Bistrot estune réussite.

déjeuner Tradition au restaurant Taillevent mercredi, 6 février 2013

Thierry et Laurent Gardinier invitent des fidèles du restaurant Taillevent pour un « déjeuner Tradition » dont le sous-titre est « l’accord mets et vins ». Des industriels, des avocats, des amateurs de bonne chère, des fidèles et des personnages du monde du vin ont répondu à cette aimable invitation.

L’apéritif debout se prend avec les légendaires et gourmandes gougères du restaurant Taillevent. Il s’agit du Champagne Comtes de Champagne Taittinger 2004 qui dégage déjà, alors qu’il sort à peine des caves, une belle personnalité. Il est promis à une bel avenir. Il se boit avec un grand plaisir et la gougère gomme le dosage que je trouve un peu fort à mon goût.

J’ai la chance d’être assis à côté de Véronique Dausse, directeur général de Phélan Ségur et presque en face de Florence, la femme de Laurent Gardinier, lequel prend la parole pour expliquer comment sa famille entend perpétuer les valeurs qui ont fait la renommée de Taillevent. Il cite Jean-Marie Ancher, qui doit faire face à une salve d’applaudissements, comme Alain Solivérès venu peu après nous saluer.

Le menu conçu par Alain Solivérès est : épeautre du pays de Sault en risotto, râpée de truffe noire / homard bleu rôti, truffe noire et céleri / fraîcheur d’agrumes, parfait d’agrumes au citron vert.

Nous commençons par un Sancerre « les Romains » domaine Vacheron magnum 2008. Le nez virevolte dans des arômes complexes et changeants. Le vin est d’une pureté extrême. C’est la précision de son expression qui est remarquable. Mon Dieu qu’il est jeune ! Car on aimerait qu’il ait quinze ans de plus et gomme les aspérités de sa folle jeunesse. On l’aime malgré cela pour sa grande pureté et l’évidente adéquation à la truffe et à la sauce réduite du risotto.

Le Château Phélan-Ségur double magnum 2003 a un nez assez discret. C’est en bouche que tout se passe. Ses tannins sont généreux, le vin est direct, au message très clair et ce qui me plait, c’est l’ampleur de sa mâche. Il est très truffe. C’est un vin droit, profond, qui laisse une trace en longueur mais pas en largeur. Il est extrêmement plaisant à boire et solide. Véronique Dausse nous explique qu’elle a choisi ce millésime plutôt difficile à faire, parce qu’il est épanoui aujourd’hui, ce qui est manifeste. L’accord avec le homard merveilleusement cuit est très naturel. Le céleri apporte de la fraîcheur et la truffe la fusion avec le vin. Le format en double magnum donne un belle souplesse au vin.

Le Gewurztraminer Altenbourg Vendanges Tardives domaine Mann 2009 est techniquement parfait. C’est un bon élève, qui ne dévie pas de la définition de l’appellation. Aussi, s’il se boit bien, on l’aimerait un peu plus canaille. Cela viendra sans doute avec le temps. L’accord avec le dessert est difficile, même si sur le papier il est judicieux, car le sorbet refroidit les papilles, le dessert devenant trop dominant. Le cognac que Jean-Marie Ancher sort de sa cachette est d’une qualité telle qu’on succombe à son impérieuse tentation.

C’est un grand bonheur que les Gardinier aient choisi la « Tradition », dans les pas tracés par Jean-Claude Vrinat. La truffe a râpé et même dérapé tant elle fut copieuse. L’ambiance amicale a fait nouer des liens avec des fidèles du restaurant comme si nous nous connaissions de longue date. Je retiens deux choses, parmi tous ces plaisirs : la chair du homard d’une qualité de cuisson exemplaire, et le grain charnu d’un Phélan Ségur de belle maturité. Et bien sûr, le service exemplaire du restaurant Taillevent.

Thierry et Laurent Gardinier et près d’eux, lechef Alain Solivérès

les vins, deux jours après … dimanche, 6 janvier 2013

C’est toujours intéressant de revisiter de grands vins après un grand repas. Nous avions ouvert tellement de vins lors du dîner au restaurant Laurent avec Richard Geoffroy que le terrain d’expérience me paraît particulièrement fertile pour une « campagne » d’investigation. J’invite mon gendre et ses deux enfants deux jours plus tard. C’est lui qui fait le menu : huîtres, coquilles Saint-Jacques crues auxquelles ma femme adjoint un risotto à l’oignon rouge, bar cru, corail des coquilles Saint-Jacques, brie fourré à la truffe rescapé de notre réveillon, galette des rois.

Le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1990 est un très beau champagne, très fleur blanche, très adapté aux petites huîtres que j’adore, car au-delà de leur goût de noix, on peut prendre leur pied délicat, phrase à laquelle il ne faut pas donner plus de sens que ce qu’elle veut avoir. Mais comme au dîner avec Richard Geoffroy, je trouve que c’est un champagne qui se cherche un peu, n’ayant pas encore trouvé sa voie entre jeunesse et maturité.

Il est tout simplement « fusillé » par le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1962 qui explose de complexité. Ce champagne est une merveille insaisissable, car il se place chaque fois sur une palette d’arômes qui n’est pas celle que l’on attendait. Avec le risotto, il est diabolique. Et la fusion coquille et risotto est étonnante de pertinence. Ce vin est riche, percutant, avec une bulle encore très vivace. Il y a des fruits roses légers, et surtout une complexité troublante.

Il reste un fond du Champagne Dom Pérignon 1929 et à ma grande surprise, le liquide est brun foncé. Lorsque le vin avait été servi, il était d’une magnifique couleur claire. Comment a-t-il pu se foncer ainsi, je ne sais pas. J’attends le pire, mais en fait, le vin est superbe. On est capable de sentir toute la noblesse qu’il avait, avec une note nouvelle de café. Contrairement à ce que la couleur laisse entendre le vin est très expressif et proche de ce que nous avions goûté, et il ne laisse aucun dépôt dans le verre lorsqu’on a fini de le boire. C’est très émouvant de constater qu’il a gardé son message originel.

Comme dans les dessins animés où un piranha mange un piranha qui se fait lui-même dévorer par un autre piranha, lequel, etc., le 1962 se fait littéralement « exploser » par le Champagne Pommery & Gréno 1949 qui est une merveille incommensurable. Et ce qui est didactique, c’est que ce champagne confirme mon amour pour les champagnes à dégorgement d’origine. Car il y a une richesse généreuse dans ce champagne, une mâche ample, qui forcent l’admiration. C’est un grand champagne de joie, de bonheur, avec un structure charpentée, des fruits comme la clémentine qui sont solides, et la trace en bouche est impérissable. On pourrait opposer à ce champagne le vin que l’on veut, on sent qu’il serait vainqueur. Lorsque l’on passe du 1949 au 1962, cela montre que le 1962 a des signes de jeunesse mais n’a pas la générosité du 1949. C’est un bon plaidoyer pour les vins d’origine.

Le Champagne Moët & Chandon Brut Impérial 1959 n’a pas profité des deux jours écoulés. Il s’est évanoui. Et à l’inverse, le Château d’Arche Lafaurie 1901 a retrouvé du pep, et se montre sous un jour nettement meilleur que lors du dîner, plus fruits confits, mais expressif.

Au-delà du plaisir évident d’avoir partagé ces vins avec mon gendre, il y a une leçon sur le comportement des vins, qui échappent le plus souvent aux prédictions. Tant mieux, tant que les vins nous surprendront, le plaisir sera au rendez-vous.

La couleur incroyable du Dom Pérignon 1929

Dom Pérignon 1929 and Romanée Conti 1956 vendredi, 4 janvier 2013

Richard Geoffroy, the man who makes Dom Pérignon, had to cancel at the last moment his presence at the dinner of vine growers in early December that I organize every year. He missed this dinner, as I missed him, to spend beautiful moments of friendship. I have a pretext to see him: in storing my cellar, a friend found a rare bottle that I did not imagine to have: Dom Pérignon 1929. The level is not beautiful. With whom could I better enjoy this wine, if not with the one who is in charge of it today? All happy that a date was found, just after the end of New Year festivities, I am like a schoolboy who goes to his first gallant date. So, I load my bag of six bottles, although I know it is not reasonable. I want so much that this moment is beautiful.

The day said, weakened by a cold or flu, I do not know, I hide my red albino eyes behind sunglasses that make me look like Kim Jong Il. I booked Laurent’s restaurant a small intimate lounge overlooking the Champs-Elysées gardens, so that my physical transformation remains in the shade. I open the bottle of Arche Lafaurie 1901 and a dazzling perfume floods my nostrils, even through the misfortunes I endure. It is not the same with the Romanée Conti 1956 whose level is low, which reveals odors of dust and especially fatigue. My prognosis is very pessimistic for this wine. Since I do not know what Richard will bring, I leave my other contributions in the state, we will decide on his arrival.

There are three of us in this delicious little room, Richard, my wife (who does not drink) and myself. Richard brought in his musette three Dom Pérignon Enoteca, 1996, 1990 and 1962. As we are two to drink, the equation is complicated to solve. Richard sees my contributions of champagnes: Dom Pérignon 1929, Moët 1959 and Pommery Gréno 1949. I chose three great years in « 9 ». Richard is as much a kid as I am also wants to drink the three that I brought. Of the six champagnes, the only one that will remain aside, in « reserve », is the 1996. With the help of Philippe Bourguignon, we will compose the order of the wines that will order the order of the dishes.

The menu resulting from our cogitations and the suggestions of Philippe Bourguignon is: amuse-bouche / toast « Melba » with the truffle black / royal sea urchins and coral au naturel / « Fregola Sarda » in a sauce poulet / quail gilded casserole, Roasted with offal, celeriac wedge with black olives / 36 months Comté / cheese-cake and fresh mango on a lime shortbread.

The Champagne Moët & Chandon 1959 expresses at first a certain fatigue and a final slightly game. But it assembles very quickly, grows, especially on the delicious toast with smoked fish. The gently spicy acra had swollen his chest. The fish, perhaps trout, gives it length and straightness. I see Richard very attentive. He explains that spending his time studying wines of recent disgorgement, he must calibrate his palate for wines of initial disgorgement. I evoke the pink fruits. My wife who does not drink but smells the wines evokes exotic fruits and Richard says: guava. And that’s it. As for the other champagnes of original disgorgements that I brought, Richard is struck by the importance of the fruit, which is much more present than on champagnes of recent disgorgement. The blossoming of the champagne is spectacular, and the finale that was imprecise and game becomes very clear and charming. The bottom of the bottle gives a wine of more gray color. Richard is struck to find components that are those of champagne Moët, especially in the course of wine in the mouth, which expounds his message very quickly, at first contact. If this champagne is beautiful, it is far from the Moet Brut Imperial 1928 drank on New Year’s Eve, which was outstanding.

The great moment arrives. The sommelier gives me the first drops of Champagne Dom Pérignon 1929. I am afraid, because of the low level. But this is ecstasy. I feel that we are going to live an exceptional moment. When he drinks the first sip of this wine, Richard has the face of the goldsmith who has just found an enormous gold nugget. Everything leads us to meditation, for the wine is of an extreme dimension. I ask to be called Philippe Bourguignon to make him taste this beverage. I know that Philippe does not like sharing wines drunk at a table, because there would be bidding on the part of his loyal customers. The exception is possible since we are in a private room. What about this wonder? The color is of a beauty that shades to that of the 1959 which appears clearly more gray. The nose is of delicate refinement. It is a rose with a rare scent. In the mouth the fruit is clear, rather towards the tangerine and the jammed fruit. Finally the final is of a rare nobility. Unlike the 1959 which took time to flourish, the 1929 is perfect from the first to the last drop. And importantly, the wine will remain perfect until the end of the meal, very late. This can be understood by the fact that the wine has lost some of its volume in the bottle. Contact with air made it invulnerable. It is rather incredible that such a bottle gives a wine of such purity and nobility.

The question that teases me is this: « Richard, you who have the opportunity to taste all Dom Pérignon, at what level would you put this 1929? ». And the answer is: « at the highest level ». The royal sea urchin gives a fine tension to the champagne, but one can imagine that he would not need it even if the chord is pretty.

The Champagne Dom Pérignon 1990 has no label. This is the reserve of the chief of cellars. Looking at the codes of the tiny label, it can be deduced that it is an Enoteca. After the two previous champagnes, the return to earth is rough, because the bubble is so active that I feel it like so many daggers thrown on my tongue. The champagne is rich, of great complexity where the white fruits abound, but it is especially a rocket wine, which has such a tension that it tears the palate of its inextinguishable trace. When I return to 1929, I am delighted to love the old champagnes, because the 1929 appears of extreme comfort. The 1990 highlights the aromatic richness and fullness of 1929.

The Fregola Sarda makes me want to try the red. It will be necessary for me to put my pifometer on the shelf of obsolete accessories, because to my surprise, what is poured into my glass is a living wine, which no longer has the signs of old age and dust ‘opening. The Romanée Conti domain of the Romanée Conti 1956 exposes a little too its alcohol, but the wine is there, complex, subtle and very Romanée Conti. Very quickly he shows thunderingly the rose and salt that sign for me Romanée Conti. Having recently drunk in the cellars of the domain a Romanée Conti 1956 who had remained all his life in the domaine, I see the differences. That of the domain has incomparable freshness and grace, whereas this one is more square, more powerful, more alcoholic and perhaps a little less discreet. All that makes the miracle, the mystery of the Romanée Conti is exposed here with the sound set a little strong. But she is there, alive, vibrant, and Richard is moved. He becomes aware of what makes the magic of this wine without concession, which does not try to seduce, but exposes all its complexity.

Never, having brought these two bottles, the 1929 and the 1956 in the middle of the six bottles, I would have imagined that one reaches such summits. The red wine improves at every moment, it is a happiness.

On the quail, Champagne Dom Pérignon Oenotheque 1962 is served. I had already drunk it with Richard in the cellars of Dom Pérignon. It is of extreme charm. But it is clear that the late disgorging, by delivering a wine of a rare complexity and a virginal freshness, also gives a bubble much too lively, almost anachronistic compared to what one would expect. Because we do not necessarily want to drink a champagne with a crazy youth. Needless to say that this champagne is nevertheless of extreme seduction, but when we return to 1929, we are all acquired to the disgorgement of origin. For Richard, it is extremely interesting and to my question on the interest of keeping in the cellar also wines of initial disgorgement, Richard answers me that he does so since 1996. I envy in advance the Amateurs of the 2060s and beyond who will be able to compare the initial wines and the late disgorgement on wines that have been kept under the same cellar conditions. La Romanée Conti continues to be splendid on the quail.

The Champagne Pommery Gréno 1949 is a golden yellow. The nose is discreet but noble. On the palate, its course is very different from that of Dom Pérignon and Moët. We love this champagne that evokes more corn, but also beautiful yellow fruits. The champagne is long. It probably does not have the complexity of the Dom Pérignon but it shows to what extent the year 1949 is raced and gives wines of high distinction. The Comté marries amiably with each of the wines that are in our glasses.

The wine we are going to drink now has a high emotional value for me. The bottle is extremely pretty. It is a year of which, from memory, I have only one bottle. To open it for Richard but also for my wife who tolerates and drinks the sauternes is a rare pleasure. The Château d’Arche Lafaurie 1/2 bottle 1901 had at the opening a perfume that had conquered me. But now I think it’s wrong. It smells good, but in the mouth, it tastes a short wine, a little extinct even if it is pleasant. My anticipation skills are again being questioned. But it is also the mystery of wine. La Romanée Conti seemed condemned and resurrected, and the Sauternes, who were to be brilliant, fell asleep again.

Tasting the last remnants of my glasses, it is the structure of Romanée Conti that seems to me the most glorious. The temptation would be great to put it first wine tonight, but I will not, because I already drank a Romanée Conti 1956 more moving even if this one rocked me in his arms with nursery rhymes that sing all the mysteries of this adored wine. I will put first a Dom Pérignon which is most probably the biggest of those I have drunk. I felt with him an emotion, a desire for meditation that justifies this choice. My ranking will be: 1 – Champagne Dom Pérignon 1929, 2 – Romanée Conti domain of the Romanée Conti 1956, 3 – Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1962, 4 – Champagne Moët & Chandon 1959.

Throughout the evening, we felt the magic of this event of sharing and friendship. Richard is a charming, sensitive friend who listens with respect to the messages of the wines. We were happy to be together, to communicate on rare wines. The capacity of reception, listening and service of the restaurant Laurent is an absolute example. Philippe Bourguignon is the most talented of hosts and his teams have done a job of high precision, with a commitment that is sensible. We must say bravo. The cuisine is serene, tasty and knows how to serve the wines.

To conclude, I will say selfishly that I am glad that Richard Geoffroy could not come to the dinner of winegrowers. For if he had come, would we have known this intense moment?

It was a moving evening of great communion.