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Ce blog n’est pas un guide au sens classique. C’est plus le roman d’aventures d’un passionné de vins anciens et de gastronomie.
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Le détail des prochains dîners se lit ici :  programme-des-repas

 

 

 

 

(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

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Remarque importante : je ne suis en aucun cas un organe d’évaluation de la valeur des vins ni d’authentification des étiquettes. Pour toute les questions relatives à la vente, l’achat ou l’estimation d’un vin ou à son authentification, j’ai préparé une réponse type, donnant des informations que l’on peut lire ici : Vous m’avez posé une question sur la valeur et ou la vente des vins que vous possédez . Si je ne réponds pas à un message, c’est parce que j’estime que ma réponse n’apporterait rien de plus que la réponse-type. Merci de votre compréhension.

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Dîner au restaurant Le Millénaire avec les champagnes Legras & Haas mercredi, 20 novembre 2019

Le soir même, Jérôme Legras retient à dîner plusieurs des participants de la dégustation de ce matin des champagnes Legras & Haas. Ce sera au restaurant Le Millénaire. Le menu qui nous est donné ne comporte pas de vins, nous en aurons donc la surprise : ballotine de foie gras de canard aux pommes et aux coings, bouquet de salade à l’huile de noix / riz Vénéré Nero comme un risotto lié au parmesans, croustillant de langoustines au basilic / poêlée de champignons des bois et coquilles Saint-Jacques rôties, crème de cèpes / granité / noisette de chevreuil sauce poivrade, mousseline de céleri aux pommes granny / sélection de fromages affinés / comme une crème brûlée Baileys, croustillant chocolat, glace aux noix de pécan.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2008 proposé pour l’apéritif en attendant quelques convives est servi un peu chaud. Il a beaucoup moins d’énergie que celui servi ce matin à la température idéale. Les verres du restaurant sont de beaux verres Lehmann mais ne sont pas en cristal comme ceux de la maison Legras & Haas, et l’on sent la différence de finesse entre les deux sensations. Quand le 2008 est confronté aux tuiles au parmesan, il reprend de la force et montre que cette année est prometteuse et doit encore attendre quelque temps avant de livrer ses richesses.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2002 au contraire est pleinement épanoui. Il est généreux et s’accommode bien aux amuse-bouches dont une bouchée au hareng qui l’excite aimablement. Il est vif et noble.

Le Morey Saint Denis Clos des Monts Luisants blanc Vieilles Vignes Domaine Ponsot magnum 2003 est servi sur le foie gras. Jérôme nous dit qu’il n’aime pas tellement mettre ensemble foie gras et champagne alors que j’en suis un chaud partisan. Et ce vin au nez éblouissant de largeur semble lui donner raison car il est riche, large et ensoleillé. Le sommelier hollandais présent à notre table précise que le cépage est l’aligoté. J’adore ce vin direct. Le fois bien gras et onctueux lui convient.

Le Condrieu La Petite Côte Yves Cuilleron magnum 2016 est associé au risotto. Est-ce du fait de sa jeunesse, je ne sais, mais le vin semble coincé, fermé, comme s’il avait mis un frein à l’expression de ses beaux arômes.

Le Champagne Legras & Haas magnum 1997 a conservé le charme qui nous avant tant plu à la dégustation de ce matin. C’est un champagne qui est dans un état de grâce et confirme son aptitude gastronomique. Il est vif et c’est la sauce de la poêlée de champignons qui crée l’accord et le lien entre terre et mer, cèpes et coquille. Voilà une année qui n’avait pas attiré l’attention sur elle à sa mise sur le marché et qui mérite le plus haut intérêt aujourd’hui.

Le granité est toujours une énigme pour moi. Faut-il en inclure ou non dans un repas ? Car c’est une rupture gustative forte même lorsqu’il est très bon comme celui-ci. Il faut ensuite recalibrer son palais. Je n’en prévois jamais dans mes dîners, préférant la continuité du voyage gustatif.

Jérôme est un grand fan du Château Calon-Ségur Saint-Estèphe 2002. Il a effectivement une bonne mâche épaisse et intense, mais je trouve que le vin ne va pas beaucoup plus loin et l’émotion n’est pas vraiment sensible malgré la belle excitation que lui donne la noisette de chevreuil.

Le Château Sigalas Rabaud sauternes 1995 apparaît sur un dessert au chocolat qui n’est pas l’ami naturel des sauternes. Mais ce vin a tellement d’énergie et de bonheur de vivre que l’on est conquis par son aptitude à séduire et par sa conviction. Pour un encore jeune sauternes il a tout d’un grand, ensoleillé et joyeux.

Le classement des vins de ce repas, pour mon goût, serait : 1 – Morey Saint-Denis, 2 – Sigalas Rabaud, 3 – Legras et Haas 1997, 4 – Legras et Haas 2002. Dans ce classement, les deux premiers pourraient être ex-aequo et les troisièmes et quatrièmes pourraient l’être aussi.

Le cadre du restaurant Le Millénaire est original et plaisant, le service est attentif. La cuisine est solide et de bonne qualité. Le sommelier est compétent et sympathique.

J’apprécie énormément que Jérôme ait composé un repas où son champagne n’est pas dominant, ce qui rend sa présence encore plus agréable dans un repas gastronomique. Il y avait autour de la table deux hollandais, un italien, deux russes, une lituanienne vivant en Californie, le maître de chais, Jérôme et moi. Cette atmosphère cosmopolite a donné lieu à des échanges particulièrement intéressants. Le champagne Legras & Haas est digne du plus grand intérêt. Et vive la Champagne !

Magnifique verticale du champagne Legras & Haas mardi, 19 novembre 2019

La maison de champagne Legras & Haas reçoit quelques-uns de ses importateurs et quelques amis en son siège à Chouilly pour une dégustation verticale de ses vins millésimés. Nous sommes une petite quinzaine réunis dans la salle de dégustation. Les vins les plus jeunes seront servis en magnums et dans des verres Zalto alors que les plus anciens servis en bouteilles seront versés dans des verres Lehmann conçus par Philippe Jamesse, l’emblématique sommelier de l’hôtel les Crayères.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2012 a un nez très pur, et une belle attaque au goût de caramel et de miel. Cela tient à un dosage supérieur à la normale, car pour constituer une Œnothèque, on a donné au champagne un dosage de 10 à 11 grammes, alors que le champagne mis sur le marché est dosé à 7 à 9 grammes. De ce fait celui que nous buvons est plus doux. J’aime beaucoup l’acidité de ce champagne qui a du caractère. Il est charmant.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2011 a un nez plus strict. L’attaque est très agréable. Il n’a pas une grande expansion en bouche. Il évoque le pain grillé et l’amande grillée. Avec l’aération il devient plus large et intéressant.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2008 a une couleur où l’on voit poindre un peu d’or. La bulle est très fine. Le nez est noble et fin. La bulle est forte en bouche. Il jouit d’une belle matière et d’une belle minéralité. Il est tranchant et opulent et évoque aussi bien la pâtisserie que le salin. Il est vif, offrant plaisir et aptitude gastronomique. C’est un grand champagne qu’il faudra attendre avant d’en goûter les richesses.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2007 a un nez un peu imprécis. La bouche est fraîche, joyeuse mais pas complétement précise. Il fait beaucoup plus évolué que le 2008.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2006 a un nez discret mais agréable. Il a une belle attaque et une bouche saline. Il est agréable et facile à lire. Il est confortable avec de la puissance et du poids. Il est gourmand et c’est un champagne qui peut déjà briller à table.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2004 a un parfum salin évoquant une huître. La bouche est en fort contraste car elle est fluide et douce. Le vin est charmeur, fluide, d’une belle persistance aromatique. Il est gourmand et très intéressant, car il sait garder ses énigmes. Il a de beaux amers qui le rendent très complexe.

Le Champagne Legras & Haas magnum 2002 a un nez raffiné avec un peu de salin. Il a une très belle attaque. Il est équilibré. C’est un très grand champagne très agréable.

Le Champagne Legras & Haas magnum 1997 a un superbe nez, fou comme un coup de vent. Il est superbe et vif. Il a une énergie énorme. Il est très beau et surtout par sa vivacité. Il est plus cinglant que le 2002, avec une belle minéralité. Il est gourmand et sa persistance aromatique est extrême.

Le Champagne Legras & Haas magnum 1996 a un nez précis, frais, un velours tout en douceur. Mais derrière, on sent qu’il a une trame forte. C’est la fin de bouche qui est extraordinaire. Il a des fleurs et des fruits roses, c’est la plus forte personnalité et la plus belle longueur de ce que nous venons de boire. Il est atypique par rapport aux autres. Il est frais et c’est le plus floral. Je le trouve magique.

Le Champagne Legras & Haas magnum 1995 est très différent car il est plus caramel, amandes et toasts. Le nez est un peu brulé. Il est moins vif que le 1996 et un peu lacté.

A ce stade, j’ai tendance à classer : 1996 – 1997 – 2002 – 2004.

Les suivants sont servis en bouteilles. Le Champagne Legras & Haas 1990 a un nez raffiné. Sa bouche a un fruit rose sublime. Il est raffiné, vif et cinglant. Il est très beau, floral et magique. On trouve ensuite un peu de caramel au beurre salé qui est un peu déroutant mais globalement j’adore ce champagne.

Le Champagne Legras & Haas 1989 a un nez un peu évolué et dévié mais le message est intéressant. On voit apparaître du lacté et du pain grillé. J’ai moins d’émotion alors qu’à ma table certains le préfèrent au 1990. Question de goût.

Le Champagne Legras & Haas 1988 a un nez d’une jeunesse extrême. La bouche est superbe et équilibrée. Il est doux et agréable, de couleur claire. Il est si jeune que tout le monde en est surpris.

Pour cette trilogie, je suis embarrassé pour mettre en premier le 1988 ou le 1990. Ce sera peut-être 1990 – 1988 – 1989 mais je pourrais échanger les deux premiers.

Le Champagne Legras & Lepage 1959 est d’une couleur très pure. Le nez est de mandarine. Sa bouche est d’agrumes et d’alcool et ce que l’on remarque c’est qu’il n’a plus de bulles mais aussi plus de pétillant. Il est devenu sauternes voire ratafia. Il évoque des fruits secs, des abricots séchés. Il est agréable mais ce n’est plus un champagne, du moins pour cette bouteille.

Que dire de cette dégustation ? Tout d’abord les champagnes sont de très haut niveau. Mais ensuite ce qui frappe, c’est l’extrême diversité des personnalités. D’un millésime à l’autre, les goûts sont différents. Et rien n’est à écarter car chaque champagne a son intérêt. On constate aussi l’effet bénéfique de l’âge car plus on avançait dans la dégustation plus les millésimes exprimaient des fortes personnalités.

Voilà une maison de champagne dont il faut suivre l’évolution, et faire vieillir les millésimes qui ont les plus belles personnalités. Les 2008, 2004, 2002 doivent dormir encore un peu pour devenir les vedettes de futurs repas. Merci François, Rémi et Jérôme Legras pour votre extrême générosité.

Bulletins du 2ème semestre 2019, de 837 à … lundi, 18 novembre 2019

Cliquez sur le bulletin indiqué ci-dessous :

(bulletin WD N° 851 191119)   Le bulletin n° 851 raconte : dîner au restaurant David Toutain, déjeuner à La Londe-Les-Maures au restaurant Cédric Gola et déjeuner au restaurant Pages, avec des accords extrêmes.

(bulletin WD N° 850 191105)   Le bulletin n° 850 raconte : déjeuner au restaurant Saint-Germain de l’hôtel Lutetia, déjeuner dans ma cave avec un Tokaji vers 1840 et un Madère vers 1740 qui est probablement le plus grand vin de ma vie, dîner chez des amis et déjeuner au restaurant Laurent.

(bulletin WD N° 849 191029)   Le bulletin n° 849 raconte : déjeuner au restaurant Le Petit Sommelier, déjeuner au restaurant Chiberta, apéritif aux Caves Legrand, nouveau déjeuner de conscrits au restaurant Le Petit Sommelier.

(bulletin WD N° 848 191022)   Le bulletin n° 848 raconte : nouveau déjeuner au restaurant Le Train Bleu, apéritif brunch, déjeuner de conscrits au Yacht Club de France, accident d’un Yquem 1967, déjeuner au restaurant L’Ecu de France et déjeuner de famille avec un beau champagne.

(bulletin WD N° 847 191015)   Le bulletin n° 847 raconte : dîner de famille avec des vins inhabituels, déjeuner au restaurant Pages avec une sauce irréellement parfaite, dîner de famille, colloque sur l’avenir du vin en relation avec l’hôtellerie et la restauration et déjeuner de presse au restaurant Marsan d’Hélène Darroze en l’honneur d’un vignoble du Rhône.

(bulletin WD N° 846 191008)   Le bulletin n° 846 raconte : déjeuner de presse à la manufacture des caviars Kaviari, dîner au restaurant Le Train Bleu, dîner de famille, déjeuner à l’Auberge du Bonheur, déjeuner à la brasserie La Rotonde, dîner avec mon fils avec des vins atypiques.

(bulletin WD N° 845 191001)   Le bulletin n° 845 raconte : plusieurs repas lors du séjour d’une amie américaine dans le sud, réception chez des amis, déjeuner au restaurant Laurent et dîner au restaurant la Vague d’Or à Saint-Tropez (Cheval Blanc), à quatre mains avec Arnaud Donckele et Arnaud Lallement.

(bulletin WD N° 844 190924)   Le bulletin n° 844 raconte : déjeuner puis dîner de ‘gala’ à la maison, pour les festivités du 15 août, déjeuners et dîners avec une américaine fidèle de mes dîners et bien sûr de grands vins.

(bulletin WD N° 843 190917)   Le bulletin n° 843 raconte : nouveau déjeuner au restaurant L’Hemingway à La Londe des Maures, dîners avec mes enfants, apéritif de préparation des dîners du 15 août, déjeuner de 15 août chez des amis, dîner au Cheval Blanc Saint-Tropez, d’Arnaud Donckele.

(bulletin WD N° 842 190910)   Le bulletin n° 842 raconte : présentation officielle du Champagne Salon 2008 et déjeuner au siège des champagnes Salon et Delamotte, déjeuner et dîner avec mon fils et des amis, déjeuner au restaurant l’Hemingway à la Londe des Maures, dîner à la Vague d’Or de Saint-Tropez dont le nouveau nom est « Cheval Blanc Saint-Tropez ».

(bulletin WD N° 841 190903)   Le bulletin n° 841 raconte : le 238ème dîner de wine-dinners au restaurant Garance, dîner dans le sud avec une femme chef à Tahiti, déjeuner avec des amis parisiens et dîner avec des amis régionaux dans notre maison du sud.

(bulletin WD N° 840 190827)   Le bulletin n° 840 raconte : Déjeuner de conscrits au Yacht Club de France, dîner au restaurant Michel Rostang avec une magique et sublime Romanée-Conti, dîner avec mon fils.

(bulletin WD N° 839 190820)   Le bulletin n° 839 raconte : déjeuner au restaurant Penati Al Baretto sur le thème de la Sardaigne, dîner avec mon fils et des vins d’âge canonique, dîner d’amis au restaurant Le Gaigne.

(bulletin WD N° 838 190709)   Le bulletin n° 838 raconte : deuxième dîner à l’Auberge du Vieux Puits de Gilles Goujon, déjeuner avec des amis polytechniciens de ma promotion et déjeuner au restaurant l’Escudella.

(bulletin WD N° 837 190702)   Le bulletin n° 837 raconte : déjeuner à Narbonne à La Table Saint-Crescent, restaurant une étoile, dîner à l’Auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse, où Gilles Goujon a trois étoiles et cassoulet au petit-déjeuner !

Règles pour la 33ème séance de l’académie des vins anciens du 28 novembre 2019 lundi, 18 novembre 2019

Règles pour la 33ème séance de l’académie des vins anciens du 28 novembre 2019

Pour participer à une séance il faut suivre le cheminement habituel :

–    Proposer un vin ancien et fournir tout élément sur le vin proposé (on peut venir sans vin en payant une contribution différente)

–    Obtenir mon agrément pour la ou les bouteilles proposées

–   Payer sa participation dans les délais prévus

–    Livrer sa ou ses bouteilles dans l’un des endroits possibles et dans les délais prévus

–    Venir à la réunion le jour prévu et à l’heure prévue.

Données pratiques :

–    Proposer une bouteille avant le 1er octobre selon les nouvelles règles (voir plus loin)

–    Livrer sa bouteille entre le 15 octobre et le 1er novembre

–    soit livrer sa bouteille au siège du champagne Henriot (65 Rue d’Anjou 75008 Paris). Appeler avant. Notre contact sur place est Madame Mathilde Jauneau : mjauneau@mdhenriot.com  – téléphone : 01 47 42 18 06

.–    soit expédier sa bouteille à l’adresse : François Audouze Société ACIPAR, 44 rue André Sakharov 93140 BONDY.

–    Payer sa participation avant le 15 octobre par chèque à l’ordre de « François Audouze AVA » à adresser à François Audouze société ACIPAR 44 rue Andrei Sakharov 93140 BONDY, ou effectuer un virement (Nom François Audouze AVA IBAN : FR7630003030000005024474342) qui est de : 150 € si on apporte un vin agréé ou 260 € si on vient sans vin.

–    Le lieu de la réunion est : RESTAURANT MACEO 15 r Petits Champs 75001 PARIS

–    Heure de la réunion : 19h30

Merci de lire très attentivement et de respecter strictement ce qui est indiqué. Pour les photos des vins, se reporter aux règles de la 26ème édition :

http://www.academiedesvinsanciens.org/academie-des-vins-anciens-26eme-seance-du-19-mai-2016/

Vins agréés (nouveau et impératif)

Les critères d’âge seront plus stricts que lors des séances précédentes :

  • Champagnes d’apéritif : pas de règles. Seront des cadeaux des académiciens qui veulent en apporter, au-delà de leur apport
  • Champagnes : avant 1997
  • Vins blancs : avant 1991
  • Vins rouges et liquoreux : avant 1972

Ceux qui ne peuvent proposer des vins dans ces limites d’âge seront considérés comme sans apport, même s’ils apportent des champagnes d’apéritif.

Recommandations supplémentaires :

– ne pas mettre de chèque dans le colis qui comporte votre vin. Les chèques doivent être envoyés à part.

– ne pas coller quoi que ce soit sur la bouteille. Tout ce qui est collé est difficile à enlever.

Remarque générale importante :

L’expérience des 32 séances précédentes est que je suis obligé de gérer beaucoup trop de cas particuliers au dernier moment. Pour une fois, on va essayer de ne pas subir jusqu’au dernier moment les impondérables. Les dates limites incontournables sont :

– 1er octobre pour l’annonce des vins,

– 15 octobre pour le paiement et

– 1er novembre pour la livraison des vins.

Tout le monde peut être à jour s’il le veut. Tout retard entraînera la non-inscription.

La 32ème séance a été un succès complet. Il faut que la 33ème le soit aussi.

Dîner au château de Beaune de la maison Bouchard P&F dimanche, 17 novembre 2019

Après la dégustation des vins de 2018, nous traversons la rue du château pour entrer dans le magnifique jardin du château et rejoindre le château de Beaune. D’habitude, l’apéritif se prend dans le beau salon et le dîner dans l’orangerie. Cette année ce sera l’inverse.

Le Champagne Henriot Blanc de Blancs Brut sans année est extrêmement plaisant, frais et de belle vivacité. Les gougères l’accompagnent avec bonheur. Les tables installées dans le salon ont des noms. Ma table s’appelle « La Cabotte », d’un vin que j’aime particulièrement.

Gilles de Larouzière, président du groupe qui compte notamment Bouchard, Henriot, William Fèvre et le château de Poncié fait un discours de bienvenue dans lequel il expose les grands axes des recherches d’amélioration de la façon de faire le vin en tenant compte de la défense de la nature et de l’adaptation nécessaire au changement climatique. On sent une volonté d’excellence qui concerne toutes les fonctions du groupe.

Le menu qui sera servi est : tortellini dans leur bouillon de volaille / foie gras poêlé aux girolles et noisettes du Piémont / suprême de pintade fermière de Bourgogne farci aux truffes et légumes de saison / assiette de fromages de notre région / forêt noire.

On nous sert le Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 1990. En sentant mon verre, j’ai envie de crier « mon Dieu ! » car si les 2018 étaient intéressants, on change de planète avec ce parfum infiniment riche et complexe. Il y a dans ce vin un équilibre et un épanouissement réjouissants et la palette aromatique est d’une richesse rare. C’est un bonheur de boire un vin aussi complet et abouti.

Le Corton Grand Cru Bouchard Père & Fils 2003 est une très belle surprise car je ne m’attendais pas à ce que ce vin ait une telle maturité. Il est riche, profond et intense. Il est gourmand sur la pintade.

Le grand moment arrive, quand on nous verse le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus Bouchard Père & Fils 1947. C’est un vin que j’ai déjà bu trois fois, dont une fois en ce lieu et deux fois de ma cave. Le parfum est porteur d’une émotion extrême. Je ressens immédiatement que je suis en face d’un vin immense qui tutoie la perfection et l’éternité. En bouche il se confirme que ce vin est d’une noblesse extrême et d’un équilibre parfait. Le goût est d’une intensité rare. Je me souviens qu’une fois en ce lieu j’ai pu boire ensemble ce 1947 et le même vin de 1865. La similitude était confondante et il y avait dans le 1865 un léger supplément d’âme, les deux vins étant parfaits.

Ce soir, ce 1947 est dans un état de grâce absolu. Et on sent que l’on est en présence d’un vin d’une hauteur unique. C’est assez fascinant de penser que dans peut-être cent ans, il sera le même que ce qu’il est aujourd’hui.

Le Porto du 19ème siècle de la cave de Bouchard a un goût très doux, soyeux presque, et s’il est charmeur, il manque un peu d’énergie. Il est un bon compagnon de la forêt noire, agréable dessert.

Ce dîner montre à quel point les vins ont besoin d’avoir de l’âge pour exprimer leurs grandes qualités. Le Corton Charlemagne 1990 et le Beaune Grèves 1947 sont des vins exceptionnels. Ce dîner est un grand moment d’immersion dans la magie des vins anciens.

Dégustation de nombreux vins de 2018 de Bouchard Père & Fils dimanche, 17 novembre 2019

A l’occasion de la vente des vins des Hospices de Beaune, qui fait venir à Beaune la presse et les amateurs de tous les pays du monde, la maison Bouchard Père & Fils invite des gens de presse et des amateurs pour un dîner au château de Beaune, précédé par une dégustation du dernier millésime non encore mis en bouteille dans une salle studieuse.

C’est Frédéric Weber, l’homme qui fait les vins de Bouchard Père & Fils qui présente les vins de 2018 millésime généreux. On commence la dégustation par les rouges. Une brochure très bien faite permet d’avoir des informations sur tous les vins. Du fait de leur jeunesse, j’ai choisi de noter mes impressions premières, immédiates, sur ce que je bois et non pas sur ce que le vin deviendra. C’est le ressenti de l’immédiat et non des promesses.

Le Savigny-lès-Beaune Les Lavières Bouchard Père & Fils 2018 d’un terroir assez froid mais orienté vers le soleil, a un nez jeune et riche de fruits doux. L’attaque n’est pas très généreuse, mais le finale est plus charmant avec un joli poivre. C’est un vin à attendre.

Le Beaune Clos de la Mousse Bouchard Père & Fils 2018 est un monopole, sur une terrasse surélevée assez solaire. Le nez est beaucoup plus noble. La bouche est plus suave. Je ressens du sel. Le finale est de belle personnalité. Le vin est râpeux mais agréable. Je l’aime.

Le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus Bouchard Père & Fils 2018 a un nez fermé. J’adore le finale joyeux et conquérant. Ce vin est un de mes chouchous. Bien sûr il faudra l’attendre longtemps mais il a déjà une belle énergie. On sent la violette, les épices et surtout le velours. C’est un vin frais et épicé.

Le Volnay Caillerets Ancienne Cuvée Carnot Bouchard Père & Fils 2018 a le nez le plus racé des quatre Premiers Crus. Il est fin, sa bouche est généreuse et glorieuse. Le finale est beau mais moins impressionnant que le milieu de bouche. Il est riche et large.

Le Corton Grand Cru Bouchard Père & Fils 2018 a un nez superbe. Quelle classe ! Le vin est superbe et grand, très expressif. Un peu rêche, mais ce rêche est signe de noblesse. Le vin est puissant et noble. On sent la grandeur du Grand Cru.

Le Clos Vougeot Bouchard Père & Fils 2018 provient des parcelles du haut, de vignes des années 60, celles du bas ayant été arrachées. Le vin est beaucoup plus strict, plus astringent. C’est un vin à attendre. Il n’a pas le charme du Corton mais il est très subtil avec de belles évocations de sel.

L’Echézeaux Bouchard Père & Fils 2018 a un nez vineux, celui d’un vin froid qu’on boit en cave. L’attaque est douce, saline. La bouche est très bourguignonne. J’adore ce côté déstructuré de certains bourgognes anciens.

Le Bonnes-Mares Bouchard Père & Fils 2018 a un nez très doux. C’est le seul dont le parfum a des évocations de framboise. Il est incroyable car sa richesse à l’attaque me fait penser à un Vega Sicilia Unico. Le milieu de bouche est plus rêche, plus strict. Il est globalement très différent des autres avec un charme incroyable fait de fruits noirs très mûrs.

La dégustation de ces huit rouges montre l’écart très net des Grands Crus, même si certains Premiers Crus font partie des vins que j’apprécie lorsqu’ils ont cinquante ou cent ans de plus.

Selon l’adage « blanc sur rouge rien ne bouge » la dégustation des blancs succède à celle des rouges.

Le Beaune Clos Saint-Landry Bouchard Père & Fils 2018 est la plus ancienne vigne où l’on a planté du chardonnay. On en a des preuves dans des écrits du 13ème siècle. Le vin est trop jeune pour moi. C’est trop vert. J’aurai d’ailleurs du mal sur les quatre premiers blancs, me demandant comment on peut boire des vins qui sont comme des fraises vertes.

Le Meursault Genevrières Bouchard Père & Fils 2018 a une bouche plus aimable, mais j’ai toujours du mal.

Le Meursault Perrières Bouchard Père & Fils 2018 a une belle personnalité mais son aspect minéral est encore très dur.

Le Corton Charlemagne Bouchard Père & Fils 2018 est très minéral, avec une bouche riche et joyeuse. Ce sera un grand vin mais à ce stade j’ai un blocage envers ces quatre blancs, que je n’aurai pas pour les vins qui suivent car il va s’agir d’une dégustation toute particulière.

La maison Bouchard est le seul domaine qui a des vins sur les quatre terrasses du Chevalier-Montrachet. Nous allons faire une dégustation très originale des vins des quatre terrasses, qui seront ensuite assemblés dans le Chevalier-Montrachet. C’est la première fois qu’une telle dégustation est faite. Les terrasses vont de 1 à 4 en montant sur la colline.

La terrasse 2 a des vignes de 1954, 1960, 1967, 1984 et 1989 et la terrasse 1 a des vignes assez semblables, la terrasse 3 a des vignes de 1960, 1975 et 1983 et la terrasse 4 de toute petite parcelle a été plantée en 1985.

Le Chevalier-Montrachet terrasse 1 est un vin riche et opulent. Là, la jeunesse n’est pas un handicap. Le vin est délicat, charmant, avec des tonalités de roses. Il est émouvant. C’est le plus romantique des quatre vins.

Le Chevalier-Montrachet terrasse 2 est plus strict, plus minéral que le premier. Il est très complexe mais plus strict.

Le Chevalier-Montrachet terrasse 3 a beaucoup de charme. Il est joyeux et riche, très accompli, gourmand et gourmet mais à mon goût il est moins vibrant que le premier.

Le Chevalier-Montrachet terrasse 4 est plus cistercien, plus salin. Il a une forte personnalité. C’est le type de vin qui m’intéresse, racé et sauvage. Je l’adore.

Mon classement des quatre est : 1 – 4 – 3 – 2.

La surprise vient de l’assemblage des quatre terrasses. Le Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 2018 est superbe, vin riche et équilibré qui a toutes les qualités, gourmand et presque sucré tant il est doux. Il est complexe et attachant. C’est une très belle démonstration de la complémentarité des quatre terrasses.

Le Chevalier-Montrachet La Cabotte Bouchard Père & Fils 2018 est grand, profond, noble, complexe et de grande longueur. C’est le vin blanc tel que je l’aime.

Le Montrachet Bouchard Père & Fils 2018 est plus strict que La Cabotte. C’est grand vin qu’il faudra absolument attendre. Mon intuition est qu’il vieillira sans doute mieux que La Cabotte.

Cette dégustation des 2018 de Bouchard Père & Fils est très intéressante et instructive. Les explications sont bien faites et le livret de dégustation est remarquablement fait.

Déjeuner de conscrits au Yacht Club de France samedi, 16 novembre 2019

Notre déjeuner de conscrits se tient comme très souvent au siège du Yacht Club de France. L’apéritif toujours aussi copieux consiste en une terrine de pigeon, de la langouille, qui est une andouille faite avec de la langue de bœuf, et des petites préparations à base de quenelle ou à base de champignons. Le Champagne Delamotte Blanc de Blancs brut sans année est un peu vert mais vif et s’anime. Il est très agréable à boire, champagne rassurant.

Le menu préparé par le chef Fleury et le directeur Thierry Le Luc est : assiette de fruits de mer / coquilles Saint-Jacques aux cèpes rôtis et fenouil, tagliatelles à la spiruline / pigeonneau royal braisé au foie gras, pommes dentelles, jus maison / plateau de fromages / crumble maison, glace Armagnac.

Pour les délicieuses huîtres très marines, il faut impérativement le champagne Delamotte. Pour les crevettes roses et les langoustines parfaitement cuites, c’est-à-dire très peu, le Puligny-Montrachet 1er cru Delarue 2011 est joyeux, juteux et plein, un vrai plaisir simple. Ce qui est curieux, c’est que le plat de coquilles Saint-Jacques est fait de bons produits et est bien exécuté, mais il lui manque une dimension de gourmandise, comme si suggérer lui suffisait.

La Côte Rôtie La Vallière 2007 est une petite merveille. Accompli, joyeux, très typé garrigue, ce vin est plein. Le pigeonneau est très réussi, à la cuisson exacte, à la goutte de sang, et le vin l’accompagne avec précision. Je me régale avec ce vin juteux à souhait.

Le Château Rauzan-Gassies Margaux 1998 est un très grand vin, idéal pour les fromages, mais il a du mal à passer après le vin du Rhône très sensuel, car il se présente un peu conventionnel. Nous n’aurions pas eu cette sensation si l’on avait inversé l’ordre de passage des deux vins.

La fin du repas s’est conclue sur un Rhum Clément très agréable. Amandine a fait un service parfait et souriant. Le Yacht Club de France est un endroit agréable où tous les intervenants montrent qu’ils recherchent l’excellence et notre satisfaction.

Comme nous sommes tous quasiment à la retraite, les discussions se sont poursuivies tard dans l’après-midi.

Clos Sainte-Hune Trimbach 2012 samedi, 16 novembre 2019

Quatre jours après le dîner de vigneron, en rangeant les bouteilles vides, je m’aperçois qu’il y a encore un peu du magnum de Clos Sainte-Hune Trimbach 2012. J’ai envie de voir ce que ce vin peut encore donner. Le nez est très pur, précis, avec un joli parfum intense et persuasif. En bouche la surprise est extrême. Car la vivacité, la précision du riesling et son tranchant sont encore plus marqués qu’au moment du dîner. Ce qui me semblait manquer au vin que nous avons bu au moment du dîner de vigneron est maintenant présent et le vin est glorieux. Bien sûr, en analysant, on sentirait que le vin a eu un peu d’aération, mais le fait de le trouver plus vif et plus tranchant que le soir du dîner montre la solidité extrême de cet immense vin. Bravo.

Fête de Méo-Camuzet au château du Clos de Vougeot samedi, 16 novembre 2019

Le soixantième anniversaire du domaine Méo-Camuzet et le trentième anniversaire de la présence de Jean-Nicolas Méo à la tête du domaine se fêtent au château du Clos de Vougeot. Jean-Nicolas a tenu à ce qu’à côté de la célébration de ces deux anniversaires on se tourne aussi vers l’avenir. Parmi tous les jeunes qui ont participé aux vendanges au domaine, certains sont devenus vignerons et dans une grande salle du château une cinquantaine de ces ex-stagiaires présentent leurs vins. J’ai pu goûter de jolis vins de Nouvelle-Zélande, d’Australie, de Saint-Chinian, des Hautes-Alpes et de bien d’autres régions. C’est sympathique de commencer la soirée par cette dégustation.

Parallèlement, le domaine a créé un prix de la jeune création artistique qui couronne des étudiants de l’école nationale supérieure d’art de Dijon pour des réalisations artistiques de leurs visions du patrimoine immatériel de la Bourgogne et de la permanence du terroir. On pouvait donc tout en passant de stand en stand de vin contempler de belles œuvres. Au cours du dîner un prix sera remis de la jeune création artistique 2019 à une artiste qui a créé sept tableaux vidéos réalisés avec l’équipe de Méo Camuzet, visibles dans l’une des salles du château.

Le dîner se tient dans le grand cellier cistercien du château de Clos Vougeot. Il y a dans l’assistance qui remplit la salle, la famille Méo, tout le personnel du domaine, des importateurs de tous les pays, la presse, des clients et des amis. On peut imaginer qu’il y a plus ou moins trois cents personnes. Les chants folkloriques et les bans bourguignons vont égayer la soirée, qui sera entrecoupée de quelques discours, souvent émouvants ou joyeux, de Jean-Nicolas Méo et parfois de ses trois fils.

Le menu du dîner très traditionnel est : le pressé de joue de bœuf à la royale / les œufs en meurette bourguignonne / le carré de veau fermier à la cazette du Morvan / les bons fromages de Bourgogne et de Franche-Comté frais et affinés / le macaron pistache et fraise, crème glacée au lait / les petits fours.

Le premier vin sur la joue de bœuf est le Pinot Noir
Domaine Nicolas-Jay Willamette Valley Oregon 2015
. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait du vin d’un des stagiaires puisque la dégustation était cosmopolite mais en fait c’est un vin résultant de l’installation de Jean-Nicolas et de Méo-Camuzet en Oregon. J’avoue que je me sens perdu devant ce vin pour lequel je n’ai aucun repère. Il est neutre, peu complexe et sans aspérité. Je suis incapable de le définir. Jean-Nicolas nous dit qu’il est en train d’apprendre ce domaine.

Le Nuits Saint-Georges Aux Boudots Domaine Méo-Camuzet 2005 marque un saut qualitatif certain. Il a de la présence, il est riche et équilibré et même si l’œuf en meurette n’est pas le meilleur des compagnons, il montre une très belle longueur. Il est gourmand et de belle vibration.

Le Clos de Vougeot Domaine Méo-Camuzet 1993 a eu des fortunes diverses aux différentes tables, certaines bouteilles étant incertaines, dont une à ma table. Fort heureusement mon verre est parfait. Il se trouve que le vin de Méo-Camuzet qui m’a le premier enthousiasmé, première rencontre avec ce domaine, est le Clos de Vougeot 1991. D’une année qui n’était pas au firmament, ce vin m’avait conquis. Je retrouve un peu ce sentiment avec ce 1993 dont on voit bien qu’il n’a pas une grande puissance, mais compense par sa noblesse.

Le Vosne-Romanée Aux Brûlées Domaine Méo-Camuzet magnum 1996 marque un nouveau palier dans le registre des sensations, alors que c’est un Premier Cru qui succède à un Grand Cru. Servi à température idéale, ce vin est d’une fraîcheur exceptionnelle. Et cette fraîcheur ne quitte jamais mon palais. Le vin est fluide et délicieux. C’est un vrai bonheur, un vin ciselé.

Dans notre programme le vin suivant est intitulé : « Climat surprise servi en Mathusalem ». L’étiquette manuscrite de ce grand flacon indique : Echézeaux 1976 mis en mathusalem pour Mme Jean Méo par Henri Jayer Viticulteur à Vosne-Romanée. Quel cadeau que font Jean et Nicole Méo, les parents de Jean-Nicolas, car une telle bouteille est un trésor de mémoire de la vinification de ce grand personnage qu’est Henri Jayer. Pour le nombre de convives les portions sont petites mais on peut s’imprégner du vin qui est éblouissant. Il faut longtemps humer ce parfum complexe d’un vin marqué par l’âge avec des notes de vieux bois. La complexité se retrouve en bouche et pousse au recueillement. Infiniment divers avec des évocations de vieux bois marin, il est d’une persuasion incroyable, long et d’une persistance aromatique infinie. Ses amertumes sont divinement équilibrées. On se recueille devant ce vin et son parfum restera présent dans le verre vide pendant longtemps. C’est un instant de bonheur magique, sublimé par la générosité de nos hôtes. Il faut du temps pour s’en remettre.

Les fromages permettent de revenir aux vins précédents, toujours aussi bons. Le dessert arrive et je vois que l’on sert le café alors qu’il était prévu que l’on boive le Champagne Bérêche et Fils Brut Réserve. L’absence de coordination du service des mets et des vins est étonnante de la part des équipes connues pour leur efficacité. Le champagne bu longtemps après que l’on a fini le dessert perd un peu de sa justification.

Un marchand de vins lyonnais truculent Georges dos Santos m’a fait goûter à sa table un Porto Gonzales & Byass 1810 délicieux et suave et un Porto Niepoort Vintage 2017 succulent et riche, promis au plus bel avenir dont Georges est amoureux.

La soirée a été marquée par une atmosphère très familiale et humaine. Jean-Nicolas a fait participer ses trois fils aux présentations et nous a fait connaître tous les membres qui travaillent au domaine en donnant de chacun un portrait flatteur. Au milieu des chants entraînants et des bans bourguignons, nous avons pu nous imprégner de cette belle histoire humaine. Merci au domaine Méo-Camuzet et merci de cet incroyable cadeau d’un vin d’Henri Jayer d’une émotion extrême.