Règles pour la 34ème séance de l’académie des vins anciens du 15 mai 2020 mercredi, 18 mars 2020

Avertissement important

Compte-tenu de la situation actuelle liée au Coronavirus, la date est pour l’instant maintenue, les inscriptions seront enregistrées, les propositions de vins sont maintenues, mais aucune livraison des vins ni aucun paiement n’est demandé.

Si la séance peut avoir lieu, il faudra alors réagir très vite pour livrer les vins et payer sa participation dans des délais les plus brefs.

Règles

Pour participer à une séance il faut suivre le cheminement habituel :

–    Proposer un vin ancien et fournir tout élément sur le vin proposé (on peut venir sans vin en payant une contribution différente)

–    Obtenir mon agrément pour la ou les bouteilles proposées

–   Payer sa participation dans les délais prévus (à annoncer lorsque la situation le permettra)

–    Livrer sa ou ses bouteilles dans l’un des endroits possibles et dans les délais prévus

–    Venir à la réunion le jour prévu et à l’heure prévue.

Données pratiques :

–    Proposer une bouteille dès maintenant selon les nouvelles règles (voir plus loin)

–    Livrer sa bouteille dans le délai qui sera annoncé

–    soit livrer sa bouteille au siège du champagne Henriot (65 Rue d’Anjou 75008 Paris). Appeler avant. Notre contact sur place est Madame Mathilde Jauneau : mjauneau@mdhenriot.com  – téléphone : 01 47 42 18 06

–    soit expédier sa bouteille à l’adresse : François Audouze Société ACIPAR, 44 rue André Sakharov 93140 BONDY.

–    Payer sa participation à la date qui sera annoncée par chèque à l’ordre de « François Audouze AVA » à adresser à François Audouze société ACIPAR 44 rue Andrei Sakharov 93140 BONDY, ou effectuer un virement (Nom François Audouze AVA IBAN : FR7630003030000005024474342) qui est de : 150 € si on apporte un vin agréé ou 260 € si on vient sans vin.

–    Le lieu de la réunion est : RESTAURANT MACEO 15 r Petits Champs 75001 PARIS

–    Heure de la réunion : 19h30

Merci de lire très attentivement et de respecter strictement ce qui est indiqué. Pour les photos des vins, se reporter aux règles de la 26ème édition :

http://www.academiedesvinsanciens.org/academie-des-vins-anciens-26eme-seance-du-19-mai-2016/

Vins agréés (nouveau et impératif)

Les critères d’âge seront plus stricts que lors de séances précédentes :

  • Champagnes d’apéritif : pas de règles. Seront des cadeaux des académiciens qui veulent en apporter, au-delà de leur apport
  • Champagnes : avant 1997
  • Vins blancs : avant 1991
  • Vins rouges et liquoreux : avant 1972

Ceux qui ne peuvent proposer des vins dans ces limites d’âge seront considérés comme sans apport, même s’ils apportent des champagnes d’apéritif.

Recommandations supplémentaires :

– ne pas mettre de chèque dans le colis qui comporte votre vin. Les chèques doivent être envoyés à part.

– ne pas coller quoi que ce soit sur la bouteille. Tout ce qui est collé est difficile à enlever.

Remarque générale importante :

L’expérience des 33 séances précédentes (sauf la 33ème, parfaite) est que je suis obligé de gérer beaucoup trop de cas particuliers au dernier moment. Dans la circonstance particulière de cette académie, on va essayer de ne pas subir les impondérables. Les dates limites incontournables seront annoncées dès que je le pourrai :

– à fixer pour l’annonce des vins sachant qu’on peut le faire dès maintenant,

– à fixer pour le paiement et

– à fixer pour la livraison des vins.

Malgré les circonstances, comme la 32ème séance et la 33ème ont été un succès complet, il faut que la 34ème le soit aussi.

243ème dîner de wine-dinners au restaurant Maison Rostang vendredi, 13 mars 2020

Le 243ème dîner de wine-dinners se tient au restaurant Maison Rostang. Les vins ont été livrés il y a une semaine et redressés hier en cave par Jérémie, l’un des sommeliers. La circulation automobile étant fluide, je suis arrivé avant 16 heures. Il me faut gérer les vins à affecter au dîner car depuis hier trois inscrits ont annulé leur participation pour cause de crainte du coronavirus. J’enlève trois bouteilles et commence la cérémonie des ouvertures. Stéphane Manigold, le nouveau propriétaire du restaurant Michel Rostang, qu’il a acquis en partenariat avec le chef Nicolas Beaumann qui officie en cuisine depuis douze ans, vient me saluer et assiste à l’ouverture des vins. Les bouchons ne me posent pas de problème sauf un, celui du Musigny Tasteviné Hospices de Beaune Faiveley 1959 dont j’avais vu en préparant la livraison des vins en cave qu’il pourrait tomber dans le liquide. Au moment où je décapsule, le bouchon tombe. Je suis obligé de carafer le vin, d’extirper le bouchon de la bouteille et de carafer à nouveau le vin dans sa bouteille. Cette opération est très éloignée de l’oxygénation lente mais mérite d’être faite car le parfum du vin est prometteur et n’a pas été affecté par la faiblesse du bouchon, venu en charpie lorsque je l’ai retiré de la bouteille.

Les plus beaux parfums à l’ouverture sont le sauternes La Tour Blanche de 1928, le Meursault Goutte d’Or 1988, le Vega Sicilia 1974 et le Santenay Gravières 1928. Aucune odeur n’est rebutante. Je bavarde longuement avec Stéphane Manigold qui a deux autres restaurants dont les noms sont ceux de cuvées spéciales de la maison Jacques Selosse, clin d’œil à leur amitié. Lorsque les convives sont arrivés, sans se serrer la main et sans embrassade, virus oblige, Stéphane nous propose de nous offrir un champagne de bienvenue avant le premier champagne prévu au programme qu’il avait eu le temps de sentir. Dans le verre le champagne a une belle couleur ambrée d’un beau cuivre et n’a pratiquement aucune bulle. Stéphane me demande de deviner l’année et j’annonce : autour de 1990. C’est en fait une cuvée créée par Guillaume Selosse d’un vin nouveau : Champagne Guillaume S dégorgé en novembre 2017. Ce champagne est superbe, mature alors qu’il est jeune, et constitue une parfaite entrée en matière le champagne d’apéritif. Stéphane Manigold a eu une bonne intuition et m’a fait connaître cette cuvée originale de grand intérêt.

Nous sommes sept, avec une absence totale de parité. Un seul convive n’avait jamais assisté à l’un de ces dîners. Le champagne de bienvenue est un Champagne Dom Pérignon 1952. Il a été ouvert une demi-heure avant l’arrivée des convives et il a fallu extraire la lunule de bas de bouchon au tirebouchon. Le champagne est d’une couleur d’un or clair et la bulle est rare. Le vin est rond, solaire, joyeux, charmeur. C’est un champagne très équilibré. Le traditionnel toast à la truffe est fort goûteux mais ne donne pas un aussi bel accord que le très fort toast à la sardine, en symbiose totale avec le beau champagne. Les autres petits amuse-bouches que l’on prend debout font moins vibrer le Dom Pérignon 1952 qui se montre d’un très haut niveau.

Le menu mis au point avec le chef Nicolas Beaumann et réalisé par lui avec son équipe est : millefeuille Saint-Jacques et truffe / turbot confit et condiments, artichauts rôtis / homard bleu, topinambour fumé et jus de la presse / volaille de Bresse à la mode dauphinoise / canard au sang / saint-nectaire / soufflé à la truffe.

Le Champagne Salon 1982 ouvert en même temps que le Dom Pérignon avait un bouchon qui résistait aux efforts successifs de moi-même puis Jérémie le sommelier, puis Stéphane Manigold. C’est le chef lui-même, venu au secours, qui a su faire sortir le bouchon collé au goulot. Le champagne est à peine ambré, à la bulle présente. Au premier contact je trouve que ce champagne n’a pas la vivacité et la vibration que j’adore de ce millésime de Salon. Il est grand et complexe mais il lui manque le pep qu’il devrait offrir. La portion de Saint-Jacques est petite et un peu frustrante pour qu’on puisse jouir de l’accord pertinent coquille, truffe et Salon.

Le Meursault Goutte d’Or Domaine Monceau Boch Blanc 1988 est une très belle surprise, car il a une puissance olfactive extrême et une rondeur en bouche remarquable. Le poisson et les artichauts conviennent exactement au vin d’une largeur et d’une présence remarquables. C’est un grand vin qui se situe au-dessus de ce qu’on pourrait attendre.

A l’ouverture, le parfum du Château Palmer 1964 était très prometteur, annonçant une densité superbe. Le homard est exceptionnel et va former avec le margaux le plus bel accord du repas. Le vin est d’une rare élégance, ciselé et précis avec un joli grain de truffe. Vin à la fois élégant et puissant, noble à la longueur extrême, il va recueillir en fin de repas des votes qui sont un plébiscite.

Le Santenay Gravières Jessiaume Père et Fils 1928 est servi en même temps que l’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988. Alors que soixante ans les séparent, les couleurs sont très proches, particulièrement jeune pour le 1928. En buvant les deux sur la délicieuse volaille, on voit que l’Echézeaux est plus noble et précis, mais que le Santenay a plus de présence, de cohérence et de charme, ce qui est dû à la perfection de son millésime qui ne cesse de se montrer éblouissant. Mes amis présents ne se sont pas laissé influencer par l’étiquette du plus noble des deux car les votes pencheront vers le Santenay, d’un velours charmeur comme seul 1928 peut en offrir.

Le Musigny Tasteviné Hospices de Beaune Faiveley 1959 a une couleur légèrement trouble du fait des transvasements qu’il a subi. Sa couleur est un peu tuilée. Il est agréable mais ne peut masquer une infime fatigue. Il est bon, mais n’a pas la pureté de goût des vins précédents. Le canard au sang est une merveille ce qui me pousse à faire servir le vin suivant normalement prévu pour le fromage.

Le Vega Sicilia Unico Ribeira del Duero 1974 avait à l’ouverture un nez surpuissant. Il m’éblouit maintenant par sa fraîcheur incroyable. On dirait un vin qui a moins de dix ans alors qu’il en a quarante-cinq. Je suis tellement frappé par sa jeunesse gouleyante et par sa fraîcheur vive que je le mettrai premier dans mon vote. Jamais je n’attendais une telle jeunesse dans ce grand vin.

La surprise de mes convives en voyant la bouteille de Château La Tour Blanche Sauternes 1928 m’a amusé. Ils ne voulaient pas croire qu’un vin aussi sombre, presque noir, puisse être un sauternes. Il a suffi qu’ils soient servis pour qu’ils s’extasient devant un vin au parfum ensorcelant. Qu’y at-il de plus parfumé qu’un grand sauternes ? Il est riche avec un caramel maîtrisé, des accents de fruits exotiques gourmands. C’est un magnifique sauternes riche et long en bouche. L’accord avec le soufflé à la truffe est possible, mais ce 1928 aurait gagné à se marier avec de la mangue, ce compagnon naturel des sauternes de cet âge.

Il est temps de voter, à sept pour désigner les quatre préférés de neuf vins. Le Palmer rafle la mise avec quatre votes de premier. La Tour Blanche est dans six feuilles de vote et a un vote de premier, comme le Santenay 1928 et le Vega Sicilia 1974.

Le vote du consensus est : 1 – Château Palmer 1964, 2 – Château La Tour Blanche Sauternes 1928, 3 – Santenay Gravières Jessiaume P et F 1928, 4 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988, 5 – Vega Sicilia Unico Ribeira del Duero 1974, 6 – Meursault Goutte d’Or Domaine Monceau Boch Blanc 1988.

Mon vote est : 1 – Vega Sicilia Unico Ribeira del Duero 1974, 2 – Santenay Gravières Jessiaume P et F 1928, 3 – Champagne Dom Pérignon 1952, 4 – Château La Tour Blanche Sauternes 1928.

Il est intéressant que dans les votes, les vins moins prestigieux comme le Santenay et le Meursault aient autant été cités.

La cuisine de Nicolas Beaumann est d’une très haute qualité et d’une exécution exemplaire. C’est de la grande cuisine. Ses sauces sont des régals. Le homard et le canard au sang méritent tous les éloges, mais aussi la chair du turbot et de la volaille. Le service de salle et de sommellerie est extrêmement attentif et motivé. Le fait d’être sept à table conduit à ce que tout le monde participe à la même discussion ce qui est fort agréable, d’autant que se sont révélées de nombreuses passions communes entre les participants.

Malgré la morosité contagieuse qui nous entoure, liée au virus, nous avons passé une excellente soirée.

 

Le vin offert par le restaurant pour notre entrée en matière

j’ai supposé 2017 comme année de dégorgement.

Les photos des vins en cave avec trois bouteilles qui n’ont pas été servies puisque nous étions trois de moins

de gauche à droite Vega Sicilia, Echézeaux DRC, Santenay, La Tour Blanche, Palmer, Meursault et Musigny

l’ananas a été remplacé par un soufflé à la truffe après discussion au dernier moment le jour même.

Ce qui est curieux dans ce vote c’est qu’un vin a soit un classement dans une zone de vote, soit rien. Le Palmer est soit premier soit non classé. L’Echézeaux est presque toujours second, La Tour Blanche presque toujours 3ème ou 4ème. Le Santenay est soit 1er une fois, soit second ou rien. Ceci veut dire que si on aime un vin au point de voter pour lui, on l’aime à un certain niveau. Très intéressant à constater.

 

Un dimanche où tout est bonheur dimanche, 8 mars 2020

En ce dimanche, ma fille aînée vient déjeuner avec sa fille aînée. Nous prenons l’apéritif avec un Champagne Laurent Perrier Grand Siècle qui doit être des années 80. Le bouchon me résiste et la lunule du bas du bouchon ne tourne pas en même temps que le bouchon. Elle se cisaille et je suis obligé de l’extraire au tirebouchon. Le pschitt est inexistant mais dans les verres la bulle est fine et présente. La couleur est d’un or pâle. Le champagne est éblouissant. Il est d’une perfection facile. C’est Cary Grant, le séduisant séducteur qui ne fait rien pour séduire. Le champagne a une belle puissance, toute en rondeur, un beau fruit doré et une longueur en bouche joyeuse. C’est un champagne de plaisir raffiné.

Ma fille avait commandé un veau Orloff au four servi avec du riz très simple. J’ai ouvert un Pétrus 1977 au niveau à la base du goulot. Lorsque j’étais jeune, je n’avais pas beaucoup de moyens, mais je voulais m’intéresser aux grands vins. J’ai donc acheté des grands vins dans les petites années et je possède ce Pétrus 1977 depuis quarante ans environ. Oserai-je dire qu’il s’agit d’un Pétrus parfait ? Il n’a pas la puissance (quoique…) mais il a la subtilité et la grâce qui en font un vin d’un infini plaisir. Je suis tellement heureux quand les petites années brillent ainsi, car elles montrent que les grands vignerons font grand, même lorsque le climat ne les aide pas.

L’accord avec le veau est d’une rare grâce mais nous avons succombé au péché d’un moelleux au chocolat tout en douceur qui donne au Pétrus un parfum incroyable.

Il est des jours comme celui-ci où tout marche à la perfection.

Dernier dîner en France de mon fils samedi, 7 mars 2020

C’est le dernier soir de mon fils en France aussi j’ouvre un Champagne Dom Pérignon 1993 dont l’étiquette très abîmée n’indique pas le millésime que l’on peut lire sur la contre-étiquette placée à l’arrière de la bouteille. La cape du bouchon est anormalement déchirée et le muselet est fortement rouillé. Cette bouteille a subi des outrages qui ne devraient pas exister à cet âge. Je le savais lorsque je l’ai achetée. J’enlève les déchirures de la cape et quand le muselet s’élargit, à peine ai-je amorcé une rotation que le bouchon vient sans effort, encore coiffé du muselet. Il n’y a pas de pschitt et je constate que le bouchon est très chevillé.

Que va-t-on boire ? La couleur est très claire ce qui est un bon signe. La bulle est quasiment inexistante. Le premier contact est excellent. Il s’agit d’un beau champagne rond, au fruit doré, plein de grâce. C’est un champagne encore très jeune et très expressif mais qui a perdu sa bulle, ce qui ne gêne en rien. Sur d’excellentes rillettes et sur du foie gras, on se régale.

Ma femme a préparé un curry de crevettes et légumes divers qui est délicieux mais le curry n’est pas le bon compagnon du champagne qui trouvera de meilleures alliances avec le camembert et le chaource bien affinés.

J’ouvre un Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème dont les vins qui le composent ont probablement plus de trente ans. Il est beaucoup plus foncé que le Dom Pérignon. Il est noble et montre une acidité un peu marquée. C’est étonnant de voir à quel point ces deux champagnes sont dissemblables. Le Krug joue sur sa noblesse et de sa rectitude. Il a mis les habits de sa noble condition, alors que le Dom Pérignon est tout en charme et en rondeur. Ce soir, dans le contexte de ce repas, c’est le Dom Pérignon 1993 que je préfère, ce qui est propre à ce repas et n’a pas valeur de référence tant ils sont différents. Les deux champagnes sont des seigneurs dans leur monde. Ma femme les a accompagnés par des pains perdus réussis et gourmands.

Ce fut une bonne façon de finir la semaine du séjour parisien de mon fils. Il a préféré cette semaine le Champagne Veuve Clicquot Carte Or 1982 et le Vieux Château Certan 1967. Je le rejoins bien volontiers dans ce choix.

Déjeuner de conscrits à l’Automobile Club de France à Paris samedi, 7 mars 2020

Un des amis de notre club de conscrits nous reçoit à l’Automobile Club de France à Paris. Ayant lu l’invitation trop rapidement, j’ai confondu l’ACF avec l’YCF aussi me suis-je présenté au Yacht Club de France, m’étonnant d’être le premier, très en avance. Il m’a fallu sauter dans un taxi pour rejoindre mes amis dans le si joli décor de cet immeuble de la Place de la Concorde.

La décoration a été refaite de belle façon. Nous prenons l’apéritif dans le salon des Membres avec un Champagne qui je crois est un Perrier-Jouët brut sans année, agréable et sans histoire.

Nous passons à table dans un petit salon dont la double fenêtre offre une vue imprenable sur l’Assemblée Nationale et l’Obélisque. La cuisine est de haute qualité et je ne me souviens pas avoir aussi bien mangé en ce club. Le menu est d’œufs mollets à la truffe et une biscotte légère, suivi d’une caille magnifiquement présentée.

Le Château Tronquoy-Lalande 2006 est un vin riche et puissant mais assez renfermé qui n’a pas encore atteint l’âge où pouraient s’exprimer les qualités de l’appellation Saint-Estèphe.

Le Château Rauzan-Ségla 2004 en revanche est beaucoup plus urbain, large et facile à vivre, séducteur comme un Margaux. Ce repas de conscrits dans cet « autre » club fut réussi.

Deux repas avec mon fils mais en France cette fois samedi, 7 mars 2020

Par les hasards du calendrier, mon fils revient à Paris juste deux jours après l’avons quitté à Miami. Le premier soir, nous sommes encore marqués par le décalage horaire, aussi le dîner est-il frugal et sans vin. Le second dîner s’inscrit dans la ligne des agapes traditionnelles car j’ouvre un Champagne Veuve Clicquot Ponsardin Carte Or 1982. Le bouchon est superbe et a bien joué son rôle car le pschitt existe, discret mais présent. La couleur du champagne est d’un or blond très joli comme l’or de la capsule du bouchon.

Ayant la bouche non préparée par de la nourriture je ressens une petite acidité, mais dès que nous commençons à manger du foie gras, le champagne s’installe dans une zone de plaisir. Il est fort d’un fruit jaune puissant. Il est glorieux, équilibré, ouvert au dialogue. C’est un champagne très différent des Salon ou Krug, plus champagne qu’eux. J’aime beaucoup son équilibre et sa longueur.

Comme il a été terminé assez rapidement je suis allé chercher un champagne curieux qui m’intriguait car j’avais oublié d’où il venait. Il m’aurait suffi de lire l’étiquette pour comprendre. Le Champagne Delaboss Brut 2011 est élaboré par Paul Louis Martin à Bouzy. La bouteille noire montre un puma fortement musclé et une fleur de lys stylisée qui me rappelle les fleurs de lys du restaurant l’Ecu de France. Car Peter Delaboss est le chef cuisinier de ce restaurant, qui a décidé de créer un champagne à son nom. Evidemment, c’est assez difficile pour ce champagne de passer après le Veuve Clicquot, mais il est suffisamment franc et de bonne soif pour qu’on le boive agréablement. Il en restera pour le lendemain.

Le lendemain ma femme a prévu des tagliatelles et des petits morceaux de filets de poulets cuits à la crème sur l’instant. Je cherche en cave un vin rouge et je vois des bouteilles emballées dans de fines feuilles de papier, légères et de couleur mauve. C’est assez difficile à ouvrir sans déchirer ces fines feuilles. J’ouvre une bouteille et je vois que le bouchon est très descendu. Il tient encore au bouchon mais à peine.

Une fois remontée, je décapsule cette bouteille et à peine ai-je pointé mon tirebouchon que le bouchon tombe. Il faut carafer et l’odeur du vin est particulièrement désagréable. Ce Vieux Château Certan 1967 est mort.

En cave je prends une deuxième bouteille. Le bouchon est à sa place et le niveau est excellent. Le bouchon très sain vient sans problème. Le parfum du vin est peu marqué et la bouche est très fraîche. Mon fils doit trouver à l’aveugle et il annonce pomerol, ce qui est bien et une année entre 1980 et 1985. Il a raison dans son estimation car ce 1967 qui dépasse la cinquantaine est d’une belle jeunesse. Il a un goût de truffe très intense, une trame très dense, mais il sait aussi apporter de la légèreté. C’est un très beau vin, loin des années superbes comme 1964 ou 1955, mais très agréable à déguster.

Le Champagne Delaboss 2011 s’est montré agréable, simple et franc. Le repas s’est conclu sur les pâtisseries meringuées aux pépites de chocolat rendues célèbres dans le film « qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ». Nous rions de choses simples…

Goût de/Good France 2020 – événement le 16 avril 2020 vendredi, 6 mars 2020

Je reçois cette annonce d’un dîner exceptionnel le 16 avril sur les Champs-Elysées sous l’égide de Goût de/Good France 2020, parmi des centaines d’autres événements.

Voici ce qu’on m’a envoyé.

C’est officiel, Goût de/Good France 2020 aura lieu jeudi 16 avril prochain !

Temps fort culinaire sans pareil dans le monde, Goût de/Good France réunira des centaines de milliers de personnes sur 5 continents lors de milliers de « dîners à la française » !

Cette 6e édition, c’est aussi :

•    Les 10 ans du repas gastronomique des Français

•    La région Centre-Val de Loire à l’honneur, et le chef Christophe Hay pour ambassadeur

•    La suite du Livre blanc de la gastronomie responsable avec 2 nouveaux chapitres sur la formation et la responsabilité sociale

•    Des évènements pluriels dans le monde entier !

Dossier de Presse Goût de France 2020pdf

Dernier dîner à Miami mardi, 3 mars 2020

C’est le dernier dîner avant notre retour en France. Il faut fêter ces belles vacances avec le Champagne Dom Pérignon 2008. Ce champagne, le dernier de Richard Geoffroy, fait en collaboration avec son successeur Vincent Chaperon, est un de mes chouchous. Il est brillant mais ce soir je le juge un peu fermé. Sur des coquilles Saint-Jacques épicées accompagnées de riz, il s’anime mais il est possible qu’il soit dans une phase de fermeture provisoire, ou bien que ce champagne acheté à Miami ait été affecté par son voyage ou son stockage. Il n’empêche, c’est un grand champagne.

Ma belle-fille a réalisé un clafoutis à la cerise du Surinam aussi appelée cerise de Cayenne. Son goût est étrange et son acidité convient bien à la texture de la pâte qui recouvre les fruits. Le Champagne Billecart-Salmon 2007 est vif, franc et agréable et se marie bien au goût légèrement acidulé des fruits du clafoutis.

C’est sur ce repas que se conclut notre voyage de trois semaines à Miami, dans le paradis de Corral Gables, où tout est beau, propre, humain. Une belle façon de tromper l’hiver.

Déjeuner à Miami au restaurant Kiki on the River jeudi, 27 février 2020

Lors d’un dîner chez mon fils, nous avons ouvert un Champagne Dom Pérignon 2004. Bu seul, je le trouve un peu strict, un peu paresseux. Ce n’est qu’avec de la nourriture que ce champagne commence à se réveiller. Et il devient fort agréable, dans l’esprit de ce que doit être Dom Pérignon, un vin de haute qualité et de grand charme.

L’un des restaurants que je préfère à Miami est Kiki on the River. Le long de l’un des nombreux canaux qui conduisent à la mer, il y a deux restaurants de belle qualité et un marchand de produits de la mer où l’on trouve de beaux poissons et de beaux crustacés. Kiki on the River a une décoration résolument moderne, plaisante car elle est débridée. Sur un mur un énorme cœur est fait de fleurs rouges, roses et blanches et porte un néon coloré qui dit « Cry me a River » la célèbre chanson de Justin Timberlake.

A l’entrée une sculpturale déesse dirige les arrivants vers les tables disponibles. Au bar central une jolie serveuse est un pur produit du travail en salle de sport, avec peut-être aussi l’apport de la chirurgie esthétique. Dans un coin de la salle ouverte sur l’eau, il y a un espace Dom Pérignon, pour les amateurs de ce vin. En cours de repas nous verrons un gigantesque bateau bleu, remorqué par deux bateaux de traction, un à l’avant et un à l’arrière, qui orienteront le bateau pour qu’il passe un pont levant dont les deux parties du tablier se relèvent. C’est impressionnant quand le bateau de traction à l’arrière se relève presque verticalement pour freiner la dérive du bateau. Il crache une dose de gaz d’échappement noir remarquée. Le bateau porte un nombre important de de voitures mises à la casse, qui seront recyclées à Haïti.

Nous commençons par un Champagne Veuve Clicquot carte jaune sans année très agréable. Par une incompréhension à la commande j’aurai deux entrées. D’abord un gras de porc délicieux mais que j’aurai du mal à digérer, puis des moules excellentes d’une cuisson parfaite, servies avec des tomates écrasées très douces. Le champagne arrive à résister à la tomate ce qui n’est pas évident.

Pour l’excellent loup de mer, je commande un Champagne Dom Pérignon 2006. J’ai un faible pour ce millésime qui n’a pas eu au départ l’accueil qu’il aurait mérité. Il est beaucoup plus vif que le 2004 bu tout récemment. Il est plein d’énergie mais il est ciselé, complexe, entraînant. Je l’adore.

Dans ce lieu très couru, les prix ont tendance à tutoyer des sommets. Un bon  »tuyau » si vous êtes porté à la folie avec des amis, vous pouvez commander 20 bouteilles de Dom Pérignon rosé 2004 lumineux pour 22.000 dollars (avant les 28% de taxes et services). La vie est belle à Miami.

Ceci étant dit, nous adorons l’endroit directement sur l’eau où l’on mange bien.

Images d’un restaurant Vegan, le Plant

Kiki on the river