Dernier champagne avec mon fils samedi, 18 juillet 2015

Mon fils et mon petit-fils vont partir demain. Pour le dernier repas, j’ouvre une bouteille de Champagne Cristal Roederer 2004. La couleur est d’un jaune très clair. Le champagne est d’un charme fou, glissant en bouche avec une rare facilité. C’est le champagne de soif dans une forme sublimée. Il fait d’autant plus apparaître la dureté du Krug 1996 bu il y a deux jours, plus complexe mais beaucoup plus ingrat, demandant des années de garde pour se domestiquer. On se sent bien avec ce Cristal Roederer qui grandira encore avec quelques années mais offre le plaisir maximal dès à présent. Sur une petite crème aux œufs de saumon puis des crevettes roses, le champagne est vif, claquant sur la langue. Boire de grands vins avec mon fils est un de mes bonheurs. Il faudra attendre deux mois pour que nous recommencions.

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Veuve Clicquot et Mouline vendredi, 17 juillet 2015

Ma fille est repartie, mon fils est encore pour peu de temps avec nous. J’ouvre un Champagne Veuve Clicquot Ponsardin rosé 1985. La bouteille est belle, le pschitt est actif, la robe est d’un rose melon saumon, le champagne est très agréable, car il combine bien la jeunesse et la maturité. Il est très équilibré, avec une belle vivacité. On sent que le champagne est gastronomique et a besoin de plats ou de matières pour s’exprimer. Comme j’aime les accords couleurs sur couleurs, c’est avec des crevettes roses et avec du tarama que nous le goûtons et cela lui va très bien. Il me semble impératif de le boire en compagnie de saveurs précises et denses. Il a une forte présence. Il lui manque peut-être une petite étincelle de génie.

J’ouvre ensuite une Côte Rôtie La Mouline Guigal 1996. La robe est noire, le nez est plutôt provençal mais nous sommes dans le sud par une chaude soirée. C’est en bouche que tout se passe et ce vin est l’expression du bonheur. Il joue juste. Il est gouleyant fluide, charmeur sans en faire trop, facile à vivre et confortable. C’est un vin dont on ferait son ordinaire sans jamais se lasser tant tout en lui est parfait. Avec mon fils nous sommes obligés de penser à Vega Sicilia que nous adorons aussi. La Mouline a un peu moins d’alcool et donne autant de plaisir, mais c’est sur le finale que la différence se fait. Le Vega Sicilia Unico a une finale en coup de fouet, qui claque sur la langue avec une fraîcheur rare alors que cette Mouline est plus discrète sur le finale. Mais nous sommes au sommet du plaisir œnologique. 1996 est une année particulièrement réussie pour la Mouline et nous nous régalons.

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Un vigneron espagnol cherche du crowdfunding jeudi, 16 juillet 2015

Voici le message que j’ai reçu de ce vigneron qui cherche du financement de particuliers et des blogueurs qui relaient l’information :

 

 

De : Ruben Gago <jrubengago@hotmail.com> +34633152239 Site :

[text your-site]

Sujet : Opening a new small winery with soul in Spain

 

Corps du message :

Bonjour,

 

My name’s Ruben Gago, from Spain, and I am contacting after learning of your site because I am opening a small winery in Spain and you might be able to help:

 

Let me explain: Our winery is located in Riofrio de Aliste (A small village in the North-West of Spain, close to the border with Portugal, in the province of Zamora). There we have a family vineyard of 1.5 ha of mencía vines planted back in the 40’s by my grandparents. That’s the one and only grapes we will use to produce our wines.

 

Recently I found the crowdfunding website www.fundovino.com and thought it would be really interesting for me to launch a campaign there (It would allow me to get some funds for the opening of the winery and also I would get a big public exposure right from the beginning).

 

So right now I’m in the middle of preparing this crowdfunding campaign. To make it the most successful possible, I am trying to contact wine bloggers who are interested in sharing small projects with soul like mine.

 

I am also interested in finding distributors who can do a tasting of my wines once the campaign is live (September this year).

 

So, if you are interested in sharing a note of the project in your blog or somewhere, it would be great! (I’m not quite sure if your any comment would fit in your site…) Either way, if know anybody who could be interested, that would be great if you can let me know. Any help will be very welcomed!

 

Thank you so much for reading.

 

 

Ruben

 

Bonne chance à ce vigneron

 

Un livre de Gérard Basset jeudi, 16 juillet 2015

Gérard Basset, Master de sommellerie, titulaire d’un Wine MBA, Meilleur Sommelier du monde et Master of Wine publie un livre :

« 3 minutes pour comprendre 50 notions essentielles sur le vin »

Qui paraîtra en août 2015 aux éditions « Le Courrier du livre »

CP 3 minutes pour comprendre 50 notions essentielles sur le vin – Le Courrier du livre

Deux champagnes très différents jeudi, 16 juillet 2015

Ma fille cadette va partir demain. Il faut donc ouvrir de belles choses. Je choisis un champagne Pol Roger mais je ne vois pas de millésime, car la petite collerette est recouverte d’un papier noir que je n’ose gratter. L’aspect général de la bouteille me fait penser à un champagne très ancien, probablement d’un demi-siècle. Sous la cape il y a beaucoup de petites poussières noires, il faut nettoyer le goulot avant d’ouvrir le bouchon. En enlevant la cape, la magnifique capsule montre clairement 1969. C’est donc un Champagne Pol Roger Chardonnay 1969. Une petite étiquette indique « Cuvée de blancs de chardonnay spécialement sélectionnée par messieurs Pol Roger ». Le bouchon très chevillé et noir s’extirpe assez facilement, sans aucun pschitt. La bulle est quasi inexistante et la couleur ambrée et grise n’est pas très avenante. Mais en bouche, c’est un beau champagne aux fruits brillants, jaunes et ocres, avec une belle prestance et une belle rondeur. Le champagne est plus évolué que ce que devrait être un 1969, et cela tient au bouchon, mais il est extrêmement agréable à boire. Sur un grignotage de copeaux de maquereau, de rillettes de lapin et d’une pizza aux tomates et oignons au parmesan, ce champagne tient bien son rang. Même si une certaine fatigue se perçoit, ce champagne montre l’excellence des champagnes anciens.

Le second champagne que j’ouvre est un Champagne Krug 1996. Le bouchon vient avec un beau pschitt, la bulle est active et presque trop active. Elle envahit le palais avec un peu trop d’insistance. On sent toute la complexité sous-jacente de ce champagne noble, mais je trouve qu’en voulant être trop convainquant, ce champagne perd un peu de charme et de plaisir de boire. C’est le bon élève un peu insistant et il serait bon de garder en cave de 1996 qui connaîtra de meilleurs jours dans cinq à dix ans. Nous avons longuement bavardé avec enfants et petits-enfants car demain notre sud va se dépeupler partiellement. Par une soirée un peu plus fraîche de cette omniprésente canicule, la chaleur familiale nous a gâtés.

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Beau William Deutz 1990 mercredi, 15 juillet 2015

Le lendemain, j’ouvre un Champagne Deutz Cuvée William Deutz 1990. La robe est joliment dorée, la bulle est très fine et active. En bouche ce champagne est tout miel. Ce qui frappe c’est l’accomplissement que lui donne son quart de siècle. Il est serein, équilibré bien construit. C’est un très grand champagne, noble, racé, subtil. Lorsqu’il s’échauffe dans le verre, au-delà du miel on sent un peu de fruits rouges en pâte de fruit. Un nouveau Pibarnon 2001, très semblable à celui de la veille, confirme les prédispositions généreuses de ce beau Bandol.

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Deux beaux vins rouges qui cohabitent bien mardi, 14 juillet 2015

Avec mes enfants, la tentation d’ouvrir des vins est grande. Ce sera d’abord un Château de Pibarnon Bandol rouge 2001. Il sent la garrigue, les forêts d’été. En bouche, c’est un vin très agréable charmeur et équilibré, de belle râpe, évoquant garrigue, romarin, fenouil et olive noire. Puissant mais mesuré, c’est un vin de soleil accompli.

Vient ensuite un Vega Sicilia Unico 2000. Le nez est classiquement de cassis et de fruits noirs, avec une pointe de poivre. En bouche, l’attaque est elle aussi classique avec un joli cassis. Mais c’est alors qu’une fusée intersidérale nous emmène dans l’infini. Car le finale de ce vin est une explosion atomique. Il y a des petits grains de cassis pilés qui sont les étoiles brillantes d’un feu d’artifice, sur un fond merveilleusement mentholé. L’attaque est sage, le finale est une explosion, avec force et fraîcheur. C’est diabolique et tétanisant. Nous nous regardons tous tant ce finale paraît invraisemblable. S’il fallait un déclic – dont je n’ai pas besoin – pour que j’adore le Vega Sicilia Unico, ce serait avec le tourbillon vertigineux de ce 2000 qui est encore très jeune, mais qui est affolant par cette fraîcheur mentholée.

Plus étonnant encore est le fait que le vin espagnol ne porte pas ombrage au Pibarnon, qui cohabite très bien sans être éclipsé. Le prétexte de ces vins était une hampe de bœuf très goûteuse et évoquant l’onglet, et c’est le Pibarnon qui lui convient le mieux, le Vega se dégustant pour lui-même.

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Déjeuner en famille à l’hôtel du Castellet dimanche, 12 juillet 2015

Déjeuner en famille à l’hôtel du Castellet, à la brasserie San Felice. Nous sommes huit dont trois enfants. L’apéritif se prend avec un Champagne Krug Grande Cuvée magnum. Lorsqu’il est ouvert juste devant nous, la première gorgée signe un champagne très vert, très jeune. L’évolution qui va suivre est très spectaculaire car le champagne prend de l’ampleur, de la densité et devient riche, gorgé de fruits dorés. Il en impose. Il donne beaucoup de plaisir même si l’on sait que quelques années de cave de plus l’auraient encore bonifié. Nous nous sommes régalés.

Pour une araignée de porc que nous avons choisie, j’ai commandé un Musigny domaine Jacques-Frédéric Mugnier 2010 qui est la bouteille qui me tente le plus de la belle carte du restaurant gastronomique de l’hôtel du Castellet. La robe du vin est très clairette, presque violette. Le nez du vin est superbe de grâce, évoquant tous les fruits rouges et noirs que l’on pourrait imaginer. En bouche, le vin est prodigieux. Il est tout velours. Ce qui est impressionnant c’est sa grâce. Il est tout en élégance, en suggestion et chaque goutte de ce nectar est un régal de distinction. Il est tellement bon que je préfère le boire seul, sans le plat, pour profiter de toutes ses subtilités. C’est un vin velouté, toute en finesse, tout simplement merveilleux, avec une mâche très riche et joyeuse.

La cuisine de la brasserie est convenable, le service très attentif. Le soleil de plomb est adouci par une légère brise. Nous avons fait une petite sieste sous les gazebos plantés au milieu du golf. Le cadre de l’hôtel est enchanteur. La vedette du jour aura été le Musigny.

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Champagnes pour des repas d’été vendredi, 10 juillet 2015

Nos enfants nous rejoignent dans le sud. C’est d’abord ma fille cadette qui vient par le train. La SNCF était réputée pour son exactitude et semble renier son passé, aussi faute de correspondance, le voyage de ma fille s’est terminé en taxi. A peine arrivée, elle me dit : « bon, on ne va pas se laisser abattre ». L’appel du pied est discret. J’y réponds par un Champagne Dom Pérignon 1998. Ce champagne ne cesse de progresser. Il a atteint une sérénité et une rondeur qui font plaisir à boire. Il y a un joli fruit, une belle mâche. C’est un champagne de satisfaction tant il réjouit le palais. Ma fille m’ayant offert un Pata Negra bien gras, c’est un régal sur le Dom Pérignon.

Le lendemain son frère arrive aussi par le train et aussi en retard. Le dîner s’organise autour de petits sandwiches variés de la maison Matyasy d’Hyères ainsi qu’autour de mini desserts variés de la même maison. Le champagne s’impose. Le Champagne Philipponnat Clos des Goisses 2002 fait un fort contraste avec le champagne de la veille. C’est le janséniste face au rabelaisien. Ce Clos des Goisses est strict, droit, précis, sans aucune recherche de séduction. Quand il s’anime sur la nourriture il montre combien il sait être complexe, mais ne veut pas charmer. Je l’aime bien pour la pureté de son goût, fluide et convaincant.

Le Champagne Salon 1996 met un sourire sur nos lèvres, car celui-ci a tout pour lui. Il a la grandeur, la complexité mais aussi le charme. C’est un grand champagne dont je pense qu’il va encore s’améliorer avec quelques années de plus. Sa longueur est infinie. C’est particulièrement intéressant d’avoir pu goûter ces trois champagnes presque à la suite, si différents mais tous dotés de fortes personnalités. Le Dom Pérignon est charme et sérénité, Le Clos des Goisses est précision et rigueur et le Salon est grandeur et majesté. Il faut de chacun pour faire un monde.

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Dîner d’été avec un jeune Vega Sicilia Unico mardi, 7 juillet 2015

C’est le premier dîner d’été où nous invitons. Des voisins et amis nous rejoignent. L’apéritif permet d’ouvrir un Champagne Initial de Jacques Selosse dégorgé en septembre 2011. La première impression est que ce délai de quatre ans après dégorgement est un idéal. Car le champagne est d’une sérénité remarquable. Sa couleur est d’un jaune un peu foncé, de blés de fin d’été, la bulle est bien active et en bouche le champagne est rond, plein, joyeux, facile à vivre, avec un peu de fruits jaunes et des suggestions de miel. Avec ce champagne on ne se pose pas de question, on le boit en se disant que c’est sacrément bon. Des toasts avec des miettes de maquereaux et des toasts avec du foie gras coiffé de kumquats confits cohabitent très bien avec le champagne qui les accueille à bras ouverts tant il est à l’aise. A table, un œuf juste poché sur un fond de purée de petits pois oblige le champagne à devenir plus sophistiqué et il le réussit.

Le gigot d’agneau basse température et son écrasé de pommes de terre (je me mets à utiliser le vocabulaire de la restauration) accompagne un Vega Sicilia Unico 2007. Je venais juste de recevoir ma dotation de cette année qui se commercialise et j’avais envie de l’essayer. Le nez, de cassis, de poivre, d’un soupçon de framboise et d’une suggestion mentholée est à se damner. En bouche, le bambin est encore tout fou. Il y a de la truffe, de l’amertume, du clou de girofle et du cassis sec pilé, mais ce qui domine est cette expression de jeunesse folle. C’est un grand vin, mais il faut le laisser se calmer, car ses 14,5° sont des mustangs sauvages. Il est grand mais pas assez domestiqué, un peu dur pour qu’on l’adore vraiment. A laisser vieillir.

Le repas s’est terminé sur d’excellentes glaces de madame Ré, et sur des discussions où l’on reconstruit le monde, comme s’il nous attendait.

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