La preuve du lendemain samedi, 15 août 2015

Un autre juge de paix, c’est ce que nous avons bu le lendemain midi. Le Salon 1997 a pris de la largeur et sa couleur semble plus dorée que la veille. Des deux Grange des Pères, le 2001 confirme le défaut de structure qui nous avait gênés alors que le 2005 devient beaucoup plus brillant, cohérent, se montrant grand vin. Faudrait-il ouvrir de tels vins la veille ? Apparemment oui. L’Harlan Estate 2001 a lui aussi pris de l’ampleur, apparaissant plus « sucré » qu’hier, avec une richesse rare. Il est un cran au-dessus de sa prestation d’hier. Et celui qui plane au-dessus des autres, c’est La Landonne Guigal 2005, qui, malgré sa jeunesse, a une race superbe et un fruité joyeux.

Une sieste est bien nécessaire et à 17 heures j’ouvre les vins du dîner qui se tient à mon domicile du sud. Grange des Pères sera confronté comme hier à deux autres vins pour deux millésimes ouverts. Aujourd’hui, c’est 1999 et 1996. Les nez des deux Grange des Pères sont plus affirmés que ceux d’hier. Le parfum le plus invraisemblable est celui du Vega Sicilia Unico 1999, si riche et si envoûtant, nettement plus expressif que celui du Vega Sicilia Unico 1996 dont le fruit est moins explosif.

Dîner du 14 août chez des amis samedi, 15 août 2015

Le dîner du 14 août est prévu chez des amis qui participent à nos agapes du sud. Je vais ouvrir les vins à 17 heures chez eux et j’apporte des verres en supplément, car ce soir il va en falloir. Parmi les parfums d’ouverture, le plus brillant est celui d’Harlan Estate et les plus discrets ceux des deux Grange des Pères.

Des amis qui venaient en voiture d’un séjour en Gironde ont quelque retard aussi est-ce après 20h30 que nous nous présentons chez les amis. Le Champagne Egly-Ouriet Blanc de Noirs a un nez très charmant qui évoque le lilas blancs et en bouche il suggère des fruits pâles comme la groseille blanche. Ce champagne est subtil et frais. Il se plait avec du Pata Negra et diverses cochonnailles de porc espagnol.

Le Champagne Philipponnat Clos des Goisses 1995 ne fait quasiment pas de pschitt mais sa bulle est bien présente lorsqu’on le verse dans le verre. Sa couleur est déjà ambrée. Au nez comme en bouche il se présente comme un champagne beaucoup plus ancien que 1995. Il est expressif et vineux, avec un goût de thé. Il est très vivement excité par des tartines de foie gras poêlé au poivre du Cameroun, mais on sent qu’il manque de finale et de cohésion. Agréable bien sûr, il n’est pas au niveau des grands Clos des Goisses.

Sur des tagliatelles aux coquilles Saint-Jacques, le Montrachet Ramonet 2000 est brillant. Son nez est une douceur extrême annonçant des subtilités rares. Le vin est très minéral, citronné, avec poivre et épices. La truffe abondamment distribuée sur les pâtes propulse ce grand Montrachet, précis, pur, racé. La truffe illumine le vin. On le voit comme une évidence, vin d’une noblesse rare. Ce sera le gagnant du repas.

Nous allons avoir maintenant deux séries de trois vins rouges et il convient d’expliquer le fil conducteur. Le vin Grange des Pères, vin de pays de l’Hérault, jouit d’une belle réputation d’excellence. Ne l’ayant goûté qu’une fois, j’ai voulu pousser ma curiosité plus loin, aussi en ai-je acheté de plusieurs millésimes, avec l’envie d’essayer de le comprendre. Ce sera l’un des thèmes des dîners du 14 et du 15 que de comparer quelques millésimes de Granges des Pères avec des vins que j’apprécie, des mêmes millésimes.

La première série est de trois vins, servis sur un cochon de lait accompagné de pommes de terre sautées, d’une farce et de patates douces. Le Grange des Pères, vin de pays de l’Hérault 2005 a un très joli nez, très doux. Le vin est opulent, racé, vif et râpeux, mais au finale un peu court.

La Côte Rôtie La Landonne Guigal 2005 a un nez calme. En bouche, ce vin est d’une richesse extrême, profond, hyper généreux.

Le Sassicaia Bolgheri 2005 a un nez velouté, racé, avec une bouche gourmande, de la force et un final un peu rêche.

Le Grange des Pères a des fruits sur-mûris, évoquant des mûres mais aussi des fruits compotés, et sur la viande a un petit côté perlant. La Landonne est fluide et cohérente, un peu fumée, grand vin noble et grandiose, charmeur au finale tout en velours, soyeux. Le Sassicaia joue plus en dedans, très bien construit mais pas assez ouvert.

Le Grange des Pères a une attaque très belle, très flatteuse, mais c’est dans le finale que tout se désagrège, finale trop rêche et peu structuré. Au point que le contraste avec La Landonne met en lumière son manque de structure. Un convive de la table dit que chacun des vins pris seul serait un vin immense mais la confrontation exacerbe les différences.

Le Sassicaia, très italien, tout en charme, a un bel équilibre. C’est un grand vin qui manque un peu de panache. Mais une impression fugace de violette dans le finale me l’a rendu plus sympathique.

Nous sommes six à voter. La Landonne est cinq fois première et une fois seconde, le Sassicaia est cinq fois deuxième et une fois troisième et Grange des Pères est cinq fois troisième et une fois première. Comme le fait remarquer un ami, l’écart de La Landonne avec les deux autres est très important, alors que Sassicaia et Grange des Pères sont très proches.

Ce qui gêne dans Grange des Pères au-delà du petit côté perlant, c’est le côté déstructuré et le final court. Le Sassicaia est joli mais trop conventionnel et donnant moins d’émotion que La Landonne qui surclasse les deux autres, par son charme, son équilibre et son final glorieux.

C’est avec la farce que le Grange des Pères est le plus plaisant.

La série suivante de trois vins est sur le fromage, ce qui n’est peut-être pas le meilleur moyen de comparer les vins, aussi avons-nous commencé à les boire sans rien.

Le Château de Pibarnon Bandol 2001 a un nez d’olive noire et de garrigue. Le Grange des Pères 2001 a un nez de miel d’acacia, de sirop et de crème surette, montrant qu’il n’est pas structuré. Le Harlan Estate Napa Valley 2001 qui avait à l’ouverture le nez le plus brillant a un nez riche, élégant et velours, un peu moins puissant qu’il y a six heures.

En bouche, le Pibarnon 2001 est tout doux, presque sucré, vin joyeux qui donne du bonheur. Le Grange des Pères a un petit côté déstructuré, acidulé d’alcool auquel on ajoute du jus de fruit. Le Harlan a une attaque toute en douceur et un finale très riche. Il a de telles complexités qu’il évoque des tas de choses. Je le vois assez proche de Vega Sicilia Unico, avec ses traces de moka et de café.

Le Grange des Pères va bien avec le munster qui le coordonne. Le Pibarnon est le plus naturellement à l’aise, très direct. Le Harlan est tout en douceur sur un fond de grande richesse.

Quelqu’un évoque le jus de sureau pour Grange des Pères nettement surclassé par Pibarnon, beaucoup plus à l’aise sur les fromages.

Nous votons et Harlan et Pibarnon sont ex-aequo avec trois votes de premier et trois votes de second. Le Grange des Pères a six votes de troisième. Nous attendrons demain pour savoir s’il s’agissait pour Grange des Pères de problèmes de bouteilles ou si d’autres millésimes confirment le manque de structure par rapport aux jalons que nous avons posés. Un ami n’aime carrément pas le style Grange des Pères. Les autres, dont moi, sont plus nuancés, estimant que bu dans d’autres circonstances, ce vin aurait plus de chance.

Sur un cheesecake et une tarte au citron, le Champagne Agrapart 7 crus mis en bouteilles en mai 2012 est très joli, très fluide. Juste ce qu’il faut de fraîcheur pour conclure un magnifique dîner d’amitié dont les deux vedettes ont été le Montrachet Ramonet 2000 et La Landonne Guigal 2005, malgré sa folle jeunesse.

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Début des festivités du 15 août vendredi, 14 août 2015

Les premiers amis arrivent le 14 aout par avion. J’attache une grande importance au coup d’envoi des festivités et pour marquer le coup, j’ouvre un Champagne Salon magnum 1997. Salon, c’est sacré, et magnum, cela veut dire opulence. Et le champagne doit m’avoir entendu, car il profite manifestement de l’effet magnum. Le 1997 n’est pas un Salon dont la personnalité est encore très affirmée, mais en magnum, tout lui sourit. Il est vineux, il est fluide, ce qui semblerait contraire mais lui va bien. Les amis ont apporté du Pata Negra, que nous pouvons comparer avec celui que j’avais acheté. Ce sont deux jambons très différents, l’un plus profond et plus long que l’autre, l’un plus noisette que l’autre. Qu’importe, ils sont agréables tous les deux et vibrent sur le Salon qui est d’une solidité à toute épreuve, gourmand et intense.

Selon les indications de Cédric nous avons mis les tranches de Galice au four à 50° pour réchauffer doucement le cœur, puis sur la plancha avec de la fleur de sel. La viande est divine, boucanée comme les bottes de vieux pirates des Caraïbes. Voilà une viande qui cause, comme diraient les Tontons Flingueurs. Le Clos de la Roche domaine Armand Rousseau 2002 a une belle couleur fraise foncée. Le nez est vif. Le vin a un fruit d’une force entraînante. Tout en lui est fruit, avec une sérénité, une justesse de ton qui ravit. Il parle avec un ton juste et mesuré. Il a suffisamment de force pour tenir le choc de la viande virile, conquérante, guerrière.

Il fallait bien sûr un camembert Jort pour marquer le début des festivités. Celui-ci est à étiquette et non à couvercle marqué au fer. Il est bien avancé et il arrache ! Comme par miracle, le bourgogne résiste sans perdre une once de sa subtilité.

La tarte aux abricots de ma femme appelle un Vin de Glace l’Orpailleur Dunham Québec 2007 qui titre 10,5°. Le vin évoque le litchi bien sûr mais aussi beaucoup d’autres fruits comme le ferait un bonbon acidulé. L’accord n’est pas orthodoxe mais qu’importe. Une larme de limoncello est l’annonciatrice d’une sieste nécessaire, car ce soir, les festivités commencent !

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Préparatifs du 15 août jeudi, 13 août 2015

Le 15 août est devenu une institution. C’est l’occasion d’inviter des amis pour faire des repas de grands vins. Pendant plusieurs années un ami brillant cuisinier amateur faisait équipe avec mon épouse pour composer de pures merveilles. Il s’est effacé ce que nous regrettons. Deux jours avant les festivités, je vais rendre visite à Cédric, notre traiteur fétiche, à qui nous faisons des infidélités depuis que nous sommes devenus « bio-addict ». Je reluque une viande de Blonde de Galice qui me semble superbe. Elle a neuf semaines de maturation et me semble parfaite. Je la retiens pour le 14 août. Pour me remettre au diapason de l’événement, j’achète un camembert Jort au couvercle gravé au fer et dans la boutique qui jouxte celle de Cédric, j’achète un rosé que j’adore.

Ni une ni deux, avec ma fille cadette nous décachetons le Jort et nous ouvrons le Côtes de Provence Clos Cibonne, Tibouren 2013. Sa couleur est rose foncé, presque saumon. Son nez est celui d’un vin blanc et son goût évoque plus celui d’un vin blanc racé de vieilles vignes que celui d’un rosé. Riche, profond, intense, c’est un magnifique vin que je classerais plus dans les blancs que dans les rosés. L’accord avec le Jort est plausible. Il annonce les agapes du 15 août. Tout va bien.

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avant (plutôt pendant) et après !!!

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dîner au restaurant du Smash Club de Cavalière dimanche, 9 août 2015

Le fils d’un ami a un haut classement dans la future élite du tennis. Il suggère à plusieurs amis de le rejoindre pour dîner au restaurant du Smash Club, accolé au club de tennis de Cavalière. On dîne dehors, ou dedans on ne sait tant l’espace est vaste, les tables rondes sont belles et suffisamment grandes pour accepter les onze de notre groupe. L’ambiance est à la fête. Christophe Pétra le chef compose un menu gastronomique qui s’impose à toute la table. On a du mal à imaginer que le restaurant jouxte un espace sportif, tant les portions sont gargantuesques et riches. Nous aurons un toast à la truffe d’été, un capuccino de truffe aux pétoncles, un risotto de daurade, une tourte de pigeonneau au foie gras, un chèvre et un dessert au chocolat.

Les plats sont goûteux et gourmands, faisant plaisir à dévorer tant ils sont précis et faciles à lire. C’est une cuisine rassurante et de saveurs plaisantes. On se régale.

Le Champagne Amour de Deutz 2005 se place d’emblée dans la famille des grands champagnes, et c’est grâce à sa longueur. Car après une attaque joyeuse, il se prolonge par ses complexités. Il est extrêmement plaisant et le qualificatif de féminin va être conforté par le champagne suivant.

Le Champagne Comtes de Champagne Taittinger 2005 est un seigneur campé sur de larges bottes de cuir. Tout en lui est testostérone. Il est puissant, large, beaucoup plus ample et viril que le précédent. Et en fait les deux champagnes se justifient pleinement, l’Amour féminin et le Comte guerrier. Deux grands champagnes.

Si la nourriture est digne d’éloge, ainsi que le service, la carte des vins est très incomplète. Lorsque j’ai voulu faire doubler les bouteilles de champagne, ce n’était pas possible. Et pour les vins de Provence, les rares vins de qualité étaient épuisés.

Le charmant maître d’hôtel nous a proposé un vin local qui, hélas, ne fait pas partie des vins que je recherche. Le Château d’Esclans Côte de Provence Cuvée Déesse 2011 titre 14°. Il sent le cassis et le poivre et en bouche il est extrêmement court, ne dégageant aucun émotion, vin moderne sans âme.

Par contraste, le Châteauneuf-du-Pape La Bernardine Chapoutier 2013 est tout velours. Son nez est très discret mais en bouche, c’est le velours qui domine, celui d’un vin subtil et agréable qui convient parfaitement au pigeon.

Le Champagne Pommery Cuvée Louise 1999 est lui aussi un grand champagne, se situant un peu entre les deux du début de repas, avec une grande personnalité, une richesse d’évocations, et un agréable romantisme frôlant la sensualité.

Un Rhum Saint-James relativement peu expressif et un Marc de Provence de 40° très plaisant ont conclu ce repas.

Dans un cadre agréable et avec la cuisine précise du chef, nous avons passé une excellente soirée.

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Dîner du 14 décembre à l’hôtel du Marc à Reims (siège de Veuve Clicquot) vendredi, 31 juillet 2015

Ce dîner est organisé pour faire honneur à une bouteille de Champagne Veuve Clicquot Ponsardin datée vers 1840 provenant du bateau trouvé en 2010 dans la mer Baltique, que j’ai eu l’opportunité d’acheter en 2013 aux enchères organisées dans l’île d’Åland.

Ce dîner est réservé à des amateurs de champagnes anciens pour former une table de douze personnes au maximum.

Les vins plus le 1840 proviennent de ma cave et les champagnes de la cave de la maison Veuve Clicquot.

 

Champagne Veuve Clicquot Ponsardin La Grande Dame 1990 jéroboam

Champagne Veuve Clicquot Ponsardin 1955 magnum

Montrachet Domaine des Comtes Lafon 2001

Château Margaux 1er Grand Cru Classé 1947

Château Latour 1er Grand Cru Classé 1947

Clos de la Roche Domaine Armand Rousseau 1990

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1990

Château Chalon Maison Jean Bourdy 1921

Champagne Veuve Clicquot Ponsardin vers 1840 du bateau trouvé en 2010 dans la mer Baltique

Château d’Yquem 1911

Champagne Veuve Clicquot Ponsardin Cave Privée rosé 1975

 

Pour plus d’informations, me contacter par un message sur ce blog.

Spectaculaire effet de l’âge sur les champagnes vendredi, 31 juillet 2015

Après une semaine de sagesse et de remise en forme, nous recevons une jeune amie de notre fille qui est de passage entre deux destinations. J’ouvre un Champagne Ruinart brut dont je pense qu’il est ancien, mais sans en savoir plus. La bulle est bien active, la couleur est d’un jaune prononcé. Ce qui frappe immédiatement, c’est que le champagne est d’un confort total. Il a capté toutes les caractéristiques positives d’un champagne ancien. Il est doux, cohérent, structuré et je ressens de la pâte de fruit de fruits roses et rouges. A cela s’ajoute le romantisme d’un champagne floral. Ce champagne est tellement bon qu’il transcende la notion de brut sans année. J’imaginerais volontiers qu’il a plus de quinze ans, mais quand j’ouvre à la suite le Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996 le doute n’est pas permis : le Ruinart a plus de 25 ans, ce qui explique le charme de sa rondeur.

L’Henriot a du mal à se placer après le Ruinart et l’on regrette que les deux soient apparus dans cet ordre. Lorsque le palais s’est acclimaté, on perçoit que l’Henriot a une force vineuse beaucoup plus nette et une structure plus ample. Mais il faut bien constater que le Ruinart, avec le supplément d’âme qu’apporte sa longévité, a créé une émotion subtile beaucoup plus forte que l’Enchanteleur que pourtant je chéris. C’est une fois de plus la démonstration de l’incroyable apport de l’âge sur les performances des champagnes.

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Dernier champagne avec mon fils samedi, 18 juillet 2015

Mon fils et mon petit-fils vont partir demain. Pour le dernier repas, j’ouvre une bouteille de Champagne Cristal Roederer 2004. La couleur est d’un jaune très clair. Le champagne est d’un charme fou, glissant en bouche avec une rare facilité. C’est le champagne de soif dans une forme sublimée. Il fait d’autant plus apparaître la dureté du Krug 1996 bu il y a deux jours, plus complexe mais beaucoup plus ingrat, demandant des années de garde pour se domestiquer. On se sent bien avec ce Cristal Roederer qui grandira encore avec quelques années mais offre le plaisir maximal dès à présent. Sur une petite crème aux œufs de saumon puis des crevettes roses, le champagne est vif, claquant sur la langue. Boire de grands vins avec mon fils est un de mes bonheurs. Il faudra attendre deux mois pour que nous recommencions.

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Veuve Clicquot et Mouline vendredi, 17 juillet 2015

Ma fille est repartie, mon fils est encore pour peu de temps avec nous. J’ouvre un Champagne Veuve Clicquot Ponsardin rosé 1985. La bouteille est belle, le pschitt est actif, la robe est d’un rose melon saumon, le champagne est très agréable, car il combine bien la jeunesse et la maturité. Il est très équilibré, avec une belle vivacité. On sent que le champagne est gastronomique et a besoin de plats ou de matières pour s’exprimer. Comme j’aime les accords couleurs sur couleurs, c’est avec des crevettes roses et avec du tarama que nous le goûtons et cela lui va très bien. Il me semble impératif de le boire en compagnie de saveurs précises et denses. Il a une forte présence. Il lui manque peut-être une petite étincelle de génie.

J’ouvre ensuite une Côte Rôtie La Mouline Guigal 1996. La robe est noire, le nez est plutôt provençal mais nous sommes dans le sud par une chaude soirée. C’est en bouche que tout se passe et ce vin est l’expression du bonheur. Il joue juste. Il est gouleyant fluide, charmeur sans en faire trop, facile à vivre et confortable. C’est un vin dont on ferait son ordinaire sans jamais se lasser tant tout en lui est parfait. Avec mon fils nous sommes obligés de penser à Vega Sicilia que nous adorons aussi. La Mouline a un peu moins d’alcool et donne autant de plaisir, mais c’est sur le finale que la différence se fait. Le Vega Sicilia Unico a une finale en coup de fouet, qui claque sur la langue avec une fraîcheur rare alors que cette Mouline est plus discrète sur le finale. Mais nous sommes au sommet du plaisir œnologique. 1996 est une année particulièrement réussie pour la Mouline et nous nous régalons.

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