Nouveau déjeuner au restaurant de l’hôtel BOR mardi, 7 août 2018

Une nouvelle fois nous nous rendons au restaurant de l’hôtel BOR à Hyères pour y déjeuner. Le lieu est sympathique, directement sur la mer, le service est agréable et la cuisine simple est très convenable. L’offre de champagne est très succincte aussi le seul champagne que je commande est le Champagne Cristal Roederer 2009. La bulle est vive et le champagne ne se montre pas trop jeune. Il a une belle acidité et une ampleur en bouche qui le rend confortable. Il est très gastronomique et se boit avec plaisir. L’âge développera sa personnalité.

Jean-Luc le directeur de la restauration m’a autorisé à apporter mes vins. Sur des camerones et un risotto j’ouvre un Vega Sicilia Unico 2004. Le nez est d’une force incroyable de vin puissant avec des notes épicées et de cassis. En bouche il est d’une jeunesse folle et d’une puissance conquérante et ce que j’adore c’est son finale de fraîcheur mentholée. C’est un bonheur que de boire ce vin vif comme un cheval sauvage. L’avantage du restaurant est qu’il est à cinq minutes de notre maison. Alors, nous y revenons sans hésiter.

Les trois enfants sont là samedi, 4 août 2018

Par un heureux hasard, mes trois enfants sont présents à nouveau dans notre maison du sud. Un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs magnum 1990 a un bouchon qui est idéalement calibré pour qu’il atteigne lors du débouchage le centre de la piscine à une dizaine de mètres de là où je suis assis. Les bouchons des Salon sont tellement serrés qu’ils ne s’éjectent jamais par la pression du gaz. La bulle est belle, la couleur est claire et ce qui me fascine c’est que ce champagne n’a pas le moindre signe d’âge. Il est vif, joyeux, joliment fruité et s’il n’a pas la complexité de certains champagnes, il s’impose par sa joie de vivre. Il accompagne bien les divers éléments du grignotage d’apéritif, anchoïade, tapenade, saucisson corse et gouda au pesto.

Sur des travers de porc, le Grange des Pères vin de pays de l’Hérault 2012 est un vin agréable, assez moderne, plutôt court mais plaisant à boire. Il est bien fait mais il lui manque un peu d’émotion.

La preuve en est donnée à l’ouverture d’une Côte Rôtie La Mouline Guigal 2000. Le nez est superbe et prometteur de folles garrigues. En bouche, le vin est riche mais aussi soyeux et il a une vibration qui émeut. Le fenouil, la garrigue, la menthe font partie de la richesse de ce vin très long et porteur d’émotion. Ce vin n’a pas d’âge et vieillira sereinement.

Un très beau Ducru-Beaucaillou vendredi, 3 août 2018

Un ami de mon fils et son fils nous rejoignent. La table s’agrandit. J’ouvre un magnum de Champagne Salon 2004. Le champagne a été ouvert sur l’instant, aussi faut-il qu’il se réveille. Il est très pur, synthétique, avec des notes de noix. Il est à la fois vineux, sans trop insister, et romantique, avec des fleurs blanches. Et il des notes appuyées de liqueur de noix. L’ami de mon fils lisant mes écrits attendait avec impatience son premier Salon et je sens qu’il est un peu troublé de ne pas boire quelque chose de plus typé. Car ce Salon n’affirme pas, il suggère, et du fait de sa jeunesse, il est en retenue. Mon fils, ma fille et moi, nous l’adorons en pensant à tout ce qu’il promet. Less amuse-bouche sont les mêmes qu’hier.

Sur la plancha cuisent des côtes d’agneau aux herbes de Provence qui vont accompagner le cadeau de l’ami de mon fils, un Château Ducru-Beaucaillou Saint-Julien 1986 que j’ai ouvert il y a plus de quatre heures. La robe est bel, le nez est riche et distingué et en bouche, ce qui frappe, c’est l’idéale maturité de ce vin. Le grain est riche et beau, la mâche est noble. Si 1961 est l’année de réussite totale de Ducru-Beaucaillou, on n’en est pas loin avec ce 1986 épanoui et glorieux. Je me régale.

Le lendemain je finis les dernières gouttes du Salon 2004 avec mon fils. Il a vraiment profité d’un jour de plus, a gagné en personnalité et en vivacité, même si la bulle est moins active. Nous venons de boire en quelques jours, mon fils et moi trois magnums de Salon, le 1999, le 1997 et le 2004. Je lui demande son classement qui est : 1999, 2004 et 1997. Mon classement est 1999, 1997 et 2004. Dans l’absolu nous n’aurions pas donné un tel ordre et c’est tant mieux. Il faut que ces grands champagnes nous surprennent.

la contenance de la bouteille de Salon n’est indiquée qu’au dos de la bouteille.

 

cela fait trois beaux magnums de Salon que nous avons bus avec mes enfants : 1997, 1999 et 2004

Dîner de champagnes au retour de mon fils jeudi, 2 août 2018

Nous sommes toujours dans le sud et mon fils est revenu d’un voyage en Croatie avec femme et enfants et ma fille cadette est revenue d’un voyage sur la côte basque. L’apéritif de bienvenue se fait avec un magnum de Champagne Salon 1997. Le 1997 est en ce moment dans une phase de sérénité absolue. Tout en lui est facile, cohérent, assemblé. On pourrait dire qu’il n’est pas assez canaille mais en fait, son équilibre emporte les suffrages. Nous grignotons des tranches d’un saucisson italien très doux, trois fromages inédits, comme un gouda au pesto, un gouda à la truffe, et un fromage italien à la truffe. Il y a aussi des chips bio « organic » pour rassurer et toutes ces saveurs mettent en valeur le champagne.

A table il y a des tartes à l’oignon et de la roquette en salade et c’est un Champagne Dom Pérignon 1993 qui fait suite. Ce qui me plait, c’est que ce champagne considéré longtemps comme d’une petite année a pris son envol. Il est généreux, lourd, doté d’un fruit convainquant, et il occupe l’espace beaucoup plus que le Salon 1997. Mais ils œuvrent dans des directions différentes, le Salon est la force tranquille alors que le Dom Pérignon exprime la volonté de séduire. Ce sont deux beaux champagnes, de belle maturité.

le gouda au pesto, comme le gouda à la truffe, accompagnent les champagnes de façon élégante

Dîner avec deux champagnes très différents dimanche, 29 juillet 2018

Un ami de ma fille cadette voulait prendre un train à Bordeaux le jour où la gare Montparnasse est hors service. Tout s’est ligué pour empêcher les voyageurs de quitter leur point de départ. La SNCF n’a pas besoin de grévistes pour se mettre à l’arrêt car la vétusté de ses équipements lui permet d’être plus forte qu’eux. Après plusieurs solutions proposées qui toutes ont avorté, Laurent, excédé de l’ambiance qui règne en gare décide de prendre un train vers Marseille. C’est l’occasion de faire un détour par notre maison puisque ma fille vient de nous rejoindre avec ses enfants.

Après une journée passée le plus souvent dans la piscine tant il fait chaud, c’est l’heure de l’apéritif. J’ouvre Un Champagne Laurent-Perrier Cuvée Grand Siècle magnum sans année que j’ai en cave depuis plus de huit ans sans doute. Le parfum du vin est très intense, la bulle est active et fine, et le champagne affiche d’emblée sa noblesse. Il est très vineux, mais il est aussi très romantique avec des suggestions de fleurs blanches. Je l’adore. Il est profond, de belle longueur et son long passage en cave ainsi que le format magnum lui donnent une personnalité très affirmée.

Nous l’essayons sur des fleurs comestibles aux parfums très forts qui l’excitent opportunément. De petites sardines, du jambon Pata Negra, et du Gouda à la truffe lui permettent de faire jouer son charme. Fort curieusement, aux deux tiers de la bouteille, des notes de noix et noisettes se substituent aux fleurs blanches et un instant le charme s’éteint. Mais ce fut passager, le champagne reprenant sa grâce romantique. Ma fille l’a senti comme moi. Que s’est-il passé fugacement, je ne sais pas.

Laurent étant de 1973, c’est l’occasion d’ouvrir un Champagne Charles Heidsieck La Royale 1973 à la très jolie bouteille aux courbes lascives. Le bouchon se brise à l’ouverture. La bulle est rare mais extrêmement fine. Ce qui me frappe c’est l’énergie de ce champagne. Il a une force indestructible et des complexités infinies. Il est plus viril que le Grand Siècle.

Du fait de la chaleur nous avons surtout mangé des salades et la tarte aux mirabelles faite par les petits-enfants a accompagné la fin de ce très bon 1973.

des fleurs et feuilles comestibles du potager de ma femme

une tarte aux mirabelles, carrée pour une fois

Dîner avec des vins locaux dimanche, 29 juillet 2018

Un horticulteur spécialisé dans les arbres à fruits et les plantes odoriférantes vient dîner à la maison. Il a apporté avec lui un vin rosé comme cadeau. Je lui propose de boire du champagne, mais il préfère un vin rosé aussi est-ce son vin que nous allons goûter. Le Château du Galoupet Côtes de Provence rosé 2016 est d’une couleur claire. Le nez montre qu’il est très jeune. En bouche il affiche évidemment sa jeunesse. Il est très brut de forge, mais progressivement je vais apprécier son aptitude à délivrer des complexités. Nous visitons notre jardin où l’horticulteur reconnait des plantes qu’il a fournies à ma femme et nous croquons des feuilles et des herbes qui donnent au rosé de jolies vibrations. Nous poursuivons avec de petites sardines et de l’houmous constellé de grains de grenade avec lesquels le rosé est toujours aussi charmant.

Pour des camerones j’ouvre un Château de Pibarnon Bandol rouge 2001 qui est extrêmement plaisant et riche, avec des suggestions de garrigue, une belle râpe et un grain puissant. Une tarte aux mirabelles conclut ce repas simple et agréable ce qui n’a pas mis un terme aux conversations passionnantes avec un amoureux de la nature qui connaît son sujet.

Dîner avec famille et amis dimanche, 15 juillet 2018

Nouveau dîner avec famille et amis. L’apéritif consiste en olives vertes aillées, olives noires de Kalamata, anchoïade et tapenade avec des gressins et un gouda truffé. J’ai ouvert trois heures avant l’apéritif un Champagne Salon Magnum 1999. L’aération donne au champagne une largeur remarquable. Vif, vineux, mais aussi riche de fleurs et de fruits jaunes ce champagne est noble, puissant, large et de grand plaisir. On se régale sans se lasser avec ce beau champagne. L’effet magnum joue à plein, donnant de l’opulence à ce jeune Salon. Les plus beaux accords sont avec le gouda truffé très doux et avec l’anchoïade bien grasse et puissante. Mais le goût seul le plus enthousiasmant est celui de fines tranches de betteraves blanches cuites à la vapeur et ointes d’huile d’olive.

Pour le repas nous avons des côtelettes d’agneau épicées aux herbes de Provence, avec de merveilleuses petites pommes de terre. Le Vega Sicilia Unico 2004 a un nez intense qui annonce ses richesses. En bouche, deux mots s’imposent à moi : gloire et fraîcheur. Le vin est riche, typé, avec une belle profondeur sur des notes de cassis et de truffe. En même temps, comme on dit au sommet de l’Etat, il a une fraîcheur extrême avec des notes de fenouil et légèrement de menthe. La première bouteille de ce beau vin espagnol avait été ouverte à 17 heures et la deuxième à 20 heures, que nous buvons vers 23 heures. Pour moi, la seconde est plus agréable car plus fraîche mais mes enfants préfèrent la première. Des goûts et des couleurs…

Le dessert comporte un gâteau à la fraise apporté par un invité et un cake au citron fait par ma femme. Pour ces deux pistes gustatives très disparates, j’ouvre un Champagne Piper-Heidsieck Brut Extra 1962. Le bouchon vient facilement et entier. Le nez est discret et la bulle est bien active dans le verre. La couleur est très ambrée. Ce champagne est évidemment d’une maturité forte et se distingue par une superbe acidité qui va lui permettre de trouver un bel accord avec le cake au citron. Il faut être familier des champagnes anciens pour bien apprécier ce champagne. Mes enfants et moi l’adorons. Dans le classement final, on peut hésiter entre le champagne Salon et le Vega Sicilia Unico. J’aurai une petite préférence pour le champagne à la belle opulence. Les discussions se sont poursuivies bien tard dans la nuit.

betteraves aux couleurs pastel

légumes sur la plancha

Dîner avec trois beaux champagnes dimanche, 15 juillet 2018

La maison se remplit et par une conjonction appréciable, mes trois enfants sont présents avec cinq des six petits-enfants. Alors, évidemment, ça s’arrose. J’ouvre un Champagne Philipponnat Clos des Goisses 2000 qui a été dégorgé en juin 2010. Le champagne est un peu ambré ce qui est étonnant pour un champagne aussi jeune. Son parfum est d’une noblesse remarquable, très expressif. Ce qui frappe immédiatement, c’est que ce champagne s’impose. Il est là, conquérant, d’une personnalité forte. Nous adorons ce champagne pour sa vigueur expressive. Il me plait beaucoup.

Le repas est composé de restes du poulet de la veille et de restes de pizzas commandées pour un match de foot. J’ouvre un Champagne Charles Heidsieck La Royale Brut 1973 à la très originale bouteille. Le bouchon se brise dans le goulot et je l’enlève au tirebouchon. La bulle dans le verre est très active et le champagne n’est pas beaucoup plus ambré que le précédent, pourtant plus jeune de 27 ans. Dès le premier contact on est frappé par la richesse du fruit de ce champagne, beaucoup plus complexe et généreux que le Clos des Goisses. Nous sommes surpris par tant de générosité débordante. Le fruit est assez indéfinissable et on imaginerait la fusion entre de la confiture de melon avec des pêches fraîches. Mais il n’y a pas que des fruits. Il y a une belle opulence vineuse. Sa longueur est très grande. C’est un magnifique champagne qui montre à quel point l’âge profite aux beaux champagnes.

Les discussions vont bon train, les coudes se lèvent à rythme soutenu aussi faut-il ouvrir un troisième champagne ce sera un Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1976. Je souhaite en effet une belle variété dans ce que nous buvons. Comme pour le champagne précédent le bouchon se casse et ne sort qu’avec le tirebouchon. La couleur est assez claire, plus claire que le Charles Heidsieck. Le champagne est étonnant car il est très différent des deux précédents, de belle complexité, vineux, et beaucoup moins de fruit que le 1973. Pour lui aussi l’âge apporte de belles complexités. Je suis assez embarrassé de classer ces trois champagnes si différents. Le Charles Heidsieck s’impose par son fruit et sa générosité. Je mettrais ensuite ex-aequo le Clos des Goisses pour son impressionnante personnalité et le Cuvée René Lalou pour son originalité.

Le monde du champagne est d’une variété quasi infinie.

Déjeuner au restaurant BOR mercredi, 11 juillet 2018

Pour fêter un anniversaire, nous allons au restaurant BOR qui, comme l’indique sa phonétique est situé au bord de l’eau, face à l’île de Porquerolles et à Brégançon, dont on ne voit pas la piscine à cette distance. Nous sommes neuf dont cinq enfants. Nous sommes deux à partager une très grosse cigale de mer. Le Champagne Cristal Roederer 2009 est joyeux, plaisant, très consensuel. Il n’a peut-être pas la vibration de très grands champagnes, mais il est très adapté aux plats en toutes circonstances. On le boit avec plaisir.

Le Clos Mireille Domaine d’Ott Côtes de Provence blanc 2016 est extrêmement bien fait, avec une acidité bien dosée et un finale fait d’épices et de poivre. Mais il est très jeune, ce qui lui ôte (excusez-moi, je suis en vacances) toute largeur. Je me souviens que lors de ma visite au domaine d’Ott, accueilli par les membres de la famille Ott, nous avions fait une dégustation verticale de ce vin blanc et il apparaissait clairement qu’il fallait une douzaine d’année pour que ce vin devienne glorieux et spectaculairement brillant. A ma question « pourquoi ne pas mettre le vin plus tard sur le marché » il m’avait été répondu : si on ne propose pas le dernier millésime aux restaurateurs, on est rayé de la liste de fournisseurs. Quel dommage !

Dans l’atmosphère festive du repas nous avons apprécié le champagne et le vin blanc bien frais, mais c’est dommage de ne pas profiter du coup de baguette magique que le temps donne aux vins.

la cigale de mer

ce qui est étonnant, c’est de comparer deux bouchons de Cristal Roederer bus au même endroit

le disque de liège de bas de bouchon s’est soit élargi, soit rétréci !!!