Archives de catégorie : dîners ou repas privés

Déjeuner au restaurant du George V mardi, 24 janvier 2017

Déjeuner au restaurant du George V avec un ami journaliste qui m’invite. Lorsqu’on entre au George V, on a une bouffée de richesse, de luxe, et il faut bien reconnaître que dans la foule qui hante ces lieux, le cosmopolitisme est majeur. Tout ici est raffinement. Tout respire la recherche de l’excellence.

Mon menu sera : jardin marin, iodé, pour accompagner la pièce de foie gras au pressé de caviar / jambon, truffe noire, champignons, en timbale de spaghetti / riz noir légèrement fumé enrichi d’un crémeux de boudin noir, jus passion café / anguille de la Somme à peine fumée, pain brulé, réduction de jus de raisin.

J’ai, par expérience, une grande admiration pour le talent de Christian Le Squer. Je suis donc a priori conquis. La petite gelée fondante d’accueil qui de plus se voit propulsée par le Champagne Comtes de Champagne Taittinger 2006 ne va pas contrarier mes préjugés. Les amuse-bouche sont bons et ne cherchent pas à en imposer et c’est une bonne chose. Thierry le chef sommelier qui nous a versé ce champagne a bien fait car le champagne est pur, précis et en plus il est de belle ampleur en bouche. Il va d’ailleurs se révéler extrêmement gastronomique.

L’avocat et l’oursin se combinent de bien belle façon. Avec le jardin marin et le riz noir, je veux explorer de nouvelles tendances du chef. Le « terre et mer » est une tendance qui perdure et dont je ne suis pas un adepte convaincu. Si cela a bien fonctionné pour l’avocat, je suis plus sur la réserve pour l’entrée. Le foie gras poché est divin et tout ce qui est marin et qui l’entoure ne me convainc pas outre mesure. De plus le caviar est à peine lisible. Le foie gras seul m’eût enthousiasmé.

Le Meursault Les Narvaux domaine Ballot Millot et Fils 2014 est un vin fort agréable et on ne sent pas particulièrement de manque lié à sa jeunesse. Il a un beau fruit, une belle droiture, et même s’il n’apporte pas de vibration particulière, il fait le job comme on dit aujourd’hui.

La timbale de spaghetti est une merveille de précision. C’est un plat abouti, où tout est dosé avec une précision millimétrique. C’est une merveille. Le Château Saint-Pierre Saint-Julien domaine Martin 2007 est une mauvaise pioche. Rien dans ce vin n’est excitant. Il a une râpe intéressante mais qui ne sous-tend aucune vibration. Il est vite remplacé par un Château Le Gay Pomerol 2011 qui est mis en valeur par le précédent. Car ce vin est vibrant, vif, actif, avec la belle saveur de truffe des pomerols qui colle bien au spaghetti.

Le riz noir est intéressant mais mes amours se concentreront sur l’anguille, plat emblématique du chef, qui profite du pomerol mais aurait sans doute préféré un riche vin du Rhône.

Je ne suis pas très convaincu par l’interprétation qui est faite du roquefort mais j’applaudis à deux mains la merveilleuse omelette norvégienne interprétée de façon originale, d’une exécution digne d’éloges. Il est intéressant de constater qu’il y a des plats d’une réelle perfection où chaque composante semble pesée au trébuchet. Tout est assemblé comme s’il était impossible de concevoir le plat autrement. C’est le cas de la timbale de spaghetti, de l’anguille et de l’omelette norvégienne. Les autres plats semblent être en phase de maturation comme le jardin marin et le riz noir. Mais globalement on se trouve transporté par cette cuisine de très haut niveau. Le cadre est beau, le service est impeccable. Il y a en ce lieu une atmosphère de haute gastronomie.

J’ai rendez-vous ensuite au bar de l’hôtel George V avec un organisateur de grands dîners. Le bar est fréquenté par une population très bigarrée de toutes origines. La décoration est riche et les fleurs sont belles. On nous propose un Champagne Amour de Deutz 2006 qui manque d’équilibre et n’a pas atteint la sérénité du Comtes de Champagne de la même année. Le George V a probablement l’atmosphère luxueuse la plus sympathique de tous les palaces parisiens.

le bar

Déjeuner au restaurant du Plaza Athénée vendredi, 20 janvier 2017

Au restaurant du Plaza Athénée je rejoins pour déjeuner l’un des dirigeants du groupe Dorchester qui possède le Meurice, le Plaza et le Dorchester de Londres. Nous visitons la superbe cave du restaurant et notamment le coffre-fort qui contient quelques bouteilles de 1911 date de la création de l’hôtel Plaza. Je suis étonné de ne pas trouver la bouteille de Moët 1911 qui avait été donnée avec solennité par la maison Moët à l’occasion d’une vente exceptionnelle de bouteilles de Moët 1911 dans onze capitales mondiales le 11 novembre 2011. Mon hôte m’indique que cette bouteille a été placée avec quelques autres dans un sarcophage de survie scellé qui ne sera ouvert que lorsque beaucoup d’entre nous serons morts.

La salle à manger est claire et raffinée, avec des tons d’or et de blanc, ce qui convient parfaitement au petit toast de bienvenue léché d’un miel de la même couleur. La bienvenue est aussi marquée par un jus aux légumes verts, qui se veut provocant et y réussit, car l’algue mêlée aux légumes verts a une petite saveur de franchement rebutante.

Le menu que me suggère Denis Courtiade le directeur du restaurant est : lentilles vertes du Puy et caviar, délicate gelée d’anguille / Saint-Jacques de Chausey, chou-fleur, vieux Comté, truffe noire / turbot du Golfe de Gascogne, choux de Milan, barbes à peine fumées / fromages / chocolat et café de notre manufacture, badiane, praliné / citron niçois, algues kombu à l’estragon / baba au rhum à la crème.

C’est Laurent Roucayrol, le chef sommelier qui va guider le parcours des vins. Nous commençons par un Champagne Henri Giraud Blanc de Craie Aÿ sans année dont l’attaque est belle, fraîche et franche, mais qui manque un peu de longueur et d’ampleur. C’est un bon champagne d’accueil et lorsque j’y reviendrai plus tard mon avis sera plus ouvert. Les amuse-bouche sont variés et délicats, de grande dextérité, sur des textures variées. Ils sont intelligemment distribués.

Les lentilles mêlées au caviar constituent un plat de très grande qualité. Il est indispensable de goûter ensemble les cinq éléments, lentilles, caviar, gelée, crème et crêpe. Car lentilles et caviar seuls, délicieux, sont orphelins sans les trois autres. La gelée est exceptionnelle. Le plat est grand. Le Champagne Avizoise Grand Cru Extra Brut Blanc de Blancs Agrapart & Fils 2007 est beaucoup plus large et complexe que le précédent et convient merveilleusement à ce plat. Sa vivacité de chardonnay excite le caviar gris à gros grains. Malgré son dosage d’extra-brut, ce champagne est gourmand.

Les Saint-Jacques sont excellentes et la tourte au chou-fleur est appétissante. Le Vouvray Le Haut-Lieu demi-sec Domaine Huet 2008 est légèrement fumé, très bien dosé, sans douceur excessive. Il est très agréable. Il a suffisamment de vivacité pour accompagner le plat mais ne crée pas un réel accord. Le plat et le vin se côtoient poliment sans se féconder l’un l’autre. C’est le comté qui crée le pont entre le vin et le plat.

Le turbot est de belle mâche et le chou appelle un vin rouge. L’ Hermitage rouge Domaine Jean-Louis Chave 2000 combine un fruit puissant, une jeunesse extrême et en même temps la douceur d’un beau début de maturité. L’accord est superbe et les barbes légèrement fumées sont comme des bonbons. Le vin se continue avec de bons fromages. C’est son fruit rouge juteux qui me fascine.

Le dessert au chocolat a des goûts assez complexes, difficiles pour mon palais même si j’aime l’amertume du chocolat. Tandis que le dessert au citron et l’excellent baba au rhum glissent en bouche avec bonheur.

Après le déjeuner je vais féliciter en cuisine le chef Romain Meder qui m’explique élégamment les choix qui sont faits pour réaliser les plats dans la philosophie d’Alain Ducasse qui est de s’appuyer sur des produits de qualité et de ne pas hésiter à dérouter. La cuisine ne doit pas être convenue ou conventionnelle et provoquer des réactions.

Dans cette jolie salle avec un service attentif, ce fut un très agréable déjeuner dont les gagnants sont pour le plat, lentilles et caviar et le Chave pour le vin.

centre de table et le miel du toast de bienvenue avec son jus

Déjeuner au Yacht Club de France mardi, 17 janvier 2017

Une fois de plus notre groupe de conscrits se retrouve au Yacht Club de France où nous sommes choyés par Thierry Le Luc, directeur de la restauration et son équipe. L’ami qui nous invite a apporté des vins de sa cave. L’apéritif commence par un Champagne Pol Roger Extra cuvée de réserve magnum sans année qu’il avait depuis sept ans en cave et ça se remarque car le champagne a un équilibre et une présence que seul l’âge peut donner. Les amuse-bouche sont l’occasion de montrer la dextérité du chef. Cela commence par des petits toasts de flétan fumé sur une rondelle de radis, puis des coquilles Saint-Jacques enroulées de bacon, et des mini-langoustines habillées de pâte et shiso, le tout dans des sauces adorablement parfumées. Le champagne est à son aise, joyeux et facile à vivre, grâce à son plaisant début de maturité. Il est suivi d’un Champagne Louis Roederer Brut Premier très différent, plus énigmatique et un peu moins charmant.

Nous passons à table. Le menu est prévu sans viande : carpaccio de daurade royale et jus de fruit de la passion, sardine à la marocaine / médaillons des queues de langouste rôtie, boules de betterave zébrées et mini-légumes, jus de crustacés / turbot entier, pommes frites et béarnaise / fromages d’Éric Lefebvre MOF / croustillant chocolat noisette et ananas.

Thierry voudrait que nous mettions le jus de fruit de la passion sur la daurade mais je demande qu’on ne le fasse pas pour que l’on goûte la daurade crue avec le Meursault Cuvée Maurice Chevalier Remoissenet Père & Fils 2009. L’accord est sublime. Le meursault a une belle acidité franche et s’adoucit avec le gras du carpaccio. Si l’on veut ensuite associer la daurade avec le jus, c’est non seulement possible mais agréable car le fruit de la passion excite bien la chair mais il faut alors abandonner toute idée de meursault.

Je suggère pour la sardine que l’on essaie le Côtes du Rhône Villages Grangeneuve Domaine Saint Amant magnum 2003, car cette sardine me semble appeler un rouge. Et ce vin que Thierry m’avait fait goûter à mon arrivée et qui semblait poussiéreux s’anime de façon remarquable et crée un accord superbe. Il y a dans ce vin des Beaumes de Venise de fortes évocations de café qui s’accordent à merveille avec les sardines au goût fort et imprégnant.

Pour la langouste, le Puligny-Montrachet Champ-Canet Louis Jadot 2002 est parfaitement adapté. Il est beaucoup plus ambré que le meursault et a aussi une assise plus large. Il est moins racé mais plus voluptueux. Jusqu’à présent les accords sont remarquables.

Pour le turbot nous buvons un Hermitage Chante-Alouette M. Chapoutier 2012 qui est franc, plein, opulent et droit. Il forme un accord plus convenu, plus classique que les précédents mais il est agréable. Le vin est gourmand.

Sur les fromages nous buvons un Sanctus Saint-Emilion 2002 solide avec ses 14° qui du fait de sa jeunesse a relativement peu de vibration. Peut-être est-ce moi qui ne lui ai pas prêté assez d’attention.

Le dessert appelle un Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 1995, très beau champagne noble et accompli, fruité et conquérant. Comme si la fête ne pouvait pas avoir de fin notre ami nous a fait verser un Bas-Armagnac Lacourtoisie Domaine de la Coste 1984 superbe de définition, un grand armagnac.

Notre ami généreux a voulu créer de beaux accords et ce fut réussi. La cuisine du Yacht Club de France est toujours attentionnée et fondée sur de beaux produits. En ce lieu nous passons de beaux moments gastronomiques.

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tous les vins sauf le magnum de Pol Roger

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Galette des rois et Salon 1995 lundi, 16 janvier 2017

De retour à Paris après plus de quinze jours dans le sud nous recevons notre fille cadette et ses deux enfants pour partager de bons moments mais aussi la galette des rois. J’ouvre un Champagne Salon magnum 1995. Ce qui frappe tout de suite c’est le beau fruit de ce vin racé et vif. L’on est aussi étonné de la fraîcheur et de la jeunesse de ce grand champagne. Ma femme a préparé du chou avec des saucisses de Morteau, plat pour lequel j’accepterais de me damner. Le Salon 1995 est très à l’aise sur ce plat aussi bien que sur un camembert et sur la galette confectionnée par mes petits-enfants qui avaient savamment calculé où poser les deux fèves pour les avoir eux-mêmes. Ce fut réussi une fois sur deux.

Le lendemain, le Salon 1995 donne une toute autre image. Le vin a gagné en maturité, il n’est plus le jeune fou mais un beau jeune homme séducteur. Et au lieu du fruit, c’est le caractère vineux qui s’exprime. J’avais été frappé dès son lancement par la prestance du Salon 1995 lorsqu’il est en magnum. A 21 ans, il est extrêmement brillant dans ce format.

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Dîner avec un Dom Pérignon 1964 jeudi, 5 janvier 2017

Un ami vient dîner à la maison. J’ai envie de voir ce que devient le Champagne Dom Pérignon 1998. Ce champagne avait eu des périodes d’incertitudes. Qu’en est-il aujourd’hui ? Bonne nouvelle, ce champagne a pris de l’ampleur et se montre excellent. Il est plein, charmant, peut-être pas aussi romantique que sur d’autres millésimes, mais c’est un beau compagnon de gastronomie. Alors que le Pata Negra est bien gras et vif, c’est avec un saucisson que le Dom Pérignon vibre le mieux. Le saucisson est d’ailleurs l’ami aussi bien des champagnes que des vins blancs et des vins rouges car selon le partenaire il fera apparaître certaines de ses facettes. Ici, c’est sur le poivre et le gras que l’accord se trouve.

Sur un risotto à la truffe noire, le Dom Pérignon est aussi présent, surtout sur le parmesan car la truffe noire est plutôt discrète.

Un poulet cuit à basse température accueille une Côte Rôtie La Mouline Guigal 1996. C’est toujours un régal de boire les Côtes Rôties de Guigal mais je m’attendais à plus de vivacité de la part de ce 1996. Il est paradoxal que La Landonne 1987 ait été plus riche et plus vive que cette Mouline. Le vin est évidemment agréable mais je suis un peu sur ma faim. Il suggère les pins plus que la garrigue, avec un joli parfum et une longueur peu affirmée.

Notre ami est esthète et adore les bons produits. Il dirige deux boucheries et épiceries fines et prend un soin particulier dans le choix des produits qu’il vend. Il va visiter ses producteurs pour réserver les plus belles pièces, un peu comme le font les grands restaurateurs aujourd’hui. Aussi est-ce avec joie que j’ouvre pour lui un champagne que j’adore, le Champagne Dom Pérignon 1964. Le bouchon vient de deux fois car la rondelle de liège du bas de bouchon est restée en place sans suivre le bouchon. Le pschitt n’est pas là mais le pétillant du champagne est intact. La couleur est joliment ambrée mais très claire. Dès la première gorgée, ce champagne est un voyage vers l’infini. On sait que pour aller trouver la première planète qui pourrait être habitable et propice à la vie, il faudrait quelques milliers d’années avec les techniques actuelles. Eh bien, ce champagne c’est ça. Il nous propulse vers un autre monde de saveurs. S’il y a des évocations citronnées gracieuses, il aussi des kakis, des fruits compotés, des grâces vineuses. Il est impossible de faire le tour des complexités de ce vin. Si on lui disait : « dessine-moi un mouton », il le ferait. Il arrive même à évoquer de frêles fruits rouges. Son vineux est fort. Ce voyage hors du temps est irréel. C’est un grand champagne hors-piste.

Le suite du repas est faite de fromage puis de mousse au chocolat avec des palmiers. Le champagne se boit pour lui-même, rayon de soleil de ce dîner.

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Sylverter’s dinner in the South lundi, 2 janvier 2017

New Year’s Eve is held in our house in the south. We will be six, including four drinkers. I like coincidences and it always fascinates me. A friend who will attend the dinner calls me at lunchtime and tells me that he intends to bring a wine for the meal and asks me if his input will be consistent with what I have planned. And he announced his contribution: Richebourg Domaine Anne Gros 2003. I had already chosen the wines so that my wife is inspired to compose the menu and among them there is a Richebourg Domaine Gros Frère & Soeur 1987. I obviously agree its contribution which will give rise to a pretty juxtaposition.

At 5 pm my friend delivers his wine and I open all the bottles of the dinner. The friends arrive at 20:30 and we take the aperitif with a Champagne Laurent Perrier Cuvée Grand Siècle magnum non vintage that I have for ten years in cellar. The color is already somewhat amber with a beautiful gold patina, the bubble is very active and the champagne is a rare richness. If the general trend is that of lemony notes, the message of the wine changes constantly, overflowing with complexity. And the finish is inextinguishable as the wine is penetrating. It is a very large champagne with an elusive message as it twirls. With this champagne we nibble thin slices of a Pata Negra well fat and tasty, small tiles with parmesan, small dry salted petits fours and slices of an excellent sausage.

We go to the table. My wife planned: scallops / foie gras lobes fried with truffle slices / low-temperature lamb with pan-fried parsnip / variety of cheeses / supremes (which means without skin) of pink grapefruit with confit kumquat and saffron from our garden / financiers and small dry sweet petits fours.

The Meursault-Charmes 1er Cru Domaine des Comtes Lafon 2003 has a rich wealth opulent smells. He invades the mouth and settles there. It has both beautiful minerality and sensual fat. It is a beautiful white wine merry, perfectly adapted to the shells and a little less to the foie gras even if it suits him.

The gigot welcomes two Richebourg. The Richebourg Domaine Gros Frère & Soeur 1987 has a slightly dusty nose. It is nice but has lost a bit of its vivacity. It highlights the Richebourg domaine Anne Gros 2003 with the live fruit, generous of a very young wine. The fight does not take place because the 1987 is a bit frail but the juxtaposition is possible, both Richebourg being very pleasant. The 2003 is a noble and racy wine.

Our pace of absorption is sustained also is it time to open the wine I had planned before my friend declared his contribution. The Côte Rôtie La Landonne Guigal 1987 is a marvel. It has the youth of the 2003 that we just finished and the legibility of a generous wine and immediate access. And what transcends it is the freshness of its finale. My friend reports his menthol notes which are those of an exquisite freshness. This wine is pure pleasure. The cheeses are so numerous and varied that we must choose those who go with this splendid Landonne. The Laguiole is well suited as well as the Saint-Nectaire, but also the superb blue Termignon, very lively.

For the supreme grapefruit, the Château d’Yquem half-bottle 1990 is the ideal companion. And I did not expect it to go as well with raw, uncooked slices. They give a boost to the wine that is in a glorious state. He is fat, strong, joyous as a golden ingot. It should be noted that the traces of saffron magnificently excite the sauternes, giving it a complement of vigor.
At the request of my friend we vote and if the votes are different an agreement is found to rank first La Landonne Guigal and in second ex-aequo the Grand Siècle and Yquem.

We had been kissing for New year for a long time and thirst is always present, so I open a Champagne Krug Grande Cuvée that I entered in the cellar about four years ago. The champagne is straight, precise, complex but a little unidirectional and far enough from the beautiful complexity of the Grand Siècle by Laurent Perrier. We nibble at sweet little petits fours and delicious financiers from my wife. We are rebuilding the world as one of the guests is overwhelmed by what we have been drinking.

It is three o’clock when begins my first night of 2017.

The next morning, lunch with the cheeses of the day before and the rest of the Krug. It is very much better, wider, fuller. I had probably misunderstood it, at the end of our agape.

réveillon de la Saint Sylvestre dans notre maison du sud dimanche, 1 janvier 2017

Le réveillon de la Saint Sylvestre se tient dans notre maison du sud. Nous serons six, dont quatre buveurs. J’aime les coïncidences et cela me fascine toujours. Un ami qui sera présent au dîner m’appelle à l’heure du déjeuner et me dit qu’il a l’intention d’apporter un vin pour le repas et me demande si son apport sera cohérent avec ce que j’ai prévu. Et il annonce son apport : Richebourg Domaine Anne Gros 2003. J’avais déjà choisi les vins pour que ma femme s’en inspire pour composer le menu et parmi eux il y a un Richebourg Domaine Gros Frère & sœur 1987. J’approuve évidemment son apport qui va donner lieu à une jolie juxtaposition.

A 17 heures mon ami livre son vin et j’ouvre toutes les bouteilles prévues. Les amis arrivent à 20h30 et nous prenons l’apéritif avec un Champagne Laurent Perrier Cuvée Grand Siècle magnum sans année que j’ai depuis dix ans en cave. La couleur est déjà un peu ambrée d’un bel or patiné, la bulle est très active et le champagne est d’une rare richesse. Si la tendance générale est celle de notes citronnées, le message du vin change sans cesse, débordant de complexité. Et le finale est inextinguible tant le vin est pénétrant. C’est un très grand champagne au message insaisissable tant il virevolte. Avec ce champagne nous grignotons de fines tranches d’un Pata Negra bien gras et goûteux, des petites tuiles au parmesan, des petits fours salés secs et des tranches d’une excellent saucisson.

Nous passons à table. Ma femme a prévu : coquilles Saint-Jacques / lobes de foie gras poêlés avec des lamelles de truffes / gigot d’agneau basse température avec des panais poêlés / variété de fromages / suprêmes de pamplemousse rose avec kumquat confit et safran du jardin / financiers et petits fours secs.

Le Meursault-Charmes 1er Cru Domaine des Comtes Lafon 2003 est d’une belle richesse opulente. Il tapisse la bouche et s’y installe. Il a à la fois une belle minéralité et un gras sensuel. C’est un beau vin blanc joyeux, parfaitement adapté aux coquilles et un peu moins au foie gras même s’il lui convient.

Le gigot accueille les deux Richebourg. Le Richebourg Domaine Gros Frère & sœur 1987 a un nez légèrement poussiéreux. Il est agréable mais a perdu un peu de sa vivacité. Il met donc en valeur le Richebourg domaine Anne Gros 2003 au fruit vivant, généreux d’un vin très jeune. Le combat n’a pas lieu car le 1987 est un peu frêle mais la juxtaposition est possible, ces deux Richebourg étant très agréables. Le 2003 est un vin noble et racé.

Notre rythme d’absorption est soutenu aussi est-il temps d’ouvrir le vin que j’avais prévu avant que mon ami ne déclare son apport. La Côte Rôtie La Landonne Guigal 1987 est une merveille. Il a la jeunesse du 2003 que nous venons de finir et la lisibilité d’un vin généreux et immédiat d’accès. Et ce qui le transcende, c’est la fraîcheur de son finale. Mon ami signale ses notes mentholées qui sont celles d’une exquise fraîcheur. Ce vin est du plaisir pur. Les fromages sont tellement nombreux et variés qu’il faut choisir ceux qui vont avec cette splendide Landonne. Le Laguiole convient bien ainsi que le Saint-Nectaire, mais aussi le superbe bleu de Termignon, bien vif.

Pour les suprêmes de pamplemousse, le Château d’Yquem demi-bouteille 1990 est le compagnon idéal. Et je ne m’attendais pas à ce que cela aille aussi bien avec des tranches crues, non poêlées. Elles donnent un coup de fouet au vin qui est dans un état glorieux. Il est gras, fort, joyeux comme un lingot d’or. Il est à noter que les traces de safran excitent magnifiquement le sauternes, lui donnant un complément de vigueur.

A la demande de mon ami nous votons et si les votes différent un accord se trouve pour classer en premier La Landonne Guigal et en deuxièmes ex-aequo le Grand Siècle et l’Yquem.

Nous nous sommes embrassés depuis longtemps et la soif est toujours présente aussi j’ouvre un Champagne Krug Grande Cuvée que j’ai entré en cave il y a environ quatre ans. Le champagne est droit, précis, complexe mais un peu unidirectionnel et assez loin de la belle complexité du Grand Siècle de Laurent Perrier. Nous grignotons des petits fours sucrés et les financiers délicieux de ma femme. Nous reconstruisons le monde pendant qu’une des convives est terrassée par ce que nous avons bu.

C’est à trois heures que commence ma première nuit de 2017.

Le lendemain midi, bref déjeuner avec les fromages de la veille et le reste du Krug. Il est très nettement meilleur, plus large, plus plein. Je l’avais sans doute mal appréhendé, au bout de nos agapes.

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le bouchon de la Landonne avec les bouchons des deux Richebourg

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le bouchon du Krug avec le bouchon du Grand Siècle magnum

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tous les bouchons

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tous les vins

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déjeuner de Noël en famille dimanche, 25 décembre 2016

Le lendemain matin, c’est Noël et notre groupe s’enrichit des deux enfants de ma cadette plus leur nounou. Nous serons donc dix pour le déjeuner de Noël. Ma femme a prévu : coquilles Saint-Jacques / porcelet et gratin de pommes de terre / fromages / ananas et madeleines.

Contrairement à tous mes usages, j’ai prévu un vin blanc à l’apéritif sur des gougères et des tranches de saucisson. Le Chablis Grand Cru Blanchots La Chablisienne 1988 est joliment doré. Il a une belle acidité, une agréable minéralité et se montre d’une grande vivacité, sans la moindre atténuation par l’âge. C’est un beau chablis, rond en bouche qui trouve son envol avec les délicieuses coquilles Saint-Jacques, cuites à la perfection.

Sur une table dans ma cave il y avait une bouteille tenue debout depuis des mois. Pourquoi est-elle debout, je ne m’en souviens plus. Le bouchon est en place et le niveau est dans le goulot ce qui est superbe. La bouteille n’a pas d’étiquette mais la capsule indique sans équivoque Ducru-Beaucaillou. La couleur vue au travers du verre semble convenable. Je décide de l’ouvrir pour ce midi. Le haut du bouchon sous la capsule est sale et le bouchon vient assez facilement, un peu gras et moins épais sur la base du bouchon. J’ai du mal à lire l’année car le liège est recouvert d’humidité. J’attends que le bouchon sèche et mes enfant sauront lire qu’il s’agit de Château Ducru-Beaucaillou Saint-Julien 1985. J’aurais imaginé volontiers qu’il s’agit d’un vin plus vieux, mais vogue la galère, nous le boirons. L’odeur à l’ouverture trois heures avant le repas ne me rebute pas.

Lorsqu’il est servi dans les verres, le vin est presque noir. Le nez est acide. En bouche le vin est granuleux comme s’il était charbonné. Il n’est pas foncièrement désagréable, mais ça ne nous convient pas. Le long du verre de la bouteille, des petits grains noirs de sédiment sont accrochés. Le vin évoque le charbon, la mine de crayon, mais son déséquilibre en limite l’intérêt.

Le Corton Grand Cru Renardes Domaine Michel Gaunoux 1990 n’en apparaît que meilleur. Mais il n’a besoin d’aucun faire-valoir. Il est délicat, subtil, gracieux tout en ayant quand même 13,5°. C’est un vin caressant, noble, complexe, très gastronomique. C’est un vin de plaisir et de contentement, car dans sa grandeur, il n’a aucune surprise. L’accord avec le porcelet et avec le gratin est superbe.

La suite du repas se fait à l’eau, l’ananas est délicieux, une première fournée de madeleines est une redite du principe d’incertitude d’Heisenberg, alors que la seconde fournée est d’une réussite totale, les madeleines au miel de bruyère s’accordant au café final.

Le plus beau cadeau de Noël est d’être ensemble, en famille, et de partager ces chauds moments.

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le bouchon du Ducru Beaucaillou

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la glorieuse incertitude du sport

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Veille de Noël en famille dimanche, 25 décembre 2016

Pour la veille de Noël, nous serons avec nos deux filles et deux sur six de nos petits-enfants, plus un frère de ma femme. Les cadeaux sont nombreux et généreux et comme cela se passe à un rythme calme et agréable, nous avons le temps de déguster le Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1996. Lorsqu’il est froid, ce champagne est dans des tons acides de fruits citronnés. Lorsqu’il se réchauffe, assez rapidement car j’ai fait un feu dans la cheminée et toutes les bougies scintillent sur le sapin ou sur la table basse, le champagne prend progressivement de belles notes pâtissières qui s’accordent avec les gougères et le jambon Pata Negra. C’est un grand champagne fluide et vineux, fort et courtois.

Le menu est de fines tartelettes à l’oignon en forme de cœurs, cassolettes individuelles de canard confit sur un lit d’oignon et coiffé de purée de pommes de terre, fromages divers, « Merveilleux » et madeleines.

La Côte Rôtie La Landonne Guigal 1997 a été remontée de la cave au dernier moment et ouverte sur l’instant. Le vin est une splendeur. Il est rayonnant de joie de vivre et de finesse. Ce qui est appréciable, c’est qu’étant d’une année calme, il ne joue en aucun cas sur la puissance, mais sur la délicatesse et la complexité. C’est surtout sur la tartelette aux oignons qu’il est prodigieux. Il est très bourguignon pour une Côte Rôtie, préférant jouer sur sa distinction plus que sur son affirmation.

Le Vega Sicilia Unico Ribera del Duero 1999 a été lui aussi ouvert au dernier moment. J’aime en effet profiter de la fraîcheur du vin qui éclot. La méthode dite « Audouze » d’ouverture des vins quatre heures à l’avance s’applique plus volontiers aux vins qui ont besoin d’oxygène pour se régénérer et s’accomplir. Avec des vins naturellement puissants et jeunes, je préfère mettre en valeur leur éclosion. Le parfum du vin est une bombe de cassis et de fruits noirs frais. En bouche le vin est juteux, imposant, conquérant et aux fruits noirs s’ajoutent des évocations de café et de tabac. Mais ce que j’aime le plus, car cela différencie ce vin de tous les vins jeunes et puissants, c’est son finale d’une fraîcheur miraculeuse. Le fenouil et la menthe sont les marqueurs de cette fraîcheur. Une fois de plus j’ai constaté que si l’accord camembert champagne est pertinent, l’improbable rencontre d’un camembert et d’un jeune Vega Sicilia fonctionne aussi très bien.

Ma fille aînée est définitivement dans le camp du vin français. Etant amoureux de ces deux vins, j’ai aimé les deux mais je conviens volontiers que La Landonne a été particulièrement brillante. Les « Merveilleux » sont des boules de meringue très légères et goûteuses. La cuisson des madeleines a été directement marquée par le principe d’incertitude d’Heisenberg. Qu’importe, la joie familiale était au rendez-vous. Noël en famille, qu’y a-t’ il de plus beau ?

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Trois repas avec mon fils jeudi, 22 décembre 2016

Nous dînons en famille avec ma fille cadette, mon fils, une nièce de ma femme et une de nos petites-filles. Alors qu’aucun apéritif n’était prévu, j’ai envie d’ouvrir un Champagne Perrier-Jouët 1966. Aussitôt des petites vérines aux goûts variés éclosent sur la table, ainsi que des champignons de Paris baignant dans de l’huile et fortement oints d’ail, suivis par une terrine de foie gras. Le décor est planté et le champagne peut entrer en scène. A l’ouverture j’ai senti un léger pschitt et le bouchon est venu facilement. La bulle est quasi inexistante mais le pétillant est bien là. La couleur du champagne est très belle, à peine ambrée, joyeuse. Le parfum discret est noble et le champagne a une jeunesse en bouche qui est plus belle que celle du Salon 1983 bu il y a deux jours qui a pourtant dix-sept ans de moins. Bien affirmé, solide, carré, aux beaux fruits jaunes, vineux, c’est un grand champagne d’une grande année.

J’ouvre un Champagne Krug Grande Cuvée de plus de trente ans, le frère de celui qui a été bu il y a deux jours. La couleur est claire, limpide, ce qui est d’une rare beauté. La bulle est très active. C’est un champagne en pleine possession de ses moyens, au parfum envoûtant tant il est fort. Ce Krug emplit la bouche s’installe et domine. Il est toutefois un peu moins glorieux que le même champagne ouvert il y a deux jours. Il a moins le sourire du vainqueur. Mais on est à tel niveau de perfection que le plaisir n’est pas entamé.

Ayant cherché des vins dans ma cave j’ai eu la curiosité de regarder dans des zones non inventoriées. J’ai vu un Mercurey Château de Chamirey 1er grand cru années 40 que je suis obligé d’estimer puisque l’étiquette de millésime a disparu. Le niveau est bas aussi l’ai-je ouverte pour ce soir avec l’espoir qu’il ne soit pas trop tard. Mais hélas le bouchon très gras laisse sortir un parfum désagréable. Dans le même examen en cave j’ai prélevé un Pommard Clos des Epeneaux Domaine Comte Armand 1962. Même niveau bas, même peur et là aussi à l’ouverture un parfum peu engageant.

Prévoyant le pire, j’ai ouvert une bouteille de Vega Sicilia Unico 2002 au parfum tonitruant. Ce que ce vin affiche, c’est Alain Delon quand il avait vingt ans. Le parfum est de fruits noirs mais aussi de violette.

A table au moment où est servi le poulet dominical, les odeurs des deux bourgognes sont moins rebutantes mais je n’éprouve pas le besoin de faire l’essai. J’ai trop envie du vin espagnol qui montre à quel point il est raffiné. C’est un vin juteux, spontané, nature, avec des complexités nobles. Il y a du cassis de la myrtille, de la violette et au finale, ces notes de fenouil et de menthe qui signent une fraîcheur inégalable. C’est un vin magique, parfait dans cette belle jeunesse spontanée.

Ma femme a prévu des fondants au chocolat qui sont servis froids. Le Vin de Paille domaine Hubert Clavelin 1994 en demi-bouteille est très agréable, fleurant bon les grains de raisins avec un peu de raisin de Corinthe et c’est une joie saine que ce vin gourmand.

Dans ma folie je sers une goutte de Marc Chauvet 1913 que j’avais ouvert lorsqu’il a eu cent ans et qui a gardé une vivacité et une fraîcheur rares trois ans plus tard. Il y a eu deux vedettes ce soir, le champagne Perrier Jouët 1966 et le Vega Sicilia Unico 2002. Ce fut un beau repas.

Le lendemain, ma femme aimerait que nous soyons plus raisonnables aussi ai-je un large sourire lorsque je rentre à la maison et découvre le dessert de ce soir, une folie que mon fils et moi adorons. Il y aura de délicieux fenouils passés au four et crémés, un peu de fromage pour ceux qui veulent et le clou de ce repas sera ces boules de meringue saupoudrées de pépites de chocolat qu’on n’a plus le droit de nommer de leur nom originel. Qu’importe, tant le goût est à se damner. Pour ce repas qui se voulait frugal, c’est un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs magnum 1996 qui va accompagner notre semblant de sagesse. Par rapport aux champagnes récemment bus, on change complètement de registre. Ce champagne est rassurant, lisible, franc et joyeux. Sa bulle est forte, sa couleur est celle d’un très jeune champagne et c’est sa sérénité qui séduit. Il combine à la fois une belle acidité discrètement citronnée, de beaux fruits jaunes d’été et un petit côté pâtissier de bon aloi. On est vraiment bien avec ce champagne franc.

Le séjour de mon fils touche à sa fin. Nous avons surtout bu de grands champagnes aussi vais-je clôturer la partie œnologique de son séjour sur un vin qui pourrait l’émouvoir. Le programme est simple, poulet cuit au four à basse température avec du riz noir, restes de fromages et c’est tout. J’ouvre le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1974 au niveau à quatre centimètres sous le bouchon ce qui est très convenable. Le bouchon est noir sur sa moitié supérieure, de la poussière noire s’étant émiettée sous la capsule, mais la partie inférieure du bouchon est saine. L’odeur première est assez acide, peu engageante. Hélas, je ne suis rentré du bureau qu’une heure et demie avant le repas aussi le temps sera bien court pour que le vin ressuscite. Au moment de le servir, je ressens que le vin est fatigué. Il y a bien la grâce et la subtilité discrète des vins du domaine mais sous un voile de fatigue et d’une acidité légèrement excessive. Mon fils est beaucoup plus indulgent que moi. A la deuxième passe de service, le vin me plait beaucoup plus. Il s’améliore à grande allure et je regrette de ne pas lui avoir donné les quatre heures d’ouverture qui auraient tout changé. Et c’est à la troisième passe que le vin atteint enfin ce qu’il doit être c’est-à-dire un vin gracile, tout en suggestion délicate. Il y a le sel qui me remet dans les sillons des vins du domaine et enfin le pinot noir s’exprime avec une belle râpe. Ouf, le vin a atteint son but. Lorsque je me verse la lie, j’ai un vin plein, droit, franc, d’une belle expression bourguignonne d’une année gracile. Quel dommage de ne pas l’avoir ouvert comme il eût convenu. Mon fils plus tolérant l’a aimé de bout en bout. Tant mieux puisque c’était pour lui.

Sur un cake aux raisins secs et massepain nous avons fini le reste du vin de paille 1994 entamé il y a peu. L’accord, superbe grâce aux raisins secs a mis le point final à une courte semaine de folie, tant j’ai envie que mon fils des Amériques profite des pépites de ma cave.

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