Archives de catégorie : académie des vins anciens

les vins de l’académie 1 lundi, 11 juin 2007

nous finirons avec deux bouteilles de cet excellent Maury

 

Très belle bouteille et aussi belle capsule de ce Petit Gravet que j’ai acheté directement à la famille Nouvel.

 

J’aime beaucoup ces petits sauternes aux couleurs extrêmement belles. J’ai acheté ce cru Lanére sans en savoir beaucoup.

 

Magnifique Doisy Daëne 1934 d’un académicien.

ce Phélan Ségur très ancien dans une bouteille elle-même très ancienne est de quelle année ?

Disons 1935 ?

 

Académie des vins anciens – 5ème séance – le récit jeudi, 29 mars 2007

La cinquième séance de l’académie des vins anciens se tient dans l’enceinte du Cercle Suédois de Paris. J’arrive à 16 heures pour ouvrir les bouteilles. La directrice que j’avais connue il y a quelques mois avec le ventre comme un obus tient maintenant serré contre elle un joli bébé sage qui se promène sur son ventre dans tous les endroits que nous devons explorer pour l’ordonnancement du dîner. Le caractère familial et convivial du cercle m’a conquis et toute l’équipe a fait preuve d’une implication remarquable. La merveilleuse salle à manger, qui surplombe de ses grandes fenêtres le jardin des Tuileries est la petite cousine de la prestigieuse et historique suite Salvador Dali de l’hôtel Meurice où se tint le cinquantième dîner de wine-dinners.

Les apports des 32 académiciens correspondent, en comptant les magnums pour deux bouteilles, à 45 bouteilles de vin. Les champagnes étant ouverts au dernier moment, c’est environ 35 bouchons qu’il me faut ouvrir maintenant. Un des plus fidèles parmi les fidèles vient heureusement me porter secours. Il doit maudire ma maniaquerie, car je suis d’une exigence assez intolérante. Il y a dans le groupe de bouteilles de vrais trésors, comme on le verra dans le récit, mais il y a aussi des vins qui proviennent de caves qui ont stressé les bouchons, ce qui impose de grandes précautions. Deux bouchons glissent lentement dans le vin sans espoir que la chute fût stoppée. D’autres paraissaient bien malades. Si l’ouverture des vins se faisait au moment où l’on est à table, comme cela se passe au restaurant, près d’un tiers des bouteilles auraient été jugées impropres. Grâce à l’ouverture de nombreuses heures avant, presque toutes les bouteilles ont revécu, nous offrant des plaisirs extrêmes. C’est le pouvoir de l’oxygène lent.

L’apéritif se prend debout dans l’accueillant bar à la décoration « club ». Nous goûtons le champagne Léon Camuzet, le classique champagne de Vertus de ma famille, qui plaît toujours autant à notre groupe, alors que le champagne Besserat de Bellefon non millésimé a un léger défaut de bouchon. Un magnum de champagne Delamotte 1985 montre la rectitude des blancs de blancs de Mesnil-sur-Oger. Sa jeunesse est remarquable.

Nous nous rendons dans la salle à manger pour le dîner dont le programme est le suivant : trois petites variations sur le thème du saumon / saumon mariné à l’aneth servi avec sa sauce à la moutarde / terrine de poulet / faux filet de bœuf, pommes de terre au four et beurre béarnaise / fromages de Bernard Antony / tarte aux pommes. La diversité des vins ne permettait pas de recherche culinaire. Le cuisinier s’en est honorablement sorti.

Les vins sont répartis en deux groupes, pour deux tables sur quatre. Voici ce qui s’est bu, dans l’ordre de service :

Groupe 1 : 1 – champagne Besserat de Bellefon ss A – 2 – Champagne Delamotte en magnum 1985 – 3 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985 – 4 – Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum – 5 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982 – 6 – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976 – 7 – Hermitage blanc Chante-Alouette Chapoutier 1955 – 8 – Meursault Charmes Maison Bichot 1933  – 9 – Pommard Château de Pommard 1978 – 10 – Franc Clos des Jacobins 1921 – 11 – Richebourg Charles Noëllat 1942 – 12 – Bourgogne Clos du Roi 1933 – 13 – Château Fontaine Montaiguillon Saint Georges Saint Emilion 1964 – 14 – Château La Pointe Pomerol 1953 – 15 – Château Pavie Decesses 1966 – 16 – Château Chasse Spleen 1961 – 17 – Vray Canon Boyer Vacher 1947 – 18 – Vega Sicilia Unico 1948 – 19 – Clos de la Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983 – 20 – Gewurztraminer vendanges tardives (sec) Hugel 1964 – 21 – Chateau de RICAUD 1924 Sauternes – 22 – Apéritif Dubonnet environ 50 ans d’âge – 23 – Champagne Ruinart en magnum ss A.

Groupe 2 : 1 – champagne Léon Camuzet ss A – 2 – Champagne Delamotte en magnum 1985 – 3 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985 – 4 – Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum – 5 – Champagne Mumm 1969 – 6 – Champagne Alfred Gratien 1953, crémant , niveau LB – 7 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982 – 8 – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976 – 9 – Château Carbonnieux (blanc) 1965 – 10 – Riesling Grand Cru Rangen de Thann 1990 Zind Humbrecht – 11 – Chateau de Bensse 1933 Médoc – 12 – Frontaillac 1935 (rouge) H. Cuvelier et fils – 13 – Château La Pointe Pomerol 1945 – 14 – Château La Grace Dieu Les Menuts 1961 – 15 – Auxey-Duresses Bégin-Colnet 1967 – 16 – Beaune-Cent-Vignes Jessiaume Père & fils 1949  – 17 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1970 – 18 – Chateauneuf du Pape 1977 – 19 – Anjou rosé moelleux domaine de Bablut 1966  – 20 – Riesling Vendanges Tardives Hugel 1981 – 21 – Jurançon, mise Nicolas 1929 (niveau TLB)  – 22 – Apéritif Dubonnet environ 50 ans d’âge – 23 – Champagne Ruinart en magnum ss A.

La lecture de ces deux listes montre toute la générosité des membres. Etant dans le groupe 1, je vais donner mon avis sur quelques vins, qui déborde souvent dans le groupe 2 car plusieurs académiciens, fiers de leurs apports, voulaient recueillir mon avis.

Le Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985 servi à table est vraiment à mon goût, car contrairement à la belle jeunesse du Delamotte de la même année, celui-ci a déjà commencé sa prise de maturité. Ma voisine parle de caramel. Il y a de jolies évocations de citron vert et de fruits confits. C’est un champagne élégant plein de charme. A sa suite, le Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum dégorgé en 2005 fait un peu plus dosé, mais c’est une illusion. Belle précision de trame, un peu moins de longueur que le Bonnaire, mais une grandeur plaisante qui se marie bien à la terrine de saumon. Le Champagne Alfred Gratien 1953, Crémant, que l’on me tend de l’autre table est absolument passionnant, l’âge lui donnant une expressivité convaincante.

Le Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982 a un nez comme j’en ai rarement rencontré. Quasi irrespirable à l’ouverture, il évoque encore après quelques heures le pétrole avec une minéralité toute en démesure. Mais en bouche le vin est agréable, serein, sans grande complexité mais une belle joie de vivre. Le Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976 m’évoque instantanément la crevette grise. Ce vin « est » crevette grise. La minéralité du nez est plus acceptable. Le vin est plus typé. C’est un sancerre très intéressant à découvrir.

On me tend furtivement un verre de Château Carbonnieux blanc 1965 manifestement fatigué alors que le Carbonnieux blanc est taillé pour l’histoire, et un verre de Riesling Grand Cru Rangen de Thann 1990 Zind Humbrecht qui est absolument archétypal. Une leçon de vin.

Avec l’Hermitage blanc Chante-Alouette Chapoutier 1955 je me pâme. Et la plus jeune académicienne, passionnée par les évocations de l’histoire humaine que représentent ces vins, est dans le même état que moi. J’avais ouvert ce vin en décembre pour un dîner de vignerons et amateurs, et je l’avais trouvé superbe. Il est ici éblouissant, car il n’est pas envisageable d’imaginer un arôme ou une saveur, sans qu’on ne puisse le ou la trouver dans ce vin d’une expressivité absolue. Le Meursault Charmes Maison Bichot 1933  est plus fatigué que l’Hermitage, mais il raconte aussi beaucoup de belles histoires. Ces deux vins ont en commun un pouvoir d’évocation remarquable. Et c’est toute l’histoire de la vigne qui se raconte, avec les croquenots lourds de glaise des vignerons qui auscultent la vigne et les ceps riches de grappes dorées que des pieds tenaces vont fouler dans les cuves.

Ce rêve nostalgique est presque brisé par le retour sur terre que crée le Pommard Château de Pommard 1978, bien plein mais prévisible. Joli vin, bien sûr mais ouf, nous repartons avec la machine à remonter le temps vers le cacique, le Franc Clos des Jacobins 1921. Le niveau était fort bas mais l’odeur prometteuse. C’est un vin qui se présente comme un témoignage, comme un grimoire. On le lit derrière un voile de tulle. Et l’on imagine assez bien toute la délicatesse de ce Saint-émilion charmant.

Le Chateau de Bensse 1933 Médoc est beaucoup plus ingambe. Ce vin que je ne connais pas, au nez qui m’avait plu, mérite un intérêt certain, car c’est l’enfant timide qui récite son poème et le raconte avec une voix douce mais juste.

J’avais pris force précautions pour expliquer que le Richebourg Charles Noëllat 1942 que j’avais choisi et découvert dépigmenté au moment de l’emballage des bouteilles, était mort. Il ne faut évidemment pas s’attendre à un Richebourg flamboyant. Mais quand on est prévenu, alors que l’odeur est avenante et sucrée, on prend contact avec un vin buvable, bégayant un discours audible au milieu de ses blessures.

Trompettes sonnez, car le Bourgogne Clos du Roi 1933 est éblouissant. Vin de négoce sans aucune indication d’origine, à la capsule bleue comme le dos d’un martin-pêcheur, ce vin est la joie de vivre la plus belle. Il a du coffre, de la personnalité, et son soyeux, son velours sont du pur bonheur.

Le Château Fontaine Montaiguillon Saint Georges Saint Emilion 1964, vin inconnu que j’ai pris dans ma cave est beaucoup plus structuré que je ne l’imaginais. Très plaisant, au nez droit dans ses bottes. On m’apportait tant de vins à goûter de toutes les tables que je n’ai plus le souvenir de ce Château La Pointe Pomerol 1953 parce que l’on me faisait suivre l’évolution du Château La Pointe 1945 dont le bouchon avait glissé, post mortem au moment de son apparition sur table, mais dont la dernière goutte qu’on m’apporta, largement plus tard, avait, contre toute attente, ressuscité.

Le Château Pavie Decesses 1966 est le jeune fiancé futur gendre idéal. En plein épanouissement il va encore progresser. Le Château Chasse Spleen 1961 au niveau assez bas n’a presque aucune faiblesse. Il est un beau témoin de sa miraculeuse année. Le Vray Canon Boyer Vacher 1947 que j’avais choisi en cave en raison d’une particularité, d’être commercialisé par la maison Bichot représentée à l’académie par un des plus fidèles participants, est un vin magnifique, aussi jeune sinon plus que le 1961.

Mais force est de reconnaître que c’est le Vega Sicilia Unico 1948 qui bourre les urnes. C’est avec un score de république bananière qu’on va le désigner comme le roi de tous les rouges que nous avons bus. Même La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1970, dont j’ai pu une fois de plus mesurer les problèmes de bouchon, n’a pas pu damer le pion à l’espagnol. Grande bouteille d’un domaine que j’adore, mais le Vega Sicilia, à la plénitude absolue et une richesse en bouche extrême, a trop de charme épanoui. Il est impérial.

Les verres s’accumulant sur ma table, j’ai peu de souvenir du Clos de la Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983, car mon esprit était accaparé par le splendide Gewurztraminer vendanges tardives Hugel 1964 que Jean Hugel m’avait annoncé comme ayant évolué vers des notes sèches. Son nez à l’ouverture était le plus joyeux de tous avec celui du vin qui va suivre. En bouche, je le trouve d’une noblesse rare, plus généreux que sec, avec un distinction, une politesse de ton et une longueur qui ravissent tous les palais. C’est un grand vin. Très loin du Riesling 1915 bu à l’académie, mais un beau grand vin.

Mon chouchou avant d’entamer la séance d’ouverture, c’était le Chateau de Ricaud 1924 Haut-Loupiac apporté par un académicien, à la couleur d’or beaucoup plus belle que celle du Jurançon 1929 qui avait évolué vers le thé. Et le parfum du Ricaud en remontrerait à beaucoup de sauternes. En bouche, c’est une joie de vivre certaine et une longueur que les Loupiac ne trouvent que lorsqu’ils ont dépassé l’âge de la retraite à la SNCF. Je livre à ceux qui ne croient pas aux caprices du destin le fait qu’une académicienne s’est inscrite sans connaître la présence de ce vin offert par un autre académicien. Elle s’appelle de Ricaud et ce château a appartenu à ses lointains ancêtres. Ce ne fut pas la seule coïncidence de ce dîner.

Un académicien gagné par une folie qui ressemble à la mienne sortit de sa musette un apéritif Dubonnet d’environ 50 ans d’âge que nous avons goûté sur la tarte aux pommes. Délicieux vin doux aux accents de rancio qui calme les ardeurs de ses parfums fous par la maturité qu’il a acquise. On ne voulait pas se quitter tant l’atmosphère était à la liesse aussi un fort opportun Champagne Ruinart en magnum non millésimé délia, s’il en était besoin, les langues d’une assemblée qui vivait un moment important.

Jamais notre assemblée n’a été aussi jeune, joyeuse, heureuse et consciente de vivre un de ces instants magiques où l’on sait que l’on côtoie des saveurs qui ne se reproduiront plus. Tard dans la nuit, le sourire aux lèvres, nous pouvions égrener le chapelet de millésimes mythiques que notre mémoire reconnaîtra.

5ème séance de l’académie des vins anciens jeudi, 29 mars 2007

La répartition des vins en deux groupes, pour les 32 convives :

Vins du 1er Groupe

1 – 01 – champagne Besserat de Bellefon ss A

1 – 02 – Champagne Delamotte en magnum 1985

1 – 03 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985

1 – 04 – Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum

1 – 05 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982

1 – 06 – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976

1 – 07 – Hermitage blanc Chante-Alouette Chapoutier 1955

1 – 08 – Meursault Charmes Maison Bichot 1933

1 – 09 – Pommard Château de Pommard 1978

1 – 10 – Franc Clos des Jacobins 1921

1 – 11 – Richebourg Charles Noëllat 1942

1 – 12 – Bourgogne Clos du Roi 1933

1 – 14 – Château Fontaine Montaiguillon Saint Georges Saint Emilion 1964

1 – 15 – Château La Pointe Pomerol 1953

1 – 16 – Château Pavie Decesses 1966

1 – 17 – Château Chasse Spleen 1961

1 – 18 – Vray Canon Boyer Vacher 1947

1 – 19 – Vega Sicilia Unico 1948

1 – 20 – Clos de la Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983

1 – 21 – Gewurztraminer vendanges tardives (sec) Hugel 1964

1 – 22 – Chateau de RICAUD 1924 Sauternes

1 – 23 – Apéritif Dubonnet environ 50 ans d’âge

1 – 24 – Champagne Ruinart en magnum ss A

Vins du 2ème groupe

2 – 01 – champagne Léon Camuzet ss A

2 – 02 – Champagne Delamotte en magnum 1985

2 – 03 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985

2 – 04 – Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum

2 – 05 – Champagne Mumm 1969

2 – 06 – Champagne Alfred Gratien 1953, crémant , niveau LB

2 – 07 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982

2 – 08 – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976

2 – 09 – Château Carbonnieux (blanc) 1965

2 – 10 – Riesling Grand Cru Rangen de Thann 1990 Zind Humbrecht

2 – 11 – Chateau de Bensse 1933 Médoc

2 – 12 – Frontaillac 1935 (rouge) H. Cuvelier et fils

2 – 13 – Château La Pointe Pomerol 1945

2 – 14 – Château La Grace Dieu Les Menuts 1961

2 – 15 – Auxey-Duresses Bégin-Colnet 1967

2 – 16 – Beaune-Cent-Vignes Jessiaume Père & fils 1949

2 – 17 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1970

2 – 18 – Chateauneuf du Pape Maison Brotte 1977

2 – 19 – Anjou rosé moelleux domaine de Bablut 1966

2 – 20 – Riesling Vendanges Tardives Hugel 1981

2 – 21 – Jurançon, mise Nicolas 1929 (niveau TLB)

2 – 22 – Apéritif Dubonnet environ 50 ans d’âge

2 – 23 – Champagne Ruinart en magnum ss A

Académie des vins anciens – 5ème séance – 29 mars 2007 jeudi, 29 mars 2007

Voici les vins qui ont été bus :

Liste définitive des vins bus lors de la 5ème séance de l’académie des vins anciens

Franc Clos des Jacobins 1921 – Chateau de RICAUD 1924 Sauternes – Jurançon, mise Nicolas 1929 (niveau TLB)  – Meursault Charmes Maison Bichot 1933  – Chateau de Bensse 1933 Médoc – Bourgogne Clos du Roi 1933 – Frontaillac 1935 (rouge) H. Cuvelier et fils – Richebourg Charles Noëllat 1942 – Château La Pointe Pomerol 1945 – Vray Canon Boyer Vacher 1947 – Vega Sicilia Unico 1948 – Beaune-Cent-Vignes Jessiaume Père & fils 1949  – Rivesaltes Lacassagne vers 1950 – Champagne Alfred Gratien 1953, crémant , niveau LB – Château La Pointe Pomerol 1953 – Hermitage blanc Chante-Alouette Chapoutier 1955 – Château La Grace Dieu Les Menuts 1961 – Château Chasse Spleen 1961 – Château Fontaine Montaiguillon Saint Georges Saint Emilion 1964 – Gewurztraminer vendanges tardives (sec) Hugel 1964 – Château Carbonnieux (blanc) 1965 – Anjou rosé moelleux domaine de Bablut 1966  – Château Pavie Decesses 1966 – Auxey-Duresses Bégin-Colnet 1967 – Champagne Mumm 1969 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1970 – Champagne Moët & Chandon 1973 en magnum – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976 – Sancerre Gitton Blanc Les Romains 1976 – Chateauneuf du Pape Maison Brotte 1977 – Pommard Château de Pommard 1978 – Riesling Vendanges Tardives Hugel 1981 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982 – Sancerre Gitton Blanc Galinot 1982 – Clos de la Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985 – Champagne Bonnaire blanc de blancs 1985 – Champagne Delamotte en magnum 1985 – Riesling Grand Cru Rangen de Thann 1990 Zind Humbrecht – Champagne Ruinart en magnum ss A – Apéritif Dubonnet environ 50 ans d’âge – champagne Besserat de Bellefon ss A – champagne Léon Camuzet ss A

Les instructions qui avaient été données avant la réunion :

Lieu de la réunion :

Restaurant Rivoli du Cercle Suédois à Paris, 242, rue de Rivoli, 75001 PARIS, escalier de gauche dans le hall d’entrée, 2ème étage (à noter)

TEL: 01 42 60 40 22, site : http://www.restaurantrivoli.se/

Heure de la réunion : c’est 19 heures, heure absolument impérative.

Coût de la participation : 120 € pour un académicien qui vient avec une bouteille ancienne. 240 € pour les académiciens sans bouteille. Chèque à adresser dès maintenant à l’ordre de "François Audouze AVA" à l’adresse suivante : François Audouze société ACIPAR, 18 rue de Paris, 93130 Noisy-le-Sec.

Dates limites : envoi du chèque : ne plus rien envoyer. Livraison des vins : ne plus rien envoyer et livrer les bouteilles en retard au cercle suédois le 29 mars avant 17 heures.

Livraison des bouteilles :

Au bureau de la maison de champagne Henriot 5 rue la Boétie 75008 PARIS – tél : 01.47.42.18.06. C’est au deuxième étage.

Indiquez bien votre nom, mais surtout, n’écrivez rien sur les bouteilles et ne collez rien sur les bouteilles.

 

 

l’académie des vins anciens du 22 novembre mercredi, 22 novembre 2006

les vins de l’académie du 22 novembre

L’académie des vins anciens tient sa quatrième session au Pavillon Elysée. La grande salle du premier étage, que je pratiquais dans un passé professionnel lointain, quand ce lieu faisait partie des grandes tables parisiennes, est exactement adaptée à notre groupe de 48 membres répartis en six tables de huit. L’efficacité de l’équipe présente est à signaler. Je commence la cérémonie d’ouverture d’une cinquantaine de vins sous l’œil d’une caméra maniée avec l’intention de faire connaître au monde américain les petites astuces et les principes que j’ai adoptés après avoir ouvert des milliers de bouteilles en observant les effets des initiatives que je prends. Un petit groupe d’amis grossit  autour de moi car certains veulent m’aider et d’autres veulent apprendre. Certains vins ont des odeurs merveilleuses, comme l’Yquem 1950 et le Volnay 1949. D’autres vins sont franchement au-delà de tout espoir de survie. Certaines odeurs sont épouvantables. Il manque à l’académie un comité d’admission des bouteilles. La diversité des apports n’a jamais été aussi marquée que ce soir. Il faudra travailler ce sujet. J’ai eu l’occasion de le rappeler dans mon discours introductif : « c’est la qualité des apports qui fait la qualité de nos réunions. Chacun est solidairement responsable. N’attaquez pas telle ou telle bouteille, puisque son propriétaire est sans doute à votre table ». Fort heureusement de merveilleuses bouteilles ont permis à chacun de trouver des sujets de grand bonheur.

Un académicien fort généreux ayant apporté pour les travailleurs du tirebouchon un champagne Duval-Leroy vers 1969, nous avons pu goûter un délicieux champagne à la bulle devenue discrète dont l’expression typée est joyeuse.

Comme à chaque réunion, nous trinquons sur des demi-bouteilles de champagne Léon Camuzet d’une quinzaine d’années, dont l’évolution sympathique est une mise en bouche pour s’acclimater au monde des vins anciens. Didier Depond fit la moue sur ce champagne que d’autres amis ont adoré. Il était visiblement fort marri que ses champagnes Delamotte et Salon expédiés depuis plusieurs jours aient manqué à notre soirée. On les retrouvera un jour, mais comme Grouchy.

Le menu a été composé avant qu’on ne connaisse les vins. Il n’avait donc aucune vocation à être strictement adapté aux vins. Il fut fort honorable mais sans corrélation possible avec ce que nous avons bu : Tempura de gambas avocat pomme / Déclinaison de saumon cuit fumé et mariné, chips de pomme de terre et asperge fine / Foie gras de canard aux épices en déclinaison glacé / Suprême de Pintade rôtie aux asperges vertes et mitonnée de morilles / Fromages de Bernard Antony / Macaronade nuts caramel d’agrumes et pain d’épices.

Les académiciens sont répartis en trois groupes, et voici leurs vins, dans l’ordre de service :

Groupe 1 : Pol Roger rosé 1979 – Probable Chassagne blanc vers année 30, capsule porte : JJ & B – Domaine de Chevalier 1952 – Château Talbot 1955 – Château les grands Rosiers Pauillac 1926 – Château Rausan Ségla 1924 – Pommard Grands Epenots Michel Gaunoux 1962 – Chateauneuf du Pape Sélection de la réserve des Chartes 1947 – Hermitage  Paul Etienne 1959 – Vega Sicilia Unico 1941 – Bouzy Barancourt 1974 – Château Chalon Jean Bourdy 1953 – Montrachet du Domaine de la Romanée Conti 1969 – Domaine du Pin, Beguey, 1ères Côtes de Bordeaux 1937 – Château d’Yquem 1950 – Cognac de Tiffont, cuvée du centenaire vers 1880.

Groupe 2 : champagne "Femme" Duval Leroy 1996 – Graves blanc LE CARDINAL 195? – G de Château Gilette 1958 – Chassagne-Montrachet – Namont de Marcy  1962 – Clos de l’Oratoire 1961 – Château Le Bon Pasteur 1955 – Château Larcis Ducasse 1945 – Château Carbonnieux 1928 – Clos Saint Jean – Bouchard aîné & fils 1962 – Bonnes Mares  Lionel Bluck  1966 – Volnay Clos des chênes 1949 – Côteaux du Layon Cousin-Leduc 1961 – Lacrimae Santa Odiliae Pierre Weissenburger à Obernai 1928 – Château Rayne Vigneau 1975 – Château Coutet 1947 – Cognac de Tiffont, cuvée du centenaire vers 1880.

Groupe 3 : Pol Roger rosé 1979 – champagne Dom Pérignon Oenothèque 1976 – PULIGNY-MONTRACHET  Gauthier frères 1953 – Bâtard Chevalier blanc Pessac Léognan 1988 – Château Talbot 1978 – Château Le Prieuré Saint-émilion 1971 – Château Haut-Brion 1970 – Château La Cabanne Pomerol 1953 – Bouchard Ainé Fils, Grand Manoir, Côtes de Nuits 1929 – Moulin à Vent Bichot 1947 – Chateauneuf du Pape Domaine de Nalys 1985 – Anjou Rosé Moelleux domaine de Bablut 1959 – LOUPIAC  château Dauphiné-Rondillon  1952 – Château Camperos Haut-Barsac 1941 – Château Chalon Jean Bourdy 1969 – Cognac de Tiffont, cuvée du centenaire vers 1880 (commun à toutes les tables).

Les académiciens étant de plus en plus disciplinés, les échanges de vins entre groupes furent discrets. Aussi n’ai-je pu profiter de quelques vins des autres tables qui m’excitaient au moment où je les ai ouverts avec la fine équipe de « tirebouchonniers ». Le Coutet 1947 a été grandiose selon les échos que j’en ai eu, comme le Volnay 1949, le Dom Pérignon 1976 et le Larcis Ducasse 1945. Le Haut-Brion 1970 que j’avais affecté à cette expérience avant de savoir ce qu’il donnerait chez Robuchon fut applaudi. C’est heureux qu’il ait choisi ce soir là pour être bon.

Voici quelques commentaires succincts des vins de mon groupe. Soucieux de l’organisation, je n’avais pas l’attention qu’il faudrait pour saisir toutes les subtilités. Le champagne Pol Roger rosé 1979 est joyeusement fruité. Il est précis. Son attaque est belle, mais il est très court en bouche. Un champagne très agréable, plus plaisant que le récent Pol Roger rosé 1999 que j’ai goûté lors d’un dîner littéraire.

Le probable Chassagne blanc des années 30, JJ&B est une énigme pour tous, mais il est extrêmement plaisant. Certains se demandent si c’est bourguignon. On me parle de chenin. On évoque le chardonnay. Je le crois volontiers. C’est un vin charmant, qui ne renie pas son âge avancé, qui ne ressemble à rien d’actuel, mais qui imprime en bouche une trace forte et plaisante. Son association avec l’agrume du plat le rend absolument excitant.

Les trois vignerons qui sont à ma table sont surpris que le Domaine de Chevalier rouge 1952 puisse avoir cette jeunesse. Ce vin est extrêmement bon. Sa robe et son nez sont jeunes. Il est précis en bouche. Un grand vin. Il ouvre des horizons nouveaux sur la pertinence des périodes de maturité annoncées par les gourous du vin. Ce bordeaux a 54 ans. Il est ingambe et séduisant.

Cette leçon va être confirmée par le Château Talbot 1955 qui est brillant, comme tous les vins de 1955 en ce moment. La structure est un peu plus précise et l’année un peu plus chaleureuse que celle du Domaine de Chavalier.

Le Château les grands Rosiers Pauillac 1926 est une inconnue pour tous. Est-ce Haut Bages comme il est inscrit sur l’étiquette récente. La capsule est assez neuve, le bouchon me semble avoir largement plus de quarante ans. Lorsque je dis que j’aime ce vin, Aubert de Villaine, attentif à nos approches de ces vins anciens, se refuse à suivre mon optimisme. Il n’aime pas ce vin du fait de défauts évidents. Il est possible que l’insistance aromatique du saumon fumé, très éloigné des désirs des vins rouges, ait conduit à cet écart d’analyses. Ce vin est plaisant, vivant, très certainement de 1926. Je l’ai aimé.

En revanche, contrairement au blanc des années 30 et au 1952 de ma cave, le Château Rausan Ségla 1924 que j’avais ajouté malgré un niveau bas montre dès l’abord une odeur animale décourageante. Mais ce vin allait apporter à mes théories une indéniable confirmation. Je demande toujours que l’on ne juge pas trop vite. Nous avons constaté avec mon célèbre voisin une transformation olfactive spectaculaire du Rausan-Ségla. Nous aurions attendu quelques heures de plus, il n’est pas interdit de penser que la majeure partie des imperfections eussent été gommées. Au moment de son passage en scène il ne savait pas son texte. Paix à son âme.

Le Pommard Grands Epenots Michel Gaunoux 1962 est le petit fils d’un de mes plus grands bourgognes, le Grands Epenots Michel Gaunoux 1926. On sent au nez tout le charme bourguignon. Hélas en bouche, ce n’est pas très bien assemblé. Du charme certes, mais de l’imprécision. Le Chateauneuf du Pape Sélection de la réserve des Chartes 1947 dont j’avais fait aussi la pioche dans ma cave me plait énormément. C’est indéniablement un vin simple, sans aucune complication, mais c’est un vin de plaisir qui chante comme sa région.

L’Hermitage  Paul Etienne 1959 a une magnifique étiquette, comme celle de très vieux cognacs. Me déplaçant, car j’étais appelé par d’autres tables, je n’ai pas gardé le souvenir de ce beau vin.

Le Vega Sicilia Unico 1941 m’avait fait très peur à l’ouverture. Sous la capsule, le haut du bouchon, descendu de huit millimètres, laissait suinter du liquide sur un disque moisi. Il n’y avait heureusement aucune contagion. Ce témoignage antique du plus grand vin espagnol me plait énormément, fort, alcoolique, presque caramélisé.

Après ce monstre sacré, le joli Bouzy Barancourt 1974 a moins de structure. On l’aime surtout car c’est un témoignage de valeur de sa région. Le Montrachet du Domaine de la Romanée Conti 1969, cadeau spectaculaire pour l’académie, est un vin qui se boit religieusement. Il est bien sûr de grande race, mais je ne lui ai pas trouvé le caractère flamboyant qu’il a dans ses versions plus récentes. Il est à noter que même plus discret, ce vin reste spectaculaire. Mon attirance pour le Château Chalon Jean Bourdy 1953 est connue. Je l’avais goûté récemment. Celui-ci est vif, limpide, conforme à l’empreinte qu’il doit avoir. J’ai un faible pour le Domaine du Pin, Beguey, 1ères Côtes de Bordeaux 1937 que j’ai déjà fait figurer dans plusieurs de mes dîners. Il ne faut pas lui demander une puissance qu’il serait incapable d’avoir. C’est sur la séduction tranquille avec des notes d’agrumes qu’il faut le déguster. Le Château d’Yquem 1950, cadeau de Pierre Lurton, qui ne pouvait être des nôtres, est généreux, sûr de son charme. Il est très Yquem, sans chercher à dérouter. Très classique, il joue sa partition sans la moindre fausse note. Cette bouteille reconditionnée en 1992 est de l’or le plus pur. Le Cognac de Tiffont, cuvée du centenaire vers 1880 est objectivement un grand cognac. Je l’ai trouvé un peu aqueux et manquant de pep. Là aussi, un certain manque de sex-appeal. Par comparaison, le Bourbon 1900 que je fis goûter à certains est un diablotin remuant.

Notre groupe de vins était particulièrement brillant. Les rires fusaient aux autres tables montrant que les académiciens ne se chagrinaient pas trop des quelques bouteilles réellement mortes. Je serais bien en peine de faire un classement des vins que j’ai bus. Je mettrais en tête Yquem 1950, car il est toujours au rendez-vous, avec une pureté de ton remarquable. C’est le Montrachet DRC 1969 qui doit venir en second pour sa noblesse. Mais je le ferais volontiers précéder par le Domaine de Chevalier 1952 qui sera second ou troisième selon que l’on privilégie tel ou tel critère de jugement. Le Chateauneuf du Pape 1947 vient ensuite et le Vega Sicilia Unico 1941.

L’académie des vins anciens est sans doute le seul cercle qui permet à des amateurs d’avoir accès à des vins impossibles à rassembler : Dom Pérignon Oenothèque 1976, Montrachet DRC 1969, Yquem 1950, Coutet 1947, Vega Sicilia Unico 1941, Larcis Ducasse 1945, Carbonnieux 1928, et d’autres, où peut-on les rassembler ? Seulement à l’académie bien sûr, pour des budgets aussi mesurés.

Belle salle, bon service, repas structuré, intelligents fromages, grands vins. L’académie s’installe sur un bon rythme. Et le groupe de fidèles est très sympathique. Vivement la prochaine séance.

règles de fonctionnement pour la réunion de l’académie des vins anciens mercredi, 22 novembre 2006

Voici le texte adressé le 20 octobre aux inscrits :

Chère académicienne, cher académicien,

1 – lieu et date

La prochaine séance de l’académie se tiendra au Pavillon Elysée, 10 avenue des Champs-Élysées le 22 novembre 2006 à 19 heures précises.

Nous bénéficierons d’un repas à plusieurs plats préparé par le groupe Lenôtre et de fromages de Bernard Antony.

2 – conditions financières

Pour assurer un niveau de haute qualité des vins de cette soirée, je vais innover en prévoyant une tarification à deux niveaux pour ceux qui apportent des vins.

Les conditions de participation à cette séance seront les suivantes :

          participation à la séance avec une bouteille ancienne de haut niveau : 120 €

          majoration pour bouteille acceptée, non ancienne ou de moindre rareté : 60 €

          majoration pour absence de bouteille : 50 € en plus des 60 €

J’indiquerai à chacun dans quelle catégorie il se trouve.

Comme j’ai demandé des prestations plus chères, le prix est plus élevé. Je comprendrai si parmi les inscrits certains d’entre vous annulent leur inscription. Me le dire au plus vite pour que j’accepte d’autres demandes.

3 – livraison des vins

Les vins doivent être adressés à deux endroits possibles :

          à mon bureau 18 rue de Paris à 93130 Noisy-le-Sec, société Vimpériale, pour ceux qui enverront leur bouteille par la poste

          au bureau de la société Henriot 5 rue la Boétie 75008 Paris, au deuxième étage, pour ceux qui déposeront leur bouteille sans recourir à l’envoi postal

Les bouteilles devront être arrivées à l’un de ces deux points avant le 15 novembre. Il faut donc que j’aie validé vos propositions, au plus vite. Les bouteilles validées peuvent être envoyées ou livrées dès maintenant.

Pour permettre  le bon ordonnancement de la réunion, tout académicien qui n’aurait pas apporté sa bouteille à l’un des deux sites avant le 21 novembre à 12 heures devra payer la cotisation comme s’il n’avait pas de bouteille, sauf exception autorisée. Il y a en effet une importante préparation avec les sommeliers pour le service qui nécessite d’avoir les vins à l’avance.

4 – paiement

Il va falloir verser des arrhes. Je serais heureux que le plus grand nombre d’entre vous m’adressent le prix de leur participation à l’avance, ce qui facilitera l’accueil lors de la réunion.

Chèque à l’ordre de « François Audouze AVA » 18 rue de Paris 93130 Noisy-le-Sec.

5 – divers

N’hésitez pas à me contacter pour toute question. N’hésitez pas à me faire des remarques.

La liste des bouteilles inscrites à cette réunion figure dans un message spécial ci-dessous.

 

Quelques vins ne sont pas encore annoncés.

Ouvrons ensemble nos plus beaux flacons.