Match au sommet : Landonne, Vega et Penfolds mardi, 14 août 2012

Ce soir, c’est le point culminant du séjour de nos amis. Il en manque un, Jean-Philippe, retenu par d’autres obligations. Mon gendre arrive vers 18 heures pour apporter sa contribution. Hélas, le vin est trop froid et je lui fait part de mon inquiétude : le vin pourrait être étranglé par un coup de froid trop violent. J’ouvre les trois rouges qui dégagent des parfums opulents et capiteux.

Les petits-enfants jouent et rient autour de nous puis nous quittent pour aller dîner de leur côté. C’est l’ouverture de l’apéritif. Un des amis a apporté un champagne Selosse Substance dégorgé en 2010 et nous dit : « j’ai peur hélas que ce soit un dégorgement trop récent ». Tel Zorro ou tel la Redoute, je ne sais, je m’écrie : « j’ai l’article ». Et, comme si le numéro de music-hall avait été préparé à l’avance, je sors d’un réfrigérateur un Champagne Jacques Selosse Substance dégorgé le 20 mars 2007. C’est le sacre du printemps !

Inutile de dire que je ne suis pas peu fier de l’effet de surprise. C’est ce champagne que nous buvons, d’un or cuivré du plus bel effet. Son nez est d’une expression puissante et en bouche, le plaisir est absolu. L’âge a embelli ce champagne d’une spectaculaire façon. Souvent Substance peut être énigmatique, extrême. Celui-ci est civilisé, lisible, d’une rare complexité abordable. Il y a un léger fumé, des sensations de noisettes et d’amandes, des fruits jaunes et bruns, une vinosité équilibrée. Et ce champagne serein est d’un vrai plaisir. On est bien. Avec un saucisson très charpenté, avec des petits gâteaux au parmesan, avec des anchois au gingembre, il s’adapte cordialement.

Comme il fait chaud, nous avons soif et j’ouvre alors un Champagne Krug 1982. J’ai tendance à considérer que sur les trente dernières années, il y a deux Krug, le 1982 et le 1988. Le 1988 est plus puissant, un champagne majeur. Le 1982 est plus romantique, plus gracile et probablement plus complexe. Celui que nous buvons est un champagne de compétition. Nous entrons de plain-pied dans la complexité. Il y a d’abord ce parfum envoûtant, profond, indélébile. Ensuite, ce sont des fleurs blanches qui assaillent, accompagnées de fruits rouges et roses. Comme il fait beau ce soir, je sens du poivre qui accompagne une esquisse de romarin. Et la musique de ce champagne se joue sur tous les arpèges. Il est immense, et le Selosse nous a préparés à en profiter encore plus. Une crème au butternut est agréable, mais ne convient pas au champagne. Ce sont surtout des champignons de Paris à l’ail et au persil qui ont mis en valeur les deux champagnes.

Nous passons à table et j’ai souhaité que nous puissions comparer trois vins puissants de trois pays différents. Le premier est la Côte Rôtie La Landonne Guigal 2000. Comme les autres vins, il sera bu sur un veau à basse température avec du riz noir et caviar d’aubergine, puis sur un agneau aux petites pommes de terre cuites dans leur peau. Le nez de La Landonne est prodigieux, peut-être le plus expressif des trois. Mais le coup de froid a serré le vin comme par un corset. On sent toute sa richesse, mais le manque d’ampleur et le manque de longueur dans le final limitent le plaisir. Inutile de dire que même ainsi, on ne le boude pas, car c’est un grand vin.

Vient ensuite Penfolds Grange BIN 95 2005 petite bombe olfactive. Ce que j’aime dans ce vin, c’est lorsque l’on dépasse son modernisme. On pourrait s’arrêter à tout ce qui est « trop », mais quand on prend le temps d’écouter son message, on sent du fenouil et de l’anis au-delà des fruits noirs, et l’on aime sa fraîcheur exceptionnelle, anisée, presque mentholée, qui lui confère une légèreté qui contredit son degré d’alcool. Mes amis se moquent de mon apport en disant : « ça sent la banane ou la vanille », mais lorsque le temps passe, ils se rendent compte que ce vin est le plus frais de tous, et tient mieux dans la chaleur de la nuit.

Le Vega Sicilia Unico Reserva Especial est fait de vins de 1991, 1994 et 1995. Son élégance et son équilibre sont exceptionnels. C’est le plus équilibré des trois, profond, charmant, riche et goûteux. Mais c’est surtout l’équilibre qui me frappe ainsi qu’une longueur infinie. Il a aussi dans son final une belle fraîcheur. Je trouve ce vin éblouissant de naturel et de justesse.

Lorsque ma femme annonce : « j’ai un Jort », ce n’est qu’un cri de joie et j’affirme : ce sera le Penfolds qui conviendra le mieux avec ce camembert. Et l’accord est pertinent. La salade de fruit est goûtée sur de l’eau car nous avons bien sacrifié à Bacchus.

Le consensus se fit pour classer les vins de ce soir : 1 – Krug 1982, 2 – Vega Sicilia Unico, 3 ex aequo – Selosse et Penfolds. Sous les rires, les moustiques et une pluie d’étoiles, nous avons passé une soirée mémorable.

Un Gilette manquant de tranchant samedi, 11 août 2012

Des amis arrivent à la maison. Ce sont les compagnons des échappées à Noma ou a Casadelmar, de solides gastronomes. Cueillis à l’avion à l’heure du déjeuner, c’est avec un Champagne Salon magnum 1997 que nous trinquons à leur arrivée. Ce champagne a tout pour rassurer. Il n’a rien d’explosif, rien d’extrême, mais il est rassurant dans sa fragilité romantique. Il est gracile, mais il est aussi solide, supportant le choc de la poutargue, de chipolatas, et même de la burrata sur des tomates pelées et épépinées. Sur un viril saucisson, il est tout excité. Le soir, à l’apéritif, il a pris de l’ampleur sans perdre sa bulle. Il est bien. Nous faisons l’impasse de vin rouge pour qu’un Château Gilette crème de tête 1953 accompagne une tarte à l’abricot. Le nez est glycériné. Le goût est empâté, avec cette glycérine qui vire vers une amertume insistante. Le vin a probablement eu un coup de chaud et ne dégage pas la pureté qu’il devrait avoir. C’est bien dommage.

Apéritif dînatoire avec de beaux champagnes vendredi, 10 août 2012

Apéritif dînatoire avec le Champagne Gosset Grand Millésime 2004 qui a du corps et de la personnalité. Je suis très favorablement impressionné par ce champagne fort viril d’un grand équilibre.

Le Champagne Dom Pérignon magnum 1998 est conforme à ce qu’on en attend. Il est romantique, féminin après le Gosset, avec des fleurs blanches et des fruits blancs de belle présence. Il a une jolie longueur. Ce champagne qui s’était un légèrement éteint il y a peu de temps s’ouvre à nouveau bien joliment.

Le Champagne Laurent Perrier Grand Siècle magnum datant probablement de la même époque que le Dom Pérignon, voire plus vieux car son bouchon est devenu cylindrique, est d’un grand plaisir. Mon cœur balance entre les deux, et je serais bien embarrassé de désigner un vainqueur. Mais du fait de l’âge qui va bien au Grand Siècle, je trouve un peu plus de profondeur au palais avec le Laurent Perrier, qui, lui aussi floral et de fruits blancs, gagne donc la palme.

Nous avons profité des champagnes sur de la poutargue, des tranches fines de Pata Negra, de la mimolette et du Comté et sur sept sortes de chipolatas dont les gagnantes sont : 1 – garrigue, 2 – nature, 3 – moutarde, 4 – Corse, 5 – Mexique, 6 – Provence, 7 – pistou. Le magasin où je les achète ayant 21 sortes de chipolatas, je sens qu’il va falloir que j’ouvre d’autres champagnes !

Le lendemain, le reste du Laurent Perrier a encore toutes ses bulles et a gagnée encore plus de charme. C’est vraiment un très grand champagne, d’une séduction rare, tout en finesse florale.

dîner avec Dom Pé et mara des bois lundi, 23 juillet 2012

Des amis de mon fils viennent dîner. Un Champagne Charles Heidsieck mis en cave en 1997 a une jolie robe dorée. La bulle est assez grosse, mais le champagne est plaisant. Le plus grand compliment que l’on puisse lui faire est qu’il se boit bien. Il est serein, gouleyant, sans chichi. Avec une rillette de maquereau, l’accord est redoutable. Avec du foie gras tartiné, l’accord est confortable. Un Champagne Dom Ruinart 1998 fait prendre conscience de l’écart de complexité. Ce champagne est généreux, complexe, follement romantique. On ne lui cherche pas d’énormes énigmes, car on est bien. C’est un beau champagne qui ne boxe pas parmi les plus grands mais qui se classe dans la famille des grands champagnes.

Nous passons à table et sur un agneau cuit à basse température, fondant et goûteux, le Chateauneuf-du-Pape Vieux Télégraphe 1999 a de l’allure. Il est conquérant, offre son bois et sa force burinée. Il est puissant mais il n’est pas très complexe. Il se boit bien, mais il ne faut pas lui demander des subtilités qu’il n’a pas. Sa générosité est son passeport, auquel on accorde un visa de satisfaction.

Par une conjonction quasi miraculeuse, il y a sur la table une grosse barquette de fraises mara des bois, et j’ouvre un Champagne Dom Pérignon 1998. Ce que la fraise apporte au champagne, le champagne l’apporte à la fraise et l’accord est miraculeux. Et aucune autre fraise que cette mara n’aurait joué le rôle de multiplicateur du champagne. C’est irréellement délicat. Le champagne est beau, frais, romantique et subtil. Ce n’est que du plaisir, qui se redouble avec un gâteau corse composé par ma femme, dont la trame citronnée vibre avec le Dom Pérignon à la vibration extrême.

Par un soir doux de juillet sans mistral et des discussions passionnantes et cosmopolites, nous avons passé un excellent dîner où l’accord mara des bois et Dom Pérignon 1998 est de loin le plus saisissant.

sous le chant des cigales, un Krug magistral samedi, 21 juillet 2012

Enfin nous avons nos trois enfants et leurs enfants ensemble auprès de nous. Il faut qu’un grand flacon marque l’événement.

Les petits enfants courent partout et leurs rires tentent de couvrir l’espace sonore que monopolisent les cigales et la mer. Ils y arrivent parfois.

Le Champagne Bollinger Grande Année 1989 est d’un or superbe et généreux. Il se place bien en bouche, vineux mais aussi confortable. C’est un champagne épanoui, serein, sans histoire. La poutargue moelleuse mais profonde lui rend un écho vibrant.

Vient enfin le tour du Champagne Krug Vintage magnum 1990. Mon gendre me rappelle que c’est ce même champagne que j’avais ouvert pour ses fiançailles avec ma fille cadette. Le choc gustatif est extrême et nous nous félicitons que ce Krug ait été précédé du Bollinger. Car la pureté du 1989 permet de mieux comprendre la fabuleuse complexité du Krug. Il y a du floral, d’une délicatesse rare. Et il y a surtout des fruits rouges, comme en pâtes de fruit. L’intensité de ce champagne est extrême, ainsi que sa vibration. Sur des anchois, sur une anchoïade, sur du foie gras, sur du lomo, il brille chaque fois. Il est imposant sans s’imposer, de longueur extrême et de complexité absolue. S’il n’a pas le romantisme et la gracilité d’un Krug 1982, il a l’aisance d’un champagne accompli.

Le repas est simple, consistant en des chipolatas aux multiples parfums. J’en ai retenu cinq, aux herbes et épices redoutables. Le Terrebrune Bandol 1997 nous déçoit, car après l’invraisemblable Baguiers d’hier, il joue en dedans, et nous soupçonnons qu’il a eu un coup de chaud en cave. Il y a bien sûr tout ce qui fait qu’on aime le Bandol, mais sans relief. Le vin joue « en dedans ».

Il met d’autant plus en valeur un Pibarnon Bandol 1990 superbe, et tellement Bandol ! Il y a la garrigue, le romarin, le thym et le fenouil et cette râpe que j’aime. S’il est grand, il n’arrive pas à nous faire oublier le Baguiers d’hier.

Les enfants se font d’autant plus bruyants qu’ils sont fatigués mais ils rient de si bon cœur. Une salade de brugnons blancs met en valeur le fond du Krug car il fait ressortir son fruit délicat.

Par un beau soir d’été en famille quasi complète, un Krug magistral a fleuri notre plaisir d’être ensemble.

tasting of 41 vintages of the Romanée Liger-Belair dimanche, 10 juin 2012

The tasting of 41 vintages of the Romanée Liger-Belair is held at the restaurant « Im Fünften » which as the name suggests is on the fifth floor of a shopping center, overlooking the Jakominiplatz in Graz. We are about 24, but each bottle will be divided into sixteen glasses, since several people will share a glass for two. The service of the wines is done according to a rather clever process. Gerhard, the organizer of the tasting, brought small schnapps glasses, and each participant receiving the carafe of a new wine uses a small glass to dose the amount, having a mark on the glass. It is very hot and during the first part of the tasting, before the night falls, the wines show a little too much alcohol first.

We taste « blind » almost total since, if we know the wine we drink, we do not know his year. The series are of five wines, whose order was established by Gerhard, and we do not know anything about it. The notes I have taken are more to differentiate the wines in each series, since we vote, than to describe them intrinsically. In addition, as there are many series, for prudence I do not come back many times on each wine. The desire to differentiate means that I put forward such or such defect, even if the wine is overall pleasant. Note that I do not know what the wine is when I wrote these notes where, for questions of readability, I indicate the year after the year instead of the order number of the wine. I kept my notes as they were, with their mistakes, their repetitions, and their imperfections. It should be noted that most often, my vote for the first three wines is very close to the vote of the group.

Series No. 1. The 1988 has the most tired color, its deep nose shows signs of age. The 1995 is much younger in color, cooler, and a bit strict. It has a nice pleasant structure. The 2004 has a powerful nose, a blackcurrant nose and a generous attack. This is the favorite of Louis-Michel Liger-Belair, because he is in the style he wants to give to his wine. He is opulent. The 1993 is more watery, a little less structured. But he improves in the glass. The 2006 is elegant, measured, and very pretty.

Wines, in the service order, series 1: 1988 – 1995 – 2004 – 1993 – 2006.

The vote of the group is: 1: 2006, 2: 2004, 3: 1993, 4: 1995, 5: 1988.

My vote is: 1: 2006, 2: 2004, 3: 1993, 4: 1988, 5: 1995.

Series n ° 2. The 1979 has a warm nose, the 1970 a less precise nose, the 1982 has a rather animal nose, the 1972 has an elegant nose, the 1976 exhales a lot of alcohol, but it is related to the heat .The mouth of 1979 is elegant, refined. I like this wine. The 1970 is slightly tired, with a hint of cork that is not confirmed. It is quite mineral. He becomes warmer. The 1982 is older, a little watery, but it has a beautiful elegance. It is a little rough, rough and a little imprecise. The 1972 has freshness and elegance, in the end very fluid. I note: « that is happiness ». The 1976 is elegant but with a little less personality. He is racy too.

Wines, in Service Order Series 2: 1979 – 1970 – 1982 – 1972 – 1976

The vote of the group is: 1: 1972, 2: 1976, 3: 1970, 4: 1982, 5: 1979.

My vote is: 1: 1972, 2: 1976, 3: 1979, 4: 1970, 5: 1982.

Series No. 3. The 2000 has a very young color. He is very fluid. He is elegant and silky. The 1997 has a nice nose. It is a beautiful wine, less fine than the first. The 2007 has a less clear nose. I like his raspy side. He is more seductive, more Burgundian, but with the heat, shows too much his alcohol. The 2003 has a less pleasant nose. The taste is also less pleasant. The final is not precise enough. It is rather closed. The 2001 has a perfume of beautiful personality. It is atypical but exciting enough. It’s confusing, but I like it.

Wines, in Service Order Series 3: 2000 – 1997 – 2007 – 2003 – 2001

The vote of the group is: 1: 2003, 2: 2007, 3: 2001, 4: 2000, 5: 1997.

My vote is: 1: 2000, 2: 2007, 3: 2001, 4: 1997, 5: 2003.

Series No. 4. The 1968 has a nose of camphor, wine that has no vintage but that can be dated between 1920 and 1935 since it is a wine distributed by Marey & Comte Liger Belair has a nose of game, the 1973 has a superb nose, the 1923 has a nose of port, the 1975 has a « possible » nose. The 1968 is not so bad in the mouth, at least on the attack, but it is deviated, sick. The probable 1925 has a nice attack, but he is a little tired. The 1973 is more elegant. He still has fruit. The final is a little uncertain. But after a few minutes he shows that he is very handsome. The 1923 is pleasant. We smell his alcohol. The 1957 is the youngest of the five. As the first two were a little tired, Gerhard added a sixth wine, the 1975 that I find very pretty. Tasted then knowing the year, I find it above what it should be for 1975. And I have the same reaction knowing that the 4th wine is 1923. It is a superb 1923.

The wines, in the service order of series 4: 1968 – around 1925 – 1973 – 1923 – 1957 – 1975

The vote of the group is: 1: 1973, 2: 1957, 3: 1975, 4: 1923, 5: towards 1925, 6 – 1968.

My vote is: 1: 1973, 2: 1975, 3: 1957, 4: 1923, 5: 1968, 6: around 1925.

Series No. 5. The 1998 has a pretty fruity nose. He is pretty, rich, peppered, very powerful. The 2010 has an older nose, not easy to identify (I do not know the vintage). It is truffle, vegetal, not yet structured. The 2008 has a young nose like the 2010 (that’s what I wrote, which does not seem very coherent). He is happier, well structured. It’s a great wine in the making. The 1996 has a very pretty, rich, opulent nose. In the mouth, it is a little tight, strict, but of great potential. The 2002 has a nice and discreet nose. On the palate it is elegant and refined. This is for me the most beautiful series, very young and very well made wines.

Wines, in Service Order Series 5: 1998 – 2010 – 2008 – 1996 – 2002

The vote of the group is: 1: 2008, 2: 2002, 3: 2010, 4: 1996, 5: 1998.

My vote is: 1: 2002, 2: 2008, 3: 1998, 4: 2010, 5: 1996.

Series No. 6. The 1986 has a very pretty nose. He is pretty, charming, but is not Grand Cru. The 1983 has a seductive, winey nose. I like it. It is quite simple but very authentic. The 1985 is corked, alas. The 1992 has a very charming nose. It is very pleasant in mouth, charming, but does not have the tension that had the 5th series. The 1978 is corked, which is annoying when you learn what vintage it is. Louis-Michel votes for this wine at the first place by explaining why: he recognized the vintage and feels the immense potential of this wine. It therefore ignores the taste of cork that we suffer.

Wines, in Service Order Series 6: 1986 – 1983 – 1985 – 1992 – 1978

The vote of the group is: 1: 1992, 2: 1983, 3: 1986, 4: 1978, 5: 1985.

My vote is: 1: 1983, 2: 1992, 3: 1986, 4: 1978, 5: 1985.

Series No. 7. The 1990 has a high class nose. On the palate it is sweet, almost sweet, and not very orthodox. The 1989 has a pretty nose, but not very structured. In the mouth, it is fresher, charming, with a lot of fruit. I love him enough. The 2009 has a beautiful nose. It is a little sweet too but much more successful than the 1990. I blame myself, because I did not recognize this 2009 that I had tasted at the domaine. The 1999 has a slightly closed nose. It is a bit raspy on the palate but very interesting. The 2005 has a pretty nose, discreet. In the mouth it is not bad, but I do not find it very sexy.

Wines, in Service Order Series 7: 1990 – 1989 – 2009 – 1999 – 2005

The vote of the group is: 1: 2009, 2: 1999, 3: 2005, 4: 1989, 5: 1990.

My vote is: 1: 1989, 2: 2009, 3: 1999, 4: 1990, 5: 2005.

Series No. 8. The 1961 has a rather old nose. It’s old. In the mouth, it is sweet, and has almost no final. The 1966 has a pretty animal nose. On the palate it is sweet but bitter too. The 1964 has a tired nose, but it is pleasant on the palate. It has a pleasant end where alcohol shows itself. The 1969 has a much prettier nose. Despite bitterness in the end, I like this wine. The 1953 has an interesting nose. It is a little watery in the mouth but does not displease me. This series is perhaps the one that convinced me the least, because we are in a period where we can think that those who made the wine did not have a sufficient desire for excellence, contrary to what we see today.

Wines, in Service Order Series 8: 1961 – 1966 – 1964 – 1969 – 1953

The vote of the group is: 1: 1969, 2: 1953, 3: 1961, 4: 1964, 5: 1966.

My vote is: 1: 1969, 2: 1953, 3: 1964, 4: 1966, 5: 1961.

Gerhard now makes us taste blind a series of liquoreux.

Series n ° 9. The Bonnezeaux field of the Cross of Loges 1974 is very sweet. It looks like an English candy to which one would add cinnamon and marshmallow. It has a nice freshness, but the pineapple aspect does not do as well. The Zeltinger Schlossberg Riesling Auslese Mosel Maximilian Keilereien 1964 has a weird nose. It is fairly light, barely sweet, in the end a little imprecise.

The Château Rieussec 1985 is much more pleasant, because it is a cozy Sauternes (I have no doubt about its origin by drinking it). The next wine and last wine has a whimsical label because it cannot be marketed because it only earns 4 °. While drinking it I immediately thought of a Hungarian Essenzcia because it has the nose, the enormous sugar and the beautiful freshness. And it is an Austrian Welschriesling Essenz 2001. We are therefore in the same spirit. We drank these four liquoreux on Austrian cheeses chosen with love by the restaurant, damn fine, so that we realize that Austria also makes cheeses. They are raised by Alt Grottenhof with permanent Gregorian songs. My ranking of these four wines is Rieussec, Essenz, Bonnezeaux and Mosel Riesling.

What about this evening? First of all, Gerhard’s determination has made it possible to gather all these wines, which is not an easy task when a wine has such a small production. Then, it’s a privilege to drink as many vintages of this great wine. Gerhard is a big wine enthusiast and it takes such characters to make beautiful events. The 1923, which I put fourth in his series, when I drank it knowing what it is, enthusiasmed me. This shows me that I prefer vertical tastings when we know what we drink, because I can then take advantage of my references on these years.

But the advantage of blind tasting is that it can be shown without risk of being influenced that there are so-called « average » years among the best classified as 1992, 1973, 1972 and 1957, for example, and so-called « big » years less well ranked like 2005, 1990, 1989, 1978, 1961, 1923.

Thus the wines ranked 1 or 2 by the group are: 2009, 2008, 2007, 2006, 2004, 2003, 2002, 1999, 1992, 1983, 1976, 1973, 1972, 1969, 1957 (Leroy), 1953 (Leroy-tastevinage).

And the wines ranked beyond 2nd by the group are: 2010, 2005, 2001, 2000, 1998, 1997, 1996, 1995, 1993, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1982, 1979, 1978, 1975, 1970 (Bichot), 1968, 1966 (Bichot), 1964 (Bichon to Margaux), 1961 (Leroy), around 1925 (Marey and Liger-Belair), 1923 (Leon Rigault).

During certain periods, the wine may not have had the treatment it deserved. Is it because those who were in charge did not give all the care they should have, I do not know. But a great wine from a great terroir always takes over. And Louis-Michel is demonstrating that the Romanée Liger-Belair is one of the most beautiful wines, the most racy of the beautiful Burgundy. The fact that this wine is big in so-called small years is a sign that it is an exceptional wine.

Long life to this Romanée whose recent vintages have conquered us.

(pictures are in the articles in French)

Dégustation de 41 millésimes de La Romanée Comte Liger-Belair dimanche, 10 juin 2012

Dégustation de 41 millésimes de La Romanée Comte Liger-Belair

Nous sommes 24 personnes, mais seuls 16 verres sont servis, quelques personnes partageant le même verre. Dégustation en sachant que c’est la Romanée, mais sans aucune indication de millésime. Donc un aveugle total sur les années.

Série 1 : 1988 – 1995 – 2004 – 1993 – 2006

Série 2 : 1979 – 1970 – 1982 – 1972 – 1976

Série 3 : 2000 – 1997 – 2007 – 2003 – 2001

Série 4 : 1968 – vers 1925 – 1973 – 1923 – 1957 – 1975

Série 5 : 1998 – 2010 – 2008 – 1996 – 2002

Série 6 : 1986 – 1983 – 1985 – 1992 – 1978

Série 7 : 1990 – 1989 – 2009 – 1999 – 2005

Série 8 : 1961 – 1966 – 1964 – 1969 – 1953

Chacun vote pour son n° 1 et son n° 2 seulement. J’ai classé tous les vins de chaque série.

Voici les classements dans chaque série :

Série 1 – Le vote du groupe est : 1 : 2006, 2 : 2004, 3 : 1993, 4 : 1995, 5 : 1988.

Mon vote est : 1 : 2006, 2 : 2004, 3 : 1993, 4 : 1988, 5 : 1995.

Série 2 – Le vote du groupe est : 1 : 1972, 2 : 1976, 3 : 1970, 4 : 1982, 5 : 1979.

Mon vote est : 1 : 1972, 2 : 1976, 3 : 1979, 4 : 1970, 5 : 1982.

Série 3 – Le vote du groupe est : 1 : 2003, 2 : 2007, 3 : 2001, 4 : 2000, 5 : 1997.

Mon vote est : 1 : 2000, 2 : 2007, 3 : 2001, 4 : 1997, 5 : 2003.

Série 4 – Le vote du groupe est : 1 : 1973, 2 : 1957, 3 : 1975, 4 : 1923, 5 : vers 1925, 6 – 1968.

Mon vote est : 1 : 1973, 2 : 1975, 3 : 1957, 4 : 1923, 5 : 1968, 6 : vers 1925.

Série 5 – Le vote du groupe est : 1 : 2008, 2 : 2002, 3 : 2010, 4 : 1996, 5 : 1998.

Mon vote est : 1 : 2002, 2 : 2008, 3 : 1998, 4 : 2010, 5 : 1996.

Série 6 – Le vote du groupe est : 1 : 1992, 2 : 1983, 3 : 1986, 4 : 1978, 5 : 1985.

Mon vote est : 1 : 1983, 2 : 1992, 3 : 1986, 4 : 1978, 5 : 1985.

Série 7 – Le vote du groupe est : 1 : 2009, 2 : 1999, 3 : 2005, 4 : 1989, 5 : 1990.

Mon vote est : 1 : 1989, 2 : 2009, 3 : 1999, 4 : 1990, 5 : 2005.

Série 8 – Le vote du groupe est : 1 : 1969, 2 : 1953, 3 : 1961, 4 : 1964, 5 : 1966.

Mon vote est : 1 : 1969, 2 : 1953, 3 : 1964, 4 : 1966, 5 : 1961.

Voici les vins qui sont classés par le groupe soit n° 1 soit n° 2, classés dans l’ordre des millésimes (avec entre parenthèse le classement du groupe puis mon classement) :

2009 (1 – 2), 2008 (1 – 2), 2007 (2 – 2), 2006 (1 – 1), 2004 (2 – 2), 2003 (1 – 5), 2002 (2 – 1), 1999 (2 – 3), 1992 (1 – 2), 1983 (2 – 1), 1976 (2 – 2), 1973 (1 – 1), 1972 (1 – 1), 1969 (1 – 1), 1957 (2 – 3), 1953 (2 – 2).

Vins n°s 3, 4, 5 ou 6 pour le groupe :

2010 (3 – 4), 2005 (3 – 5), 2001 (3 – 3), 2000 (4 – 1), 1998 (5 – 3), 1997 (5 – 4), 1996 (4 – 5), 1995 (4 – 5), 1993 (3 – 3), 1990 (5 – 4), 1989 (4 – 1), 1988 (5 – 4), 1986 (3 – 3), 1985 (5 – 5), 1982 (4 – 5), 1979 (5 – 3), 1978 (4 – 4), 1975 (3 – 2), 1970 (3 – 4), 1968 (6 – 5), 1966 (5 – 4), 1964 (4 – 3), 1961 (3 – 5), vers 1925 (5 – 6), 1923 (4 – 4).

A part pour le 2003 jugé premier par le groupe et 5ème par moi et les 2000 et 1989 jugés 4ème par le groupe et premiers par moi, il y a une grande homogénéité entre les votes du groupe et les miens, ce qui semble indiquer que dans chaque groupe l’écart qualitatif était assez clair.

Pour plus de lisibilité, vins classés 1 ou 2 par le groupe :

2009, 2008, 2007, 2006, 2004, 2003, 2002, 1999, 1992, 1983, 1976, 1973, 1972, 1969, 1957, 1953.

Vins classés au-delà de 2è par le groupe :

2010, 2005, 2001, 2000, 1998, 1997, 1996, 1995, 1993, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1982, 1979, 1978, 1975, 1970, 1968, 1966, 1964, 1961, vers 1925, 1923.

On note qu’il y a des années dites « moyennes » dans les mieux classées comme 1992, 1973, 1972 et 1957, par exemple, et des années dites « grandes » moins bien classées comme 2005, 1990, 1989, 1978, 1961, 1923.

Dans le compte-rendu ci-dessous, je donne des indications succinctes sur chaque vin.

Une remarque sur l’aveugle. J’ai participé à beaucoup de verticales extensives comme celle-ci. L’intérêt de ces événements, c’est de mieux connaître l’histoire et l’âme d’un vin. Je sens que j’apprends beaucoup mieux quand je bois le vin d’une année en faisant appel à ma mémoire des vins de cette année.

Il faisait très chaud, et l’alcool revenait plus qu’il ne devrait, aussi mes appréciations de l’âge des vins était toujours plus vieille que la réalité. Et je n’étais pas dans mes repères.

Il est certain que l’avantage, c’est de ne pas être influencé par l’année, ce qui a permis à des années dites moyennes de surclasser de plus grands millésimes, mais j’ai pu vérifier par exemple sur le 1923 que j’ai bu à l’aveugle, puis en sachant que c’est 1923, que je comprenais dix fois plus de choses lorsque je savais ce que je buvais. Et le 1923 que j’ai classé 4ème de la série, comme le groupe, je l’ai retrouvé avec une richesse de message beaucoup plus grande, car j’avais le référentiel de 1923.

Avantage pour la spontanéité de l’exercice avec cet aveugle, mais moins de pertinence des jugements, qui sont moins complets et moins précis quand on ne sait pas ce qu’on boit.

La verticale de 56 milésimes de Clos de Tart convenait plus à mon approche et j’ai beaucoup plus appris sur chaque décennie que je ne l’ai fait dans celle-ci.

Mais, bien évidemment, c’est un plaisir et un honneur de participer à de telles verticales.

Gerhard, l’organisateur, et Louis-Michel Liger-Belair

dégustation de 41 millésimes de la Romanée dimanche, 10 juin 2012

La dégustation de 41 millésimes de la Romanée Liger-Belair se tient au restaurant « Im Fünften » qui comme son nom l’indique est au cinquième étage d’un centre commercial, surplombant la Jakominiplatz de Graz. Nous sommes environ 24, mais chaque bouteille sera partagée en seize verres, puisque plusieurs personnes partageront un verre à deux. Le service des vins se fait selon un processus assez astucieux. Gerhard, l’organisateur de la dégustation, a apporté des petits verres à schnaps, et chaque participant recevant la carafe d’un nouveau vin utilise un petit verre pour doser la quantité, en ayant le repère d’une marque sur le verre.

Il fait très chaud et pendant la première partie de la dégustation, avant que le soir ne tombe, les vins montrent un peu trop leur alcool en premier. Nous dégustons « à l’aveugle » presque total puisque, si nous connaissons le vin que nous buvons, nous ne connaissons pas son année.

Les séries sont de cinq vins, dont l’ordre a été établi par Gerhard, et nous n’en savons rien. Les notes que j’ai prises sont plutôt pour différencier les vins dans chaque série, puisque nous votons, que pour les décrire de façon intrinsèque. De plus, comme il y a beaucoup de séries, par prudence je ne reviens pas de nombreuses fois sur chaque vin. Le souci de différencier fait que je mets en avant tel ou tel défaut, même si le vin est globalement plaisant. A noter que je ne sais pas quel est le vin quand j’ai écrit ces notes où, pour des questions de lisibilité, j’indique après coup l’année au lieu du numéro d’ordre du vin. J’ai gardé mes notes telles quelles, avec ses erreurs, ses redites, et ses imperfections. On notera que le plus souvent, mon vote pour les trois premiers vins est très proche du vote du groupe.

Série n° 1. Le 1988 a la couleur la plus fatiguée, son nez profond montre des signes d’âge. Le 1995 est beaucoup plus jeune de couleur, plus frais, un peu strict. Il a une belle structure plaisante. Le 2004 a un nez puissant, un nez de cassis et une attaque généreuse. C’est le préféré de Louis-Michel Liger-Belair, car il est dans le style qu’il veut donner à son vin. Il est opulent. Le 1993 est plus aqueux, un peu moins structuré. Mais il s’améliore dans le verre. Le 2006 est élégant, mesuré, très joli.

Les vins, dans l’ordre de service, de la série 1 : 1988 – 1995 – 2004 – 1993 – 2006.

Le vote du groupe est : 1 : 2006, 2 : 2004, 3 : 1993, 4 : 1995, 5 : 1988.

Mon vote est : 1 : 2006, 2 : 2004, 3 : 1993, 4 : 1988, 5 : 1995.

Série n° 2. Le 1979 a un nez chaleureux, le 1970 un nez moins précis, le 1982 a un nez plutôt animal, le 1972 a un nez élégant, le 1976 exhale beaucoup d’alcool, mais c’est lié à la chaleur.

La bouche du 1979 est élégante, raffinée. J’aime ce vin. Le 1970 est légèrement fatigué, avec un soupçon de bouchon qui ne se confirme pas. Il est assez minéral. Il devient plus chaleureux. Le 1982 est plus vieux, un peu aqueux, mais il a une belle élégance. Il est un peu râpeux, rêche et un peu imprécis. Le 1972 a fraîcheur et élégance, au final très fluide. Je note : « que du bonheur ». Le 1976 est élégant mais avec un peu moins de personnalité. Il est racé aussi.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 2 : 1979 – 1970 – 1982 – 1972 – 1976

Le vote du groupe est : 1 : 1972, 2 : 1976, 3 : 1970, 4 : 1982, 5 : 1979.

Mon vote est : 1 : 1972, 2 : 1976, 3 : 1979, 4 : 1970, 5 : 1982.

Série n° 3. Le 2000 a une couleur très jeune. Il est très fluide. Il est élégant et soyeux. Le 1997 a un joli nez. C’est un beau vin, moins fin que le premier. Le 2007 a un nez moins clair. J’aime son côté râpeux. Il est plus séducteur, plus bourguignon, mais avec la chaleur, montre trop son alcool. Le 2003 a un nez moins plaisant. Le gout est aussi moins plaisant. Le final n’est pas assez précis. Il est plutôt fermé. Le 2001 a un parfum de belle personnalité. Il est atypique mais assez excitant. Il est déroutant, mais j’aime.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 3 : 2000 – 1997 – 2007 – 2003 – 2001

Le vote du groupe est : 1 : 2003, 2 : 2007, 3 : 2001, 4 : 2000, 5 : 1997.

Mon vote est : 1 : 2000, 2 : 2007, 3 : 2001, 4 : 1997, 5 : 2003.

Série n° 4. Le 1968 a un nez de camphre, le vin qui n’a pas de millésime mais que l’on peut dater entre 1920 et 1935 puisque c’est un vin distribué par Marey & Comte Liger Belair a un nez de gibier, le 1973 a un nez superbe, le 1923 a un nez de porto, le 1975 a un nez « possible ».

Le 1968 n’est pas si mal en bouche, du moins à l’attaque, mais il est dévié, malade. Le probable 1925 a une belle attaque, mais il est un peu fatigué. Le 1973 est plus élégant. Il a encore du fruit. Le final est un peu incertain. Mais après quelques minutes il montre qu’il est très beau. Le 1923 est plaisant. On sent son alcool. Le 1957 est le plus jeune des cinq. Comme les deux premiers étaient un peu fatigués, Gerhard ajoute un sixième vin, le 1975 que je trouve très joli. Goûté ensuite en sachant l’année, je le trouve au dessus de ce qu’il devrait être pour 1975. Et j’ai la même réaction en sachant que le 4ème vin est de 1923. C’est un superbe 1923.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 4 : 1968 – vers 1925 – 1973 – 1923 – 1957 – 1975

Le vote du groupe est : 1 : 1973, 2 : 1957, 3 : 1975, 4 : 1923, 5 : vers 1925, 6 – 1968.

Mon vote est : 1 : 1973, 2 : 1975, 3 : 1957, 4 : 1923, 5 : 1968, 6 : vers 1925.

Série n° 5. Le 1998 a un nez joliment fruité. Il est joli, riche, poivré, très puissant. Le 2010 a un nez plus ancien, pas facile à cerner (je ne connais pas le millésime). Il est truffe, végétal, pas encore structuré. Le 2008 a un nez jeune comme le 2010 (c’est ce que j’ai écrit, qui ne semble pas très cohérent). Il est plus joyeux, bien structuré. C’est un grand vin en devenir. Le 1996 a un nez très joli, riche, opulent. En bouche, il est un peu serré, strict, mais de beau potentiel. Le 2002 a un nez joli et discret. En bouche il est élégant et raffiné. C’est pour moi la plus belle série, de vins très jeunes et très bien faits.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 5 : 1998 – 2010 – 2008 – 1996 – 2002

Le vote du groupe est : 1 : 2008, 2 : 2002, 3 : 2010, 4 : 1996, 5 : 1998.

Mon vote est : 1 : 2002, 2 : 2008, 3 : 1998, 4 : 2010, 5 : 1996.

Série n° 6. Le 1986 a un très joli nez. Il est joli, charmeur, mais ne fait pas Grand Cru. Le 1983 a un nez séduisant, vineux. Je l’aime bien. Il est assez simple mais très authentique. Le 1985 est bouchonné, hélas. Le 1992 a un nez très charmant. Il est très plaisant en bouche, charmeur, mais n’a pas la tension qu’avait la 5ème série. Le 1978 est bouchonné, ce qui est rageant quand on apprend de quel millésime il s’agit. Louis-Michel vote pour ce vin et le place premier en expliquant pourquoi : il a reconnu le millésime et ressent tout le potentiel immense de ce vin. Il fait donc abstraction du goût de bouchon que nous subissons.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 6 : 1986 – 1983 – 1985 – 1992 – 1978

Le vote du groupe est : 1 : 1992, 2 : 1983, 3 : 1986, 4 : 1978, 5 : 1985.

Mon vote est : 1 : 1983, 2 : 1992, 3 : 1986, 4 : 1978, 5 : 1985.

Série n° 7. Le 1990 a un nez de grande classe. En bouche il est doucereux, presque sucré, pas très orthodoxe. Le 1989 a un nez assez joli, mais peu structuré. En bouche, il est plus frais, charmant, avec pas mal de fruit. Je l’aime assez. Le 2009 un beau nez. Il est un peu doucereux aussi mais beaucoup plus réussi que le 1990. Je m’en veux, car je n’ai pas reconnu ce 2009 que j’avais goûté au domaine. Le 1999 a un nez un peu fermé. Il est un peu râpeux en bouche mais très intéressant. Le 2005 a un assez joli nez, discret. En bouche il n’est pas mal, mais je ne le trouve pas très sexy.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 7 : 1990 – 1989 – 2009 – 1999 – 2005

Le vote du groupe est : 1 : 2009, 2 : 1999, 3 : 2005, 4 : 1989, 5 : 1990.

Mon vote est : 1 : 1989, 2 : 2009, 3 : 1999, 4 : 1990, 5 : 2005.

Série n° 8. Le 1961 a un nez assez ancien. Il fait âgé. En bouche, il est doucereux, et n’a pratiquement pas de final. Le 1966 a un nez assez animal. En bouche il est doucereux mais amer aussi. Le 1964 a un nez fatigué, mais il est plaisant en bouche. Il a un final plaisant où l’alcool se montre. Le 1969 a un nez beaucoup plus joli. Malgré une amertume dans le final, j’aime ce vin. Le 1953 a un nez intéressant. Il est un peu aqueux en bouche mais ne me déplait pas. Cette série est peut-être celle qui m’a le moins convaincu, car on est dans une période où l’on peut penser que ceux qui ont fait le vin n’avait pas une suffisante envie d’excellence, contrairement à ce qu’on voit aujourd’hui.

Les vins, dans l’ordre de service de la série 8 : 1961 – 1966 – 1964 – 1969 – 1953

Le vote du groupe est : 1 : 1969, 2 : 1953, 3 : 1961, 4 : 1964, 5 : 1966.

Mon vote est : 1 : 1969, 2 : 1953, 3 : 1964, 4 : 1966, 5 : 1961.

Gerhard nous fait maintenant goûter à l’aveugle une série de liquoreux.

Série n° 9. Le Bonnezeaux domaine de la Croix des Loges 1974 est très sucré. On dirait un bonbon anglais auquel on ajouterait cannelle et guimauve. Il a une belle fraîcheur, mais l’aspect ananas lui va moins bien. Le Zeltinger Schlossberg Riesling Auslese Mosel Maximilien Keilereien 1964 a un nez bizarre. Il est assez léger, à peine sucré, au final un peu imprécis.

Le Château Rieussec 1985 est nettement plus agréable, car c’est un sauternes confortable (je n’ai pas de doute en le buvant). Le vin suivant et dernier vin a une étiquette fantaisiste, car il ne peut pas être commercialisé du fait qu’il titre seulement 4°. En le buvant j’ai immédiatement pensé à un Essenzcia hongrois car il en a le nez, le sucre énorme et la belle fraîcheur. Et c’est un Welschriesling Essenz autrichien 2001. On est donc dans le même esprit.

Nous avons bu ces quatre liquoreux sur des fromages autrichiens choisi avec amour par le restaurant, sacrément affinés, pour que nous constations que l’Autriche aussi fait des fromages couillus. Mon classement de ces quatre vins est Rieussec, Essenz, Bonnezeaux et Mosel Riesling.

Que dire de cette soirée ? D’abord, c’est l’opiniâtreté de Gerhard qui a permis de rassembler tous ces vins, ce qui n’est pas une mince affaire quand un vin a une aussi petite production. Ensuite, c’est un privilège de boire autant de millésimes de ce grand vin. Gerhard est un grand passionné de vin et il faut de tels personnages pour faire de beaux événements.

Le 1923, que j’ai mis quatrième de sa série, quand je l’ai bu en sachant ce qu’il est, m’a enthousiasmé. Ceci me montre que je préfère les dégustations verticales quand on sait ce que l’on boit, car je peux alors profiter de mes références sur ces années.

Mais l’avantage de la dégustation à l’aveugle, c’est que l’on peut faire apparaître sans risque d’être influencé qu’il y a des années dites « moyennes » parmi les mieux classées comme 1992, 1973, 1972 et 1957, par exemple, et des années dites « grandes » moins bien classées comme 2005, 1990, 1989, 1978, 1961, 1923.

C’est ainsi que les vins classés 1 ou 2 par le groupe sont : 2009, 2008, 2007, 2006, 2004, 2003, 2002, 1999, 1992, 1983, 1976, 1973, 1972, 1969, 1957 (Leroy), 1953 (Leroy- tastevinage).

Et les vins classés au-delà de 2è par le groupe sont : 2010, 2005, 2001, 2000, 1998, 1997, 1996, 1995, 1993, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1982, 1979, 1978, 1975, 1970 (Bichot), 1968, 1966 (Bichot), 1964 (Bichon à Margaux), 1961 (Leroy), vers 1925 (Marey et Liger-Belair), 1923 (Léon Rigault).

Pendant certaines périodes, le vin n’a peut-être pas eu le traitement qu’il méritait. Est-ce parce que ceux qui en avaient la charge n’ont pas donné tout le soin qu’ils auraient dû, je ne sais pas. Mais un grand vin venant d’un grand terroir prend toujours le dessus. Et Louis-Michel est en train de démontrer que la Romanée Liger-Belair est un des plus beaux vins, des plus racés de la belle Bourgogne. Le fait que ce vin soit grand dans des années dites petites est bien le signe qu’il s’agit d’un grand vin.

Souhaitons longue vie à ce beau vin dont les millésimes récents m’ont conquis.

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pour voir les fromages dégustés, dont un est affiné en entendant chaque jour et chaque nuit des chants grégoriens, c’est ici : LesfromagesGraz.pdf

photos de quelques bouteilles, dans l’ordre de dégustation

2001 – 1968

entre 1920 et 1932 – 1973

1923 Tête de Cuvée !!!

1957

1975 – 2010

2008 – 1996

2002 – 1990

1989 – 2009

1961

1964 – 1966

1969

1953

Les liquoreux

dîner à Graz avec Lafleur 1999 vendredi, 8 juin 2012

Gerhard, l’ami autrichien fou de vin, rendu célèbre dans mon modeste microcosme par son plongeon accidentel en plein repas dans la piscine intérieure d’Yvan Roux, parce qu’il était excité d’aller chercher une de ses bouteilles prête à être servie, organise à Graz une dégustation verticale de 41 millésimes de La Romanée Liger-Belair, la plus petite appellation française, mais une des toutes grandes en qualité.

Je prends l’avion à Roissy pour rejoindre Louis-Michel Liger-Belair qui m’attendra à Vienne, pour que nous nous rendions ensemble à Graz en voiture. Prendre l’avion avec 45 minutes de retard parce que le personnel de nettoyage des avions est en sous-effectif est une spécificité particulièrement intéressante d’une France « normale ». Louis Michel Liger-Belair, venu de Lyon, m’accueille à Vienne et nous arrivons sans encombre à notre hôtel à Graz. Il a retenu une table au restaurant Eckstein où nous dînons à l’extérieur, sur la place Mehlplaz, dans une ambiance de plein été. Le tout Graz est de sortie, les terrasses des restaurants et bistrots regorgent de monde, les femmes sont jolies, ça sent l’été.

C’est un ami autrichien de Louis-Michel qui a organisé les vins pour nous. Le premier est un Pichler FX, Grünerveltliner Smaragd Dürnsteiner Kellerberg 2001 qui titre 13,5%. Le nez est très expressif, la robe est d’un jaune à peine doré. En bouche, il y a une impression combinée de sec et de doucereux, une fraîcheur remarquable et un confort certain. Le vin iodle ses complexités. C’est charmant, plaisant et agréable à boire.

Le serveur ajoute un vin au programme conçu par l’ami de Louis-Michel. C’est un Pichler FX Riesling Smaragd Loibner Steinertal 2004. Le vin est intéressant, plus sec, mais contrairement à Louis-Michel, je suis gêné par le côté perlant très prononcé. Le vin s’anime sur les plats, notamment un délicieux jambon fumé sec accompagné d’une soupe au concombre et de beignets de champignons. Le 2004 est très pertinent sur un steak tartare peu épicé, ce qui est important pour l’accord.

La vedette du repas, c’est un Château Lafleur 1999. Respect, comme on dit en banlieue. Ce qui frappe immédiatement, c’est un velours impressionnant. Le vin a une longueur extrême et le velours s’étale pendant tout le parcours en bouche. Les tannins sont forts mais bien contenus. Ce vin a un charme fou et nous avons ri car nous avons eu la même idée au même moment : ce vin a un charme inouï qui ne peut pas être bordelais. Traduisez, sans qu’on le dise, que ce charme est forcément bourguignon. J’exagère, bien sûr.

Le vin est profond, musclé mais galant, et c’est son énorme velours qui séduit nos palais conquis. L’agneau à basse température lui convient parfaitement.

Le service a été épatant Par une belle température estivale nous sommes revenus à l’hôtel à pied, croisant une foule hétéroclite et bigarrée. Graz est une ville qui vit !

dîner de vins anciens au restaurant Schmankerlstub’n Temmer vendredi, 8 juin 2012

Pendant tous nos trajets, nos vins étaient dans les voitures, celles de Gerhard dans une boîte réfrigérée, les miennes dans un sac. Gerhard voulait absolument que les bouteilles soient ouvertes pendant notre casse-croûte rustique. J’ai accepté d’ouvrir les siennes puisqu’il le voulait, mais j’ai conservé les miennes intactes jusqu’à l’arrivée au restaurant Schmankerlstub’n Temmer, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Graz. Monika Temmer est en cuisine et Sepp Temmer son mari nous fera le service des vins. Il est très fier de sa toque au Gault et Millau. Il est très motivé à nous servir les vins au point qu’il se sert aussi de belles portions qu’il avale cul-sec, comme un seul homme.

La cuisine est simple, goûteuse et assez bien adaptée aux vins qui sont l’objet de toute notre attention. Stefan Potzinger et Sepp Muster sont avec nous.

Le Stefan Potzinger Joseph Sauvignon blanc magnum 2006 montre à quel point les années profitent aux vins de Stefan et combien la gastronomie est essentielle pour eux. C’est un vin fruité, direct, chaleureux, sans chichi et bien expressif. C’est comme cela qu’il faut boire ces vins.

Le Clos Sainte Hune Riesling Trimbach 1968 a un niveau bas et une couleur beaucoup trop ambrée. Le nez est celui de vins qui ont viré vers le madère et en bouche, si le goût est très agréable, il est très éloigné de ce que Clos Sainte Hune peut être. Alors on le boit comme une curiosité, avec des notes plaisantes, mais un peu hors sujet.

L’Hermitage blanc Audibert & Delas 1950 a aussi un niveau bas et une couleur beaucoup trop ambrée, mais à l’inverse du riesling, il parle, il est causant, il raconte une histoire. Il ne laisse pas indifférent et il a une râpe fort agréable qui signe un vin d’encore belle vitalité. J’ai beaucoup aimé ce vin.

Le Muster Sauvignon blanc Sgaminegg 1992 va apporter la preuve de ce que disait Gerhard il y a quelques heures. Car il est confronté à un Le Montrachet Dupard Aîné 1991, vin de négoce, beaucoup trop ambré pour son âge, plat, sans la puissance ni la pétulance d’un montrachet. A côté, le Muster est élégant, précis, et c’est surtout sa longueur qui m’impressionne. Il est très frais, comme les vins nobles. Un très grand vin. Il faut se précipiter pour acheter des vins de ce vigneron, tant que les tarifs sont encore doux, du moins sur les années récentes.

Le Vosne Romanée Domaine du Château de Vosne-Romanée 1980 est un vin du domaine Liger-Belair que Gerhard possède. Il est hélas trop bouchonné pour qu’on puisse en saisir les subtilités.

Le Vosne Romanée Saint-Florentin Domaine Grivelet 1955 avait des petites bêtes qui couraient sur le haut de la capsule qui, au fil des ans, avait exsudé une pâte molle. Un bon nettoyage avait éliminé ces parasites. Le vin sent un peu le renfermé, mais en bouche, il est très plaisant, avec une belle esquisse de salinité très bourguignonne. Gerhard s’étonne de sa puissance et l’idée qui vient est celle d’un apport d’une minorité visible dans ce vin. Je le trouve fort agréable.

Viennent maintenant mes deux vins. Est-ce que, selon une tradition solidement établie, je vais les juger les meilleurs du dîner, ce dont nous plaisantons avec Louis-Michel ? Ça paraît bien parti, car le Chateauneuf-du-Pape Domaine du Pégau 1988 est un gaillard sacrément solide. Il est puissant affirmé, avec un velours beaucoup plus guerrier que celui, subtil, du Lafleur 1999 de la veille. Je l’aime beaucoup, et Louis-Michel un peu moins, pour son côté rouleau-compresseur. C’est vrai qu’il passe en force.

Le Vega Sicilia Unico 1965 m’oblige à respecter la tradition de la préférence de mes enfants, car ce vin est superlatif. Sepp Muster est subjugué par sa jeunesse. Ce vin n’a pas d’âge, mais ce qui est le plus confondant, c’est qu’il est d’une fraîcheur mentholée exceptionnelle. Il glisse en bouche en la rafraîchissant. Il ne bougera pas d’un iota pendant sa dégustation.

Le Rheingau Qualitätswein mit Prädikat Erbacher markobrunn Riesling Auslese 1971 a tout le charme des beaux vins allemands et la sérénité de l’année 1971 superbe en Allemagne. Délicieusement liquoreux, avec des complexités successives, je l’aime beaucoup, même s’il n’est pas totalement équilibré dans sa structure. C’est un grand vin.

Le Château d’Arche Lafaurie sauternes 1964 est hélas bouchonné, mais après une bonne dizaine de minutes, il effacera presque complètement l’odeur désagréable. Il restera à peine une amertume rêche. C’est un grand sauternes dont nous n’avons pas pu profiter comme il eût convenu.

Mon classement sera : 1 – Vega Sicilia Unico 1965, 2 – Muster Sauvignon blanc Sgaminegg 1992, 3 – Rheingau Qualitätswein mit Prädikat Erbacher markobrunn Riesling Auslese 1971, 4 – Chateauneuf-du-Pape Domaine du Pégau 1988, 5 – Stefan Potzinger Joseph Sauvignon blanc magnum 2006.

Une telle journée ne pouvait se concevoir qu’en recrachant les vins. Par une belle journée ensoleillée dans des paysages de rêve, nous avons fait la connaissance de deux vignerons sympathiques, dynamiques et compétents. Nous avons dîné avec des vins parfois un peu fatigués, mais comme disait Pierre de Coubertin, l’important c’est de participer et d’ouvrir des vins anciens qui n’attendent que d’être bus. Les cinq que j’ai mis dans mon classement justifient à eux seuls ce beau repas entre amis.

Stefan Potzinger Joseph Sauvignon blanc magnum 2006

Clos Sainte Hune Riesling Trimbach 1968

Hermitage blanc Audibert & Delas 1950

Muster Sauvignon blanc Sgaminegg 1992

Le Montrachet Dupard Aîné 1991

Vosne Romanée Domaine du Château de Vosne-Romanée 1980

Vosne Romanée Saint-Florentin Domaine Grivelet 1955

Chateauneuf-du-Pape Domaine du Pégau 1988

Vega Sicilia Unico 1965

Rheingau Qualitätswein mit Prädikat Erbacher markobrunn Riesling Auslese 1971

Château d’Arche Lafaurie sauternes 1964

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