vin mystère – photos vendredi, 4 novembre 2011

les tessons de bouteilles cassées trouvées à côté du vin mystère




sur le plan de l'abbaye ou voit une cave toute en longueur et très étroite, horizontale sur le plan. La bouteille a été trouvée au fond, sur la gauche, dans cette longue cave étroite, très loin de tout accès.



la bouteille du vin mystère qui a été lustrée et couverte d'une cire récente



la surprise du bouchon



la manipulation de la bouteille dans la housse remplie d'argon ressemble à un accouchement





les couleurs du vin haut de bouteille et fond de bouteille



la Romanée Saint Vivant 1915




le bouchon du 1915 (on a utilisé un bouchon du domaine DRC avec l'inscrition "Marey-Monge", inappropriée dans ce cas)



un vin mystère à la Romanée Conti vendredi, 4 novembre 2011

La nuit fut courte après le mémorable dîner au Plaza avec Moët & Chandon 1911. Car le rendez-vous est à 9 heures à la Romanée Conti. L'histoire qui va suivre est comme un roman policier, avec ses intrigues et ses énigmes.


Vers l'an 900 a été bâtie l'abbaye de Saint-Vivant de Vergy. Sans doute trop délabrée, elle fut reconstruite sur des plans quasi identiques sur la période 1760-1790. Elle perdit sa vocation religieuse quand elle fut vendue à un particulier. Le site étant à l'abandon une association a été créée en 1996 pour essayer de le sauvegarder, y faire des fouilles archéologiques et l'ouvrir ensuite au public. Aubert de Villaine, gérant de la Romanée Conti, est président de cette association.


Au cours des fouilles des gravats de l'une des caves, on a trouvé, au point le plus éloigné de l'entrée des caves, des tessons de plusieurs bouteilles très anciennes et - miracle - une bouteille pleine.


Lorsque j'avais rendu visite à Aubert de Villaine il y a environ six mois, je lui avais raconté la bouteille datée approximativement de 1690 que j'avais goûtée. Il a immédiatement rebondi en me parlant de la bouteille découverte pendant les travaux de l'abbaye de Saint-Vivant et j'ai pu voir dans la cave du domaine cette bouteille de forme bourguignonne ancienne à l'excellent niveau. Aubert de Villaine m'avait alors invité à venir la boire lorsqu'elle serait ouverte, avec des chercheurs de l'université de Dijon, à des fins d'analyse. Le rendez-vous est ce matin.


Lorsque j'arrive, les chercheurs sont déjà là, la presse régionale aussi et l'initiateur du projet scientifique nous explique les circonstances de la découverte. La bouteille ayant été déposée au milieu de gravats et recouverte ensuite d'une grande épaisseur de gravats a été forcément déposée après la construction de la nouvelle abbaye, donc après 1790. Mais on ne peut pas dire si le vin est plus ancien ou plus jeune,. Toutefois les tessons ont déjà été examinés et des bouteilles quasi identiques trouvées en Belgique et datées ont été fabriquées sur la même période que la reconstruction de l'abbaye : 1760 - 1780. Je trouve personnellement la bouteille pleine plus fine et plus noble que ce que suggèrent les tessons. Mais l'idée qu'elle soit de cette période paraît très logique.


Lorsqu'Aubert de Villaine avait reçu cette bouteille au très beau niveau mais au bouchon rétréci, il avait demandé à ses équipes de mettre une légère couche de cire sur le haut de la bouteille, pour la protéger d'une évaporation éventuelle. Pour ouvrir la bouteille, il va falloir casser la cire et tirer le bouchon. Le scientifique voudrait faire ses prélèvements dans une atmosphère à l'argon, avec le moins possible d'air ambiant pour éviter toute oxydation. Il a apporté une sorte de housse transparente en plastique souple que l'on peut gonfler à l'argon et qui dispose de quatre inclusions étanches en forme de mains, permettant à deux personnes de travailler en manipulant ce qui est à l'intérieur de la housse. Aubert m'avait gentiment proposé d'ouvrir la bouteille, mais je me vois mal opérer de l'extérieur au sein de cette housse. Il est donc décidé que je commencerai l'ouverture à l'extérieur de la housse et que le dernier geste d'extraction se fera sous la housse. Aubert de Villaine commence à enlever la cire qui n'a pas trop durci. Je continue à enlever la cire et je fais part à tous de mon étonnement : ce bouchon paraît étonnamment jeune, car le haut du bouchon est blanc, sans aucune rognure sur son contact avec le goulot. J'enfonce mon tirebouchon et la dureté du bouchon m'étonne. Les bouchons très anciens sont souvent meubles. Je commence à tirer et le pourtour du bouchon que je vois est blanc, non imbibé, et d'une folle jeunesse. Arrivé au deux tiers, j'arrête, pour que l'extraction finale, à la main, se fasse sous argon. Nous nous regardons tous, car ce bouchon est totalement neuf. Ça devient tempête sous un crâne, car nous pouvons tout imaginer.


Le scientifique et son assistante tiennent la bouteille mise dans la housse. Le bouchon est extirpé à la main. Le bas du bouchon est presque blanc, à peine rose, et n'a même pas été imbibé. Il a donc été posé récemment. Aubert de Villaine et Jean Charles Cuvelier se regardent. Ils ont tous les deux le souvenir d'un bouchon ancien, recroquevillé. Comment est-ce possible ? L'explication la plus plausible est une mauvaise interprétation des consignes : ceux qui ont été en charge de mettre la cire, ce dont aucun des deux présents n'a été témoin, ont dû penser que mettre de la cire sur un bouchon abîmé serait stupide. Ils ont donc enlevé le bouchon et l'ont remplacé par un bouchon neuf et neutre puis ont ciré. Bien sûr, par ailleurs, on pourrait craindre qu'ils aient été malveillants, au point de remplacer le liquide, mais fort heureusement, nous voyons que l'on remplit à la pipette des petits flacons semblables à ceux utilisés pour des prises de sang, et le liquide est rose pâle. Ouf, c'est sûrement ancien.


L'opération "pipette" dure suffisamment longtemps pour que nous échafaudions toutes les hypothèses possibles. Le doute existe toujours sur l'âge du vin. Lorsque la housse est rangée, nous pouvons sentir le vin. Le nez me paraît ancien. Nous sommes servis et la couleur des premiers verres est rose pâle. Aubert remplit plusieurs verres et la couleur se fonce. Nous goûtons et beaucoup attendent mon verdict.


A mon avis, le vin est très ancien, parce que le côté vinaigré est accompagné d'un léger goût de glycérine que l'on rencontre avec de très vieux vins. Le plus vieux vin rouge de Bourgogne que j'ai bu étant de 1811, je hasarde que ce vin est de la première moitié du 19ème siècle. Peut-il être plus vieux, par exemple de l'année de la fin de la construction, autour de 1790 ? Ce n'est pas à écarter.


Le vin s'épanouissant dans le verre on sent qu'il a gardé du fruit. Il n'est ni déplaisant ni plaisant, témoignage d'il y a un siècle et demi. Est-il bourguignon ? Nous sommes plusieurs à répondre assurément oui. Lorsque la bouteille est vide, on voit que le verre est très foncé, d'un vert brun. Un défaut dans le verre, comme une bulle, dépasse trois centimètres de long et c'est étonnant que la bouteille n'ait pas été détruite par le verrier. Il serait bon de vérifier auprès de verriers ou de musées quelles périodes correspondent à des verres si fumés.


J'avais apporté à toutes fins utiles la bouteille de 1690 dont il reste la moitié, pour soumettre le vin aux mêmes analyses par l'université. Le scientifique en est absolument ravi et fait les mêmes prélèvements à la pipette mais cette fois à l'air libre, puisque la bouteille avait déjà été ouverte. J'ai versé un verre pour que des curieux puissent y goûter. A l'évidence ce vin a cessé de vivre. Je l'ai seulement humé et son odeur de vinaigre est très proche de celle de l'autre bouteille.


Pendant ce temps, le vin de Saint-Vivant est envahi par le goût de vinaigre. Il se meurt. Mais les scientifiques ont filtré le fond de bouteille pour en recueillir la lie et ce qui reste, d'un rose beaucoup plus rouge, a gardé une vivacité suffisante pour que j'y trouve du plaisir. Rêvons un peu car ça ne coûte rien. C'est une bouteille de Romanée Saint-Vivant 1790 mise au fond de la cave en souvenir de l'achèvement des travaux de la reconstruction de l'abbaye de Saint-Vivant. Il y a 99% de chances que ce ne soit pas ça. Cette dénomination ne sera pas la part des anges, car il n'y en avait pas, la bouteille étant d'une niveau presque parfait, mais la part du rêve.


Aubert de Villaine ayant anticipé l'éventualité d'un vin peu plaisant nous présente une jolie bouteille de Romanée Saint-Vivant Gaudemet-Chanut 1915. Je n'ai aucune difficulté à l'ouvrir, car le vin a été rebouché sous vide au domaine de la Romanée Conti en 2009. La couleur est d'un rouge cerise assez soutenu. Le nez est magnifique de grâce. En bouche, le vin est romantique. Il pianote des notes délicates et élégantes. Ce qui est étonnant, c'est son parcours en bouche qui ajoute par petites touches des notes différentes. Le vin est très long avec un fruité remarquable, de la rose et surtout des variations incessantes pendant son parcours en bouche. Tous, nous sommes frappés par la jeunesse de ce vin. Si on disait que c'est un 1969, personne ne contredirait. La réussite de ce vin est extrême et son plaisir est grand. De plus, il conforte l'estimation d'âge de la bouteille objet de notre réunion, car il y a au minimum 70 ans et pourquoi pas plus d'un siècle d'écart entre les goûts de ces deux vins.


Quelle aventure ! Les scientifiques ont pris aussi des échantillons du vin de 1915. La suite du roman sera l'analyse de tous ces échantillons. Y aura-t-il des rebondissements ? Nous nous sommes promis de nous revoir.


Photo Le Bien Public


(photo journal Le Bien Public)



(photo journal Le Bien Public)

dîner au Plaza avec un mythe : Moët 1911 jeudi, 3 novembre 2011

Dans chaque région il y a des millésimes de légende dont on parle encore plus d'un siècle après. 1865 est légendaire pour les blancs du Jura, d'Alsace et de Bourgogne. 1911 est une année légendaire pour les champagnes. Lorsqu'il y a sept ou huit ans j'avais visité les caves de Moët & Chandon dont les alvéoles voûtées abritent de véritables trésors. J'avais noté l'abondance de bouteilles de 1911. Immédiatement un rêve m'a habité : boire l'une de ces bouteilles.


Daniel Lalonde, le nouveau président de Moët & Chandon a décidé de faire fort, très fort, peut-être trop fort, je ne suis pas juge. Profitant de l'année 2011, qui donne un siècle au fameux millésime, il a fait faire par Benoît Gouez le chef de cave une ponction majeure qui me chavire. Sur les probablement mille cinq cent bouteilles du stock de 1911, ce sont près de mille qui ont été ouvertes pour faire environ cent cinquante bouteilles de condition parfaite. L'idée que l'on a rejeté ou écarté tant de 1911 qui feraient les bonheurs de collectionneurs comme moi, qui savent lire entre les lignes les messages de ces témoignages légendaires de l'histoire du vin, me donne froid dans le dos. Mais l'heure n'est pas à se poser ce type de problème mais plutôt à se réjouir du privilège qui nous est fait. Car c'est un privilège.


Combinant communication et caritatif, Moët & Chandon a fait réaliser onze luxueux coffrets de six bouteilles de 1911 qui seront vendus aux enchères à la date du 11 novembre 2011 (en France le 10 novembre) aux quatre coins de la planète au profit de l'institut du cerveau et de la moelle épinière.


Une semaine avant la vente, Moët & Chandon organise un dîner d'une vingtaine de personnes au Plaza Athénée Alain Ducasse, qui regroupe des gens de presse, l'équipe de direction de Moët & Chandon, les représentants de la maison Artcurial qui fera la vente aux enchères en France et quelques collectionneurs de France ou d'ailleurs. Un jeune écossais est venu en kilt avec sa charmante épouse. Il collectionne surtout les champagnes. Daniel Lalonde venait de faire le même diner promotionnel il y a peu à Shanghai en la présence de Scarlett Johansson, l'égérie de la marque. Son sourire gourmand quand il l'évoque est compréhensible.


Etant arrivé en avance, je rencontre au seuil de l'hôtel Michel Chasseuil, le célèbre collectionneur de vins. Nous sommes entraînés par Julie, de l'équipe Moët, au bar du Plaza où elle nous suggère un cocktail champagne framboise fort rafraîchissant. Il faut mettre tous les dogmes et purismes au vestiaire quand c'est une jolie femme, de surcroît d'une maison de champagne, qui vous le suggère. Je goûte une barrette de caviar fort bon, dont le Plaza fait par voie de presse la promotion. L'idée est astucieuse.


Gérard Mangeon le chef des sommeliers et des caves du groupe Ducasse nous accueille dans la cave de l'hôtel Plaza qui compte trente cinq mille bouteilles impeccablement rangées. Il a fait aménager une petite plateforme qui fait bar et qui se remonte lorsque les sommeliers doivent travailler en cave. Nous trinquons sur un Champagne Moët & Chandon 2002 que je trouve de plus en plus plaisant. Il a vieilli sept ans en cave, ce qui est la durée la plus longue pour un millésime depuis les années 30. Daniel Lalonde nous explique les objectifs de la vente et le directeur de l'hôtel nous signale que l'hôtel a été ouvert en 1911. Il nous montre un coffre fort qui imite celui d'une banque où figurent quelques flacons de ce millésime. Une bouteille de Moët 1911 y est déposée devant nous pour rejoindre et compléter ce trésor.


Nous rejoignons le salon Marie-Antoinette où une longue table regroupe tous les invités. Le menu réalisé par l'équipe d' Alain Ducasse est : langoustine rafraîchie, caviar / légumes et fruits / Saint-Jacques, céleri / homard, pommes de mer / volaille Albufera, tartufi di Alba / brioche, fruits confits. Le minimalisme des intitulés ne permet pas d'appréhender les complexités de plats absolument pertinents et délicieux. Plusieurs plats ont été sublimes.


Le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage 2002 est idéalement associé au bouillon de langoustine tiède qui accompagne la langoustine. La combinaison, étudiée avec Benoît Gouez, qui nous trace pour chaque champagne l'histoire du millésime, est absolument parfaite. Le 2002 a des aptitudes gastronomiques certaines.


Le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection 1992 est nettement meilleur que celui bu récemment à Epernay pour le dîner des Grandes Tables du Monde. Il est cohérent, goûteux, mais ne crée pas d'émotion comparable à celle des autres.


Le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection magnum 1985 est d'une autre trempe. C'est un très grand champagne. Celui-ci est un peu moins bon que le 1985 que j'ai bu il y a peu au château de Saran qui devait être d'un dégorgement nettement antérieur. Mais c'est un grand champagne qui profite de sa maturité décontractée. Les langoustines crues, plus que les cuites, créent un accord langoureux.


Le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection magnum 1975 est magnifique et nous allons crescendo. Son parfum est enchanteur et en bouche, sa tension et sa rectitude qui n'exclut pas le charme en font un champagne de grand niveau. Le homard est délicieux et c'est la sauce qui propulse le 1975 à des hauteurs himalayennes.


Le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection magnum 1964 fait changer de monde. Après ces champagnes très jeunes encore, le 1964 décline des subtilités et des complexités que seuls les champagnes anciens peuvent avoir. J'adore ce monde de saveurs où tous les fruits peuvent se retrouver. La volaille est absolument exquise et la truffe blanche embaume la pièce.


Nous nous levons de table pour aller goûter le Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection 1911. La bulle a quasiment disparu mais le pétillant est là. Et mon rêve s'accomplit et se réalise au-delà de mes espérances. Ce champagne est parfait et joue avec une insolente facilité. Tout en lui est intégré, dosé, sans que la moindre composante ne donne l'impression d'une exagération. C'est Fred Astaire quand il danse, Pavarotti quand il chante, Cézanne quand il peint. On est bien avec ce champagne là, discret, policé, et extrêmement présent, iodlant ses complexités.


Nous retournons à table pour le dessert accompagné du Champagne Moët & Chandon Grand Vintage Collection dry 1952. Ne le dites à personne, c'est celui-ci que j'ai préféré. Car il a sa bulle altière et vivace, et la complexité du 1911 avec un son plus fort. Doucereux il est subtil et gai.


Je quitte rapidement cette sympathique assemblée car demain je dois être à 9 heures à la Romanée Conti. On ne peut que remercier Moët & Chandon de l'honneur qui nous est fait de nous associer par ce dîner à l'événement dont les 1911 seront le cœur. Moët & Chandon fera une bonne œuvre et fera plaisir à onze collectionneurs. L'avenir dira si j'en serai.

La passion d’un amoureux de curiosités antiques mardi, 1 novembre 2011

La personne chez qui je suis allé à Rennes goûter le vin de 1690 qui m'a procuré une émotion énorme est un passionné. C'est lui qui avait déniché cette bouteille.


Il n'a pas des moyens gigantesques mais sa passion le pousse à explorer des vins atypiques dont certains sont prestigieux.


J'adore cette authentique passion. Voici le message qu'il m'a envoyé, "dans son jus", pour que sa passion transparaisse comme elle s'exprime :


Romanée Conti 1964 avec Dominique Fornage en Suisse : Rose Reglisse , 20 sur 20


Petrus 1947 bouchon étiquette d'origine, 1000 euros en Belgique chez Vinum Petri spécialiste des vieux Van der Meulen : Framboise Botryfiée ,19 sur 20


Yquem 1921 1500 euros chez Vinum Petri :Mélasse de Fraise,19 sur 20


margaux Aligre vers 1850 ,100 euros a la cave de saint Germain les lices a Rennes ( qui a des cognac du 19eme dont des 1811 ) La bouteille a 2 sceaux, bouchon d' origine :couleur rouge,fruits rouges en attaque ,puis du cuir chevalin , 12 sur 20


Gruaud Laroze 1869 d'épave,j'ai raté la vente aux enchère mais l'acheteur me la revend 700 euros.Reconditionnée en 1992: couleur rose virant marron dans le verre.massif, cuir chevalin en attaque , orange en milieu ,safran en finale , ensemble salé et marin et un peu chocolaté. 22 sur 20


Sauternes vers 1865 ,j'achete cette bouteille 500 euros près de bordeaux a la veuve d'un collectionneur, c'est la plus vielle de la cave, elle refuse de la confier a un transporteur, je me déplace.Verre vert avec des bulles rondes dedant ,bouchon d'origine rétrécit ciré : vin épais noir,concentration et puissance inouies ,merveilleux gout de mélasse de pruneaux botrifiés 25 sur 20


Porto garrafeira 1871 ,130 euros a la cave nationnal garrafeira de lisbonne spécialiste des portos maderes antiques.le vin a passé 60 ans en bombonnes ,embouteillé vers 1930:robe marron,prunes botryfiées ,très bon mais pas magique 15 sur 20


madères ,j'ai travaillé 18 mois a oslo, dans un bar a vin au nom oublié , un couple commande 2 madères 1825 et 1845 enbouteillés vers 1920 ,ils partent en laissant la moitié pour le personnel, le sommelier chinois me fais gouter les vins: Racés avec des paliers dans le corp ,vieux bois. 20 sur 20


PX vers 1800, 400 bouteilles diverses du 19eme sont retrouvées entérées dans un chateau a saint brieux,aux enchères j'en obtient une pour 60 euro l'une des plus vielles et moins chères,,un cilyndre en verrre noir ciré début 19eme identique a votre lachrima christi 1805: noir et visqueux, caramel café très chargé en safran. Des années après l'ouverture le dépot sent toujours bon .Un long sejour en fut probable indique que le vin pourrait dater de la fin 18eme 24 sur 20


Madère 18eme offerte par monsieur Audouze ,cilyndre en verre noir vers 1800 : couleur or , sublime fin racé complexe long ,le miel se mélange au caramel,l'alcool a la cire,le citron a la pomme, les fleurs aux noix.le vin a bien du passer 50 ans en bombonne comme c'est la méthode des grand maderes , il pourrai dater entre 1730 et 1780 , 24 sur 20


oignon 1730 d'épave d'un 3 mats de la mer du nord coulé dans une tempete,800 euros a un antiquaire australien.:a l'ouverture forte odeur de crotte d'éléphant puis plus d'odeur,bois pourri salé très passé sans alcool ,au nez une touche de cuir bovin, imbuvable. 3 sur 20


Oignon 300 ans bouteille d auberge antérieure a la commercialisation publique .1000 euros aux enchères a londres. Elle vient d'une cave mais le vendeur garde l anonymat .Bas niveaux,bouchon moisi , couleur jaune orangé: très peu d alcool mais il a encore du corp; Nez d herbes de provences ,bouche: vieux tabac terre craie. 17 sur 20


J'adore cette passion. La bouteille bue ensemble est la dernière de ce message.

dîner au restaurant Shang Palace de l’hôtel Shangri-La jeudi, 20 octobre 2011

Avec mon ami Tomo, nous nous sommes fixé un programme qui n'est pas aussi hypothétique qu'une promesse électorale : "la vie est trop courte, ne perdons aucune occasion de boire nos grands vins". Tomo a été enthousiasmé par le restaurant chinois de l'hôtel Shangri-La. Il veut absolument que nous le découvrions. Nous pourrons apporter nos vins. Aussi est-ce l'occasion de surenchères amicales.


J'arrive à 18 heures devant l'hôtel Shangri-La. Le voiturier est en habit et chapeau. Une Bentley, une Ferrari et une Porsche survitaminée montrent qu'ici on ne badine pas avec le luxe. Le voiturier fort aimable m'indique le chemin du restaurant chinois le Shang Palace où je suis accueilli par des "bonjour Monsieur Audouze". Deux sommeliers m'attendent car ils savent que je vais ouvrir les vins que Tomo a apportés il y a deux jours. Tomo me rejoint. L'ouverture du Musigny Georges Roumier 1982 est facile. La première impression qui me frappe est que le vin sent le chocolat. Bien sûr, le vineux et le fruit ne sont pas absents, mais il y a une trace cacaotée qui donne de l'assise à un vin qui semble très délicat.


Le Montrachet Marquis de Laguiche 1977 est d'une année qui normalement n'est pas très inspirée. Mais sa couleur m'avait plu. Le niveau est parfait, le bouchon aussi et l'odeur est envoûtante. On ne pourrait pas imaginer mieux, même pour une année plus prestigieuse.


Le Musigny Comte de Vogüé 1943 a un niveau plutôt bas, mais sa couleur m'avait plu. Lorsque je décapsule, le haut du bouchon est noir, poussiéreux, et sent la terre, comme certains vins de la Romanée Conti. Le bouchon est d'une belle couleur acajou rouge et sort entier. L'odeur est magnifique et terriblement prometteuse.


Entretemps, nous avions commandé un Champagne Cristal Roederer 2002 qui jouit d'une belle réputation et que je n'ai jamais bu. Ce champagne me plait, sans la moindre hésitation. Il est riche, fruité, avec un joli fumé. Je trouve ce champagne très attachant. Son équilibre est convaincant. Il est profond et laisse une trace impérieuse très engageante. C'est un grand champagne qui me donnera envie d'en ouvrir d'autres.


Nos épouses nous rejoignent et nous entrons dans la salle à la décoration plutôt conventionnelle, mais je ne suis pas un expert en art chinois. Elle manque de chaleur. La chaleur vient de l'équipe, attentive, motivée et efficace. C'est Tomo qui compose le menu avec Zi, efficace sommelier. Nous commençons par une préparation de légumes et champignons, pour nous mettre en appétit, puis des tranches de joues de bœuf. Une langouste de grande taille a une chair magnifique et subtile. Ensuite, c'est un canard laqué entier qui est découpé en petits dés de peau croustillante et présenté en deux services. Un imposant ormeau est ferme mais goûteux. Le riz cantonnais est d'une qualité supérieure. Et une glace vanille clôture cet imposant repas de grande qualité.


Le Montrachet Marquis de Laguiche 1977 est d'une magnifique couleur à peine ambrée. Son nez est extraordinaire, annonçant des complexités infinies que la bouche révèle. C'est un montrachet magique de subtilité que jamais nous n'aurions situé aussi haut pour le millésime 1977. C'est la déclinaison de complexités citronnées et de fruits jaunes qui me ravit.


Le Musigny Georges Roumier 1982 est manifestement un grand vin, mais je trouve qu'il joue de façon feutrée et timide, surtout à côté de l'autre musigny. C'est un plaisir et un honneur de boire un vin d'un producteur aussi fameux et nous ne le boudons pas mais il manque un peu de charnu et de complexité.


A côté, le Musigny Comte de Vogüé 1943 est impérial. Il a la joie de vivre bourguignonne, une précision plus grande que celle du Roumier, et un charme extrême. Il montre que la baisse de niveau ne l'a pas diminué, car on chercherait en vain un signe de faiblesse. C'est un très grand bourgogne serein et épanoui, complexe, au beau fruit noir. Il est très séduisant et nous conquiert.


Avec Tomo, nous profitons de chaque gorgée, car nous avons conscience de vivre un grand moment. Mon classement des vins de ce soir, en mettant de côté le champagne est : 1 - Musigny Comte de Vogüé 1943, 2 - Montrachet Marquis de Laguiche 1977, 3 - Musigny Georges Roumier 1982. Les trois vins sont grands, et le Shangri-La, par son accueil, son service et la qualité de ses mets, nous incitera à y revenir. Ce fut une grande soirée amicale, sous le signe de la générosité partagée.










dîner au restaurant de Patrick Pignol samedi, 15 octobre 2011

Le lendemain avec ma femme, nous arrivons très en avance, ce qui nous permet de bavarder avec Nicolas, le sympathique sommelier et avec Patrick Pignol avec qui j'esquisse le menu en fonction des produits de saison. C'est encore un peu tôt pour le lièvre à la royale, mais c'est encore temps pour la grouse. Le néozélandais étant reparti sous d'autres cieux nous sommes cinq avec Murray, Steve et Ted, tous trois californiens. J'ouvre les bouteilles que j'ai apportées pour montrer ma méthode. Les bouchons m'obligent à livrer bataille tant ils s'émiettent. Les nez des deux vins sont spectaculaires, chacun dans son genre : le Richebourg exprime toute la classe des vins du domaine de la Romanée Conti et le Vega Sicilia Unico a un fruit presque irréel.


Comme hier je choisis le champagne, un Champagne Comtes de Champagne Taittinger 1988 délicieux. On mesure à quel point l'âge est nécessaire au Comtes de Champagne, car, même si le champagne paraît très jeune, c'est le temps qui lui a donné de l'ampleur et une étoffe rassurante. Il a une belle acidité et une longueur riche. Mes nouveaux amis l'apprécient alors que nous le goûtons sur une gelée de pieds de porc et une crème de chou-fleur.


Murray est un adorateur des vins de Raveneau qu'il a du mal à trouver aux U.S.A. aussi grappille-t-il dans les cartes des vins. Celle du restaurant de Patrick Pignol a deux pages pour les vins de ce domaine. Il choisit un Chablis Grand Cru Valmur domaine François Raveneau 1996. Lorsqu'il arrive seul, avec une acidité très prononcée, ce vin nous séduit par sa précision. C'est de la belle ouvrage que ce vin là. Sur un excellent damier de coquilles Saint-Jacques et truffe, il trouve un peu d'ampleur.


Mais lorsqu'arrive le Meursault Les Perrières Leroy négociant 1995, force est de constater que le Leroy fait de l'ombre au Raveneau, essentiellement à cause de l'acidité du chablis. Le Meursault est rond, généreux, chatoyant, ample et nous ravit sur une originale composition de moules et de girolles où s'exprime sa jeunesse citronnée. Il poursuit son festival sur une assiette de cèpes en prenant de la rondeur, puis sur une aile de raie absolument délicieuse avec des févettes et traitée sans aucun accompagnement pour avoir la richesse de sa chair.


Le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1953 a un niveau assez bas, ce qui est un facteur d'incertitude mais sa couleur vue en cave m'avait plu. Son odeur à l'ouverture était splendide et maintenant, on pourrait se contenter de respirer le vin tant il exprime l'A.D.N. des vins du domaine, fait de pétales de rose et de sel. Je n'arrête pas de m'extasier devant cette odeur divine. Sur un foie gras poêlé, le vin est impérial et si la rose abonde, on peut noter de petites pointes de truffe. La délicatesse et la noblesse de ce vin sont extrêmes. Mes amis se pâment comme moi. C'est un grand moment de communion.


Pour la grouse délicieuse, avec une sauce lourde, c'est le tour du Vega Sicilia Unico Reserva Especial mis en bouteilles en 1979 et donc composé de 1962, 1964 et 1968 de ravir nos papilles. Le nez est entièrement de fruits rouges et noirs. En bouche, l'ampleur est extrême mais je ne retrouve pas le velouté onctueux que le nez suggère. Le vin est grand, racé, avec des notes de chocolat et de café judicieusement orientées par la sauce, mais il est plus strict que velouté.


Patrick Pignol a préparé un soufflé au cognac (assez présent !) pour que nous continuions de jouir de l'immense Cognac Adet vers 1880.


Après ce Marathon, Ted est quasiment mort mais Murray et Steve sont en pleine forme et ne tarissent pas d'éloge pour le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1953 qu'ils considèrent comme le vin le plus brillant de leur voyage. Nous nous sommes promis de nous revoir, et ces deux repas ont forgé une amitié nouvelle avec de vrais amateurs de vins, sympathiques, charmants et généreux.


L'amour du vin quand il est partagé crée de belles rencontres et de grands moments de communion.










151ème dîner de wine-dinners au restaurant Ledoyen jeudi, 6 octobre 2011

Le diner de wine-dinners de ce soir devrait être le 150ème, mais ce numéro est déjà réservé pour un dîner qui se tiendra au château de Saran, demeure de réception du groupe Moët & Chandon, qui avait accueilli naguère le 100ème dîner. Alors, nommons-le 151ème, avec cette vertu arithmétique d'une logique relativiste.


Un journaliste espagnol qui est spécialisé dans la gastronomie et le vin m'avait demandé de filmer ce repas qui se tient au restaurant Ledoyen. Nous sommes installés dans le grand salon "Cariatides II" du premier étage dont la terrasse est gardée par quatre cariatides imposantes qui regardent vers une fontaine dont le centre est occupé par une Vénus à la pose lascive et vers un kiosque à musique caché dans la perspective du jardin. Le pavillon Ledoyen est une bonbonnière nichée dans le cadre le plus beau de Paris, dans un petit bois reliant le Grand Palais à la place de la Concorde.


En attendant les journalistes, je range les douze bouteilles du dîner. Quand ils arrivent, j'officie, et malgré la diversités des situations des bouchons, aucun ne me pose de problème, même celui du vin de 1918 qui tombe en miettes. Je montre au journaliste un fait étonnant : à l'ouverture, le vin de 1918 senti au goulot n'est que de la terre, une terre forte et dense. Une minute plus tard, la terre est moins sensible et le vin, muet jusqu'alors, commence à parler. Deux minutes plus tard, l'odeur du vin chasse celle de la terre. Nous verrons comment se poursuivra cette évolution. Le Guiraud 1959 est intense, d'une richesse de fruit rare, et le Massandra 1936 est à se damner. Je mourrais pour de tels parfums marqués au citron vert et aux fruits capiteux. Tout semble se dessiner au mieux, même si le sûr n'est jamais sûr.


Pour encourager les journalistes, je demande à Géraud un bon champagne en demi-bouteille et il me suggère un Champagne Billecart-Salmon Cuvée Nicolas-François Billecart 1997. Quel bon champagne ! Je suis très agréablement surpris par la qualité, l'audace et l'allant de ce beau brut. Voilà un beau départ et une façon aimable d'attendre les convives.


Nous sommes onze, dont trois femmes, et les habitués des dîners sont huit, trois nouveaux venant tenter l'aventure de ces dîners. Après les traditionnelles recommandations, nous passons à table sans avoir trinqué debout, car le menu prévoit deux amuse-bouche dès le premier champagne.


Le menu créé par Christian Le Squer est ainsi rédigé : Foie gras passion - Sardines à cru, en amuse bouche / Pâté en croûte, fine gelée de cuisson / Bouquet du jardinier aux saveurs marines / Cèpes de châtaignier crus et cuits et marmelade d'aubergine / Sole de ligne étuvée aux senteurs des bois / Pièce d'agneau rôtie / Pigeon poudré de noix : jus de poire - cresson / Stilton / Ananas et mangues , givré de citron / Mignardises.


Le Champagne Dom Pérignon 1992 est une joyeuse surprise, avec sa couleur blonde comme des blés de printemps. Lorsque 1992 est inclus dans une dégustation verticale de Dom Pérignon, on constate qu'il est moins charpenté que les années brillantes. Mais là, seul en représentation, il est tout simplement charmant, joyeux, plein en bouche comme un grand Dom Pérignon. Je suis heureux qu'il se comporte aussi bien, l'âge lui ayant donné une maturité sereine.


Avec le Champagne Charles Heidsieck Royal 1969 nous entrons dans le monde des champagnes anciens. La bulle a presque disparu mais le pétillant est bien présent. La couleur est d'un abricot léger. Le goût de ce champagne est confondant, car il aligne les complexités. Et le pâté en croûte, le plat le plus goûteux du repas lui donne un coup de fouet de première grandeur. Ces champagnes anciens sont des régals.


A l'ouverture, le parfum du Corton Charlemagne Louis Affre vers 1959 était spectaculairement riche. Quelques heures plus tard, il n'a rien perdu de cette force. Il évoque les fruits jaunes, comme la belle couleur de sa robe. En bouche, c'est un beau vin riche, un peu simple mais extrêmement plaisant. J'imagine volontiers que le négociant qui a embouteillé ce vin n'imaginait jamais qu'il puisse devenir aussi voluptueux. La délicieuse gelée du plat de poisson cru est un régal avec le vin.


Nous allons maintenant goûter quatre bordeaux d'années que je chéris, par séries de deux sur les deux plats qui suivent. Le Château Calon Montagne Saint-Emilion 1961 surprend tout le monde par sa richesse, sa densité, et son accomplissement lié à son millésime légendaire. Il faut fait dire que les cèpes arrivent à exhausser le goût du vin comme un haut-parleur réglé sur le maximum. Les votes vont couronner cette divine surprise.


Le Château Pavie-Decesses Saint-Emilion 1945 est plus assis, plus construit, avec la densité d'un Saint-Emilion. C'est un vin rassurant qui n'a pas pris une seule ride et 1945 est une année accomplie. On aime les deux vins bus sur les cèpes et le Montagne Saint-Emilion ne souffre en aucun cas de la juxtaposition.


J'ai un amour particulier pour l'année 1955 aussi suis-je conquis par l'élégance du Château Pontet Saint-Emilion 1955. Il est romantique, délicat, féminin et je succombe à son charme.


Il fallait que le quatrième bordeaux change de rive et j'ai voulu mettre à ce dîner le Carruades de Château Lafite 1929 pour faire un petit clin d'œil. Dans la folie tarifaire qui a propulsé le Château Lafite-Rothschild au sommet des prix, le Carruades de Château Lafite a suivi dans son sillage à des prix que ne justifie pas sa valeur gustative. Alors, pour prouver que ce vin se boit aussi, j'ai voulu ouvrir le 1929 qui atteindrait des sommets en salle de vente. L'intitulé de l'étiquette est le suivant : "Grand Cru des Carruades / près Lafite-Rothschild / Pauillac (Médoc) / 1929 / G. Bonnefous propriétaire". Il faut bien noter ce "près". Le vin ne peut pas cacher son âge mais comme c'est un 1929, il a du répondant. Velouté, il est relativement peu structuré mais nous délivre un discours charmant. La sole aux senteurs de bois lui convient parfaitement. Encore une fois, la juxtaposition de deux vins d'âges différents ne nuit à aucun des deux.


Le Grand Chambertin Sosthène de Grésigny Jules Régnier 1918 fait partie des bouteilles que je chéris. Le bouchon noir s'était déchiré en mille morceaux. L'odeur première, de terre, aurait fait rejeter ce vin par un amateur peu averti. Maintenant, près de cinq heures après l'ouverture, l'odeur est claire, précise et sans défaut. Et en bouche ce vin récite tout le dictionnaire des arômes de Bourgogne, dont celui des pétales de rose qui sont si caractéristiques. Bien vivant même s'il ne triche pas sur son âge, il est doucereux, joyeux et follement bourguignon. Ce sont des récompenses, car j'ai fait confiance à ce vin. L'agneau très simple est délicieux et lui va bien.


Par caprice, j'ai voulu mettre maintenant deux vins de quatre-vingts ans plus jeunes, qui plus est, de deux régions distinctes, sur le pigeon goûteux. Et là encore cela fonctionne, comme on dit en langage managérial, sans qu'aucun vin n'en souffre. Il faut dire que les deux 1998 sont des aristocrates polis.


La Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 1998 est dans un état de jeunesse enthousiasmant. On sait mon amour pour les vins du Domaine et en particulier pour la Romanée Saint-Vivant, romantique et délicate, ciselée, précise et charmante. J'adore le sel et la rose, même s'ils ne sont qu'en filigrane, tant le fruit est prégnant. C'est un très grand vin qui cohabite à la perfection avec son conscrit plus au sud, la Côte Rôtie La Landonne Guigal 1998, monument de fraîcheur, de rectitude et de jouissance. Le pigeon est fait pour ces deux vins charnus et joyeux, qui n'écrasent en rien les aînés qui les ont précédés.


Le Château Guiraud Sauternes 1959 m'avait surpris par la force de son parfum. Il l'a toujours. Dans les mangues mais plus encore sur les agrumes, il est dans une plénitude absolue. C'est un sauternes équilibré, solide et convaincant. Un grand Guiraud, même si mon cœur va plutôt vers ceux qui ont cinquante ans de plus. Le Stilton est exactement ce qu'il fallait pour mettre en valeur les agrumes du vin.


Le Massandra White Muscat (Massandra Collection) 1936 m'avait tétanisé par son parfum à l'ouverture. Il y avait du citron vert avec du poivre sur un fond de fruits confits. Et là, la magie opère, car la complexité est infinie. Il est doucereux comme une liqueur, fringant comme un porto, et par certains côtés, son poivré m'évoque mes chouchous, mes vins de Chypre de 1845. Alors, on comprendra que mon vote ait penché de ce côté-là.


Drame dans la vie d'un homme, j'ai perdu la feuille sur laquelle j'ai consigné les votes des onze convives. Grâce à leur aide du lendemain, j'ai pu reconstituer la majeure partie des votes, mais ce n'est pas pareil. Sur douze vins, dix figurent sur au moins l'une des feuilles de vote, ce qui évidemment plaisant.


Six vins ont eu les honneurs d'être nommés premiers, ce qui aussi excite ma fierté car six vins préférés par au moins l'un des convives est une preuve de qualité. Mais cela montre aussi la diversité des goûts, ce qui me ravit.


L'ordre des votes montre que mes convives ne se sont pas laissé éblouir par les vins dits d'étiquette.


Le vote du consensus est : 1 - Grand Chambertin Sosthène de Grésigny 1918, 2 - Massandra White Muscat (Massandra Collection) 1936, 3 - Château Calon Montagne Saint Emilion 1961, 4 - Château Guiraud Sauternes 1959, 5 - Château Pavie-Decesses Saint Emilion 1945.


Mon vote est : 1 - Massandra White Muscat (Massandra Collection) 1936, 2 - Grand Chambertin Sosthène de Grésigny 1918, 3 - Château Pontet Saint Emilion 1955, 4 - Château Guiraud Sauternes 1959.


Les journalistes qui ont filmé le dîner n'ont en aucun cas bridé nos discussions enjouées, riantes, amicales. Christian Le Squer a fait une cuisine absolument idéale pour ce repas. Les plats qui ont mis en valeur les vins de la façon la plus spectaculaire sont le pâté en croûte et les cèpes. Tous les autres plats ont été d'une justesse remarquée. Le service fut parfait. Grâce aux rires et la bonne humeur de tous, mais aussi grâce aux vins, ce fut un grand repas. Cent-cinquantième ou non, il prend date dans l'histoire des dîners de wine-dinners.

151ème dîner de wine-dinners – photos jeudi, 6 octobre 2011

Notre salon du restaurant Ledoyen vu du jardin (semblant collés à la toiture, des pignons du Grand Palais)



notre salon est protégé par des cariatides - l'une des cariatides me fait penser à Cameron Diaz



la Vénus de la fontaine du parc (qui est peut-être une Diane) a un déhanchement assez lascif



le kiosque de musique dans la perspective du jardin



dans le salon, notre table



les vin, disposés avant l'ouverture




je sens le parfum envoûtant du vin de Massandra 1936



Les vins et les bouchons



dans l'ordre des photos, les bouchons du Carruades 1929, du Pavie Decesses 1945, du Massandra 1936, puis, Guiraud 1959, Chambertin 1918, Pontet 1955, Corton Charlemagne 1959, Calon 1961, les deux 1998, Romanée Saint-Vivant et La Landonne





tous les bouchons



le Champagne Billecart Salmon Cuvée Nicolas François Billecart 1997 bu avec les journalistes



les plats du dîner







la table en fin de repas


151ème dîner de wine-dinners – les vins jeudi, 6 octobre 2011

Champagne Dom Pérignon 1992



Champagne Charles Heidsieck Royal 1969



Corton Charlemagne Louis Affre vers 1959 (la marque de l'année en lettres jaunes sur fond blanc est devenue illisible)



Château Calon Montagne Saint Emilion 1961



Château Pavie-Decesses Saint Emilion 1945



Château Pontet Saint Emilion 1955



Carruades de Château Lafite 1929



Grand Chambertin Sosthène de Grésigny 1918



Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 1998



Côte Rôtie La Landonne Guigal 1998



Château Guiraud Sauternes 1959



Massandra White Muscat (Massandra Collection) 1936