Bill est un ami qui a participé au 316ème déjeuner tenu au restaurant Plénitude. Voici quelques unes de ses photos.
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316ème de mes repas vendredi, 23 octobre 2026
J’ai eu envie de faire un repas fondé sur deux années que je considère parmi les plus grandes de toute l’ère moderne des vins : 1811 et 1865. Bien des raisons m’ont conduit à vouer un amour particulier à ces deux millésimes. J’ai ensuite ajouté d’autres vins pour que le repas soit cohérent.
Le repas a lieu au restaurant Plénitude Arnaud Donckele de l’hôtel Cheval Blanc Paris. Nous avons travaillé le menu avec le chef et plusieurs membres de sa garde rapprochée, avec le désir de prendre tous les risques et d’oser des créations inhabituelles pour que ce repas soit absolument hors norme.
Le choix des vins s’est fait principalement en fonction des bouteilles de 1811 et de 1865 que je possédais. Ayant appris qu’un Riesling allemand de 1811 figurait dans une vente aux enchères, j’ai décidé de l’acquérir, et je l’ai effectivement emporté dans une salle de ventes hollandaise.
J’ai ensuite fait quelques ajouts. D’abord, j’ai placé en tête du repas un Champagne Dom Ruinart 1990, car l’hôtel Cheval Blanc allait accueillir un événement en l’honneur de Ruinart : le clin d’œil m’est apparu amusant. J’ai aussi ajouté, pour le plaisir, une Romanée-Conti 2011, afin que deux rouges servis à la suite soient séparés de deux cents ans, puisque c’est précisément l’écart entre le Lafite 1811 et la Romanée-Conti 2011.
Enfin, comme je pensais que le passage de certains vins à d’autres pourrait être délicat, j’ai ajouté un magnum de Dom Pérignon 1988 servi tout au long du repas, pour que chacun puisse au besoin rafraîchir son palais et retrouver ses repères. Le Porto précédant le Château-Chalon, par exemple, le Dom Pérignon y trouverait toute sa place.
Je suis arrivé à 9h30 au restaurant pour ouvrir les bouteilles avec Chloé, sommelière qui m’a déjà aidé lors de précédents repas. L’ouverture des vins a été passionnante. Les parfums des différents vins m’ont rassuré : aucune bouteille ne présente le moindre problème par rapport à ce que l’on pouvait attendre de son odeur.
Une remarque toute particulière s’impose au sujet du château Lafite 1811. Quand j’ai acheté cette bouteille, la question qui se pose immédiatement est : s’agit-il d’une vraie bouteille ou d’un faux ? Et la solution, la réponse, allait être celle du moment de l’ouverture du vin. Lorsque j’ai planté mon tire-bouchon sur le bouchon, je me suis rendu compte d’abord qu’il ne pouvait pas venir de 1811, mais qu’il était extrêmement vieux. Et ceci est corroboré par le fait que sur le dos de l’étiquette de la bouteille, il y a marqué que le vin a été rebouché le 29 novembre 1876. Il y a donc une cohérence totale entre le bouchon que j’ai soulevé et l’histoire de ce rebouchage. Donc, la bouteille est forcément une bouteille authentique. L’odeur m’est apparue d’une jeunesse folle. Nous verrons à table.
Ce déjeuner est le 316ème de mes repas. Nous serons douze. Il y aura un ami américain de l’Oregon, un ami fidèle de la République Dominicaine qui est d’ailleurs le seul qui a participé au 315ème repas à l’Appartement Moët Hennessy et à ce repas, un plongeur professionnel belge et neuf français. Le nombre de nouveaux participants est de six.
Tout le monde est à l’heure, certains étant même très en avance. Le menu créé par Arnaud Donckele et son équipe est : Petits amuse-bouches / Moules, brioche, caviar pour soupe « moromi » / Langoustine, pomme de mer, algue pour velouté « champenois » / Saint-Jacques, haliotis, aster pour bouillon « iridescence iodée » / Un chut ! élégant pour chasseur / Bécasse des mers, tortellini, crocus pour sabayon « Audouze » / Plume tourbée de grouse / Morille des pins, comté, arbois pour crème marbrée « sotolon » / À l’ombre d’un abricotier pour double sauce « crocus d’Orient » / Financier François Audouze.
Une petite explication s’impose sur la présence du nom Audouze à deux reprises dans ce menu. Pendant la préparation des menus que nous avons faits, Clément, le chef exécutif du restaurant Plénitude, toujours souriant et volontiers facétieux, a lancé un jour : « À force de mettre le nom Audouze chaque fois que nous créons un plat, il n’y aura bientôt plus que des plats Audouze, et nous, à quoi servirons-nous ? » Ce qui nous a tous fait rire, évidemment.
Mes dîners commencent traditionnellement par une présentation debout, autour d’un champagne. Le Champagne Dom Ruinart 1990 est de l’une des plus belles années de ce champagne. Tout le monde est frappé par sa rondeur, sa complexité et sa présence en bouche : il est absolument excellent, et la surprise se lisait sur tous les visages. Comment un champagne considéré par eux comme ancien peut-il être aussi expressif ? Il recueillera peu de votes au classement final, mais c’est fréquent dans mes dîners : quand plus de dix vins se succèdent, ceux bus en début de repas sont souvent oubliés.
Nous passons à table. Les amuse-bouches qui nous sont servis sont d’une délicatesse de goût confondante, et le talent du chef éclate dans chacune de ces saveurs. Le Champagne Krug Clos du Mesnil 1979 est très impressionnant. Puissant, long et complexe, il a une présence hors du commun et sait affronter tous les goûts qui surgissent dans chacun des petits plats. C’est remarquable. C’est pour mon goût le plus grand des Clos du Mesnil en même temps que le plus vieux puisque c’est la première année de ce cru.
La langoustine arrive, d’une cuisson miraculeuse, et nous allons partager deux vins sur ce plat. Le Dry Alicante Blanc 1865 est, contrairement à ce que je pensais, un vin muté, donc beaucoup plus riche et alcoolique. Ce n’était peut-être pas le bon choix, mais sa couleur si claire dans la bouteille ne me laissait pas imaginer une telle richesse. À ses côtés, le Château Lafite Rothschild Blanc 1935 est un vin d’une grâce, d’une délicatesse et d’une longueur infinies. Tout sépare ces deux vins, et pourtant on passe aisément de l’un à l’autre. La langoustine s’accorde idéalement avec chacun d’eux, malgré la puissance considérable du vin d’Alicante.
Le plat de Saint-Jacques accueille maintenant deux vins qui semblent n’avoir rien en commun : le Champagne Juglar de la Baltique, daté des environs de 1820, et le Riesling Bassermann-Jordan 1811. Le plat est délicieux.
Le Riesling est étonnant, car son goût ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Il est très sec et pourtant très long, avec parfois une note doucereuse. Cela paraît paradoxal, mais c’est ainsi. C’est un goût inhabituel, mais passionnant. Et la longueur m’impressionne. Il est impossible de lui donner un âge.
Le Juglar 1820 me surprend profondément. J’en avais bu un il y a quelques années et j’avais été ému de penser que, du fait de sa fraîcheur restée intacte, je buvais le vin qu’un amateur aurait goûté en 1840. Celui-ci est tout à l’opposé. Riche, puissant, intense, il a une longueur infinie et n’a pas d’âge : si on le présentait comme un champagne de 1960, personne n’en serait choqué. C’est un champagne hors norme, presque irréel, et je ne m’attendais pas à trouver autant de cohérence dans un vin repêché au fond de la mer Baltique et autant de gourmandise.
La Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2011 arrive maintenant sur le plat de cet oiseau élégant. Ce vin est d’une fraîcheur extrême, et pourtant il ne crée pas un écart si spectaculaire avec des vins plus vieux que lui de deux cents ans. Le plat est divin et la Romanée Conti a des subtilités joyeuses et bienveillantes.
Arnaud Donckele sait que l’un de mes caprices est de servir du rouget avec les Pétrus de mes dîners, et il a accepté de reprendre l’idée pour le Château Lafite 1811. Le chef a donc imaginé pour ce vin une interprétation toute particulière du rouget.
Quand je porte ce vin à mes lèvres, je reçois comme un coup de massue, comme si une masse énorme me tombait sur la tête. Je pense en effet que les grands vins sont faits pour l’éternité et que, s’ils meurent, c’est presque toujours par la faute du bouchon. C’est ma théorie. Or nous venons d’avoir un Alicante parfait, un Lafite Rothschild Blanc 1935 parfait, un Juglar absolument parfait, un Riesling d’une belle vivacité, et voici maintenant un Lafite d’une jeunesse inouïe. Il y aura d’autres vins ensuite, mais à cet instant tous ceux que nous avons bus se sont montrés miraculeux, et j’en ai presque le tournis. Ce qui est incroyable dans ce vin, c’est la présence du fruit. Comment un vin de 215 ans peut-il garder un fruit de ce niveau, avec une telle longueur et une précision aussi stupéfiante ? J’ai eu un mal fou à reprendre mes esprits, et je crois que tout le monde l’a remarqué.
Le Porto Da Silva 1865 est riche, cohérent et long, avec une puissance superbe. C’est un grand Porto qui, lui aussi, n’a pas d’âge, car sa force reste souriante. L’accord avec la grouse est absolument parfait.
Servir un Château-Chalon après un Porto, c’est presque une provocation. Pourtant, lorsque nous en avons parlé pendant la préparation du repas, cela nous est apparu comme une évidence, et nous avons souri de notre audace.
La morille et le comté avec le Château-Chalon Perrigny 1865 est l’un des plus beaux accords du repas. Le Château-Chalon est très agréable, moins puissant que d’autres 1865 que j’ai eu la chance de boire, mais d’une belle longueur, et l’association est si réussie que le vin a déployé un charme infini.
Le Château d’Yquem 1865 a été rebouché en 1990. Sa couleur est belle, et son parfum était l’un des plus beaux de la séance d’ouverture des bouteilles. Il est servi avec un dessert à l’abricot. C’est sans doute le seul plat qui appelle une petite remarque : ce dessert, très riche et intense, domine nettement le Château d’Yquem, qui n’a donc pas été mis en valeur autant qu’il aurait pu l’être. Mais personne ne pouvait imaginer que le 1865 puisse être aussi léger.
Les financiers François Audouze, comme les nomme le menu, accompagnent deux eaux-de-vie très différentes. La Fine Champagne Château de Lafot 1865 est tout en subtilité : très longue, très fine, très féminine. À ses côtés, le Cognac Roi de Rome 1811 est d’une richesse inouïe et d’une grande puissance, et il écrase bien évidemment la jeune fine champagne. Prises séparément, elles seraient chacune jugées extraordinaires, mais il fallait bien un vainqueur, et ce sera le Roi de Rome.
Comme nous avons bu quatorze vins, j’ai demandé à chaque convive de choisir ses six vins préférés, au lieu de cinq habituellement, et de les classer de 1 à 6. Cinq vins ont été notés premier : le Château Lafite 1811 avec sept votes de premier, le Champagne Juglar Baltic Sea circa 1820 avec deux votes, puis le Riesling Bassermann-Jordan 1811, le Porto da Silva 1865 et le Château-Chalon Perrigny 1865 avec un vote chacun de premier. Que sept convives se retrouvent sur le Lafite 1811 est une réussite exceptionnelle.
Le classement global de la table est le suivant : 1 – Château Lafite 1811, 2 – Champagne Juglar Baltic Sea circa 1820, 3 – Château Lafite Rothschild Blanc 1935, 4 – Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2011, 5 – Champagne Krug Clos du Mesnil 1979, 6 – Château-Chalon Perrigny 1865, 7 – Riesling Bassermann-Jordan 1811.
Mon classement est : 1 – Château Lafite 1811, 2 – Champagne Juglar circa 1820, 3 – Château Lafite Rothschild Blanc 1935, 4 – Cognac Roi de Rome 1811, 5 – Champagne Krug Clos du Mesnil 1979, 6 – Château-Chalon Perrigny 1865.
Une petite anecdote amusante. J’ai vu que la Romanée-Conti recueillait beaucoup de votes. J’ai lancé à ceux qui l’avaient choisie : « dans un repas où ce qui compte, ce sont les vins les plus anciens, pourquoi voter pour la Romanée-Conti ? Des 2011, on en trouve partout et on peut en boire tous les jours. » Tout le monde m’a regardé en souriant et un convive a dit : « Bien évidemment, nous buvons de la Romanée-Conti tous les jours ! ».
Tout au long du repas, nous avons pu constater que la cuisine d’Arnaud Donckele atteignait un niveau nettement au-delà de tout ce que nous avions fait ensemble jusqu’à présent, et j’ai senti chez lui une motivation extraordinaire. Il a d’ailleurs tenu à prendre la parole pour évoquer ces événements assez rares que nous avons provoqués ensemble.
Il a rappelé un souvenir que j’avais oublié et qui est assez amusant. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois lors d’un dîner à quatre mains entre Arnaud Donckele et Arnaud Lallement à La Vague d’Or, à Saint-Tropez. J’avais apporté un Dom Pérignon 1973 que nous avions partagé tous les trois, et j’avais dit à Arnaud Donckele que je trouvais sa cuisine extraordinaire, mais qu’elle ne fonctionnerait pas avec mes vins. J’étais sans doute particulièrement audacieux de lui dire cela.
Nous avons ensuite tenu absolument à ce que le premier repas organisé à Plénitude soit une œuvre commune. Il n’est pas impossible que ma remarque l’ait aiguillonné et nous vaille aujourd’hui ce résultat absolument transcendant. J’ai senti beaucoup d’émotion dans son discours prononcé devant toute la brigade d’une trentaine de personnes, qui ont senti que ce repas était important pour le chef comme il l’est pour moi.
L’émotion a été très grande dans ce repas et tous les convives l’ont ressenti. Jamais je n’aurais imaginé une telle réussite de tous les vins qui ont montré qu’ils n’avaient pas d’âge. C’est ce que je prétends depuis toujours et cette démonstration a été tellement forte que cela m’a quasiment « assommé ».
Vive Arnaud Donckele et vivent les vins anciens.
316th lunch vendredi, 23 octobre 2026
I wanted to hold a meal built around two years that I consider among the greatest of the entire modern era of wine: 1811 and 1865. Many reasons have led me to hold a special love for these two vintages. I then added other wines so that the meal would be coherent.
The meal takes place at the restaurant Plénitude Arnaud Donckele in the Cheval Blanc Paris hotel. We worked on the menu with the chef and several members of his inner circle, determined to take every risk and to dare unusual creations so that this meal would be truly out of the ordinary.
The wines were chosen mainly according to the bottles of 1811 and 1865 that I owned. Having learned that a German Riesling from 1811 was coming up at auction, I decided to acquire it, and I did indeed win it at a Dutch auction house.
I then made a few additions. First, I placed a Champagne Dom Ruinart 1990 at the start of the meal, because the Cheval Blanc hotel was about to host an event in honour of Ruinart: the wink seemed amusing to me. I also added, for the pleasure of it, a Romanée-Conti 2011, so that two reds served one after the other would be two hundred years apart, since that is precisely the gap between the Lafite 1811 and the Romanée-Conti 2011.
Finally, as I thought that moving from some wines to others might be tricky, I added a magnum of Dom Pérignon 1988 served throughout the meal, so that everyone could, if needed, refresh their palate and find their bearings. With the Port preceding the Château-Chalon, for example, the Dom Pérignon would be entirely in its place.
I arrived at the restaurant at 9:30 am to open the bottles with Chloé, a sommelier who has already helped me at previous meals. Opening the wines was fascinating. The scents of the different wines reassured me: not a single bottle shows the slightest problem compared with what one could expect from its smell.
A very particular remark must be made about the Château Lafite 1811. When I bought this bottle, the question that immediately arises is: is it a genuine bottle or a fake? And the answer would come at the moment the wine was opened. When I drove my corkscrew into the cork, I realised first that it could not date from 1811, but that it was extremely old. This is corroborated by the fact that the back label of the bottle states that the wine was recorked on 29 November 1876. There is therefore complete consistency between the cork I pulled and the history of this recorking. So the bottle is necessarily authentic. The smell struck me as having a wild youthfulness. We shall see at the table.
This lunch is the 316th of my meals. There will be twelve of us. There will be an American friend from Oregon, a loyal friend from the Dominican Republic who is in fact the only one to have attended both the 315th meal at the Appartement Moët Hennessy and this one, a Belgian professional diver and nine French guests. Six of the participants are newcomers.
Everyone is on time, some even very early. The menu created by Arnaud Donckele and his team is: Small amuse-bouches / Mussels, brioche, caviar for a « moromi » soup / Langoustine, sea apple, seaweed for a « champenois » velouté / Scallops, abalone, aster for an « iodine iridescence » broth / An elegant hush! for a hunter / Sea woodcock, tortellini, crocus for an « Audouze » sabayon / Peat-smoked plume of grouse / Pine morel, comté, arbois for a marbled « sotolon » cream / In the shade of an apricot tree for a double « crocus of the Orient » sauce / François Audouze financier.
A short explanation is needed about the name Audouze appearing twice on this menu. While we were preparing the menus, Clément, the executive chef of the Plénitude restaurant, always smiling and fond of a joke, said one day: « If we keep putting the name Audouze every time we create a dish, soon there will be nothing but Audouze dishes, and what use will we be then? » Which of course made us all laugh.
My dinners traditionally begin with a standing introduction around a champagne. The Champagne Dom Ruinart 1990 comes from one of the finest years of this champagne. Everyone is struck by its roundness, its complexity and its presence in the mouth: it is absolutely excellent, and surprise could be read on every face. How can a champagne they consider old be so expressive? It will receive few votes in the final ranking, but that is common at my dinners: when more than ten wines follow one another, those drunk at the start of the meal are often forgotten.
We sit down at the table. The amuse-bouches served to us have a bewildering delicacy of taste, and the chef’s talent shines in each of these flavours. The Champagne Krug Clos du Mesnil 1979 is very impressive. Powerful, long and complex, it has an extraordinary presence and stands up to all the flavours arising in each of the small dishes. It is remarkable. To my taste it is the greatest of the Clos du Mesnil and also the oldest, since it is the first year of this cru.
The langoustine arrives, miraculously cooked, and we will share two wines with this dish. The Dry Alicante Blanc 1865 is, contrary to what I thought, a fortified wine, and therefore much richer and more alcoholic. It may not have been the right choice, but its very pale colour in the bottle did not let me imagine such richness. Alongside it, the Château Lafite Rothschild Blanc 1935 is a wine of infinite grace, delicacy and length. Everything separates these two wines, and yet one moves easily from one to the other. The langoustine pairs ideally with each of them, despite the considerable power of the Alicante.
The scallop dish now welcomes two wines that seem to have nothing in common: the Champagne Juglar Baltic Sea circa 1820 and the Riesling Bassermann-Jordan 1811. The dish is delicious.
The Riesling is astonishing, because its taste resembles nothing we know. It is very dry and yet very long, with at times a sweetish note. It seems paradoxical, but that is how it is. It is an unusual taste, but a fascinating one. And the length impresses me. It is impossible to give it an age.
The Juglar 1820 surprises me deeply. I had drunk one a few years ago and had been moved to think that, because its freshness had remained intact, I was drinking the wine an enthusiast would have tasted in 1840. This one is the complete opposite. Rich, powerful, intense, it has infinite length and is ageless: if it were presented as a champagne from 1960, no one would be shocked. It is an extraordinary champagne, almost unreal, and I did not expect to find so much coherence and so much gourmandise in a wine recovered from the bottom of the Baltic Sea.
The Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2011 now arrives with the dish of this elegant bird. This wine has extreme freshness, and yet it does not create such a spectacular gap with wines two hundred years older than itself. The dish is divine and the Romanée-Conti has joyful, benevolent subtleties.
Arnaud Donckele knows that one of my whims is to serve red mullet with the Pétrus at my dinners, and he agreed to take up the idea for the Château Lafite 1811. The chef therefore imagined a very special interpretation of red mullet for this wine.
When I raise this wine to my lips, I receive something like a sledgehammer blow, as if an enormous weight had fallen on my head. I believe that great wines are made for eternity and that, if they die, it is almost always the fault of the cork. That is my theory. Now, we have just had a perfect Alicante, a perfect Lafite Rothschild Blanc 1935, an absolutely perfect Juglar, a Riesling of fine liveliness, and here now is a Lafite of unheard-of youth. There will be other wines afterwards, but at this moment all those we have drunk have proved miraculous, and my head is almost spinning. What is incredible in this wine is the presence of fruit. How can a 215-year-old wine keep fruit of this level, with such length and such astounding precision? I had a terrible time collecting myself, and I think everyone noticed.
The Porto Da Silva 1865 is rich, coherent and long, with superb power. It is a great Port which, it too, is ageless, for its strength remains smiling. The pairing with the grouse is absolutely perfect.
Serving a Château-Chalon after a Port is almost a provocation. Yet when we discussed it while preparing the meal, it seemed obvious to us, and we smiled at our own audacity.
The morel and comté with the Château-Chalon Perrigny 1865 is one of the finest pairings of the meal. The Château-Chalon is very pleasant, less powerful than other 1865s I have been lucky enough to drink, but of fine length, and the combination is so successful that the wine displayed infinite charm.
The Château d’Yquem 1865 was recorked in 1990. Its colour is beautiful, and its scent was one of the most beautiful of the bottle-opening session. It is served with an apricot dessert. This is probably the only dish that calls for a small remark: this very rich and intense dessert clearly dominates the Château d’Yquem, which was therefore not shown to advantage as much as it could have been. But no one could have imagined that the 1865 could be so light.
The François Audouze financiers, as the menu calls them, accompany two very different brandies. The Fine Champagne Château de Lafot 1865 is all subtlety: very long, very fine, very feminine. Alongside it, the Cognac Roi de Rome 1811 is of unheard-of richness and great power, and of course it crushes the young fine champagne. Taken separately, each would be judged extraordinary, but there had to be a winner, and it will be the Roi de Rome.
As we drank fourteen wines, I asked each guest to choose their six favourite wines, instead of the usual five, and to rank them from 1 to 6. Five wines were ranked first: the Château Lafite 1811 with seven first-place votes, the Champagne Juglar Baltic Sea circa 1820 with two votes, then the Riesling Bassermann-Jordan 1811, the Porto Da Silva 1865 and the Château-Chalon Perrigny 1865 with one first-place vote each. That seven guests should agree on the Lafite 1811 is an exceptional success.
The overall ranking of the table is as follows: 1 – Château Lafite 1811, 2 – Champagne Juglar Baltic Sea circa 1820, 3 – Château Lafite Rothschild Blanc 1935, 4 – Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2011, 5 – Champagne Krug Clos du Mesnil 1979, 6 – Château-Chalon Perrigny 1865, 7 – Riesling Bassermann-Jordan 1811.
My ranking is: 1 – Château Lafite 1811, 2 – Champagne Juglar circa 1820, 3 – Château Lafite Rothschild Blanc 1935, 4 – Cognac Roi de Rome 1811, 5 – Champagne Krug Clos du Mesnil 1979, 6 – Château-Chalon Perrigny 1865.
A small amusing anecdote. I saw that the Romanée-Conti was collecting many votes. I said to those who had chosen it: « In a meal where what matters are the oldest wines, why vote for the Romanée-Conti? 2011s can be found everywhere and one can drink them every day. » Everyone looked at me with a smile and one guest said: « Of course, we drink Romanée-Conti every day! »
Throughout the meal, we could see that Arnaud Donckele’s cuisine reached a level clearly beyond anything we had done together until now, and I sensed an extraordinary motivation in him. He even insisted on taking the floor to speak about these rather rare events that we have brought about together.
He recalled a memory I had forgotten and which is rather amusing. We met for the first time at a four-hands dinner between Arnaud Donckele and Arnaud Lallement at La Vague d’Or, in Saint-Tropez. I had brought a Dom Pérignon 1973 which the three of us shared, and I had told Arnaud Donckele that I found his cuisine extraordinary, but that it would not work with my wines. I was no doubt particularly bold to tell him that.
We then absolutely wanted the first meal organised at Plénitude to be a joint work. It is not impossible that my remark spurred him on and brings us today this absolutely transcendent result. I sensed a great deal of emotion in his speech, delivered in front of the whole brigade of some thirty people, who felt that this meal mattered to the chef as much as it does to me.
The emotion was very great at this meal and all the guests felt it. I would never have imagined such success from all the wines, which showed that they were ageless. That is what I have always claimed, and this demonstration was so powerful that it almost « knocked me out ».
Long live Arnaud Donckele and long live old wines.
(The photos are in the French article above.)
315ème repas à l’Appartement Moët Hennessy vendredi, 16 octobre 2026
Le 315e de mes repas est un déjeuner qui se tient à l’appartement Moët Hennessy.
Lorsque j’ai fait des déjeuners dans cet appartement, j’avais l’habitude de travailler avec le chef Ryuji Teshima, que tout le monde appelle Teshi, du restaurant Pages. Le restaurant Pages est fermé pour deux ans et Teshi est reparti au Japon. C’est donc le chef Atsushi Tanaka, propriétaire du restaurant A.T., qui cuisinera ce repas. Nous avons mis au point le menu ensemble lors d’une séance de réflexion sur les accords mets et vins.
Nous serons douze convives : cinq nouveaux venus et sept fidèles de mes repas. La table sera cosmopolite, avec un Mexicain, des Asiatiques, des Italiens et une majorité de Français.
Le menu créé par le chef Atsushi Tanaka est ainsi rédigé : apéritif : maki végétal, tartelette au poivron rouge, tartare de bœuf et feuilles de cassis / sashimi au shiso / huître au yuzu / Saint-Jacques et céleri-rave / homard, poireau et géranium / ris de veau, jus de viande / foie gras poché dans un consommé de queue de bœuf / selle d’agneau rôtie, jus de viande et huile de marjolaine / Red Leicester / mangue fraîche, en sorbet et séchée.
L’ouverture des vins se fait à l’appartement Moët Hennessy. Je commence par les trois bordeaux : un Cheval Blanc 1960, un Haut-Brion 1928 et un Lafite 1990. Chose amusante, les trois bouchons sont venus entiers, sans la moindre brisure, et se sont laissé extraire sans effort, comme si le temps passé dans la cave de l’appartement les avait légèrement comprimés.
L’ouverture du Musigny Comte de Vogüé 1969 vient contredire ce que je pensais des bouchons des bordeaux : le bouchon, très serré, m’a demandé un temps considérable et s’est presque entièrement réduit en charpie.
C’est la première fois que j’ouvre une Romanée-Conti issue de mes propres allocations, puisque je n’en bénéficie au domaine que depuis 2001. Il s’agit d’une 2002, dont le bouchon est absolument parfait.
À l’ouverture du Vosne-Romanée Cros Parantoux Henri Jayer 1978, je découvre sous la capsule une poussière très noire, et le bouchon paraît si ancien que cette bouteille est forcément authentique.
Les deux vins blancs, le Château Rayas blanc 1996 et le Montrachet du Domaine de la Romanée-Conti 2005, livrent des parfums d’une puissance incroyable avec une richesse olfactive absolue.
Le bouchon du Krug 1973 est venu facilement, sans le moindre pchit. Même silence pour le Dom Pérignon 1971, mais la petite lunule du bas du bouchon est restée coincée dans le goulot, et il m’a fallu des prouesses pour la faire remonter et l’extirper de la bouteille. Quant au Krug rosé des années 1980, je n’ai même pas eu le temps de saisir son bouchon : il a jailli tout seul, dans un pschitt de toute première grandeur.
Le bouchon du Château d’Yquem 1929, reconditionné en 1989, est venu entier et porte déjà des marques d’âge. Le parfum de l’Yquem est manifestement le plus beau, le plus grand et le plus complexe de tous les vins que je viens d’ouvrir.
Après la présentation de l’Appartement Moët Hennessy fait par le gérant de de lieu, nous commençons l’apéritif avec un Champagne Dom Pérignon 1971 splendide, d’une rondeur absolue et d’un charme évident. Beaucoup de participants qui n’avaient jamais bu de champagnes anciens s’étonnent qu’il puisse y avoir une présence aussi joyeuse dans un tel champagne.
Sur une huître au yuzu de très grande qualité, nous buvons le Champagne Krug Vintage 1973. Ce champagne est d’une subtilité rare et, autant le Dom Pérignon est rond, autant celui-ci, porté par l’huître, part dans le ciel comme une fusée, avec une longueur extraordinaire.
Pour la Saint-Jacques au céleri-rave, nous avons deux vins blancs. Le Château Rayas blanc 1996 est d’une solidité absolue. C’est un fonceur, un vin qui montre ses muscles et passionne par sa puissance. À côté, le Montrachet Domaine de la Romanée-Conti 2005 est un festival de complexité. Tout en lui est complexe et subtil, et il nous emmène en voyage dans l’insaisissable. L’accord avec le plat est aussi bien obtenu avec le Rayas qu’avec le Montrachet.
Pour le homard il y a deux bordeaux : Château Cheval Blanc 1960 et Château Haut-Brion 1928. Le Cheval Blanc est très présent, strict, mais aussi d’une grande élégance et d’une belle profondeur. À côté, le Haut-Brion 1928 est une sorte de miracle, car il garde une jeunesse vivace étonnante pour un vin de 98 ans. Des convives qui m’avaient demandé à l’apéritif « mais un vin de 1928, est-ce que ça peut être encore bon ? » ont constaté que ce vin est fait pour l’éternité et que sa mort ne viendrait que de la mort du bouchon. Beaucoup de convives sont surpris qu’on ait choisi un accord entre des vins rouges et le homard, et sont convenus que le choix est pertinent. Le homard a été remarquablement réalisé par le chef.
Sur le ris de veau au jus de viande, le Château Lafite Rothschild 1990 est d’une grande présence. Il est incisif, long et en même temps très intense. C’est un vin passionnant, mais évidemment beaucoup plus jeune que les deux autres bordeaux.
Le Musigny Comte de Vogüé 1969 est très agréable et riche, mais il n’est pas explosif comparé à d’autres vins rouges du repas. À côté, la Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2002 est d’une finesse invraisemblable. Le foie gras poché est exactement ce qu’il faut pour mettre en valeur ses subtilités extrêmes. C’est un vin qui suggère, plus qu’il n’impose, des complexités rares.
Le moment fort du repas, c’est l’arrivée du Vosne-Romanée Cros Parantoux Henri Jayer 1978 sur une selle d’agneau rôtie, jus de viande et huile de marjolaine. Le vin est effectivement d’une grande élégance, mais je le trouve un peu timide et d’une longueur sans excès. Il a séduit mes convives, dont beaucoup venaient évidemment pour le découvrir, mais je considère qu’il n’était pas au mieux de sa forme, malgré le millésime 1978 légendaire pour les vins d’Henri Jayer.
L’association du Red Leicester avec le Champagne Krug Rosé de première génération, dont les vins datent d’environ 1980, en étonne plus d’un. Mais lorsque l’on goûte le fromage avec le rosé, l’accord est sublime. C’est une fois de plus un accord couleur sur couleur. Ce rosé m’a beaucoup impressionné.
Arrive maintenant le Château d’Yquem 1929, reconditionné en 1989. Sa puissance olfactive est extrême et je trouve en lui la perfection d’Yquem : sa richesse, sa longueur, sa séduction et des complexités qui n’en finissent pas. J’ai eu pour lui les yeux de Chimène.
Tous les convives ont été subjugués par le fait que tous les vins étaient parfaits et servis dans un état que l’on peut considérer comme idéal. Les trois Français qui abordaient l’expérience avec un certain scepticisme ont dû admettre que les vins anciens sont d’une richesse et d’une longévité inimaginables.
C’est le moment de passer aux votes, et les résultats seront très disparates. Cinq vins ont été classés premiers : le Vosne-Romanée Cros Parantoux 1978 a eu quatre votes de premier, le Château d’Yquem 1929 trois votes, la Romanée-Conti deux fois, comme le Montrachet Domaine de la Romanée-Conti, et le Haut-Brion 1928 une fois.
Le vote du consensus serait : 1 – Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2002, 2 – Montrachet Domaine de la Romanée-Conti 2005, 3 – Château d’Yquem 1929, 4 – Vosne-Romanée Cros Parantoux Henri Jayer 1978, 5 – Château Haut-Brion 1928, 6 – Champagne Krug Rosé première génération.
Mon vote diffère assez fortement de celui de la table : 1 – Château d’Yquem 1929, 2 – Romanée-Conti Domaine de la Romanée-Conti 2002, 3 – Montrachet Domaine de la Romanée-Conti 2005, 4 – Château Haut-Brion 1928, 5 – Champagne Krug Vintage 1973.
Nous sommes récompensés de nos votes par un cognac Richard Hennessy, très intéressant et subtil, qui glisse avec gentillesse dans le palais.
Nous avons bavardé longuement, et tous les convives rayonnaient de joie. Nous avons félicité le chef pour un menu vraiment remarquable. Je sens déjà que beaucoup de participants n’ont qu’une envie : revenir à un prochain repas.
Déjeuner « Enigma » pour les vainqueurs d’une énigme jeudi, 8 octobre 2026
Le 7 mai 2026, j’ai donné les résultats de l’Enigma que je publie traditionnellement sur mon compte Instagram pour récompenser les amateurs qui me suivent. En ce jour, nous allons fêter les gagnants : j’ai invité au restaurant Le Sergent Recruteur les cinq premiers du concours, et j’ai choisi en cave des vins susceptibles de passionner ces amateurs. Le groupe compte un Français vivant aux États-Unis, un Danois, un Italien et deux Américains, qui ont tous fait le voyage pour venir déjeuner avec moi.
Les vins choisis sont un Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985, un Château Carbonnieux Graves blanc 1937, un Château Brane-Cantenac 1966, un Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938, un Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, un Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, un Riesling Kastelberg 1985 et un Madère Massandra Collection 1938 Sotheby’s Release.
Je suis arrivé avant 10 heures au restaurant pour ouvrir les vins. J’ai constaté que les conditions atmosphériques peuvent jouer un rôle important dans le comportement des bouchons : au cours de la séance d’ouverture, j’ai subi de nombreuses ruptures, avec des morceaux qui sortaient déchirés. Globalement, cependant, aucun fragment n’est tombé dans les vins. Les parfums sont très prometteurs. Seul le Grands-Échezeaux m’a inquiété, avec un haut de bouchon resserré et tout blanc qui faisait peur, mais fort heureusement le bas était de bonne qualité, et le parfum de ce vin est tout à fait conforme à ce qu’il doit être.
Les gagnants sont tous à l’heure à midi. Nous faisons connaissance et le repas peut commencer.
Le menu conçu par le chef Alain Pégouret est le suivant : amuse-bouche / girolles juste saisies sur une royale de champignons, sauce au vin rouge / selle d’agneau frottée au curry puis cuit sur une marinière, tournesol de légumes d’un navarin, moule et poutargue, sauce terre et mer / fromage / millefeuille myrtille et sauternes / mignardises.
J’explique à mes convives la conception de mes dîners gastronomiques et je leur donne les consignes que je transmets toujours aux participants. J’indique que notre déjeuner Enigma est le 314e événement de wine-dinners. Chacun se présente ensuite, parle de ce qu’il fait et de ce qu’il aime, et le repas peut commencer.
Le Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985 est d’une très jolie couleur et sa bulle est active. Ce qui frappe, c’est sa sérénité et sa rondeur. Puissant, énergique, il est si équilibré qu’il ravit toute la table : aucun convive ne s’attendait à ce qu’un champagne de 41 ans puisse montrer une telle vitalité.
Le Château Carbonnieux Graves blanc 1937, sans doute reconditionné au début du XXIe siècle, a une jolie couleur légèrement ambrée et une fraîcheur invraisemblable. Tout le monde fait la même remarque : il est impossible de lui donner un âge, et si on lui attribuait vingt ans, personne n’y trouverait à redire. C’est un beau vin blanc, vif et doté d’une forte personnalité.
Le Château Brane-Cantenac 1966 est d’un bel équilibre. Franc, bien construit, il ne montre pas du tout son âge, et l’on commence à constater que les vins de ce repas échappent au temps.
L’Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938 est une grande surprise. Il sera d’ailleurs nommé premier par quatre d’entre nous. Il est énigmatique : on ne s’attendrait pas à ce qu’un vin de 1938, petite année en Bourgogne, offre cet équilibre et cette puissance, ni ce mystère qui me passionne, car nous n’avons aucune référence pour ce goût captivant.
Le Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, qui m’avait inquiété à l’ouverture à cause de son bouchon, est très convenable sans être parfait. Ce léger manque a évidemment pesé sur le vote de la table, et il ne sera classé que cinquième dans nos votes. Il reste néanmoins très représentatif du domaine, et certains y ont trouvé la rose que l’on rencontre souvent dans ces vins. Il s’est fort bien comporté sur le plat, car Alain Pégouret a réussi des accords que chacun a applaudis.
Le Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964 étonne tout le monde par sa fraîcheur. Personne n’imaginerait qu’un Châteauneuf de 62 ans puisse être aussi frais, aussi jeune : on aurait pu lui donner quinze ou vingt ans. Il s’est marié à merveille avec les plats qui l’accompagnaient.
Le Riesling Kastelberg 1985 est lui aussi d’une fraîcheur saisissante. Si l’on prétendait que ce vin de quarante et un ans n’en a que quinze, personne ne le contredirait. Vif, désaltérant comme peu de vins savent l’être, il offre une belle longueur et une grande présence.
Le vin le plus énigmatique pour tous est le Madère Massandra Collection 1938. Riche, frais, d’une grande puissance et pourtant gracieux, il se déguste comme on suçoterait un bonbon. C’est un grand vin, rare et passionnant.
Les convives sont profondément impressionnés par les vins, et surtout par le fait qu’au fil du repas, au lieu de se fatiguer, ils sont devenus de plus en plus vifs. La méthode que je préconise, ouvrir les vins quatre heures avant, assure une conservation parfaite pendant tout le repas. Chacun a pris conscience que cette ouverture anticipée donne au vin une rondeur, un équilibre et une prestance bien supérieurs à ceux d’une bouteille ouverte au dernier moment.
Vient le moment des votes. Chaque vin, sauf le Riesling, jugé trop jeune, a recueilli des voix. L’Aloxe-Corton a obtenu quatre votes de premier, le Heidsieck 1985 un, et le Châteauneuf-du-Pape un.
Le classement final est : 1 – Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938, 2 – Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, 3 – Château Carbonnieux Graves blanc 1937, 4 – Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985, 5 – Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974.
Mon vote diffère, sauf pour la première place : 1 – Aloxe-Corton [Moingeot ?] Ropiteau 1938, 2 – Château Carbonnieux Graves blanc 1937, 3 – Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, 4 – Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, 5 – Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985.
J’ai évidemment raconté beaucoup d’anecdotes et mes convives les écoutaient avec plaisir. Tous étaient heureux de goûter des vins qu’ils n’ont jamais l’occasion de côtoyer. Le fait de rencontrer des personnes inconnues (sauf un puisque l’un des gagnants avait déjà participé à l’un de mes dîners), qui elles-mêmes ne connaissent pas les autres convives me plait beaucoup, car je les vois entrer dans le monde des vins anciens, comprendre ce monde et apprécier des vins qu’ils n’ont jamais bus.
Ce 314ème dîner, le « Enigma » est un repas que j’ai adoré.
Lunch « Enigma » for the winners of an enigma jeudi, 8 octobre 2026
On May 7, 2026, I announced the results of the Enigma that I traditionally publish on my Instagram account to reward the wine lovers who follow me. Today we are celebrating the winners: I invited the top five in the contest to the restaurant Le Sergent Recruteur, and I chose wines from my cellar likely to thrill these enthusiasts. The group includes a Frenchman living in the United States, a Dane, an Italian and two Americans, all of whom made the trip to come and have lunch with me.
The wines chosen are a Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985, a Château Carbonnieux Graves blanc 1937, a Château Brane-Cantenac 1966, an Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938, a Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, a Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, a Riesling Kastelberg 1985 and a Massandra Collection Madeira 1938 Sotheby’s Release.
I arrived at the restaurant before 10 a.m. to open the wines. I noticed that atmospheric conditions can play an important role in how corks behave: during the opening session, many of them broke, with pieces coming out torn. Overall, however, no fragment fell into the wines. The aromas are very promising. Only the Grands-Échezeaux worried me, with a shrunken, completely white top of the cork that looked alarming, but fortunately the bottom was in good condition, and the wine’s bouquet is exactly what it should be.
The winners all arrive on time, at noon.
The menu designed by chef Alain Pégouret is as follows: amuse-bouche / girolles just seared on a mushroom royale, red wine sauce / saddle of lamb rubbed with curry then cooked on a marinière, sunflower of navarin vegetables, mussel and bottarga, land-and-sea sauce / cheese / blueberry and Sauternes millefeuille / petits fours.
I explain to my guests how my gastronomic dinners are conceived and give them the guidelines I always pass on to participants. I mention that our Enigma lunch is the 314th wine-dinners event. Each guest then introduces himself, talks about what he does and what he enjoys, and the meal can begin.
The Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985 has a very pretty color and a lively bubble. What strikes you is its serenity and roundness. Powerful and energetic, it is so well balanced that it delights the whole table: no one expected a 41-year-old champagne to show such vitality.
The Château Carbonnieux Graves blanc 1937, probably reconditioned in the early 21st century, has a lovely, slightly amber color and an unbelievable freshness. Everyone makes the same remark: it is impossible to tell its age, and if one said it was twenty years old, no one would object. It is a fine white wine, lively and with a strong personality.
The Château Brane-Cantenac 1966 is beautifully balanced. Straightforward and well built, it does not show its age at all, and we begin to realize that the wines of this meal are defying time.
The Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938 is a great surprise. It will in fact be ranked first by four of us. It is intriguing: one would not expect a wine from 1938, a minor vintage in Burgundy, to offer such balance and power, nor this mystery that fascinates me, for we have no reference point for this captivating taste.
The Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, which had worried me at the opening because of its cork, is very respectable without being perfect. This slight shortcoming obviously weighed on the table’s vote, and it was ranked only fifth. It nonetheless remains very representative of the domaine, and some found in it the rose so often encountered in these wines. It paired very well with the dish, as Alain Pégouret achieved pairings that everyone applauded.
The Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964 astonishes everyone with its youthfulness. No one would imagine that a 62-year-old Châteauneuf could seem so sprightly: you would have guessed it was fifteen or twenty years old. It married wonderfully with the dishes that accompanied it.
The Riesling Kastelberg 1985 is also surprisingly fresh. If someone claimed this 41-year-old wine was only fifteen, no one would dispute it. Thirst-quenching as few wines can be, it offers fine length and great presence.
The most enigmatic wine for everyone is the Massandra Collection Madeira 1938. Rich, fresh, very powerful and yet graceful, it is savored the way one would suck on a sweet. It is a great wine, rare and fascinating.
The guests are deeply impressed by the wines, and above all by the fact that over the course of the meal, far from tiring, they became livelier and livelier. The method I recommend, opening the wines four hours in advance, ensures perfect preservation throughout the meal. Everyone came to realize that this early opening gives the wine a roundness, balance and presence far superior to those of a bottle opened at the last minute.
Then comes the time to vote. Every wine except the Riesling, deemed too young, received votes. The Aloxe-Corton received four first-place votes, the Heidsieck 1985 one, and the Châteauneuf-du-Pape one.
The final ranking is: 1 – Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938, 2 – Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, 3 – Château Carbonnieux Graves blanc 1937, 4 – Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985, 5 – Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974.
My vote differs, except for first place: 1 – Aloxe-Corton Moingeon Ropiteau 1938, 2 – Château Carbonnieux Graves blanc 1937, 3 – Châteauneuf-du-Pape Bouchard Père & Fils 1964, 4 – Grands-Échezeaux Domaine de la Romanée-Conti 1974, 5 – Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985.
Naturally, I told many anecdotes, which my guests listened to with pleasure. They were all happy to taste wines they never have the opportunity to encounter. Meeting strangers (with one exception, since one of the winners had already attended one of my dinners), who do not know one another either, pleases me greatly, because I see them enter the world of old wines, understand it and enjoy wines they have never drunk before.
This 314th event, the Enigma lunch, is a meal I loved.
(The photos are in the French article above.)
Le 313ème dîner de wine-dinners à la Maison Rostang jeudi, 1 octobre 2026
Le 313ème dîner de wine-dinners se tient à la Maison Rostang, dont le chef est Nicolas Beaumann. Nous sommes onze, dont cinq très fidèles de mes dîners, certains ayant dépassé les vingt-cinq participations, et cinq personnes qui viennent pour la première fois.
Parmi celles-ci, il y a un Anglais qui écrit sur le vin, un amateur curieux qui a voulu découvrir mes dîners, un autre Anglais, commissaire-priseur, qui avait mis en vente un vin que j’ai pu acquérir, un riesling allemand de 1811, le petit-fils d’une de mes cousines qui s’intéresse au vin, et le chef Ken, avec qui j’ai fait des dizaines et des dizaines de repas au restaurant Pages qui vient de fermer pour deux ans. Je l’ai invité pour qu’il voie l’atmosphère de mes dîners, qu’il ne pouvait pas sentir puisqu’il restait en cuisine, même si assez souvent je lui offrais de goûter mes vins.
J’arrive un peu avant 16 heures pour ouvrir les vins du dîner. Je suis reçu par le nouveau directeur, Luca, et je constate que le sommelier que j’aimais beaucoup n’est plus là. C’est donc un jeune et dynamique serveur d’origine japonaise, Imo, qui va m’aider tout au long de l’ouverture des vins puis pour leur service à table.
Lors de l’ouverture, je constate que beaucoup de bouchons se fissurent quand je les tire, mais pratiquement aucune particule de bouchon n’est tombée dans le vin. Les odeurs sont extrêmement intéressantes. Pour le Carbonnieux blanc 1966, je ressens toutefois une odeur de bouchon, pas très affirmée mais présente. Je demande en cuisine de la cellophane, j’en fais une longue mèche que je trempe dans la bouteille, selon un conseil qu’on m’avait donné il y a bien longtemps, et je constaterai plus tard que l’effet est parfait puisque le Carbonnieux blanc aura finalement été classé second des onze vins du dîner.
Le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 a fait presque le même pschitt que celui que j’avais ouvert il y a deux jours pour ma fille. Le Champagne Charles Heidsieck 1947 a un parfum d’une rare élégance. Le Haut-Brion 1981 en magnum a un parfum d’une intensité extrême. Les vins de Bourgogne sont tous raffinés. Le Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux liquoreux de 1921, dans une bouteille d’une grande beauté, se montre passionnant, avec un parfum délicat, bien sûr moins riche que celui de l’Yquem 1961.
Deux participants m’avaient annoncé qu’ils viendraient plus tôt pour assister à ma séance d’ouverture des vins. Il y a l’un de mes plus fidèles convives et le commissaire-priseur grâce à qui j’ai pu obtenir le riesling 1811, bouteille que je recevrai demain dans ma cave, apportée par la gestionnaire du domaine qui a conservé ce vin pendant 215 ans en cave. Ce sera une rencontre passionnante.
Pour partager avec ces convives en avance, j’ai apporté un Champagne Dom Pérignon 1990, au parfum d’une grande fraîcheur, très subtil, et qui en bouche surprend par son côté floral. Je l’imaginais plus puissant, mais il se montre d’une finesse et d’une présence romantique que j’apprécie, comme mes convives en avance.
Le menu conçu par Nicolas Beaumann est : amuse-bouche / la royale d’un bouillon dashi, Saint-Pierre à cru à l’huile de romarin / homard bleu fumé dans un consommé corsé infusé aux épices douces, feuille de romaine et émulsion iodée / filet de rouget et palets de céleri confit, jus au vin rouge / noix de ris de veau rôtie, pommes de terre fondantes et oignons, jus de veau réduit / suprême de volaille de Bresse laquée, cèpes au thym et figues fraîches / vieux comté 30 mois / coing délicatement parfumé à la reine-des-prés, réduction de vin jaune et glace de riz au lait / financiers.
Le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 est riche, bien intégré, puissant et d’une grande sérénité. Il est très agréable à boire, comme celui que j’avais bu il y a quelques jours. Le Champagne Charles Heidsieck 1947 est très différent. Il donne une impression d’âge, mais sa complexité est telle que, pour moi, il dépasse nettement le Mumm en termes d’émotion. Les accords avec le bouillon se font surtout sur le Charles Heidsieck 1947.
Le Château Carbonnieux blanc 1966 est apparu totalement intact, alors que l’on pouvait craindre son nez de bouchon initial. Il est brillantissime, large et serein, en pleine possession de sa puissance. Le Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard 1959 fait beaucoup plus vieux, mais je lui ai trouvé des subtilités si intéressantes que je l’ai classé troisième dans mon vote, pour son originalité mais aussi pour la façon étonnante dont il a accompagné le homard bleu.
Le Château Haut-Brion 1981 en magnum surprend tout le monde par sa puissance, sa présence et sa richesse, alors que 1981 n’est pas un millésime particulièrement célébré. Je savais déjà que ce 1981 est une réussite singulière pour ce grand vin. L’accord avec le filet de rouget a surpris beaucoup de convives par son originalité, mais le mariage de l’un et de l’autre est absolument superbe.
Pour la noix de ris de veau, j’avais choisi le Côte de Beaune Villages Damoy 1947 pour une raison anecdotique : la presse a longuement parlé du changement de propriétaire de ce domaine que j’aime beaucoup, passé de la famille Damoy au groupe du Champagne Roederer. J’ai un amour particulier pour les vins de Damoy et je l’ai mis premier et je suis le seul d’ailleurs à l’avoir fait. J’aime sa richesse calme et présente, et sa finesse d’une longueur infinie.
Le Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983 est d’une grande élégance. Il sera d’ailleurs couronné par beaucoup de votes et sera même premier pour l’ensemble de la table. C’est un vin ample, complexe, subtil, totalement adapté à la richesse du suprême de volaille, avec un accord éblouissant.
Le Vin de L’Étoile des années 80 de la coopérative de L’Étoile est riche et équilibré. Il n’est pas d’une complexité extrême, mais il est direct, franc, et se boit avec beaucoup de plaisir.
Le Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux 1921, est très intéressant. C’est un de ces liquoreux de Bordeaux sans aucune prétention, mais d’une telle grâce. Voir un vin de 105 ans aussi lumineux a ému beaucoup de mes convives. Bien sûr, le Château d’Yquem 1961, d’une très belle présence et d’une générosité certaine, avec une longueur évidemment infinie, a séduit beaucoup d’entre eux. Il ne fait pas partie de mes votes car j’ai bu tant d’Yquem que celui-ci n’allait pas créer de surprise, même s’il est grand, et j’ai voulu réserver mes votes aux vins qui me surprennent.
Tous les convives ont été très surpris par la pertinence des accords, mais aussi par le fait que, lorsqu’il y avait deux vins, l’un répondait à une partie du plat et l’autre à une autre, ce qui était assez étonnant. Les accords ont été superbes.
C’est donc avec un regard joyeux sur ce que nous avons vécu que chacun a fait son vote des cinq meilleurs vins de la soirée. Fait remarquable, tous les vins ont eu au moins un vote. Au total, six vins ont été nommés premiers. Le Château Carbonnieux blanc 1966 a eu trois votes de premier, comme le Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983. L’Yquem 1961 a eu deux votes de premier. Le Bourgogne Aligoté Bouchard 1959, le Château Haut-Brion 1981 et le Côte de Beaune Villages Damoy 1947 ont eu chacun un vote de premier.
Le classement de l’ensemble de la table est : 1 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 2 – Château Carbonnieux Blanc Léognan 1966, 3 – Château d’Yquem 1961, 4 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947, 6 – Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979.
Mon classement est : 1 – Côte de Beaune Villages Damoy 1947, 2 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 3 – Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard et Cie 1959, 4 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947.
Nicolas Beaumann a conçu un menu remarquable, où chaque plat répondait avec une totale pertinence au vin. L’ambiance entre les convives a été vivante et chaleureuse, et nous avons passé un repas particulièrement réussi.
L’histoire ne s’arrête pas là. J’avais invité le commissaire-priseur parce que c’est par lui que j’avais acheté le riesling 1811. Et, chose étonnante, c’est la gérante du domaine Bassermann-Jordan qui est venue le lendemain m’apporter ce vin dans ma cave. Un achat apparemment usuel sur un site de vente aux enchères s’est ainsi transformé en une aventure profondément humaine, où le commissaire-priseur comme la gérante du domaine ont tenu à venir me remettre la bouteille que j’avais achetée. C’est assez touchant.
J’ai donc reçu Madame Nazmiye Yuzun dans ma cave. Elle l’a visitée et a constaté sa richesse en vins anciens, mais la sienne recèle aussi des bouteilles d’une grande rareté et d’un âge vénérable. Elle m’a fait un cadeau immense en m’offrant une de ses bouteilles du 19ème siècle, en plus de la 1811. Nous avons ensuite partagé un repas modeste.
En voyant mes bouteilles vides, cette dame m’a dit : « Je resterais des heures et des heures à seulement regarder ces bouteilles qui sont de tels témoignages du monde du vin. » Le repas simple s’est déroulé dans une ambiance très amicale, tout comme cette remise de ce vin destiné à l’un de mes prochains repas, qui sera, je l’espère, l’un des plus étonnants que j’aie organisés.
313th wine-dinners dinner at Maison Rostang mercredi, 30 septembre 2026
The 313th wine-dinners dinner is held at Maison Rostang, whose chef is Nicolas Beaumann. There are eleven of us, including five very loyal regulars of my dinners, some of whom have attended more than twenty-five times, and five people who are coming for the first time.
Among them are an Englishman who writes about wine, a curious wine lover who wanted to discover my dinners, another Englishman, an auctioneer, who had put up for sale a wine I was able to acquire, a German Riesling from 1811, the grandson of one of my cousins, who is interested in wine, and chef Ken, with whom I have done dozens and dozens of meals at the restaurant Pages, which has just closed for two years. I invited him so that he could experience the atmosphere of my dinners, which he could never feel since he stayed in the kitchen, even though I quite often offered him a taste of my wines.
I arrive a little before 4 pm to open the wines for the dinner. I am welcomed by the new manager, Luca, and I notice that the sommelier I was very fond of is no longer there. So it is a young and dynamic waiter of Japanese origin, Imo, who will help me throughout the opening of the wines and then with serving them at the table.
During the opening, I notice that many corks crack as I pull them, but practically no fragments of cork fall into the wine. The aromas are extremely interesting. For the Carbonnieux blanc 1966, however, I detect a corked smell, not very pronounced but present. I ask the kitchen for some cling film, make a long wick out of it and dip it into the bottle, following a piece of advice I was given long ago, and I will later find that the effect is perfect, since the Carbonnieux blanc will in the end be ranked second of the eleven wines of the dinner.
The Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 gave almost the same pop as the one I opened two days ago for my daughter. The Champagne Charles Heidsieck 1947 has a scent of rare elegance. The Haut-Brion 1981 in magnum has an aroma of extreme intensity. The Burgundy wines are all refined. The Château de l’Espinglet, Rions, a sweet Bordeaux from 1921, in a bottle of great beauty, proves fascinating, with a delicate scent, of course less rich than that of the Yquem 1961.
Two participants had told me they would come early to attend my wine-opening session: one of my most loyal guests and the auctioneer thanks to whom I was able to obtain the 1811 Riesling, which I will receive tomorrow in my cellar, brought by the manager of the estate, which has kept this wine in its cellar for 215 years. Tomorrow will be a fascinating encounter.
For these early guests, I brought a Champagne Dom Pérignon 1990, with a very fresh and subtle nose, and a surprisingly floral character on the palate. I had imagined it more powerful, but it shows a finesse and a romantic presence that I appreciate, as do my guests.
The menu designed by Nicolas Beaumann is: amuse-bouche / royale of dashi broth, raw John Dory with rosemary oil / smoked blue lobster in a robust consommé infused with gentle spices, romaine leaf and iodine emulsion / red mullet fillet and confit celeriac rounds, red wine jus / roasted sweetbread, melting potatoes and onions, reduced veal jus / lacquered Bresse chicken supreme, ceps with thyme and fresh figs / 30-month aged Comté / quince delicately scented with meadowsweet, vin jaune reduction and rice pudding ice cream / financiers.
The Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 is rich, well integrated, powerful and of great serenity. It is very pleasant to drink, like the one I had a few days ago. The Champagne Charles Heidsieck 1947 is very different. It gives an impression of age, but its complexity is such that, for me, it clearly surpasses the Mumm in terms of emotion. The pairings with the broth work above all with the Charles Heidsieck 1947.
The Château Carbonnieux blanc 1966 appeared completely intact, whereas one might have feared its initial corked nose. It is dazzling, broad and serene, in full command of its power. The Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard 1959 seems much older, but I found such interesting subtleties in it that I ranked it third in my vote, for its originality but also for the astonishing way it accompanied the blue lobster.
The Château Haut-Brion 1981 in magnum surprises everyone with its power, its presence and its richness, even though 1981 is not a particularly celebrated vintage. I already knew that this 1981 is a remarkable success for this great wine. The pairing with the red mullet surprised many guests with its originality, but the marriage of the two is absolutely superb.
For the sweetbread, I had chosen the Côte de Beaune-Villages Damoy 1947 for an anecdotal reason: the press has written at length about the change of ownership of this estate, which I love, passing from the Damoy family to the Champagne Roederer group. I have a special fondness for the Damoy wines, and I ranked it first, the only one to do so. I love its calm and present richness, and its finesse with an endless length.
The Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983 is of great elegance. It will in fact be crowned by many votes and will even be first for the whole table. It is an ample, complex, subtle wine, perfectly suited to the richness of the chicken supreme, with a dazzling pairing.
The Vin de L’Étoile from the 1980s, made by the L’Étoile cooperative, is rich and balanced. It is not of extreme complexity, but it is direct and frank, and it is drunk with great pleasure.
The Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux 1921, is very interesting. It is one of those sweet Bordeaux wines without any pretension, yet with such grace. Seeing a 105-year-old wine so luminous moved many of my guests. Of course, the Château d’Yquem 1961, with a very beautiful presence and a definite generosity, and an obviously infinite length, won over many of them. It is not among my votes because I have drunk so much Yquem that this one was not going to surprise me, even though it is great, and I wanted to save my votes for the wines that surprise me.
All the guests were very surprised by the relevance of the pairings, and also by the fact that, when there were two wines, one answered one part of the dish and the other another part, which was quite astonishing. The pairings were superb.
So it was with a joyful view of what we had experienced that everyone cast their vote for the five best wines of the evening. Remarkably, every wine received at least one vote. In total, six wines were voted first. The Château Carbonnieux blanc 1966 received three first-place votes, as did the Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983. The Yquem 1961 received two first-place votes. The Bourgogne Aligoté Bouchard 1959, the Château Haut-Brion 1981 and the Côte de Beaune-Villages Damoy 1947 each received one first-place vote.
The ranking of the whole table is: 1 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 2 – Château Carbonnieux Blanc Léognan 1966, 3 – Château d’Yquem 1961, 4 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947, 6 – Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979.
My ranking is: 1 – Côte de Beaune-Villages Damoy 1947, 2 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 3 – Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard et Cie 1959, 4 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947.
Nicolas Beaumann created a remarkable menu, in which each dish responded to the wine with complete relevance. The atmosphere among the guests was lively and warm, and we had a particularly successful meal.
The story does not end there. I had invited the auctioneer because it was through him that I had bought the 1811 Riesling. And, surprisingly, it was the manager of the Bassermann-Jordan estate who came the next day to bring this wine to my cellar. A seemingly ordinary purchase on an auction website thus turned into a deeply human adventure, in which both the auctioneer and the estate manager were keen to come and hand over the bottle I had bought. It is quite touching.
So I welcomed Mrs Nazmiye Yuzun to my cellar. She visited it and noted its wealth of old wines, but hers also holds bottles of great rarity and venerable age. She gave me an immense gift by offering me one of her 19th-century bottles, in addition to the 1811. We then shared a simple meal.
Seeing my empty bottles, this lady said to me: « I could stay for hours and hours just looking at these bottles, which are such testimonies to the world of wine. » The meal took place in a very friendly atmosphere, as did the handing over of this wine, intended for one of my upcoming meals, which will, I hope, be one of the greatest I have ever organized.
(The photos are in the French article above.)
préparation d’un grand repas avec Arnaud Donckele mardi, 15 septembre 2026
Nous allons organiser un repas tout à fait hors norme avec Arnaud Donckele, le chef brillant du restaurant Plénitude de l’hôtel Cheval Blanc Paris. Nous nous réunissons pour préparer le menu avec lui, avec Clément, le chef exécutif, avec le directeur du restaurant et avec plusieurs personnes chargées de l’organisation des événements de ce grand restaurant.
Lorsque nous préparons le menu de ces repas, j’aime apporter des vins ou des alcools aux goûts que l’on rencontre très rarement. J’ai choisi cette fois un Vermouth Cinzano des années 1930. Tout le monde l’a goûté : c’est évidemment un monde à part, d’une complexité extrême. Cela ne nous empêche pas de travailler. C’est Arnaud Donckele qui propose les plats, et j’avais demandé que l’on laisse libre cours à l’inventivité, quitte à casser les codes et les habitudes. Ainsi, nous servirons du poisson après la viande et nous ferons des accords que personne n’imaginerait. C’est ce qui rend passionnant ce grand moment de préparation d’un menu extraordinaire.
Il y aura dans ce repas trois vins de 1811, cinq vins de 1865 et un champagne que l’on peut dater des environs de 1820. Ce sera un repas absolument extraordinaire et totalement hors norme.
312ème repas de wine-dinners samedi, 15 août 2026
Le 31 décembre et le 15 août sont les deux points culminants des repas que nous faisons avec nos amis proches. Pour le déjeuner du 15 août de cette année, nous avons invité deux amis qui ont participé à tous les 15 août de notre maison du Sud depuis près d’une vingtaine d’années, un ami de Paris venu avec son fils qui est un grand connaisseur de vin, un ami de Lyon, lui aussi très grand connaisseur, comme un ami d’Aix-en-Provence. Avec l’apport des vins des amis et les miens nous avons un si beau programme que ce repas sera considéré comme le 312e repas de wine-dinners. On peut en juger en voyant la liste des années :
1926 – 1926 – 1928 – 1929 – 1953 – 1954 – 1955 – 1976 – 1997 – 2002 – # 2016.
L’ouverture des vins commence à 8h30 et se poursuit jusqu’à 11 heures. Les amis déjà présents viennent assister à cette séance pendant laquelle j’ouvre tous les vins. Il y a de belles surprises olfactives, des bouchons qui résistent et d’autres qui viennent parfaitement. C’est une séance d’ouverture habituelle, mais rendue passionnante par les commentaires et les échanges que nous créons.
Nous avions bu hier le champagne Salon 2002 en magnum et j’ai voulu que l’on en garde pour que l’un des amis, qui n’est arrivé que le 15 au matin, puisse goûter ce champagne.
L’apéritif, commence par le Champagne Salon 2002 en magnum, ouvert la veille. Il n’a pas bougé d’un seul iota et, sur la poutargue, comme hier, il prend une envolée assez impressionnante. Avec un caviar osciètre présenté sur des pommes de terre très douces, l’accord est très intéressant. La rillette très opulente accueille le Champagne Salon 1997. Nous nous rendons compte à quel point les deux champagnes Salon sont différents. Le 1997 est très solide, puissant, avec une assise très forte, alors que le 2002 est beaucoup plus large, plus aérien, plus inspirant. Mais les deux sont évidemment très grands et je suis heureux de constater qu’ils partagent le même ADN, celui d’un champagne de très haute qualité.
Nous servons maintenant le Champagne Substance de Jacques Selosse. Une nouveauté de la maison Selosse est que la date de dégorgement n’est plus indiquée directement sur la bouteille. Il faut désormais se tourner vers un système accessible par internet qui, hélas, ne nous a pas donné l’information recherchée. On peut cependant supposer que ce champagne est assez récent, ce que semble corroborer le pschitt très puissant à l’ouverture. C’est un champagne très jeune, mais très charpenté, très vivant et très efficace. Il montre surtout une grande différence avec les deux champagnes Salon. On pourrait dire que le Selosse est beaucoup plus affûté, beaucoup plus pointu que les deux Salon, qui s’expriment dans un registre différent, d’opulence et de générosité.
Des petits boudins blancs vont merveilleusement bien avec le Champagne Substance. J’ai l’intuition que ce boudin blanc irait parfaitement avec le Meursault Charmes Chanson 1928. Nous gardons donc quelques morceaux de ce boudin pour les goûter lorsque nous passerons à table.
À table, je sers trois vins blancs : le Meursault Charmes Chanson 1928, le Chassagne-Montrachet 1926, de producteur inconnu, et l’Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955. Nous sommes subjugués par la perfection de ces trois vins blancs. Il est assez étonnant qu’ils soient aussi vivants, et la plus belle surprise est le Chassagne-Montrachet 1926, qui a une couleur d’une fraîcheur incroyable et une vivacité qui étonne tout le monde. Comment un vin de cent ans peut-il être aussi frais et aussi fringant ?
L’accord avec les petits morceaux de boudin blanc que nous avons gardés est sublime avec les trois vins. Je pensais qu’il serait surtout remarquable avec le Meursault 1928, mais il fonctionne tout aussi bien avec le Chassagne-Montrachet 1926 et avec l’Hermitage 1955.
Le cœur de saumon fumé, pièce particulièrement moelleuse taillée dans la partie la plus charnue du filet de saumon, crée un accord génial avec les trois vins blancs, et nous avons l’impression de vivre une expérience unique. De nouveau, comment est-il possible que ces vins soient si grands ? Nous sommes tous subjugués. Nous avions eu des champagnes brillants et voici maintenant trois vins qui n’ont pas le moindre défaut. Chacun a son charme. Le plus puissant est l’Hermitage 1955. Le Meursault Charmes 1928 est très bien structuré, et la grâce du Chassagne-Montrachet 1926 est tellement étonnante qu’il constitue la plus grande surprise de ces trois vins.
Les coquilles Saint-Jacques vont donner une autre approche des vins blancs, car leur chair est très gourmande. C’est l’Hermitage 1955 qui en profite le plus, se mariant particulièrement bien avec ce plat.
Nous passons maintenant aux vins rouges et je sers deux vins que tout sépare, mais qui vont parfaitement cohabiter. Il y a d’abord un Clos Fourtet 1926, apporté par un ami qui est très ému de boire avec nous un vin centenaire, et un Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, qui offre le parfum le plus percutant de tous les vins que nous avons sentis jusqu’à présent.
Ma femme a préparé une pièce de veau cuite à basse température. Le Clos Fourtet 1926 est d’une richesse incroyable. On se demande comment il est possible qu’un vin centenaire puisse avoir une telle puissance. C’est assez irréel.
Quant à l’Échézeaux 1954, il a une telle présence et une telle personnalité que l’on pourrait difficilement imaginer qu’il s’agit d’un Échézeaux. On pourrait penser à un vin d’une plus haute qualification dans la hiérarchies des vins du Domaine de la Romanée-Conti. Nous pouvons boire les deux vins sans aucun problème, alors qu’ils viennent de régions différentes et ont des personnalités très distinctes. Le parfum de l’Échézeaux est tout à fait extraordinaire. Ce vin plaira tellement à mes amis qu’il sera classé premier lors du vote à la fin du repas.
La deuxième série de vins rouges comporte un Chambertin Faiveley 1929 et un Sénéclauze, vin d’Oran, Algérie 1953. Sur une assiette cohabitent du bœuf Angus et du Wagyu. Nous pouvons ainsi passer de l’un à l’autre pour voir comment se font les accords.
La bouteille de Chambertin Faiveley 1929 avait un niveau très haut et une étiquette qui pourrait paraître récente. Mais lorsque j’ai retiré le bouchon, il était clair qu’il est d’origine. Ce vin est assez éblouissant, montrant là aussi une jeunesse que personne n’imaginerait possible.
Le Sénéclauze 1953 a une puissance invraisemblable et une richesse extrême. J’en parle avec l’un de mes amis, qui est un amoureux des vins d’Algérie. On peut penser que ce Sénéclauze est supérieur aux vins de Frédéric Lung. J’ai une adoration profonde pour les vins de Frédéric Lung, mais la puissance, la sérénité et l’extrême énergie de ce vin de 1953 me font un effet fou, au point que je le mettrai premier dans mon vote, car j’aime être surpris par la réussite de tels vins.
Les accords sont parfaits. Évidemment, pour le Sénéclauze, c’est le Wagyu qui est le plus pertinent, alors que le Chambertin Faiveley s’accommode très bien du bœuf Angus.
À ce stade du repas, j’aurais volontiers arrêté le programme, car nous avons eu jusqu’à présent des vins absolument parfaits, dont aucun ne présentait le moindre aspect négatif. Mes amis me disent d’ailleurs : « Tu sais, si tu fais un compte rendu de ce dîner et si tu dis qu’ils ont tous été parfaits, personne ne te croira. » Eh bien, il faudra que j’accepte que personne ne me croie, puisque ce que nous venons de vivre est absolument hors du commun.
J’aurais volontiers arrêté là, mais j’avais prévu un Château d’Yquem 1976 et, bien évidemment, tout le monde me demande qu’il soit servi. Ma femme a fait une tarte Tatin qui crée avec cet Yquem un accord fusionnel phénoménal. L’Yquem 1976 a une couleur fortement ambrée, exactement comme les pommes de la tarte, et en bouche, on ne sait plus si l’on ‘boit’ de la tarte Tatin ou si l’on ‘mange’ de l’Yquem, tant les goûts se confondent. C’est vraiment un accord absolument parfait.
Normalement, nous devions continuer avec un Dom Pérignon 1990 et finir le Pommery 1934 de la veille, mais je déclare que c’est la fin du repas, car si abondance de biens ne nuit pas, tout a une limite.
Je fais voter mes amis, et les votes sont très intéressants. Sur 6 places possibles de premier, quatre sont pour les vins bourguignons, avec deux votes de premier pour l’Echézeaux et deux pour le Chambertin. Les deux autres places de premier sont pour le Chassagne Montrachet 1926 et le Sénéclauze Oran Algérie 1953.
Le vote de notre groupe de six votants est : 1 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 2 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 3 – Chassagne Montrachet 1926, 4 – Chambertin Faiveley 1929, 5 – Clos Fourtet 1926, 6 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955.
Mon vote est : 1 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 2 – Chassagne Montrachet 1926, 3 – Clos Fourtet 1926, 4 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955, 5 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 6 – Chambertin Faiveley 1929.
Chacun des convives m’a dit qu’il n’a jamais vécu de repas aussi incroyable où tous les vins sont absolument parfaits. Ce qui m’a subjugué, c’est la série des trois blancs aux couleurs irréelles et aux saveurs émouvantes. Je peux confirmer que c’est l’un des plus extraordinaires repas que nous avons vécus.
















































































































































