Archives de catégorie : dîners ou repas privés

repas de famille mardi, 20 octobre 2026

Nous célébrons l’anniversaire de ma fille cadette, venue déjeuner à la maison avec son fils et une nièce. J’ai ouvert un Marqués de Murrieta Rioja Ygay 1978 qui a un niveau dans le goulot. Son bouchon s’est en partie déchiqueté, mais aucun débris n’est tombé dans le vin. Le parfum est fort prometteur, à la fois très doux et d’une grande richesse.

J’ai ouvert aussi un Champagne Dom Ruinart Rosé 1988 qui a fait un très beau pschitt.

L’apéritif se fait avec le champagne rosé, très expressif et bien structuré, d’une belle sérénité. Il s’accorde avec des chips gourmandes.

Le repas s’articule autour d’un plat que ma femme m’avait annoncé très épicé, ce qui a justifié le choix du vin espagnol. Et en effet, le mariage entre le plat et le vin est tout à fait réjouissant. Ce rioja possède une belle charpente et se montre même assez démonstratif, mais il lui manque peut-être une pointe d’émotion, car il est un peu trop strict à mon goût, même s’il reste agréable. Il est capable de résister à l’époisses, ce qui montre sa solidité.

Ensuite, selon une tradition familiale, une reine de Saba nous est servie en dessert. Elle accompagne idéalement le champagne rosé, qui nous procure un grand plaisir.

Ce repas avec des discussions passionnantes fut un grand moment familial.

déjeuner italien dans ma cave lundi, 19 octobre 2026

Il y a un an, l’un des organisateurs des concours de dégustation à l’aveugle de grandes écoles européennes m’avait fait rencontrer un italien grand amateur de vins italiens, venu déjeuner avec moi, et bien sûr avec lui au restaurant Pages, autour de vins italiens de très grande qualité.

Récemment, cet ami des grandes écoles me demande de rencontrer à nouveau l’amateur italien, qui souhaite me revoir. Compte tenu des agendas des uns et des autres, nous sommes convenus de nous retrouver dans ma cave. Mon programme étant assez chargé, j’ai demandé au jeune Maxime de s’occuper des victuailles, et j’ai pu constater qu’avec son ami italien, qui accompagne le grand amateur, il a fait des prouesses d’achats, avec abondance, en provenance de très renommés fournisseurs de charcuterie et de pâtisserie.

Nous sommes cinq. À l’arrivée, la visite de la cave impressionne souvent les personnes que j’invite. Nous sommes ensuite passés dans la salle où nous allons déjeuner.

Le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème que j’ai ouvert tôt ce matin et qui n’avait fait aucun pschitt est d’une subtilité rare, raffiné, fin, d’une longueur infinie et d’une prestance incroyable. Un véritable bonheur. Et sa couleur claire montre une jeunesse rafraichissante.

Le Barolo Giuseppe Mascarello E Figlio 1987 est très impressionnant car il est jeune, mais d’une rondeur remarquable, qui s’exprime surtout dans le finale. Celui-ci est incroyablement long et donne au vin une personnalité vraiment très plaisante.

Le Gaja Sorì San Lorenzo 1970 est un bon vin, mais, passant après le jeune 1987, il manque d’ampleur et surtout de longueur.

Le Barolo Giacomo Conterno Monfortino Riserva Speciale 1971 est brillantissime. C’est l’expression absolue du Barolo, équilibré, long, puissant et d’une prestance souveraine. Je dois pourtant avouer un petit faible pour le 1987, dont la longueur me le fait apprécier encore davantage.

Le Barbaresco Bruno Giacosa 1990 est un très bon vin italien, mais il manque un peu de saveurs souveraines.

Arrive ensuite La Tâche Domaine de la Romanée-Conti 1967, que j’avais aussi ouvert ce matin, dont le bouchon avait sous la capsule une tête dure comme du béton. Mais le bouchon était venu entier, de grande qualité. Ce vin est totalement au sommet. C’est un vin de plénitude, de réflexion, d’humilité. On dit souvent que La Tâche est puissante, mais celle-ci est délicate, douce et subtile. On ne peut que s’agenouiller devant un vin de cette force, de cette ampleur et de cette noblesse. Un vin immense. Il m’a tellement impressionné que j’ai évoqué la visite du Pape Léon XIV à Lourdes qui s’est agenouillé devant la vierge dans la grotte de Massabielle. Toutes révérences gardées, j’ai eu la même impression avec cette bouteille de La Tâche qui m’a profondément ému.

Les vins italiens ont des richesses particulières très intéressantes. Il est peut-être trop tard dans mon parcours d’amoureux du vin pour en explorer toutes les richesses.

déjeuner familial dimanche, 18 octobre 2026

Nous recevons notre fils à la maison. C’est toujours l’occasion d’ouvrir des bouteilles à risque car mon fils a la même facilité que moi à boire des vins possiblement difficiles.

Lors de mon achat de bouteilles provenant de la cave de l’Institut de France, j’ai constaté que beaucoup d’entre elles avaient été cirées. Or, lorsqu’on retire la capsule d’origine pour cirer le goulot, la valeur marchande de la bouteille s’en trouve fortement diminuée. J’ai néanmoins décidé d’acquérir ces bouteilles, car il s’agit de cadeaux offerts par des vignerons à l’Institut de France. Leur authenticité ne fait donc aucun doute.

La cire du Pommard A. Bichot & Cie, négociant à Beaune 1948, s’enlève assez facilement et le bouchon sort entier. Il ne porte aucune mention du domaine, mais tout indique qu’il date bien d’une période proche de 1948.

La cire du Volnay Colomb-Maréchal, négociant à Meursault 1949, se retire elle aussi sans difficulté. Le bouchon est neutre, ce qui laisse penser que les vins de l’Institut de France ont été rebouchés avec des bouchons sans marquage. Celui-ci paraît un peu plus jeune que le précédent, plutôt des années 50 ou 60. À l’ouverture, les deux vins de l’Institut de France livrent des parfums très discrets, encore peu expressifs. Nous verrons comment ils évoluent.

Le Puligny-Montrachet Clos de la Mouchère d’Henri Boillot porte un millésime dont le dernier chiffre est masqué : on lit 195, sans pouvoir deviner la suite. En retirant la capsule, je découvre un haut de bouchon très noir et je me dis que jamais je ne pourrai y lire l’année. Curieusement pourtant, si le haut est noirci, le bas du bouchon montre un liège superbe, parfaitement lisible, mais hélas dépourvu de toute indication de millésime. Puisqu’il faut faire un choix, je dirais que ce vin pourrait être de 1950, ce qui nous offrirait un déjeuner avec des vins de 1948, 1949 et 1950. Le parfum du Puligny-Montrachet mêle une note de bouchon, qui devrait à mon avis disparaître, à un nez riche, expressif et gourmand.

Notre fils arrive les bras chargés de cadeaux, essentiellement culinaires, et nous pouvons passer à table. Un caviar Baeri va accompagner le Puligny-Montrachet Clos de la Mouchère Henri Boillot 1950 probablement. Le caviar est d’un éclat remarquable, intense, salé juste comme il faut, et d’une longueur incroyable en bouche. Il s’accorde à merveille avec le Puligny-Montrachet. Certains pourraient le croire madérisé, mais il n’y a aucune trace de madérisation dans ce vin. Il est calme, bien équilibré, et son mariage avec le caviar est vraiment excellent.

Vient ensuite un saucisson de pata negra assez curieux, moins enthousiasmant que ne le serait le jambon lui-même, qui accueille le Pommard Albert Bichot 1948. Ce vin présente une couleur claire au début. Son parfum, assez discret, va s’épanouir dans le verre. L’accord est correct, mais le saucisson manque de relief. C’est alors le tour d’un wagyu d’une qualité exceptionnelle, classé au plus haut niveau de la hiérarchie des wagyus. Avec le Pommard, l’accord est parfait. Ma femme a préparé des pommes de terre rissolées dont la douceur épouse la saveur du wagyu, ce qui donne une combinaison lumineuse.

Nous goûtons ensuite le Volnay Colomb-Maréchal 1949, à la teinte elle aussi assez pâle, qui va foncer car le pigment s’est concentré dans le bas de la bouteille. Il est nettement moins convaincant que le Pommard et nous n’insistons pas. Sur un époisses particulièrement puissant mais fort agréable, le Pommard trouve un compagnon idéal.

Pour le dessert, une tradition nous réunit, ma femme, mon fils et moi : des meringues au chocolat, que l’on désignait autrefois d’un nom désormais proscrit pour des raisons aujourd’hui surannées. Aucun vin ne pouvait s’accorder à ce délicieux dessert sucré.

Je suis très heureux d’avoir ouvert ces bouteilles de l’Institut de France pour mon fils. Il n’y a qu’avec lui que je peux vivre de telles expériences assez risquées, et j’en suis fort heureux.

Déjeuner au Château de Bombon samedi, 10 octobre 2026

Il y a quelques mois, j’ai été approché par les deux jeunes personnes qui ont pris en charge la gestion du château de Bombon, édifié au XIIIe siècle puis reconstruit sous sa forme actuelle au XVIIe siècle. Ce château conserve des souvenirs historiques de la Grande Guerre : Ferdinand Foch y installa son état-major en juin 1918, et le 7 août 1918, Raymond Poincaré, président de la République, lui remit son bâton de maréchal de France dans la cour du château.

Ces jeunes responsables m’ont demandé si je pouvais organiser un événement en ces lieux, car ils veulent faire vivre leur demeure. J’ai donc eu l’idée de créer un repas où tous les vins évoqueraient les années de la guerre de 14-18, ainsi que l’année 1929, celle de la mort de Foch.

Il me fallait voir comment ce château se prêterait à l’un de mes dîners, et je me suis rendu à l’invitation des propriétaires. Tout ici respire l’élégance. C’est une demeure émouvante, d’une grande beauté. J’ai été reçu par Isabelle, la propriétaire, héritière des précédents propriétaires, et par les deux jeunes avec qui je vais déjeuner.

Il est amusant de constater la volonté de me faire plaisir avec un repas dont voici le libellé : salade fraîcheur de saumon fumé avec son cocktail de crevettes et avocat / duo terre et mer de brochettes de poulet et de poisson mariné / purée d’igname à la togolaise, banane plantain dorée, couscous aux petits légumes / coupe de fruits frais accompagnée de délicats beignets à la banane.

Le repas fut tout à fait intéressant avec des évocations de plats du Togo et du Ghana et j’ai été sensible à cette attention. J’avais apporté un Champagne Dom Pérignon 1990 au pschitt discret mais présent, généreux, équilibré, serein, d’un grand plaisir, qui a ravi mes hôtes. J’avais aussi apporté un Châteauneuf-du-Pape Domaine du Pégau 1985, passionnant car il allie une belle amertume à une douceur extrême. Son association avec les brochettes de poisson et de poulet est évidemment excellente.

J’ai regardé la cuisine, qui devrait pouvoir convenir à la préparation d’un de mes dîners. J’ai vu l’immensité des salles, la chapelle, le bureau où furent signés des actes importants pendant la guerre. J’en ai eu la confirmation : ce lieu pourra accueillir un de mes dîners, dans une ambiance très familiale et attentionnée, pour le bonheur de chacun. Ce repas au thème des vins de la Grande Guerre pourrait avoir lieu en avril ou mai 2027.

dîner avec des amis œnophiles vendredi, 9 octobre 2026

J’ai gardé des relations très amicales avec des élèves de l’École Normale Supérieure qui participent aux concours internationaux de dégustation de vins à l’aveugle. Ils sont évidemment très pointus, dotés d’une grande connaissance des vins, et l’un d’entre eux m’invite à me joindre à un petit groupe d’amis autour d’une importante personnalité japonaise, amateur de vin, qui souhaitait me rencontrer. Dans cet appartement, les jeunes s’affairent pour faire les achats et préparer les plats, ce qui donne à la soirée un petit côté camping tout à fait charmant.

Nous commençons par le Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996 que j’ai apporté, d’une rondeur fort agréable et d’une présence très impressionnante, qui me fait chaque fois regretter que la maison Henriot ait cessé de produire cette cuvée. Vient ensuite un Champagne Philipponnat 1996, intéressant mais qui ne m’a pas particulièrement enthousiasmé, alors que le Champagne Mumm Cordon Rouge 1973, d’une belle année pour les champagnes, montre une énergie plus expressive.

Le menu préparé par ces élèves comporte à l’apéritif des rillettes de Bercé, un jambon serrano et de la salicorne, puis : tomates farcies maison / tajine d’épaule d’agneau aux pruneaux / fromages (tête de moine, Red Leicester, Scamorza, millefeuille de gorgonzola et mascarpone) / crêpes maison et mousse au chocolat à 100 %.

Le Bourgogne Côte de Beaune-Villages Bouchard 1970 est aimable et, malgré un léger manque de complexité, se boit avec plaisir. Je suis absolument conquis par le Fleurie A. Fromont 1935, d’une personnalité étonnante et lumineuse.

Le clou du repas devait être la confrontation de deux vins de 1953 : le Vin rouge d’Algérie Sénéclauze 1953 et le Vega Sicilia Unico 1953 que j’ai apporté. Ayant déjà bu le Sénéclauze 1953, je suis d’abord un peu déçu par celui-ci, qui manque de brio, mais à ma grande surprise il va s’épanouir au cours du repas pour rejoindre le niveau de celui que j’avais connu. À côté, le Vega Sicilia est puissant, large, complexe, joyeux. C’est un vin assez extraordinaire.

Je n’ai pas bu le vin chilien 1967 qui figurait au programme. Le Château Haut-Brion 1970 offre l’image traditionnelle de Haut-Brion, toujours plaisant quel que soit le millésime.

Au dessert, le Vouvray Moelleux Réserve 1990 se montre franc, gourmand et fort agréable. Il me restait du déjeuner de midi le Massandra Madeira 1938, d’une complexité absolue. Nous avons fini, sur la mousse au chocolat, avec le Magnum de Maury Mas Amiel 1948, vin toujours éclatant et généreux, fait idéalement pour le chocolat.

J’ai quitté cette belle équipe, car j’avais eu à midi le déjeuner Enigma, et j’ai remercié chaleureusement ces jeunes hommes aussi brillants que généreux.

plusieurs repas de vacances jeudi, 20 août 2026

Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.

Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.

Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.

Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.

C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.

Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.

Par le biais d’un ami archéologue, nous invitons des personnes qui sont en charge de la conservation d’objets antiques. L’une est française et l’autre italienne. Pour l’apéritif j’ai ouvert un Champagne Dom Pérignon 1993. J’ai toujours eu un faible pour cette année considérée comme faible, car elle est apparue entre 1990 et 1996 deux années brillantes. Mais Dom Pérignon réussit les années faibles, comme le fait le Domaine de la Romanée Conti.

Le bouchon est de très belle qualité. Il n’y a aucun pschitt à l’ouverture ce qui est étonnant. Le champagne est de belle couleur, n’a pratiquement plus de bulle mais a un joli pétillant.

En bouche, il a l’exquise rondeur des champagnes anciens. Sur la poutargue, ce Dom Pérignon est parfait. Notre invitée italienne tombe amoureuse de cette poutargue au goût si intense et percutant.

Nous avons longuement discuté avec ces personnes passionnantes. Il est envisagé que nous nous revoyions.

Nous recevons deux personnes qui s’occupent, à Marseille, de la gestion des ressources archéologiques sous-marines au DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, basé à Marseille). Autour d’un repas très simple, j’ai prévu de leur faire goûter un Champagne Dom Pérignon 1993.

Il est intéressant de constater que lorsque le 1993 a été mis sur le marché, peu de gens s’y sont intéressés, car il s’inscrivait dans une succession de grandes années pour Dom Pérignon : 1988 et 1990 avant lui, puis 1995 et 1996. Mais avec l’âge, ces années prétendument petites se révèlent extrêmement intéressantes. Ce Dom Pérignon a une grâce, une légèreté et une douceur absolument charmantes, qui en font un champagne de grande qualité.

Pendant nos vacances dans le sud de la France, nous avons reçu presque tous nos enfants et petits-enfants, à de très rares exceptions près. La dernière à nous rejoindre, en fin de séjour, est l’une de nos petites-filles, âgée de 19 ans. Elle s’est peu à peu acclimatée aux vins anciens, sans que je fasse quoi que ce soit pour lui imposer ce genre de dégustation.

Ce soir-là, j’ai envie d’ouvrir un Champagne Moët & Chandon Brut Impérial 1971. Le millésime 1971 est grand dans de nombreuses régions. Ce qui est absolument frappant, c’est que ce champagne est grand, puissant, large, et offre un plaisir de dégustation considérable. Comme quoi les Moët & Chandon Brut Impérial anciens sont des valeurs sûres, ce que l’on ne soupçonnerait pas pour un vin produit en aussi grandes quantités. Ma petite-fille l’a beaucoup apprécié, sur la poutargue, le saucisson des rillettes et mille autres petites choses.

les repas du 14 août samedi, 15 août 2026

Depuis une vingtaine d’années, le 15 août est un événement sacré où nous recevons des amis amoureux du vin et de la gastronomie. Nous sommes le 14 août et nous recevons les premiers amis. Il est de tradition, lorsque les premiers arrivent, que j’ouvre un magnum de champagne Salon. Cette année, ce sera un Champagne Salon magnum 2002.

Je l’ouvre et le pschitt est extrêmement puissant, montrant la vivacité de ce champagne. Des amis ont apporté des vins et nous les ouvrons dans ce que j’appelle la sacristie, c’est-à-dire l’endroit où je stocke les vins prêts à être bus.

L’apéritif commence par de la poutargue qui accompagne le Champagne Salon 2002. L’effet de la poutargue est extrêmement intéressant puisqu’elle propulse le goût du champagne, qui est extrêmement puissant et trouve avec elle un accord parfait. Nous essayons ensuite des anchois posés sur de petits toasts de brioche au goût presque sucré. L’accord est très intéressant et le champagne réagit bien.

Nous avons ensuite des rillettes et leur douceur donne une autre image du champagne. Elles sont suivies par un jambon persillé qui est probablement le plus bel accord avec le Salon. Ce champagne nous étonne car il est d’une telle flexibilité qu’il se marie avec tous les mets que nous lui proposons à l’apéritif.

Arrive ensuite une tarte à l’oignon et je demande à mes amis que l’on arrête de boire le Salon 2002 afin que notre ami qui n’arrivera que demain matin pour le déjeuner du 15 août puisse lui aussi en profiter.

Un ami a apporté un Champagne Pommery 1934 que nous ouvrons. Le haut de la bouteille est très sale, mais c’est tout à fait naturel pour un champagne ancien. Il n’y a aucun pschitt, mais le bouchon est parfait et le goulot est lui aussi en très bon état. Le champagne est divin. C’est autre chose, on change de monde quand on passe des champagnes jeunes aux champagnes anciens. Celui-ci est rond, doux, affirmé, et l’accord avec la tarte à l’oignon est absolument divin.

Nous passons ensuite à table pour déguster de délicieux poulets. Et, comme l’un de nos amis est un amoureux des vins d’Algérie, il a apporté un vin que nous ne connaissons pas, qui s’appelle Chai du Bastion 1952, certainement fait par Frédéric Lung. J’ai pour ma part ouvert de ma cave un F. Lung vin rouge d’Algérie 1942.

Bien évidemment, une compétition s’installe entre les deux vins d’Algérie. Le Chai du Bastion 1952 est très rond, bien construit, d’une structure parfaite. Il est généreux. À l’inverse, le F. Lung 1942 est tout en longueur, tout en largeur et plein de charme. Les deux sont d’une richesse infinie, mais je préfère le F. Lung 1942, non pas parce que c’est mon vin, mais parce qu’il est d’une élégance tout à fait exceptionnelle. La comparaison de ces deux vins est totalement éblouissante.

Pour le Red Leicester, suivi de sucreries offertes par des amis, j’ouvre un Champagne Perrier-Jouët rosé 1969. Ce champagne est lui aussi très élégant, très adapté au dessert et particulièrement brillant.

Ce qui est intéressant dans cette expérience, c’est que tout est coordonné et que tout suit un ordre qui convient parfaitement. La progression des vins et des plats est idéale. Nous avons vécu un excellent repas qui permet de penser que celui du 15 août sera lui aussi très intéressant.

Je donne mon vote. En premier, à cause de son côté totalement étonnant, je mets le F. Lung 1942. En deuxième, le Champagne Salon 2002, qui est éblouissant. En troisième, le Champagne Pommery 1934, qui est légendaire. En quatrième, le Chai du Bastion 1952. Et en cinquième, le Champagne Perrier-Jouët rosé 1969.

Après le repas pantagruélique du déjeuner du 14 août, le repas du soir est programmé pour être beaucoup plus léger. Nous allons finir tous les mets de l’apéritif que nous avons eus, auxquels s’ajoutent quelques petits mets intéressants.

J’ai ouvert un Champagne Initial de Selosse, dégorgé en septembre 2011. Très curieusement, le vin est très court et n’a pas la vibration que l’on pourrait attendre. Je pense que le vin n’a ni l’énergie ni le niveau que l’on aimerait.

Un de mes amis a apporté un vin assez curieux. C’est un Champagne Taittinger Collection Arman brut 1981, dont la bouteille a été dessinée par l’artiste Arman. La bouteille est totalement opaque et fait partie des diverses versions des champagnes Taittinger Collection. Le vin est beaucoup plus intéressant, mais du fait de la fatigue de nos palais, du moins pour moi, il ne fait pas vraiment vibrer ma passion. Ce qui est assez amusant, c’est qu’il retrouve une belle énergie avec du camembert Jort.

J’ai ouvert ce matin Le Montrachet Delagrange-Bachelet Grand Cru 1979, qui avait un bouchon assez noir et qui paraît un peu fatigué. Mais après avoir goûté le camembert Jort, le vin retrouve une énergie assez plaisante.

Nous sommes tous fatigués en fin de repas et nous allons nous reposer car demain, c’est le grand repas du 15 août.

Salon 2015 mercredi, 12 août 2026

Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.

Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.

Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.

Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.

C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.

Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.

Un Lanson Red Label dimanche, 9 août 2026

Pour un apéritif dinatoire, j’ouvre un Champagne Lanson Père & Fils Red Label 1971 dont la bouteille a la forme d’une quille. Cette forme a été utilisée pendant environ une quinzaine d’années et j’ai eu la chance que la maison Lanson m’ait invité pour une dégustation de ce champagne en magnum pour les années 1964, 1976, 1979, 1983, 1985, 1988, 1989, 1990, 1995, 1997 et 2002.

Mon classement de ces vins à l’époque a été : 1964, 1979, 1985, 1988, 2002, 1990. Ce classement confirmait mon amour pour les champagnes anciens et celui que nous buvons se situe entre les deux que j’ai préférés alors, en 2013.

Le champagne s’ouvre sans aucun pschitt. La bulle est quasiment inexistante. La couleur est ambrée. Le nez est très plaisant. La bouche est étonnante car elle est faite de douceur chaleureuse mais aussi de puissance. C’est un champagne fort. Il est très étonnant. Je le juge un peu plus vieux qu’il ne devrait. Ce qui est sans doute dû à des problèmes de température de stockage avant que je ne l’achète.

Sur les olives noires, le saucisson ou le Red Leicester, le champagne s’est bien comporté. Un bel apéritif avec ma fille aînée.

autres repas de vacances jeudi, 6 août 2026

Le lendemain de nouveaux petits-enfants arrivent et j’ouvre un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996. Nous avions bu récemment le 1990 de ce champagne en magnum, d’une puissance et d’un équilibre rares. Ce 1996 est plus charmeur, élégant, montrant que cette cuvée est une réussite absolue.

Comme il nous reste de nombreux fromages à découvrir ou à terminer, j’ouvre un Château Brane-Cantenac 1978. L’histoire de ce vin est intéressante, du moins en ce qui concerne son acquisition. Il y a plus de trente ans, lors d’une vente aux enchères, je vois plusieurs caisses complètes de douze bouteilles de Château Brane-Cantenac 1978 proposées à des prix extrêmement bas. Je les achète sans hésiter. Lorsque je goûte ce vin pour la première fois, je suis stupéfait par sa qualité. J’ai constaté qu’il s’agissait de caisses vendues par le château à un importateur argentin. Les ventes ne s’étant vraisemblablement pas réalisées, les caisses étaient revenues en France avant d’être proposées aux enchères.

J’ai eu raison de saisir cette opportunité, car, à chaque ouverture, ce vin confirme sa grandeur. Cette bouteille de 1978 se montre riche, puissante et parfaitement équilibrée. C’est un vin de caractère, solide, conquérant, qui affirme avec éclat la noblesse de son origine. Nous l’avons particulièrement apprécié et, même si j’en gardais un excellent souvenir, je ne m’attendais pas à le retrouver à un niveau aussi convaincant.

Pour un apéritif, j’ouvre un Champagne Laurent-Perrier Grand Siècle, qui doit dater des années 2000 à 2010.

Il est naturellement encore jeune, mais il affiche déjà une élégance rare. Ce qui le caractérise avant tout, c’est sa noblesse délicate et sa grande fraîcheur, qui rendent sa dégustation particulièrement séduisante. Tout est harmonie, équilibre et distinction dans ce champagne.

Accompagné de poutargue, il se montre à la hauteur de nos attentes. L’accord est lumineux et met en valeur aussi bien la finesse du champagne que le caractère affirmé de la poutargue.

J’ouvre une bouteille de Côte-Rôtie La Mouline, E. Guigal 2005. Ce vin affiche un équilibre remarquable. Puissant sans jamais être démonstratif, il se montre en même temps accueillant et d’une grande générosité. Tout y est en place : la matière, la rondeur, la fraîcheur et une longueur en bouche qui prolonge le plaisir.

C’est un vin qui se boit particulièrement bien en période de grande chaleur. Malgré sa richesse, il reste très accessible et accompagne le repas avec une aisance remarquable. Une très belle réussite.

Le Champagne Léon Camuset est un blanc de blancs de Vertus. Par un hasard de l’histoire familiale, Léon Camuset était le cousin de membres de ma famille à la génération de mes arrière-grands-parents.

Lorsque j’étais enfant, chaque fois que mon grand-père ouvrait une bouteille de ce champagne, nous avions le droit de tremper nos lèvres dans un verre de ce champagne. Les blancs de blancs de Vertus ont ainsi été les premiers champagnes de ma vie et sont sans doute à l’origine de la passion que je leur porte encore aujourd’hui.

J’ouvre, pour l’une de mes petites-filles, une demi-bouteille de Champagne Léon Camuset, probablement des années 1980. Ce vin, sans prétention, est plein de charme. Bien sûr, lorsque l’on garde la mémoire d’un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996, la comparaison ne peut se faire en termes de complexités. Mais ce Léon Camuset se boit avec beaucoup de simplicité et de plaisir, et il a offert un joli moment de partage avec ma petite-fille.