Archives de catégorie : dîners ou repas privés

Dom Pérignon vert Wharol dimanche, 28 juin 2026

Nous sommes allés dans un restaurant à l’Ayguade de Hyères. Mon choix de menu est d’huitres Fines de Claires numéro 3 et une daurade. J’ai commandé un Champagne Dom Pérignon 2012. A ma grande surprise ce 2012 a une étiquette de couleur verte, couleur Andy Warhol et cela me rappelle une anecdote amusante. Nous étions au restaurant Kitcho à Kyoto, au Japon, en 2010 et nous avons commandé un Champagne Salon 1996, un Krug Clos du Mesnil 1996 et un Dom Pérignon 2002. Et l’élégante propriétaire du restaurant me demande : le Dom Pérignon, quelle couleur ? Car Dom Pérignon venait de lancer les couleurs d’Andy Warhol pour le millésime 2002. Et à cette époque-là, j’ai dit que ça sera le vert puisque c’est aussi la couleur du champagne Salon. Et j’ai trouvé que la trouvaille marketing est forte car on ne parle pas de vin mais de la couleur de l’étiquette.

Le fait de retrouver cette étiquette pour le 2012 de Dom Pérignon me plait beaucoup.

Le champagne est clair, il a fait un beau pschitt, et il se montre très précis, sec, linéaire et c’est exactement ce qu’il faut pour accompagner les huîtres très intenses. L’accord est beaucoup moins agréable avec le poisson. J’avais envisagé un Châteauneuf du Pape rouge pour le poisson mais il faisait si chaud que nous avons bu le champagne lentement et nous n’aurions pas pu lui ajouter un autre vin.

J’ai trouvé ce 2012 discret et précis, loin d’être tonitruant, fort agréable et frais.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. J’étais heureux de retrouver les couleurs Andy Warhol, mais sur Instagram, quelqu’un me dit qu’il n’y a pas d’Andy Warhol de 2012. Il s’agit d’un Dom Pérignon Luminous 2012, dont la couleur verte m’a égaré. Peu importe. Ne restera que l’évocation d’un passé heureux.

Premier déjeuner au restaurant l’Aventure mercredi, 24 juin 2026

Nous sommes invités par des amis à déjeuner au restaurant L’Aventure. C’est un endroit que j’apprécie énormément et où j’ai la chance de pouvoir apporter des vins. J’ai choisi parmi les vins possibles un Champagne Réserve Grand Trianon A. Rothschild & Cie 1964 dont l’étiquette est extrêmement vieille France, un peu surannée mais très jolie. Et j’ai choisi aussi une Côte Rôtie La Mouline E. Guigal 2005.

Il fait une chaleur extrême aussi j’ai apporté les vins protégés par un sac isotherme. Dès que j’arrive, je demande des seaux à glace pour maintenir la température des vins. J’ouvre les deux vins avant que les amis n’arrivent. Le bouchon du champagne de 1964 se brise puisqu’en tournant, le bas du bouchon reste collé au goulot.

Mais le parfum du champagne est très plaisant. Et tandis que la Côte Rôtie 2005 a un bouchon qui vient entier et un parfum qui est très prometteur, les amis arrivent. Notre ami a apporté un Château Palmer 2010 au niveau parfait qui promet.

Le champagne Rothschild de 1964 a une couleur ambrée et son goût est d’une douceur invraisemblable. Beaucoup d’amateurs diraient immédiatement que le champagne est madérisé, expression dont j’ai une horreur absolue. Car c’est une incompréhension totale du monde des champagnes anciens. Les champagnes anciens n’ont aucune commune mesure avec les champagnes jeunes.

Le pétillant est toujours là, mais la bulle a disparu. Et ce champagne est extrêmement agréable à boire, très doux, très subtil, et avec les moules gratinées cuites à l’ail, l’accord est absolument plaisant.

Nous avons commandé des langoustes qui arrivent cuites à la perfection. Et le Château Palmer 2010 est d’une puissance incroyable. C’est un vin extraordinaire d’énergie, de solidité et l’accord avec la langouste se fait naturellement.

Vient ensuite la Côte Rôtie, la Mouline 2005 de Guigal. Et c’est une autre planète, c’est autre chose. Ce vin est tout en charme et tout en longueur, une longueur qui est infinie. Et le contraste est très fort. Et je pense qu’on doit aimer les deux : le Château Palmer pour sa puissance et la Côte-Rôtie pour sa délicatesse et une longueur infinie. Et nous, profitons de l’accord dans les deux cas avec une jouissance certaine.

Au moment du fromage, j’ai demandé pour les deux rouges du fromage et j’ai commandé un comté et un Saint-Marcelin. Dès que j’ai vu ce fromage, j’ai dit à mon ami : l’accord avec le Palmer sera immense. Et effectivement, l’accord du Saint-Marcelin avec le Château Palmer est subjuguant, beaucoup plus percutant que ce qu’il pourrait être avec la Côte-Rôtie. Cela m’arrive souvent qu’en voyant un fromage, je sais immédiatement quel vin lui conviendra. Et je n’ai aucune idée de la façon de le justifier.

Julien, le propriétaire du restaurant « L’Aventure » ne pouvait être là car il allait à l’enterrement d’un de ses proches. Mais comme c’était mon premier repas de l’été, j’ai demandé que l’on fasse comme si c’était mon anniversaire pour que l’on ait la cérémonie classique, où une musique tonitruante fait que tout le monde applaudit surtout quand je souffle une bougie.

Ce fut absolument charmant et m’a permis de converser avec un client d’une autre table qui, comme par un hasard incroyable, est né six jours avant moi.

Si l’on veut synthétiser les vins de ce repas, le champagne Rothschild 1964 est tout en douceur, le Château Palmer 2010 est d’une puissance extrême et vraiment convaincante, et la Côte Rôtie La Mouline 2005 de Guigal est d’un charme et d’une longueur infinie.

Ce premier déjeuner d’été est un bonheur absolu.

déjeuner de conscrits au Yacht club de France mardi, 26 mai 2026

Nous allons déjeuner au Yacht Club de France. L’ami gallois de notre club 2043 devait inviter aujourd’hui, mais il nous a envoyé ce matin un mail à chacun disant que du fait d’un incident gastrique, il était incapable de venir de Belgique jusqu’à notre réunion. Aussi, nous allons vivre une réunion à six, dont un de mes amis que j’ai présenté aux membres en espérant qu’il sera accepté comme nouveau membre.

Nous commençons l’apéritif avec des petits amuse-bouches qui sont toujours d’une délicatesse absolue sur un Champagne Ayala brut majeur, assemblage de 70 crus sans année très jeune, très agréable et joyeux et printanier. Ensuite, nous passons à table.

Le menu composé par Thierry Le Luc sur les suggestions de notre ami gallois est : Hors d’œuvre en apéritif avec des saveurs très variées /très grosses gambas rôties à l’anis et paprika, sabayon vert / notre poireau vinaigrette façon mimosa au homard bleu / filet de bœuf Wellington, choux de Bruxelles croquants, pommes rissolées Asselbach, jus maison / pommes au four en crumble, glace vanille artisanale / Stilton d’Éric Lefebvre MOF avec un Porto.

Nous boirons à table d’abord deux Meursault qui vont accompagner les grosses gambas. Le Meursault Pierre Labaye 2017 est frais, fluide et agréable à boire. Normalement, le deuxième meursault est le plus racé, Meursault La Vigne de 1945 Buisson Charles 2020, mais j’ai préféré la fraîcheur du premier, plus léger et plus adapté à notre plat.

Sur le filet de bœuf extraordinaire, préparé d’une façon magistrale, nous avons eu un La Bernardine Châteauneuf-du-Pape M. Chapoutier 2009, bien charpenté, joyeux et conquérant, qui a créé un très bel accord.

Nous avons tous été étonnés que le Stilton apparaisse après des pommes au four avec une glace vanille. C’est une habitude britannique de finir avec un fromage et un Porto, ce qui s’est très bien passé. Les discussions sont allées bon train et ce fut un repas extrêmement réussi où l’on sent l’implication permanente du chef et de son équipe.

anniversaire de ma fille vendredi, 22 mai 2026

Ma fille fête son anniversaire au Bar du restaurant Boubalé. Je ne connais pas cet endroit qui comprend un restaurant, un bar, une salle de danse et sans doute d’autres activités. Ma fille a dû négocier des droits de bouchon pour que je puisse apporter des vins. Je suis limité à trois bouteilles.

J’ai apporté deux bouteilles de Champagne Charles Heidsieck mis en cave en 1997. C’est un champagne composé de trois ou quatre millésimes d’avant 1997 extrêmement intéressant car il est très affable, équilibré et d’un goût direct et plaisant.

J’ai aussi ouvert un Château Palmer 1967 riche et puissant qui a atteint un niveau de maturité idéal. Avec les amis de ma fille nous avons passé une belle soirée que j’ai quitté dès que la puissance des musiques a dépassé ma capacité d’acceptation.

déjeuner au restaurant Pages avec un wagyu inédit mercredi, 20 mai 2026

Au restaurant Pages, j’invite un ami qui a, parmi toutes ses activités, participé à la création de beaux livres, dont celui sur les grands crus classés de 1855. Il vient accompagné d’une journaliste et écrivain.

J’ai voulu apporter des vins qu’aucun d’eux ne connaîtrait vraiment.

Avant de goûter mes vins, nous commençons par un Champagne Le Météque Guillaume Marteaux sans année, qui est offert par Pierre-Alexandre, le directeur de Pages. Ce champagne très jeune, voire trop jeune, est un bon moyen pour mettre en valeur le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979. Ce champagne est splendide, il est maintenant à un à un niveau de maturité tout à fait exceptionnel. Et c’est le champagne qu’on aime, c’est à dire qu’il a tout, la douceur, mais la puissance aussi. Il est riche et cohérent.

Le menu du repas que j’ai mis au point avec le chef Ken est : carpaccio de pagre / carpaccio de wagyu / poisson maigre sauce vin rouge / wagyu japonais et wagyu de Normandie / financier.

Les carpaccios, l’un de poisson et l’autre de viande, accompagnent idéalement le grand champagne.

Le Clos Vougeot Faiveley années 20 est très riche et très subtil. Il y a beaucoup de délicatesse dans ce vin et une belle longueur. Il est aussi charmant, offrant la gracieuse finesse des grands vins bourguignons.

Il est suivi par le Vega Sicilia Unico 1941 que j’avais apporté parce qu’il avait un niveau assez bas. Je voulais montrer à mes convives qu’un bas niveau n’est pas forcément un signe de faiblesse. Et en fait, ce vin se montre absolument prodigieux. Il est profond, dense et intense. Un vrai bonheur. Pourquoi avons-nous pris aussi un wagyu de Normandie ? C’est pour une raison très amusante. Un boucher est venu livrer ses produits à la maison Pages. J’ai vu qu’il avait quelque chose qui ressemblait à un wagyu. Je lui ai demandé ce que c’est et il m’a dit qu’il a le droit de faire un wagyu en Normandie car il respecte les règles. J’ai donc dit au chef Ken que nous allions l’essayer. Et en fait, la démonstration n’est pas très brillante car le wagyu japonais est vraiment particulièrement gourmand, alors que le wagyu de Normandie ressemble plus à une pièce de bœuf qu’à un véritable wagyu. Mais il est amusant mais aussi important d’avoir tenté cette expérience.

Ce fut un très agréable et joyeux repas.

apéritif dans le sud dimanche, 10 mai 2026

Nous recevons dans notre maison du Sud un voisin et son épouse pour un apéritif. J’ai essayé d’ouvrir depuis ce matin un Champagne Salon 2007 dont je sais que le bouchon est très difficile à extirper. Pendant à peu près une heure, usant de divers ustensiles, j’ai un mal fou à sortir le bouchon. Le champagne fait un pschitt relativement calme et son parfum est très agréable.

Nos amis arrivent, l’apéritif est très traditionnel avec rillettes, un fromage au pesto, des olives, de la poutargue et des tartines de foie gras. Nous apprécions le champagne qui est vraiment excellent, très racé, pointu, très affûté, et d’une énergie incroyable. C’est un champagne frais et noble.

J’ai pris pour la suite un Champagne Dom Pérignon 1983 qui est d’un monde complètement différent. Autant le champagne Salon est tout en énergie, autant le champagne Dom Pérignon est tout en grâce, charme et séduction. Et de plus, il est très agréable et confortable.

Cette expérience avec deux champagnes que tout diffère, fut un moment extrêmement agréable avec des voisins sympathiques.

déjeuner de famille avec un champagne inconnu dimanche, 3 mai 2026

Lors d’un autre déjeuner de famille, ma fille cadette vient avec sa fille, laquelle est accompagnée de sa nounou pour déjeuner à la maison. J’ai envie de découvrir un champagne sur lequel je n’ai aucune indication, le Champagne A. G. Jeanmaire à Epernay Cuvée Elysée 1966.

Il y a une telle connaissance sur Instagram que quelqu’un va certainement expliquer pourquoi le Champagne Jeanmaire a fait une Cuvée Elysée. Je ne connais pas ce champagne et je l’ai acheté par curiosité. N’ayant pas de réponse j’ai demandé à la maison Laurent Perrier de chercher dans les archives de Jeanmaire, maison qu’ils ont acquise il y a quelques années. Aucune référence à la cuvée Elysée n’existe. Ce champagne restera une énigme.

Le champagne Elysée est doux, charmant, très rond. Il n’est pas très complexe mais il est extrêmement agréable. Cela confirme ma vision sur les vieux champagnes. Pour moi, c’est un monde complètement différent de celui des jeunes vins. Les jeunes champagnes ont de la force et de l’énergie, et la bulle est importante. Les vieux champagnes donnent du plaisir, du charme et de la douceur. Ils sont confortables. Pour d’autres vins, on peut voir une évolution avec l’âge. Pour les champagnes, c’est un autre monde.

J’ai beaucoup apprécié ce Champagne Jean maire Cuvée Elysée 1966.

J’ai ajouté à ce repas le Château Ferran Graves Supérieures Martillac Béraud-Sudreau propriétaire 1964. J’avais été séduit par sa couleur très dorée qui laissait présager un vin très agréable. Les Graves Supérieurs sont généralement assez doux, mais j’ai trouvé que ce vin était suffisamment sec pour qu’on puisse le goûter sur un poulet et le la combinaison a été absolument parfaite. C’est un vin très agréable, dont je pense que sa qualité est très supérieure à ce que on pourrait imaginer dans son appellation.

J’avais acheté ce vin il y a longtemps, quand j’étais dans l’industrie sidérurgique, car la société Béraud-Sudreau avait la même activité que mon groupe. Nous étions en compétition et, à un moment donné, par les hasards de la vie, leur entreprise est entrée dans mon groupe.

Le président de cette entreprise était une personne formidable et nous sommes devenus amis. C’est lui qui m’a présenté à Alexandre de Lur Saluces, propriétaire du château d’Yquem, avec qui j’ai eu une relation devenue très amicale.

dimanche ensoleillé dimanche, 26 avril 2026

En un dimanche ensoleillé nous recevons une de mes filles, une de mes petites-filles et l’ami de celle-ci pour le déjeuner. J’ai su plus tard que c’est aussi pour fêter mon anniversaire puisque j’ai dû souffler des bougies.

J’ai ouvert un Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979. Je ne sais pas pourquoi je suis tombé amoureux de ce 1979 que j’ai dégusté 23 fois. C’est sans doute parce qu’il est grand mais aussi parce que la bouteille est belle et parce que 1979 n’est pas un millésime recherché.

Avec l’âge, ce Mumm devient rond et agréable. C’est un pur plaisir. Ce qui m’a surpris, c’est son puissant pétillement à l’ouverture.

Sur un excellent poulet, Le Corton Grand Cru Bouchard P&F 1983 est élégant et soyeux. Il est si délicat. Très agréable, il n’a pas une grande puissance mais il est très plaisant. Un excellent Brillat-Savarin, très crémeux, démontre une fois de plus que c’est le fromage absolument idéal pour les vins de Bourgogne.

Le Vin de Paille Côtes du Jura Hubert Clavelin 1994 en demi-bouteille titre 16°. Il est doux et agréable, mais moins puissant que ce que j’attendais. Il est parfait avec un dessert au chocolat Reine de Saba, le dessert des anniversaires.

déjeuner impromptu dans ma cave lundi, 20 avril 2026

J’ai été contacté par un photographe du magazine Paris-Match pour faire un article sur mon amour des vins anciens, ma cave et mes dîners. Il aurait aimé photographier un de mes dîners mais les prochains dîners sont trop lointains pour lui. Il me demande si je pourrais organiser dans ma cave un déjeuner impromptu avec des amis. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour trouver cinq convives pour un repas.

Je demande à chacun d’apporter des victuailles et comme cela se passe souvent dans ce type de cas, c’est la débauche de générosité.

Vers 10h du matin je vais chercher à la gare du RER le photographe et le journaliste qui va m’interviewer dans ma cave. Je réponds aux questions du journaliste et le photographe fait des photos de bouteilles rares de ma cave.

Les amis arrivent en ordre dispersé et commencent à déballer leurs victuailles avec Victoire, une cuisinière amie.

Il se trouve que ce déjeuner a lieu deux jours seulement après le grand déjeuner à l’Ecu de France. Nous aurons donc la chance finir plusieurs bouteilles de grand format de ce repas.

Un ami a apporté deux caviars très intéressants, un caviar malossol Rova Royal et un caviar malossol Rova Impérial qui côtoient avec bonheur le Jéroboam de Champagne Bollinger Grande année 1985 qui a gardé une bulle très active et un charme plaisant.

Un plat présente des multitudes de cochonnailles qui siéent au champagne mais aussi au Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 encore fort gaillard.

L’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979 va accompagner les charcuteries mais aussi un plateau de fromage, lui aussi gargantuesque. Ce Mouton est encore plus raffiné qu’il y a deux jours.

Étonnamment, le Jéroboam Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008 qui était resté au frais fait un puissant pschitt au moment où j’enlève le bouchon remis il y a deux jours. Ce champagne est beaucoup plus large aujourd’hui.

Un des amis nous a apporté un Marsala Superiore Florio & Cie 1840 qui a dû être mis en bouteille vers les années 20 ou 30. Ce vin est délicieux riche et sans âge, fait, comme pour beaucoup de liquoreux de cette époque, pour affronter l’éternité.

L’ambiance étant à la convivialité le photographe et le journaliste ont pu goûter à quelques vins et à quelques victuailles. L’ambiance de ce déjeuner impromptu a été particulièrement joyeuse et décontractée.

Peu de temps après j’ai rendez-vous au restaurant Plénitude pour mettre au point le menu du repas qui se tiendra en ce lieu dans un peu plus d’un mois. Selon une tradition que j’ai instituée, je suis venu avec la bouteille du Marsala Superiore Florio & Cie 1840 pour le faire goûter à Arnaud Donckele, Clément, Alexandre Emmanuel et un pâtissier que je ne connaissais pas afin qu’ils s’en souviennent lorsqu’ils créeront le dessert et l’après-dessert.  

Noces de diamant à l’Ecu de France samedi, 18 avril 2026

Au restaurant l’Ecu de France nous allons recevoir des amis et des parents pour fêter nos 60 ans de mariage, les noces de diamant. J’avais apporté les vins il y a deux jours et j’ai ouvert tous les vins la veille. C’est indispensable pour les vins en grand format. L’effort pour extirper les bouchons est plus fort que pour des bouteilles. Le plus difficile à extirper fut celui de l’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979, dont le bouchon résistant s’est fragmenté en de nombreux morceaux. Je n’ai pas eu de mal à enlever les miettes de ce bouchon.

J’ai eu le temps de travailler avec le chef et la pâtissière sur le menu, avec une entente et une compréhension qu’il convient de remarquer et signaler.

Nous avons de la chance car le temps est beau permettant que l’apéritif se prenne sur la terrasse longeant la Marne. Nous sommes 55 avec une quasi égalité entre parents et amis.

Nous buvons un Jéroboam de Champagne Louis Roederer années 90. Le format avantage ce champagne qui se montre plus rond et plus généreux que ce que j’attendais. C’est une bonne entrée en matière.

Le menu créé par le chef Francis Akame est : amuse-bouche gougères à l’Emmental / filet de maigre confit, sauce matelote au vin rouge et purée de pommes de terre / carré d’agneau rôti au romarin, asperges blanches croquantes et jus réduit / noix de ris de veau dorée au beurre, sauce marbrée légère et mousseline de céleri rave / saint-nectaire affiné et servi à température idéale / chocolat noir des caraïbes, siphon grué et streusel cacao / financier à la rose.

 

La suite de l’apéritif et le début du repas sont accompagnés d’un Jéroboam Champagne Bollinger Grande Année 1985. Il y a une sensibilité et une émotion dans ce champagne qui sont impressionnantes, dues à la richesse du millésime et amplifiées par le format de la bouteille qui donne une ampleur et une sérénité de goût.

Il se trouve que pendant la décennie des années 1990, j’ai acquis une quantité assez importante de grands formats du château Meyney car lors d’une visite j’avais pu me rendre compte des qualités de ce vin que peu de gens signalent dans leurs préférences. J’avais notamment bu un Château Meyney 1947 exceptionnel au château. Le Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1969 fait une forte impression car ce vin est dense et riche. Il offre ce qu’on aime dans les vins de Bordeaux, force et noblesse.

Je m’attendais à ce que le Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 soit supérieur au 1969 car c’est l’ordre que l’on est habitué à attendre de ces millésimes, mais même si la richesse du 1967 est très agréable, je préfère le côté gracieux du 1969.

Avec l’Impériale Château Mouton Rothschild 1979 on franchit une étape dans la noblesse des vins de bordeaux. Au premier abord ce vin paraît moins puissant et moins convainquant que les Meyney mais très rapidement s’impose la subtilité de ce vin délicat. Et comme pour les vins qui ont précédé, l’effet du volume du contenant est impressionnant car ce Mouton est large, soyeux et souriant.

Pour le dessert au chocolat, apparaît un Magnum Maury Mas Amiel 1979. Mais il est possible aussi de boire un Jéroboam de Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008. Le Maury est puissant, gourmand, mais il offre aussi des notes de fraîcheur. Il est très agréable à boire par sa générosité. Le champagne est noble mais encore très jeune. Il est très apprécié au point que l’on risque de manquer de quoi boire !

J’avais prévu en réserve un Magnum Champagne Moët sans année affichée et sans étiquette. Je le fais ouvrir. Si l’on se fie aux indications que fournit le bouchon et la capsule, ce Moët pourrait être des années 40 ou 50. Dès la première gorgée, je l’adore, car il est énigmatique. Son goût est inattendu, sauvage, insolent presque. J’aime ces vins qui font du hors-piste.

Si l’on aime les saveurs inattendues, on va encore plus loin avec le Cinzano Dry Vermouth années 30 qui est normalement un vin d’apéritif, mais qui est très adapté à ce moment du repas. Avec les financiers, il est divin. Il est très difficile de décrire ce breuvage qui combine fraîcheur et puissance et dont les évocations sont infinies. Il est gourmand et a un goût de revenez-y. Ses saveurs complexes et volatiles me ravissent.

A l’inverse, le Rhum Naura 40° d’une bouteille de 100 cl est très clair, limpide et beaucoup plus conventionnel et attendu. Il est bon, mais n’apporte aucune surprise.

Tous les convives ont été ravis du menu et des plats, superbes de cohérence. Le chef a été heureux de créer des plats conçus pour se marier à mes vins. Quand je suis allé le féliciter en cuisine, il a eu une remarque qui m’a fait chaud au cœur : « en me demandant de faire ce repas selon vos recommandations, vous avez ouvert des pistes nouvelles pour ma façon de cuisiner ». Quel plaisir pour moi.

Nous avions demandé de ne pas apporter de cadeaux mais nous en avons reçu de toutes sortes. Par une belle journée ensoleillée nous avons eu une belle fête avec des amis et parents que nous aimons. Vive les noces de diamant.