Archives de catégorie : dîners ou repas privés

avec des amis à l’Aventure mercredi, 20 août 2025

Décidément, le restaurant l’Aventure s’impose lorsque l’on veut bien manger et bien boire. Un couple d’amis est en villégiature non loin de chez nous aussi nous les invitons à nous rejoindre au restaurant. Ils viennent avec un couple d’amis amateurs de vin. A ma demande Julien, le propriétaire du restaurant nous a réservé un denti (ou dentex), ce poisson goûteux et rare.

Le Champagne Selosse Substance dégorgé en Juillet 2011 est une bête sauvage qui révèle l’incroyable talent d’Anselme Selosse. Et à cet âge, il est parfait car il combine audace et sagesse.

Le Champagne Dom Pérignon magnum 2008 est totalement différent, plus conventionnel, plus doux et tellement agréable à boire. Une grande année pour Dom Pérignon, la dernière de Richard Geoffroy, fruit du passage de flambeau à Vincent Chaperon, le nouveau maître de chais.

Le Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape magnum 2007 est une bombe. Quelle puissance ! Il a une immense personnalité et une solidité qui rend très plausible qu’il devienne centenaire.

La Côte Rôtie La Turque Marcel Guigal 2002 est très différente du Beaucastel. Très intense et d’une grande complexité il a un finale plein de charme. C’est un vin de fraîcheur et le Beaucastel est un guerrier indestructible.

Nous avons dégusté des moules gratinées à l’ail, des tempuras de gambas, du homard et du denti. Un bonheur d’été.

dernières agapes du 15 août dimanche, 17 août 2025

La fête se continuait le lendemain au restaurant l’Aventure avec des vins inhabituels, pour changer. Un ami a apporté un Champagne Comtes de Champagne Taittinger 2011 absolument charmant et complet, de grande générosité. Il fait partie des PAME (performed above my expectation).

De mon côté j’ai choisi deux vins que j’ai envie de partager, un Mazis-Chambertin Poulet P & F 1961 et un Chambertin J. Thorin 1962. Les deux bouteilles ont des niveaux parfaits, à 2 centimètres sous le bouchon. Ils seront accompagnés d’un très beau turbot cuit à la perfection.

Je suis très à l’aise avec de tels vins, car ils ont atteint une maturité paisible. Le Chambertin est un peu plus noble, mais le Mazis profite du grand millésime 1961 et de l’excellence de la maison Poulet, négociant qui fut très célèbre il y a plus de 50 ans.

Cher lecteur si dans vos recherches d’achats vous avez la chance de croiser des bourgognes des années 60 de bons niveaux, laissez vous tenter. Ce sera ce que j’appelle de « bonne pioches ».

Comment finir un aussi beau weekend avec des amis ? Pourquoi pas une petite « bataille » après coup ? Il y avait des champagnes qui ont été ouverts il y a trois jours. J’ai voulu vérifier si mon intuition sur Salon 2015 comparé à 2008 est la bonne. À mon avis, le 2008 est puissant et solide, parfaitement construit, mais le 2015, si romantique, a ma préférence.

Avec les derniers « survivants » de ce mémorable weekend, j’ai goûté les deux et cela m’a conduit à changer ma vision. Le Champagne Salon 2008 est parfait, et il a aussi une personnalité énorme. Le Champagne Salon 2015, que j’adore, est plein de charme. Mais le 2008 est au-dessus. Il est sûr que trois jours plus tard, le magnum est plus frais qu’une bouteille. Mais je suis heureux d’avoir eu la confirmation de l’incroyable complexité du 2008 quand on le compare au 2015. Longue vie à ces deux amours.

déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou samedi, 16 août 2025

Nos amis Valérie et Jean-Marc étaient présents au déjeuner du 15 août. Ils nous invitent à déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou à Hyères pour un repas à quatre mains réalisé par le chef de Lilou et par Valérie, cuisinière de profession qui a tenu avec son mari des restaurants où nous sommes allés avec plaisir.

Le menu a été conçu par le cuisinier Paul-Emile Merlin et son équipe et par Valérie. L’intitulé des plats montre à quel point ils ont voulu nous régaler : jambon Prisuttu de porc Nustrale maison Guidoni / anchois de Cantabrie maison Salanort / sériole maturée, sauce pilpil, poutargue, garum / médaille de langouste et tomate laquée, bisque / suprême de pigeon souvenir de Fès, cromesquis d’abats, baselles de JB Anfosso / Comté affiné 24 mois et bleu du Queyras, truffes d’été / autour de la fleur et de l’abeille / pêche rôtie, glace à l’amande grillée, sablé breton.

Tout s’est montré d’une délicatesse extrême. Nous avons senti cette envie de faire plaisir si agréable à vivre. Jean-Marc avait même composé des origamis avec un petit clin d’œil pour chacun. Des attentions de ce genre ne s’oublient pas.

J’ai apporté un Champagne Laurent-Perrier Grand Siècle magnum probablement autour de 2015 / 2017 élégant et charmant et les vins qui ont suivi, choisis par nos hôtes sont : Château de la Gardine Châteauneuf-du-Pape 1991, Domaine de Trévallon 2023, Clos de la Coulée de Serrant Famille Joly 2020, Gravner Blanc Orange Frioul Italie sans année, Côte Rôtie Domaine Jamet 1999, Mas de Daumas Gassac 1995, Bricco Quaglio Moscato d’Asti 2022.

N’ayant pris aucune note car l’atmosphère de ce repas ne s’y prêtait pas, et ayant tardé à retranscrire mes souvenirs, je serais bien incapable de les raconter. Mais comme pour la cuisine le choix des vins a été d’une grande intelligence et d’une belle attention.

J’ai été très sensible aux intentions qui ont permis de construire ce bel événement.

déjeuner au restaurant A.M. d’Alexandre Mazzia jeudi, 14 août 2025

La veille du 15 août, nous allons avec des amis déjeuner au restaurant A.M. d’Alexandre Mazzia à Marseille. Nous sommes accueillis chaleureusement. Nous prenons le menu le plus complet, qui est un voyage gustatif infini.

Comment est-il possible que le chef crée de telles saveurs ? Il y a une créativité et une inventivité qui dépassent tout ce qui est imaginable. Si l’on faisait une référence au piano, imaginons un pianiste qui combinerait le don de Glenn Gould et le génie de Thelonius Monk. Il produirait des notes inconnues et irréalisables. Eh bien, le talent d’Alexandre Mazzia, c’est cela, la production sur d’infimes bouchées de myriades de sensations.

Vouloir décrire ces saveurs serait réducteur. Nous les avons reçues avec humilité et recueillement pour en saisir tous les aspects.

Ce qui me fascine aussi c’est que les serveurs récitent les plats sans aucune faute et expliquent sans hésitation à chaque question posée. C’est l’embarquement pour Cythère.

Pour le repas nous avons commandé des champagnes. Tout d’abord un Champagne Initial Selosse dégorgé vers 2011. Parmi tous les champagnes d’Anselme Selosse, cet Initial très lisible et franc est un grand plaisir gustatif.

Le Champagne Philipponnat Clos des Goisses 2013 est plus viril, plus droit dans ses bottes et idéal pour accompagner le caractère kaléidoscopique des plats.

Le Champagne Billecart Salmon Cuvée Nicolas François 1996 est noble et ample. Nous avons aimé ces trois champagnes sans faire de classement car ils sont très dissemblables. C’est ce qu’il fallait pour que ces breuvages suivent la folle chevauchée des saveurs des plats.

Enthousiasmés par ce voyage d’Alice au pays des merveilles, nous sommes rentrés joyeux pour nous préparer au grand jour du repas du 15 août.

les premiers arrivés des amis du 15 août mercredi, 13 août 2025

La semaine qui contient le 15 août est traditionnellement le point culminant de nos agapes d’été. Les premiers que nous recevons sont deux amis qui ont vécu avec nous les 15 août depuis une bonne quinzaine d’années.

La tradition est de les accueillir avec un magnum de champagne Salon. J’ai choisi un Champagne Salon Magnum 2004. Je ne me souviens pas d’avoir bu un meilleur Salon 2004. Il a un parfum incroyablement intense. La bouche est très fluide, pleine de charme et de complexité.

Le meilleur accord est avec des rillettes, dont le gras élargit le palais, suivi de jambon espagnol et d’un délicieux lièvre à la royale.

J’ai ouvert au dernier moment un Vega Sicilia Unico Reserva Especial, composé de 1994, 1995 et 2000. Le nez fruité est d’un charme à tomber d’émoi. En bouche, ce vin est un pur plaisir, d’une grande fraîcheur. Pour les vins jeunes comme le Vega Sicilia Unico, je recommande de ne pas utiliser la méthode Audouze, mais d’ouvrir le vin au dernier moment pour profiter de sa fraîcheur gracile.

Une remarque : j’ai depuis plus de vingt ans décidé de cracher ce que je bois, sauf les champagnes, car cracher un champagne détruit le plaisir du pétillant. Avec ce vin espagnol, j’ai avalé la première gorgée, pour voir, et j’ai recraché la seconde. La longueur du vin est dix fois plus grande à la dégustation lorsque l’on crache car le palais reçoit une bouffée d’air qui prolonge le vin. J’essaie de convaincre mes convives mais les habitudes prennent du temps avant de changer.

déjeuner au restaurant l’Aventure samedi, 9 août 2025

Nos enfants et petits-enfants se succèdent dans notre maison du sud. Une fois de plus nous allons déjeuner au restaurant l’Aventure. La femme de mon fils nous rejoint par la mer sur son paddle mais elle s’aperçoit que cet objet flottant absolument inoffensif doit se plier à des règles de circulation et de stationnement qui ressemblent furieusement aux principes de précaution qui régissent nos moindres mouvements dans un monde où tout doit être codifié.

Nous commençons par un Champagne Comtes de Champagne Taittinger rosé 1969. Je suis un fan des rosés jeunes de cette maison et je n’ai pas beaucoup d’expérience avec leurs vieux rosés.

C’est un univers complètement différent, assez énigmatique, qui m’a fait penser au Smalah algérien 1939 bu récemment, un vin d’un autre monde. Ce qui est passionnant, ce sont les saveurs inconnues. Ce champagne est long, épicé, sans être sexy. Il est parfait avec des plats épicés.

C’est une expérience agréable, mais j’ai une plus forte inclination vers le charme des vieux rosés de Krug.

J’ai eu la chance il y a quelques années de visiter la maison et la cave d’Henri Bonneau, du temps de son vivant, et de le rencontrer. J’ai dégusté en barriques avec lui et ce fut une expérience magique.

J’ai récemment dégusté une Cuvée Marie Beurrier 2017 que j’ai adorée. Mon fils qui a lu le compte-rendu m’a offert un nouveau 2017 qui était tout aussi adorable.

Ce Châteauneuf-du-Pape Henri Bonneau Cuvée Marie Beurrier 2017 est plein d’énergie et j’adore sa longueur interminable. Il est si pur, si délicat malgré sa puissance. C’est un vin élégant et noble. Je l’adore.

restaurant Brise Marine jeudi, 7 août 2025

Nous allons au restaurant Brise Marine dont la terrasse surplombe la plage et se situe directement sur l’eau. L’accès n’est pas simple, fait de hauts et de bas, mais lorsqu’on a réussi ce parcours du combattant, la beauté de la mer nous tend les bras.

La cuisine est de bonne qualité et le service est charmant. Je choisis sur la carte un Côtes de Provence La Tulipe Noire blanc 2014. J’avais cru lire que leur rosé avait été plébiscité. Quand on ne sait pas quoi dire sur un vin de peu d’émotion, on dit que c’est un vin de soif.

Apéritif au Krug mercredi, 30 juillet 2025

Pour un nouvel apéritif, j’ouvre un Champagne Krug Grande Cuvée dont l’étiquette est de couleur bordeaux, probablement des années 90.

Un léger pschitt est apparu à l’ouverture, ce que j’apprécie. Le vin a une très belle robe intense. Je suis agréablement surpris par l’équilibre et le charme de ce champagne. Nous l’avons dégusté avec des huîtres et des bulots. Un délice. De tels champagnes sont un pur plaisir. En général, je préfère la Grande Cuvée première génération, mais celui-ci était adorable.

L’un des voisins venu prendre l’apéritif chez nous avait apporté un Crozes Hermitage Domaine Combier 2023. On ne peut pas dire que je suis un spécialiste ou un amoureux des vins de cet âge, mais j’ai eu un grand plaisir à le boire car il est bien fait, franc, et bon vivant comme Laurent Combier.

Une bataille espagnole samedi, 19 juillet 2025

Nous allons avec mon fils et sa femme au restaurant l’Aventure. Le Champagne Pommery Cuvée Louise 1989 est un champagne magnifique. Il avait un joli pschitt à l’ouverture, des bulles généreuses et un nez profond. Je suis immédiatement séduit par la noblesse et l’extrême complexité de ce champagne, au-delà de mes attentes. Bien équilibré, c’est un grand champagne d’une maturité parfaite.

Peter Sisseck est un vigneron danois qui a fait ses premières armes dans le bordelais et qui a acheté un vignoble de la Ribera del Duero, non loin de Vega Sicilia. Il a fait sensation, car dès son premier millésime, son vin Pingus a obtenu la récompense ultime d’une note de 100 points par le célèbre Robert Parker. Lorsque nous nous sommes rencontrés, une amitié est née.

J’ai envie de faire une amicale confrontation de Pingus avec Vega Sicilia Unico. Ce sera sur le millésime 2009.

Sur l’instant, pour le bouchon, Pingus est largement vainqueur. Mais il y a une raison : le goulot de la bouteille de Vega Sicilia Unico n’est pas cylindrique. De ce fait, ce qui se trouve sous la partie étroite du goulot ne peut être soulevé sans se briser. Le bouchon de Pingus est impeccable. Celui de Vega vient en lambeaux.

Pour la première odeur, Pingus est plutôt fermé et serré. Vega est généreux et fruité.

Ceux qui suivent mes dîners savent que je suis opposé aux compétitions directes. J’aime boire des vins pour eux-mêmes et non pour les concurrencer. Mais comme je n’ai bu que 55 Pingus contre 225 Unico, la tentation existait.

Le nez du Pingus 2009 est sérieux. Le nez du Vega Sicilia Unico 2009 est plus sexy, plein de grâce.

En bouche, le Pingus suit une ligne droite lorsque le Vega Sicilia Unico est ample et généreux. Le Pingus est vertical et le Vega Sicilia Unico est horizontal.

Pingus me plaît par sa richesse complexe et le Vega Sicilia Unico est joyeux, souriant et séduisant. Les deux expressions sont complètement différentes. Je dirais que le Pingus est masculin et le Vega Sicilia Unico féminin, mais cette définition est assez réductrice.

Pingus est un peu trop Parkerien à mon goût. J’ai tellement l’habitude de savourer le Vega Sicilia Unico que j’adore que je l’ai préféré, mais Pingus a dépassé mes attentes et c’est un excellent vin.

Salon 1997 mercredi, 16 juillet 2025

Enfants et petits-enfants se succèdent comme les acteurs dans une comédie de boulevard, aussi les occasions d’ouvrir des champagnes ne manquent pas. Aujourd’hui, ce sera un Champagne Salon Magnum 1997.

J’adore le Salon 1997, et je l’aime particulièrement parce que j’ai commis une erreur. Lorsque le Salon 1997 a été présenté aux amateurs et aux négociants, je l’ai bu et j’ai dit à Didier Depond, président de Salon : « Il ne me parle pas. » Et Didier m’a répondu : « tu verras ».

Et j’ai vu, car ce solide Salon s’exprime de plus en plus. C’est un guerrier, fait pour conquérir. J’ai ouvert ce magnum pour mon fils et sa femme.

La bulle est très active, signe de jeunesse, et le pschitt était plein d’énergie. C’est la synthèse d’un grand champagne jeune. Un guerrier à l’avenir infini.

Notre boucher traiteur fait une coiffe du charcutier qui est virile et goûteuse. C’est le compagnon idéal de ce beau champagne.