138ème dîner de wine-dinners au Yacht Club de Monaco mercredi, 1 septembre 2010

Un participant d’un dîner récent m’avait demandé si je pouvais organiser un dîner de wine-dinners au Yacht Club de Monaco. L’idée m’avait plu et il y a un mois, je suis allé déjeuner au restaurant du Yacht Club, en vue d’étudier la cuisine et faire des suggestions pour la réalisation du dîner. N’ayant pas trouvé sur place la certitude de garder les vins à des températures conformes, c’est donc aujourd’hui seulement, jour du dîner, que j’apporte les vins au Yacht Club.


L’accueil qui m’est réservé est très chaleureux, car on sent que toute l’équipe est motivée à réaliser un exploit. La présence du Prince Albert et de sa fiancée avait été évoquée, ce qui ajoutait une motivation supplémentaire. Ce n’est qu’hier qu’une annonce a été faite de l’absence de ces hôtes princiers. Il n’empêche, tout bruisse de l’envie de gagner. Les serveurs sont zélés, les sommeliers attentifs, la direction règle tous les choix. Après un repas frugal au restaurant du rez-de-chaussée, je peux monter à l’étage où plus aucun membre du club ne déjeune, pour ouvrir les bouteilles du repas de ce soir. Comme il y a beaucoup de magnums, car nous serons seize à table, c’est dès quinze heures que les bouchons sont tirés. Certains me résistent, comme celui du Pétrus 1976 qui se brise en beaucoup de morceaux, ce qui est inhabituel pour cet âge. A l’inverse, le bouchon de l’Yquem 1976 vient trop facilement, car il tourne dès que la pointe du limonadier s’enfonce. Je pense pouvoir tirer le bouchon en le faisant tourner. Erreur, car le bouchon est si long qu’en fin de levée la lunule du bas se détache, et je la vois aspirée vers le bas par la dépression créée par l’extraction. Il me faut vite piquer une mèche fine dans la lunule pour l’empêcher de tomber. Cette opération réussit, mais j’ai eu peur que le bas du liège ne tombe et flotte, ce qui m’aurait causé beaucoup de problèmes.


Ayant apporté plusieurs magnums de secours, « pour le cas où », je bois chaque vin qui pourrait être incertain, pour envisager les remplacements qui seraient nécessaires. Le Pétrus 1976 est très fermé, le Bouscaut 1918 est assez plat, et le Lafite 1922, même s’il est un peu fatigué, m’envoie un message d’espoir. La Romanée Saint-Vivant 1990 a le temps de s’ouvrir et le Beaune Grèves Vigne de l’Enfant Jésus 1947 est presque trop fringant pour être vrai. Il affiche une sérénité remarquable. Constatant que le Filhot 1935 est beaucoup plus puissant que ce que j’attendais, avec un nez d’une rare exubérance, je décide d’inverser l’ordre de service des deux liquoreux. Aucun remplacement n’est envisagé. Il m’est donc possible de valider les vins du repas. Le menu est immédiatement imprimé.


Un sujet autrement épineux est le plan de table. Il y a les invitants, il y a un membre du gouvernement de la Principauté, il y a des personnes qui comptent dans le ciel monégasque. Le réglage des convenances et des affinités est fait sous l’autorité de la direction du Yacht Club. Il me paraît prudent de laisser les équilibres se trouver sans que je ne m’en mêle.


Les équipes du Yacht Club se sentaient tellement concernées qu’une table a été spécialement créée pour ce repas. J’avais souhaité que la forme de la table soit celle d’un ballon de rugby, ce qui permet à chacun de voir tous les convives, alors qu’une table qui comporte des bords droits masque la vue au-delà du voisin immédiat. La table a été fabriquée selon mes désirs et montée pendant que j’ouvrais les bouteilles. Les menuisiers se sont déplacés pour vérifier les derniers montages. Je les ai vus intéressés par ma façon d’ouvrir les bouteilles.


Tout étant en ordre, je me rends à l’hôtel Métropole de Monaco où une chambre m’a été réservée. Quand on pénètre dans cet hôtel, on se sent instantanément un homme important. Si des hommes en habit vous regardent comme si vous étiez le dernier empereur de Chine, fatalement, on pense qu’on doit l’être. On s’inquiète de votre santé, de la qualité de votre voyage jusqu’ici, et une responsable de clientèle vous donne sa carte, avec l’indication d’un numéro utile pour le moindre besoin. La chambre est spacieuse. Le lecteur assidu de mes bulletins sait que je fais une fixation sur les douches. Lorsqu’il faut la compétence d’un pilote d’Airbus pour choisir le bon robinet sur un panneau complexe, je redoute, tel Saint Sébastien, d’être transpercé par des jets perfides et assassins. La douche fut bonne. Tout habillé de frais je descends rejoindre un ami. Le réceptionniste me dit : « très bien les vins que vous allez boire. Je suis allé sur votre blog, et c’est impressionnant ». Empereur de Chine, je vous dis !


Avec mon ami, je retourne au Yacht Club pour vérifier les derniers préparatifs, ajuster le speech de bienvenue, et accueillir les participants du dîner avec le Président du Yacht Club de Monaco.


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Le 138ème dîner de wine-dinners se tient au restaurant du Yacht Club de Monaco. Nous somme seize, et pour attendre les arrivants le président du club nous fait servir un Champagne Moët & Chandon sans année. Les monégasques se connaissent, et l’on papote beaucoup, sans prendre beaucoup d’attention au champagne de bienvenue, très classique et sans aspérité.


Nous montons au premier étage et tout le monde contemple les bouteilles et magnums alignés, avec les assiettes contenant les bouchons dont certains sont très abîmés. Il faut beaucoup d’énergie pour qu’enfin tout le monde s’assoie, car les conversations amicales ne peuvent s’arrêter.


Les deux champagnes de début de repas ont été ouverts il y a une heure, pour qu’ils profitent d’une belle aération.


Le menu composé par le chef et son adjoint est ainsi rédigé : Pata Negra et petit palet de feuilleté tomate / Huîtres chaudes gratinées au champagne / Saint Jacques, Risotto pointes d’asperges, truffes d’été / Rougets de Roche juste cuits / Homard Breton, émulsion à la truffe / Demi coquelet braisé, girolles, sauce vin rouge / Noisettes d’Agneau en croûte de thym et petite pomme de terre / Fromage « Stilton » / Les Sablés mangue.


Le Champagne Dom Pérignon magnum 1992 est servi un peu trop froid, aussi la bulle est-elle plus envahissante qu’elle ne devrait. Lorsqu’on réchauffe le verre avec ses mains, la délicatesse de ce champagne apparaît nettement. Le champagne est meilleur que le souvenir que j’avais de ce millésime un peu discret. Le palet feuilleté, par ses notes sucrées confirmées par la tomate elle-même légèrement sucrée, donne de l’ampleur au champagne, alors que le Pata Negra exacerbe intelligemment son élégance de fleurs blanches.


Le Champagne Krug magnum 1982 est à l’antithèse du précédent. Une des convives dit que le Dom Pérignon est très féminin et que le Krug est viril. C’est vrai qu’il est conquérant. Il prend possession du palais sans qu’aucune résistance ne soit possible. Je trouve qu’il y a un peu trop d’épinards dans les huîtres, mais une convive fort experte trouve que c’est au contraire l’épinard qui propulse l’accord avec le Krug. Et cette remarque est justifiée. L’accord de l’huître avec le Krug 1982 est l’un des plus beaux de ce repas. La table s’est divisée entre les krugistes et ceux frappés de pérignonite aiguë. Chaque champagne a eu ses défenseurs, le Dom Pérignon dans sa grâce et le Krug dans sa force conquérante. A noter que seule la couleur plus foncée révélait les dix ans d’écart d’âge entre les deux champagnes, car au goût, le Krug est lui aussi d’une folle jeunesse. Je me suis rangé dans le camp des krugistes, constatant que le format en magnum, et l’aération d’une heure a fait briller les deux champagnes.


Ouvrir un Montrachet Domaine de la Romanée Conti magnum 1996 est forcément un grand moment. Car l’ouvrir est rare, et l’ouvrir en magnum est encore plus rare. Le nez de ce vin est tellement conquérant qu’il déroute ceux qui ne sont pas préparés à de tels parfums. Le vin est particulièrement grand. Et nous avons l’occasion de discuter des composantes du plat qui avantagent le Montrachet. S’agit-il du riz, de la coquille ou de la truffe ? Le risotto donne de l’ampleur au vin qui est opulent, joyeux, de fruits jaunes sucrés. La coquille Saint-Jacques délicieuse donne de la précision au vin, mettant en valeur sa forte définition et la truffe d’été un peu sèche fait ressortir les notes poivrées du vin. C’est cet accord que j’ai préféré, alors que la convive avec laquelle je discourais a préféré celui avec le risotto. Le vin est grand, à la longueur infinie, chatoyant. C’est un grand Montrachet.


On nous sert quatre demi-rougets dont la peau d’un rose éclatant brille dans l’assiette. Autour de ces filets, rien. La nudité absolue, comme je l’aime. Et c’est cette absence de diversion qui rend l’accord avec le Pétrus magnum 1976 spectaculaire. Cette audace culinaire est unanimement applaudie. Immédiatement, le vin charme par son velouté. Le nez est précis, riche, et en bouche, le velouté, le parfum de truffe nous conquièrent. Un convive adorateur de Pétrus est aux anges. Ce 1976 est nettement au dessus des 1976 que j’ai bus. Il n’y a pas que le format magnum qui contribue à cette réussite spectaculaire d’un grand Pétrus. Son velouté est exceptionnel.


Le plat de homard est accompagné de deux magnums des deux vins les plus vieux de ce dîner. Le Château du Bouscaut Grand Cru Classé de Graves magnum 1918 a une couleur assez pâle, légèrement trouble. Son parfum est délicat. En bouche, il est discret mais sympathique. S’il montre une légère acidité et de petits signes de fatigue, la chair du homard et la truffe le réveillent bien et il se boit plaisamment. Il sera d’ailleurs couronné de votes sympathiques.


En revanche, le Château Lafite-Rothschild 1er Grand Cru Classé de Pauillac magnum 1922 dont j’attendais beaucoup, car la fraîcheur mentholée de son message à l’ouverture promettait de belles saveurs, rebute beaucoup par une acidité qui prend le devant de la scène. Malgré mes suggestions d’oublier l’acidité pour appréhender ce qu’il y a au delà, l’acidité fait un barrage. Et si l’on reconnaît une trame respectable de vin riche et dense, on est loin de ce que des essais précédents de ce millésime, que j’ai bu aussi en magnums, avaient apporté. Le vin est intéressant comme curiosité, mais en moi-même, je suis assez marri de voir que la démonstration que je voulais faire n’est pas percutante. J’ai eu toutefois une compensation, car le fond de la bouteille que j’ai partagé avec la convive experte montre une richesse et une densité qui ne subissent plus du tout le poids de l’acidité. Le vin se présente, mais un peu tard, au niveau dont j’avais la mémoire.


La Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 1990 est servie en deux bouteilles qui proviennent d’une même caisse et portent des numéros qui se succèdent : 9701 et 9702. C’est la 9702 qui est la meilleure des deux. Les vins sont très proches. Ils sont charmeurs, bien faits, mais ce n’est pas tout à fait ce que j’attendais. J’aime le romantisme de la Romanée Saint Vivant. Sur ce millésime puissant, le vin est plus carré qu’il ne devrait l’être. Il est assez peu typé Romanée Conti. Mais c’est un grand vin, précis, chaleureux, de belle force. Le mot qui convient est : carré. Sur le délicieux coquelet, il est à son avantage.


Le Beaune Grèves Vigne de l’enfant Jésus Bouchard Père & fils 1947 est aussi servi en deux bouteilles. Ce vin est l’expression aboutie de la grandeur de l’année 1947. Le vin est sans défaut, minutieusement construit. C’est un vin rare, abouti, chaleureusement brillant. On ne lui voit pas l’ombre d’un défaut. Nous sommes tellement rassasiés que l’agneau délicieux passe en silence, alors qu’il convient idéalement au vin. Ce vin aura conquis toute la table.


C’est le Château d’Yquem, Sauternes 1976 que j’ai mis en premier des deux sauternes contrairement à mon idée première. Il accompagne un stilton assez salé. 1976 est une année très réussie pour Yquem et ce beau sauternes abricot a le charme et le goût du fruit de même couleur.


Le Château Filhot, Sauternes 1935 est beaucoup plus charpenté et puissant que les prédécesseurs de ce vin souvent bu. Sa couleur est d’un or encore plus profond que celui de l’Yquem. J’ai adoré ce vin riche d’évocations de mangues et de fruits confits nettement plus que mes convives, plus attirés par le premier sauternes au goût plus familier.


Nous sommes quinze à voter. Paradoxalement, seuls les deux champagnes n’ont aucun vote, sans doute parce que leur mémoire s’est estompée car ils ont été bus il y a près de cinq heures et peut-être aussi parce qu’ils sont plus connus de mes convives. Quatre vins ont des votes de premier, et nouveau paradoxe, le Montrachet n’en a pas. On a ainsi le Beaune Grèves Vigne de l’enfant Jésus Bouchard Père & fils 1947 qui a neuf votes de premier et trois votes de second, le Pétrus 1976 qui a quatre votes de premier et six votes de second, le Bouscaut et l’Yquem qui ont chacun un vote de premier et un vote de second et le Montrachet qui n’a pas de vote de premier, mais trois votes de second et six votes de troisième.


Le vote du consensus serait : 1 - Beaune Grèves Vigne de l’enfant Jésus Bouchard Père & fils 1947, 2 - Pétrus, Pomerol magnum 1976, 3 - Montrachet Domaine de la Romanée Conti magnum 1996, 4 - Château du Bouscaut Grand Cru Classé de Graves magnum 1918, suivi de l’Yquem 1976.


Mon vote a été : 1 - Pétrus, Pomerol magnum 1976, 2 - Montrachet Domaine de la Romanée Conti magnum 1996, 3 - Beaune Grèves Vigne de l’enfant Jésus Bouchard Père & fils 1947, 4 - Château Filhot, Sauternes 1935.


Dans ce dîner où sept décennies de vins étaient représentées, le Lafite 1922 n’a pas apporté la démonstration que je souhaitais et le Bouscaut 1918 a été l’heureuse surprise, couronné de façon fort sympathique de cinq votes dont un vote de premier. L’équipe de cuisine du Yacht Club de Monaco a fait un repas de très haute qualité, réalisant sobrement des plats avec de beaux produits à la cuisson exacte. Le service a été de grande précision. La forme de la table a contribué à ce que les échanges soient vivants. L’humeur joyeuse, amicale, souriante, bienveillante a permis que nous passions une magnifique soirée. Des vins rares ont été partagés de la plus belle façon qui soit.


Je ramasse les bouteilles vides et les vins de réserve et rentre à l’hôtel. Au milieu de la nuit, j’ai connu le même traumatisme avec le tableau de bord des lumières qu’avec la douche tout à l’heure, car pour tout éteindre, on se sent comme Charlot dans « les Temps Modernes », on appuie, on appuie, et il y a toujours une lampe qui se rallume. Après avoir lutté contre cette centrale à boutons électriques, je m’assoupis, heureux de ce grand repas. Le petit déjeuner se prend sur la terrasse du restaurant Joël Robuchon d’où l’on voit la mer à travers des palmiers. Lorsque je vais payer les quelques dépenses faites à l’hôtel, la réceptionniste me dit : « j’ai vu sur votre blog les vins que vous avez bus. C’est grand ».


C’était écrit : au Métropole, je suis empereur de Chine.

dîner wine-dinners du 1er septembre – les vins lundi, 30 août 2010

Champagne Dom Pérignon 1992 magnum



Champagne Krug 1982 magnum



Montrachet Domaine de la Romanée Conti 1996 magnum



Pétrus, Pomerol 1976 magnum



Château du Bouscaut Grand Cru Classé de Graves 1918 magnum



Château Lafite-Rothschild 1er Grand Cru Classé de Pauillac 1922 magnum



Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 1990 (à noter que les deux bouteilles ont des numéros qui se suivent !)



Beaune Grèves Vigne de l’enfant Jésus Bouchard Père & fils 1947 (les deux bouteilles étant de frais étiquetage, une seule a été photographiée)



Château Filhot, Sauternes 1935



Château d’Yquem, Sauternes 1976


beaux poissons chez Yvan Roux mercredi, 25 août 2010

Un ami vigneron de Vosne Romanée passe ses vacances avec sa femme et ses enfants à peu de distance de notre lieu de villégiature. Assidu de la lecture de ces bulletins, sa curiosité est excitée de découvrir la table d’hôtes d’Yvan Roux. Si l’accès est difficile, la récompense est au bout du chemin, avec une vue féerique sur la mer argentée.


Yvan est encore torse nu, préparant les futurs plats, car nous sommes en avance sur l’horaire que j’avais annoncé. Nous mettons au point l’ordre des plats en fonction des vins que j’ai apportés. L’apéritif se prend dans la magnifique cuisine que nous prenons comme comptoir, ce qui nous permet de bavarder avec Yvan et Babette pendant qu’ils organisent les entrées. Yvan tranche le Pata Negra et j’ouvre un Champagne Salon magnum 1995. Je me sers un verre et mon visage se barre d’une grimace : ce que je bois n’est pas ce que j’attends de Salon 1995. L’odeur n’est que tristesse, le vin est bouchonné. Et effectivement en bouche, on ressent un léger goût de bouchon. Je comptais sur ce vin pour honorer mon ami et son épouse, aussi suis-je contrarié. C’est l’esprit bougon que je sers ma fille, mon gendre et mes amis. Tout en croquant les fines tranches de Pata Negra « Cinco Jotas », le champagne devient légèrement plus amène, mais il reste un peu d’amertume. Ce n’est qu’au moment où nous nous asseyons à table que le Salon retrouve 100% de ses facultés. Pour en être bien sûr, je le goûte à de multiples reprises, et c’est clair qu’il est revenu à son vrai niveau, joyeux, goulu, fait de fruits jaunes et de citron. Il retrouve la belle longueur de Salon 1995. Une fois de plus, la patience est récompensée.


Le carpaccio de thon rouge au citron vert est délicieux et s’accorde bien avec le Salon. Yvan nous explique que la pêche au thon rouge est autorisée sous condition de taille du poisson et lorsque le poisson est pêché, il est bagué, et une partie de la bague est adressée à un organisme de contrôle de la pêche. Nous ne sommes donc pas des complices d’une prédation.


Des tempuras de lotte et de feuilles de sauge baignent dans un pesto suffisamment léger pour que le champagne trouve le diapason qui vibre avec la lotte.


Pour les seiches rôties au Pata Negra et piment d’Espelette, déglacées au champagne Salon, nous pouvons essayer aussi bien le champagne que le Châteauneuf-du-Pape Beaucastel Hommage à Jacques Perrin 1998. Le vin est riche, puissant, lourd, fort en alcool, mais réussit à montrer une belle élégance. Ce vin plait à ma fille qui raffole de ces vins riches. Cet Hommage d’une grande année est un vin de grand plaisir.


Le filet de rouget poêlé et safrané à l’ail confit est préparé avec les foies du poisson, et cette chair est mise en valeur de façon exemplaire. Nous nous régalons. C’est le moment d’ouvrir le Moulin des Costes Bandol 1983. Je croyais que la comparaison serait possible avec le Châteauneuf, mais le combat n’aura pas lieu. Le Bandol est légèrement torréfié, un peu cuit, sur une pente de maturité mal maîtrisée. Le vin est bon, bien sûr, mais il ne peut pas s’inscrire dans une comparaison valorisante. Le thon cru, cuit au sésame sur un coulis de poivrons aux noix a une chair fondante qui conclut bien ce festival de poissons.


Le moelleux au chocolat et son caramel au beurre salé accompagne un Maury Mas Amiel 15 ans d’âge qui doit être de 1980 environ. L’accord est merveilleux avec ce vin au goût de pruneau, de griottes, qui sait garder une belle fraîcheur sur sa douceur.


Pendant ce temps, la mer joue de son charme argenté. L’originalité du lieu, l’atmosphère amicale créée par nos hôtes, les mets délicieux et des vins aux performances variables ont créé un grand moment d’amitié.


An adorable Salon dimanche, 22 août 2010

In the South, my first daughter arrived with her man and her two daughters, 10 and 6.
In front of us, there is the semi island of Giens, where I had a house for many years;
A walk along the sea is possible, within an area which was a military possession for a long time.
When army left, the place became a State possession, with no possibility to build anything.
Some military units remain, mainly in telecommunications and sky watching.

We decided to make a walk with my daughter, my son in law and my grand daughter of ten years.
Normally, the walk can take less than two hours, with nice climbing and descending slopes. We walk along the coast, with nice landscapes.

At one moment my daughter does not want to continue and asks that we cross through the forest. Rapidly we get lost not knowing where to go, and we cross forbidden areas, with great signs saying "forbidden zones".
the walk which could have lasted two hours took four hours.

We come back home, take a necessary shower, and what do I say : "it's time for Salon".

I open a
Salon 1997 and we eat saucisson of mountain with aromatic herbs.
The Salon 1997 - at this moment - is purely white flowers, white fruits, and pure elegance.
After an "adventurous" walk, this is the most refreshing champagne that I have ever had.

And from the first drop to the last, this Salon is elegance, romanticism and delicacy.

For me, a wine cannot be separated from the circumstances of its appearance.

some wines recently drunk samedi, 21 août 2010

Here are notes about some wines recently drunk. Thiese notes give comments according to my taste, which never pretends to be universal. It is the contrary !


Champagne Louis Roederer 2003 : not bad, but not really exciting. It is refreshing, nicely built, but lacks emotion.


Montrachet Chartron et Trébuchet 1991 : already mature, with signs of evolution. It is a wine which normally should not be kept as long as 19 years, but as it is, accepting the evolution, it is a very great wine. I love the smoked aspects, which do not hide the remaining fruits. I have adored this Montrachet, not powerful, not with an extreme personality, but giving pleasure.


Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape 1990 : this is a « wow » wine. All in it perspires glory. Very genuinely Chateauneuf, it fills the mouth with body, charm and accomplishment. A pure pleasure.


Champagne Comtes de Champagne Taittinger 1995 : there is a great similarity between the Beaucastel and the Taittinger, as the impression of full accomplishment is there. This champagne combines honey and yellow fruits. I adore this expression of champagne which is very unconventional as it is neither wine like nor romantic like. Great pleasure


Champagne Dom Pérignon in magnum 1998 : not bad, but not really inspired. It is the second day, when the bubble was softer, that I recognised what I like in Dom Pérignon, the white flowers and the romanticism.


Rimauresq Côtes de Provence 1983 : if I had to fall in love with a wine, it would be this one. It has the ripeness of the Côtes de Provence, with a fantastic maturity given by age. I adore this wine, full of qualities. Age adds to such wines a minimum of 6 Parker points (this is an image, but not far from the truth).


Champagne Krug 1995 : this is a nice champagne, but at this stage of its life, there is a certain lack of emotion. Nice, but not emotional enough.


Clos de la Roche domaine Dujac 2004 : I have even more admiration and adoration towards this wine than what I feel for the Rimauresq 1983. This is for me, what I adore in Burgundy. This wine is an elegant perfect gentleman.


Château Rayas Châteauneuf-du-Pape 2004 : I had ordered this wine to see how it behaves next to the Clos de la Roche for the same millesime. Alas, there was no fight. The Clos de la Roche was too perfect compared with the Rayas, which is a wine that I adore. But the charm of a CdP cannot compete with the complexity of a Burgundy of this calibre.


Champagne Salon magnum 1997 : when this wine was presented for the first time I was invited by Didier Depond to attend the ceremony. And I found it a little light. And Didier told me : “wait and see”. And I must say that at this stage of its life, this champagne performs as I like Salon : romanticism and personality. I love it for its grace, knowing that the power is not there.


Château de Selle, vin des domaines d’Ott 1999 : nice modern style wine, full of charm.


Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape 1985 : charming wine, all in grace, more pleasant for me than the 1990. This is said from memory and not through a comparative tasting.


Mont-Redon Châteauneuf-du-Pape 1978 : put together with the Beaucastel 1985. The two are completely different and react differently with food. I would be embarrassed to choose which one I prefer. Probably the Mont-Redon would be my favourite, due to the velvety charm and the elegant construction.


Champagne Laurent Perrier Grand Siècle in magnum having around ten years : age benefits to this champagne. Recent ones were rather uninspired, but this one is a wine that I adore : as soon as the magnum is served, it is time to open the next one ! It is what I name a “champagne de soif”, a “champagne for thirst”.


These wines were drunk during vacation. I open more easily champagnes because in hot summer, this is what is more acceptable. And the format of magnum is absolutely necessary if I want to work a little less by opening. I work twice less !


The wines of South of France are perfectly adapted to this period of time, wines of sun.


If I had to name two wines, it would be Clos de la Roche Dujac 2004 and Rimauresq 1983.

Magnifique Rimauresq dimanche, 15 août 2010

Avec ma fille et mon gendre, nous avions fêté la joie de partager l’été en allant au Petit Nice à Marseille. Le lendemain est le dernier jour, un dimanche. Qui dit dimanche dit agneau et sur le barbecue deux épaules d’agneau sont en train de rôtir. Le déjeuner se fait « forcément » à l’eau, car la veille fut redoutable. Quand on ne boit pas, l’appétit ne suit pas, aussi l’une des épaules n’est pas entamée. Le soir, c’est le dernier jour, il faut bien fêter ça. J’avais apporté dans le sud des magnums de Dom Pérignon et jusqu’ici, je n’en avais ouvert aucun. S’il fallait en ouvrir un, c’est avec mon gendre.



S’il est un vin qui est le symbole du luxe le plus pur, c’est un Dom Pérignon. Mais pas un Dom Pérignon, un magnum de Dom Pérignon. Celui que j’ouvre est un Champagne Dom Pérignon magnum 1998. Mon gendre a l’idée de faire des tempuras de lavande. Il est certain qu’un écho se fera avec le champagne. Mais la lavande est trop forte et rien ne peut l’adoucir. L’amertume finale est trop prégnante. Seule la mémoire de la lavande arrive à exciter le Dom Pérignon succulent. Ce champagne est dans la ligne des Dom Pérignon historiques. Mais à ce stade de sa vie, il joue mezzo voce. Il va se réveiller quelques fois au cours de la soirée et va confirmer son excellence, mais il est dans une phase prudente.


Ma femme fait des tempuras de rondelles d’oignon, qui conviennent parfaitement au champagne. Nous poursuivons sur de la boutargue qui excite délicieusement le Dom Pérignon qui développe ses notes florales. Ce moment est romantique, entrecoupé par la nécessité de coucher les chères têtes blondes de nos petits-enfants.



Si je suis heureux d’ouvrir un Dom Pérignon en magnum, parfait symbole du bling-bling que nous assumons sans la moindre difficulté car le champagne qui en est la cause est un grand champagne, j’ai beaucoup plus d’émotion à ouvrir une bouteille que je ne pourrai jamais plus acheter sans doute, qui est un Rimauresq, Côtes de Provence 1983, d’une année probablement définitivement introuvable.


Mon gendre a pris en main l’épaule qui sortait de ce midi du barbecue et décide de la cuire à la vapeur, sur une botte de branches de romarin. Connaissant le vin, j’ai suggéré que l’on rajoute des olives noires dans la cuisson. La chair qui apparaît dans nos assiettes est d’une tendreté sans commune mesure avec celle de l’agneau de ce midi. Elle est fondante, typée, parfumée au romarin.


Ce Rimauresq est un vin exceptionnel. Il est grand, intelligent, accompli, et montre à quel point l’âge apporte des qualités incroyables aux Côtes de Provence. Je n’ai pas peur de dire qu’ayant en tête les vins que nous avons bus au Petit Nice, ce Rimauresq passe devant le Rayas de la veille. Car il y a une finesse, et une justesse de dosage qui sont exceptionnelles dans ce vin. Et les olives noires ajoutent un supplément d’âme. Le mot qui me vient en goûtant ce vin est celui d’intelligence. Il est remarquablement fait et joue sur les notes du Côtes de Provence sans la moindre faute. C’est un plaisir de boire ce vin équilibré, jouant juste, charmeur et dosé qui résonne sur les olives de façon diabolique.


Si on me demandait de quel vin suis-je le plus fier ce soir, je dirais sans hésiter que ce n’est pas le magnum de Dom Pérignon, mais ce Rimauresq 1983 à la bouteille bourguignonne et au goût qui impose le respect.



(on voit bien la forme bourguignonne de la bouteille, changée depuis)

Beau champagne lors d’un déjeuner d’été mardi, 10 août 2010


Des amis viennent déjeuner à la maison. L’apéritif, car les bonnes habitudes se prennent vite, commence par la viande fumée et fondante de Cecina de León. J’ouvre un Champagne Salon en magnum 1997. Ce champagne est, à ce stade de sa vie, absolument délicieux. Il a la jeunesse, la fraîcheur de bonne soif, un caractère très romantique et floral combiné à une forte personnalité. Ma femme fait frire des rondelles d’oignons et des tranches d’aubergines, qui créent un accord original avec le champagne. Des loups avec de petites pommes de terre cohabitent très bien, cependant qu’un camembert Jort provoque de belles réactions du champagne, piqué au vif. Une salade de pamplemousses roses à la gelée d’Agar Agar fait ressortir le romantisme et les fruits blancs de ce beau champagne, agréable à boire en ce moment.

archives sur un vin mercredi, 7 juillet 2010

Cette nouvelle catégorie est ouverte pour permettre de pouvoir accéder facilement aux commentaires sur un vin particulier.


Pour un vin en face de l'année, on donne le n° du bulletin qui évoque ce vin. En allant ensuite dans la catégorie "bulletins", on trouve facilement le bulletin qui parle du vin.


https://academiedesvinsanciens.org/?cat=5


(si le n° de bulletin est soit "*" soit "A", c'est que ce vin a été bu avant le 20 décembre 2000, date du premier bulletin et que j'en ai gardé la mémoire en conservant un menu, mais sans commentaire écrit)


Commençons par quelques vins :


Chateau d'Yquem archivesYquemetY.pdf


Pétrus archivesPtrus.pdf


Chateau Gazin Pomerol archivesGazin.pdf


Vins du Domaine de la Romanée Conti archivesDRC.pdf


Bourgognes de Camille Giroud archivesCamilleGiroud.pdf



Champagne Dom Pérignon archivesDomPrignon.pdf


Château Sigalas Rabaud archivesSigalasRabaud.pdf

champagne sur mer ! dimanche, 4 juillet 2010

Mon fils et mon petit-fils nous rejoignent dans le sud. Après une journée caniculaire, il reste une petite soif pour un champagne Perrier-Jouët brut cuvée Belle Epoque 1998. La couleur est claire, la bulle est active et le champagne, très léger, se caractérise par un fumé qui me semble provenir de l’intensité de la liqueur de dosage, qui ne donne aucune impression de vin trop dosé. Plus le champagne s’aère et plus il devient délicat. Sur du foie gras, c’est un délice. Voici un champagne que je bois peu mais qui mérite l’intérêt, car son romantisme et sa délicatesse sont charmants.

An unforgettable dinner in Chateau de Beaune with 5 wines before 1870 vendredi, 25 juin 2010

The dinner that is told has been developed with and by the leaders of maison Bouchard Père & Fils. The day included various recent wine tastings at the Domaine de la Romanée Conti and at the Liger-Belair estate, a lunch with Louis Michel Liger-BelAir and will feature another tasting after the opening of the dinner wines.

At 5 pm precisely, I am ready to open the bottles which are all present in the back kitchen of the castle of Beaune.

A Swiss friend wants to photograph the bottles before they are opened. He came with a small polystyrene tabernacle to make accurate photographs by managing the lighting. I admire this refinement, but my pictures have a definition of points divided by fifty between the picture I take and the one I put on my blog because they have to be reduced. Does the extra precision have so much interest?

My Swiss friend opens the two bottles that he brought with his Swiss friend, and he plays on velvet because the Lafite 1844 and Lafite 1858 were recorked at the castle in 1983. Their perfumes, very close, are promising. My job is harder, because I have to deal with much older corks. The original Margaux 1929 cork is of a magnificent quality. It is flexible, but it did not stick to the glass, which explains a drop in level to the shoulder that I considered acceptable. The friend who brought it has a reserve bottle. In spite of a slightly roasted nose, it seemed useless to open the wine of rescue.

The part is complicated to open the cork of the La Tour Blanche 1869 that I brought. Due to the heat, the wine has a little oozing and surrounded the circumference of the bottle with a fatty liquid. But the level in the bottle is exceptional for a bottle with the original cork: it is at the base of the neck. The cork breaks into many pieces. Stéphane Follin-Arbelet would like to help me, but I prefer to finish without help. All the broken pieces come out and the smell that invades the room is extraordinary. One feels the citrus fruits that will be freed. The wine looks perfect. I am happy. I then open the tiny bottle of Cyprus wine 1841 and the cork is completely glued to the neck of glass. So, when I pull the corkscrew, I only remove a small cylinder from the torn center, and I have to separate the cork from the neck by cutting with a sharp tip of very small pieces. Inevitably crumbs fall into the wine, which I will remove at the time of the service with a spoon directly in the glasses. The perfume of this wine is to be damned. I've never smelt anything so heady and peppery.

Stéphane urges us to go to the cellar of the castle to make a vertical tasting of the Chevalier Montrachet La Cabotte Bouchard Père & Fils.

After this tasting, we go back with our glasses of Cabotte 1992 on the beautiful terrace which overlooks the gardens implanted in ancient moats of the city fortress. Joseph Henriot joins us, all smiles, and gratified each one with kind compliments. In our group, from the house of Bouchard, Stéphane managing director and Philippe the man who makes and knows all wines at his fingertips, two Swiss friends, great collectors, one of the main customers of the house Bouchard who sells the wines on a large scale but also organizes great tastings in the four corners of the planet. There is also Allen Meadows, the man who knows best the wines of Burgundy, who has just released a book on the wines of Vosne Romanée. Two journalists will film some moments of our meal, for the archives of the house Bouchard.

On the terrace, we drink a champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs magnum 1959, wine that I appreciate at the highest point. A big fear takes us, because there is in the mouth but not in the nose, a small beginning of cork. Fortunately this small defect disappears and the richness of this champagne butter and lemon, fleshy and charming, delights me. This champagne is first a wine. Joseph Henriot is exciting because he tells us his questions about strategic choices and we are proud to be in the confidence, but he also takes advantage of it to insist on our responsibility to develop the love of quality wines.

The menu composed by Stéphane and directed by Marie Christine is - I think - the most successful of all the dinners I have been invited to in the Orangerie du Château de Beaune. The menu is: Gougères / monkfish medallion with Bresse curry / poultry with morels and wild rice / veal grenadin, cooking juices and vegetables / Cîteaux and Comté / choco- passion. It was very elegant.

The Corton Charlemagne Bouchard Père et Fils 1961 is a sure bet. It has a lemon nose. In the mouth, it's magic because the candied fruits and the lemon mix. The end of this wine is extreme, with lemon confit. Curry goes well with wine. This Corton Charlemagne overflows with pepper. What is astonishing is the marriage of delicacy and great power.

The Château Margaux 1929 presents itself with a rather tired nose. But we feel that it will improve. Next to him, the Fleurie Château de Poncié 1929 has a very fresh nose. I was astonished that this domain had kept the 1929, but the explanation exists: this estate belonged to the Bouchard house which had a strategy of preserving a "library" of vintages of its wines. It is therefore normal that they kept the 1929. The castle of Poncié left the Bouchard group and Joseph Henriot bought it recently to integrate it again to his group.

On the palate the Margaux is very pretty and velvety. It has a very feminine charm. And his small weaknesses miraculously disappear with morels. The Poncié has menthol aspects. It is very pretty, old wood, with great charm due to its length. There is wood and coffee. This remarkably preserved wine is an example of the interest of Beaujolais de garde. The bitterness is compensated by the beautiful density.

When we are served side by side the Château Lafite Rothschild 1844 and the Château Lafite Rothschild 1858, we become aware that we are entering a world that is the grail of any wine lover. I observed the bottles my friend opened. The original bottles are very old. Recent labels show nothing special, except the vintage and there is a counter label which indicates that the wines were reconditioned at the castle in 1983. Everything appeared to me authentic.

The color of the wines is unreal, because there is not a gram of tile. There is ruby on the edges. The nose is elegant. The wines are very acid, but really elegant. Their youth is confounding. I find the 1844 much more brilliant, with a richness that evokes me Lafite 1961. It has a crazy structure, an incredible density. I find that crazy. We swim in the unreal, with incredible structures and rare aromatic power. The nose of 1858 is delicate. Some prefer the 1858 and I tell them that it is because he is the most bourguignon of the two. The 1844 has the breed and power of a great 1961 and the 1858 flourishes better and is progressively more elegant. But the 1844 conquered me. While I taste, my senses are alert to try to track a possible addition to these wines. But in my opinion it would be impossible to have these balances with wines that would not be completely homogeneous.

Joseph Henriot is an agronomist, so he wonders what would explain a specificity of prephylloxeric wines that would give them this longevity. I am not an expert on this issue, but my Swiss friends and I drank a lot of prephylloxeric wines and it is undeniable that there is a spectacular aging potential in them. Is it because they have been present for a millennium, these varieties felt well in those geological layers that suited them? This idea would please me.

The time has come for the Beaune Greves Vigne de l'Enfant Jésus 1865. Joseph Henriot and Stéphane recall the story of the young Carmelite who had predicted that Anne of Austria would have a child and whose congregation was rewarded from this piece of land called Enfant Jésus. The nose of the wine is extremely bourguignon, with a confusing charm. What strikes me is the perfect balance of this wine with so unreal youth. I think this sublime wine is not the best of the three that I have drunk from this year for this wine. But we are at the top of what Burgundy has given in this historically grandiose year.

All my friends are almost K.O. seated so much the Chateau la Tour Blanche 1869 is of infinite perfection. The perfume is of rare power. On the palate, the wine is of an unheard-of charm. Despite its black color, there is almost no caramel and citrus fruits dominate. We often speak of sauternes who eat their sugar and I remember a Filhot 1858 drunk in this same place that had lost its sugar. This wine of 1869 has kept all its sugar and it is so powerful that it looks like a great Yquem and it evokes me a little the 1861 that I adored and for my Swiss friend it is the Yquem 1869 that he has already drunk three times. He thinks the two are alike. In my opinion this wine is "the" sauternes perfect, with an incomparable enjoyment in mouth. The fat of this wine on a sweet and citrus background is unique.

It is time to share with my friends the Cyprus Wine 1841. It is the only bottle of this year that I have and I took it by game, to offer a wine older than the 1844! The perfume of this wine is incredibly powerful. The feeling of alcohol is very strong. And what makes the charm, unique for me who is crazy about it, is that the strong alcohol is refreshed by a dominant pepper. And wine is a delicacy, mixing power, alcoholic strength with a finesse created by pepper. There is no other wine that has this infinite length.

We are all aware that we have just experienced something unique. Because the quality of all the wines was at the rendezvous. We have seen that wines can approach eternity. Not being the organizer of this dinner, I did not ask that we vote. My vote would be: 1 - Château La Tour Blanche 1869, 2 - Château Lafite Rothschild 1844, 3 - Beaune Grèves Vigne de l'Enfant Jésus 1865, 4 - wine of Cyprus 1841, 5 - Château Lafite Rothschild 1858.

If I did not put first the Beaune Greves 1865 which was perfect, it is mainly because there was no novelty that this sauternes 1869 absolute perfection offered me. And the 1844 is so much above what I expected from these Lafite that it had to be crowned in good place.

The Bouchard House has created this unique opportunity to drink some of their cherished treasures and bring together lovers of ancient wines around bottles of legend. In my life as a collector - and drinker - of ancient wines, this is perhaps the biggest dinner I have ever been to. Thanks to Henriot and my friends for this unforgettable event.