Déjeuner avec Richard Geoffroy dimanche, 4 mai 2025

Richard Geoffroy a été pendant une longue période le renommé maître de chais de la maison Dom Pérignon. C'est vers l'an 2000 que nous sommes devenus amis après avoir bavardé à la fin d'une présentation de Dom Pérignon aux caves Legrand. Nos visions du vin se mariaient tellement bien. Nous nous sommes revus lorsque nos agendas le permettaient. Nous nous rejoignons au restaurant Pages.

Quoi de plus excitant que de choisir des vins pour quelqu'un que l'on apprécie. J'ai pris trois vins, un champagne, un blanc et un rouge.

J'arrive avant 11 heures pour un déjeuner à 12h30, ce qui me permettra après ouverture et composition du menu avec le chef Ken, de profiter de Paris en plein soleil et de boire une bière japonaise, en grignotant des edamames.

Le menu sera : carpaccio de barbue / asperges blanches / lotte à la sauce umami / agneau / wagyu / dessert à la fraise / financiers.

Lorsque Richard Geoffroy arrive, il annonce ce qu'il a apporté. Il vient de créer un vin effervescent de Corse. Ce vin est fait avec des cépages locaux et Richard regrette que les instances officielles aient interdit d'appeler son effervescent : vin de Corse, malgré l'origine des vins. Il est obligé de se contenter de « vin de table ». Il a aussi apporté un saké Iwa, le saké qu'il a créé juste après avoir passé le flambeau de Dom Pérignon à Vincent Chaperon.

Nous commençons donc le repas avec le Vin de table effervescent de Corse d'environ 2 ans. Le pétillant est très bien dosé, d'une puissance contrôlée et ce que l'on remarque, c'est la belle richesse en bouche. Ce vin est agréable, confortable et gastronomique. Il n'est pas handicapé par sa jeunesse.

Le Champagne Lanson 1975 avait eu un petit pschitt sympathique à son ouverture. La bulle est présente. La couleur est d'un or joyeux. En bouche, quel équilibre ! Ce champagne est noble, large et équilibré. Ce n'est que du bonheur. Ce Lanson a une bouteille en forme de quille, forme qui a été utilisée dans les années 60 et 70, période bénie pour la maison Lanson.

Le saké Iwa a des notes marines sensibles et un équilibre confortable et doux en milieu de bouche. Ce qui est amusant, c'est que l'on peut passer de l'un de ces trois vins à l'autre sans que le palais ne montre le moindre rejet. Le vin Corse est agréable mais en devenir, le saké est aussi agréable et confortable et le Lanson est glorieux et éblouissant. Je suis content d'avoir ouvert ce Lanson que Richard ne connaissait pas et a apprécié.

Le carpaccio de barbue avait des tranches que j'ai trouvées épaisses. J'ai demandé des tranches fines beaucoup plus agréables sur les trois vins. Les asperges blanches ont fait vibrer divinement le saké.

Pour la lotte j'ai fait goûter à l'aveugle le vin blanc à Richard, étant sans illusion car ce vin est introuvable. Le Muscadet Sèvre & Maine tiré sur lie, André Vinet-Vallet 1962 est déroutant car jamais on n'attendrait une telle richesse et une telle longueur d'un muscadet. Il est puissant, rond, aimable et n'a pas d'âge. L'accord avec la sauce umami est appréciable. Il est évident que je voulais pour Richard un vin qu'il n'a jamais côtoyé.

Je ne résiste pas au plaisir de recopier le texte écrit sur une languette de papier collée à la capsule et en forme de tonneau : « ce muscadet a été bouché suivant la méthode de nos grands-pères, tiré sur sa lie, de la barrique où il est né, il n'a subi aucun soutirage préalable. Fruité, pétillant, plein de vie et de gaieté, il charme les fins palais. Comme un enfant, il peut subir l'influence des saisons, c'est sa nature même ». C'est un texte d'André Vinet-Vallet. Je ne pense pas qu'il aurait imaginé que son vin serait bu 63 ans plus tard. Tout est vrai dans son texte, sauf le pétillant qui n'existe pas.

Lorsqu'en 2013 nous avions partagé un Dom Pérignon 1929 de ma cave, j'avais apporté une Romanée Conti 1956 et Richard m'avait dit que c'était la première Romanée Conti de sa vie. Aussi mon troisième vin de ce déjeuner est La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1992. Le bouchon était sorti entier et avec facilité montrant un calibrage idéal du bouchon. Ce vin est totalement idéal. Il est riche, joyeux, puissant, noble mais extrêmement accueillant. C'est du plaisir pur. Il aura deux attitudes très différentes. Sur l'agneau, c'est d'Artagnan, prêt à croiser le fer avec nos papilles. Sur le wagyu, c'est Frank Sinatra ou Bing Crosby, montrant qu'au-delà de la puissance il y a un charme fou.

Le Champagne Lanson s'est marié élégamment avec le dessert aux fraises très léger. Nos papilles ont retrouvé le calme avec des financiers.

Richard Geoffroy est insatiable car il a mille nouvelles idées qui vont secouer le monde du vin. Quel bonheur de partager des vins avec ce créateur.

Vers la fin du repas, deux jeunes qui déjeunaient dans la salle avaient vu les vins que nous buvions. L'un des deux dit : peut-être jamais dans ma vie je n'aurai la chance de boire un vin de la Romanée Conti. Je lui ai dit que nous allions arranger ça et j'ai versé un verre de La Tâche pour les deux. Le jeune se montrait insatiable. Je lui ai suggéré de se recueillir pour profiter au mieux de ce vin divin.

Déjeuner de Pâques et déjeuner d’anniversaire mardi, 22 avril 2025

Le mercredi 23 avril est mon anniversaire, mais nous le fêterons le 21 avril, lundi de Pâques, afin d'avoir avec nous le plus grand nombre de nos enfants et de nos petits-enfants.

Hier, je suis allé au marché acheter du fromage, et dans une autre boutique, j'ai vu de magnifiques asperges et je me suis dit : il me les faut absolument. Et j'ai pensé à un vin rouge.

Mon fils est arrivé ce matin de Miami et m'a proposé des truffes noires sous vide. À l'ouverture, l'odeur des truffes était si intense que je me suis dit : c'est ce qu'il faut avec les asperges pour accompagner le vin rouge de Pâques.

Pour le déjeuner de Pâques avec ma femme et mon fils, nous commençons par le Champagne Réserve Grand Trianon Rothschild 1964 à la très jolie bouteille, qui sera associé à un caviar Baeri de Kaviari. C'est un très joli champagne rond, serein, savoureux, typique des vieux champagnes. Il a une belle présence mais manque – à peine – d'un peu d'émotion.

C'est maintenant l'apparition du Château Ausone 1937 avec des asperges et des truffes noires. C'est l'occasion d'un des meilleurs accords que je n'aie jamais créés. Lorsque j'ai ouvert l'Ausone 1937 à 10 heures du matin, l'odeur était si forte que j'ai décidé de protéger ce goût impérial avec un bouchon en verre. Et au moment du service, c'est un miracle. Si frais, si long, si raffiné, il crée un accord merveilleux.

J'avais acheté cette bouteille il y a probablement 40 ans. Parfaite, sans défaut, pure et glorieuse. Je suis si heureux d'avoir eu cette idée. Nous avons ensuite goûté un Brillat-Savarin et truffe avec l'Ausone, et c'est également un miracle.

La suite se fait avec une bouteille de 50 cl de Tokaji 3 Puttonyos 1972, délicat, doux mais sans excès, parfait sur un flan. C'est un accord calme et délicat. La robe du Tokaji est intense, et le goût est très doux et de belle longueur. Comme j'adore le flan, je suis aux anges.

Pour le repas du soir, j'ouvre un Champagne Ayala 1961. Il s'est passé quelque chose d'incroyable. J'ai voulu ouvrir la bouteille, mais le bouchon a résisté. J'ai pris une serviette pour le dévisser, mais il n'a pas beaucoup bougé. J'ai donc utilisé un outil qui est comme une fourche et s'utilise pour les bouchons de champagne récalcitrants. Tout à coup, le bouchon a sauté d'un mètre en hauteur, produisant un pschitt dynamique. Qui aurait pu imaginer qu'un champagne de 63 ans puisse exploser avec une telle énergie ? Je n'aurais jamais cru que ce soit possible. Cela me rappelle le magnum de Dom Pérignon 1988 de jeudi dernier, dont le bouchon a explosé encore plus fort, touchant le plafond et le blessant. L'Ayala 1961 est extrêmement agréable, paraissant largement plus jeune que le champagne Rothschild Réserve Grand Trianon 1964. Cet Ayala est un grand champagne émotionnel.

Le succès n'est pas toujours au rendez-vous. J'avais en cave un Champagne Krug Private Cuvée des années 50, avec un faible niveau et une couleur terne. Je l'ai ouvert et le parfum était insupportable. Il était sûrement mort. Je l'ai laissé ouvert toute la nuit et le lendemain, j'ai été étonné de constater que la mauvaise odeur avait disparu, ce à quoi je ne m'attendais pas. Quand je l'ai goûté, c'était un champagne endormi, plat, mort. Je n'ai pas insisté. Mais l'attitude que j'ai adoptée devrait être la règle : toujours donner sa chance à chaque vin.

Nous sommes le lundi de Pâques pour fêter en famille mon anniversaire. De grand matin, lorsque j'ouvre le Vosne-Romanée Henri Jayer 1980, je vois que le vin avait été mis en bouteille par un négociant belge, ce qu'on lit sur l'étiquette. Je me suis demandé de quoi il s'agissait, mais à l'odorat, aucune question ne se posait, car un parfum aussi élégant, subtil et romantique ne peut pas provenir d'un vin qui n'est pas d'Henri Jayer. J'ai appris plus tard que le négociant belge avait eu le privilège de mettre en bouteille son allocation d'Henri Jayer.

J'ai aussi ouvert l'Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1958, qui dégageait un parfum merveilleux. Les vins seront servis quatre heures plus tard sur du wagyu.

Le repas commence avec le Champagne Ayala 1961 qui a gardé une grande élégance et qui est plus fringant que le reste du Champagne Réserve Grand Trianon Rothschild 1964.

L'Hermitage La Tourette Delas blanc 1987 accompagne un cœur de saumon absolument délicieux. Le vin est gentiment gourmand et d'un beau fruit. C'est un Hermitage très agréable à boire avec un aimable goût de 'revenez-y'.

L'Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1958 a un nez et un goût de rose. Il est plutôt puissant. Sa personnalité est belle et sereine. C'est un grand vin.

Le Vosne-Romanée Henri Jayer 1980 est très différent, élégant, précis, raffiné. Les deux sont merveilleux à boire. Il est très difficile de dire lequel est le meilleur. Le wagyu est naturellement fait pour élargir la puissance de l'Echézeaux et l'on pouvait craindre qu'il fasse peur au sensible Vosne-Romanée, mais en fait le 1987 trouve lui aussi un tremplin avec la si gourmande viande.

Nous avons dégusté ensuite les deux vins sur du Brillat-Savarin et de l'Époisses, ce qui était un accord aussi passionnant, le Jayer éclatant sur le Brillat-Savarin et le Conti éblouissant sur l'Epoisses. Au final, j'ai eu une préférence pour l'Echézeaux, plus riche, plus complexe, plus en adéquation avec mon tempérament. Mais le Jayer était si fin et délicat que je l'ai adoré aussi. Un grand moment.

Le champagne a accompagné un fraisier de grande élégance.

Les deux repas ont formé un ensemble et mon classement est : 1 - Ausone 1937, 2 - Echézeaux 1958 3 – Vosne-Romanée 1980, 4 - Tokaji 1972, 5 - Ayala 1961, 6 - Hermitage 1987, 7 – Trianon Rothschild 1964.

Les vins du 4ème au 7ème étaient très agréables et pourraient être presque ex æquo dans le classement tant ils sont d'un intérêt similaire.

Les meilleures combinaisons vins et plats ont été : 1 - Asperges + truffe avec Ausone 1937. 2 - Epoisses et Echézeaux. 3 – Wagyu et Vosne-Romanée.

J'étais vraiment heureux de ma sélection de vins très différents.

295ème dîner au restaurant Astrance vendredi, 18 avril 2025

Le 295ème dîner se tient au restaurant Astrance. Le nombre de participants a fait du yoyo car un convive inscrit est tombé malade trois jours avant le dîner et un autre inscrit n'avait pas fait signe de vie le jour du dîner. Nous nous sommes quand même trouvés à onze, dont un couple de norvégiens pour qui c'est le deuxième repas, deux américains parmi les plus assidus de mes dîners, et six français dont deux venaient pour la première fois.

J'avais envoyé un mail de rappel qui portait en gros caractères l'heure du rendez-vous. Ce fut efficace car pour une fois, tous les convives sont arrivés avant l'heure officielle du repas. J'apprécie.

Le menu qui a été élaboré avec Pascal Barbot, le chef d'Astrance, extrêmement motivé et impliqué dans des créations faites pour les vins, est : gougères, tuiles de chiche et gribiche aux algues, huître et Pata Negra / asperges vertes de Roques-Hautes servies croquantes et amandes / filet de turbot vapeur, riz Koshihikari, asperges blanches et beurre blanc sauce soja / médaillon de homard et bisque de crustacé / entrecôte de bœuf wagyu de Hida, sauce poivrée / asperge blanche, comté trente mois et noix / flan pâtissier, légèrement vanillé / tartelette minute aux agrumes.

Je suis arrivé avant 16 heures pour ouvrir les vins du dîner et je serai rejoint par un des fidèles de mes dîners. J'avais apporté ce qui restait du Veuve Clicquot 1966, de l'Y d'Yquem 1977 et du Cheval Blanc 1966 du déjeuner de la veille pour que cet ami et le sommelier Lucas puissent les goûter. Les vins étaient encore en parfaite condition. Ils ont été finis.

A l'ouverture des vins, tous les parfums ont été superbes, parfois très épanouis au point que j'ai mis un bouchon pour conserver le parfum unique et glorieux du Haut-Brion 1950.

Une autre surprise concerne les bouchons. Ils sont presque tous venus entiers sans trop d'effort sauf le Chevalier-Montrachet 2002 dont le bouchon très serré m'a demandé un gros effort. Comme j'avais vu la veille le même comportement des bouchons je me demande si les conditions atmosphériques ne jouent pas un rôle dans la facilité ou la difficulté d'extirper les bouchons. Lucas m'a aidé pour quelques bouteilles. L'ami fidèle a offert un champagne dont ont profité quelques participants arrivés en avance.

Lorsque tous les convives sont présents, je donne les indications pour profiter au mieux du repas pendant que l'on nous sert le Magnum de Champagne Dom Pérignon 1988 dont le bouchon avait explosé quand je l'ai ouvert, le bouchon frappant fortement le plafond, à ma grande surprise. Le champagne est délicat et raffiné mais il est moins puissant que ce que j'attendais. Pascal Barbot a présenté une huître surmontée de Pata Negra et cette combinaison donne au champagne une longueur incroyable, très minérale. Cela contraste avec l'accord que créent les gougères, fait de charme infini.

Le Champagne Comtes de Champagne Taittinger 1976 est une surprise pour tous les convives. Il est rond, cohérent, intense, au message d'une richesse extrême, lourd et pénétrant. L'accord avec les asperges est sublime et renforce le champagne. C'est un grand moment.

Pour le plat de turbot, j'avais demandé qu'on corrige une erreur dans la transcription du menu, qui faisait que le plat était associé au Magnum de Chevalier Montrachet La Cabotte Bouchard Père et Fils 2002 mais aussi au Château Haut-Brion 1950. Le plat ne devait comporter que le vin blanc. Lorsqu'on sert peu après le Haut-Brion, je tique à peine et je n'y fais pas plus d'attention car je suis occupé par les discussions avec les participants.

Le Chevalier Montrachet La Cabotte Bouchard Père et Fils magnum 2002 est un vin que j'adore, dont l'appellation Cabotte n'a été donnée à ce vin que dans les années 1990. Le vin est riche et brillant, facile à comprendre et l'accord est naturel. C'est un beau et noble vin.

Mais quand apparaît le Château Haut-Brion 1950, tout le monde est subjugué. Le vin est d'une richesse incroyable, solide, puissant et sans âge. Son énergie est rare et l'accord est parfait. Le vin rouge convient au poisson magnifiquement cuit, alors que le vin blanc se régale avec le riz exceptionnel et avec les asperges blanches. En fait, l'erreur commise a permis des accords différents mais cohérents. Le Haut-Brion nous a subjugués par sa puissance et sa longueur.

Le Savigny Chanson Père & Fils 1928 me séduit, car il est d'une année que j'adore, l'une des plus grandes du 20ème siècle. Alors, j'apprécie ce vin avec ferveur, d'autant que la chair du homard et surtout la bisque le rendent brillant. Ce qui est étonnant, c'est que je mettrai ce vin second dans mon vote, alors qu'il ne figurera pas dans les six premiers de l'ensemble de la table.

Le Corton Grancey Louis Latour 1943 est un vrai velours que le wagyu fait rayonner. C'est un bourgogne élégant et gourmand, si consensuel. A côté de lui, l'Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1989 a le charme des vins de la Romanée Conti, mais le Corton convient beaucoup mieux au wagyu.

Le Château Chalon Château de la Muyre 1967 avait à l'ouverture un parfum d'une puissance incroyable. J'ai demandé à Pascal Barbot de mettre des morceaux d'asperge blanche et l'accord est divin dans l'opposition des amertumes. Le délicieux et riche Comté révèle d'autres facettes du talent du vin du Jura brillant.

J'avais demandé à Pascal Barbot un flan pour le Clos du Bourg Vouvray Huet 1959. Son flan est sublime et l'accord avec le très sensuel vouvray est absolument divin. Le vin est joyeux et l'accord est le plus beau de ce repas. Si ce vin est apparu deuxième dans le classement final, cela tient au vin bien sûr, car il est élégant, mais cela tient surtout à la magie de l'accord gourmand.

Le Château d'Yquem 1966 avait à l'ouverture un parfum seigneurial. Maintenant ce parfum est papal. Quelle amplitude, quelle puissance ! Cet Yquem est puissant, large sans excès, d'un équilibre serein. Le dessert aux agrumes est délicat, mais les peaux des agrumes sont un peu trop fortes pour le sauternes.

Nous sommes impressionnés par le fait que tous les vins ont été au sommet de leur art. C'est particulièrement réjouissant.

C'est l'heure du classement. Ce qui est particulièrement plaisant, c'est que chaque vin a eu au moins trois votes, ce qui est très rare, car il y a très souvent un ou deux vins ignorés dans les votes. Cela prouve une qualité très grande de tous les vins.

Six vins ont été nommés premiers, le Haut-Brion trois fois, l'Echézeaux, le Chateau Chalon et l'Yquem deux fois, le Corton et le Clos du Bourg une fois.

Le classement global de notre table est : 1 - Château Haut-Brion 1950, 2 - Clos du Bourg Vouvray Huet 1959, 3 - Château Chalon Château de la Muyre 1967, 4 - Corton Grancey Louis Latour 1943, 5 - Château d'Yquem 1966, 6 - Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1989.

Mon classement est : 1 - Château Haut-Brion 1950, 2 - Savigny Chanson Père & Fils 1928, 3 - Château Chalon Château de la Muyre 1967, 4 - Clos du Bourg Vouvray Huet 1959, 5 - Château d'Yquem 1966.

Alors que les français étaient majoritaires nous avons beaucoup parlé en anglais. L'ambiance a été souriante et amicale. Pascal Barbot est venu souvent expliquer les plats. Son enthousiasme et son implication sont un plaisir à entendre.

Ce fut un dîner particulièrement chaleureux et réussi.

Déjeuner au restaurant Le Sergent Recruteur jeudi, 17 avril 2025

Un ami allemand m'avait demandé d'organiser plusieurs dîners pour son entreprise. Il a vendu ses parts et investi dans un vignoble en Californie avec un jeune vigneron. Il voulait me voir et avoir mon avis sur les vins de son vignoble. Il m'a invité avec son fils et le vigneron de PIUS Paso Robles.

Il m'a dit : « J'apporterai des vins qui feraient pâlir vos vins français ». Bien sûr, c'était une blague, mais je l'ai pris comme un challenge. Nous nous retrouvons au restaurant le Sergent Recruteur. J'ai ouvert mes vins à 11 heures et comme le soleil inondaient l'île Saint-Louis je me suis promené le long de la Seine et pris un café crème sur une terrasse de café surplombant la Seine. Paris est magique quand il fait beau.

Nous commençons par un Champagne Dom Pérignon 2002 qui est à la fois riche, rond et extrêmement agréable. Il est vraiment agréable et se marie divinement à la célèbre rillette de maquereau.

J'ai récemment fait un tour dans ma cave pour trouver les bouteilles qui ont perdu trop de liquide. Certaines sont mortes, d'autres sont pleines de vie.

Le Rosé Kébir-Impérial d'Algérie des années 30 a perdu près de 60 % de son volume. Sûrement mort. Je l'ai ouvert 2 heures avant le déjeuner. Le premier nez était madérisé et je ne m'attendais à rien, mais en fait, avec les morilles qui accompagnaient les jeunes asperges, cela a créé une combinaison que le vigneron a adorée.

J'ai apporté La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1961 avec un niveau de 15 cm sous le bouchon. Le premier nez était parfait à l'ouverture ce qui est un signe fort. Maintenant, il n'a aucune déviation. Il n'y a absolument rien à redire. Le vin est si complexe, solide, un pur délice. Ce qui frappe c'est son équilibre et mes convives sont sous le charme. Le bœuf remarquablement cuit par Alain Pégouret est le compagnon idéal de ce vin emblématique.

Le Chardonnay PIUS Estate de Paso Robles 2022 m'a beaucoup plu. Il est très bien fait intense et montre déjà une belle longueur.

Le Cabernet Sauvignon PIUS Estate 2021 m'a également plu. Les deux vins américains sont très bien faits et agréables à boire dans leur jeune âge. On sent que le jeune vigneron travaille bien.

Le dessert au cacao s'est parfaitement accommodé d'un Vin de paille Domaine de la Pinte Jura 2018, doux et charmant proposé par Aurélien, le très compétent et passionné Aurélien.

Je pense que le vigneron a produit des vins très prometteurs. Par boutade j'ai dit que pour surpasser La Tâche 1961, il faudra 2 ou 3 siècles aux vins californiens, mais je pense qu'ils vont bien évoluer. Ce fut un très bon déjeuner au restaurant Sergent Recruteur avec des convives sympathiques et entreprenants.

Règles pour la 42ème séance de l’académie des vins anciens du 15 mai 2025 lundi, 17 février 2025

Roman; font-size: 12pt;">Règles pour la 42ème séance de l'académie des vins anciens du 15 mai 2025 Roman; font-size: 12pt;">Cette séance est ouverte aux amateurs de vins anciens avec ou sans apport de vins. Roman; font-size: 12pt;">1 – participants sans vin Roman; font-size: 12pt;">Les confirmations d'inscriptions sont prises dans l'ordre des demandes. Le prix est de 300 € par personne, à payer avant le 18 avril. Roman; font-size: 12pt;">2 – participants avec vins
  • Roman; font-size: 12pt;">proposer un vin ancien et fournir tous éléments sur le vin, dont le niveau dans la bouteille (chaque photo ne devra pas dépasser 500 Ko et devra être lisible. Elle sera en pièce jointe et non pas dans le corps du texte)
  • Roman; font-size: 12pt;">Obtenir mon approbation pour la ou les bouteilles proposées
  • Roman; font-size: 12pt;">Respecter les critères d'âge :
  • Roman; font-size: 12pt;">Champagnes : avant 1997
  • Roman; font-size: 12pt;">Vins blancs : avant 1991
  • Roman; font-size: 12pt;">Vins rouges et liquoreux : avant 1972
Roman; font-size: 12pt;">Les modes de livraisons figurent ci-après. Roman; font-size: 12pt;">Livraison des vins entre le 31 mars et le 30 avril. Roman; font-size: 12pt;">Les confirmations d'inscriptions sont prises dans l'ordre des demandes. Le prix est de 190 € par personne, à payer avant le 18 avril. Roman; font-size: 12pt;">3 – lieu de la réunion Roman; font-size: 12pt;">Le restaurant Macéo au 15 rue des Petits Champs 75001 PARIS Roman; font-size: 12pt;">Rendez-vous à 19h. Fin de réunion à minuit. Roman; font-size: 12pt;">4 – Mode de paiement Roman; font-size: 12pt;">Paiement par virement à FRANCOIS AUDOUZE AVA Roman; font-size: 12pt;">RIB / FR7630003030000005024474342 Roman; font-size: 12pt;">5 – mode de livraison
  1. Roman; font-size: 12pt;">– par envoi postal à François Audouze, société ACIPAR, 44 rue Andrei Sakharov, 93140 BONDY.
  2. Roman; font-size: 12pt;">– par livraison au 10 Place des Vosges 75004 Paris. Téléphoner à la concierge Madame PUREZA PEREIRA 07.64.88.30.66, prendre rendez-vous avec elle et l'appeler quand vous êtes arrivé, en donnant mon nom. Elle n'est pas joignable au téléphone entre 12h et 17h.
Roman; font-size: 12pt;">Respectez les dates limites, c'est fondamental.

Un joli beaujolais dimanche, 9 février 2025

Ma fille cadette vient à la maison avec son fils. J'ai envie de goûter un vin que j'ai acheté en vue d'une conférence dégustation qui se tiendra pour des élèves de grandes écoles dans quelques semaines. C'est un Moulin à Vent Union des viticulteurs de Romanèche-Thorins et Chénas Prestige 1969 qui annonce fièrement sur son étiquette « Grand Cru de Bourgogne ». Pourquoi pas !

Le fournisseur à qui j'ai acheté quelques bouteilles m'a signalé que la couleur du vin est très claire, plus claire que ce qu'on attendrait. Il m'avait suggéré d'en goûter une et accepterait de reprendre les autres bouteilles si l'expérience n'était pas positive. Je vais suivre son conseil avec une autre raison : je n'ai pas envie de présenter aux étudiants des vins de piètre qualité.

Pour l'apéritif nous grignotons des chips à la truffe puis un fromage de montagne en buvant un Champagne Dom Pérignon 1982. J'avais été surpris que le pschitt soit aussi prononcé, ce qui est un signe de jeunesse. La couleur est ambrée. Les bulles chatouillent gentiment la langue et ce champagne est absolument délicieux, de forte personnalité. J'aime beaucoup ce millésime que j'ai bu une quinzaine de fois, car il est à un point de bascule : il est encore dans la jeunesse et va vers sa maturité. Le champagne est très long, rond et conquérant. Adorable sous tous ses aspects.

Le Moulin à Vent Union des viticulteurs de Romanèche-Thorins et Chénas Prestige 1969 m'avait offert à l'ouverture un parfum très engageant, subtil et raffiné. Servi sur un poulet il confirme la délicatesse de son nez et en bouche c'est une magnifique surprise. Je ne m'attendais pas à un vin si subtil, frêle, d'une jolie amertume à peine râpeuse et l'idée qui me vient est qu'il déroule un goût raffiné et très long comme celui d'un Echézeaux du Domaine de la Romanée Conti des années 70.

C'est vrai que l'émotion est grande et ma fille la ressent de la même façon. J'ai un faible pour les beaujolais ancien et ce vin en est une nouvelle preuve.

Nous n'avions pas pu partager les crêpes de la chandeleur. Nous nous sommes rattrapés avec gourmandise car les crêpes avaient l'épaisseur idéale. Ce fut un beau dîner familial.

Un Rayas à l’Ecu de France dimanche, 19 janvier 2025

Le restaurant l'Ecu de France est plus que tricentenaire sur un site au bord de la Marne. Il a depuis 1920 grâce a la ténacité sérieuse de la famille Brousse une offre de vins qui mérite le respect. Hélas, du fait de l'internationalisation de la demande les allocations dont bénéficie ce restaurant se rétrécissent et c'est bien dommage.

Nous nous rendons au restaurant, ma femme et moi, accueillis chaleureusement. Tout commence par le choix du vin. Aujourd'hui ce sera Château Rayas Châteauneuf-du-Pape 2013 dont j'apprendrai plus tard que c'est la dernière bouteille.

Les plats que j'ai choisis sont : escalope de foie gras de canard poêlée, chutney de pomme, rougaille au vinaigre de riz, crème balsamique aux fruits rouges et caramel de betterave / ris et joue de bœuf confite, laqués, réduction de sauce vin rouge au poivre de Penja, pommes grenailles rôties et légumes du jardin sous toutes leurs formes / brie de Meaux aux brisures de truffe et comté / entremet chocolat, mousse de chocolat au lait, crémeux orange, marmelade de clémentine.

Le parfum du vin est superbe et intense. Dès les premières gorgées du Château Rayas Châteauneuf-du-Pape 2013 je ressens une émotion extrême. Il a un équilibre étonnant et une sensibilité émouvante. Je suis aux anges car je ne m'attendais pas à autant de romantisme et de glorieuse beauté.

A chaque gorgée je me dis : « mon Dieu qu'il est grand ». De toutes les occasions que j'ai eues de boire de jeunes Rayas, je ne crois pas avoir eu autant d'émotion. C'est une belle découverte car c'est la première que j'ai bu un Rayas 2013 et c'est le plus jeune des 90 Rayas que j'ai bus.

La cuisine de l'Ecu de France est de très belle qualité. Tant mieux.

292ème dîner au restaurant Maison Rostand vendredi, 20 décembre 2024

Le fils d'un ami et ami lui-même m'a rendu d'importants services. Il est amateur de vins. Pour le remercier de tout ce qu'il m'apporte je lui ai proposé de faire un dîner à la façon de mes dîners. Il viendra avec un ami, amateur de vins lui aussi, qui est associé dans sa société.

Nous ne serons que trois mais j'ai voulu que ce dîner soit comme un de mes dîners 'officiels'. Il sera donc le 292ème de mes dîners.

Le restaurant Maison Rostand a été fermé pendant sept mois pour des travaux importants. Il me tardait de faire un dîner avec le chef Nicolas Beaumann. Il m'a demandé de lui fournir la liste des vins afin qu'il réfléchisse à un menu pour mes vins.

J'arrive un peu avant 16 heures au restaurant et je fais la connaissance de Frédéric, le nouveau directeur qui a travaillé dans un nombre important de restaurants dont Joël Robuchon aussi bien chez Jamin que rue Poincaré. Je salue Perle, son assistante.

La décoration a complètement changé la disposition et la décoration. Il y a beaucoup plus de logique dans l'espace de cuisine. L'impression est favorable.

Jérémie, le sommelier que j'apprécie beaucoup est un des seuls anciens avec un serveur souriant et le chef bien sûr. Il arrive au restaurant alors que j'ai presque fini toutes les ouvertures des vins, qui ne m'ont pas posé de problème. Seul le Dom Pérignon 1966 me montre un bouchon fortement rétréci et qui a noirci, comme celui du Dom Pérignon 1980 que j'ai ouvert récemment. Cette prestigieuse maison de champagne devrait sans doute étudier ce phénomène, car il pourrait limiter la longévité des champagnes.

En discutant avec Jérémie, je lui demande de prévoir un champagne d'ouverture pour préparer le palais avant l'entrée en piste du champagne de 1966 qui est d'un autre monde que celui des jeunes champagnes.

Quand Nicolas Beaumann arrive, nous discutons du menu. Ayant vu en cuisine des cuisiniers travailler des rougets, je demande que l'on fasse un plat simple de rouget pour le Pétrus, car cette association est sacrée pour moi. Pour l'autre vin rouge Nicolas propose un chevreuil, ce qui est opportun. Après les amuse-bouches nous aurons des coquilles Saint-Jacques puis du homard. Le dessert sera à base de pommes et j'ai demandé des financiers pour accompagner le Rhum final.

Tout est sur les rails. Il me reste beaucoup de temps aussi j'observe cette fourmilière ou plutôt cette ruche où une armée de cuisiniers accomplit les préparations avec un soin attentif.

Les deux amis arrivent et Jérémie nous sert un Champagne Jacques Selosse Initial dégorgé en 2022. Il est très ouvert, aux belles complexités et grandes subtilités. C'est un grand champagne et les amuse-bouches sont très pertinents, exposant des saveurs très différentes du salé au sucré.

L'un des amuse-bouches est doté d'une sauce très crémée au riz et d'une épice forte que je n'ai pas mémorisée. La sauce appelle le Champagne Dom Pérignon 1966 dont le premier abord est magique. On sent que dans l'ascenseur des saveurs, ce vin nous fait grimper de mille étages. On entre dans le monde fascinant des champagnes anciens où tout est cohérent, infiniment complexe et charmant. Mes convives sont subjugués par ces complexités que l'on ne trouve pas chez les champagnes jeunes, même s'ils sont grands.

Le menu conçu par le chef Nicolas Beaumann est : coquilles Saint-Jacques de Grandcamp cotisées à la truffe noire, beurre blanc au cresson / homard bleu confit, céleri et jus de la presse / rouget au naturel, artichauts rôtis, jus des arêtes au vin de syrah / chevreuil, le dos maturé, fritté aux '5 saveurs', butternut confit à la sauge, airelles et sauce poivrade / la pomme rubinette caramélisée, crème au jasmin, sorbet au vinaigre de cidre / financiers.

Les coquilles Saint-Jacques sont superbes et forment un bel accord avec le Champagne Dom Pérignon 1966. Mais l'accord est très linéaire du fait du cresson et de la truffe alors que l'accord avec la sauce du riz était beaucoup plus latéral et large. Le champagne est d'un accomplissement parfait. Il est comme un soleil qui rayonne. On est sur une planète de saveurs infinies. Le homard est absolument délicieux et riche ce qui convient à merveille au Montrachet Robert Gibourg 1992 à la couleur encore très claire, au parfum joyeux et à la longueur enrichissante. Ce n'est pas un Montrachet pesant. Il est fluide et aérien. Il est comme un accomplissement. Il convient de souligner que l'accord du plat et du vin est fusionnel, d'une continuité linéaire parfaite. On ne sait plus séparer ces deux complices, le plat et le vin. Le Pétrus 1977 est d'une année dite faible. Le parfum du vin est d'une élégance extrême et d'une largeur infinie. En bouche, il ne montre aucune puissance, mais une subtilité infinie. Il est gracieux et charmant. C'est un Prince charmant. Et l'accord avec le rouget est impérial. Mes amis sont un peu sonnés. Car lisant mes comptes-rendus ils s'imaginent que mes recherches d'accords sont intéressantes. Mais à ce point, ça les subjugue. Du moins, c'est ce que je crois voir. Le Pétrus dans cet état et à cet âge, si subtil, si élégant est un très grand Pétrus. Qui l'eût dit ? J'avais le souvenir d'une réussite identique. Les yeux de mes amis s'arrondissent quand ils voient apparaître la Romanée Saint-Vivant Domaine de la Romanée Conti 1998. Ce qui est intéressant, c'est que le parcours en bouche de ce vin suit une trajectoire assez semblable à celle du Pétrus. C'est un vin très long, très subtil, qui ne joue en aucun cas sur la puissance mais sur la fluidité élégante. Il y ajoute un charme certain. Le chevreuil est un plat excellent mais lorsque j'en ai parlé ensuite avec Nicolas il nous est apparu qu'une viande plus calme comme du veau eût été un compagnon plus adapté à cette belle Romanée car elle est encore jeune. C'est un vin encore en devenir, qui nous laisse entrevoir combien il serait immense avec trente ans de plus, mais est déjà doté de telles qualités qu'il est adorable et fou de plaisir. Le Château d'Yquem 2001 est d'une année mythique. La première fois que je l'ai bu, j'ai eu un choc physique, celui que j'ai parfois, face à un vin parfait. Ce 2001 que nous buvons en demi-bouteille est promis à un avenir légendaire. Là, il est tout simplement parfait, riche, gourmand et en même temps salin et frais. Le dessert à la pomme est idéal, alors que le sorbet ne convient pas. Mais qui s'en soucie. Je suis venu avec le Black Head Rum West Indies Rum maison Cazenove à Bordeaux # 19ème siècle que j'ai déjà servi dans des dîners récents. Il est noir dans le verre et son parfum laisse à penser que son passage en barriques a dû durer de nombreuses décennies. Je l'adore et les financiers sont idéaux pour calmer la puissance de ce rhum riche et imposant. Si l'on respecte le protocole de mes dîners, il faut voter et je demande que nous votions pour nos quatre préférés. Le vote combinant nos trois votes est : 1 - Dom Pérignon 1966, 2 – Pétrus 1977, 3 – Romanée Saint-Vivant 1998, 4 – Montrachet 1992. Alors que nos trois votes sont différents, mon vote est strictement le même que celui du consensus : 1 - Dom Pérignon 1966, 2 – Pétrus 1977, 3 – Romanée Saint-Vivant 1998, 4 – Montrachet 1992. C'est un plaisir de faire des dîners chez Maison Rostang, car le chef Nicolas Beaumann connaît bien mes désirs, qui ne font pas barrage à son talent. Jérémie est un sommelier tonique et souriant qui prend un grand plaisir à accompagner nos aventures. J'ai versé un verre de chaque vin pour que Jérémie le partage avec certains membres de l'équipe. Je crois que mon désir de faire plaisir a atteint son but. J'avais choisi des vins qui représentent l'excellence dans chaque région. Mes amis me maudiront bientôt, car tel le serpent parlant à Eve, j'ai inoculé le désir qu'ils remontent d'un cran leurs budgets d'achats.

Bulletins du 2ème semestre 2024, du numéro 1029 à 1042 mercredi, 18 décembre 2024

 

Bulletins du 2ème semestre 2024, du numéro 1029 à 1042.

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(bulletin WD N° 1042 241219)    Le bulletin 1042 raconte : déjeuner avec ma fille aîné, 289ème dîner au restaurant Marsan Hélène Darroze pour 21 convives et déjeuner avec ma fille cadette et des vins à risques.

(bulletin WD N° 1041 241212)    Le bulletin 1041 raconte : déjeuner au restaurant Pages et sublime 288ème repas au restaurant Plénitude Arnaud Donckele.

(bulletin WD N° 1040 241203)   Le bulletin 1040 raconte : déjeuner au restaurant Pages avec une Romanée Conti 1945 et deux autres Romanée Conti, déjeuner chez des amis du sud et déjeuner au restaurant Le Sergent Recruteur.

(bulletin WD N° 1039 241119)    Le bulletin 1039 raconte : 286ème dîner au restaurant Pages et déjeuner de famille à mon domicile.

(bulletin WD N° 1038 241108)    Le bulletin 1038 raconte : dîner avec mon fils avec des vins qui ne pourraient pas figurer dans mes dîners, autre dîner avec de grand vins et déjeuner au restaurant Marsan Hélène Darroze pour préparer un futur dîner pour 20 personnes.

(bulletin WD N° 1037 241022)    Le bulletin 1037 raconte : 285ème dîner au restaurant Astrance, dîner au restaurant A.M. Alexandre Mazzia à Marseille.

(bulletin WD N° 1036 241009)    Le bulletin 1036 raconte : dernier dîner des trois mois dans le sud, déjeuner au restaurant Astrance et 284ème de mes dîners au restaurant Pages, original puisque nous ne sommes que trois.

(bulletin WD N° 1035 240925)    Le bulletin 1035 raconte : déjeuner du 15 août compté comme 283ème repas, un Penfolds Grange, un dîner avec des amis et un dîner avec un nouveau vigneron du sud avec des vins de Curnonsky.

(bulletin WD N° 1034 240913)    Le bulletin 1034 raconte : plusieurs dîners dans un restaurant de plage où je peux apporter mes vins, plusieurs repas de famille et déjeuner chez des amis.

(bulletin WD N° 1033 240905)    Le bulletin 1033 raconte : de nombreux repas dans le sud, à la maison ou au restaurant, avec de grands vins.

(bulletin WD N° 1032 240830)    Le bulletin 1032 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou à Hyères, dîner à l’hôtel Restaurant de Lauzun au prieuré Saint-Jean de Bébian et dégustation de 27 millésimes du Mas de Daumas Gassac rouge avec la famille Guibert et des experts de tous pays.

(bulletin WD N° 1031 240716) Le bulletin 1031 raconte : dîner irréel à l’Oustau de Baumanière où nous avons bu 5 vins du 18ème siècle, 9 vins du 19ème siècle, 11 vins du 20ème siècle et un vin du 21ème siècle. Un repas d’anthologie, le plus incroyable de ma vie.

(bulletin WD N° 1030 240709)    Le bulletin 1030 raconte : 40ème édition de l’Académie des Vins Anciens au restaurant Macéo : 37 convives et 54 vins.

(bulletin WD N° 1029 240702)    Le bulletin 1029 raconte : dîner au restaurant « au bourguignon du Marais », 282ème déjeuner à l'Appartement de Moët Hennessy à Paris et déjeuner au restaurant l'Assiette Champenoise d'Arnaud Lallement.

 

291ème dîner au restaurant Astrance vendredi, 13 décembre 2024

Le 291ème dîner se tient au restaurant Astrance dans le joli salon du premier étage où la table a la forme idéale d'une ellipse. Il y a une semaine Pascal Barbot a bâti avec Christophe Rohat, Lucas le sommelier et moi le menu qui est conçu pour mes vins. Nous nous connaissons depuis si longtemps avec Pascal que la ligne vertébrale du menu est vite tracée.

J'arrive un peu avant 16 heures pour ouvrir les vins. Pour les deux très vieux bordeaux, de 90 et 106 ans, les goulots ne sont pas cylindriques mais ont des boursouflures en haut du goulot. L'extraction des bouchons me demande beaucoup d'efforts. A ma grande surprise cela continue avec les deux bourgognes beaucoup plus jeunes de 48 ans. Le parfum du vin de 1918 est si exceptionnel que je demande à Lucas de mettre un bouchon de verre et de descendre le vin en cave, pour ne pas perdre ce parfum merveilleux.

Tous les parfums sont prometteurs. Le seul qui peut être sujet à question est le parfum du Montrachet.

Un ami fidèle est venu me rejoindre et offre un Champagne Louise Brison Pinot Noir de la Côte des Bar 2014 très amer car ultra brut, qui est peut-être plaisant, mais trop difficile pour mon palais.

Nous sommes dix dont cinq sont des habitués et cinq sont des nouveaux, dont un américain qui vit à Denver, venu hier par avion et qui repart demain matin. Ce dîner est le seul motif de son voyage.

Le menu composé par Pascal Barbot est ainsi libellé : jambon ibérique Pata Negra et feuilleté / brioche toastée / foie gras mi-cuit et mélasse de pomme / carpaccio de coquille Saint-Jacques, truffe noire et huile de noisette / émincé de bar de ligne, riz koshihikari et beurre blanc sauce soja / gros rouget 'vapeur de laurier', sauce beurre rouge / râble de lièvre doré, oignons doux des Cévennes / compotée de lièvre façon sénateur Couteaux / stilton au naturel / mangue et zestes d'agrumes / madeleines financiers à la rose.

Le Champagne Taittinger Comtes de Champagne 1959 est le champagne de bienvenue avec les amuse-bouches. Il n'a pas de bulle mais le pétillant est racé. C'est un champagne cohérent, rond, équilibré de grand plaisir. Les champagnes anciens de ce type sont charmants et goûteux. Le finale est long et superbe.

Le Champagne Salon Le Mesnil 1988 est totalement différent. Il est puissant, fort et conquérant mais en même temps, sa palette gustative est large et entraînante. C'est un Salon de grande maturité, très convaincant. La truffe puissante et de qualité excite bien ce champagne noble.

Le Château Laville Haut Brion 1969 a un parfum incroyable d'une puissance extrême et très séduisant. Le vin est riche, droit, cinglant comme un fouet. Le riz est extraordinaire de légèreté et de douceur et s'accorde bien à ce grand blanc. Ce qui est incroyable c'est que si l'on disait que ce vin est de 2005, on pourrait l'accepter. Sa jeunesse est étonnante.

Le Montrachet Morin Père &Fils 1990 n'a pas la puissance qu'il pourrait avoir. Il est agréable et doux, mais le vin de Graves est beaucoup plus excitant sur le plat de bar délicieux. Le montrachet obtiendra quand même un vote de premier.

Qui imaginerait que deux bordeaux canoniques créeraient avec le rouget un accord aussi extraordinaire ? Le Château Grand La Lagune 1934 est un vin très élégant et de grande personnalité. Très équilibré et goûteux, il est parfait pour le plat. On lui donnerait quarante ans seulement.

Mais à côté de lui il y a un vin miraculeux. Le Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1918 a un parfum persistant de fruits rouges. Quelle beauté que ce parfum ! Je suis subjugué par la fraîcheur de ce vin délicat et racé, de grande complexité. Un bonheur. Je suis le seul à l'avoir mis premier, plus impressionné que d'autres par la justesse vibrante d'un vin de 106 ans.

Les deux bourgognes vont accompagner le râble de lièvre et le compoté de lièvre. L'Echézeaux Domaine Dujac 1976 est d'une grande jeunesse et d'une très belle expression épanouie et sereine. Il est le plus adapté au râble.

Le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1976 est divin avec le compoté de lièvre, plus puissant et plus intense, ce qui convient à ce subtil vin de la Romanée Conti, au nez expressif et salin et au finale aussi salin. Un grand vin de la Romanée Conti qui sera le vainqueur dans les votes.

Les deux bourgognes sont brillants, le Dujac dans la sérénité et la droiture et le vin de la Romanée Conti dans la grâce et le velours, avec l'accent terrien typique des vins du domaine.

Il y a des années que je n'avais pas expliqué comment manger le stilton et boire un sauternes. C'est avec plaisir que j'ai dit à nouveau « mâchez, mâchez, mâchez » pour que la salive qui se forme en bouche permette la douceur de l'accord.

Le Château Climens Barsac 1966 est un vin féminin d'une délicatesse extrême. Il est tout velours.

Le Château de Fargues Sauternes 1985 est beaucoup plus guerrier et solide, d'une grande affirmation. C'est le Climens qui profite le mieux de la douceur de la mangue.

J'ai apporté deux alcools dont j'avais ouvert les bouteilles lors de précédents dîners. Le Old Taylor Kentucky Straight Bourbon Whiskey 43° a gardé sa vivacité de cow boy Texan. Il est un appel à fumer un cigare de la Havane. La Fine de Mouton de la cave de Philippe de Rothschild est plus complexe et plus noble mais moins sensuel que le Bourbon. Le financier à la rose est agréable pour les deux alcools. Peut-être plus avec le Bourbon.

C'est le moment des votes. Nous sommes dix à voter, mais le sommelier Lucas ayant fait un travail remarquable, pour la première fois nous avons ajouté son vote aux dix autres. Neuf des dix vins ont eu au moins deux votes ce qui est appréciable mais ce qui l'est encore plus est que sept vins sur dix ont eu un vote de premier. C'est exceptionnel.

Deux vins ont obtenu trois votes de premier, le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1976 et le Château Laville Haut Brion 1969 et cinq autres ont eu un vote de premier, le Champagne Taittinger Comtes de Champagne 1959, le Montrachet Morin Père &Fils 1990, le Château Grand La Lagune 1934, le Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1918 et le Château Climens Barsac 1966.

Le vote de la table est : 1 - Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1976, 2 - Château Laville Haut Brion 1969, 3 - Echézeaux Domaine Dujac 1976, 4 - Champagne Salon Le Mesnil 1988, 5 - Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1918, 6 - Château Grand La Lagune 1934.

Mon vote est : 1 - Grand Vin de Léoville du Marquis de Las Cases 1918, 2 - Château Laville Haut Brion 1969, 3 - Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1976, 4 - Echézeaux Domaine Dujac 1976, 5 - Champagne Taittinger Comtes de Champagne 1959.

Pascal Barbot a réussi à créer des accords merveilleux avec les vins dont le plus grand et le plus inattendu est celui du rouget vapeur de laurier avec les deux bordeaux vénérables, suivi – à mon goût – par l'accord du compoté de lièvre avec le Grands Echézeaux.

Lucas a fait un service des vins parfait. Pascal était souvent présent auprès de nous pour commenter les plats. Il a été chaudement applaudi.

Par l'ambiance amicale qui a régné toute la soirée, ce 291ème dîner est un des plus chaleureux de mes dîners.