Un très beau Ducru-Beaucaillouvendredi, 3 août 2018

Un ami de mon fils et son fils nous rejoignent. La table s’agrandit. J’ouvre un magnum de Champagne Salon 2004. Le champagne a été ouvert sur l’instant, aussi faut-il qu’il se réveille. Il est très pur, synthétique, avec des notes de noix. Il est à la fois vineux, sans trop insister, et romantique, avec des fleurs blanches. Et il des notes appuyées de liqueur de noix. L’ami de mon fils lisant mes écrits attendait avec impatience son premier Salon et je sens qu’il est un peu troublé de ne pas boire quelque chose de plus typé. Car ce Salon n’affirme pas, il suggère, et du fait de sa jeunesse, il est en retenue. Mon fils, ma fille et moi, nous l’adorons en pensant à tout ce qu’il promet. Less amuse-bouche sont les mêmes qu’hier.

Sur la plancha cuisent des côtes d’agneau aux herbes de Provence qui vont accompagner le cadeau de l’ami de mon fils, un Château Ducru-Beaucaillou Saint-Julien 1986 que j’ai ouvert il y a plus de quatre heures. La robe est bel, le nez est riche et distingué et en bouche, ce qui frappe, c’est l’idéale maturité de ce vin. Le grain est riche et beau, la mâche est noble. Si 1961 est l’année de réussite totale de Ducru-Beaucaillou, on n’en est pas loin avec ce 1986 épanoui et glorieux. Je me régale.

Le lendemain je finis les dernières gouttes du Salon 2004 avec mon fils. Il a vraiment profité d’un jour de plus, a gagné en personnalité et en vivacité, même si la bulle est moins active. Nous venons de boire en quelques jours, mon fils et moi trois magnums de Salon, le 1999, le 1997 et le 2004. Je lui demande son classement qui est : 1999, 2004 et 1997. Mon classement est 1999, 1997 et 2004. Dans l’absolu nous n’aurions pas donné un tel ordre et c’est tant mieux. Il faut que ces grands champagnes nous surprennent.