Dîner avec deux champagnes très différentsdimanche, 29 juillet 2018

Un ami de ma fille cadette voulait prendre un train à Bordeaux le jour où la gare Montparnasse est hors service. Tout s’est ligué pour empêcher les voyageurs de quitter leur point de départ. La SNCF n’a pas besoin de grévistes pour se mettre à l’arrêt car la vétusté de ses équipements lui permet d’être plus forte qu’eux. Après plusieurs solutions proposées qui toutes ont avorté, Laurent, excédé de l’ambiance qui règne en gare décide de prendre un train vers Marseille. C’est l’occasion de faire un détour par notre maison puisque ma fille vient de nous rejoindre avec ses enfants.

Après une journée passée le plus souvent dans la piscine tant il fait chaud, c’est l’heure de l’apéritif. J’ouvre Un Champagne Laurent-Perrier Cuvée Grand Siècle magnum sans année que j’ai en cave depuis plus de huit ans sans doute. Le parfum du vin est très intense, la bulle est active et fine, et le champagne affiche d’emblée sa noblesse. Il est très vineux, mais il est aussi très romantique avec des suggestions de fleurs blanches. Je l’adore. Il est profond, de belle longueur et son long passage en cave ainsi que le format magnum lui donnent une personnalité très affirmée.

Nous l’essayons sur des fleurs comestibles aux parfums très forts qui l’excitent opportunément. De petites sardines, du jambon Pata Negra, et du Gouda à la truffe lui permettent de faire jouer son charme. Fort curieusement, aux deux tiers de la bouteille, des notes de noix et noisettes se substituent aux fleurs blanches et un instant le charme s’éteint. Mais ce fut passager, le champagne reprenant sa grâce romantique. Ma fille l’a senti comme moi. Que s’est-il passé fugacement, je ne sais pas.

Laurent étant de 1973, c’est l’occasion d’ouvrir un Champagne Charles Heidsieck La Royale 1973 à la très jolie bouteille aux courbes lascives. Le bouchon se brise à l’ouverture. La bulle est rare mais extrêmement fine. Ce qui me frappe c’est l’énergie de ce champagne. Il a une force indestructible et des complexités infinies. Il est plus viril que le Grand Siècle.

Du fait de la chaleur nous avons surtout mangé des salades et la tarte aux mirabelles faite par les petits-enfants a accompagné la fin de ce très bon 1973.