Une réunion d
Une réunion de banque au Jockey Club. On apprend des choses définitives sur l’évolution financière du monde. Un participant semble sympathique : « on devrait déjeuner ensemble / on partage /j’apporte une bouteille ». On se retrouve au restaurant Laurent. J’arrive en avance J’arrive en avance pour ouvrir une bouteille de Richebourg du Domaine de la Romanée Conti 1956. Décidément, certaines années sont propices aux niveaux bas. Je m’attends à sentir l’odeur de terre de la cave de la Romanée Conti. Nenni. Le haut du bouchon est sec et sent la poussière. Le corps du bouchon est gras, et sent atrocement le vinaigre. Le vin senti au goulot exhale des senteurs qui promettent d’intéressantes perspectives, complètement opposées au message du bouchon. Nous verrons. Mon convive commande tête de veau et pied de porc, la tête et les jambes, je commande escargots et pieds de porc, tout cela est particulièrement français. J’appelle à la barre, puisqu’il faut un témoin de poids un Riesling Clos Sainte-Hune Trimbach 1976. L’odeur est magnifique, d’une classe folle. La couleur est d’un or jaune réjouissant. Je suis un peu étonné qu’en bouche, la trace citronnée appuyée occulte le message de Riesling. Je n’en dis rien, mais le vin est effectivement un peu limité, loin des perfections que ce millésime m’a déjà réservées. Le cromesquis servi en amuse-bouche est absolument délicieux. Quand apparaissent les pieds de porcs, il serait peut-être temps de penserau Richebourg, mais je voudrais que le Riesling ait l’occasion de briller, car je le sens – rien qu’en voyant l’assiette – fait pour le plat. Et c’est un accord de rêve. Sur le dernier quart du plat (un porc a toujours quatre pattes), je verse le Richebourg. Un nez assez envoûtant de bourgogne ceint d’une tenture lourde. Le vin est objectivement fatigué, mais il raconte des histoires de Bourgogne. Il y a de la poussière, surtout du sel, mais on sent en filigrane l’autiste qui voudrait parler. Il y a un message qui ne demande qu’à être lu. Alors, selon que l’on sera rigoriste ou bienveillant, on aura un bourgogne fatigué ou un parchemin qui guide vers un trésor. Ce message balbutié m’a plu. J’avais promis à Patrick Lair de lui faire goûter, mais le service n’attend pas. Aussi, après le service, nous voilà, Philippe Bourguignon, Patrick, Guislain, devant le dernier vestige, le plus concentré, et Olivier Poussier, qui était de passage, nous rejoint. J’avais pris la précaution de dire : « voici le témoignage d’un vin en fin de vie ». Or à ma grande surprise, chacun de ces grands palais va vanter les mérites de ce vin, l’un lui trouvant un beau fruit, l’autre s’extasiant devant la pureté du message. Philippe est manifestement surpris de le voir si beau. Le vin avait survécu, et bien. Il faut bien se méfier des impressions hâtives. J’avais donné rendez-vous à un ami expert en vins après ce déjeuner. Je lui fais goûter le Riesling. Comme moi, il trouve le parfum d’une race immense, mais le palais un peu court, pas assez à l’image de cette icône. Et l’odeur du Richebourg, puisqu’il ne restait plus que ça, l’a subjugué. Ce vin, en dégustation comparative, serait mis au placard. Seul, on l’écoute, et l’on voit qu’il raconte de belles histoires bourguignonnes. N’est-ce pas le principal ?Résultats de recherche pour roman
La recherche a retourné 1312 résultatsBulletins 2005 – De 125 à 162 samedi, 31 décembre 2005
Les thèmes de ces bulletins :
(Bulletin WD N° 125 050103) Bulletin n° 125 : 1 - dîner *WD à l'hôtel Meurice
(Bulletin WD N° 126 050120) Bulletin n° 126 : 1 - conférences sur les vins et mon livre - 2 - envoyé spécial - 3 - dîner de Joël Robuchon et Robert Parker - 4 - déjeuner chez Laurent - 5 - réveillon de Noël 1
Bulletin n° 126 : 6 - réveillon de Noël 2
(Bulletin WD N° 127 050202) Bulletin n° 127 : 1 - réveillon du 31 décembre - 2 - déjeuner restaurant Peron à Marseille - 3 - - 4 - déjeuners du Sud
Bulletin n° 127 : 6 - déjeuner au restaurant Macéo
(Bulletin WD N° 128 050210) Bulletin n° 128 : 1 - évocation de livres - 2 - déjeuner d'amis - 3 - dîner à l'Ecu de France - 4 - dîner *WD chez Laurent - 5 - déjeuner chez Patrick Pignol
(Bulletin WD N° 129 050218) Bulletin n° 129 : 1 - Saint Vincent à Mesnil sur Oger - 2 - dîner en famille - 3 - dîner à l'Ecu de France - 4 - déjeuner chez Patrick Pignol - 5 - dîner à domicile
Bulletin n° 129 : 6 - dîner à Arbois chez Jean Paul Jeunet
(Bulletin WD N° 130 050224) Bulletin n° 130 : 1 - la percée du vin jaune 2005 - 2 - dîner au château de Germigney - 3 - déjeuner avec des vins de caviste
(Bulletin WD N° 131 050304) Bulletin n° 131 : 1 - Saint Valentin au Meurice - 2 - dédicace livre librairie Delamain - 3 - dîner au bistrot Dauphin - 4 - repas à domicile - 5 - suite du dîner Robuchon Parker
(Bulletin WD N° 132 050314) Bulletin n° 132 : 1 - salon des vignerons indépendants - 2 - dîner *WD chez Patrick Pignol - 3 - dîner à l'Ecu de France
(Bulletin WD N° 133 050323) Bulletin n° 133 : 1 - dîner *WD à l'Ecu de France - 2 - déjeuner à l'Auberge des Saints Père à Aulnay - 3 - Salon des Grands Vins - jour 1 - 4 - déjeuner au Meurice - 5 - dîner des producteurs au SDGV
(Bulletin WD N° 134 050330) Bulletin n° 134 : 1 - suite du salon des grands vins - 2 - déjeuner d'amis - 3 - dîner *WD chez Gérard Besson
(Bulletin WD N° 135 050411) Bulletin n° 135 : 1 - dégustation Bouchard au plaza - 2 - dîner *WD au Bristol - 3 - dîner à domicile au Sud - 4 - dîner au Meurice
(Bulletin WD N° 136 050414) Bulletin n° 136 : 1 - primeurs 2004 au Cercle Rive Droite à Bordeaux - 2 - dîner chez un ami américain à Bordeaux - 3 - dégustation de Bordeaux - 4 - dîner au Château La Gaffelière
(Bulletin WD N° 137 050422) Bulletin n° 137 : 1 - déjeuner au Château de Pichon Longueville Comtesse - 2 - dîner à Cordeillan Bages - 3 - dîner *WD à l'hôtel Meurice - 4 - dîner chez des amis - 5 - déjeuner chez Hélène Darroze
(Bulletin WD N° 138 050502) Bulletin n° 138 : 1 - vente chez Christie's - 2 - déjeuner à l'ACF - 3 - conférence dégustation à l'hôtel Lotti - 4 - journées nationales du livre et du vin à Saumur - 5 - déjeuner chez Laurent
Bulletin n° 138 : 6 - visite chez champagne Diebolt-Vallois
(Bulletin WD N° 139 050512) Bulletin n° 139 : 1 - déjeuner au restaurant Les Berceaux à Epernay - 2 - visite aux champagnes Philipponnat - 3 - dîner chez ma fille cadette - 4 - dîner *WD au Bristol - 5 - dîner au Petit Nice
(Bulletin WD N° 140 050520) Bulletin n° 140 : 1 - déjeune chez Jacques Chibois - 2 - visite à la Romanée Conti - 3 - visite à Clos de Tart - 4 - dîner au Gourmandin - 5 - visite au Domaine Jacques Prieur
Bulletin n° 140 : 6 - dîner à Bonneau du Martray - 7 - présentation de Mondovino en Jura - 8 - dîner au restaurant de Christophe Menozzi
(Bulletin WD N° 141 050531) Bulletin n° 141 : 1 - fin du récit du Jura - 2 - séjour dans le Sud - 3 - film et dîner chez Guy Savoy - 4 - dîner *WD au restaurant Apicius - 5 - les étoiles rendues de Alain Senderens
(Bulletin WD N° 142 050607) Bulletin n° 142 : 1 - bouchons - 2 - douche - 3 - dîner à Pichon Comtesse avec la Bacchus Society - 4 - dîner littéraire au bistrot du bigorneau - 5 - apéritif aux Caves Legrand
Bulletin n° 142 : 6 - dîner au restaurant Dauphin
(Bulletin WD N° 143 050614) Bulletin n° 143 : 1 - visite des caves Bouchard dîner au château - 2 - dîner à l'auberge de Lynch Bages - 3 - visite d'Issan et Lynch Bages - 4 - déjeuner à l'auberge de Lynch Bages - 5 - visite à Léoville Las Cazes
Bulletin n° 143 : 6 - dîner au château de château Margaux
(Bulletin WD N° 144 050621) Bulletin n° 144 : 1 - visite au Château Haut-Brion à Yquem et à Fargues - 2 - visite et déjeuner à Malartic Lagravière - 3 - dîner à Rollan de By - 4 - visite à Clos Fourtet et église Clinet - 5 - déjeuner à l'Envers du Décor
Bulletin n° 144 : 6 - dîner à Canon La Gaffelière - 7 - le laboratoire de Michel Rolland - 8 - dîner à Palmer
(Bulletin WD N° 145 050628) Bulletin n° 145 : 1 - dîner *WD à la Grande Cascade - 2 - déjeuner en famille avec des "bas niveaux" - 3 - déjeuner au Meurice
(Bulletin WD N° 146 050705) Bulletin n° 146 : 1 - dîner *WD à Taillevent - 2 - déjeuner en famille avec des "bas niveaux" - 3 - déjeuner au Polo de Bagatelle - 4 - institut supérieur de marketing du luxe
(Bulletin WD N° 147 050829) Bulletin n° 147 : 1 - dîner *WD chez Patrick Pignol - 2 - accidents de cave - 3 - départ pour Vinexpo - 4 - dîner à Fargues - 5 - Garden Party à Pichon Lalande
(Bulletin WD N° 148 050905) Bulletin n° 148 : 1 - dîner chez notre logeuse à Bordeaux - 2 - dîner des crus classés à Yquem - 3 - exposé des ambitions de wine-dinners
(Bulletin WD N° 149 050913) Bulletin n° 149 : 1 - dîner *WD au Carré des Feuillants - 2 - dîner chez Pic à Valence - 3 - dîner dans le Sud
(Bulletin WD N° 150 050920) Bulletin n° 150 : 1 - dîner chez Jacques Maximin - 2 - déjeuner à la Bouillabaisse - 3 - réception de François Simon - 4 - dîner à l'Escoundoudo
(Bulletin WD N° 151 050927) Bulletin n° 151 : 1 - déjeuner Taillevent dégustation Montrose - 2 - dîner Taillevent dégustation Montrose
(Bulletin WD N° 152 051004) Bulletin n° 152 : 1 - festival oenovideo - 2 - dîner au "Petit Verdot" - 3 - dîner des amis de Bipin Desai au Grand Véfour - 4 - déjeuner au Bistrot du Sommelier
(Bulletin WD N° 153 051012) Bulletin n° 153 : 1 - dîner *WD au Pré Catelan - 2 - visite à la Maison Bichot - 3 - déjeuner chez Laurent
(Bulletin WD N° 154 051018) Bulletin n° 154 : 1 - déjeuner chez Laurent (suite) - 2 - dîner au Cinq avec Billecart Salmon - 3 - jury des champagnes - Spectacle du Monde - 4 - déjeuner au Bistrot du Sommelier - 5 - dîner chez Ruinart
Bulletin n° 154 : 6 - maison de l'Alsace, Trimbach
(Bulletin WD N° 155 051025) Bulletin n° 155 : 1 - séance de l'académie des vins anciens - 2 - champagne Delamotte chez Fogon - 3 - voyage chez Jean Hugel à Riquewihr
(Bulletin WD N° 156 051031) Bulletin n° 156 : 1 - voyage chez Jean Hugel à Riquewihr - 2 - dîner à l'Auberde de l'Ill - 3 - concours du meilleur caviste indépendant du monde - 4 - dîner chez Laurent Perrier à Tours sur Marne - 5 - brasserie Wepler
(bulletin WD N° 157 051108) Bulletin n° 157 : 1 - dîner au nouveau Senderens - 2 - club des professionnels du vin - 3 - rencontres vinicoles 05 - 4 - dîner *WD chez Laurent
(Bulletin WD N° 158 051115) Bulletin n° 158 : 1 - réception d'Apollonia Poilâne - 2 - Cercle Interallié - 3 - soirée jazz et signatures aux Caves Legrand - 4 - séjour chez Marc Veyrat avec des vins d'Alsace
(Bulletin WD N° 159 051123) Bulletin n° 159 : 1 - visite chez Guigal et déjeuner à Vienne - 2 - Confrérie du Lièvre à la Royale - 3 - Académie Amorim, remise des prix - 4 - France Info - 5 - dîner avec David van Laer
Bulletin n° 159 : 6 - Soirée Laurent Perrier Grand Siècle
(Bulletin WD N° 160 051129) Bulletin n° 160 : 1 - réception de 1855.com - 2 - caviste du 14ème arrondissement - 3 - exposition au Grand Palais - 4 - dîner *WD au restaurant Apicius - 5 - dîner chez l'ami de Marc Veyrat
(Bulletin WD N° 161 051212) Bulletin n° 161 : 1 - salon des vignerons indépendants - 2 - dîners chez des amis - 3 - Dom Pérignon aux Caves Legrand - 4 - dîner de grands chefs chez Jean Bardet
(Bulletin WD N° 162 051219) Bulletin n° 162 : 1 - dîner d'amis à l'hôtel Meurice - 2 - déjeuner chez Laurent avec Pétrus 1915
le réveillon du 31 décembre samedi, 31 décembre 2005
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Ce blog n’est pas un guide au sens classique. C’est plus le roman d’aventures d’un passionné de vins anciens et de gastronomie.
On peut accéder à ce blog en cherchant sur un mot (restaurant, vin, année, un plat) ou en suivant le calendrier où les titres de chaque sujet sont indiqués. Pensez à aller sur d’autres pages que la première, car il y a des sujets passionnants à toutes les pages.
Le détail des prochains dîners se lit ici : https://www.academiedesvinsanciens.org/programme-des-diners/

(ouverture de Mouton 1918 dont l'étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)
Il n’est pas prévu – pour l’instant – de dialogue directement sur le blog, car je ne pourrais pas le gérer. Mais on peut m’adresser des questions, des commentaires, des suggestions par mail en se servant du formulaire que l’on trouve en cliquant sur ce lien : me contacter .
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Et sur Instagram à @françoisaudouze
diner de wine-dinners au restaurant de l’hôtel Meurice n° 61 jeudi, 15 décembre 2005
La seule déception à l’ouverture vient du bordeaux de mon année. Je l’annonce comme mort aux convives qui arrivent au bar où je les attends. Je fais mes recommandations d’usage comme l’hôtesse de l’air qui explique les consignes de sécurité. Je n’ai pas souvent révélé l’identité de mes convives, car je respecte cette participation à mes dîners qui est une décision privée, mais je ne peux pas m’empêcher de vous faire partager ma joie d’avoir accueilli Pierre Lurton et son épouse Carole qui se sont inscrits. Avec Pierre, dès que nous nous sommes rencontrés, nous aurions pu sauver l’endettement d’EDF et lui éviter de devoir investir dans des centrales nucléaires, tant le courant est passé entre nous. Au salon des grands vins, il m’avait fait l’honneur de m’associer à la présentation des deux immenses vins qu’il produit, Cheval Blanc et Yquem. Et l’idée d’un dîner a pris corps, dans l’esprit – c’est ce qu’il voulait – de mes dîners, sans qu’on y change rien. Autour de la table des amis de toujours, fidèles enthousiastes de ces dîners, un inconnu avec lequel la sympathie est immédiatement née, et un groupe de solides amateurs, connaisseurs de bons vins, avec lesquels aussi un seul contact avait suffi pour que l’osmose se fasse. C’est dire si la table fut joyeuse, Pierre Lurton au torse rayé d’un récent trait bleu fort méritoire, d’une belle humeur, racontant de belles anecdotes.
Un détail m’avait plu. Nous buvions au bar en attendant des convives un champagne que je trouvais assez léger et un peu court. Pierre Lurton le trouva bon, alors que dans le groupe auquel il appartient, il y a de solides valeurs. Cette simplicité présageait que nous partagerions de bons et grands moments.
Le menu composé par Yannick Alleno, d’une homogénéité de ton remarquable est d’une élégance rare : Velouté de Châtaignes aux copeaux de truffes blanches / Dos de Bar étuvé aux coquilles Saint-Jacques, émulsion de coques, mousseline de pomme de terre rate, beurre végétal / Ormeaux cuisinés au beurre salé, ragoût de haricots de Paimpol / Filet et côtes d’agneau de lait des Pyrénées, Bayaldi d’aubergines aux aromates, et aux oignons croustillants / Volaille de Bresse au foie gras et aux truffes noires / Ravioles transparentes de mandarine, émulsion au basilic / Croquant au chocolat blanc et pralin, Glace à l’essence de truffe blanche.
Le magnum de champagne Pommery 1988 servi à table montre immédiatement – merci champagne inconnu qui l’a mis autant en valeur – une richesse de ton, une longueur et un charme impressionnants. J’avais ouvert ce champagne il y a deux ans en format de six litres qui l’avait haussé à un niveau assez exceptionnel. Ce magnum est aussi de grande valeur. C’est la truffe blanche extrêmement expressive qui propulse ce champagne à des hauteurs gustatives rares.
Sur le bar, particulièrement émouvant, deux vins. Le Chassagne-Montrachet Louis Latour 1979 a une couleur soutenue, un nez intense, mais j’ai peur qu’il paraisse un peu faible à coté du jeune et bouillonnant Corton Charlemagne Bouchard Père & Fils 1997. Avec le plus jeune, il y a des bouquets d’épices qui partent dans toutes les directions. Mais le Chassagne, plus constant, plus tenace, d’une trace plus marquée va séduire toute la table. Pas un convive ne signalera je ne sais quelle fatigue liée à l’âge car il n’y en a pas. Les deux vins sont opposés mais se justifient chacun dans son rôle, le plus jeune et le plus mûr. Lors de ce repas le cœur pencha plutôt pour l’ancien. Un signe qui ne trompe pas, on pouvait passer d’un vin à l’autre sans la moindre difficulté.
Ayant annoncé que le Château Pontet-Clauzure, saint-émilion 1943 était mort, nous eûmes plutôt une agréable surprise. Un des convives l’imagea en disant que le comateux respirait encore, mais il ne faisait que cela. Le vin n’était pas sauvable, même si le témoignage n’était pas totalement perdu. De toute façon, nous n’avions aucun mal à l’oublier, car le Château Palmer 1959 fait partie de ces bouteilles qui chantent la gloire du bordelais. Pierre Lurton qui venait de boire il y a deux jours Cheval Blanc 1959 penchait naturellement vers son poulain, mais ce Palmer est un immense vin, meilleur, car on est en situation de repas, que celui bu à l’académie des vins anciens (bulletin 155). Le nez est élégant, raffiné, et en bouche, le vin est chaleureux, puissant sans être imposant, avec une longueur qui n’appartient qu’aux grands vins. Je ne suis pas un spécialiste des ormeaux, et l’un des convives signala qu’ils n’avaient pas été assez battus, ce qui les aurait rendus plus souples en bouche. C’est certain qu’ils étaient fermes. Mais le goût intense était une merveille sur le Palmer. J’avais évidemment voulu faire un petit clin d’œil en ajoutant une demi-bouteille de Château Cheval Blanc 1960. Ayant abondamment parlé de mes méthodes d’ouverture des vins, ce 1960 d’un épanouissement rare étonna Pierre Lurton qui ne s’attendait pas à ce que cette année que peu de gens ouvrent, et en plus en demi-bouteille, puisse atteindre ce niveau.
L’agneau, quand il est traité de cette belle façon, met admirablement en valeur les qualités de la Bourgogne. La Tâche, Domaine de la Romanée Conti 1981 est d’un charme dense. En attendant mes convives au bar, j’avais croqué quelques olives vertes. Ayant en tête les parfums des trois bourgognes, j’eus soudain cette image : le charme déroutant d’un bourgogne, c’est un peu comme l’approche gustative d’une olive que l’on croque, qui vous trouble par le sel, l’amer qui se fondent pour produire paradoxalement un effet plaisant. Les goûts ne sont évidemment pas les mêmes, ce sont les sensations qui se ressemblent. La Tâche est très beau, solide message de sérénité. Le Chambertin Domaine Audiffred fournisseur de SM Napoléeon III, 1911 est absolument émouvant. Ce vin de 94 ans n’a pas une ride. Il déroule son charme comme doit le faire un grand chambertin. Et cela paraît si naturel, si facile. On a un témoignage qui n’a pas une trace de vieillissement, un vin qui remplit la bouche joyeusement avec une longueur extrême. Et tout s’est joliment intégré.
Le Pommard Grands Epenots Michel Gaunoux 1974 nous grise encore plus. C’est un vin qui déroule encore plus de subtilité. Plus délicat, plus en dentelle, il est diablement charmeur. Ce vin que j’ai bu souvent, dont au dernier dîner (le 50ème) au même Meurice, et que j’ai bu avec émotion dans sa version 1926, est un vin éblouissant. Nous avions trois expressions très complémentaires de la Bourgogne, une institution avec La Tâche, une permanence historique avec un fringant chambertin, et un charme redoutable avec un Pommard d’une superbe facture. Nous étions comblés.
Sur le délicieux dessert, le Château d’Yquem 1962 brilla des feux de sa couleur dorée, des parfums que la bouteille et les verres dégageaient à l’envi, et de cette trace en bouche à la puissance inimitable. Comment placer cet Yquem dans une perspective historique ? Il est moins typé que certaines grandes années, mais sa solidité sereine le place dans la lignée des solides Yquem au goût d’Yquem.
Le vin de paille Jean Bourdy 1947 me bouscula. Je ne suis pas très fanatique des vins de paille, aussi le charme et surtout la complexité de ce vin me bouleversèrent. Sur le dessert marqué de truffe blanche, ce fut absolument divin. Le jurassique enfant brilla comme une star.
Au moment des votes, ce qui est amusant c’est que la mémoire se porte plus volontiers sur les vins les plus récents, les derniers du repas. Le vin de paille obtint quatre places de premier et neuf votes, le château d’Yquem obtint trois places de premier et huit votes, le Pommard, le Cheval Blanc et le Palmer eurent chacun un vote de premier. Le consensus serait : vin de paille, Yquem, Chambertin, La Tâche et Pommard. Mon vote fut dans l’ordre : vin de paille Jean Bourdy 1947, Pommard Michel Gaunoux 1974, Chambertin Audiffred 1911 et Château Palmer 1959.
La salle de restaurant de l’hôtel Meurice est pleine de charme. La cuisine de Yannick Alléno est de plus en plus affirmée et d’une sensibilité talentueuse, le service est absolument impeccable et motivé. Mes vins étaient, comme Laure Manaudou, présents au bon rendez-vous. Ce fut, pour le dernier dîner wine-dinners de 2005, un grand dîner.
Dîner de wine-dinners au restaurant de l’hôtel Meurice jeudi, 15 décembre 2005
Bulletin 163
Les vins de la collection wine-dinners
Magnum de champagne Pommery 1988
Chassagne-Montrachet Louis Latour 1979
Corton Charlemagne Bouchard Père & Fils 1997
Château Palmer 1959
Château Pontet-Clauzure, saint-émilion 1943
½ b Château Cheval Blanc 1960
La Tâche, Domaine de la Romanée Conti 1981
Chambertin Domaine Audiffred fournisseur de SM Napoléeon III, 1911
Pommard Grands Epenots Michel Gaunoux 1974
Château d’Yquem 1962
Vin de paille Jean Bourdy 1947
Le menu composé par Yannick Alleno
Velouté de Châtaignes aux copeaux de truffes blanches
Dos de Bar étuvé aux coquilles Saint-Jacques, émulsion de coques, mousseline de pomme de terre rate, beurre végétal
Ormeaux cuisinés au beurre salé, ragoût de haricots de Paimpol
Filet et côtes d’agneau de lait des Pyrénées, Bayaldi d’aubergines aux aromates, et aux oignons croustillants
Volaille de Bresse au foie gras et aux truffes noires
Ravioles transparentes de mandarine, Emulsion au basilic
Croquant au chocolat blanc et pralin, Glace à l’essence de truffe blanche
Les vins des réveillons mercredi, 14 décembre 2005
C'est aussi l'occasion de marquer un certain style dans les choix de vins, chose que j'adore.
Voici ce que j'ai choisi :
Soir du 24
- champagne Salon 1988
- Château de la Muyre, vin blanc, Côtes du Jura 1969
- Château La Croix Saint Georges Pomerol 1975
- Château Lafite Rothschild 1987
- Pavillon sec de Château Guiraud, 1er Grand Cru de Sauternes 1964
Déjeuner du 25
- champagne Salon 1985
- Chablis Grand Cru Blanchots Vocoret 1996
- Petit Village Pomerol 1992
- Côte Rôtie La Landonne Guigal 1996
- Rimauresq Côtes de Provence 1985
- Monbazillac Louis Bert 1962
Réveillon du 31
· Fendant Pétillant Ravanay Les fils Maye SA Riddes 1959
· Champagne Krug Clos du Mesnil 1986
· Tokay Pinot Gris Hugel Sélection de Grains Nobles 1990
· La Mission Haut-Brion année illisible, vers 1915
· La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1992
· Hermitage rouge Domaine Chave 1998
· Château Gilette crème de tête 1949
Je pense que ça va être assez amusant d'explorer des vins inconnus pour moi comme le pavillon sec ou le fendant.
Le fendant, c'est pour balancer le Clos du Mesnil, pour qu'on ne se prenne pas trop au sérieux.
On verra. La balle est maintenant dans le camp des cuisiniers !
Dinner in restaurant of hotel Meurice with incredible combinations jeudi, 8 décembre 2005
Dîner au Meurice avec un sublime accord jeudi, 8 décembre 2005
Tout commence chez Marc Veyrat. Un de ses amis nous avait initiés à sa cuisine. Cette merveilleuse aventure est racontée dans le bulletin 158. Nous nous sommes revus chez lui. Il a réalisé une cuisine d'une sensibilité rare, c'est dans le bulletin 160. Ayant gagné un pari contre l'une des femmes de cette équipe, sur un de ces sujets dont le caractère « planétaire » n'a pas à être dévoilé, je choisis d'être invité au restaurant de l'hôtel Meurice, car ces amis grands gastronomes avaient envie d'entrer dans l'univers créatif de Yannick Alléno. L'enjeu de ce repas dépassant la valeur du pari, je promis d'apporter une bouteille.
Devant préparer les vins de futurs repas et ceux des réveillons, j'erre dans ma cave et je saisis quatre bouteilles, ayant en tête le menu que réalisera le chef. Le choix des bouteilles en cave est un de mes exercices favoris : imaginer les accords possibles est extrêmement excitant. J'arrive à 17h30 et j'ouvre le bordeaux. Odeur poussiéreuse mais sympathique. Le madère que je situerais volontiers vers 1870 (voire avant) car il est plus ancien que ce que j'ai annoncé à mes amis : 1890, a une odeur putride qui me fait peur. J'ai raison d'avoir peur, car elle ne veut pas s'estomper. Je m'occupe maintenant des deux bourgognes. Ces bouteilles sont lourdes comme des bouteilles du 19ème siècle, quand on ne comptait pas le poids du verre. Les capsules d'un rouge sang sont identiques, avec la mention très lisible « Chevillot Beaune ». Je vais sur internet pour rechercher ce que pourrait être ce vin sans étiquette, et je trouve un compte-rendu de John Kapon, cet américain fou de vin que j'ai rencontré à New York et à Paris pour partager de grandes bouteilles, qui indique un sublime Musigny Chevillot 1928. C'était à une manifestation organisée par Bipin Desai, cet ami américain qui fait les dégustations les plus extravagantes de la planète. J'avais déjà constaté que nous avons des coups de cœur communs : quand il aime un Pommard 1926, je l'aime aussi, quand il aime une Romanée Conti 1972, je l'aime aussi. J'ai estimé que ces convergences vaudraient aussi en cette circonstance. Il faut en effet un nom pour ce vin, comme on le souhaitait pour ce pianiste en habit échoué sur les côtes anglaises. Alors ce sera Musigny et 1928. L'expérience montra que c'est Musigny. L'idée de 1928 me plait assez, mais si on me démontrait (il est trop tard) que c'est 1899, je ne dirais pas non, pour une brassée d'indices relevés à l'ouverture. Et aussi parce qu'il me rappelle ce Musigny Coron Père & Fils 1899 qui est un des plus grands vins de ma vie. Appelons ces deux vins Musigny Chevillot 1928. Une bouteille est gravement basse et dégage une odeur affreuse à l'ouverture. L'autre a un niveau superbe et les émanations me comblent de joie.
Les bouteilles sont ouvertes et j'attends que mes amis et mon épouse arrivent. Nous avons choisi le menu dégustation en faisant remplacer l'une des viandes par le lièvre à la royale, dont ma parieuse est friande. Je voulais mettre le foie gras à la fin, « à l'ancienne », mais Yannick Alleno me dit que la sauce étant au Chambertin, la logique était plutôt dans l'ordre prévu. J'ai acquiescé. Voici ce menu : délicate gelée de bulots aux langues d'oursin, crème de riz et croûte aux algues / noix de coquilles Saint-Jacques au poêlon, bouillon léger de céleri aux châtaignes fraîches / médaillons de homard bleu vivement poêlés, confit de chou blanc à l'essence de truffe / foie gras de canard poché au vin de chambertin, pâtes gonflées au jus de truffe et fourrées d'une purée de pois /lièvre à la royale, petites pâtes coudées liées à la crème truffée / croustillant de sarrasin, fourré de crème de cabri ariégeois parfumé à l'huile de truffe blanche / cœur de poire rôtie, tuile à la fève de tonka glacée au caramel au beurre salé / palet fondant au chocolat caraïbes, crème glacée aux spéculos.
Nous commençons par un champagne de Souza, cuvée les caudalies non millésimé que je trouve au nez un peu dosé pour mon goût, et en bouche, j'ai moins d'émotion que sur des cuvées moins prestigieuses de cette maison de Mesnil-sur-Oger dont j'aime le style. L'amuse-bouche est un peu la copie conforme du premier plat ce qui me crée une confusion. Le champagne hausse le ton de façon très significative sur le premier plat qui est un exemple de la virtuosité de Yannick Alléno. Il devient d'une justesse extrême, très Mesnil comme je les aime, et la preuve de son adéquation complète au plat est donnée quand on retire l'assiette vide. Le champagne redevient falot, tout en étant, toutes choses égales, un bon champagne. Le plat l'avait transformé.
Nous aurons la preuve inverse avec le second plat. Nicolas Rebut, sommelier compétent que j'apprécie beaucoup nous avait suggéré un Vouvray demi-sec les Monts Domaine Huet 2001. Avec le plat de coquilles Saint-Jacques extrêmement subtil, où le céleri et la châtaigne rivalisent de suggestions délicates, le Vouvray est tout pataud. C'est évidemment un vin de belle facture. Mais là, beaucoup trop affirmé pour le plat. La démonstration contraire de celle du champagne apparut avec la même évidence : dès que l'assiette est enlevée, le pataud devient ballerine, joyeux et fluide en bouche. Le plat l'avait inhibé.
Le homard est un monument de perfection. Que dis-je le homard, la sauce ! Et le Château Duhart-Milon, Pauillac 1962 est invraisemblable. Ce vin 'est' la sauce du homard. Il est devenu sauce du homard. A notre table, il y a de redoutables esthètes. L'un d'entre eux, est ému de la perfection gustative de cet accord, qui fait partie d'un des plus beaux qu'il ait eu l'occasion de vivre, au point qu'il commence à pleurer de bonheur. Il n'est point besoin de décrire le vin, et l'on en est bien incapable, car le vin « est » la sauce, comme Louis Jouvet « est » le docteur Knock. Le généreux chef ayant eu la riche idée de donner sur table des petites cassolettes de sauce, j'en piratai une, pour m'abîmer dans le plaisir de cet accord incommensurable.
Des deux bouteilles de Musigny 1928, puisque c'est comme cela que nous les avons vécues, laquelle allait être servie la première ? Les odeurs de la plus basse m'avaient interpelé, que boirait-on d'abord ? La bonne ou la mauvaise ? On opta pour la dite mauvaise, mais je voulus goûter les deux. La « mauvaise » est superbe, joyeuse, si on sait faire la part des petites imperfections qui n'agacent pas et ne cryptent pas le message. La « bonne » me cloue sur place. Mon ami qui m'observait fut émerveillé : « comment peux-tu, après tout ce que tu as bu, encore éprouver des sensations aussi fortes ? ». J'avais en bouche une de ces émotions qui m'annonçaient immédiatement qu'il y avait là l'un des plus grands vins de ma vie.
Le foie gras est superlatif. Immense. Avec le Musigny Chevillot 1928 plus fatigué, un accord prodigieux. Et on oublie que le vin a des chaussettes sales. Il dégage cette beauté bourguignonne râpeuse, rugueuse, d'un noble mineur de fond. On peut chercher les sous-bois, champignons, mais qu'importe, sur une chair d'une sensualité de texture et d'une personnalité de goût, le vin est là, serein quoique fatigué, donnant en bouche une myriade de saveurs inattendues.
Le deuxième Musigny Chevillot 1928 est la perfection absolue de la Bourgogne. J'ai pensé à quelques amis grands vignerons de cette région à qui j'aurais aimé faire goûter un bourgogne qui est parfait, pour qu'ils sachent ce qui me fait vibrer de leur si grandiose région. Est-il parfait à cause de Chevillot, je ne sais pas. Mais ce vin, à ce moment, est à un équilibre inatteignable de toutes les composantes de la belle Bourgogne. Râpeux, dérangeant comme je les aime, mais virevoltant pour vous embobiner le palais. Un vin qui rejoint mon Panthéon. J'ai encore, en écrivant ces lignes, la satisfaction d'avoir touché ce qui fait de ces vins des énigmes gustatives paralysantes et confondantes de séduction déroutante. Ce vin a la folie d'un Verlaine quand il écrit ses poèmes les plus beaux, et celle d'Egon Schiele quand il torture sur sa toile les formes et les couleurs. C'est le foie gras du lièvre qui se marie mieux que le lièvre aux saveurs variables, doucereux sur certaines portions et gibier sur d'autres. J'ai trouvé ce lièvre un peu intellectuel. Je l'aurais aimé plus canaille, plus prolétaire. Mais à chaque chef son interprétation de cette institution.
Il fallait bien sûr que sur le lièvre apparaisse aussi le Madère 1890. C'est ce que j'avais annoncé mais il est beaucoup plus vieux, car son bouchon est l'exacte réplique du bouchon du Chypre 1845 que je vais raconter plus loin : sa taille a la moitié de la dernière phalange d'un auriculaire. Je pestais parce que le voile qui masquait sa valeur n'était pas parti. Mes amis, sont-ils polis ou sincères, l'apprécient. Dans mon coin, j'enrage. Et voici que tout à coup, par un de ces miracles que j'ai plusieurs fois observés, le masque tombe. La pellicule, le voile, qui masquaient la beauté de ce vin, s'effacent et le vin s'illumine. C'est un madère assez curieux car il est joyeux, rond, presque fruit rouge, ce qui n'est pas l'exacte définition d'un madère. Mais c'est beau, chaleureux, remplissant la bouche d'une belle splendeur.
L'ennui, c'est que ce réveil – qui n'effaçait pas tout à fait les blessures, mais on idéalise ce qui se réveille – apparut sur un fromage pas vraiment nécessaire dans le voyage intense que nous vivions. Les desserts raccrochèrent un wagon de délices à ce cortège de sensations d'une richesse inouïe.
Ce repas dégustation révèle clairement trois facettes de la cuisine de ce chef que je compte parmi les plus grands. Il y a la facette virtuose, pour le bulot ou le lièvre, et ce n'est pas celle qui parle le plus à mon cœur. Il y a la facette sentimentale, du cuisinier généreux et sensible, qui s'exprime dans le foie gras et la coquille Saint-Jacques. Là, je le suis, car on est dans la ligne de mes vins, qui aspirent à cette finesse. Enfin il y a le homard, que Yannick traite en empereur, chef d'œuvre de sérénité.
Un chef explore des pistes différentes, car il faut satisfaire tous les goûts. Et Dieu sait s'il n'existe pas un seul goût. Le Duhart-Milon fut d'une exactitude inégalable. Un Musigny 1928 fut « la» plus belle expression possible de la Bourgogne. De tels moments sont d'une richesse infinie.
Dîner de wine-dinners au restaurant Apicius vendredi, 18 novembre 2005
Bulletin 160
Les vins de la collection wine-dinners
Chablis Grand Cru Blanchots Domaine Vocoret 1996
Maury Mas Amiel 1974
Riesling Cuvée Frédéric Emile, Vendanges Tardives, Trimbach 1990
Château Mouton Rothschild 1962
Château Paveil de Luze Haut Médoc 1937
La Tâche, Domaine de la Romanée Conti 1957
Château Chalon Jean Bourdy 1947
Château d'Yquem 1984
Madère vieux, mis en bouteille en 1893
Le menu composé par Jean Pierre Vigato
Cuillers « dégustation »
Foie gras de canard poêlé au chocolat noir et poudre d’orange
Homard cuit-cru à la citronnelle
Petit pâté chaud d’oiseaux….
Râble de lièvre à la broche et compote, « comme à la Royale »
Vieux Comté et pommes de terre aux noix
Pommes en feuille à feuille, miel de cassonade à l’orange
Mignardises