académie des vins anciens – séance du 8 juin – des vins éblouissants jeudi, 8 juin 2006

Devant préparer l’ouverture des vins de l’académie des vins anciens, j’ai le temps de faire un détour à la maison du Japon où plusieurs vignerons des Beaumes de Venise présentent leurs vins. La jolie organisatrice de cet événement m’accueille avec un large sourire plus parisien que nippon. Je goûte quelques rouges intéressants et prometteurs, présentés avec d’originaux mets japonais d’une belle réussite. Je ne prétends pas devenir un prescripteur de ces vins, mais la simplicité des rouges m’a plu.

L’académie des vins anciens tient sa troisième séance officielle à la Résidence Maxim’s. L’idée était de boire les vins des académiciens sur un vrai repas, au lieu de fromages qui, même délicieux, ont du mal à captiver l’ensemble de l’assistance sur la durée totale d’une longue soirée. La préparation donna lieu à des échanges agréables avec une équipe motivée et un chef attentif et intelligent. L’envie de réussir se sentait avec force.

A partir de quinze heures, j’ouvre les bouteilles, recevant le renfort d’académiciens désireux d’apprendre de petits trucs qu’ils ne connaîtraient pas. Dans cette ambiance bon enfant, peuplée d’histoires qu’on se raconte, pas une seule bouteille bouchonnée n’est à signaler. Deux bouteilles ont des niveaux au-delà de la vidange. Une me paraît définitivement morte. Les autres vont profiter d’un oxygène qui va gommer toutes les petites imperfections que le premier examen olfactif révèle.

Malgré une grève de la RATP et d’immenses encombrements qui eux seuls ont un goût de bouchon, les académiciens sont d’une exactitude exemplaire (quand on aime, on ne compte pas les quelques retards). J’avais prévu de faire face à des arrivées non synchrones en offrant au bar de la résidence le champagne que buvait ma famille depuis trois générations, déjà goûté à la précédente réunion de l’académie : le champagne Léon Camuzet non millésimé de Vertus, que je situe à environ 15 ans d’âge. Son petit goût évolué charmant m’a permis de jauger l’acceptation de plusieurs académiciens au goût des vins anciens. Quelques uns l’ont adoré, car cette évolution lui donne un charme subtil fait de fruits blancs. D’autres ne comprennent pas. Ils auront compris ce soir.

Nous sommes environ 50 pour 50 vins. Les vins sont répartis en trois groupes dont je donne ici le détail, dans l’ordre de service :

Groupe 1 : Champagne Léon Camuzet environ 15 ans - Champagne Gonet 1973 - vin nature de champagne Saran, blanc de blancs Moët 1950 - Bâtard Montrachet Chanson 1959 - Montrachet  domaine Bichot 1943 - Château Saint Georges, St Georges St Emilion 1961 - Château Taillefer Puisseguin Saint-Emilion 1966 - Château La Louvière rouge 1967 - Chateau La Gaffelière 1949 - Château Montrose 1934 - Château Gruaud Larose Faure Bethmann 1928 - Fleurie Beaujolais 1943 - Richebourg Charles Noëllat 1974 - Vosne Romanée Réserve Reine Pédauque 1945 - Cave Jean Bourdy, Blanc vieux d'Arlay 1907 - Domaine du Pin 1ères Côtes de Bordeaux 1937

Groupe 2 : Champagne Léon Camuzet environ 15 ans - vin nature de champagne Saran, blanc de blancs Moët 1950 - Bourgogne Aligoté Barozzi 1950 - Montagny Barozzi 1949 - Meursault (?) 1953 - Tokay de Riquewihr 1966 (Dopff et Irion) - Riesling Kaefferkopf 1983 Jean-Baptiste Adam  - Riesling Sélection de Grains Nobles Hugel 1976 - Clos Joliette 1974 Jurançon - Vin Jaune d'Arbois 1966 domaine de la Pinte - Cos d'Estournel 1966 - Château Pontet Canet 1964 - Château d'Arsac Margaux 1925 - Gevrey Chambertin J. Faiveley probable 1947 - Château Chalon Jean Bourdy 1928 - Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983 - Barsac (?) 1937 - Rivesaltes ambré 1955 - Maury 1928

Groupe 3 : Champagne Léon Camuzet environ 15 ans - Champagne Deutz 1978 - Pouilly-Vinzelles 1956 de Cabet-Frères - Montrachet Bouchard 1988 - Château Bellefont Belcier (Saint Emilion) 1964 - Mouton Baron Philippe (d'Armaillac) 1959 - Château Haut-Brion 1925 - Bourgueil Sélection Vieilles Vignes 1989 du Domaine des Ouches - Cave Jean Bourdy, Côtes du Jura rouge 1945 - Hautes Côtes de Nuits J. et M. Gauthet 1969 - Volnay 1957 de De Moucheron - Beaune Champimonts 1er Cru Joseph Drouhin 1948 - Gevrey Chambertin Marius Meulien 1933 - Corton Clos du Roy L.A. Montoy 1929 - Montlouis Demi-sec 1983 de Fradin-Georges - Banyuls hors d'âge, Dom du Mas Blanc, Parcé, sostera - Rivesaltes ambré 1955 - Cognac trois quarts de siècle Tiffont # 1874.

Chaque groupe a pu profiter de vins de grande qualité avec un profil différent selon les tables, celles du groupe 2 bénéficiant d’un plus grand nombre de blancs, et celles du groupe 3 d’un plus grand nombre de bourgognes. Il faut rappeler, afin que nul ne l’oublie que la qualité de l’événement dépend de la qualité des apports de chacun. Quand on est généreux, on partage de grands vins. Ce fut le cas ce soir.

Le repas fut fort intelligent, le chef ayant eu le courage de simplifier sa cuisine pour se mettre au service des vins. Voici le menu : grosses gambas de la Méditerranée à la plancha / volaille fermière des Landes rôtie, écrasé de pommes Charlotte à l’huile d’olive / sélections de fromages de Bernard Antony / les abricots Bergeron en tarte feuilletée à l’amande de Provence, éclats de pistache.

Tous ont remarqué comme ce fut adapté et fort bon. Le service des vins était difficile pour une première fois, car respecter l’ordre des vins quand des changements dans les vins apportés ont eu lieu jusqu’à la dernière minute, ce n’est pas facile. Ce qui fait que les membres du groupe 1, dont je faisais partie, qui devaient boire le Riesling Sélection de Grains Nobles Hugel 1976 que m’avait offert Jean Hugel pour la circonstance, empêché qu’il était de venir, virent que ce délicieux nectar, d’une année phénoménale, fut apprécié par le Groupe 2. Réagissant avec célérité, je pus capter quelques gouttes de ce merveilleux Riesling doré et d’une persistance aromatique extrême, que je partageai avec l’une des plus fidèles et jolies académiciennes assise à mes côtés.

Quelques commentaires sur les vins de notre groupe. Le champagne Gonet 1973 est manifestement avancé. La bulle existe, mais fragile, la couleur est ambrée. On est dans un autre monde. Mais si l’on accepte la logique de ce vin, on lui découvre de belles subtilités. Un champagne expressif que je verrais bien avec une truffe ou du foie gras. Le vin nature de champagne Saran, blanc de blancs Moët 1950 est un peu de la même veine. Il n’a pratiquement plus de bulle, il est aussi fort foncé. Des convives vont le trouver d’une subtilité rare. Il y avait à ma table de solides palais, acquis à la cause des vins anciens. J’ai moins aimé le Saran que le Gonet, à cause d’une petite amertume juste après le milieu de bouche qui m’a un peu gêné.

Le Bâtard Montrachet Chanson 1959 est un vin délicieux. D’un jaune citron signe de pure jeunesse, d’un nez franc et direct, il occupe la bouche avec gentillesse. C’est un merveilleux blanc bien arrondi au plaisir sans complication. Je l’aime bien sûr, parce que c’est le mien, réflexe naturel qu’auront beaucoup d’académiciens, fiers de leur vin.  Le Montrachet Bichot 1943 a un beau niveau, une couleur foncée. Il rebute un peu car il montre son âge. Mais quand on veut le comprendre, on sent toutes les qualités qu’il a, légèrement voilées par son vieillissement. Un bras amical me tend un verre de Montrachet Bouchard 1988. J’en reconnais le pedigree instantanément, car les Montrachets de ce domaine, je les connais sur le bout des lèvres. Quel grand vin et quel cadeau pour l’académie !

Le Château Saint Georges, St Georges St Emilion 1961, encore un de mes enfants, est fort civil et plaisant. Une belle couleur d’un beau rubis de jeunesse et un niveau parfait. Un goût solide de 1961. Vin sans histoire, très rassurant. Mon ami hollandais qui a apporté le Montrose 1934, qui aime assez peu les vins anciens, est tombé en admiration totale pour ce Château Saint-Georges qu’il a trouvé d’un épanouissement idéal. Les deux bordeaux qui suivent sont un peu plus difficiles à suivre. Car le Château Taillefer Puisseguin Saint-Emilion 1966 et le Château La Louvière rouge 1967 n’ont pas des trames très solides. L’âge les a ‘dentellisés’, et leur goût éphémère laisse peu d’empreinte. Le Chateau La Gaffelière 1949, ça c’est du sérieux. Ça cause, comme dirait Zazie. C’est un beau vin auquel 1949 donne une élégance raffinée. On se complairait à ne boire que de tels vins.

Je suis très admiratif du Montrose 1934 au message subtil, dans la lignée historique de Montrose, et meilleur que d’autres Montrose 1934 que j’ai bus, dont celui avec Bipin Desai, dans cette verticale de légende. Très pur, strict, archétypal, il récite le terroir de Montrose à la perfection.

J’ai l’expérience de Gruaud Larose 1928, aussi bien Faure-Bethmann que Sarget. Celui-ci, un Faure-Bethmann, est souple comme un 1928. Décidément, les vins de ce soir se calent dans le moule de leur année. Grand bordeaux au discours clair, sans surprise, généreux exemple de l’intérêt de l’académie.

Soudain mon cœur s’enflamme quand on me fait goûter le vin qui vient. Je me trémousse, je glousse, je l’agite sur ma chaise, car c’est beau comme une midinette en robe vichy. Le Fleurie 1943 a un nez à se pâmer, d’une séduction coquine. Et en bouche c’est un bourgogne plein de talent, défroqué de sa soutane beaujolais.

J’ai dû passer mon tour pour le Richebourg Charles Noëllat 1974, car je n’en ai pas le souvenir. Je boirai son aîné d’un an demain avec des amis de tous pays. Passant de table en table, j’ai peut-être été oublié, de ce vin que j’avais apporté, par notre efficace serveur Thibaud. Mais le Vosne Romanée Réserve Reine Pédauque 1945 compte double. Ça c’est bourguignon. Un nez éblouissant, et toute la chaleur humaine d’un vin qui vit. J’avais demandé qu’on me fasse goûter l’un de mes enfants, le Gevrey Chambertin Marius Meulien 1933 dont j’étais si fier à l’ouverture : un nez magistral. Là, en bouche, il est immense de jeunesse de robe, de nez chaleureux, et de puissance de feu dans mon palais conquis. Je suis tellement fier quand un vin démontre la vanité de toutes les idées surfaites sur les millésimes. Car 1933 ne passionne pas les foules depuis fort longtemps. Ce Gevrey est immense, comme l’est le Vosne Romanée 1945.

A propos d’année classée dans les médiocres, on m’apporte quelques gouttes de Château d'Arsac Margaux 1925. Vin très subtil, aux évocations de fraises des bois, de fruits rouges. Adorable témoignage d’un vin policé.

Hélas, le doyen de cette soirée, le Blanc vieux d'Arlay Cave Jean Bourdy 1907  est fort désagréable. Un côté glycériné, animal, gêne d’en saisir toute la complexité qu’on devine sans en jouir. Une gorgée du Château Chalon Jean Bourdy 1928 raccroche mon palais au wagon du Jura. Très beau vin jaune au goût naturel, qui donne une réplique théâtrale aux fromages de Bernard Antony appréciés de tous.

Encore un de mes bébés, le Domaine du Pin 1ères Côtes de Bordeaux 1937, va surprendre les deux tables de notre groupe. L’élégance d’un sauternes, une trace en bouche d’une belle consistance qu’on n’attendrait pas de cette appellation. J’ai senti que chacun en profitait.

Je n’ai pas goûté mes autres bébés, le Gevrey-Chambertin Faiveley # 1947 et le Corton Clos du Roy 1929. J’ai pu en revanche constater combien le Côtes du Jura rouge Cave Jean Bourdy 1945 est un vin d’une subtilité extrême, tellement plus à l’aise en dîner que dans la verticale analytique que nous avons faite à Besançon. Le Volnay Moucheron 1957 au niveau plus qu’extrêmement bas avait bien survécu, comme son auteur vint me le prouver fièrement.

Un académicien nous fit goûter un alcool assez exceptionnel, un Cognac trois quarts de siècle Tiffont # 1874, cognac fait avec deux fûts dont un de 1854 et l’autre de 1904, qui, du fait de l’évaporation, n’ont produit que 120 flacons, lors de leur mise en bouteille en 1979, quand M. Tiffont eut 100 ans. Une pureté, une précision, une légèreté de bois assez remarquable. Ce fut un joli point final à une dégustation rare.

Difficle de faire un classement des vins que j’ai bus. Je m’y risque, avec l’impartialité qui me fait aimer mes bébés aux deux premières places. En un, Gevrey Chambertin Marius Meulien 1933. En deux, Bâtard Montrachet Chanson 1959, en trois, Montrachet Bouchard 1988. En quatre, le Fleurie 1943. Et mention spéciale pour le cognac, le Vosne Romanée 1945 et le Montrose 1934.

La générosité des académiciens a permis de rassembler des bouteilles spectaculaires. Comment pourrait-on autrement accéder à des témoignages historiques de la plus haute valeur sans devoir sacrifier des budgets considérables ? Chacun ressentait que l’on trouvait en cette troisième édition un rythme de croisière prometteur. Car la clef de la réussite de l’académie, c’est la générosité des membres. Et ce soir, elle fut grande. Vivement la prochaine.

académie du 8 juin – rapport d’un académicien jeudi, 8 juin 2006

Roman" color="#000000" size="5">Académie des vins anciens

Roman">Résidence Maxim’s 8 juin 2006

Roman" color="#000000" size="3">Très belle table, la n°4, studieuse également 

Roman" color="#000000" size="3">Nous avons votés à l’unanimité 1er, 8 votes

Roman">pour le Gevrey-Chambertin Marius Meulien 1933

Roman" color="#000000" size="3">Robe sombre, Nez franc de sous-bois humide, de truffe et de poivre noir. Quelle fraîcheur!

Roman" color="#000000" size="3">Bouche ample, gourmande, petits fruits noirs mêlés, cassis, myrtille et fraise des bois.

Roman" color="#000000" size="3">Finale ré glissée, tabac blond et café, un vin étonnant, élégant et canaille, superbe.

Roman" color="#000000" size="3">On lui aurait donné 50 ans de moins..

Roman">Les deux autres vins  de notre tiercé, arrivent à égalité avec 5 votes chacun.

Roman" color="#000000" size="3">Mouton Baron Philippe 1959 (d’Armaillac)

Roman" color="#000000" size="3">Belle robe rubis foncée avec des reflets orangés, Nez agréable et subtil de fruits noirs, cuir, et de champignons sauvages. Bouche généreuse et soyeuse, prune, chocolat, et fruits compotés.

Roman" color="#000000" size="3">Finale longue et élégante, un grand Vin.

Roman">Montrachet 1988 Bouchard Père et fils

Roman" color="#000000" size="3">On en boirai à en pleurer ! Quelle classe, très élégant.

Roman" color="#000000" size="3">Belle robe jaune-or intense, Nez expressif sur les fruits mûrs et le pain grillé, agrumes et fleurs blanches. Bouche suave de beurre frais de fruits jaunes, mirabelle et poire, crémeuse à souhait. Un vin virtuose : Finale opulente et riche, rehaussée d’une note minérale.

Roman">J’ai osé les noter sur 100 points :

Roman" color="#000000" size="3">Gevrey-Chambertin 1933             95/100, vu la rareté de ce vin, il est donc hors classement

Roman" color="#000000" size="3">Mouton Baron Philippe 1959       92/100  très beau vin à maturité

Roman" color="#000000" size="3">Montrachet 1988  Bouchard         96/100 vin de référence pour l’Appellation Montrachet

Roman" color="#000000" size="3">Encore merci François pour cette dégustation d’exception !

Roman" color="#000000" size="3">Amitiés

Denis Garret

Remarque de François Audouze : je suis particulièrement fier que ce vin de 1933 vienne de ma cave !

académie des vins anciens – séance du 8 juin mercredi, 7 juin 2006

La séance se tiendra à la résidence Maxim’s, en face du restaurant Laurent. J'ai réservé deux salons et j’ai prévu un dîner assez simple, mais plus agréable que le seul plateau de fromages.

Le coût est de :

-Roman" size="1">          100 € pour celui qui apporte une bouteille ancienne acceptée (définition ci-après)

-Roman" size="1">          140 € pour celui qui apporte une bouteille non ancienne acceptée (définition ci-après)

-Roman" size="1">          180 € pour celui qui vient sans bouteille

Le prix est plus élevé car on entre dans la logique d’un repas assis. Et il faut que l'on puisse couvrir des aléas.

Est ancienne une bouteille :

-Roman" size="1">          de rouge ou de liquoreux d’avant 1962

-Roman" size="1">          de blanc ou de champagne d’avant 1985

Est non ancienne une bouteille que j’accepte, plus jeune que les dates indiquées.

académie des vins anciens – séance du 8 juin – situation au 29 mai mercredi, 7 juin 2006

Message adressé à tous les inscrits.

Voici la situation du groupe dont vous êtes leader, ou votre situation si vous venez seul.

Merci de confirmer si votre groupe est bien composé des personnes indiquées.

J’ai supposé qu’une personne paiera pour la totalité du groupe. Si ce n’est pas le cas, me l’indiquer, en informant bien la personne qui paie des sommes qu’il aura à payer.

Me donner le nom des personnes qui paient, si je ne les ai pas.

Merci de me confirmer aussi si votre ou vos vins sont bien conformes à la liste ci-dessous. Si vous prévoyez de changer un vin, me le dire.

Les vins doivent obligatoirement être remis avant le 1er juin chez Henriot, 5 rue La Boétie 75008 Paris (téléphone de Mme Martine Finat : 01.47.42.18.06 )

La réception à 19 heures étant faire par des bénévoles, tout ce qui simplifiera le contrôle du paiement sera le bienvenu.

A ce sujet, le paiement anticipé par chèque à l’ordre de « François Audouze – AVA », envoyé à l’adresse ci-dessous, simplifierait beaucoup les choses. Il arrangerait aussi  AVA puisque j’ai payé des arrhes à la Résidence Maxim’s.

Si tout est conforme, répondez quand même. Il serait utile que tous les fichiers soient à jour.

Pour finir sur une note moins administrative, voici la liste des vins annoncés :

Cave Jean Bourdy, Blanc vieux d'Arlay 1907  -  Château d'Arsac Margaux 1925 -  Château Haut-Brion 1925 -  Maury 1928 -  Château Gruaud Larose 1928 -  Château Chalon Jean Bourdy 1928 -  Corton Clos du Roy L.A. Montoy 1929

Gevrey Chambertin Marius Meulien 1933 -  Château Montrose 1934 -  Barsac (?) 1937 -  Domaine du Pin 1ères Côtes de Bordeaux 1937 -  Montrachet  domaine Bichot 1943 -  Fleurie Beaujolais 1943 -  Cave Jean Bourdy, Côtes du Jura rouge 1945

Vosne Romanée vieille Réserve 1945 -  Gevrey Chambertin J. Faiveley probable 1947 -  Beaune Champimonts 1er Cru Joseph Drouhin 1948 -  Chateau La Gaffelière 1949 -  Montagny 1949 -  Aligoté Darozzi 1950 -  vin nature de champagne Saran, blanc de blancs Moët 1950

vin nature de champagne Saran, blanc de blancs Moët 1950 -  Meursault (?) 1953 -  Mouton Baron Philippe (d'Armaillac) 1959 -  Bâtard Montrachet Chanson 1959 -  Château Bellefont Belcier (Saint Emilion) 1964 -  Cos d'Estournel 1966 -  Château Taillefer Puisseguin Saint-Emilion 1966

Vin Jaune d'Arbois 1966 domaine de la Pinte -  Tokay de Riquewihr 1966 (Dopff et Irion) -  Château La Louvière rouge 1967 -  Champagne Gonet 1973 -  Clos Joliette 1974 Jurançon -  Richebourg Charles Noëllat 1974 -  Riesling Sélection de Grains Nobles Hugel 1976

Montrachet Louis Jadot 1982 -  Riesling Kaefferkopf 1983 Jean-Baptiste ADAM   -  Coulée de Serrant Nicolas Joly 1983 -  Banyuls hors d'âge, Parcé, sostera

Le Montrachet samedi, 3 juin 2006

sur un forum, un sujet concerne le Montrachet. Je suis allé voir dans mes statistiques ce que j'ai bu depuis 6 ans. Voici ce que j'ai écrit sur le forum : la passion du vin

Voyant le sujet, j'ai voulu chercher quels sont les Montrachet que j'ai bus.
Si je les cite, on le sait maintenant, ce n'est pas pour la ramener, mais pour voir de quoi je peux être un témoin.
Voici la liste (sur les 6 dernières années seulement) :

****Montrachet Bouchard Père & Fils - 1864
****Montrachet Bouchard Père & Fils - 1865
Montrachet ? - 1906
***Montrachet Bouchard - 1923
Montrachet Chauvenet - 1928
Montrachet Maxim’s - 1929
Montrachet Albert Bichot - 1935
Montrachet Beuvrand de Poligny - 1935
Montrachet Roland Thévenin - 1945
Montrachet Roland Thévenin - 1945
Montrachet Roland Thévenin - 1947
Montrachet Diard - 1949
Montrachet Vincent Girard - 1949
**Montrachet Bouchard Père & Fils - 1953
Montrachet Comte de Moucheron Nicolas - 1955
**Montrachet Bouchard Père & Fils - 1961
**Montrachet Bouchard Père & Fils - 1961
**Montrachet Domaine de la Romanée Conti - 1967
****Montrachet Domaine de la Romanée Conti - 1970
Montrachet Moillard - 1974
Montrachet du Domaine de la Romanée Conti - 1976
Montrachet Baron Thénard Remoissenet - 1978
Montrachet du Domaine de la Romanée Conti - 1979
Montrachet Louis Latour - 1981
Montrachet Bouchard Père & Fils 1983
Montrachet Domaine René Fleurot - 1985
Montrachet Jacques Prieur 1986
Montrachet Grand cru Guichart Potheret en magnum - 1988
Montrachet Grand cru Guichart Potheret en magnum - 1988
Montrachet Guichard Potheret en magnum - 1988
Montrachet Bouchard Père & Fils 1990
***Montrachet Comtes Lafon 1990
Montrachet Guy Amiot 1992
Montrachet Robert Gibourg - 1992
Montrachet Marquis de Laguiche Joseph Drouhin - 1993
Montrachet Louis Jadot - 1995
Montrachet Louis Jadot - 1995
Montrachet Comtes Lafon - 1997
Montrachet Marquis de Laguiche - 1997
Montrachet Bouchard Père & Fils - 1999
Montrachet du Domaine de la Romanée Conti - 1999
Montrachet du Domaine de la Romanée Conti - 1999
Montrachet Bouchard Père & Fils - 2002
Montrachet Bouchard Père & fils - 2003
Montrachet Bouchard Père & Fils - 2004
Montrachet Bouchard Père & Fils 2004
Montrachet Domaine Jacques Prieur - 2004

Les points forts sont précédés d'étoiles.
Avant de goûter les deux plus vieux, qui sont irréellement bons (et je ne voulais pas y croire avant de les avoir bus tant leur âge est incroyable), mon meilleur Montrachet était celui de DRC de 1970.
Les deux : 1864 et 1865 sont de loin les plus grands.
Mais le Comtes Lafon 1990, en vin actuel, est un vin absolument immense.
J'ai bien aimé le Marquis de Laguiche 1997 en vin récent.

Le Montrachet, celui qui n'a que ce nom là, est un monde de saveurs rares.
L'ennui, c'est évidemment le prix, car la demande est forte.
Mais il faut au moins une fois se rendre compte de la perfection de ces vins.
Et ceux du 19ème siècle, quand on dit que c'est fabuleux, personne ne peut le croire, tant c'est invraisemblable.

dîner de wine-dinners au restaurant Le Divellec jeudi, 18 mai 2006

Cela faisait longtemps qu’on le bichonnait ce dîner avec Jacques Le Divellec. Des essais de plats, des mises au point, autant de prétexte pour se retrouver et parler de gastronomie. Lorsque j’arrive pour ouvrir les bouteilles, je sens l’équipe totalement motivée. Olivier, sommelier attentif, se réjouit de servir des flacons rares. Jacques Le Divellec est comme un jeune étudiant qui attend de passer un concours. C’est en effet un événement de création et d’amitié qui se prépare.

L’ouverture des bouteilles se passe sans aucune difficulté, comme par routine, mais j’ai une très grande surprise. J’avais annoncé Château Latour 1934 reconditionné en 2001. Or en enlevant la capsule, le bouchon est tout noir. Et en piquant le tirebouchon, je constate que le bouchon se brise en mille morceaux. Il s’agit manifestement du bouchon d’origine. Je lis l’étiquette, et je m’aperçois que j’avais fait un contresens. L’étiquette du château annonce bien Latour 1934 mais indique : « cette bouteille a été rhabillée au château en 2001 sous le numéro … ». Ce qui semble indiquer que l’on n’a touché à rien, ni au liquide de beau niveau ni au bouchon. On a seulement changé l’étiquette et la capsule. J’ai commis une erreur en lisant trop rapidement. Et c’est tant mieux, car une bouteille au bouchon d’origine a toujours un goût plus authentique qu’une bouteille rebouchée.

Mes convives sont cinq couples de jeunes et entreprenants résidents suisses dont les origines couvrent toute l’Europe. Les cinq femmes sont ravissantes et je m’en plains. Car concentrer sur un seul dîner autant de beautés merveilleuses est de la gourmandise. Ils arrivent tous ensemble et comme il fait beau, c’est sous les arbres de l’esplanade des Invalides que je donne les consignes habituelles, les femmes frémissant en silence sous la fraîche bise du soir.

Nous passons à table et pouvons lire sur un parchemin le menu créé par Jacques Le Divellec : Pieds de cheval de pleine mer / Carpaccio de turbot du pays breton / Bouquet printanier à la fricassée de casserons et coquillages / Grosses langoustines, au foie gras de canard poele / Mammifère rôti, échalotes confites, ail en chemise / Bar sur peau sauce lie de vin à la grenaille de Noirmoutier / Cassolette de homard à la nage de truffes / Bécasse rôtie sur canapé, purée de ratte /  Comté affiné /  Stilton / Composition fruitière d’agrumes. Jacques Le Divellec a brillamment simplifié les recettes, épuré les présentations, s’appliquant au goût pur de produits beaux et rares. Ce fut brillant.

Le Champagne Pommery 1987 ne me déçoit jamais. Facile à comprendre, frais, champagne de soif au beau message, il accompagne divinement de lourdes huîtres plates au parfum prononcé. Pour de si belles frêles bouches, il eut fallu des pieds de poulain plutôt que de cheval. L’association fut parfaite dans sa simplicité. Ce qui était spectaculaire, c’est que le goût du champagne faisait un prolongement, sans aucune rupture, avec la belle salinité des huîtres.

Le Champagne Krug Clos du Mesnil 1982 est seigneurial. Quelle profondeur de trame. Le Pommery était évidemment destiné à le mettre en valeur, pour qu’on constate sa richesse et sa perfection. Le turbot est la chair la plus élégante des chairs crues, car on profite de la personnalité du poisson sans subir la signature typée du carpaccio. La trace en bouche de ce merveilleux champagne est indélébile, marquée de fruits rouges confits, de fumé, de fleurs odorantes.

Les casserons sont de petites seiches à la chair délicate. Le Laville Haut-Brion blanc 1958 a pris une couleur dorée, son nez est magistral, et en bouche son élégance se découvre progressivement. Il s’épanouit, s’élargit, et c’est surtout avec les bulots que l’accord est intense. Beau vin de Bordeaux qui est nettement moins long que le Laville 1955 éblouissant, bu avec mon ami californien.

Le Bâtard Montrachet Domaine Ramonet 1992 est infiniment plus facile à comprendre, car le Laville fait « vin ancien », quand le Ramonet fait fringant jeune homme en pleine force de l’âge. Quelle puissance ! Un mariage à trois va se former, qui permet de constater que l’on peut passer de la langoustine au foie gras et inversement avec une facilité et un confort gustatif étonnants. Même si le Bâtard est éblouissant de générosité, il ne peut pas voler la vedette à la magistrale langoustine dont la chair est gourmande, joyeuse.

Le mammifère marin – pensez à Moby Dick – a une chair intense, prononcée. Et c’est manifestement de la viande, pas de la chair de poisson. Avec lui, le Château Margaux 1962 va se montrer éblouissant. Velouté, doucereux, presque sucré tant il joue la douceur, il décline aussi des subtilités rares. Un vin de forte séduction. Comme par un mimétisme, le Château Latour 1934 rhabillé en 2001 va jouer sur le même registre avec le bar dont le goût fort sera particulièrement apprécié de ma jeune tablée. Un peu plus dense que le Margaux, on serait bien en peine de déclarer lequel des deux est le plus jeune, alors que 28 ans les séparent ! Belle longueur, densité, le vin de 1928, épanoui, n’a pas d’âge, étant naturellement brillant. Comme son année le laisse imaginer, le 1962 ne brille pas par sa force, préférant le registre serein et structuré.

C’est le Cahors Clos de Gamot (Jouffreau) 1929 qui va voler la vedette aux Bordeaux rouges. Quel grand vin ! Sa couleur est d’une jeunesse surprenante, d’un grenat rayonnant, son nez est agréable, mais c’est surtout en bouche que sa clarté s’affirme. Il ne joue pas sur la puissance, il est léger, aérien, mais ses 77 ans l’ont équilibré, épanoui au-delà du prévisible. Et le goût puissant du homard, amplifié par la truffe était exactement ce qu’il fallait pour que le vin brille plus encore.

On va finir par me suspecter de parti pris. Car La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1992 est pour moi, mais aussi pour mes convives, absolument éblouissant. Je goûte pour la première fois ce minuscule volatile que prisait François Mitterand, que certaines de mes ravissantes voisines mangeront avec de jolies grimaces, mais plus de courage que certains de leurs chevaliers servants. La bécasse goûteuse parle bien à La Tâche dont la profondeur de goût, la variété sur tons d’automne, sont éblouissantes. Plus que d’autres, je vibre aux accents raffinés des vins sublimes de ce domaine.

Avec un Comté élégamment discret pour ne pas biaiser l’expérience, le Château Chalon Jean Bourdy 1928 généreux, chantant, va ravir toute notre table de ses accents joyeux. Que cela parait naturel. Je l’avais rajouté au programme, pour le plaisir. J’ai bien fait.

Le Château Loubens Sainte Croix du Mont 1926 a époustouflé toute la table. Comme pour le dîner chez Gérard Besson où j’avais inclus Loubens 1943, personne n’attendrait un Sainte Croix du Mont à ce niveau de perfection et d’intensité. Les fruits exotiques, le thé forment avec élégance un goût profond et envoûtant. Une réussite rare, qui place le Château d’Yquem 1988 en situation de challenger. Malgré ses qualités, sa jeunesse parait facile à côté de la complexité du Loubens. Le dessert fort intelligemment simplifié convient à l’Yquem.

Malgré les rires et les propos débridés d’amis heureux d’être ensemble, il fallait voter. Huit vins sur les onze ont reçu au moins un vote, et cinq vins recueillirent un vote de numéro un, ce qui me plait beaucoup. Le Château Loubens 1926 a obtenu trois votes de premier, comme le Château Chalon 1928. Le Château Latour 1934 a recueilli deux voix de premier, et le Krug 1982 et La Tâche 1992 ont eu chacun un vote de premier. Le vote du consensus serait Loubens 1926 (deux Loubens de suite en première place dans deux dîners, c’est rare), Château Chalon 1928, Château Latour 193 et La Tâche 1992. Mon vote : 1- La Tâche DRC 1992, 2- Cahors Clos de Gamot 1929, 3- Loubens 1926, 4- Château Chalon Bourdy 1928.

Au niveau des goûts, je ne fis pas voter. J’ai surtout noté la chair de la grosse langoustine, et la tendreté des casserons. L’accord le plus beau fut celui du homard avec le Cahors 1929. Mais le bulot avec le Laville 1958, c’est aussi très beau.

Que retenir de ce dîner. D’abord l’extrême générosité de Jacques Le Divellec qui nous a fait goûter des fruits défendus. Ensuite, son engagement, son enthousiasme d’enfant, lui qui a connu tant d’occasions de faire des dîners de rêve. Le challenge lui plaisait, il l’a pris et il l’a réussi. L’équipe motivée, attentive, consciente de l’événement qui se créait. Les vins qui brillent naturellement, facilement, sans qu’on ait besoin de se poser la moindre question sur leur état de forme. Ce 72ème dîner de wine-dinners souriant fut une grande réussite. Kiri, Hubert, Delphine, Marc-Antonio, Monica, Aymar, Isabelle, Stanislas, Jean-Christophe et Tatiana se sont forgé des souvenirs pour une vie.

dîner de wine-dinners chez Jacques Le Divellec jeudi, 18 mai 2006

Dîner n° 73 - jeudi 18 mai 2006

  1. Champagne Pommery 1987
  2. Champagne Krug Clos du Mesnil 1982
  3. Laville Haut-Brion blanc 1958
  4. Bâtard Montrachet Ramonet 1992
  5. Château Margaux 1962
  6. Château Latour 1934 reconditionné en 2001
  7. Cahors Clos de Gamot (Jouffreau) 1929
  8. La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1992
  9. Château Loubens Sainte Croix du Mont 1926
  10. Château d'Yquem 1988

J'ai rajouté un Chateau Chalon Jean Bourdy 1928.

Le menu composé par Jacques Le Divellec

Pieds de cheval de pleine mer

Carpaccio de turbot du pays breton

Bouquet printanier à la fricassée de casserons et coquillages

Grosses langoustines, au foie gras de canard poele

Mammifère rôti, échalotes confites, ail en chemise

Bar sur peau sauce lie de vin à la grenaille de Noirmoutier

Cassolette de homard à la nage de truffes

Bécasse rôtie sur canapé, purée de ratte

Comté affiné

Stilton

Composition fruitière d’agrumes

dîner de wine-dinners chez Gérard Besson mardi, 16 mai 2006

Dîner n° 76 – mardi 16 mai 2006

  1. Champagne Ayala très vieux, années 50
  2. Champagne Besserat de Bellefon rosé 1966
  3. Chablis Moutonne Grand Cru Long Dépaquit 1959
  4. Bâtard Montrachet veuve Moroni 1992
  5. Chassagne Montrachet rouge Boudriottes Marcel Toinet 1972
  6. Beaune Perrières Léon Villard 1950
  7. Nuits Saint Georges Bouchard Père et fils 1947
  8. Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1958
  9. Château Loubens Sainte Croix du Mont 1943
  10. Château Rayne-Vigneau Sauternes 1880 ? (le dernier chiffre sera lu sur le bouchon)

L'année du Rayne Vigneau est 1880.

J'ai ajouté

Château Chalon Le Puy Saint Pierre 1959 Vichot Girod

Château Lafite-Rothschild 1963

Le menu composé par Gérard Besson

Superposition de foie gras et aiguillette de bœuf truffée,

Brochette de ris de veau, truffe et Pompadour,

Huîtres juste pochées sur un tartare d'algues,

Filet de sole braisé au fumet de Saint Jacques,  infusion de homard bleu,

Une asperge, une morille,

Médaillon de langouste au macaroni fourré duxelles,

Rouget sauce rouget,

Carré de veau de lait d'Aurillac cuit rosé, jus et petits pois à la Française,

Cœur de côte de bœuf de Salers servi à point, ragoût d'artichaut vigneronne,

Noisette d'agneau du Limousin en chevreuil, navet et oignon fane en chapelure de pain d'épices,

Double Brie,

Composition d'agrumes "pomelos, clémentine", et inspiration du moment.

dîner de wine-dinners au restaurant Gérard Besson mardi, 16 mai 2006

J’aime faire des dîners avec Gérard Besson. Je me souviens être allé le même jour déjeuner chez Guy Savoy qui venait juste de décrocher sa troisième étoile, au sein d’une brigade en folie, pleine de sourires et de joie, et dîner chez Gérard Besson qui venait de perdre sa deuxième étoile. Cœur solide malgré la blessure, il a rajeuni la décoration de son restaurant mais gardé la finesse de sa cuisine. Paradoxalement, c’est la perte de cette étoile qui m’a attaché à lui, car je crois en son talent authentique. Nous en avons eu une démonstration exceptionnelle hier à l’occasion du 71ème dîner de wine-dinners. Car Gérard Besson, comme très peu de grands chefs, comprend les vins anciens. Il a donc adapté des recettes à leur seul profit. Et ce fut grand.

J’ouvre les bouteilles à 17 heures sans aucun problème pour celles de ma cave. Le bouchon d’une Lafite-Rothschild 1963 qui m’avait été offerte pour ce dîner tombe dans la bouteille, ce qui nous oblige à décanter. Il reste dans la bouteille un lourd dépôt. Le bouchon que nous extirperons avec Alain, sommelier de talent, est totalement imbibé.

Il y a autour de la table trois habitués, un couple d’alsaciens qui ont reçu ce dîner en cadeau, un couple de fidèles lecteurs de mes bulletins, le couple qui m’a aidé à créer le blog, et le rédacteur en chef de Bloomberg News à qui je dois un article élogieux dans sa revue mais aussi dans une revue américaine de forte diffusion. Au-delà des propos enjoués et décontractés, chacun se rend bien compte que nous vivons un moment intense de haute gastronomie où les accords sont ciselés au milligramme près. Car Gérard Besson a goûté tous les vins dans leur stade ultime d’épanouissement pour ajuster le poids de chaque sauce. Voici son menu :

Superposition de foie gras et aiguillette de bœuf truffée / Brochette de ris de veau, truffe et Pompadour / Huître juste pochée sur un tartare d'algues / Filet de sole braisé au fumet de Saint Jacques,  infusion de homard bleu / Une asperge, une morille / Médaillon de langouste au macaroni fourré duxelles / Rouget sauce rouget / Carré de veau de lait d'Aurillac cuit rosé, jus et petits pois à la Française / Cœur de côte de bœuf de Salers servi à point, ragoût d'artichaut vigneronne / Noisette d'agneau du Limousin en chevreuil, navet et oignon fane en chapelure de pain d'épices / Double Brie / Composition d'agrumes "pomelos, clémentine", et inspiration du moment. C’est impressionnant et particulièrement bien choisi.

Le Champagne Ayala que j’avais annoncé : très vieux, année 50 est plutôt un Champagne Ayala Brut # 1978. Car le bouchon indique un vin beaucoup plus jeune que les années 50. Il est étonnamment doux, sans grande longueur, mais joyeux en bouche, et c’est la truffe qui le rend agréable.

Le Champagne Besserat de Bellefon rosé 1966 me fait glousser de plaisir. Sa couleur de pêche jaune est joyeuse. Son nez est éblouissant, et en bouche, l’acidité qui forme l’ossature s’installe sur le centre de la langue et montre une noblesse rare. Coloré, remarquablement construit, ce champagne est un des plus grands rosés que j’aie jamais bus. Immense champagne qui joue avec le ris de veau, mais surtout les dés de champignons, un duo d’amour. Je me tortillais sur ma chaise comme le gamin qui n’en peut plus de joie.

Le Chablis Moutonne Grand Cru  1959 Long Dépaquit époustoufle le journaliste américain. C’est en effet un immense Chablis, au nez minéral et à la bouche de Meursault. Lourd, gras, il s’installe en bouche avec une insistance de bon aloi. L’huître n’est pas du tout adaptée à ce divin breuvage mais ce n’est pas grave, car on peut en jouir après avoir goûté le délicieux fruit de mer. Beau Chablis qui a intégré toute sa beauté, chantant, riche et réjouissant le palais.

Le Bâtard Montrachet 1992 Veuve Morini ramène sur des terres beaucoup plus connues. Puissant, évoquant pour certains des fleurs, alors que je pense à noix et amandes, ce vin est adapté à une sole particulièrement brillante. Mais le vin est plus simple que le Chablis complexe.

Il était évident que le Château Chalon Le Puy Saint Pierre 1959 Vichot Girod allait former avec asperge et morille un accord absolu. C’était prévisible. Ce fut démontré. Et, ce qui est amusant, c’est que chaque composante du plat fait ressortir un aspect différent du vin jaune. La morille est classique, l’asperge rend le Château Chalon canaille, sauvage, et c’est cela que j’ai aimé. Long vin qui reste en bouche éternellement. Je suis amoureux de ce vin.

Le Château Loubens 1943 Sainte Croix du Mont a brillé comme sans doute il ne brillera jamais, car l’accord avec la sauce de la langouste est absolument légendaire. Chacun autour de la table se pâme. Chacun commente son orgasme culinaire. Une telle perfection transporte au-delà de tout. Alors, l’accord a évidemment bénéficié au vin qui a bloqué le compteur à plein régime au moment des votes. Le Loubens est élégant, discrètement fumé, agrumes raffinés. Ce Loubens, c’est la tahitienne de Gauguin aux seins nus sur un plateau.

Le Chassagne Montrachet rouge Boudriottes 1972 Marcel Toinet surprend forcément, car on n’attend normalement pas un rouge de cette appellation. Je connaissais ce vin, et l’année 1972 lui va bien. Avec le rouget, l’accord allait se faire tout naturellement. Que la Bourgogne est belle dans ces vins sans histoire.

Le Beaune Perrières 1950 Léon Violland  avait été senti par Gérard Besson peu après l’ouverture. Il avait un doute que je n’avais pas. Cette bouteille à l’étiquette désuète avait un niveau à un centimètre du bouchon, ce qui est exceptionnel. La couleur est d’une jeunesse rare. En bouche et au nez, c’est complètement bourguignon charmant. Pour Alain et Jean François, sommeliers qui nous suivirent et servirent avec talent, c’est ce Beaune qui est la vraie surprise de la soirée tant on ne l’attendrait pas à ce niveau de qualité.

Le Nuits Saint Georges 1947 Bouchard Père et Fils a beaucoup moins de traces d’âge que ce que je pouvais craindre d’un niveau moyen dans la bouteille. Bien puissant, riche, appuyé, ce vin profite à fond du bœuf de Salers qui semble fait pour lui. C’est judicieux, juteux, joyeux.

Le Richebourg 1958 Domaine de la Romanée Conti m’émeut instantanément. Le niveau dans la bouteille était parfait, le beau bouchon souple ayant parfaitement joué son rôle. Quel grand vin ! Je ne me lasse pas d’en chercher toutes les subtilités cachées dans les pans de sa robe chamarrée. Mon Dieu que j’aime ce vin là. Le décrire serait quasi impossible, car j’y trouve du vieux parchemin d’alchimiste, des fruits au sirop de grand-mère, du fumé, mais aussi du fruit joyeux, un rayon de soleil sur une allée forestière, un champignon furtif, une biche aux abois. Un volet qui claque au vent salé d’une côte bretonne, une couverture au coin du feu. Ce vin peut être associé à tous les moments de confort de la vie. J’y trouve cela, parce que j’aime cette délicatesse suggérée qui signe les vins du domaine.

Le vin qui avait été rajouté, Château Lafite-Rothschild 1963 au bouchon tombé est mort. Paix à son âme.

Arrive enfin le Château Rayne-Vigneau  annoncé 1880 ? Sauternes. La capsule cachait le dernier chiffre. C’est en ouvrant que j’allais le découvrir. C’est Château Rayne-Vigneau  Sauternes 1880. Ce vin a été rebouché au château en 2001. Aucune étiquette n’a été rajoutée, celle d’origine n’étant pas plus grande qu’un timbre poste. La couleur est très foncée, le liquide est bien fluide. Le nez est puissant, de bel agrume. En bouche, c’est un sauternes qui a mangé son sucre, influence sans doute d’un botrytis faible. Le vin est donc presque sec, ce qui n’altère en rien son pouvoir d’évocation. Il raconte des milliers d’histoires de fruits exotiques, d’îles inviolées ; Ce vin est magique, à la longueur immense, dessert à lui seul, même si les ajoutes de Gérard Besson, intelligentes de compréhension des vieux sauternes, l’accompagnent de façon pressante et adaptée.

Je me suis amusé à regarder le travail du chef avec plaisir. Il ne fait pas un plat pour aller avec un vin, il fait du Gérard Besson. A chaque plat, c’est sa personnalité que l’on lit. Et comme il sait ce qu’est le vin ancien, il se place chaque fois à l’endroit juste, se plantant comme le policier au centre du carrefour en affichant : le policier, c’est moi. Et j’aime cela. Car mes dîners sont faits pour qu’un chef agisse en artiste et donne sa patte au dîner, s’il a compris le message des vins. Toute la table n’a pas cessé de vanter les accords, le plus époustouflant étant la sauce de la langouste avec le Loubens. Et cela influença les votes.

Sur les 12 vins dont j’exclurai le Lafite, ce qui fait onze, neuf vins ont eu un vote, ce qui me plait beaucoup. Et quatre vins ont eu un vote de premier ce qui me plait aussi énormément Le plus applaudi est le Loubens 1943 avec six votes de premier, puis le Richebourg 1958 avec trois votes de premier, le Chablis 1959, le Château Chalon 1959 recueillant chacun un vote de premier.

Le vote du consensus serait : Loubens, Richebourg, Nuits Saint Georges, Rayne-Vigneau, Besserat de Bellefon. Mon vote a été : 1- Richebourg  DRC 1958, 2- Rayne-Vigneau 1880, 3- Besserat de Bellefon 1966, 4- Chablis Moutonne 1959.

L’ambiance était si belle que personne ne voulait quitter la table. Gérard Besson a fait ce soir un dîner de talent. Les vins étaient éblouissants, l’atmosphère joyeuse. Ce 71ème dîner fut un moment de pure gastronomie.

Dégustation de 120 vins du Jura – les Côtes du Jura blancs mardi, 9 mai 2006

Dégustation de 120 vins du Jura –  les Côtes du Jura blancs

Devant chaque vin les deux chiffres indiquent si le vin a été bu le jour 1 ou le jour 2, et le numéro d’ordre dans l’ensemble de la dégustation.

1 - 20 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 2002 - "œil" : belle couleur  - "nez" : élégant, alcoolique - "bouche" : agréable et élégant, même si très peu complexe. Plutôt léger pour un 100% Chardonnay - "remarques" : pas mal du tout pour seulement un mois de bouteille - "accords" : truite, pizza

1 - 21 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 2000 - "œil" : plus soutenu - "nez" : alcoolique, joli, élégant - "bouche" : beau, rond, galbé, expressif, très agréable, bravo - "remarques" : c'est très élégant - "accords" : ris de veau, coquilles Saint-Jacques

1 - 22 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1999 - "œil" : jaune élégant, clair mais dense - "nez" : très élégant, expressif - "bouche" : élégant, racé, encore plus beau que le 2000. C'est très agréable - "remarques" : remarquable, élégant - "accords" : langoustines

1 - 23 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1998 - "œil" : belle couleur qui évoque le gras - "nez" : élégant, discret - "bouche" : plus simple, plus accessible. Pas mal, mais n'a pas la noblesse du 1999. Agréable - "accords" : sandre

1 - 24 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1997 - "œil" : belle couleur - "nez" : très joli, très romantique, très expressif - "bouche" : élégant. J'aime ce style. Final un peu limité. Agréable au total - "remarques" : vin servi un peu trop chaud - "accords" : escargots

1 - 25 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1996 - "œil" : un peu moins clair - "nez" : très surprenant. Immense, puissant. Citron. Fleurs blanches - "bouche" : puissant, chaud, expressif. Vin très agréable à boire - "remarques" : très agréable. Va bien vieillir - "accords" : poulet à la crème

1 - 26 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1995 - "œil" : jolie couleur - "nez" : très intense, moins coloré, très riesling quand le 1996 était Sauvignon - "bouche" : plus ascétique, fermé. Va se révéler plus tard. Un peu austère. S'ouvre un peu - "remarques" : va bien vieillir - "accords" : côte de porc

1 - 27 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1994 - "œil" : RAS - "nez" : assez discret et retenu - "bouche" : attaque très élégante. Vin très agréable à boire maintenant - "remarques" : moins brillant que le 1996 - "accords" : saumon

1 - 28 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1993 - "œil" : RAS - "nez" : nez minéral un peu limité - "bouche" : manque un peu de caractère. Convenable, mais ne parle pas beaucoup - "accords" : cochonnaille

1 - 29 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1992 - "œil" : couleur plus prononcée - "nez" : très expressif et chaleureux. Joli - "bouche" : gras. Très agréable, chaleureux, expressif, très doux - "remarques" : très bon vin - "accords" : volaille

1 - 30 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1990 - "œil" : prononcé - "nez" : élégant, prononcé, agréable - "bouche" : léger, très élégant, très jeune, coule bien en bouche - "accords" : turbot

1 - 31 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1989 - "œil" : belle couleur - "nez" : puissant, alcoolique, nez de grand vin - "bouche" : un très grand vin. Il a tout pour lui, racé - "remarques" : + + + bravo - "accords" : toutes les cuisines. Olivier Poussier dit vol ,au vent. J.F. Bourdy préfère le 1990, mais sur le fond, pour moi, me 1989 est le plus agréable

1 - 32 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1988 - "œil" : plus évolué - "nez" : plus avancé, agréable - "bouche" : plus simplifié, mais agréable, car arrondi. Vieillira bien - "remarques" : nettement meilleur au deuxième essai - "accords" : sole meunière

1 - 33 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1987 - "œil" : très foncé, ambré - "nez" : joli nez, alcool, champignon - "bouche" : très sympa. A bien intégré son vieillissement. Très intéressant, élégant - "accords" : assiette de champignons

1 - 34 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1986 - "œil" : belle couleur - "nez" : discret, à peine animal - "bouche" : plus moyen. On sent un vin évolué, mais il n'en dit pas beaucoup plus. Citron - "remarques" : meilleur au deuxième essai, je l'apprécie plus après - "accords" : veau

1 - 35 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1985 - "œil" : très joli. Vin qui ne fait pas vieilli - "nez" : très élégant, pas de vieillissement (à peine) - "bouche" : agréable, acide, pas trop de matière, mais ça me plait assez, même si un peu plus banal - "accords" : viande blanche

1 - 36 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1983 - "œil" : très joli  - "nez" : très joli, élégant - "bouche" : beau, rond, agréable, complet. C'est un très grand vin, frais, vin de plaisir, sans complication - "remarques" : beau final, beau vin - "accords" : homard

1 - 37 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1982 - "œil" : plus clair - "nez" : de vin jeune, acide - "bouche" : élégant et jeune. Belle acidité. Potentiel formidable et plaisant comme cela. Belle acidité - "remarques" : remarquable  - "accords" : turbot

1 - 38 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1981 - "œil" : plus foncé - "nez" : bouchonné   - "bouche" : bouchonné 

1 - 39 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1979 - "œil" : très coloré  - "nez" : un peu d'animal, pas très structuré - "bouche" : assez fade et plat - "remarques" : sans grand intérêt, fatigué - "accords" : rien

1 - 40 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1978 - "œil" : très pâle, jeune - "nez" : discret, élégant - "bouche" : bien agréable mais pas flamboyant. Agréable vin un peu moins dense que le 1982 - "remarques" : très agréable   - "accords" : foie de veau

1 - 41 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1975 - "œil" : clair - "nez" : fermé, discret, agréable - "bouche" : acidité volatile, manque d'épanouissement, mais bien équilibré. En fait, assez agréable si pas explosif. Beau final - "remarques" : pas mal du tout pour seulement un mois de bouteille - "accords" : palourdes farcies

1 - 63 - vin rosé - 1971 - "bouche" : bu au dîner. une curiosité comme je les adore.  - "remarques" : rosé Comte de Guichebourd (dont le nom résulte de l’association de Comte de Voguë, de Laguiche et de Bourdy)

2 - 80 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1973 - "œil" : beau jaune - "nez" : neutre - "bouche" : la transition après les rouges est difficile. Pâteux, gras - "remarques" : en fait, agréable

2 - 81 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1967 - "œil" : beau doré - "nez" : amande, joli nez - "bouche" : élégant, varié, subtil, bon vin

2 - 82 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1966 - "œil" : doré - "nez" : immense, la vrai définition du Côtes du Jura blanc - "bouche" : C'est grand, il y a de la structure. Elégance, finesse et légèreté.  - "remarques" : j'ai mis une croix pour l'inclure dans un classement

2 - 83 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1964 - "œil" : plus doré - "nez" : plus fermé, dénote une évolution - "bouche" : très agréable, plus évolué. Un peu plus facile et un peu moins noble

2 - 84 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1962 - "œil" : or clair - "nez" : soufre, souris - "bouche" : un peu de glycérine, de yaourt. Un peu fatigué

2 - 85 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1959 - "œil" : or magnifique, très clair - "nez" : élégant - "bouche" : vin absolument parfait. Peut-être pas très long, mais c'est grand - "remarques" : vin d'immense plaisir, je lui mets deux croix - "accords" : ris de veau au vin jaune

2 - 86 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1955 - "œil" : jaune un peu fatigué - "nez" : très subtil, signes de fatigue - "bouche" : très subtile, assez avancée, un peu désagréable et salé en fin de bouche, mais il raconte des choses

2 - 87 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1953 - "œil" : très belle - "nez" : nez très racé - "bouche" : fameux, sans histoire, parfait, magnifique. Belle acidité de fin de bouche. Va bien vieillir

2 - 88 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1952 - "œil" : couleur dorée très belle - "nez" : d'une finesse exceptionnelle. Nez immense - "bouche" : superbe, très beau, belle acidité très porteuse - "remarques" : remarquable, j'ai donné une croix

2 - 89 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1949 - "œil" : or très pur, beau - "nez" : pur !! - "bouche" : magique, au dessus de tout. Finesse absolue. Intégré, structuré, parfait d'équilibre - "remarques" : éblouissant. J'ai donné trois croix, ce qui en fait le second des Côtes du Jura blancs. C'est un vin exemplaire

2 - 90 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1947 - "œil" : or parfait - "nez" : à peine soufré - "bouche" : très scolaire, c'est le bon élève. Plus fruité, plus fort, plsu alcoolique - "remarques" : grand vin, qui est désavantagé de venir après le 1949, mais c'est grand

2 - 91 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1946 - "œil" : très beau, dense - "nez" : épices, clou de girofle - "bouche" : excellent. Contrairement à la hiérarchie des millésimes, il est grand, joyeux, dense. C'est un vin que j'apprécie, fruité - "remarques" : va bien vieillir encore, très bon - "accords" : canard !

2 - 92 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1945 - "œil" : couleur plus évoluée, moins belle - "nez" : plus évolué - "bouche" : pas mal, pas très éblouissant. On sent le grand vin mais a vieilli. Il a un final de grande noblesse. Puissant - "remarques" : on sent le grand vin. Le final est grand. Le plaisir est un peu plus faible

2 - 93 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1942 - "œil" : bel or un peu gris - "nez" : séducteur, raffiné, féminin, sexy - "bouche" : magnifique de subtilité. Il y a tout ce qu'on peut souhaiter. C'est complètement grandiose - "remarques" : j'ai donné trois croix, ce qui me met au niveau du 1949

2 - 94 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1938 - "nez" : bouchonné

2 - 95 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1937 - "œil" : or doré (si on peut dire) magique - "nez" : élégance rare, doucereux - "bouche" : un peu liquoreux, agréable, moins bien structuré. Léger, plaisant, mais atypique - "remarques" : élégance, beau final bien sincère, grand

2 - 96 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1934 - "œil" : joli doré - "nez" : alcool, très joli, dense - "bouche" : lourd, alcoolique, intégré, fruité, grand mais ne vaut pas le 1942, car l'alcool domine trop - "remarques" : très grand vin, je lui ai donné deux croix

2 - 97 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1929 - "œil" : celui-ci est rebouché en 1983, avec étiquette d'origine. L'or est à peine gris - "nez" : très élégant, très jeune - "bouche" : très élégant, subtil, léger, un peu court. Il y a le souvenir d'un grand vin. Jolies notes de fleurs dans le final - "remarques" : c'est un peu trop tard, aurait dû être bu plus tôt

2 - 98 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1911 - "œil" : or magnifique - "nez" : magnifique de jeunesse - "bouche" : éblouissant, magique, il a tout. Une belle acidité citronnée. Le final est à peine court - "remarques" : ce vin va durer 150 ans de plus. Il est exceptionnel. On est dans le haut de la hiérarchie des vins. J'ai donné quatre croix ce qui en fait le premier (c'est du 100 points Parker, largement)

2 - 99 - Côtes du Jura blanc, Bourdy  - 1888 - "œil" : couleur magique, doré, à peine gris - "nez" : subtil - "bouche" : magique, émouvant, gras, alcoolique, très fruité, confituré, un peu vers le vin de paille, un peu liquoreux, devient plus sec en s'oxygénant - "remarques" : émouvant, c'est un vin qui devient de plus en plus immense, même une demi-journée après, quand je finis les dernières gouttes…