Archives de l’auteur : François Audouze

Un bel anniversaire vendredi, 10 juillet 2026

Le lendemain, c’est l’anniversaire de mon épouse. J’ai réservé une table au restaurant l’Aventure et j’ai annoncé cet anniversaire au patron propriétaire Julien. Lorsque nous arrivons, il y a sur la table un très joli bouquet de fleurs. Quelle gentille attention que nous n’attendions pas !

Nous prenons des moules gratinées et des tempuras de gambas et nous différons sur le choix du plat principal. J’ai pris un saint-pierre. Le vin que j’ai apporté est un Vega Sicilia Unico 1995. Le parfum à l’ouverte est riche et profond. En bouche, ce vin combine la puissance et la douceur. Ce vin est un pur velours mais qui laisse une trace profonde en bouche. Son finale est long et noble. C’est un bonheur. Pour le saint-pierre cuit à la perfection, le vin espagnol est un compagnon idéal.

Il fait très chaud au bord de la plage est ce Vega Sicilia Unico est le vin idéal pour les périodes de grande chaleur.

Au moment du dessert, la musique change de puissance, tout le monde tape dans ses mains pour féliciter la vedette de l’instant. L’ambiance est tellement amicale.

Sur le dessert je sers le Champagne Cristal Rœderer 1985. La remarque de ma fille est strictement la même que la mienne : ce champagne est meilleur qu’hier. Il est plus serein et rond et accompagne de façon originale le baba au rhum que j’ai demandé sans rhum.

J’ai laissé la bouteille du vin rouge en demandant au chef de salle que le vin soit bu ce soir par toute l’équipe afin qu’ils profitent d’un vin qui est un bel exemple de générosité et de richesse.

A l’Aventure nous nous sentons comme en famille et cela fait du bien. Un bel anniversaire.

Un champagne inhabituel vendredi, 10 juillet 2026

Notre fille cadette nous rejoint dans le sud. Nous avons prévu pour le dîner une salade de lentilles et un boudin noir. J’ai ouvert un Champagne Cristal Rœderer 1985. Le bouchon est venu instantanément car il est rétréci. Il n’y a donc eu aucun pschitt.

Si la couleur du champagne est sombre, c’est lié aux faveurs accordées aux tsars de Russie par cette maison de champagne. Les tsars, de peur d’être assassinés avaient demandé un verre absolument transparent pour détecter les possibles poisons et un fond de bouteille totalement plat, pour éviter qu’un explosif ne soit collé sous la bouteille. Du fait de la couleur absente du verre, ce champagne a tendance à s’assombrir s’il n’est pas protégé par une enveloppe destinée à le protéger. Sans cette enveloppe, le champagne s’assombrit et c’est le cas pour cette bouteille que j’avais acquise il y a peu par curiosité, pour voir si le goût est affecté.

Immédiatement, avec le boudin noir, je ressens que le champagne, plus vieux qu’il ne devrait, est d’une rare douceur. Il est très agréable même s’il n’est pas orthodoxe, mais qui s’en soucie.

Sur le plat de lentilles, le champagne est très différent. Plus strict, plus long, il donne une expression aussi intéressante. Et sur des fraises Mara des Bois le champagne est toute douceur, aimable et plaisant.

Globalement le champagne est plus vieux que son âge, mais avec trois plats différents il a donnée des facettes très différentes et plaisantes qui ont rendu l’expérience intéressante.

Règles pour la 45è séance de l’Académie des Vins Anciens mardi, 7 juillet 2026

Règles pour la 45ème séance de l’académie des vins anciens du jeudi 19 novembre 2026

Cette séance est ouverte aux amateurs de vins anciens avec ou sans apport de vins. Le nombre de places étant limité , les confirmations d’inscriptions sont prises dans l’ordre des demandes.

1 – participants sans vin

 Le tarif est de 300 par personne, à régler avant le 26 Septembre.(merci de nous confirmer par email lechantduvin@gmail.com ou nala8@msn.com que votre versement a bien été effectué , celui-ci validera votre inscription).

 

2 – participants avec vins

  • proposer un vin ancien et fournir tous éléments sur le vin, dont le niveau dans la bouteille (chaque photo ne devra pas dépasser 500 Ko et devra être lisible. Elle sera en pièce jointe et non pas dans le corps du texte)
  • Obtenir mon approbation pour la ou les bouteilles proposées
  • Respecter les critères d’âge :
  • Champagnes : avant 1997
  • Vins blancs : avant 1991
  • Vins rouges et liquoreux : avant 1972

Les modes de livraisons figurent ci-après.

Livraison des vins entre le 20 octobre et 16 novembre.

Les confirmations d’inscriptions sont prises dans l’ordre des demandes. Le tarif est de 190 par personne, à régler avant le 26 Septembre.

3 – lieu de la réunion

Le restaurant Macéo au 15 rue des Petits Champs 75001 PARIS dans une salle à l’ étage privatisée pour l’ occasion. https://www.maceorestaurant.com/

Rendez-vous à 19h. Fin de réunion à minuit.

4 – Mode de paiement

Paiement par virement à FRANCOIS AUDOUZE AVA

RIB / FR7630003030000005024474342

5 – mode de livraison

  1. – par envoi postal à François Audouze, société ACIPAR, 44 rue Andrei Sakharov, 93140 BONDY. 
  2. – par livraison Cave Effervinsens 65 rue de Reuilly 75012 horaires d’ ouverture ( mettre votre bouteille dans un petit carton ou un sac à bouteille fermé marqué Académie des vins anciens du 26 novembre et indiquer votre nom et prénom sur le sac ou carton ).
  3.  

mardi

10:00–13:30, 16:00–20:00

mercredi

10:00–13:30, 16:00–20:00

jeudi

10:00–13:30, 16:00–20:00

vendredi

10:00–13:30, 15:30–20:00

samedi

10:00–13:30, 14:30–20:00

dimanche

10:00–13:00

lundi

Fermé

Respectez les dates limites, c’est fondamental.

 https://www.academiedesvinsanciens.com


Instagram : @francoisaudouze

Youtube : @francoisaudouze4228 

restaurant Hemingway vendredi, 3 juillet 2026

Nous allons déjeuner au restaurant Hemingway de la Londe des Maures. L’ouverture du restaurant sur la plage est très plaisante et quand il fait beau, c’est un vrai bonheur. Il y a peu de monde à table, comme si la saison d’été n’était pas encore commencée. Quand je commande du champagne, je vois que la liste des champagnes est vraiment très faible et notre charmante serveuse, Léa, nous explique que les gens ne prennent plus de champagne. Le restaurant a donc réduit son offre, car les clients prennent surtout des vins blancs frais.

Je commande un Champagne Ruinart Blanc de Blancs, mais il n’y en a plus. Je prends un Champagne Ruinart Brut sans année. Il a un fruit généreux que je n’attendais pas et une longueur un peu courte. Mais il est très agréable. La cuisine est simple mais correcte.

C’est un vrai problème de voir que la consommation des vins et champagnes dans des restaurants de bord de mer soit tellement réduite.

Dom Pérignon vert Wharol dimanche, 28 juin 2026

Nous sommes allés dans un restaurant à l’Ayguade de Hyères. Mon choix de menu est d’huitres Fines de Claires numéro 3 et une daurade. J’ai commandé un Champagne Dom Pérignon 2012. A ma grande surprise ce 2012 a une étiquette de couleur verte, couleur Andy Warhol et cela me rappelle une anecdote amusante. Nous étions au restaurant Kitcho à Kyoto, au Japon, en 2010 et nous avons commandé un Champagne Salon 1996, un Krug Clos du Mesnil 1996 et un Dom Pérignon 2002. Et l’élégante propriétaire du restaurant me demande : le Dom Pérignon, quelle couleur ? Car Dom Pérignon venait de lancer les couleurs d’Andy Warhol pour le millésime 2002. Et à cette époque-là, j’ai dit que ça sera le vert puisque c’est aussi la couleur du champagne Salon. Et j’ai trouvé que la trouvaille marketing est forte car on ne parle pas de vin mais de la couleur de l’étiquette.

Le fait de retrouver cette étiquette pour le 2012 de Dom Pérignon me plait beaucoup.

Le champagne est clair, il a fait un beau pschitt, et il se montre très précis, sec, linéaire et c’est exactement ce qu’il faut pour accompagner les huîtres très intenses. L’accord est beaucoup moins agréable avec le poisson. J’avais envisagé un Châteauneuf du Pape rouge pour le poisson mais il faisait si chaud que nous avons bu le champagne lentement et nous n’aurions pas pu lui ajouter un autre vin.

J’ai trouvé ce 2012 discret et précis, loin d’être tonitruant, fort agréable et frais.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. J’étais heureux de retrouver les couleurs Andy Warhol, mais sur Instagram, quelqu’un me dit qu’il n’y a pas d’Andy Warhol de 2012. Il s’agit d’un Dom Pérignon Luminous 2012, dont la couleur verte m’a égaré. Peu importe. Ne restera que l’évocation d’un passé heureux.

Dès potron minet dimanche, 28 juin 2026

Il est des moments où on est fier de la langue française.

Lorsque le chat se lève, il étire sa colonne vertébrale et soulève son derrière. Et le derrière, c’est le postérieur, aussi appelé potron, et ainsi, l’expression ‘dès potron minet’ signifie : de tôt matin.

C’est une magnifique expression et très jolie :

Dès potron minet.

J’aime cela.

Dom Pérignon et les jeunes vendredi, 26 juin 2026

Ma femme a l’habitude de faire des achats dans une galerie de la ville d’Hyères qui a des produits assez avant-gardistes, créés par des artistes dans le domaine de la mode et de la décoration. Nous sommes invités à un cocktail privé avec des clients qui sont attachés à cette boutique et aussi à des créateurs qui se retrouveront ensuite à la Villa Noailles où se tiennent en ce moment des expositions.

Pour cette soirée, j’ai pris avec moi un Champagne Dom Pérignon 1976 afin de le faire goûter au propriétaire de la boutique et éventuellement d’autres personnes. Il me faudra préparer les esprits au fait qu’un champagne qui a 50 ans n’a rien à voir avec un champagne récent.

Une fois que les choses sont bien exposées, j’ai pu constater que les gens sont fascinés par la qualité, le charme et la douceur de ce champagne très bien conservé. Et ce qui m’a fait plaisir, c’est qu’il y avait aussi des jeunes. J’ai offert à trois jeunes qui ont de l’ordre de 20 ans ou moins de le goûter.

Et lorsqu’on explique et lorsqu’on fait goûter, on s’aperçoit qu’ils sont émerveillés. Donc, comme la jeunesse aujourd’hui boit de moins en moins de vin et de champagne, l’important est de leur présenter des produits exceptionnels pleins de charme qui vont les orienter – je l’espère – vers une passion pour le vin et le champagne.

Premier déjeuner au restaurant l’Aventure mercredi, 24 juin 2026

Nous sommes invités par des amis à déjeuner au restaurant L’Aventure. C’est un endroit que j’apprécie énormément et où j’ai la chance de pouvoir apporter des vins. J’ai choisi parmi les vins possibles un Champagne Réserve Grand Trianon A. Rothschild & Cie 1964 dont l’étiquette est extrêmement vieille France, un peu surannée mais très jolie. Et j’ai choisi aussi une Côte Rôtie La Mouline E. Guigal 2005.

Il fait une chaleur extrême aussi j’ai apporté les vins protégés par un sac isotherme. Dès que j’arrive, je demande des seaux à glace pour maintenir la température des vins. J’ouvre les deux vins avant que les amis n’arrivent. Le bouchon du champagne de 1964 se brise puisqu’en tournant, le bas du bouchon reste collé au goulot.

Mais le parfum du champagne est très plaisant. Et tandis que la Côte Rôtie 2005 a un bouchon qui vient entier et un parfum qui est très prometteur, les amis arrivent. Notre ami a apporté un Château Palmer 2010 au niveau parfait qui promet.

Le champagne Rothschild de 1964 a une couleur ambrée et son goût est d’une douceur invraisemblable. Beaucoup d’amateurs diraient immédiatement que le champagne est madérisé, expression dont j’ai une horreur absolue. Car c’est une incompréhension totale du monde des champagnes anciens. Les champagnes anciens n’ont aucune commune mesure avec les champagnes jeunes.

Le pétillant est toujours là, mais la bulle a disparu. Et ce champagne est extrêmement agréable à boire, très doux, très subtil, et avec les moules gratinées cuites à l’ail, l’accord est absolument plaisant.

Nous avons commandé des langoustes qui arrivent cuites à la perfection. Et le Château Palmer 2010 est d’une puissance incroyable. C’est un vin extraordinaire d’énergie, de solidité et l’accord avec la langouste se fait naturellement.

Vient ensuite la Côte Rôtie, la Mouline 2005 de Guigal. Et c’est une autre planète, c’est autre chose. Ce vin est tout en charme et tout en longueur, une longueur qui est infinie. Et le contraste est très fort. Et je pense qu’on doit aimer les deux : le Château Palmer pour sa puissance et la Côte-Rôtie pour sa délicatesse et une longueur infinie. Et nous, profitons de l’accord dans les deux cas avec une jouissance certaine.

Au moment du fromage, j’ai demandé pour les deux rouges du fromage et j’ai commandé un comté et un Saint-Marcelin. Dès que j’ai vu ce fromage, j’ai dit à mon ami : l’accord avec le Palmer sera immense. Et effectivement, l’accord du Saint-Marcelin avec le Château Palmer est subjuguant, beaucoup plus percutant que ce qu’il pourrait être avec la Côte-Rôtie. Cela m’arrive souvent qu’en voyant un fromage, je sais immédiatement quel vin lui conviendra. Et je n’ai aucune idée de la façon de le justifier.

Julien, le propriétaire du restaurant « L’Aventure » ne pouvait être là car il allait à l’enterrement d’un de ses proches. Mais comme c’était mon premier repas de l’été, j’ai demandé que l’on fasse comme si c’était mon anniversaire pour que l’on ait la cérémonie classique, où une musique tonitruante fait que tout le monde applaudit surtout quand je souffle une bougie.

Ce fut absolument charmant et m’a permis de converser avec un client d’une autre table qui, comme par un hasard incroyable, est né six jours avant moi.

Si l’on veut synthétiser les vins de ce repas, le champagne Rothschild 1964 est tout en douceur, le Château Palmer 2010 est d’une puissance extrême et vraiment convaincante, et la Côte Rôtie La Mouline 2005 de Guigal est d’un charme et d’une longueur infinie.

Ce premier déjeuner d’été est un bonheur absolu.

Bulletins du 1er semestre 2026, du n° 1079 à … jeudi, 18 juin 2026

Bulletins du 1er semestre 2026, du numéro 1079 à …

Pour lire le bulletin de votre choix, on clique sur le lien pour ouvrir le pdf de ce bulletin

To read a bulletin, click on the link of this bulletin

(bulletin WD N° 1092 260619)    Le bulletin 1092 raconte : apéritif dans la maison du sud, visite de ma cave et dîner au restaurant Le Meurice, déjeuner au restaurant Pages avec un wagyu de Normandie ! Le 309e dîner de Wine Dinners au restaurant Astrance.

(bulletin WD N° 1091 260602)    Le bulletin 1091 raconte : déjeuner au restaurant l’Ecu de France pour fêter nos noces de diamant, déjeuner dans ma cave pour préparer l’article qui paraîtra sur Paris Match, définition du menu d’un prochain repas au restaurant Plénitude, déjeuner de famille puis autre déjeuner de famille.

(bulletin WD N° 1090 260521)    Le bulletin 1090 raconte : déjeuner au restaurant le Train Bleu, déjeuner à mon domicile, dégustation annuelle des vins de Tempos Vega Sicilia, dégustation des vins de la maison Albert Bichot, déjeuner au restaurant Geoélia et célébration des noces de diamant au restaurant Plénitude Arnaud Donckele.

(bulletin WD N° 1089 260505)    Le bulletin 1089 raconte : déjeuner au restaurant Pages, déjeuner au Yacht Club de France, et dîner au restaurant le Vieux Crapaud.

(bulletin WD N° 1088 260427)    Le bulletin 1088 raconte : déjeuner au restaurant l’Aventure dans le sud, visite à la maison de champagne Paul Launois, déjeuner au restaurant Les Crayères à Reims, déjeuner à la maison, les domaines familiaux de Bourgogne, déjeuner dans ma cave avec un Constantia du 18ème siècle.

(bulletin WD N° 1087 260413)     Le bulletin 1087 raconte : déjeuner à la maison, 308ème déjeuner de wine-dinners au restaurant Pages, déjeuner au restaurant de l’hôtel Meurice, déjeuner au restaurant Astrance et déjeuner au restaurant Geoélia.

(bulletin WD N° 1086 260331)    Le bulletin 1086 raconte : première présentation de l’Yquem 2023 au musée Bourdelle, dégustation des vins de ‘Primum Familiae Vini’ au Grand Palais, déjeuner d’amis dans ma cave, 307ème dîner au restaurant Pages pour un couple et dîner avec des ex-étudiants de grandes écoles au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1085 260323)    Le bulletin 1085 raconte : déjeuner au restaurant Bern’s Steak House à Tampa, dîner avec Peter Gago, le maître de chais de Penfolds, le vignoble le plus célèbre d’Australie, visite de ma cave et déjeuner avec une journaliste spécialisée dans le tourisme de luxe

(bulletin WD N° 1084 WD 260310)    Le bulletin 1084 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Bristol, dîner au restaurant italien Portosole à Coral Gables, dîner dans une boutique à vins de Miami avec des amateurs américains, déjeuner chez une amie américaine, la plus fidèle de mes dîners.

(bulletin WD N° 1083 260302)    Le bulletin 1083 raconte : déjeuner au Yacht Club de France, déjeuner au restaurant Pages, repas de Noël et réveillon de la Saint-Sylvestre à notre domicile de la région parisienne.

(bulletin WD N° 1082 260217)    Le bulletin 1082 raconte : dégustation de tous les vins de 2022 du domaine de la Romanée Conti avec Perrine Fenal co-gérante du domaine, dans ma cave déjeuner avec le vigneron Dirk Niepoort et son épouse et déjeuner avec Rino Fontana, grand amateur italien de vins anciens, au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1081 260204)    Le bulletin 1081 raconte : le 305ème dîner très cosmopolite de wine-dinners au restaurant Astrance et dîner avec  mon fils et des bouteilles « à risque ».

(bulletin WD N° 1080 260127)    Le bulletin 1080 raconte : la généreuse 43ème séance de l’Académie des Vins Anciens, un repas de famille et un déjeuner au restaurant le Petit Sommelier avec des amis que je n’avais pas revus depuis plus de soixante ans.

(bulletin WD N° 1079 260110)    Le bulletin 1079 raconte : présentation d’un livre « 1855 Culte et Cultures » au siège parisien de Christie’s, dîner au Grand Véfour pour célébrer la parution de ce livre, déjeuner aux vins impromptus au restaurant Pages et présentation des vins incroyables de la 43ème Académie des vins anciens.

44ème séance de l’académie des vins anciens jeudi, 11 juin 2026

La 44ème séance de l’Académie des vins anciens se tient au restaurant Macéo. Nous sommes 30 personnes réparties en trois tables et les vins annoncés pour chaque groupe sont les suivants.

Les vins de l’apéritif : Jéroboam Champagne Lanson Brut sans année – Magnum de Champagne Heidsieck sans année.

Les vins de la table 1 : Champagne Veuve Clicquot années 80 – Champagne Henriot Souverain 1961 – Vin de L’Etoile vin du Jura 1955 – Château Latour a Pomerol illisible vers 1960 – Château Cheval Blanc sans année vers 1960 – Château Desmirail 1928 – Château Margaux 1959 – Pommard Comtes Armand 1959 – Mouton Rothschild 1943 – Mouton Rothschild 1966 – Nuits-Cailles de Morin 1947 – Corton Joseph Drouhin 1937 – Vouvray Demi sec 1929 – Château Doisy-Daëne 1969 – Sauternes Lahon années 60.

Les vins de la table 2 : Champagne Canard Duchêne 1973 – Champagne Legras & Haas 1983 – Château Carbonnieux blanc 1948 – L’étoile 1967 – Château Grand La Lagune Haut Médoc 1970 – Château La Croix Pomerol 1962 – Château La Fleur Pétrus Pomerol vers 197O – Château Grand Barrail Lamarzelle Figeac 1962 – Bourgogne Louis Latour ssE – Richebourg Bichot 1957 – Vino di Carema 1964 – Vega Sicilia Unico 1970 – Château Filhot 1975.

Les vins de la table 3 : Chassagne Montrachet 1966 – Louis Latour Montrachet 1988 – R.Lopez de Heredia Vina Tondonia Blanco Plantation 1938 – Château Grand La Lagune Haut Médoc 1970 sans étiquette – Château Giscours Margaux 1969 – Château Giscours Margaux 1967 – Château Lafite Rothschild 1973 – Magnum Talbot 1964 – Château Cheval Blanc sans étiquette année vers 1960 – Château Lynch Bages 1964 – Château Latour 1964 – Federico Paternina Gran Reserva 1928 – Langoiran 1949 – Château Sigalas Rabaud 1967.

Vers 16 heures j’arrive au restaurant Macéo avec tous les vins. Avec Béatrice Girod qui m’aide beaucoup à tous les stades de ces repas nous rangeons les vins par ordre de service pour chaque groupe. Je commence les ouvertures par le magnum de Mouton Rothschild 1943. Le parfum est agréable mais fort curieusement je constaterai quelques heures plus tard que le vin a perdu ses senteurs pour d’autres plus vinaigrées. Vers 17 heures arrivent plusieurs amis avec leurs outils, qui m’aideront à ouvrir tous les vins. Selon la tradition les ouvreurs sont venus avec des vins qui doivent donner du cœur à l’ouvrage. Un Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème a un niveau assez bas et ne se montre pas au niveau qu’il devrait avoir, fatigué et sans plaisir.

Un Champagne Dom Pérignon 1971 apporté par le même ami est loin d’être au meilleur de sa forme mais il est plus buvable.

Nous bavardons en travaillant et c’est un groupe d’ouvreurs joyeux et motivés. Les bordeaux rouges sont très nombreux et ont des parfums très engageants.

Pour la première fois à l’académie, l’apéritif se fera assis. Le Jéroboam de Champagne Lanson Black Label Brut sans année très probablement des années 90 me plait énormément. Il est d’une vivacité très forte et l’on ressent l’effet du volume de la bouteille car le champagne est plus large et plus généreux. Je suis très fortement impressionné par la vivacité de ce champagne.

Le Magnum de Champagne Heidsieck sans année probablement des années 90 voire de fin des années 80 est très différent. Il est plus consensuel, rond et agréable, mais je préfère l’énergie du Lanson.

Les gougères servies avec les champagnes sont excellentes et de taille inhabituelle tant elles sont grosses. Une gougère suffit.

Le menu préparé par le restaurant Macéo est : Gougère / haddock fumé, pommes de terre en salade tiède et crème légère / foie gras de canard mi-cuit et pain de campagne toasté / haut de cuisse de volaille mariné au yaourt et à la sauge, printanière de légumes, jus au poivre / trio de fromages affinés de chez Monsieur Bordier / portokalopita, gâteau à l’orange et yaourt grec.

Je suis très heureusement surpris par la qualité du haddock absolument délicieux.

Le Champagne Veuve Clicquot années 80 est un très agréable champagne, entré dans une phase de maturité qui lui convient bien.

Le Champagne Henriot Souverain 1961 est d’un équilibre exceptionnel. Il a une énergie remarquable et donne une sensation de perfection. Quel bonheur que ce vin équilibré et parfait.

Avec le Vin de L’Etoile vin du Jura 1955 je vais vivre une idylle et j’ai vu que les amis de ma table sont aussi très étonnés. L’un d’eux dira, sans être contredit, que ce vin pourrait avoir cinq ans seulement, et on le croirait. Ce vin d’une fraîcheur inattendue a un registre floral très marqué. Mon émotion est forte et je dirai que c’est un vin de bonheur dont le finale a des saveurs de fleurs.

Le Château Latour à Pomerol sans étiquette vers 1960 me séduit immédiatement par son parfum délicat. Tout en lui est d’une grande harmonie. Le mot qui vient est velours. Ce vin va m’offrir un enthousiasme qui ne fera que croître.

Le Château Cheval Blanc sans étiquette vers 1960 a beaucoup plus d’énergie et d’opulence que le précédent. Il a une présence affirmée et forme un contraste intéressant avec le velours du Latour à Pomerol.

Le Château Desmirail 1928 est très représentatif du millésime, large, serein et d’une grande complexité. Mais je trouve sa puissance et sa longueur un peu limitées.

Le Château Margaux 1959 est élégant et son parfum est particulièrement séduisant. Il est soyeux quand le Latour à Pomerol était velouté. J’aime son charme, propre à ce brillant vin dans une grande année.

Le Château Mouton Rothschild Magnum 1943 hélas a une acidité qui perturbe le plaisir. C’est une déception par rapport à ce que le nom pouvait promettre et par rapport aux premières senteurs que j’avais aimées.

Le Château Mouton Rothschild 1966 a un parfum nettement plus agréable que le précédent, il montre une belle jeunesse et une grande fraîcheur.

Le Pommard Comtes Armand 1959 nous fait entrer dans le monde des bourgognes et le mot « sexy » apparaît spontanément. C’est probablement le vin dont le vocabulaire est le plus riche, par son charme, sa sensualité et sa séduction. Ce vin de belle fraîcheur a tout pour lui.

Le Nuits-Cailles Morin Père & Fils 1947 a été apporté par un ami qui sait que je suis un amoureux transi du Nuits-Cailles Morin Père & Fils 1915 que j’ai bu une quinzaine de fois et qui, chaque fois qu’il apparaissait dans un de mes dîners, était toujours dans les trois premiers. Alors, il y a une fidélité pour un style qui me touche depuis longtemps.

Le Corton Joseph Drouhin 1937 est d’une année tout en subtilité. Je sens l’élégance et l’onctuosité mais il y a un contraste entre un nez peu engageant et une bouche séduisante. Pour moi ce vin a un pouvoir d’envoûtement.

Le Vouvray Demi sec 1929 est un vin aux saveurs peu familières mais intéressantes. Ce vin est fort agréable et très plaisant sur le dessert.

Le Château Doisy-Daëne 1969 est un Barsac de belle facture, très représentatif de son appellation.

Je n’ai pas goûté le Sauternes Lahon années 60 que j’avais pourtant apporté.

J’avais apporté beaucoup de Bordeaux des années 60 qui se sont montrés excellents. Lorsque nous avons essayé de désigner le gagnant des vins de notre table, une majorité de mes amis ont choisi le Château Cheval Blanc années 1960 qui effectivement est d’une pureté absolue. Mais comme je le connais bien, j’ai désigné le Vin de L’Etoile vin du Jura 1955 car c’est celui qui m’a fait explorer des saveurs infinies.

L’ambiance de notre table était particulièrement amicale et lorsque je suis allé saluer les deux autres tables, j’ai ressenti des amis heureux.

Dans mon discours d’introduction de cette séance, j’ai expliqué pourquoi je ne pourrais plus gérer l’intendance et l’organisation des séances de l’académie et Béatrice Girod a accepté de gérer l’organisation de l’académie pour laquelle elle a apporté énormément de soutien. Elle gérera avec l’assistance de Claudia Machado ma secrétaire.

L’académie des vins anciens continuera à vivre et je continuerai à apporter de nombreuses bouteilles, peut-être pas autant que cette fois-ci où j’ai apporté en convertissant en équivalent bouteilles 18 bouteilles. C’est trop, mais c’est parce que j’avais cette nouvelle à annoncer.

Béatrice n’aura aucun mal à faire salle comble, car tous les participants ce cette 44ème académie n’ont qu’une envie : recommencer !