Mon fils vient nous rendre visite dans notre maison du Sud et, comme souvent lorsque quelqu’un qui nous est cher nous rejoint, j’ouvre une grande bouteille.
En l’occurrence, il s’agit d’un magnum de Champagne Salon 1997. Je révère particulièrement ce millésime chez Salon, car il est d’une réussite éclatante, alors que 1997 n’est généralement pas considéré comme une grande année pour les champagnes.
Le vin est noble, puissant et pénétrant. Il déploie une énergie extraordinaire et une complexité splendide qui ne cessent de s’épanouir dans le verre.
Nous l’avons accompagné d’un camembert Jort, créant un accord particulièrement brillant. La personnalité rustique et légèrement rugueuse du fromage dialogue avec la noblesse et la précision de ce champagne exceptionnel, donnant naissance à une harmonie aussi inhabituelle que fascinante.
Un ami d’enfance de mon fils nous rejoint dans notre maison du Sud. Nous descendons faire une petite visite de la cave que j’y ai installée et mon fils repère une très ancienne bouteille de Byrrh, à l’étiquette particulièrement charmante.
Nous remontons cette bouteille pour l’apéritif et tentons un mariage aussi original que réussi avec de la poutargue.
En examinant l’étiquette, je remarque une inscription manuscrite : « mars 1938 ». Elle correspond sans doute à un anniversaire. D’autres indices semblent montrer que ce Byrrh est antérieur à 1930. Le vin est d’une grande élégance. Il est doux, voire doucereux, mais conserve une belle puissance qui lui évite toute lourdeur. Son charme est évident et sa personnalité particulièrement séductrice. Nous avons pris beaucoup de plaisir à boire cet apéritif d’un autre temps.
Nous passons à table. J’ai ouvert un Clos de la Roche Domaine Armand Rousseau 2002. Le vin est très élégant. Il ne cherche pas la puissance ni une énergie démonstrative ; il séduit plutôt par sa douceur, son raffinement et son charme. On reconnaît immédiatement la signature du domaine Armand Rousseau, faite de précision et d’élégance. C’est un vin de belle longueur qui nous procure un réel plaisir sur une pièce de bœuf.
Nous poursuivons avec un Château d’Yquem 2004, apporté par l’ami de mon fils. Cet Yquem est très équilibré, presque archétypal dans son expression. Il gagnera certainement encore en complexité avec les années, mais il offre déjà un plaisir évident. Nous l’avons accompagné d’un fromage Red Leicester, avec lequel il a formé un accord absolument parfait.