déjeuner impromptu dans ma cave lundi, 20 avril 2026

J’ai été contacté par un photographe du magazine Paris-Match pour faire un article sur mon amour des vins anciens, ma cave et mes dîners. Il aurait aimé photographier un de mes dîners mais les prochains dîners sont trop lointains pour lui. Il me demande si je pourrais organiser dans ma cave un déjeuner impromptu avec des amis. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour trouver cinq convives pour un repas.

Je demande à chacun d’apporter des victuailles et comme cela se passe souvent dans ce type de cas, c’est la débauche de générosité.

Vers 10h du matin je vais chercher à la gare du RER le photographe et le journaliste qui va m’interviewer dans ma cave. Je réponds aux questions du journaliste et le photographe fait des photos de bouteilles rares de ma cave.

Les amis arrivent en ordre dispersé et commencent à déballer leurs victuailles avec Victoire, une cuisinière amie.

Il se trouve que ce déjeuner a lieu deux jours seulement après le grand déjeuner à l’Ecu de France. Nous aurons donc la chance finir plusieurs bouteilles de grand format de ce repas.

Un ami a apporté deux caviars très intéressants, un caviar malossol Rova Royal et un caviar malossol Rova Impérial qui côtoient avec bonheur le Jéroboam de Champagne Bollinger Grande année 1985 qui a gardé une bulle très active et un charme plaisant.

Un plat présente des multitudes de cochonnailles qui siéent au champagne mais aussi au Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 encore fort gaillard.

L’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979 va accompagner les charcuteries mais aussi un plateau de fromage, lui aussi gargantuesque. Ce Mouton est encore plus raffiné qu’il y a deux jours.

Étonnamment, le Jéroboam Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008 qui était resté au frais fait un puissant pschitt au moment où j’enlève le bouchon remis il y a deux jours. Ce champagne est beaucoup plus large aujourd’hui.

Un des amis nous a apporté un Marsala Superiore Florio & Cie 1840 qui a dû être mis en bouteille vers les années 20 ou 30. Ce vin est délicieux riche et sans âge, fait, comme pour beaucoup de liquoreux de cette époque, pour affronter l’éternité.

L’ambiance étant à la convivialité le photographe et le journaliste ont pu goûter à quelques vins et à quelques victuailles. L’ambiance de ce déjeuner impromptu a été particulièrement joyeuse et décontractée.

Peu de temps après j’ai rendez-vous au restaurant Plénitude pour mettre au point le menu du repas qui se tiendra en ce lieu dans un peu plus d’un mois. Selon une tradition que j’ai instituée, je suis venu avec la bouteille du Marsala Superiore Florio & Cie 1840 pour le faire goûter à Arnaud Donckele, Clément, Alexandre Emmanuel et un pâtissier que je ne connaissais pas afin qu’ils s’en souviennent lorsqu’ils créeront le dessert et l’après-dessert.  

Noces de diamant à l’Ecu de France samedi, 18 avril 2026

Au restaurant l’Ecu de France nous allons recevoir des amis et des parents pour fêter nos 60 ans de mariage, les noces de diamant. J’avais apporté les vins il y a deux jours et j’ai ouvert tous les vins la veille. C’est indispensable pour les vins en grand format. L’effort pour extirper les bouchons est plus fort que pour des bouteilles. Le plus difficile à extirper fut celui de l’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979, dont le bouchon résistant s’est fragmenté en de nombreux morceaux. Je n’ai pas eu de mal à enlever les miettes de ce bouchon.

J’ai eu le temps de travailler avec le chef et la pâtissière sur le menu, avec une entente et une compréhension qu’il convient de remarquer et signaler.

Nous avons de la chance car le temps est beau permettant que l’apéritif se prenne sur la terrasse longeant la Marne. Nous sommes 55 avec une quasi égalité entre parents et amis.

Nous buvons un Jéroboam de Champagne Louis Roederer années 90. Le format avantage ce champagne qui se montre plus rond et plus généreux que ce que j’attendais. C’est une bonne entrée en matière.

Le menu créé par le chef Francis Akame est : amuse-bouche gougères à l’Emmental / filet de maigre confit, sauce matelote au vin rouge et purée de pommes de terre / carré d’agneau rôti au romarin, asperges blanches croquantes et jus réduit / noix de ris de veau dorée au beurre, sauce marbrée légère et mousseline de céleri rave / saint-nectaire affiné et servi à température idéale / chocolat noir des caraïbes, siphon grué et streusel cacao / financier à la rose.

 

La suite de l’apéritif et le début du repas sont accompagnés d’un Jéroboam Champagne Bollinger Grande Année 1985. Il y a une sensibilité et une émotion dans ce champagne qui sont impressionnantes, dues à la richesse du millésime et amplifiées par le format de la bouteille qui donne une ampleur et une sérénité de goût.

Il se trouve que pendant la décennie des années 1990, j’ai acquis une quantité assez importante de grands formats du château Meyney car lors d’une visite j’avais pu me rendre compte des qualités de ce vin que peu de gens signalent dans leurs préférences. J’avais notamment bu un Château Meyney 1947 exceptionnel au château. Le Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1969 fait une forte impression car ce vin est dense et riche. Il offre ce qu’on aime dans les vins de Bordeaux, force et noblesse.

Je m’attendais à ce que le Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 soit supérieur au 1969 car c’est l’ordre que l’on est habitué à attendre de ces millésimes, mais même si la richesse du 1967 est très agréable, je préfère le côté gracieux du 1969.

Avec l’Impériale Château Mouton Rothschild 1979 on franchit une étape dans la noblesse des vins de bordeaux. Au premier abord ce vin paraît moins puissant et moins convainquant que les Meyney mais très rapidement s’impose la subtilité de ce vin délicat. Et comme pour les vins qui ont précédé, l’effet du volume du contenant est impressionnant car ce Mouton est large, soyeux et souriant.

Pour le dessert au chocolat, apparaît un Magnum Maury Mas Amiel 1979. Mais il est possible aussi de boire un Jéroboam de Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008. Le Maury est puissant, gourmand, mais il offre aussi des notes de fraîcheur. Il est très agréable à boire par sa générosité. Le champagne est noble mais encore très jeune. Il est très apprécié au point que l’on risque de manquer de quoi boire !

J’avais prévu en réserve un Magnum Champagne Moët sans année affichée et sans étiquette. Je le fais ouvrir. Si l’on se fie aux indications que fournit le bouchon et la capsule, ce Moët pourrait être des années 40 ou 50. Dès la première gorgée, je l’adore, car il est énigmatique. Son goût est inattendu, sauvage, insolent presque. J’aime ces vins qui font du hors-piste.

Si l’on aime les saveurs inattendues, on va encore plus loin avec le Cinzano Dry Vermouth années 30 qui est normalement un vin d’apéritif, mais qui est très adapté à ce moment du repas. Avec les financiers, il est divin. Il est très difficile de décrire ce breuvage qui combine fraîcheur et puissance et dont les évocations sont infinies. Il est gourmand et a un goût de revenez-y. Ses saveurs complexes et volatiles me ravissent.

A l’inverse, le Rhum Naura 40° d’une bouteille de 100 cl est très clair, limpide et beaucoup plus conventionnel et attendu. Il est bon, mais n’apporte aucune surprise.

Tous les convives ont été ravis du menu et des plats, superbes de cohérence. Le chef a été heureux de créer des plats conçus pour se marier à mes vins. Quand je suis allé le féliciter en cuisine, il a eu une remarque qui m’a fait chaud au cœur : « en me demandant de faire ce repas selon vos recommandations, vous avez ouvert des pistes nouvelles pour ma façon de cuisiner ». Quel plaisir pour moi.

Nous avions demandé de ne pas apporter de cadeaux mais nous en avons reçu de toutes sortes. Par une belle journée ensoleillée nous avons eu une belle fête avec des amis et parents que nous aimons. Vive les noces de diamant.

dîner de famille au restaurant Plénitude jeudi, 16 avril 2026

Nous avons décidé ma femme et moi de fêter nos noces de diamant en deux étapes, un dîner au restaurant Plénitude Arnaud Donckele avec nos trois enfants et un repas plus large de près de 60 convives à l’Ecu de France. Ce soir, nous sommes au Plénitude. Nous sommes accueillis avec de grands sourires par l’ensemble du personnel évidemment prévenu du motif de notre venue.

Le menu a été préparé d’avance et Emmanuel Cadieu, le chef sommelier, nous apporte en cadeau un Champagne Dom Ruinart Rosé 2009. C’est une aimable attention.

Le menu composé par Arnaud Donckele et son équipe est : poisson bleu – poireau – tagète POUR velours ‘d’Eden’ / gambero – brovoletti – yuzu POUR sauce à manger ‘Fiolaro’ / partition maraîchère POUR coulis marbré ‘amplitude’ / homard – artichaut – romarin POUR sabayon ‘buisson divin’ / turbot – fenouil – caviar POUR bouillon ‘songe anisé’ / bécasse des mers – tortellini – oursin POUR fumet de roche ‘ocre tannique’ / pigeon – amandine – herbettes POUR salmigondis ‘féral’ / éternel délice feuilletée – fraises – frangipane POUR éphémère ‘plumeria’.

Lorsque je vois qu’il y a une huître que j’adore je pense que le champagne rosé ne serait pas idéal aussi je commande un Champagne Dom Pérignon 2015 que j’aime beaucoup. Ce champagne très jeune est tout simplement adorable. Il a un côté Alain Delon, qui incarne la beauté naturelle. Nous jonglerons avec le Dom Pérignon et le Champagne Dom Ruinart Rosé 2009 car les deux vont trouver des saveurs qui leur conviennent. Le rosé 2009 est très solide et charpenté alors que le 2015 est plus aérien.

Suivant des suggestions du sommelier j’ai choisi un Riesling Schlossberg Domaine Weinbach Famille Faller 2021 dont la précision ciselée s’accorde à la merveilleuse cuisine d’Arnaud Donckele et de Clément, son fidèle chef cuisinier du restaurant. Malgré un côté un peu strict, ce vin sait aussi se montrer joyeux sur les créations comme celle du turbot.

Pour la suite du repas, j’ai choisi un Châteauneuf-du-Pape Clos des Papes 2008, une des bouteilles les plus anciennes (si l’on peut dire) de l’imposant livre de cave. Ce vin d’un équilibre absolu est porteur de plaisir et sa belle lisibilité s’accorde aux plats subtils. Ce vin me semble être une synthèse de ce qui fait le charme et l’élégance des Châteauneuf-du-Pape. Il n’a pas le côté tonitruant du Rayas mais un équilibre idéal.

Il existe dans la cuisine une table, la table du chef où les privilégiés qui dînent dans ce restaurant seront traités comme des amis dans cet alcôve. Pour nous, ce fut au moment des amuse-bouches et nous avons été gâtés, dans une atmosphère amicale exceptionnelle.

Que dire du repas ? Le repas est hors norme, envoûtant et magique et je me suis rendu compte que lorsque je fais des repas en ce lieu, je suis attentif aux sensations de mes convives. Ce soir, en famille, je perçois pleinement le talent du chef et des saveurs qui ne se trouvent nullement ailleurs. Mon fils qui est le seul à ne jamais être venu ici comprend mieux pourquoi je parle d’Arnaud Donckele de façon dithyrambique. Ce repas par ses créations et ses invraisemblables sauces, est un des plus grands repas de ma vie.

Nous avons soufflé les bougies apportés par le directeur et d’autres serveurs, heureux de cette magnifique et affectueuse soirée.

Déjeuner au restaurant Geoélia mercredi, 15 avril 2026

Calibri (Corps)

Un ami avec qui j’avais déjeuné récemment et à qui j’avais fait goûter les vins du déjeuner dans ma cave avec un Constantia 1789, connaît la représentante de Klein Constantia pour l’Europe. Il me propose que nous déjeunions ensemble tous les trois. Je propose que le déjeuner se fasse au restaurant Geoélia du chef Camille Saint M’leux. Je suis arrivé en avance pour ouvrir mes vins et bavarder avec le chef pour envisager d’organiser des dîners ensemble.

Les convives arrivent et annoncent leurs apports aussi je peux bâtir le menu selon les propositions du chef. Il est extrêmement attentif et ouvert, aussi la composition du menu est facile : Saint-Jacques dans sa coquille, mâche nantaise, vieux Xérès / langoustine pochée, soupe du lendemain / asperges blanches de la famille Galis / épais turbot poché dans sa gélatine, moelle de bœuf / agneau des prés salés rôti sur l’os, huître, ail et jus condimenté / citron iodé, confit et givré, huître et herbes.

Nous commençons par un Champagne Guiborat de Caurés à Mont-Aigu 2018. Je ne connais pas cette maison. Le champagne ne manque pas d’intérêt mais sa jeunesse est un handicap pour mon palais, même si je ne le repousse pas, bien entendu. Avec la Saint-Jacques, il crée un bel accord.

Le Château Haut-Brion 1978 a toujours été considéré pour moi comme un vin jeune, mais il faudra un jour que je me mette à accepter que ce vin ait 48 ans ! Il est brillantissime, au sommet de sa gloire. En lui tout semble facile. Il est généreux et sur les asperges et le turbot, il montre ses facultés d’adaptation. Haut-Brion est grand sur quasiment tous les millésimes, mais ce 1978 est au sommet de sa maturité.

J’ai apporté aussi un vin que je n’avais jamais bu et dont je n’ai qu’un exemplaire, c’est un Champagne Veuve Clicquot Ponsardin Demi-Sec Rich Reserve 1988. Je l’avais choisi car je pensais que son goût très doux mettrait en valeur le vin de Constance qui le suivrait.

Ce vin doux est superbe, goûteux et voluptueux et suffisamment modéré pour s’accorder avec le turbot et l’agneau. Ce vin est un ange. Il faudra que je m’intéresse aux champagnes demi-secs qui peuvent apparaître vers la fin du repas.

Le Vin de Constance 2013 est très plaisant, riche et structuré. Le dessert à l’huître est osé mais j’adore les essais de ce genre. Le vin de seulement 13 ans va évidemment prendre son envol beaucoup plus tard. Mais il est déjà très plaisant.

J’avais apporté la bouteille vide du Constantia 1789 pour que notre convive qui promeut les vins de Constance puisse humer son parfum. Il s’est estompé mais je suis content qu’elle ait approché par l’odorat ce vin divin que Napoléon aura connu.

Maison Albert Bichot lundi, 13 avril 2026

Je suis invité à une dégustation des vins de la Maison Albert Bichot à l’hôtel Le Meurice au salon Pompadour. La salle est très belle et historique et cela convient bien à cette maison de Bourgogne à l’histoire très riche. Un des membres de la famille Bichot a été l’un des plus fidèles participants à l’académie des vins anciens. J’ai été reçu par cette belle maison dont j’ai bu de grandes bouteilles comme des Montrachets des années 30 et des Chablis Moutonne Long-Depaquit qui m’ont enthousiasmé.

Je n’imaginais pas que cette maison avait autant d’appellations car les différents stands proposent plus d’une trentaine de vins ! C’est impressionnant. J’ai bu quelques vins excellents.

Je n’ai pas pris de notes car je souhaitais plus bavarder avec les dirigeants de cette belle maison. Bravo et longue vie à un des grands vignerons de Bourgogne.

dégustation des vins de tempos Vega Sicilia lundi, 13 avril 2026

Comme chaque année la maison Tempos Vega Sicilia invite des sommeliers et des journalistes à la dégustation du nouveau millésime disponible sur le marché. Cette dégustation a lieu à l’hôtel de Crillon, au salon des Aigles d’où la vue sur la place de la Concorde est impressionnante.

Pablo Alvarez directeur général du groupe nous présente Jessica Julmy, nouvelle directrice générale de Tempos Vega Sicilia. Le vignoble existe depuis 161 ans dont 44 dans la famille de Pablo Alvarez.

Nous allons goûter des vins de toutes les maisons du groupe.

Le Petracs Furmint Oremus Hongrie 2020 vin blanc au nez minéral et salin est très marin. La couleur claire est jolie. L’attaque est assez curieuse. Le vin est très jeune et très sec. Je le trouve assez limité. Sa complexité n’arrive pas, peut-être est-ce dû à l’âge. Je suis assez étonné qu’on vante les mérites de ce vin qui n’est pas encore formé.

Le Macán Clásico Rioja 2022 est un vin d’un vignoble appartenant en commun à Benjamin de Rothschild et Vega Sicilia. Ce vin a une belle couleur violette et un nez adorable. C’est l’Espagne comme on l’aime. Le vin est gourmand. Il a du charme et se montre très agréable, à la fois lourd et gracieux.

Le Macán Rioja 2021 est lui aussi une joint-venture entre Benjamin de Rothschild et Vega Sicilia. Sa couleur est plus sombre. Le nez est plus discret mais très élégant. Le vin est élégant et raffiné. Il est gourmand et offre une belle attaque en bouche. Il est très typique d’un bon vin espagnol.

Le Alión Ribeira del Duero Bodegas y Vińedo Alión 2022 a un nez très puissant de vin lourd mais il a aussi un côté floral. Son attaque est franche et puissante. C’est un vin riche au finale gourmand, poivré. Ce vin est une bombe. Il est très agréable mais conquérant.

Le Pintia Toro Vega Sicilia 2021 a un nez très élégant. Il a une belle mâche gourmande. Il est riche, au finale riche. Il n’est pas très long. C’est un fonceur très imprégnant. Je trouve Alión plus élégant.

Le Valbuena 5° Vega Sicilia 2021 est un vin fait de 96% de Tinto Fino et 4% de Merlot. La mention ‘5°’ signifie que le vin est mis sur le marché cinq ans après les vendanges. Le nez est très élégant. En bouche on sent apparaître une élégance très supérieure à ce que l’on ressentait auparavant. Ce vin très élégant a un finale qui fait penser à celui du grand vin de Vega Sicilia, le Unico.

Le Vega Sicilia Unico 2016 est fait de 96% de Tinto fino et 4% de cabernet sauvignon. Les vignes ont 35 ans. Ce vin a un nez que j’adore. Quelle fraîcheur ! Le finale est sucré !!! et gourmand. Je note : « ça c’est du vin ».

Le Vega Sicilia Unico Reserva Especial venta 2026 est un assemblage de trois millésimes 2011, 2012 et 2014, mis en bouteille en 2022. Il est plus calme que le Vega Sicilia Unico mais élégant. Il n’a pas le côté pétulant de l’Unico 2016.

Comme c’est la fin des rouges il m’apparait que le Unico 2016 est magique.

Le Oremus Tokaji Aszu 5 Puttonyos 2018 a une attaque gourmande. Le sucre est fort. Il a une belle élégance mais le sucre est un peu trop fort pour mon goût habitué à des Tokajis plus anciens et donc plus calmes.

Le Oremus Tokaji Eszencia 2012 est beaucoup plus élégant, très agréable. Il est frais et très bon. Il vieillira bien.

Cette dégustation est très intéressante et je suis heureux de la faire chaque année.

Dom Pérignon 2002 jeudi, 2 avril 2026

Ma fille cadette vient déjeuner à la maison. J’ai ouvert un Champagne Dom Pérignon 2002 que je n’avais pas bu depuis plus d’un an. C’est un champagne calme et serein, qui ne cherche pas à surjouer. Il est agréable. On pourrait dire que c’est l’archétype des Dom Pérignon calmes et plaisants, que l’on boit facilement dans toute situation. C’est le 28ème 2002 de ce champagne que j’ai bu.

déjeuner au Train Bleu mercredi, 1 avril 2026

Ma femme revient du sud et je dois la chercher à la Gare de Lyon, car nous allons déjeuner au restaurant le Train Bleu. La décoration du lieu est toujours impressionnante car à l’époque de sa création l’argent n’était pas une guillotine de la création comme aujourd’hui. Quelle beauté, quelle volonté de mettre en valeur la beauté de nos régions et de notre France !

Le service en salle a encore une volonté de perpétuer les traditions et on le sent, mais il n’y a pas la sérénité imposante des serveurs du temps jadis. Nous choisissons des plats de tradition que la Maison Rostang a eu l’intelligence de perpétuer.

J’ai choisi un Champagne Philipponnat Réserve Perpétuelle Brut composé de 44% de 2021 et de 56% de vins de réserve. J’aime ce champagne fin et intelligent qui lui aussi veut respecter les goûts ancestraux. Il est subtil et jamais ne surjoue. Il convient à ce lieu.

La belle surprise est le Châteauneuf-du-Pape L’Oratoire de Papes 2022 qui me laisse pantois. Jamais je n’aurais imaginé qu’un vin si jeune puisse être aussi gourmand et joyeux. Il se boit comme une gourmandise. Voilà deux bonnes pioches dans une carte des vins intelligente qui ne s’embarrasse pas des vins de prestige car ce sont surtout des voyageurs qui n’ont pas assez de temps pour se régaler de vins mythiques.

règles pour l’académie des vins anciens du 11 juin samedi, 28 mars 2026

Règles pour la 44ème séance de l’académie des vins anciens du 11 juin 2026

Cette séance est ouverte aux amateurs de vins anciens avec ou sans apport de vins.

1 – participants sans vin

Les confirmations d’inscriptions sont prises dans l’ordre des demandes. Le prix est de 300 € par personne, à payer avant le 24 avril.

2 – participants avec vins

  • proposer un vin ancien et fournir tous éléments sur le vin, dont le niveau dans la bouteille (chaque photo ne devra pas dépasser 500 Ko et devra être lisible. Elle sera en pièce jointe et non pas dans le corps du texte)
  • Obtenir mon approbation pour la ou les bouteilles proposées
  • Respecter les critères d’âge :
  • Champagnes : avant 1997
  • Vins blancs : avant 1991
  • Vins rouges et liquoreux : avant 1972

Les modes de livraisons figurent ci-après.

Livraison des vins entre le 20 avril et 22 mai.

Les confirmations d’inscriptions sont prises dans l’ordre des demandes. Le prix est de 190 € par personne, à payer avant le 24 avril.

3 – lieu de la réunion

Le restaurant Macéo au 15 rue des Petits Champs 75001 PARIS

Rendez-vous à 19h. Fin de réunion à minuit.

4 – Mode de paiement

Paiement par virement à FRANCOIS AUDOUZE AVA

RIB / FR7630003030000005024474342

5 – mode de livraison

  1. – par envoi postal à François Audouze, société ACIPAR, 44 rue Andrei Sakharov, 93140 BONDY.
  2. – par livraison au 10 Place des Vosges 75004 Paris. Téléphoner à la concierge Madame PUREZA PEREIRA 07.64.88.30.66, prendre rendez-vous avec elle et l’appeler quand vous êtes arrivé, en donnant mon nom. Elle n’est pas joignable au téléphone entre 12h et 17h.

Respectez les dates limites, c’est fondamental.

dîner au restaurant Le Vieux Crapaud jeudi, 26 mars 2026

Ma fille est avocate dans un grand cabinet international. Elle va assez souvent déjeuner avec des collègues dans le restaurant le Vieux Crapaud tenu par le chef Thomas Boutin. Il se trouve que les amis de ma fille me suivent sur Instagram ainsi que le sommelier Avedis. Le chef et le sommelier seraient très heureux que je vienne dîner en ce lieu et les amis de ma fille aussi.

Elle m’a donc de nombreuses fois indiqué que je ferais des heureux si j’organisais un dîner avec des vins de ma cave en ce lieu. Je ne connais pas les avocats. Nous serons six. J’ai décidé de ne pas rendre la dégustation facile car je choisis des vins dont je suis assez sûr qu’ils ne les connaissent pas.

J’arrive à 16h30 au restaurant pour ouvrir mes vins. Avedis est un fou de vin et enthousiaste. Il va rester avec moi tout au long de la séance d’ouverture. Nous avons bavardé tout le temps et je vois à quel point il est passionné. Il décide d’ajouter à mes vins un vin de sa famille qui a un vignoble dans la Napa Valley. Nous partageons maintenant nos discussions avec le chef pour créer le menu. Ce moment passé avec Avedis est joyeux et dynamique, tant il est un fou de vin.

Après l’ouverture des vins je rejoins ma fille dans son cabinet et je fais connaissance avec ses confrères dans leurs lieux de travail. Au passage j’avais visité le magasin de Lavinia où il n’a pas fallu longtemps pour que je sois reconnu.

Le menu que nous avons élaboré grâce aux propositions du chef et d’Avedis est : morille farcie, farce fine de volaille, duxelles de morille, jus de viande glacé / côte de bœuf maturé, sauce béarnaise / cœur croustillant de ris de veau du Limousin, jus réduit / stilton / millefeuille à la fève de Tonka / financiers.

Nous commençons par un Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1976 qui surprend évidemment mes convives par son âge. Qu’un champagne de 50 ans soit aussi jeune a effectivement de quoi troubler. Ce champagne est grand, intense, large et très gastronomique. La morille est gourmande à souhait aussi nous pouvons après le champagne lui associer le premier groupe de deux vins rouges.

Il y a un Pommard Domaine Launay 1976, puissant, pénétrant et solide et un Gevrey Chambertin Henri Richard 1978 beaucoup plus léger et gracieux, moins adapté que le Pommard à la morille, mais d’une élégance très impressionnante.

Pour la pièce de bœuf nous aurons deux vins, le Steltzner Vineyards Cabernet Sauvignon Napa Valley 2004 qui est très équilibré, étonnant par sa justesse de ton et son raffinement et une maturité plus grande que ce qu’on attendrait d’un vin de 22 ans. Et nous buvons aussi un Châteauneuf du Pape Bouchard Père & Fils 1964 qui est d’une élégance charmante et charmeuse, avec une longueur fascinante. Les Châteauneuf de cet âge sont toujours éblouissants.

Le menu n’ayant pas été annoncé en début de repas, mes convives tombent des nues quand ils voient apparaître le ris de veau alors qu’ils n’attendaient rien ensuite. Mais l’accord est justifié avec tous les vins si l’on avait pris soin d’en garder. Le Châteauneuf paraît le plus glorieux et le Gevrey Chambertin paraît le plus raffiné et subtil. Les quatre vins rouges, si différents les uns des autres, nous ont fait voyager dans un monde de saveurs qu’ils n’avaient pas encore exploré.

La suite du repas est un voyage dans l’inconnu car les deux vins servis maintenant n’ont aucune étiquette et aucune indication. La première bouteille a un vin très lourd et opaque, très brun. C’est à mon palais un très vieux sauternes et très probablement des années vingt et presque sûrement, du fait de l’ampleur du goût, un sauternes de 1928 ou 1929. Risquons un Sauternes très probablement 1928. Ce vin est un pur bonheur de cohérence et d’ampleur. Il transcende toutes les mémoires que mes amis pourraient avoir de jeunes sauternes.

Le millefeuille ou, je devrais dire, le dix millefeuille tant il est pantagruélique. Et le sauternes s’en accommode bien. Il est incroyablement élégant

Le vin suivant peut être trouvé grâce à la forme de la bouteille qui indique un Madère, confirmé par le goût. Je le nommerais Madère de nom inconnu probable années 50. Il est riche et puissant, accompagné idéalement par les financiers, qui trouveront aussi un accord avec un Tokaji Escenzia Aszu 1988 qui est d’une grâce enjôleuse tant ce vin est plus léger que le madère.

Le amis de ma fille ont été heureux de faire ce voyage dans le monde des vins anciens, que je n’ai pas voulu rendre facile. Nous avons bavardé de mille choses.

Si je devais faire un classement, ce serait : 1 – Sauternes très probablement 1928, 2 – Châteauneuf du Pape Bouchard Père & Fils 1964, 3 – Gevrey Chambertin Henri Richard 1978, 4 – Tokaji Escenzia Aszu 1988. Mais les autres vins mériteraient d’être dans ce classement.

La cuisine du chef est excellente. Le restaurant était plein ce qui est un bon signe. Avedis était heureux car il est amoureux du vin sous toutes ses formes. Ce repas très gai fut un grand moment de partage.