J’ai été contacté par un photographe du magazine Paris-Match pour faire un article sur mon amour des vins anciens, ma cave et mes dîners. Il aurait aimé photographier un de mes dîners mais les prochains dîners sont trop lointains pour lui. Il me demande si je pourrais organiser dans ma cave un déjeuner impromptu avec des amis. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour trouver cinq convives pour un repas.
Je demande à chacun d’apporter des victuailles et comme cela se passe souvent dans ce type de cas, c’est la débauche de générosité.
Vers 10h du matin je vais chercher à la gare du RER le photographe et le journaliste qui va m’interviewer dans ma cave. Je réponds aux questions du journaliste et le photographe fait des photos de bouteilles rares de ma cave.
Les amis arrivent en ordre dispersé et commencent à déballer leurs victuailles avec Victoire, une cuisinière amie.
Il se trouve que ce déjeuner a lieu deux jours seulement après le grand déjeuner à l’Ecu de France. Nous aurons donc la chance finir plusieurs bouteilles de grand format de ce repas.
Un ami a apporté deux caviars très intéressants, un caviar malossol Rova Royal et un caviar malossol Rova Impérial qui côtoient avec bonheur le Jéroboam de Champagne Bollinger Grande année 1985 qui a gardé une bulle très active et un charme plaisant.
Un plat présente des multitudes de cochonnailles qui siéent au champagne mais aussi au Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 encore fort gaillard.
L’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979 va accompagner les charcuteries mais aussi un plateau de fromage, lui aussi gargantuesque. Ce Mouton est encore plus raffiné qu’il y a deux jours.
Étonnamment, le Jéroboam Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008 qui était resté au frais fait un puissant pschitt au moment où j’enlève le bouchon remis il y a deux jours. Ce champagne est beaucoup plus large aujourd’hui.
Un des amis nous a apporté un Marsala Superiore Florio & Cie 1840 qui a dû être mis en bouteille vers les années 20 ou 30. Ce vin est délicieux riche et sans âge, fait, comme pour beaucoup de liquoreux de cette époque, pour affronter l’éternité.
L’ambiance étant à la convivialité le photographe et le journaliste ont pu goûter à quelques vins et à quelques victuailles. L’ambiance de ce déjeuner impromptu a été particulièrement joyeuse et décontractée.
Peu de temps après j’ai rendez-vous au restaurant Plénitude pour mettre au point le menu du repas qui se tiendra en ce lieu dans un peu plus d’un mois. Selon une tradition que j’ai instituée, je suis venu avec la bouteille du Marsala Superiore Florio & Cie 1840 pour le faire goûter à Arnaud Donckele, Clément, Alexandre Emmanuel et un pâtissier que je ne connaissais pas afin qu’ils s’en souviennent lorsqu’ils créeront le dessert et l’après-dessert.