On me transmet cette information : Festival Omnivore. Je la transmets telle quelle en
pensant que ce festival risque de ressembler à la FIAC, où,
pour se dire moderne, l’art a besoin de
provoquer. A chacun de juger ce que suggère ce texte :
Pour réussir, l’innovation culinaire su
ppose que le consommateur y soit réce
ptif. Cela s’im
pose
par exem
ple lorsqu’on sert,
parmi quelques autres aliments im
probables, des lamelles de lombric au
piment et au beurre d’ail, selon une recette du biologiste Michel Durivault. A
près la stu
peur, vient une sorte de soulagement, lorsque, une fois la
première bouchée avalée, on a
pprend qu’il s’agit non de ver de terre, mais d’une variété de cactus !
pt:basculer(0, 1);">Omnivore Food Festival
Sur les docks Océane. Quai de la Réunion, rue Marceau 76600 Le Havre.
Inscri
ptions :
www.omnivore.fr
pt:basculer(0, 1);">[-] fermer
Autre sur
prise : l’oeuf de caille au
plat, dont le blanc est teinté artificiellement en bleu vif et qui ra
ppelle les s
paghettis au bleu de méthylène des banquets futuristes des années 1930. Encore
plus insolite, le homard séché réduit en
poudre,
placé dans une gélule rose vif et entouré d’algues en
paillettes, qui n’enthousiasme guère les gourmands classiques, tandis que la morue aux fraises avec mayonnaise chantilly aux câ
pres, le tout flambé au
pastis,
provoque une belle
polémique.
Tentées récemment à Tours (Indre-et-Loire), ces ex
périences seront
peut-être au rendez-vous du
premier festival de la jeune cuisine.
Prévu les 20 et 21 février au Havre (Seine-Maritime), Omnivore Food Festival sera consacré à la cuisine créative et
« aux cuisines en général, dès l’instant où elles ont envie d’avancer »,
précisent les organisateurs, Luc Dubanchet et Laurent Séminel, fondateurs du journal
Omnivore. Le Havre se met à l’heure de la modernité en cuisine, avec la
présence de Génération. C
(lire Génération point C), association nouvelle de jeunes cuisiniers
présidée
par Gilles Choukroun, chef du restaurant
parisien Angl’O
péra et inventeur d’une cuisine
« conceptuelle et ludique ».
A
près les rencontres de Saint-Sébastien, de Madrid et d’Oxford (
Le Monde du 30 avril 2004), l’ambition des organisateurs d’Omnivore Food Festival est de doter la France d’une manifestation où une trentaine de démonstrations culinaires, des ateliers, des débats, des rencontres
permettront de mettre en commun savoirs,
pratiques, techniques, idées et conce
pts, dans le seul but d’enrichir le
patrimoine culinaire.
« RASSEMBLER »
Cet ambitieux
projet suscite autant d’enthousiasme
parmi la centaine d’adhérents de Génération. C que de
prudence chez les anciens.
Paul Bocuse, 80 ans, qui fêtait en juin 2005 ses
« quarante ans sous trois étoiles » confie avec humour :
« La retraite ? J’y songe d’ici une vingtaine d’années, car il faut laisser la place aux jeunes. » Lionel Lévy, le jeune chef d’Une table au sud, sur le Vieux-
Port à Marseille, es
père que ce festival,
« huit ans après celui des Espagnols, permettra d’arrêter de se dire qu’on est dépassés ».
Im
pulsion nouvelle à la cuisine,
partage de vision et de techniques : cette manifestation, selon le chef marseillais, doit être ca
pable de
« rassembler toutes les générations ».
Pour cela, sont attendus au Havre quelques invités qui ont fait leurs
preuves, comme Ferran Adria (chef du El Bulli, en Catalogne), Alain Ducasse, Michel Bras, Andoni Luis Aduriz (du Mugaritz, en Es
pagne), Thierry Marx (Château Cordeillan Bages, à
Pauillac), ou encore
Pierre Hermé.
Lionel Lévy veut éviter de tomber dans le cliché du
« service en tee-shirt dans une ambiance hip-hop ». Son souci, avait-il
prévenu en invitant la
presse lors d’une rencontre le 28 novembre 2005 à Marseille, est de ne
pas laisser le mouvement être récu
péré.
Pour l’heure, il
pré
pare en tandem avec Frédéric Coursol (chef du Radio, à Chamalières) un menu terre et mer,
pour lequel il médite un tartare d’anchois aux lentilles.
Le festival du Havre aura lieu deux mois a
près le Forum organisé à Tours
par l’Institut euro
péen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IHCA), avec le
parrainage du
Monde, les 2 et 3 décembre 2005. Des historiens, des géogra
phes, des cuisiniers, des sociologues y avaient débattu des nouvelles tendances culinaires devant 200
professeurs des écoles hôtelières. Gilles Choukroun et Luc Dubanchet avaient eu l’occasion de faire
partager leur conviction que la tradition rejoint l’innovation lorsque cette dernière n’est
pas seulement nostalgie.
La cuisine est créative et dévelo
ppe sa
pro
pre identité lorsqu’il y a conjonction de l’intelligence, d’une histoire qui se raconte, des
produits et des techniques. Le chef de Génération. C justifiait alors son
pro
pos en donnant la recette d’une crème brûlée a
ppliquée au foie gras, assaisonné à la cacahuète – à dire vrai, assez
peu convaincante. Mais c’est à Michel Bras et à Olivier Roellinger qu’il revint de faire rêver l’auditoire en ex
primant avec onirisme et intensité leur ra
pport intime au
paysage, un thème introduit
par le
professeur de géogra
phie Jean-Robert
Pitte.
La jeune cuisine saura-t-elle im
poser ses vues à ceux
pour qui la cuisine ne doit
pas céder au métissage ni s’enrichir des différences entre les cultures ? Le nouvel é
pisode de la querelle des anciens et des modernes qui s’annonce au Havre ne
peut être qu’enrichissant.
pan style="font-size: 11pt; font-family: Verdana;">pan style="color: #000000; font-size: small;"> pan>pan>