<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Descendre dans le sud, cela implique quasi automatiquement d'aller dîner pan style="COLOR: blue">chez Yvan Rouxpan>.pan> pan>J'invite trois amis à me prendre chez moi. J'ouvre un pan style="COLOR: red">magnum de Champagne Henriot 1996pan>. Le vin est d'une belle ampleur, la bulle est très présente. De fines tranches de poutargue excitent le champagne par leur salinité. Nous emmenons le magnum avec nous, et j'ai pris aussi un autre vin dans ma musette.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur des tranches de Pata Negra particulièrement grasses et sentant la noix, le champagne est d’un heureux équilibre et montre son caractère vineux.pan> pan>Un carpaccio de pagre denti avec du pesto se marie divinement avec le champagne, l'ail et le parmesan lui tirant des accents chantants. Yvan nous présente ensuite des araignées gratinées avec des croûtons au pain, céréales et ail confit. C'est bon, mais Yvan est plus à l'aise sur les poissons que sur ce crustacé.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Je fais servir le Meursault pan style="COLOR: red">Genévrières Bouchard Père et Fils 2004 en magnumpan>, qui est un pur bonheur. Il est fruité, puissant, joyeux et emplit la bouche avec un fort sentiment de plénitude harmonieuse. Sur le pagre denti accompagné de pommes de terre et Pata Negra, la combinaison marche comme sur du velours. Yvan connait mes péchés, car les premières fraises Gariguette de l’année baignent dans une légère glace à la vanille dont Yvan doublera ma ration. Ce repas est le sacre du printempspan>p>
<p>Je descends dans le sud pour me reposer après le merveilleux dîner au Bristol.p><p>J'ai parlé de la pollution que j'avais constatée à Pékin.p><p>Mais en ce jour froid et ensoleillé, la pollution sur Paris que l'on voit de l'avion est absolument préoccupante. Alors que la luminosité est totale, il y a des immeubles que l'on ne voit pas, tant la chape de pollution est opaque. p><p>Brrr...p>
<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le 115p>èmep> dîner de wine-dinners se tient au restaurant de lpan style="COLOR: blue">’hôtel Bristolpan>. J’ai choisi ce restaurant où j’ai déjà tenu onze de mes dîners pour rendre hommage à la troisième étoile qu’Eric Fréchon vient juste d’obtenir et a dignement méritée. Le restaurant est plein et les salles annexes sont toutes réservées, ce qui montre l’intérêt de décrocher cette étoile en temps de crise.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">A 17 heures j’ouvre les bouteilles et cette opération s’effectue avec une facilité déconcertante. Il faut dire que les vins de ce soir sont particulièrement jeunes : l’âge moyen est de trente-quatre ans alors que généralement la moyenne dépasse cinquante ans. Les odeurs sont toutes belles, le vin le plus fermé, mais il s’ouvrira, est le Lafite 1964. Pour une fois j’ai mis des vins en situation de compétition. Nous verrons comment cela se passe.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le menu composé par pan style="COLOR: blue">Eric Fréchonpan> et mis au point avec le sommelier Marco Pelletier est : Amuse-bouche / Foie gras de canard cuit en papillote, huîtres fumées, bouillon de canard au thé vert / Oignon rosé de Roscoff, carbonara, royale de lard fumé, truffe noire et girolles / Ris de veau de lait braisé au fenouil sec, carottes au pain d’épices et citron, jus de cuisson / Poitrine de canard challandais rôtie aux épices, purée de dattes, citron et kumquat, pommes soufflées / La pomme de dix heures.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Il y a ce soir trois des fidèles parmi les fidèles, compagnons des casual Friday, un ami que je rencontre souvent aux dîners des amis d’Yquem, un couple de nouveaux adeptes et un nouvel inscrit suédois, qui lit en suédois mes récits dans la revue qui accueille mes écrits. Sur dix convives il y a cinq nouveaux, ce qui me fait plaisir car c’est un signe d’ouverture. Deux femmes illuminent notre table de leurs sourires radieux. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Les consignes habituelles sont données dans le beau hall d’entrée de l’hôtel et nous passons à table dans la salle lambrissée et tapissée de forme ovoïde d’une grande élégance. Nous commençons à boire le Champagnepan style="COLOR: red"> Pommery Brut 1947pan>. Les quatre amuse-bouche ne sont pas encore servis, aussi le premier contact avec le champagne est-il un peu déroutant pour ceux qui n’ont pas l’habitude des champagnes anciens. Mais tout s’éclaire au contact des saveurs raffinées et agréablement complexes des petits jeux auxquels se livre Eric Fréchon. La couleur du Pommery est d’un or ambré, la bulle a disparu mais le pétillant est présent. Le goût du champagne est harmonieux, rond, centré. Il peut devenir par contraste doucereux sur l’oseille, puis sérieux sur le thon. Des quatre saveurs, l’huître est la seule qui eût appelé un champagne plus jeune.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Jeune, c’est vraiment la caractéristique du pan style="COLOR: red">Champagne Dom Ruinart Blanc de Blancs 1990pan> qui malgré ses dix-neuf ans fait gamin à côté du Pommery. Nettement moins dosé que le 1947, ce Dom Ruinart est vert, sa bulle pétille fortement et sa longueur est extrême. La petite entrée ajoutée, une gelée de lentille, est absolument délicieuse et fortement goûteuse. Mais elle ne va pas du tout avec le champagne. Par aucun biais l’accord ne se fait. Et, comme cela se produit souvent, l’incompréhension entre le plat et le champagne va mettre encore plus en valeur l’accord suivant, le plus beau de la soirée.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Marier un foie gras avec des huîtres est d’une belle audace. L’exécution est parfaite. La fougue du pan style="COLOR: red">Château Laville Haut Brion 1995pan> convient parfaitement, et c’est surtout la sauce, je dirais plutôt le bouillon, qui fait le trait d’union avec le vin généreux et kaléidoscopique. Nous sommes sur un sommet gastronomique. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">J’ai commis l’erreur de ne pas relire le menu imprimé par le restaurant, aussi chaque convive a lu Montrachet Bouchard Père & Fils 2001 au lieu de pan style="COLOR: red">Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 2001pan>. Il est compréhensible que cette lecture ait modifié l’approche que chacun a de ce vin. Il est absolument parfait et généreux, et le plat d’oignon est une merveille d’imagination d’un grand chef. Certains convives comme ma voisine préféreront l’accord du vin blanc de Bourgogne avec l’oignon à celui du vin blanc de Bordeaux avec le foie gras. Je suis de l’autre camp. Le vin de Bouchard est joyeux, riche, opulent.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le ris de veau est associé à deux bordeaux de 1964. C’est presqu’une première, car dans mes dîners, j’essaie d’éviter toute confrontation entre deux vins. On ne goûte pas de la même façon quand un vin est seul de sa catégorie et quand il est en comparaison. Il se trouve que les vins sont suffisamment dissemblables pour que la rivalité ne joue pas. Le pan style="COLOR: red">Château Lafite-Rothschild 1964pan> est assez strict, légèrement amer, et représente un ascétisme aux antipodes du caractère lascif et séducteur du pan style="COLOR: red">Château Mouton-Rothschild 1964pan> tout en velours. Avec l’ami d’Yquem, nous ne comprenons pas l’engouement de la table pour le Lafite, tant il apparaît que le Mouton est plus savoureux. Mais, comme cela arrive, les votes nous prouveront que si nous avons gustativement raison, nous avons politiquement tort. pan> pan>pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">J’avais imprudemment annoncé qu’il existait un vin de réserve. L’ami fidèle parmi les fidèles, celui qui avait fait ouvrir son magnum de Fargues 1961 alors que nous étions déjà plus que repus lors d’un casual Friday, fait pression et insiste pour que j’ouvre le bourgogne de réserve. L’ami d’Yquem ayant apporté une bouteille d’un vin inconnu, nous aurons donc quatre vins rouges pour le canard au lieu de deux prévus.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Par une incompréhension de mes propos, Marco Pelletier fait servir le pan style="COLOR: red">Châteauneuf du Pape Clos des Papes 1949pan> largement avant que le plat n’arrive. Ceci va fortement jouer sur l’appréciation du vin. Car bu seul, le vin est très décevant et m’étonne, car rien à l’ouverture ne m’avait laissé penser qu’il s’affaiblirait ainsi. Il est fatigué, plat, et il est certain que la sauce du canard changerait la donne. Et c’est ce qui se produit car dès que le plat apparaît, le vin revit et lorsque l’on boira le fond de la bouteille, ses qualités reviendront. Fugacement peut-être, mais il sera possible de les ressentir, ce qu’un autre des plus fidèles traduira en votant pour ce vin. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le vin de réserve, le pan style="COLOR: red">Clos de Vougeot Domaine Méo-Camuzet 1992pan> surprend tous les convives par sa vigueur et sa puissance. Il est généreusement bourguignon, avec une petite salinité que j’adore. C’est un vin très agréable. Le canard est excellent et une fois de plus, c’est la sauce qui se révèle magique. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">C’est à mon tour d’être surpris, car je n’attendais pas une telle puissance dans la pan style="COLOR: red">Côte Rôtie La Mouline Guigal 1993pan>. Cette année de la Mouline m’a habitué à plus de réserve et là, ce vin tonitrue. C’est un vin porteur de générosité, chaleur et enthousiasme, ce qui nous ravit. Il est délicieux.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous voici maintenant en face du pan style="COLOR: red">Vin inconnu 1904pan>. Notre ami qui l’a apporté et a voulu qu’on l’ouvre, ce que j’ai fait en début de repas, nous explique qu’il a acheté une cave et que le livre de cave indique pour cette bouteille 1904, ce qui est très plausible du fait de l’état de la capsule et du bouchon, mais ne donne aucun indice sur la région. Et la forme bourguignonne de la bouteille ne dit rien de plus car on a pu embouteiller du bordeaux dans ce flacon. Je suis généralement prudent dans les évaluations à l’aveugle mais une chose est claire pour moi, c’est un bordeaux, ce dont doute un des fidèles. Mais la majorité penche pour cette solution. Après cela, il est bien présomptueux de situer le climat. J’opterais volontiers pour Pauillac quand l’ami apporteur pencherait pour Haut-Brion, ce qui ne me convainc pas. Toujours est-il que le vin est extrêmement bon, d’une couleur indiquant une vivacité encore présente, et son goût n’a pas la moindre trace d’acidité. Il est chaleureux, et la piste Pauillac me plait bien, l’année 1904 ayant produit des vins merveilleux.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous changeons de monde maintenant et la possibilité de comparaison existe une nouvelle fois puisque nous buvons deux Yquem. Le pan style="COLOR: red">Château d’Yquem Sauternes 1988pan> est glorieux. Ne cherchons pas d’autre qualitatif, car celui-ci suffit. D’un bel or, ce vin emplit la bouche généreusement. On se sent bien tant il est parfait. Le pan style="COLOR: red">Château d’Yquem Sauternes 1961pan> est très différent. Il a commencé à manger légèrement son sucre et l’on voit apparaître une note fugace de thé. La juxtaposition est intéressante, même si le resplendissant 1988 vieillit un peu le 1961 de grande élégance. La pomme de dix heures accompagne bien les deux Yquem qui, avouons-le, s’amusent tout seuls devant le miroir de leurs beautés. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Il est temps de voter et le seul vin qui n’aura pas de vote parmi les douze vins de ce dîner, c’est le Clos de Vougeot, non pas du fait de sa qualité mais parce qu’il n’a pas été imprimé sur le menu. Onze vins sur douze ont eu des votes, ce qui est remarquable, les dix vins prévus au programme ayant tous au moins un vote.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Cinq vins ont eu le privilège d’obtenir la première place dans au moins un vote : le Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 2001 ainsi que le Château Lafite-Rothschild 1964 ont chacun trois fois la place de premier, la Côte Rôtie La Mouline Guigal 1993 a deux votes de premier et le Champagne Pommery Brut 1947 ainsi que le Château Mouton-Rothschild 1964 ont chacun un vote de premier.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le vote du consensus serait celui-ci : 1 - Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 2001, 2 - Château Lafite-Rothschild 1964, 3 - Côte Rôtie La Mouline Guigal 1993, 4 - Château d’Yquem Sauternes 1988.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Mon vote est : pan style="COLOR: blue">1 - Château Mouton-Rothschild 1964, 2 - Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 2001, 3 - Champagne Pommery Brut 1947, 4 - Vin inconnu 1904pan>. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Il se peut que la croyance en la présence d’un Montrachet au lieu de Chevalier-Montrachet ait influencé quelques votes de mes amis. La place de Lafite aussi haut dans les votes est une surprise, mais c’est bien ainsi car cela montre la vanité des notations ou appréciations qui se veulent absolues. pan> pan>pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">La cuisinepan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana"> d’Eric Fréchon est incontestablement brillante. Le dosage des saveurs et la délicatesse des sauces sont absolument remarquables. Il y a eu deux ou trois petites imperfections dans le service des vins qui imposeront une meilleure coordination et que je sois plus précis dans mes recommandations. Les cinq nouveaux se sont bien intégrés même si l’un des plus fidèles, taquin comme à son habitude, ne fit rien pour leur rendre la tâche facile. L’ambiance riante, enjouée et taquine nous a conduits tard dans la nuit et aucun convive ne voulait quitter la table dans cette salle au confort parfait. Ce dîner, avec une ambiance amicale rare et des impromptus, voire des inconnues comme ce vin de 1904 fut un grand et beau dîner. pan>p><p />
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p>Les vins
prévus
pour le dîner avant ouverture. Deux vins seront ajoutés.
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p>Le bouchon du Clos des
Pa
pes 1949
porte encore le centre de la ca
psule qui est resté collé.
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p>Les deux bouchons d'Yquem montrent le lent travail du tem
ps : 27 ans de distance entre les deux.
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p>Les bouchons. On remarque la ca
psule trouée du 1949. La belle table centrale.
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p>Les délicats amuse-bouche
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p>La gelée de lentille et
pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Foie gras de canard cuit en papillote, huîtres fumées, bouillon de canard au thé vertpan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Oignon rosé de Roscoff, carbonara, royale de lard fumé, truffe noire et girollespan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Ris de veau de lait braisé au fenouil sec, carottes au pain d’épices et citron, jus de cuissonpan>
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pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00455.jpg" width="448" align="left" border="0" />pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">pan>
pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00460.jpg" width="448" border="0" />pan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Poitrine de canard challandais rôtie aux épices, purée de dattes, citron et kumquat, pommes souffléespan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">
pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00462.jpg" width="448" border="0" />pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">pan>pan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Avant dessert et la pomme de dix heurespan>
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pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00464.jpg" width="448" align="left" border="0" />pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">pan>
pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00465.jpg" width="448" border="0" />pan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">La table en fin de soiréepan>
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pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC00469.jpg" width="336" border="0" /> pan>
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<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Chaque année, des vignerons de Bourgogne regroupés sous la bannière de « Les Domaines Familiaux de Tradition » organisent une dégustation à Paris au Pavillon Ledoyen. Cette année est consacrée aux vins de 2006 et autour de plateaux de fromages du fromager Loiseau, on peut boire non pas des 2006 mais des 1989 apportés par de nombreuses maisons.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Il y a toujours une assistance nombreuse, mais cette année il y a foule. Sommeliers, cavistes, restaurateurs, journalistes sont présents en nombre. Il y a les studieux qui font une approche systématique et les papillons, qui ne vont que sur les stands des plus grands. Et des grands vignerons, il y en a. On pourrait même dire qu’ils sont la majorité.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Imagine-t-on une autre occasion de comparer Rousseau, Mugnier, Roumier, Dujac, Méo-Camuzet, Comtes Lafon, Faiveley et tant d’autres… C’est un luxe inouï. N’ayant aucune obligation, j’ai butiné en appréciant particulièrement quelques vins.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le Chablis Valmur domaine Raveneau 2006 est un merveilleux Chablis. Le Meursault Clos de la Barre domaine Comte Lafon 2006 a un nez d’une rare noblesse, et en bouche, c’est un festival. Le Corton Charlemagne Beonneau du Martray 2006 est conforme à sa réputation.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">En ce qui concerne les rouges, le Chambertin Clos de Bèze Armand Rousseau 2006 est merveilleux, et le Clos Saint-Jacques Armand Rousseau 2006 a un charme subtil qui me ravit. Le Bonnes-Mares Georges Roumier 2006 est une leçon de perfection. Le Musigny J.F. Mugnier 2006 a une subtilité qui correspond à ma sensibilité. Le Clos-de-la-Roche domaine Dujac 2006 est généreux et joyeux. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le fait de pouvoir passer de l’un à l’autre de ces vins immenses est un grand plaisir auquel s’ajoute celui de discuter avec des vignerons de talent. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Parmi les 1989 que l’on se disputait de haute lutte, j’ai eu la chance que mon bras se tende au bon moment pour le Corton Charlemagne Bonneau du Martray 1989 d’une maturité convaincante, sur l’extraordinaire Meursault Clos de la Barre Comte Lafon 1989 que j’ai fait sentir à Eric Rousseau qui était tout proche, tant ce parfum est d’une totale perfection. Et j’ai saisi quelques gouttes du Musigny Domaine Mugnier 1989 d’une belle harmonie.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">J’ai raté le Clos-de-la-Roche domaine Dujac 1989 que j’aurais aimé comparer au 1990 que je venais de boire à La Tour d’Argent. Mais il faut savoir en laisser aux autres ! Cette manifestation de grands vignerons est toujours un bonheur car ils sont accessibles et discutent avec tous les professionnels présents. L’année 2006 est d’une très grande qualité. Après 2005 qui est une hyperbole, le 2006 sera un millésime qui met en valeur toutes les qualités de subtilité de la Bourgogne. Ce fut un grand moment.pan>p><p />
<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous allons chez des amis. A 20h30, toutes les lumières s’éteignent pour une heure, comme cela a été suggéré à la planète entière. Le cri du cœur qui s’échappe de plusieurs d’entre nous, c’est : « pas le four quand même ! ». Car le médecin qui nous accueille est un fin cordon bleu. Un pan style="COLOR: red">champagne Deutzpan> se boit avec plaisir. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur des langoustines et un rizotto de compétition, tant il est subtil, trois vins se mesurent. Un pan style="COLOR: red">Beaumes de Venise rougepan> qui titre 15,5°. Il est sucré comme un Rasteau. Vient ensuite un pan style="COLOR: red">Chateauneuf du Pape Mont-Redon 2005pan>, d’une belle puissance, c’est le moins que l’on puisse dire. J’ai apporté une pan style="COLOR: red">Côte Rôtie La Landonne Guigal 1984pan>. Les deux vins qui précèdent mettent en valeur la subtilité tranquille de ce grand vin. Ce qui comptait le plus, c’était les retrouvailles de vieux amis puisqu’il y a trente ans, nous étions tous des fous de squash, sport où la France brille aujourd’hui.pan>p>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Un ami fidèle parmi les fidèles avait fait une OPA sur les casual Fridays en organisant le dernier au restaurant de Gérard Besson. Mais suis-je propriétaire de cette nouvelle institution ? Non, bien sûr. Il avait invité l’une de ses amies qui suggéra que l’on se retrouve chez sa mère pour un casual Friday hors des sentiers battus. Nous nous retrouvons à l’heure dite – enfin, c’est vite dit, car mon ami vit en décalage horaire permanent par rapport à ses rendez-vous – au domicile de cette dame qui m’est inconnue. Dans le beau centre de Paris ce petit appartement est finement décoré avec de nombreux objets qui ont participé à la gloire créatrice des artistes français. Le lieu est plein de dévotion car le père de cette dame, appelons-la Anne, fut un immortel de l’Académie Française. Je suis accueilli par un pan style="COLOR: red">champagne Mumm Cordon Rougepan> qui est particulièrement goûteux sous un message simple et direct. Immédiatement nous nous trouvons des amis communs et la discussion s’engage avec facilité. J’ai apporté deux vins en laissant à la maîtresse de maison le soin de choisir si l’un d’entre eux pourrait être ouvert au déjeuner. Lorsqu’elle voit le vin du Jura plus que soixantenaire, elle fait un petit « oh » de contentement, et comme elle a un doute sur son vin rouge, elle décide que mon vin rouge sera ouvert. Elle me fait goûter son vin que je trouve absolument délicieux, ce qui récuse ses doutes. Sur des filets de barbue et asperges accompagnés d’une mousseline aux herbes délicieuse, nous buvons un pan style="COLOR: red">Beaune Clos des Mouches Joseph Drouhin 2004pan>. Le vin est joliment fruité, assez opulent et comme il est en carafe, j’imagine l’année que je situe à quelque huit ans de plus. Anne a fait servir le Vega Sicilia Unicopan style="COLOR: red"> Réserve Spécialepan>, une combinaison de pan style="COLOR: red">1960, 1962 et 1972pan>, un vin que je chéris, et sa fille s’en lèche les babines, délaissant le blanc de Bourgogne pour ce noble espagnol. Je demande que l’on boive en premier le vin d’Anne, pour éviter que le Vega Sicilia n’en efface la finesse. Il s’agit d’un pan style="COLOR: red">Château Mouton-Rothschild 1961pan> servi en carafe dont nous verrons plus tard qu’il vient de demi-bouteilles. Au premier abord, le vin ne peut souffrir la comparaison avec l’espagnol, mais son nez est d’une belle délicatesse et son goût a la légendaire subtilité de Mouton. Les ris d’agneau et petites côtes d’agneau sont goûteuses. Le Vega Sicilia est puissant. Son goût s’exprime comme une fusée Ariane. Le premier étage du goût est avenant mais calme. Dès le second étage en milieu de bouche, le vin devient d’une longueur et d’une profondeur invraisemblable, comme s’il voulait laisser un sillage infini. Les deux vins sont diamétralement opposés et ce qui est un signe de la magie du vin, c’est que les deux rouges se mettent mutuellement en valeur. L’espagnol fait aimer le bordelais et inversement. Il est évident à mon palais que le Mouton est d’une plus grande race. Car il possède une divine complexité alors que le Vega Sicilia tient son charme de déclinaisons plus simples. C’est un plaisir de passer de l’un à l’autre, le Mouton qui devient de plus en plus velouté, avec une finesse de plus en plus subtile et le Vega Sicilia à la longueur extrême qui prend des tons légèrement fumés. pan>
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pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Une glace au caramel de chez Bertillon est un véritable régal. Le Château de Mallepan style="COLOR: red"> 1975pan> ne peut rien faire pour se marier avec elle. Le vin est strict et même un peu dévié. Dans une ambiance de grand raffinement, le Mouton 1961 a brillé. Il a éclairé une rencontre de qualité. pan> pan>pan>
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pan style="COLOR: red">Beaune Clos des Mouches Joseph Drouhin 2004pan>
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pecial mis en bouteille en 1980 et Mouton 1961
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<p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Mon père était médecin. Il soignait l’un des maîtres d’hôtel historiques de la Tour d’Argent. Il avait donc l’avantage de trouver facilement une table le soir, dans le secteur de service de Monsieur Aimé, qui nous bichonnait au-delà de toute espérance. Nous entassions les cartes postales des canards au sang, dont je dois posséder encore un grand nombre dans les numéros deux cent mille environ. Le 17 mars 2009, c’est le centenaire de la naissance de mon père. Comme c’est à mon tour d’inviter mon frère et ma sœur, je choisis le restaurant depan style="COLOR: blue"> la Tour d’Argentpan>, et je demande la table où nous étions servis par monsieur Aimé. Etant encore en Chine le 17 mars, la table est retenue pour neuf jours plus tard. Sur un siècle, est-ce que ça compte ? pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Ce qui fait plaisir, c’est que le directeur de salle se souvient de monsieur Aimé, alors que j’évoque une époque des années cinquante et du début des années soixante. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">La vue sur Notre-Dame est toujours aussi majestueuse et unique. Le ballet des péniches qui amorcent un virage lourd devant l’île de la Cité est fascinant. La décoration de l’entrée dans les lieux est strictement la même, le groom dans l’ascenseur est plus jeune et habillé d’un bleu plus vif. Arrivé en avance, je consulte le livre des vins, plus épais qu’une bible. La carte est unique et les prix sont variables, certains étant avenants et d’autres repoussants. Il faut naviguer avec la pirogue de mon pifomètre pour choisir un vin plaisant qui ne me ruine pas. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Mon frère et ma sœur arrivent et nous commençons par un pan style="COLOR: red">Champagne Heidsieck Monopole Diamant Bleu 1985pan>. J’avais commandé le 1982 mais il n’était plus en cave. Le 1985 est un bon choix. Le champagne est agréablement ambré, sa bulle n’est pas explosive mais elle est présente, et le goût légèrement fumé est agréable. Le vin n’a pas une énorme personnalité mais il est confortable. J’ai choisi bien sûr les plats de ma jeunesse. La quenelle de brochet est une institution. Me pardonnera-t-on si je dis que j’ai trouvé ce plat exceptionnellement bon. Car le dosage de la quenelle et de sa sauce est du pur génie. Bien sûr, les milliers de lampes qui se sont allumées dans mon cerveau, ressuscitant des souvenirs défunts, jouent un rôle majeur dans ma joie. Mais le plat est réellement magique. Le champagne est un accompagnateur poli.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le plat suivant est le canard au sang de la Tour d’Argent, qui n’est plus annoncé au sang. Nous avons demandé une sauce épicée qui noie un peu la tendreté du canard. La carte porte le numéro 1077017 ce qui nous fait mesurer l’échelle du temps. Le vin qui accompagne est un pan style="COLOR: red">Clos de la Roche Domaine Dujac 1990pan>. Ne le répétez surtout pas, parce que voudrais en ravir le peu qui reste, mais ce vin est un prodige. Le nez est généreux, poivré, aguicheur au-delà de tout. En bouche, c’est un fruit d’une puissance extrême mais avec l’équilibre d’un vin absolument magistralement construit. Nul ne pourrait échapper au charme de ce vin grandiose. Ce grand vin est une merveille. Je suis conquis sans la moindre réserve. Pendant ce temps, les souvenirs du temps jadis s’égrènent dans la bonhomie familiale. Je m’aperçois que mon frère et ma sœur ont mille fois plus de réponses que moi à chaque question « qui est qui ». Le magistral bourgogne se prolonge sur des fromages. Contre toute raison, puisque nous remontons le temps, je demande des crêpes flambées, vestige d’une époque où le taux de cholestérol ne figurait pas sur le tableau de bord de la gestion de santé. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">J’ai lu ici et là des critiques sur La Tour d’Argent dans la période d’incertitude suivant le décès de Claude Terrail. Admettons un instant que je ne sois pas objectif. L’accueil est impeccable. Le service est une survivance de la gloire de mon père. On aimerait qu’il ait parfois l’œil de Janus, pour surveiller qu’il ne manque rien à notre plaisir, mais il est présent. La quenelle est une merveille et le canard, même s’il n’a pas la mise en évidence totale de l’expressivité de sa chair est un plat fort bon. Alors, laissez-moi rêver, car ce lieu est un tabernacle où se terrent encore quelques uns des plus beaux souvenirs de ma jeunesse.pan>p>