<
p style="text-align: justify;">Les convives arrivent et sont accueillis
par un
pan style="color: #ff0000;">Mathusalem de Pommery 1988pan>. Belle couleur dorée, et un nez ensorcelant. On
passerait son tem
ps à seulement le sentir, tant cette odeur est délicieuse. Belle attaque vineuse avec un
petit goût de fumé délicat. Ce cham
pagne est grandiose et le format l’améliore en lui donnant une am
pleur rare. Des variations de
pré
parations d’huîtres et d’autres
petites saveurs sur cuiller forment des accords subtils.
p>
<
p style="text-align: justify;">On
passe à table. Sur le volatile admirablement
pré
paré, le Meyney 1967 en double magnum s’accorde
parfaitement. Le vin est en
pleine forme, sans trace d’âge, il tiendra une
place
plutôt étonnante et flatteuse au
près des grandes vedettes qui suivent. En revenant au nez sur ce verre, on voit que le Meyney a une
plénitude qui mérite le res
pect. Il y a deux classes de convives : ceux qui sont nés à Bordeaux (ou la région) et les autres. Les bordelais savent manger avec les doigts et croquer les os. Leurs assiettes se vident entièrement. Les autres
plus timorés mangent avec couteau et fourchette et s’en tiennent à la seule esquisse de l’oiseau.
p>
<
p style="text-align: justify;">Le homard fut sans doute le
plat le
plus excitant de la soirée. Au lieu d’un seul vin,
puisqu’il avait fallu
placer le Meyney ouvert hier, on
poursuivit le re
pas sur les quatre rouges en im
périale servis simultanément, ce qui
permit de vérifier les différentes qualités de ces quatre vins de rêve. Le Margaux était sans doute un
peu
plus ada
pté à la subtilité de ce
plat, mais le Lafite 1990 lui allait aussi très bien. Le ris de veau est brillant, et fut admiré
par nombre de convives. Avec lui chaque vin brille, et on
peut
passer de l’un à l’autre sans risque, tant le ris de veau est un
passe
port commun. Les
préférences des convives sont allées assez naturellement vers Margaux 1985 et Lafite 1990, charme de l’un et
perfection de l’autre, mais le sauvage Mouton 1995 et le
prometteur Lafite 1985 furent aimés. La
promesse du Lafite 85 se concrétisa le lendemain en une maturité gustative rare.
p>
<
p style="text-align: justify;">Lorsque
pan style="color: #ff0000;">l’impériale d’Yquem 1983pan> a
pparut, si magnifiquement dorée, chaque convive a
pplaudit. On l’ouvre,
pour qu’il accom
pagne une volaille de Bresse et son chutney d’agrume. On quittait le domaine des rouges
pour un essai que l’Yquem mérite. Mais il était très net que c’est la volaille qui se mariait le mieux avec Yquem, car le chutney très
puissant écrase l’Yquem dans des tonalités identiques mais forcées. Si le format de l’im
périale a embelli les rouges, la différence est encore
plus sensible avec l’Yquem, qui fut le
plus brillant de tous les 1983
possibles ou imaginables. Il avait gagné la sagesse de l’équilibre de tous les talents d’Yquem. Une longueur infinie, sur une rondeur jouissant d’une
plénitude absolue. L’Yquem a suivi aussi bien le Stilton qu’un délicieux dessert à l’ananas confit sur lequel j’avais craqué lors d’un récent cocktail
pré
paré
par
Phili
ppe Legendre, et que je voulais voir sur Yquem. Accord excitant.
p>
<
p style="text-align: justify;">Un
pan style="color: #ff0000;">cognac Otard bien ancien #1950pan> finissait le voyage des goûts sauf
pour ceux qui voulaient rester sur la mémoire d’Yquem. On se quitta fort tard, ravis de la conjonction de
plusieurs
perfections : le lieu de grande classe, la cuisine ins
pirée de
Phili
ppe Legendre, le talent d’Eric Beaumard, l’im
plication d’une équi
pe à l’efficacité
parfaite sur tout le
parcours, et des flacons rarissimes d’une qualité étourdissante. Mais l’histoire ne s’arrête
pas là. Les Meyney ouverts avaient
pris la
place d’autres vins. J’envisageais mal de jeter
plusieurs litres de ces si grands crus. Il me fallut a
ppeler le lendemain au télé
phone quelques convives
pour que tous les vins soient finis. Ils étaient tout aussi brillants a
près autant de tem
ps d’ouverture, comme si le format les solidifiait.
p>
<
p style="text-align: justify;">Ce dîner de 60 convives fut l’occasion d’ouvrir des vins extrêmes,
profitant
particulièrement de la taille des im
périales, et un mythique Yquem 1983 grandiose. Un événement rare.
p>
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