Archives de catégorie : dîners ou repas privés

dîner au Passage 53 jeudi, 3 mai 2012

Dans une allée bigarrée comme celle d’un souk, se trouve le restaurant Passage 53. Guillaume Guedj nous accueille avec un sourire de bienvenue. Nous sommes sept, et le dîner est concocté par le chef Shinichi Sato, en fonction de ses envies créatrices de l’instant. Le menu n’est donc pas écrit, car il peut varier en cours de route.

Le voici, noté à la volée par un ami : Déclinaison autour du brocoli : velouté et émincé de fleurs fraiches de brocoli / Tartelette au Caviar de Sologne, fins spaghettis de pomme de terre parfumés noisettes-ciboulette / L’huitre spéciale : fins dés d’huître, déclinaison de pomme verte granny-smith (dés, gelée, quenelle glacée), quenelle gelée au camembert, fleurs de ciboulette et pousses de jeune roquette / L’ Assiette blanche : calamars grillés, émulsion de chou-fleur et émincé de chou-fleur cru / Asperge des landes, pancetta de pata negra, espuma œuf-parmesan, feuille et fleur de capucines, pointe d’anis / Filet de saint-pierre et ses légumes de saison : fève, petit pois, asperge, petits champignons blancs, navets, morilles, gaillet blanc, épeautre; émulsion de pois gourmands-pistache, arôme d’orange / Foie gras de canard rôti, et poché, fraises fraiches, compotée fraise-rhubarbe, jus et copeau de rhubarbe / Côte de veau de lait, légumes de saison : navet, carotte, haricots verts, concombre, petits oignons, patchoi, chou (kalé), courgette….; fenouil, céleri et sauce à la livèche / Selle agneau de Lozère, palourdes, artichaut poivrade, oignon violet, sauce palourde piquée d’une réduction d’aneth / Desserts : Citron tuile, citron vert, glace fromage blanc / Panna cotta aux arômes de rose et de laurier, fraise / Baba revisité : baba, mascarpone Grand-Marnier et déclinaison d’orange : gelée, confit d’écorces, suprêmes, sorbet / riz au lait glace reine des prés, caramel / tarte fine au chocolat et son caramel à la fève Tonka.

Cette cuisine est d’une dextérité assez exceptionnelle. La cuisson des légumes est géniale. Le mariage de la fraise et du foie gras est remarquable. C’est un bonheur de créativité. Les viandes et le poisson sont superbes. C’est grand. Parfois, comme avec l’asperge, on aimerait un peu plus, pour avoir la mâche gourmande d’un vrai plat. On aurait aimé aussi séparer le saint-pierre de ses légumes, car cela ferait deux plats de génie, alors que leur cohabitation ne leur apporte pas grand-chose. C’est une cuisine d’exécution. Tout est fait avec grâce. On pourrait viser un peu plus de cohérence dans le déroulement et dans les portions, mais je dois dire que j’ai beaucoup aimé.

Le Champagne Comtes de Champagne Taittinger 2000 est très grand. Il a un équilibre et une sérénité remarquables. Il est très gastronomique et accompagne à merveille le délicieux caviar.

Le Chablis 1er cru Montée de Tonnerre Raveneau 2008 est un grand chablis mais manquant un peu d’ampleur. Il est précis, mais il est trop coincé à ce stade de sa vie.

A l’inverse, le Puligny-Montrachet les Champs Canet Louis Carillon 2008 est joyeux, gourmand, fruité et généreux.

Le Bienvenue Bâtard Montrachet Ramonet 2008 est beaucoup plus complexe. Il a déjà une belle maturité. Il est racé, au fruit discret mais à la complexité extrême.

On dirait que les trois vins qui précèdent se sont entendus pour dérouler un tapis blanc pour préparer l’arrivée d’une merveille interstellaire. La Côte Rôtie La Mouline Guigal 2000 me crée un choc gustatif majeur. Ce vin est parfait, d’une rondeur et d’une simplicité biblique, d’un accomplissement idéal. C’est le vin jeune absolument parfait. J’en jouis avec une immense gourmandise. Sur les deux plats de viande, il brille, mais il pourrait se suffire à lui-même. C’est un vin de plaisir fou.

Le Champagne La Closerie Jérôme Prévost Les Béguines Extra Brut que nous propose Guillaume Guedj est un 100% pinot meunier. Très original, gracieux, élégant et non dosé, il ponctue bien la fin d’un repas de grande gastronomie.

On est moins pris aux tripes qu’avec la cuisine de l’Agapé Substance, mais on est conquis par la pertinence des chairs et des cuissons qui est absolument remarquable.

C’est une table qui mérite d’être recommencée.

déjeuner de premier mai mercredi, 2 mai 2012

Chez ma sœur, un Champagne Bollinger Grande Année 1990 est d’un grand plaisir sur les deux premières gorgées. Puis l’on se rend compte que le champagne est prématurément fatigué. Il s’est asséché, l’impression de sec et de râpeux l’emportant. Bien sûr, on sent en filigrane la puissance et la noblesse. Mais on est bien loin de la pétulance du Dom Ruinart 1990 d’hier.

Le Château Ausone 1979 que j’ai apporté est d’une rare distinction. Quelle finesse ! Il a encore beaucoup de fruit, une grande précision de trame. C’est un bordeaux raffiné, qui joue sur la grâce.

Le Mazis-Chambertin Dugat-Py 2006 fait un contraste sensible. Le fruit est généreux, la mâche est gourmande, mais le vin est un peu rustaud, trop fardé à mon goût.

Par une journée où le soleil a enfin daigné se montrer, et avec un poulet en cocotte de compétition mitonné par mon beau-frère, nous avons passé un agréable déjeuner citoyen de vrais travailleurs, puisque nous étions le premier mai.

Un Richebourg DRC 1953 à ne pas juger lundi, 30 avril 2012

Le 30 avril, c’est la veille du premier mai. Quand c’est un lundi, c’est l’occasion d’un pont. Aussi bien mon gendre que moi, nous sommes allés au bureau. Mais les horaires sont plus flexibles, aussi un dîner impromptu s’improvise. Aucune recherche gastronomique, car les petits-enfants dînent avec nous. J’avais repéré en cave une bouteille qu’il faut boire. Elle me paraît opportune.

Nous commençons par un Champagne Dom Ruinart 1990 qui est absolument splendide. Il a atteint un équilibre d’une sérénité rare. Il est vif, puissant, titillant le palais de sa pétillante vigueur. Sur du Pata negra, c’est un régal. J’ouvre le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1953 bien tard. Le haut du bouchon non encore extirpé sent la cave humide, d’une terre noble. La couleur dans la bouteille est très engageante. Si le niveau est bas, l’essai semble possible. Le nez du vin est expressif. On peut y trouver du chocolat, du cacao, du café ou d’autres arômes, mais pour moi, c’est la signature inconditionnelle de la Romanée Conti qui est là : rose et sel.

La première gorgée est incertaine, car la subtilité du domaine est entravée par une légère déviation. Je sens que ce vin, s’il avait été ouvert quatre heures avant, serait splendide. Alors, on attend un peu. Et le vin progressivement s’étire, étend ses membres et déploie sa palette aromatique. Bien sûr, en fond de décor, il y a une certaine faiblesse. Mais l’expressivité du vin est telle que le plaisir s’élargit autant que le vin. Et la lie est tout simplement géniale, avec cette minéralité saline propre aux vins du domaine.

L’image qui me vient est celle de la Pointe du Raz. Quand on la voit sous la pluie – hypothèse recevable – c’est la Pointe du Raz que l’on voit, et l’on oublie la pluie. Avec ce délicat Richebourg, la fatigue est présente, mais c’est un Richebourg 1953 du domaine que l’on boit. Et comme on en perçoit lisiblement les contours, le plaisir est là. Nul n’est besoin de noter un tel vin. Capter sa finesse et sa subtilité est diantrement plus important.

Un Moulin-à-Vent Patriarche 1943 renversant dimanche, 22 avril 2012

Ouille, ouille, ouille, c’est un déjeuner d’anniversaire, et c’est le mien. Il est des encoches que l’on aime graver sur son tableau de chasse. J’aimerais bien au contraire mastiquer les encoches de mon tableau et échanger quelques bouteilles de ma cave contre des années de moins.

Ce sera à la maison, en petit comité puisque mon fils vit à Miami et ma fille aînée avait des engagements. Mon gendre arrive avec un fond de Champagne Krug Grande Cuvée, qui, ayant perdu la force de sa bulle du fait de l’agitation en voiture, se révèle plus vineux, intense, profond. Un grand champagne.

Pour l’apéritif, pendant que les petits-enfants mangent, nous grignotons des tranches fines de pata-negra qui expriment la force de la noix. Ce jambon est exquis. Le Champagne Dom Pérignon 1990 plante tout de suite le décor : il est noble, il est jeune, il est à maturité et il est parfait. C’est un véritable bonheur que de boire ce champagne à l’équilibre absolu. Il est très différent du Krug bu il y a un instant. Alors que le Krug est vineux, le Dom Pérignon combine deux qualités : il est confortable et il est romantique. Ajoutons à cela qu’il est racé, subtil et d’une acidité calculée au millimètre. Sur le jambon espagnol et sur un délicieux foie gras que l’on tartine sur de la baguette, il montre sa joie de vivre. Boire ce 1990 c’est boire du bonheur, et l’on n’a pas besoin de se demander si l’herbe serait plus verte avec un autre champagne. Il est là, et il est bien.

L’épaule d’agneau de lait et le gigot, avec une émulsion de céleri est d’une rare gourmandise. Comme c’est mon anniversaire, mon œil s’était porté en cave sur un vin de mon année. La bouteille était si belle contemplée en cave, et de niveau impeccable, que j’hésitais à la choisir, car elle pourrait donner lieu à une remarquable confrontation avec de brillants bourgognes. Mais la tentation étant trop forte, alors que nous n’ouvrirons qu’un seul rouge, je l’ai choisie. Elle fut ouverte vers 11 heures, avec un parfum dépassant toutes mes espérances, et fut bue vers 14 heures.

Le Moulin-à-Vent Patriarche 1943 a une couleur magique. Le rouge est presque noir tant il est dense, et pas la moindre trace de tuilé n’est visible. Le nez est envoûtant, annonçant un vin dense et profond. On est en plein dans la Bourgogne, du côté des Côtes de Nuits. En bouche, j’ai failli m’évanouir. Qu’on se rassure, je restai calme, mais voir que tout ce que je défends se retrouve dans ce vin, cela m’émeut. J’ai la faiblesse de penser que si je défends les vins anciens, c’est parce qu’ils le méritent. Et là, ce Moulin-à-Vent est d’une redoutable évidence.

Alors, je m’en veux, car cette bouteille aurait pu servir d’une démonstration magistrale du fait que les grands beaujolais pourraient soutenir la comparaison avec les bourgognes les plus capés.

Quel dommage qu’elle n’ait pas servi à une comparaison. Car le vin est intense et velouté. Sa trame est propre, claire nette, de fruits noirs. Il y a une jeunesse dans ce vin qui rappelle un peu ma jeunesse puisque je suis de ce millésime (je plaisante bien sûr, et je précise, sur la jeunesse). Pour mon gendre il y a un petit côté animal noble. Pour moi c’est le velouté et les fruits noirs. Nous nous imaginons tous les bourgognes que nous aimons qui lui ressemblent. On est dans les Musigny.

Est-ce que ce vin a été hermitagé, a-t-il eu une adjonction de pinot noir dans les chais de Patriarche, je ne sais pas et je ne veux pas le savoir, car le résultat est impérial. Ce vin est grand, et tient pendant tout le repas. C’est un immense bonheur, par la valeur intrinsèque de ce grand vin gourmand, mais peut-être plus encore en ce jour d’anniversaire parce qu’il apporte la démonstration que j’ai eu raison d’acheter ces vins qui ne valaient pas tripette et en qui quasiment personne ne croyait.

Alors, c’est peut-être mon plus beau cadeau d’anniversaire.

Déjeuner à l’hôtel Pullman de Bercy. samedi, 21 avril 2012

Déjeuner à l’hôtel Pullman de Bercy. C’est simple, un peu impersonnel, avec un service qui veut bien faire. Saumon fumé et daurade accompagnent un Champagne Dom Pérignon 2002 que je trouve meilleur que de récentes expériences. Je pensais que ce vin était en train de s’endormir pour se réveiller dans une dizaine d’années. Cela ne semble pas le cas.

Rayas au restaurant le Villaret samedi, 21 avril 2012

Déjeuner au restaurant le Villaret. La décoration est simple et le bruit est présent, qu’il vienne de la cuisine ou de la pluie qui martèle sur des tôles avoisinantes. Le choix, fort classique, porte sur la terrine accompagnée de sa compote d’oignons et la côte de bœuf aux oignons et pommes de terre rissolées. C’est simple, fort des réminiscences de la cuisine des grands mères, et c’est délicieusement gourmand.

Le Château Rayas 1998 que j’ai demandé de ne pas carafer est une merveille. Il est soyeux et velouté. On imagine une odalisque lovée dans de lourdes draperies dorées. Car le vin à l’alcool certain est lascif. Mais il a une telle tension qu’il virevolte. Son fruit est résolument rouge, presque confituré, et c’est le soyeux qui l’emporte. Ce vin pianote, virevolte, tintinnabule, avec des notes bourguignonnes du plus bel effet. C’est un grand vin, naturellement séduisant, qui procure un plaisir sans mélange. Si on voulait chercher la petite bête, ce serait du côté de la profondeur et de la complexité. Mais tel qu’il se présente, c’est un vin de bonheur.

Villaret est une table agréable, généreuse, authentique, qui ravit les amateurs de plaisirs simples, et les amateurs de bons vins.

Krug 1996 dans le sud samedi, 21 avril 2012

Court séjour dans le sud, avec le temps instable du printemps. La première nèfle, le premier fruit cueilli de l’année, est toujours un moment important. Ce qui frappe, c’est le caractère désaltérant de ce fruit. Je reçois un visiteur pour un sujet austère.

Le rendez-vous se passe bien, alors j’ouvre un Champagne Krug 1996. C’est une explosion de fruits rouges et de fruits blancs. On sent la groseille rouge et la groseille blanche, et on les imagine très précisément dans le palais. L’acidité citronnée de ce champagne est très présente. Il est d’un raffinement rare.

Il me semble que Krug 1996 est en plein épanouissement.

déjeuner à Deauville au Ciro’s lundi, 9 avril 2012

A Deauville, nous allons déjeuner en famille au restaurant Le Ciro’s Lucien Barrière, situé le long de la promenade sur la plage. Le lieu est sympathique, l’accueil est charmant, et les produits de la mer sont bons. Les grosses langoustines cuites à la minute sont bonnes, ainsi que le dos de turbot grillé sauce béarnaise, pommes écrasées et petits légumes. C’est sans prétention mais solide. Comme ma fille ne boit pas de vin blanc, je choisis un Château L’Angélus 2001. Il est d’une folle jeunesse, ses tannins étant encore dominants. Mais sa trame est si belle qu’on le boit avec plaisir. Sa faculté de vieillissement est telle qu’il serait prudent d’attendre encore dix ans ce très beau vin, très Saint-émilion.

nous avons la vue sur la promenade et sur la plage

j’ai voulu montrer l’importance de la lie et le nom Barière sur le verre

Pétrus 1959 en magnum à l’Ambroisie vendredi, 6 avril 2012

Ce sujet pourrait s’appeler « bonheur et misfit ». Et lorsqu’il y a un « misfit », tout le monde est mécontent, alors qu’il n’y aurait que du bonheur à attendre de l’événement. Deux amis particulièrement contents du dîner aux 9 Pétrus m’ont invité à dîner le lendemain à l’Ambroisie où ils ont apporté un magnum de Pétrus 1959. Le vin a été ouvert par le sommelier à 19h30 et carafé.

Etant en avance, j’ai le temps de bavarder avec Matthieu Pacaud, qui, à la suite de son père Bernard, tient les rênes de cette prestigieuse maison. Matthieu est un amoureux du vin et se régale de faire des menus pour les vins.

Christine, qui nous invite ce soir et qui a apporté la bouteille, est une fondue de caviar et a donc demandé qu’il y ait du caviar au menu. Le misfit vient du fait que Matthieu a compris : menu au caviar, alors que Christine en voulait un peu. Nous aurons attendu longtemps un plat qui aille avec le vin et nous ne l’avons pas eu. Alors, tout le monde sera mécontent, le chef parce qu’on n’aura pas félicité son menu et nous parce que nous avons attendu en vain un accord qui nous émeuve. C’est dommage, parce que tout était réuni : un très beau menu et un très grand vin.

Le menu : caviar osciètre Geld / œufs coque au caviar / salade composée de homard et chou-fleur / ravigote d’écrevisses et petits pois à la coriandre / escalopines de bar au caviar / suprêmes de volaille aux morilles / desserts et pâtisseries et mignardises.

Ce qui a agacé Christine, c’est qu’on ait servi du caviar chinois, qu’elle n’a pas particulièrement en odeur de sainteté. C’est vrai qu’il manque un peu de profondeur, même s’il est agréable avec un sel présent mais discret. Elle voulait du grandiose (selon ses repères) et on lui offre ce qu’elle a au coin de la rue. L’œuf coque est délicieux, le homard est de première qualité, le bar est très bon, mais flanqué d’un caviar hors sujet quand on est en plein dans le charme du Pétrus. Et quand les desserts de fruits rouges et glacés arrivent alors qu’il reste l’équivalent d’une bonne demi-bouteille de Pétrus 1959, il est certain que ça agace.

C’est un misfit qui – comme je le disais – ne fait que des mécontents. On effacera cela bien vite en refaisant le même combat en ajustant les scripts. Revenons aux vins.

Nous avons commencé par un Champagne Cristal Roederer rosé 2002. C’est un champagne très agréable, très droit, facile à vivre, de grande tenue.

Le nez du Pétrus magnum 1959 commence par être discret et il envahit les narines. C’est Pétrus dans toute sa splendeur. Truffe, morille, terre noire. En bouche le vin est phénoménal. Cette bouteille de parfaite conservation donne un vin exceptionnel. Disons qu’il est à cent coudées au dessus (j’exagère un peu) du 1962 que nous avons plébiscité hier. Il a une densité exceptionnelle, et un goût de truffe mis sur la puissance maximale. Sa trame est phénoménale.

Il cause ce vin ! C’est un bonheur absolu. Un immense Pétrus. Il est encore plus dogmatique dans l’excellence que les 1966 et 1998 d’hier. Il tutoie de très près les 1961 et 1990 que j’ai adorés.

Alors, ne gardons que le bonheur. D’abord, la générosité extrême de Christine et de Desmond. Ensuite ce monumental Pétrus 1959, qui touche à la perfection la plus absolue de Pétrus. Il faudra traiter le mal par le mal en revenant à l’Ambroisie, terre de belle gastronomie.

le joli salon qui nous est réservé

le caviar chinois a été marqué du nom de notre hôtesse

le pot de caviar gigantesque, c’est impressionnant, mais nous aurons de petites cuillers pour nos oeufs coque

je n’ai pas pris en photo les desserts qui sont arrivés avant que nous n’ayons fini le Pétrus. Nous n’y avons pas touché.

Déjeuner « royal » au Yacht Club de France mercredi, 4 avril 2012

Il y a de la surenchère dans notre club de conscrits ! Après un repas tout normand, j’allais dire trou normand, notre ami gallois a voulu faire un repas royal. Thierry Le Luc, le directeur de la restauration du Yacht Club de France est le complice enthousiaste de nos folies. Alors, voici ce qu’il a conçu : le crabe royal, la langoustine royale, le pouce-pied de Belle-Ile en Mer (parce que le pouce et le pied sont des mesures royales) / la langouste royale sur un tournedos de bar, légumes de saison piqués, sauce hollandaise figée au basilic / fromages affinés Alléosse dont le Royal Briard / royal gala en tuile de framboise et son sorbet citron vert, royale de framboise sur son salé.

Nous avons commencé par un Champagne Janisson Baradon non dosé non millésimé fort plaisant par son côté citronné bien équilibré. Une légère amertume ne nuisait pas au plaisir. Le Champagne Lenoble blanc de blancs 2000 est agréable, plus rond et plus fluide que le précédent. Le Condrieu Domaine de Bonserine 2009 est tout en puissance et en gourmandise. Il se place divinement bien avec les langoustines au goût superbe. C’est un vin joyeux, convaincant et riche de beaux fruits blancs.

Le Cos d’Estournel 1996 a un nez conquérant. Quel grand vin ! De très fine trame, de grande densité, ce vin noir est puissant, jeune, glorieux. Le Château Figeac 1989 fait un contraste très fort, car il semble beaucoup plus vieux que le Cos, d’au moins trois fois plus d’années que ce que donne le calendrier. Charmeur mais dans des habits rouges orangés alors que le Cos est dans des habits noirs, il montre une belle élégance dans le charme, plus assagie que la pétulance du Cos. Ces deux vins dissemblables sont très bons et je préfère le Cos d’Estournel pour sa vivacité et sa noblesse.

Le dessert est accompagné d’un Champagne Lenoble blanc de blancs 2002 qui est le meilleur champagne de ce déjeuner, riche, plein en bouche avec une belle bulle et une belle rémanence. La tâche sera dure pour le prochain conscrit qui invitera ses compères, car il sera dur d’imaginer encore mieux.