déjeuner au restaurant l’Ecu de France vendredi, 3 novembre 2023

A peine trois jours plus tard, nous revenons déjeuner au restaurant l’Ecu de France où nous avons invité deux de nos petites filles, adultes toutes les deux. Je commande un Champagne Selosse Substance. Depuis peu d’année la date de dégorgement n’est plus indiquée et un code que l’on scanne permet d’accéder à un site de Selosse qui va donner toutes les informations sur cette bouteille. J’avoue que je suis peu favorable à cette pratique, surtout quand on est au restaurant.

La bulle est très active et la couleur est d’un blé doré très beau. En bouche le champagne me séduit par ses complexités. Il est moins sauvage et brutal que dans des expressions antérieures, mais il garde un côté énigmatique très plaisant. Le champagne est vif, cinglant, conquérant, et en même temps très noble et racé. Il est idéalement fait pour la gastronomie, hors des sentiers battus.

Je l’ai apprécié sur des coquilles Saint-Jacques élégantes et gourmandes.

Mon plat est un ris de veau cuit comme il convient. L’Hermitage Jean-Louis Chave rouge 2015 est jeune et puissant. Ce qui frappe, c’est son équilibre serein. C’est un grand vin, sans conteste. Mais comme j’adore cet Hermitage lorsqu’il a un âge affirmé, j’avoue que mon plaisir n’est pas total. Ceci n’enlève rien à la grandeur de cet vin que j’adore, mais plus que d’autres, il me pousse vers les vins anciens sir grands chez Chave.

Le Brie à la truffe s’exprime aussi bien sur l’Hermitage que sur le champagne. Les discussions fusaient. Ce fut un repas familial souriant et affectueux.

dîner au restaurant l’Ecu de France vendredi, 3 novembre 2023

Nous allons dîner au restaurant l’Ecu de France où nous n’étions pas revenus depuis le repas de mes 80 ans. Nous avons notre table habituelle, face à la Marne. L’accueil de la famille Brousse est toujours aussi chaleureux, très familial.

Je choisis un vin devenu rare et cher, un Châteauneuf-du-Pape Château Rayas blanc 2009. Tout dans ce vin est passionnant car il est hors de tout code. Énigmatique mais sympathique. J’aime la fraîcheur, les épices qui sont discrètes. J’aime quand un vin ne veut pas montrer qu’il est grand.

Pendant tout le dîner, cela a attiré mon attention car il était imprévisible. J’aime ça. Sur des coquilles Saint-Jacques et un turbot, un pur plaisir, même si le poisson était plus cuit qu’il ne faudrait.

Je ne dirais pas que ce vin est au-dessus de tout. Mais je l’attendais sauvage et il m’a apporté une émotion particulière.

Damned samedi, 28 octobre 2023

Cet article date du 17 juin 2009 après la parution du dictionnaire amoureux du vin de Bernard Pivot. Je viens de le relire par hasard. je trouve ce texte amusant et j’ai envie de le partager à nouveau.

Comme beaucoup de jeunes, j’ai découvert le mot « damned » dans Tintin en Amérique.

Et ce mot dit bien ce qu’il veut dire.

Bernard Pivot m’a fait l’extrême plaisir de me faire comprendre qu’il aime lire mes bulletins. Leur lyrisme l’étonne.

Aussi, lorsque dans son dictionnaire amoureux du vin Bernard Pivot dit de moi : « c’est le Bossuet des vieux flacons », tel le corbeau de la fable qui ne se sent plus de joie, j’ai imaginé qu’il me voyait en aigle de Meaux ou de mots, en brillant orateur, brillant prêcheur.

Hélas, mille fois hélas, ce n’était pas ça. Bernard pensait que mon rapport aux vins anciens était, au mieux, une sorcellerie qui faisait ressusciter des vins cliniquement morts, au pire un lyrisme aveugle qui me poussait à déclarer vivants des vins défunts.

Et j’ai compris que ce que Bernard Pivot avait retenu de Bossuet, ce n’était pas le talent d’orateur mais les sujets, les oraisons funèbres et l’art d’imaginer vivants des cadavres largement post mortem.

J’étais donc celui qui croyait voir dans des encéphalogrammes plats des réminiscences de vibrations.

Je croyais que Bernard me voyait en Martin Luther King de l’armée des vins anciens. Il me voyait en aboyeur de cimetière.

Chaque fable a sa morale.

Si je déchante (tout est relatif) en découvrant l’image que Bernard avait de moi, je bois mon miel en sachant que Bernard vient de découvrir que mes propos recouvrent une vérité.

Une piqure de rappel s’impose au plus vite.  Car le corbeau ne veut plus lâcher son fromage.

Bernard, ce récent dîner appelle une confirmation.

Déjeuner d’anniversaire samedi, 21 octobre 2023

Ma fille vient déjeuner à la maison avec son compagnon et ses deux enfants. L’apéritif se fera avec une tarte aux oignons et le plat du repas sera poulet et gratin de pommes de terre.

Je propose à ma fille de boire soit un Salon 2006 soit un Ayala 1964. Elle irait volontiers vers le plus jeune mais elle préfère me laisser choisir. J’ai envie d’essayer l’Ayala.

Le Champagne Ayala 1964 a un bouchon qui se brise à la torsion et même s’il n’y a pas de pschitt, lorsque je verse le champagne dans les verres, la bulle est extrêmement active.

La couleur est très claire pour un champagne de cet âge. Cet Ayala se caractériserait volontiers par deux mots : jeunesse et cohérence. Car sa vivacité est extrêmement plaisante et sa rondeur est magnifiquement construite. Les oignons légèrement sucrés s’allient parfaitement au champagne.

Si ma fille avait des réserves pour un champagne de presque soixante ans, ces réserves tombent car le plaisir est là et l’âge ne se sent pas du tout. Je savais que les Ayala de cette époque sont grands. En voici une belle preuve.

J’ai ouvert aux aurores le Corton Renardes Michel Gaunoux 1974. Le choix de cette année est directement lié au fait que nous célébrons l’anniversaire de ma fille qui est de ce millésime. Mais il y a une autre raison. Lorsque ma fille était petite, j’avais acheté des vins de son année de naissance en me disant qu’on les boirait pour ses 18 ans. Je n’imaginais pas plus loin ! Et j’avais remarqué à quel point le 1974 de Michel Gaunoux était une spectaculaire réussite.

Ce qui fait que lorsque je me rends aux présentations des vins récents des domaines familiaux de Bourgogne, la plus belle présentation de vins qui soit, je ne manquais pas de dire aux Gaunoux présents : « vos 1974 sont de pures merveilles ». Ils riaient de mon insistance.

Et le miracle des 1974 se poursuit aujourd’hui. Ce Corton est très salin, mais d’un sel très différent de celui des vins de la Romanée Conti. Le sel est ici plus pénétrant et moins vagabond qu’à la Romanée Conti.

Le Corton Renardes est grand, épanoui et une fois de plus, voici un vin qui n’a pas d’âge. Il a atteint une sérénité idéale.

Il faudrait dire et redire que le poulet de qualité est un compagnon idéal des grands vins car il a l’intelligence de s’effacer pour laisser éclore parfums et subtilités.

Le dessert habituel des anniversaires est une reine de Saba, couronne où sont plantées les bougies qui, au fil du temps deviennent moins nombreuses que les années fêtées.

Deux vins superbes pour une célébration débordant d’affection.

Déjeuner à l’Assiette Champenoise vendredi, 20 octobre 2023

Le lendemain matin, à l’Assiette Champenoise, nous prenons le petit déjeuner dans la grande salle proche de la piscine où le service est souriant. J’ouvre mon vin cadeau pour notre groupe, un Hermitage Paul Etienne 1943 au niveau remarquable dans le goulot. Le nez est superbe et le couleur est belle.

Je regarde la carte des vins sur un support électronique intelligent et je choisis les vins du repas en fonction des plats. Mon choix est soumis au sommelier chef et à Arnaud Lallement qui le valident.

Nous prenons l’apéritif au bar avec un Champagne Legras & Haas Les Sillons 2013. Les amuse-bouches sont variés et délicieux. Le champagne est parfait et 2013 semble une année prometteuse.

Nous passons à table. Le menu écrit par Arnaud Lallement est ainsi rédigé : tourteau de Roscoff – laitue de mer / Saint-Jacques de Normandie – poireau B. Deloffre / turbot breton – caviar Kaviari / chou – Pontoise / homard bleu – hommage à mon papa / céleri confit – B. Deloffre / biche en filet rôti – légumes racines A. Deloffre /chocolat Tuma yellow – glace grué de cacao.

Ce repas est particulièrement réussi avec un talent et des cuissons de rêve. Pratiquement à chaque plat, Arnaud est venu vérifier si nous étions satisfaits et je l’ai senti sensible à mes commentaires. Le plat le plus excitant est celui des coquilles Saint-Jacques en trois parties dont une est faite des produits que mangent les coquilles dont des moules. En goûtant cette partie du plat, j’ai l’instinct qu’elle ira avec un vin rouge et je demande qu’on serve la Côte Rôtie Domaine Jamet 2017 et l’accord m’enthousiasme. Autour de moi, les avis sont partagés entre ceux qui agréent ma suggestion et ceux qui la récusent. A chacun son goût.

Dans l’ordre de service nous avons un Champagne Bérèche & Fils Mailly Grand Cru 2013 très différent du pur chardonnay de Legras & Haas. J’adore la vivacité et la force que donne le pinot noir.

Le Château Chalon A et M Tissot 2008 a une forte personnalité et répond au chou. La cuisson du turbot est irréellement belle et a appelé un vin rouge.

Les deux vins du sud, le Domaine de Trévallon 2013 et le Château Simone Palette 2019 sont parfaits pour le homard et le céleri. Deux vins de belles typicités.

La biche appelle l’Hermitage Paul Etienne 1943 qui se révèle transcendantal et très au-dessus de tous les autres vins. C’est un miracle que ce vin totalement épanoui et bâti pour l’éternité.

Un ami avait apporté un Armagnac 1943 que j’ai trouvé particulièrement jeune pour son âge, mais qui a accompagné avec pertinence le dessert au chocolat.

Je suis content d’avoir échangé avec Arnaud Lallement pour ce repas exceptionnel et les vins qui ont suivi le menu se sont montrés pertinents.

Cette ‘escapade’ champenoise avec un dîner chez Krug et un déjeuner à l’Assiette Champenoise fut un beau cadeau pour nos 80 ans.


ouverture de mon cadeau

avec Arnaud Lallement et son équipe

Dégustation et dîner à la maison de famille de la maison Krug jeudi, 19 octobre 2023

Avec mon club de conscrits, nous avions longuement débattu sur la façon de célébrer nos 80 ans. Plusieurs programmes ont été envisagés et à un moment j’ai demandé à Olivier Krug s’il serait possible de dîner dans la maison familiale Krug, dont Olivier m’avait dit tant de bien. Cette maison est celle où il a passé toute sa jeunesse.

Olivier me répond qu’il ne sera pas là le jour que nous souhaitions, mais que nous serions reçus avec plaisir. J’ai fait réserver des chambres à l’Assiette Champenoise et nous avons prévu avec Arnaud Lallement de déjeuner le lendemain du dîner à la maison Krug.

Le jour dit, je me présente à l’Assiette Champenoise avec le secret espoir qu’Arnaud soit présent pour que nous bâtissions le menu du déjeuner du lendemain. Nous nous connaissons bien aussi les échanges sont immédiatement constructifs. Arnaud propose des plats, je regarde quel vin conviendrait et nous bâtissons l’ordre dans lequel les plats doivent être servis.

Plusieurs fois les ordres des plats changeront, certains plats étant remplacés par d’autres et à un moment nous estimons que le projet est cohérent.

Je regarderai le lendemain le programme des vins. C’est un plaisir de construire dans cette ambiance amicale.

Je me rends à la piscine de l’hôtel pour faire quelques longueurs. C’est reposant. A 18 heures j’ai rendez-vous avec mes amis conscrits pour que nous nous rendions à la maison familiale de Krug.

Nous sommes accueillis dans la maison familiale Krug. Cette maison de réception est tenue par une équipe qui s’occupe d’accueillir les invités et d’organiser la visite des caves, la dégustation qui est suivie par un repas. L’histoire de la maison Krug nous est expliquée clairement. Elle est passionnante. Pendant que mes amis font la visite de cave, je vais en cuisine saluer le chef Olivier Mirgalet et ouvrir le vin que j’ai apporté, un Vin Jaune d’Arbois Henri Maire 1943, de notre année de naissance.

Nous entrons dans la salle de dégustation accueillis par Julie Cavil, chef de cave de la maison Krug. Elle explique que sa vie dans le monde du vin n’est apparue que tardivement, après une carrière dans des secteurs bien différents. Elle a suivi des cours d’œnologie, elle a appris à goûter avec un succès tel qu’elle est devenue chef de cave, celle qui dirige les assemblages. Un grand mur expose des centaines de bouteilles de couleurs variées qui symbolisent l’assemblage, la fierté de la maison Krug.

Nous allons goûter quatre champagnes dont la base essentielle est le millésime 2006. Le Champagne Krug Clos du Mesnil 2006 est magnifique. Il est frais, de belle complexité. Il a beaucoup de charme et ce que je ressens, c’est sa fraîcheur raffinée.

Le Champagne Krug Clos d’Ambonnay 2006 est puissant, magique. Quelle personnalité persuasive. C’est la virilité du pinot noir avec une prestance rare.

Le Champagne Krug 2006 est le plus franc, le plus direct. Il est rond. Je l’adore car il représente l’idéal du champagne. Julie nous dit qu’en interne on nomme chaque champagne avec seulement deux mots. Le 2006 est ‘gourmandise capricieuse’ alors que le 2004 est ‘fraîcheur lumineuse’.

Le Champagne Krug Grande Cuvée 162ème édition est le champagne dont la maison Krug est la plus fière, car tout est dans l’assemblage qui peut conduire à mélanger plus de 130 échantillons. Il est manifestement très complexe, mais je le trouve trop jeune, car pour moi les Grande Cuvée s’expriment mieux avec au moins dix ans de plus. Si j’ai bien compris, si on ajoute 162 à 1844 date de départ des Grande Cuvée ou Private Cuvée on obtient 2006 qui est le vin de base de cette édition. On ajoute 7 ans de mûrissement et on a 2013, date de la mise sur le marché de cette édition.

Mon classement de cette dégustation est : 1 – le 2006, 2 – Ambonnay, 3 – Clos du Mesnil, 4 – Private Cuvée. Mes amis ont mis l’Ambonnay en premier et je serais prêt à me ranger à leur choix.

Julie Cavil est passionnante et naturelle. Ce qui nous a impressionné c’est qu’elle crée une atmosphère de compréhension mutuelle et c’est très agréable.

Nous passons dans la magnifique salle à manger à la décoration raffinée. L’apéritif démarre de façon tonitruante : Champagne Krug magnum 1973. J’ai une amitié particulière pour le millésime 1973 en Champagne, au point de lui avoir consacré le dernier article que je viens de remettre à la revue Vigneron, l’une des plus belles publications pour parler du monde du vin. Ce Krug est d’une délicatesse rare, subtil, d’une longueur infinie toute en suggestion. Un régal de finesse.

Le menu, créé par Arnaud Lallement, chef de l’Assiette Champenoise et réalisé par Olivier Mirgalet est : potée champenoise / carabinero / ravioles végétales / poularde / citron.

Le Champagne Krug Grande Cuvée 171ème édition est plus jeune de neuf ans que celui que nous avons bu en salle de dégustation, mais se montre plus expressif car il est face à un plat qui lui convient, la délicieuse potée.

J’aime beaucoup le Champagne Krug magnum 2003 car il a une forte personnalité. C’est un poète. Il offre des goûts hors des sentiers battus.

Le Champagne Krug Grande Cuvée 159ème édition montre une belle complexité et j’adore le Champagne Krug Rosé 27ème édition très généreux et élégant.

C’est sur la poularde qu’apparaît mon vin, le Vin Jaune d’Arbois Henri Maire 1943. Il est très brun et offre un beau parfum. On s’attendrait à un vin lourd mais en fait il est presque aérien et très long. Il cohabite très bien avec le Grande Cuvée 159ème. Il est gourmand sur la poularde.

Alors que Krug a fait de 2023 l’année du citron, je trouve que le dessert, un citron recomposé, ne trouve aucun répondant avec aucun Krug, du fait d’une acidité trop prononcée.

La vedette incontestée de ce repas, c’est le Krug 1973 fabuleusement subtil. Tout a été réuni pour nous faire plaisir. Le service impeccable, les attentions permanentes et les échanges passionnants avec Julie Cavil, hôtesse idéale de cette soirée.

Merci Olivier Krug d’avoir permis une soirée aussi généreuse et chaleureuse.


mes apports (l’Hermitage est pour demain)

la mise au point du menu de demain est faite avec Arnaud Lallement

la belle charpente de la maison Krug. Au centre du panneau au dessus de la cheminée, il y a la photo d’Arnaud Lallement, ami inconditionnel de Krug.

dans la salle de dégustation

dans la salle à manger

les vins

Dîner au Café Procope mardi, 17 octobre 2023

J’avais gardé un bon souvenir du Café Procope et j’y retourne avec mon épouse. Je commande des escargots et une joue de bœuf, deux plats superbes. La carte des vins n’a que des vins très jeunes et peu de vins de grand intérêt, mais je vois qu’il y a un Château de la Nerthe Châteauneuf du Pape 2019 au prix sympathique.

On me présente la bouteille et je vois : La Nerthe Châteauneuf-du-Pape Les Granières 2019. Ce n’est pas la première fois qu’une carte des vins porte le nom du cru prestigieux et que l’on sert le second vin. J’avais eu une confusion du même genre dans un autre restaurant où l’on proposait un Hermitage La Chapelle alors que le vin servi était un Chapelle de l’Hermitage qui est un second ou troisième vin.

Je vais voir au comptoir d’accueil quelqu’un qui me semble responsable et je lui explique la différence entre le vin proposé et le vin servi. Ce directeur me dit qu’il sait qu’il y a une différence. Il dit à un sommelier d’aller chercher en cave le grand vin.

Je retourne à ma place et je dis à ma femme : je te parie que le sommelier reviendra de la cave en disant : nous n’avons plus le grand vin.

Peu après, j’ai évoqué ce sujet sur Instagram et il y a eu plus de cent commentaires, montrant que ce problème apparaît un peu partout. La triche sur le libellé des vins de la carte des vins pour laisser croire que l’on va boire le grand vin est à combattre, car combien de personnes venant de France ou d’ailleurs savent faire la différence ? Les amateurs qui savent doivent dénoncer ces triches.

En ce qui concerne le vin que j’ai bu, il n’était pas mauvais, avec une belle jeunesse. Mais il n’y avait pas le coffre et l’opulence d’un Château de la Nerthe. A la table voisine une famille d’Argentine était en France pour le mondial de Rugby. Nous leur avons souhaité bonne chance.

Déjeuner au Relais Plaza de l’hôtel Plaza Athénée lundi, 16 octobre 2023

Daniel est un anglo-saxon vivant à Dubaï qui est l’un des dirigeants d’un groupe qui possède des hôtels et des clubs dans beaucoup de pays dits émergents. Il anime les clubs et essaie d’offrir à une clientèle fortunée des événements hors du commun. Il m’a contacté pour étudier ce que je pourrais offrir à cette clientèle.

Nous avons rendez-vous au Relais Plaza. Lorsque j’arrive à l’hôtel Plaza je vois François Delahaye le directeur général de l’hôtel qui met quelques secondes à me reconnaître. Il me guide vers le Relais que je ne connaissais pas. Ce restaurant ouvert en 1936 est d’une décoration que j’adore de pur Art Déco. Un panneau mural au-dessus du bar représente Diane chasseresse. J’adore. Les assiettes ont aussi un design de grande beauté.

Sur la carte inspirée par Jean Imbert, je choisis un velouté de cèpes et un turbot. Daniel me laisse choisir les vins. Pour l’entrée, ce sera un Champagne Louis Roederer Collection 244 sans année fait de vins de la réserve perpétuelle créée en 2012, de vins de réserve allant de 2012 à 2018 et de vins du millésime 2019. Pour savoir sa composition entre les trois cépages de la Champagne il faudrait aller sur internet. Le sommelier me l’a chuchotée mais je l’ai oubliée. Ce champagne me plait beaucoup dans sa fraicheur et sa droiture. Il est un peu jeune pour mon palais mais tient sa place. Nous l’avons pris au verre.

Pour le turbot j’ai commandé, avec l’accord de Daniel qui m’invite, un Hermitage Jean-Louis Chave 2005. Je l’attendais un peu plus mûr et je me réjouis de sa jeunesse. Un Hermitage de Chave ce n’est que du bonheur, avec une belle richesse et une présence noble. C’est un grand vin.

Le dessert aux figues est très bon. Jean Imbert est un chef généreux dont les recettes copieuses s’adressent à des Gargantuas. Le cadre est rassurant et invite à revenir en ce lieu accueillant.

Nous avons exploré des pistes de collaboration pour des dîners dans des pays que je ne connais pas. J’adorerais de me lancer dans les aventures que nous avons évoquées. Daniel va dîner ce soir au restaurant gastronomique de Jean Imbert. Je lui ai suggéré de ne pas prendre le « grand » dessert, s’il veut rentrer chez lui vivant. Une bien agréable et prometteuse rencontre.

Piaf et fin des vendanges à Montmartre mercredi, 11 octobre 2023

Fin des vendanges à Montmartre 15 octobre

Par ma famille, je suis l’arrière petit-neveu de Jules Dépaquit le premier maire de la commune libre de Montmartre. Aussi, je ressens le devoir de vous parler d’un événement à ne pas manquer durant la Fête des Vendanges, qui va battre son plein à Montmartre le week-end du 14 octobre : le grand concert d’une fenêtre de la rue des Abbesses le dimanche 15 octobre en fin de journée.

Il s’agit d’un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux du quartier, organisé par une figure locale : la chanteuse professionnelle Anne-Sophie Guerrier créatrice du circuit « Montmartre en chansons », un cocktail insolite qui mixe une trentaine de lieux insolites, une vingtaine de chansons françaises du « Temps des Cerises au Temps des fleurs » qu’elle interprète a cappella, et de très nombreuses anecdotes en lien avec les chanteurs et l’histoire de la Butte.

Pour la joindre : Anne-Sophie Guerrier – montmartreenchansons@gmail.com – 06 78 06 45 45.

Il y aura par ailleurs le 14 octobre : une journée hommage des 60 ans de la disparition d’Édith Piaf.

Au programme :

10h30 Eglise St Jean Baptiste de Belleville 75019 Paris : Une grande messe hommage sera donnée en présence des proches de l’artiste et de nombreuses célébrités du monde la musique.

11h45 Parvis de l’Eglise St Jean Baptiste de Belleville : Concert GRATUIT ouvert à tous assuré par Anne-Sophie Guerrier « La Voix de Montmartre » accompagnée de son accordéoniste.

14h30 Cimetière du Père Lachaise : Dépôt de gerbe et bénédiction de la tombe d’Edith Piaf.

Pour tous les amoureux de Montmartre, des rendez-vous incontournables.

montmartre chansons

277th meal at Restaurant Pages mercredi, 11 octobre 2023

I interact quite often with wine lovers who express themselves on Instagram. One day one of them living in Singapore told me that he was coming to France with friends, invited to events in Champagne. He would like me to organize a meal for five people and point out wine trails that he would like to explore. Among my suggestions, he chose Lafite 1961, Chevalier Montrachet Domaine Leflaive 1992 and a Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1970.

During another discussion he said he had been disappointed by a Dom Pérignon 1952 and I told him that if he came to see me, I would make him drink a 1952 which I considered excellent. Gang tells me that he and his friends will bring a Cristal Roederer 1988 and a magnum of Krug Grande Cuvée with a cream label, which is more than thirty years old.

The scene is set and I suggest that we meet at the Pages restaurant.

I now need to find my wines in the cellar. The Champagne Dom Pérignon 1952 has a beautiful presentation and through the glass I sense a beautiful champagne. The Chevalier Montrachet Domaine Leflaive 1992 comes directly from the Domaine, but when I shared this wine a few years ago, brought by Anne-Claude Leflaive, it had shown at the tasting TCA (trichhloroanisole), which is characterized by a taste of cap. This pushes me to add wines to my program.

I have four Château Lafite-Rothschild 1961, one of which in my main cellar has a low level (even though it says high level in my inventory). I look for the other three in another cellar, but I can’t find them. I decided to add a Château Ausone 1929 which seems to me to have a good presentation.

Furthermore, I chose one of the three Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1970 that I own. It will be the one with the best level. It has no label but is clearly identified by the very explicit cap.

For good measure, I added a 1972 La Tâche, low grade but good looking.

I had to provide four wines. There will be six, to cover any eventuality.

On the appointed day, I arrive shortly before 10:30 a.m. at the Pages restaurant to open my wines. I ask Chef Ken what dishes are planned and we start sketching out the menu. Two of my guests arrive to attend the opening of the wines. By a pleasant coincidence I manage to remove all the corks whole, which greatly impresses them.

The nose of the Lafite 1961 is a little weak but gives great hope. That of Ausone 1929 is frankly closed. The nose of the 1992 Chevalier Montrachet looks glorious. The scent of La Tâche 1972 is not very engaging and many wine lovers would put it aside. On the contrary, that of Richebourg 1970 looks brilliant.

A few changes are being made with Chef Ken to take odors into account. We have an hour and a half left before the other guests arrive. According to tradition we will have a beer at 116, the neighboring restaurant while nibbling on edamame. Everything is ready for what will be the 277th of my meals.

The other guests arrive at 12:30 p.m. Among them a woman from London, who is a big influencer in the wine world and reminds me that we met at a dinner I organized at the 67 Pall Mall club in London.

I asked Chef Ken, given the abundance of champagne, to prepare raw fish and Wagyu carpaccio. We start with a Champagne Cristal Roederer 1988 which made a nice spritz at the opening. The color is light for a champagne of this age. Instantly, I am struck by the brilliance of this infinitely complex champagne. What happiness. What delights me is that this champagne is anything but conventional. He explores flavors off the beaten track. He calls out and I really like it.

The wines that make up Champagne Krug Grande Cuvée crème magnum label are around forty years old. This is the second contribution of my new friends after the Cristal Roederer. It’s a magnificent champagne but I also know it by heart, it transports me less than the Cristal Roederer. But its grandeur will mark the meal.

I asked Pierre-Alexandre to serve at the same time the Chevalier-Montrachet Domaine Leflaive 1992 from an exceptional year. Instantly, the first sip is like fireworks. My mouth explodes with happiness because the wine is full, complete, accomplished, coherent, perfect. It brings a rare joy of living. And it is wise to drink it at the same time as champagnes because the pleasures are added.

For the Wagyu, I serve Champagne Dom Pérignon 1952. I am faced with pure perfection and I would be ready to lock myself in a bubble of happiness, as with the few wines which have paralyzed me like the Hermitage La Chapelle 1961 or Montrachet Bouchard 1865. Because I am facing a perfect wine. And the delicious herbs that accompany Wagyu give a masterful excitement to this ideal champagne.

The lobster is accompanied by the brilliant Chevalier Montrachet.

For fish, we have the two Bordeaux. Château Lafite-Rothschild 1961, which had a low level, has been reconstituted and no fault can be found. It has a very rich truffle taste and is a great Bordeaux, just like my friends wanted.

I had high expectations from the Château Ausone 1929, which had a very beautiful appearance, but if it has the breadth of the 1929 wines, I found it less energetic than I hoped.

The two Romanée Conti wines appear on delicious veal. The Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1970, with its beautiful level and beautiful color, is in full possession of its means. It is rich, full, broad and solid but it also has a delicate charm. It drinks well, with a nice length finish.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1972 does not have a perfect color and it is not at the level it should be, but it is in the spirit of Romanée Conti and I think that if I were drinking this wine with Aubert de Villaine , we would find the graceful subtleties of Romanée Conti behind the veil which stifles its qualities. A Saint-Nectaire excites La Tâche in a good way.

The pastry chef has made a delicate dessert with a nutty flavor that allows the Krug Grande Cuvée to remind us how refined it is.

We vote. Six of us chose our five favorites from eight wines. Three wines will have first votes, the Dom Pérignon 1952 has three first votes, the Chevalier Montrachet 1992 has two and the Krug Grande Cuvée has one.

The consensus vote is: 1 – Chevalier Montrachet Domaine Leflaive 1992, 2 – Dom Pérignon 1952, 3 – Krug Grande Cuvée magnum cream label, 4 – Richebourg Domaone de la Romanée Conti 1970, 5 – Château Lafite-Rothschild 1961.

My vote is: 1 – Dom Pérignon 1952, 2 – Chevalier Montrachet Domaine Leflaive 1992, 3 – Cristal Roederer 1988, 4 – Richebourg DRC 1970, 5 – Château Lafite-Rothschild 1961.

The atmosphere at this meal was exceptional. Even though we are from very different parts of the world, we chatted as if we had been friends forever. The cuisine was perfect and the service excellent, Naoko, wife of chef Teshi, the owner of the restaurant, brought her smile and her attention to perfection. Pierre-Alexandre did a perfect wine service. The entire kitchen team prepared dishes with great precision. It is therefore without hesitation that I class this dinner as the 277th, a great moment of sharing.