ce soir j’aurais aimé une cuisine plus minimaliste jeudi, 3 août 2006

<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous récidivons à pan style="COLOR: blue">l’hôtel des Rochespan>, ce qui indique que nous nous y plaisons. Cette soirée m’aura montré que dans le jugement que l’on fait sur un restaurant, pour autant que l’on éprouve le besoin de juger, il y a l’observé et l’observant. En ce qui me concerne, l’influence de l’humeur de l’observant compte beaucoup. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">J’étais heureux d’avoir conclu un investissement qui m’intéresse par les perspectives de développement que j’entrevois, et il fallait que cela se fête avec des amis. D’humeur joyeuse, je commande pan style="COLOR: red">Krug Grande Cuvéepan> qui doit avoir un peu moins de cinq ans de bouteille. Une immense personnalité. Ce champagne est vivant comme pas deux. Il est expressif, typé et ne laisse pas indifférent. Il aurait fallu ne pas nous donner la première mini-entrée standard à base de crème de tomate, qui stérilise le Krug, alors que l’autre mini-entrée créée juste pour nous faire plaisir, à base de chair de rascasse, purée discrète de fenouil et jus «roquette » est un démarrage gustatif de vraie gastronomie. Cette remarque, que je fais souvent, je vais la faire encore : quand le sommelier ou le maître d’hôtel repère une table où les vins vont être de gros calibre, il ne faut pas faire servir l’amuse-bouche standard, mais en adapter un au choix des vins, s’il est déjà fait. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">En l’occurrence, la rascasse appelait le premier vin que j’avais commandé à mon arrivée, pan style="COLOR: red">Château Rayas, Châteauneuf du Pape blanc 1998pan>. Le mariage avec ce blanc étonnant est idéal, la chair expressive du poisson mettant en valeur le blanc merveilleux. Ce qui frappe d’abord, c’est la longueur du vin. On dirait un tapis qui se déroule, qui découvre à chaque pli des couleurs et des dessins nouveaux. L’exposé des motifs est quasi interminable. Ce blanc étonne car il change d’aspect à chaque mouvement de langue. C’est sans doute moins complexe qu’un bourgogne blanc, mais c’est terriblement envoûtant. J’avais commandé sur ce vin une brandade de morue aux truffes d’été, émulsion au thym des collines, car je sentais que l’accord serait parfait entre l’ail et le fumé du Rayas. Or je suis un peu resté au milieu du gué, car je voulais de la brandade, de la pure, de la virile et je trouvais en fait une interprétation de la brandade intellectualisée, qui aseptisait le choc gustatif que j’attendais. C’était bon, bien sûr, mais n’avait pas la pureté brute que j’avais imaginée. A ce vin typé, affirmé, il fallait une brandade claire, directe, franche comme le « jus de pomme » des Tontons Flingueurs. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Ayant adoré les cigales de mer sur l’Yquem 1987 lors du dernier dîner, il était tentant de les revisiter sur un rouge, et pourquoi pas l’un des plus grands : Château de Beaucastelpan style="COLOR: red">, Châteauneuf du Pape, Hommage à Jacques Perrin 1995pan>. pan style="COLOR: blue">Matthias Dandinepan> a fort intelligemment adapté l’accompagnement en changeant la pparation du menu pour des légumes du potager discrets et des girolles d’été, mais n’a pas remis en cause la sauce trop prononcée qui masque la pureté de la chair. L’accord ne s’est fait que lorsque j’ai cureté de la chair non imprégnée dans la tête de la cigale. Là, le vin rouge s’est mis à chanter. Avec une cigale en plein été, n’est-ce pas ce qu’il doit faire ? Cet « Hommage » est trop jeune, c’est évident. Mais le bambin a déjà une morphologie d’athlète. Pur, simple, direct, s’exprimant dans une langue claire, ce vin rassure par la précision de sa construction. Le Rayas blanc miroitait de mille facettes. Et ce futur sumo pousse toute fioriture en dehors du cercle de combat. Le vin est affirmé, puissant, sûr de lui, et il est bon. Que demander d’autre, quand on a tant de plaisir en bouche. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Là où l’observant joue son rôle, c’est que je voulais ce soir m’installer dans les arts culinaires premiers. Je voulais une brandade qui joue la brandade et une chair de cigale dans sa pureté intrinsèque. Ce soir les variations sur des thèmes ont occulté les accords purs que je souhaitais. Il est sûr qu'un autre soir, je serais satisfait de ces recettes. Je rêverais de refaire le même repas, avec les mêmes vins, car je suis très satisfait de mon choix de vins, et avec les mêmes plats, car je crois en eux, mais minimalisés au profit de saveurs franches et pures. Je crois que ce serait grandiose, et le chef le réussirait avec élégance. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Me méfiant autant de mon rôle d'observant que de ce que j'observe, j'ai réservé une nouvelle table pour dans huit jours ...pan>p>

galerie 1864 vendredi, 28 juillet 2006

<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeDSC07321.jpg" width="336" border="0" />p><p>Le plus vieux chateau Chalon de ma cave, bu en avril 2006 avec un ami américainp>

galerie 1865 jeudi, 27 juillet 2006

<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/DSC04339.jpg" width="448" align="left" border="0" />pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/1865CC.jpg" width="336" border="0" />p><p>Bouteille de Chateau Chalon Guyon 1865 que j'ai acquise à la vente aux enchères de la Percée du Vin Jaune le 3 février 2007p>

un dîner de canicule au Lavandou jeudi, 20 juillet 2006

<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur la route de Saint-Tropez, en ayant dépassé le Lavandou, le pan style="COLOR: blue">restaurant « Le Sud »pan> est sur le bord de la route. D’amples plantes tropicales marquent la façade. A l’entrée une belle femme brune accueille d’un sourire composé. Sa beauté évite de s’attarder sur une décoration qui n’existe pas. pan style="COLOR: blue">Christophe Petrapan>, chef auteur de « Ma Provence Gourmande », affiche un large sourire heureux et satisfait. On nous propose du champagne en prononçant deux noms qui ciblent l’endroit. Nous choisissons pan style="COLOR: red">champagne Besserat de Bellefon rosé NMpan> de bien agréable fraîcheur expressive. Ce champagne fait partie du tout petit groupe des bons rosés. Le maître des lieux vient nous réciter son menu, excluant que nous perdions notre temps à lire une carte. C’est une pratique que je n’apprécie pas. La carte des vins en revanche est fort intelligente, car elle a eu la sagesse de ne pas actualiser les prix fous de l’époque présente. J’y détecte des bonnes pioches qu’il faudrait venir exploiter. Comme je suis invité avec mon épouse, je fais un choix mesuré, car le choix pour compte d’autrui est un exercice délicat.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous allons être submergés par une cuisine multiforme, où les amuse-bouche s’ajoutent aux pré-entrées, entrées et autres plats, sans que l’impression d’excès n’apparaisse. C’est goûteux, fort goûteux parfois, au point que l’on se demande comment les goûts si prononcés ne sont pas dopés comme cela existe dans un sport qui visite la France sur une selle. Le toast aux truffes d’été ressemble à un toast aux truffes d’hiver, la crème de cèpes et truffes a une intensité rare, le bar est délicieux. Le seul plat qui a joué un peu en dedans c’est le lapin confit de quatre heures, plat fort difficile à exécuter que j’avais pris pour jauger sur un exercice de voltige le talent de Christophe Petra dont nous ne pouvons que nous féliciter.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur ce festin, le pan style="COLOR: red">Corton Charlemagne Louis Latour 2000pan> est extrêmement agréable. On est loin de la puissance de certains Corton Charlemagne, mais en ce temps de canicule, c’est plutôt un avantage. Les évocations sont discrètes mais subtiles. Ce vin demande qu’on aille chercher en lui toutes les subtilités qu’il recèle. Et le plaisir vient de cette découverte attentive. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">L’pan style="COLOR: red">Hermitage La Sizeranne Chapoutier 2002pan> est confortable. C’est un vin rassurant, sans complication excessive, à la trame juste qui n’en fait pas trop. C’est le vin que l’on est content de boire, mais qui ne suscite aucune énigme. Mes amis l’aimèrent pour sa franchise et son confort. Le temps lui donnera sans doute plus de complexité.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Parler du réchauffement de la planète, ça donne soif. Le champagne Louispan style="COLOR: red"> Roedererpan>, manifestement recommandé par la maison, apaise une dernière soif sans entraîner de bravos d’une foule peu conquise par ce champagne trop gentil et trop bien élevé. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Cette table mérite qu’on s’y intéresse car il y a de l’intelligence et du savoir faire dans cette cuisine généreuse. Le service est un peu conventionnel, la sommellerie plus que discrète, mais c’est un endroit où nous ne sommes pas connus, ce qui change l’atmosphère. La carte des vins vaut le détour. En vacances, n’est-ce pas ce qui convient ?pan>p>

galerie 1872 samedi, 8 juillet 2006

<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/DSC06363.jpg" width="448" border="0" />p><p>Yquem 1872 que je n'ai pas voulu séparer de Margaux 1900. Deux légendes côte-à-côte.p>

des accords divins à l’hôtel des Roches au Lavandou samedi, 8 juillet 2006

<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Nous repartons ensuite dans le Sud et l’envie de retourner à pan style="COLOR: blue">l’hôtel des Rochespan> nous prend. Le site a pris ses habits d’été. Les estivants sont nombreux. Des femmes outrageusement bronzées voire copieusement liftées sont l’accessoire indispensable du vacancier comme sa carte de crédit en or ou en platine. L’ingéniosité des fabricants de textiles permet d’audacieuses tenues qui dénudent suffisamment pour que l’on puisse vérifier que les bronzages sont intégraux. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">L’équipe de Matthias Dandine n’a pas encore la morgue qui sied à ce type d’endroits. Leurs rires sont encore francs et joyeux. Souhaitons qu’ils le restent.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Une fois assis à table, nous ne nous préoccuperons que de gastronomie, sauf quand la bouche se fige, la conversation s’arrête, lorsqu’une de ces publicités pour crème solaire promène sa nudité à peine masquée entre les tables.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Je commande pan style="COLOR: red">champagne Dom Pérignon 1996pan>, car il se trouve que la veille, nous avions goûté Laurent Perrier Grand Siècle et Dom Pérignon 1998 avec ma fille et mon futur gendre qui nous accompagnent ici.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le pan style="COLOR: red">Laurent Perrier Grand Sièclepan> est un champagne qui vous installe immédiatement dans un canapé confortable. Vous savez que vous êtes bien. C’est un vrai champagne, facile à comprendre, rassurant, qui se boit avec envie. La joie est là. Le pan style="COLOR: red">champagne Dom Pérignon 1998 pan>au contraire est d’une complexité construite. Il m’évoque la rose, qui ne sera perçue avec force par mon gendre que beaucoup plus tard. En bouche, on jouit de la précision de l’assemblage de vins précieux. Le 1998 s’épanouit en ce moment délicatement, et c’est un très grand champagne qui interpelle par les expositions permanentes de raffinements élaborés.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">La tentation d’étalonner le 1998 de la veille avec le 1996 que j’ai largement encensé était à saisir. La première gorgée du 1996 me déplait. Le 1998 était chantant. Voici que ce 1996 se présente sous un jour sérieux. Mais ce n’est que la première gorgée. Il faut laisser ce champagne s’élargir dans le verre. Cela va venir.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Pendant ce temps je consulte la carte des vins. On m’annonce que Matthias Dandine, sachant notre venue, a prévu de nous faire à sa façon un homard, mais ma femme annonce qu’elle n’aime pas le homard. Le plan prévu s’effondre. Il va renaître d’une façon éblouissante. La raison de ce dîner étant l’anniversaire de mon épouse qui ne boit pas de vin, sauf Yquem, l’idée me vient de prendre le plus léger Yquem de la carte et d’essayer de trouver une recette qui s’apparente à celle du homard. Quand on nous propose des cigales, nous sautons de joie, car c’est la chair la plus savoureuse de tous les crustacés.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Les vins étant choisis, le repas élaboré, un festival gastronomique va se dérouler, dont l’émotion, la perfection ont touché tous les participants : notre table bien sûr, mais aussi Sébastien, efficace sommelier ému de voir que les accords sont sublimes et appréciés, Matthias Dandine, fier de les avoir réalisés.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le marbré de foie gras aux cèpes, avec ses petits artichauts crus et truffes d’été va révéler la variété du Dom Pérignon. J’ai particulièrement aimé le goût intense et onctueux du foie gras qui réveille le tempérament guerrier du champagne. Les enfants préféraient l’accord avec l’artichaut, appelant la sagesse éclairée du Dom Pérignon. Chaque bouchée, chaque gorgée accroissent le plaisir, la structuration du champagne allant crescendo. Premier accord simple mais magique dans sa réalisation. On se sent décidément bien face à l’île du Levant et une mer qu’une lune presque pleine argente de feux follets charmants.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le premier nez du pan style="COLOR: red">Bâtard-Montrachet Domaine Leflaive 2002pan> m’assassine. C’est une perfection absolue. Et la bouche est du même calibre. Ce vin est glorieux. Il est difficile d’imaginer, à cet instant, qu’un vin, blanc ou rouge, puisse donner autant de plaisir et de complexité que ce vin là. L’entrée qui arrive se compose de deux parties, et nous allons nous amuser à observer le comportement du Bâtard face à ces saveurs distinctes. Sur le carpaccio de veau de lait qui est en fait un faux carpaccio car la chair a été légèrement cuite, le Bâtard est brillant, joyeux, mais à tout instant, il décoche tous azimuts des flèches aromatiques. Et, pour mon palais, c’est sur la chair de la langoustine qu’il est transcendantal. La palette des suggestions est tellement grande, et l’effet multiplicateur de la chair blanche est tellement fort qu’on nage dans un moment gastronomique de pur contentement.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Sébastien mesurant notre enthousiasme s’interroge : deux accords parfaits. Le troisième le sera-t-il ? Comme nous sommes à la veille de la finale de la Coupe du Monde à Berlin, en pleine Zizoumania, je lui dis : « et un, et deux, et trois », le troisième accord sera un succès.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">C’était peu dire. Car la cigale sur pan style="COLOR: red">Yquem 1987pan>, c’est un délire gustatif à enflammer les stades. Le risotto de lait de coco imprimé d’une once d’ananas (j’aurais aimé l’ananas plus suggéré qu’imposé), la cigale baignant dans un bouillon de coriandre au gingembre acide, persil, cerfeuil et autres subtilités sur base de vieux vins cuits vont tirer de l’Yquem 1987 un chant d’amour d’une pureté cristalline.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">On place Yquem à chaque instant à la limite de son registre. On lui dit à chaque instant : « tu peux le faire », comme Philippe Lucas quand il motive Laure Manaudou, notre belle championne. Et Yquem peut le faire. Il explore l’ananas avec facilité, il se joue du cerfeuil car la chair de la cigale l’extrémise. On est dans des contorsions gustatives du plus bel effet. C’est immense, grandiose. On ne se pose même pas la question de savoir si Yquem 1987 est un Yquem léger ou non, car il joue sur un registre totalement éloigné de sa saveur intrinsèque. Et l’accord de ce plat avec le vin est du génie. Yquem a trouvé ici un moyen de s’exprimer au paroxysme de son talent. Comme s’il fallait que ce plaisir n’ait pas de fin, une deuxième assiette de cigale, cuite cette fois à l’étouffée donne au Yquem et à la chair délicate une énième dimension.pan>p>pan style="FONT-SIZE: 12pt; FONT-FAMILY: Garamond">On croque les mignardises dans l’atmosphère d’un après-match que l’on aurait gagné. On voudrait chanter à la terre entière combien ce que nous venons de vivre est grand. Rares sont les repas où les nombreuses émotions créées par les accords ont été aussi exactes. Nous savions que nous vivions de la gastronomie dans son état le plus subtil. Un absolu bonheur.pan>

galerie 1875 mercredi, 28 juin 2006

<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/madre1875.jpg" width="402" border="0" />p><p>dont voici la capsulep><p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/madre1875capsule.jpg" width="352" border="0" /> p><p> Cette bouteille a été bue avec mes enfants pour Noël 2006.p>

Yquem en hommage à ma mère mardi, 27 juin 2006

<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Funérarium, messe, enterrement. Pleurs, embrassades, cohésion familiale. Grands sentiments. Ma mère s'est éteinte à 93 ans. Elle n'a ni souffert ni décliné. Voulait-elle partir sur une mort "idéale", nous prenant par surprise alors qu'on la croyait taillée pour l'éternité ? L'esprit était donc à positiver l'événement et à dégager un bonheur familial.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">J'avais prévu champagne petits fours. J'ai senti qu'un repas plairait à tous. A pan style="COLOR: blue">l'Ecu de Francepan>, à Chènevières, les tables se pparent sur l'instant pour 26 personnes, parents ou amis proches.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le menu : cassolette de champignons, bar, fromage et tarte abricot. Délicatement pparé, goûteux. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le pan style="COLOR: red">champagne Pommery 1998pan> est facile à boire, expressif sans l'être trop. Un champagne qui se boit bien pour effacer les larmes.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le pan style="COLOR: red">Châteauneuf du Pape Vieux Télégraphe 1998pan> est un vin facile à comprendre par tous, car il y a dans la famille beaucoup de cousins pour qui le vin n'est pas un sujet de réflexion. Magnifique vin généreux, très agréable, ressenti par tous comme un cadeau.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le pan style="COLOR: red">Châteauneuf du Pape Beaucastel rouge 1990pan> partagé avec quelques amateurs est d’une grande perfection. Comme c’est une découverte, j'ai profité de l’occasion pour montrer à mes nièces comment on profite de ces vins rares.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le pan style="COLOR: red">Château d’Yquem 1981pan> est déjà d'un or brun, fort en bouche, très révélé par l'abricot. Une immense longueur d'un Yquem que je n'attendais pas à ce niveau là. Une cousine de 84 ans vint me voir et me dit : "tu sais, c'est mon premier Yquem".pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Rires, joies, anecdotes. Ma mère a vécu en positivant toutes choses. Faire un repas de joie, c'était l'honorer.pan>p>

Le Monde 2 du 24 juin samedi, 24 juin 2006

<p>Dans le supplément du Monde du 24 juin, un suplément vin (poupée russe !).p>
<p>A l'avant dernière page, un article de Nicolas de Rabaudy, avec un titre délicieux :p>
<p>L'homme qui parlait à l'épaule des bouteillesp>
<p>"Ah, la funeste manipulation! En extrayant avec une prudence de Sioux des nobles crus le bouchon flétri d'une bouteille de chateau Margaux 1900,un chef d'oeuvre de l'appellation,François Audouze, collectionneur de vins ancien, 5000 références dans sa cave,la laisse tomber et le vin si precieux , agé de 102 ans,se repand sur le sol, et voilà notre oenophile effondre, à quatre patte sur le carrelage, lapant le Margaux comme le chien de Lalou Bize-Leroy,la langue active, dans le cellier de la Romanée Conti ( l'histoire est authentique): le flacon brisé de Margaux 1900 figure en couverture des "carnets d'un collectionneur de vins anciens" (Michalon éditeur, 2004 ).
C'est l'une des aventures tragi-comiques vécues par François Audouze, polytechnicien à 20 ans, devenu un industriel de l'acier, aujourd'hui à la retraite occupée par l'approche, la connaissance, la sauvegarde des vins anciens, ces bouteilles perdues dans nos caves, agonisantes, coulantes, aux etiquette abimées, quelquefois sublimes en bouche, que le collectionneur-dégustateur entend faire vivre dans le verre pour le plaisisr des papilles, simplement.
Car, parmi ces vins porteurs d'un age respectable, souvent plus vieux que ceux qui les boivent, dont la plupart finissent dans l'évier, il y a des joyaux, des incunables de la viticulture française, porteurs de surprises, d'émotions, d'émerveillement . Audouze, probablement le citoyen français qui savoure le plus de flacons de jadis, cite ses plus fascinantes trouvailles : Riesling 1945, Montrachet 1864, Meursault 1846, Yquem 1900, Haut Brion 1926 (dégusté au moins 20 fois, un véritable miracle pour le premier cru de Graves).
Afin de faire sortir des caves ces vins aux niveaux bas, de couleurs souvent étranges, Audouze vient de créer l'Académie des Vins Anciens dont les 4 sessions annuelles à l'Hôtel de Crillon réunissent, telle une société secrète, une cinquantaine d'amoureux des rouges ou blancs d'autrefois, des dégustateurs au fin palais, wine enthousiastes de la viticulture du passé. Chacun apporte son flacon, offert aux académiciens, le don est une valeur sacrée de l'oenophilie.
Ainsi,lors de la dernière réunion, en janvier 2006, les flacons les plus appréciés furent : le Riesling Hugel 1915, le chateau Latour 1955, le Grand Echézeaux du Domaine de la Romanée Conti 1942, le chateau Suduiraut 1945, le domaine de Chevalier rouge 1924, le chateau Gilette sec 1958, le chateau Fiçgeac 1925, le chateau d'Yquem 1937, le Bouzy de Delamotte 1933 et le chateau La Mission Haut-brion 1955, entre autres nectars de rêve.
La dégustation ne s'est pas déroulée à l'aveugle et l'on n'a servi que du pain, des fromages et de l'eau. Pour le repas de gala, voir les diners de François Audouze : 10 convives seulement, rassemblés dans un grand restaurant.
Assis à côté de Jean Hugel, le patriarche de la légendaire maidon alsacienne de Riquewihr, Aubert de Villaine co propriétaire du domaine de la Romanée-Conti, découvre, bouleversé, le Grand Echézeaux 1942, élaboré pendant la guerre par des femmes, les hommes sont au front." Je suis stupéfait de la bonne tenue de ce vin, élévé dans des conditions quasi héroïques, sans moyens, sans barriques de qualité , confie le Bourguignon de sa voix douce, évoquant la pureté, la plénitude, l'élégance du beau pinot noir qui a traversé le temps. Les grands terroirs parlent toujours: ils dépassent les hommes."
Réflexion similaire pour le Tokay pinot gris 1865 dont Jean Hugel dit qu'il a vécu 3 guerres indemne. Ces 2 viticulteurs qui font honneur à la Francede la civilisation de vin sont des militants de l'Académie, ou l'on offre une nouvelle chance à ces bouteilles tombées dans l'oubli qui racontent l'histoire de nos vignobles."Les vins anciens, si on sait les ouvrir avec d'infinies précautions, sont toujours plus jeunes qu'on l'imagine, souligne François Audouze qui met 2 heures pour extraire un bouchon récalcitrant. Le vin a besoin d'oxygène pour s'éveiller au monde." Et se livrer aux hommes.

Nicolas de Rabaudyp>

DRC les pieds dans l’eau vendredi, 23 juin 2006

<p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Nous avons pris nos quartiers d’été avec l’apparente intention de faire diète. Mais il faut se ménager des espaces de liberté, excuses à la gourmandise.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="COLOR: blue; FONT-FAMILY: Garamond">Mathias Dandinepan>pan style="FONT-FAMILY: Garamond"> avait obtenu une étoile dans un joli petit restaurant coincé dans une étroite et escarpée rue piétonne de Bormes-les-Mimosas. Ambition, goût du challenge, voici qu’il décide en décembre dernier de reprendre la restauration de pan style="COLOR: blue">l’hôtel des Roches au Lavandoupan>. Il devenait indispensable que nous allions vérifier si la greffe avait pris.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">L’hôtel des Roches jouit d’une implantation unique sur l’eau, un peu comme Eden Roc, et l’on a une jolie vue sur les îles du Levant et Port Cros. Voulant jouer tropézien, le lieu accueille façon plutôt branchée. C’est plus Dior Haute Couture que Raimu accoudé à son comptoir. La décoration s’améliore, et le site incite au farniente. A l’étage du restaurant, on est tout sourire. Mathias et son frère sont prévenants. Sébastien, l’agréable et facétieux sommelier se souvient de nos habitudes ou manies.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Nous commençons par un pan style="COLOR: red">champagne Amour de Deutz 1995pan> de belle couleur dans son flacon transparent. Assez expressif, à la bulle forte, il est plutôt joli en bouche, mais je trouve qu’il joue un peu en dedans, comme l’équipe de France de football, qui à l’heure où j’écris ces lignes, juste après les matches du premier tour, n’est pas encore éliminée, sans un but de trop. Plus le temps passe, plus le champagne s’ouvre et devient joyeux. Comme je suis marqué par des champagnes très expressifs, je ne mords pas trop, mais cet Amour mérite de l’intérêt.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">J’ai suggéré à notre table que l’on commence par un risotto de truffes d’été pour accompagner le vin que j’ai choisi : pan style="COLOR: red">Corton-Charlemagne Bonneau du Martray 1987pan>. Le plat est délicieux, le toast de truffe étant d’une justesse absolue. Et avec ces saveurs, le Corton-Charlemagne chante. C’est un vin immense. Et mes amis comprennent pourquoi je disais que le champagne était un peu coincé, car ce vin blanc est totalement débridé. Une exubérance rare, qui renvoie toute réserve sur l’année 1987 dans ses dix-huit mètres. Des notes citronnées mêlées de miel, des évocations d’amandes et de noix, et cette élégance propre à ce domaine délicat. Un vin résolument grand, où la subtilité se dévoile d’autant plus que la puissance est retenue.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Le homard thermidor est goûteux mais doit pouvoir encore se travailler. J’ai décidé de lui associer un pan style="COLOR: red">Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1997pan>. Là aussi, c’est la délicatesse qui prime sur la force. Toutes les caractéristiques d’un grand vin expressif sont réunies. Un léger voile qui écorne une partie du message ne gênera pas suffisamment pour qu’on éprouve moins de plaisir. Ce vin joyeusement juteux est d’un plaisir franc et sincère. Et le homard lui va bien. Le cochon de lait d’une autre partie de la table fut jugé fort approprié à ce grand bourgogne.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">On nous offrit un pan style="COLOR: red">Comtes de Champagne Taittinger 1997pan> fort agréable en fin de repas, après des mignardises qui demanderont au moins un marathon pour retrouver le tour de taille que l’on avait en entrant. Ce champagne n’est pas très compliqué, mais de belle soif.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 3.6pt 6pt 0cm; TEXT-INDENT: 0cm; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-FAMILY: Garamond">Matthias Dandine a un magnifique outil de travail pour développer son élégante cuisine. Sébastien est souriant, le service est attentionné. C’est une adresse dont on reparlera.pan>p>