<p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Pour le réveillon de fin d’année, nous sommes dans notre maison du Sud. Des amis nous ont rejoints. Le 29 décembre est l’occasion de faire chauffer la machine. Nos amis ayant eu la bonne idée d’arriver avec quelques produits rares, il faut commencer par entamer les truffes blanches d’Alba. Le champagnepan style="COLOR: red"> Dom Pérignon 1998pan> est associé, pour se mettre en bouche, avec des petits toasts au foie gras. Je persiste et signe : le foie gras est meilleur avec le champagne. Notre palais étant en condition, ce sont des toasts frottés à l’ail et recouverts de lamelles de truffe blanche qui vont provoquer avec le Dom Pérignon un de ces accords qui me font vibrer au plus haut point. Nous avions la veille reçu des amis sur un pan style="COLOR: red">magnum de Laurent Perrier Grand Sièclepan> et du saumon fumé aux baies de genièvre. Je m’étais pâmé sur cette association, au point que mon ami m’avait dit : « mais, dis donc, tu as déjà eu la même extase », ce qui prouve que je suis constant. Là, truffe blanche, ail et Dom Pérignon, c’est une extase similaire, quand on se dit que rien ne peut être aussi bon.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le plat qui suit est une barigoule, faite d’agneau de Sisteron, d’artichauts violets et pommes de terre, pour lequel la question « rouge ou blanc » me semblait devoir être tranchée en faveur du rouge. Et j’eus raison.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le pan style="COLOR: red">Vacqueyras Domaine de la Garrigue A et L Bernard et Fils 1970pan> est assez excitant et enjôleur. Je l’apprécie hautement, alors que ma fille, pour qui j’avais ouvert ce vin, connaissant son intérêt pour cette appellation, ne comprend pas qu’on puisse ouvrir un vin vieux de cette commune. Elle se fit plaisir avec un pan style="COLOR: red">Château Figeac 1988pan> effectivement spectaculaire, avec d’intenses notes de framboise lui donnant une élégance charmante. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Le pan style="COLOR: red">Châteauneuf-du-Pape Pauljean propriétaire récoltant 1971pan> nous étonne tous par son caractère bourguignon. Seul le poivre insistant ramène dans sa région, mais ce Chateauneuf intriguant ravit le palais.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Celui dont j’attendais le plus, le pan style="COLOR: red">Côtes de Provence Rimauresq rouge 1990pan> me déçoit. Je ne retrouve pas l’exubérance de ce vin souvent apprécié, qui aurait dû le placer en premier dans l’association avec ce plat de sa région. Le classement de ce soir fut pan style="COLOR: blue">Dom Pérignon 1998, Figeac 1988, Chateauneuf du Pape 1971pan>. Si l’on devait classer mets ou vin, ce serait la truffe blanche sur un toast aillé qui devancerait le Dom Pérignon, car elle fut la plus belle truffe blanche de cette année. Le tour de chauffe est bien parti.pan>p>
<p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Au déjeuner du 25, le jambon pata negra se goûte sur un champagne Laurentpan style="COLOR: red"> Perrier Grand Sièclepan> qui a pan style="COLOR: red">au moins trente anspan>. Il a perdu près d’un tiers de son volume du fait d’un bouchon défaillant, et le risque est grand qu’il soit perdu. Il ne l’est pas, et l’on goûte même un fort agréable champagne à la bulle rare, mais dont le goût n’est pas dévié. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur des foies gras juste poêlés, j’ai pris l’habitude d’essayer des vins madérisés. Ici, c’est un pan style="COLOR: red">Puligny-Montrachet Ph. Meunier 1949pan> à la couleur sans ambiguïté : il est madérisé. Comme pour le champagne, j’ai le vin de secours, mais il n’y a pas de nécessité. L’accord est agréable et le vin aussi, même s’il ne faut pas en attendre des miracles. Après les vins blessés, pris en cave pour ne pas prolonger leur agonie, viennent des vins « normaux ». Sur un poulet de Bresse farci au foie gras, le pan style="COLOR: red">vin de l’Etoile Philippe Vandelle 1967pan> est un vin dont je suis amoureux fou. Blanc trèspan> pan>pur, au message très clair, qui donne en milieu de bouche une petite touche de pâte de fruit, il frappe par sa longueur et sa définition précise. J’aime ce vin qui m’entraîne dans des saveurs non coutumières. L’accord est beau, mais j’ai prévu aussi un pan style="COLOR: red">Château Léoville-Poyferré 1955pan>pour provoquer une autre sensation. Rouge assez léger, facile à vivre, très charmeur au nez, c’est un vin confortable.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">La tarte Tatin accueille un vin qui va rejoindre mon Panthéon. J’ai un amour infini pour le vin de Chypre 1845. Ce pan style="COLOR: red">Madère mis en bouteille en 1875pan> que je possède depuis plus de 25 ans est d’une perfection invraisemblable. Lui donner 100 points Parker serait l’insulter tant il survole tous les goûts que l’on peut imaginer. Très lourd en alcool, il évoque le café, un bois tropical, quelques traces infimes de griottes ou ananas. Sa pureté, son intégration sont touchants. Il est très différent du vin de Chypre, qui est sans doute plus précis quand le Madère est plus sensuel. Imaginer que le bouchon provient d’un arbre planté avant 1800, que le vin a été récolté quand l’automobile et l’électricité n’existaient pas, et lorsque la population mondiale excédait de peu la moitié de la population de l’Inde d’aujourd’hui est renversant. Ce vin, émouvant pour tous, est une pureté gustative inouïe, au-delà de tout ce qui peut se faire de plus grand. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Je n’ai pas pu m’empêcher de le finir le soir sur un reste de biche. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Quelle belle façon de conclure les repas de Noël.pan>p>
<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/madre1875.jpg" width="402" border="0" />p><p>étiquette postérieure / the label was printed laterp><p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/madre1875capsule.jpg" width="352" border="0" /> p><p> capsule originale et bouchon très ancien / original capsule and a very old cork.p>
<p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Descendre en cave pour choisir les vins de Noël est toujours une grande excitation. Tant de choix sont possibles. Tant de bouteilles me tendent les bras. J’essaie toujours de tenir compte aussi des bouteilles qui doivent être bues. Je ne m’attendais pas à un tir groupé d’une perfection absolue.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Sur des toasts au foie gras et du jambon pata negra, nous commençons par pan style="COLOR: red">Château Laville Haut-Brion 1948pan>. La bouteille n’avait pas d’étiquette. La capsule porte nettement le nom du château, et le bouchon est très lisible. Seule l’année est difficile à lire. Le 1 et le 9 sont clairs. Le troisième chiffre est plutôt un 4, et le quatrième est soit trois soit huit. J’opte pour 1948. Le niveau est très haut dans la bouteille, proche du goulot, la couleur est d’un jaune d’or, avec encore le vert de la jeunesse. Le nez est précis, charmant, très pâte de fruit d’agrumes. En bouche, le vin est d’une précision rare. L’acidité est forte. Les agrumes sont nombreux. Ce qui fascine, c’est la complexité associée à une énorme précision.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Nous passons à table, car le vin a été prévu pour le premier plat. C’est une pomme de terre à la crème de truffe et aux abondantes tranches d’une belle truffe. Le plat évoque les produits de la terre et le Laville lui donne un caractère aérien. Il me semble que je suis en train de tenir en bouche l’accord de l’année. Car tout est d’une subtilité invraisemblable. C’est la pomme de terre dans sa pureté qui conduit le Laville à étaler la structure de ses agrumes. Nous nageons dans le bonheur d’un raffinement ultime. La longueur du Laville 1948 est inextinguible. pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Ma femme a réalisé l’idéal que je demande aux plus grands chefs. Le filet de biche à la tendreté idéale est cuit sans sauce, dans son sang. Le navet est pur, sans aucune saveur accessoire. Et le pan style="COLOR: red">Château Mouton-Rothschild 1943pan> se fait biche quand il est bu avec la biche, et adopte une salinité intéressante quand il suit le navet. C’est un accord aussi éblouissant que le précédent. La bouteille à la jolie étiquette traditionnelle, sans les peintures qui ne commencèrent qu’en 1945 avec le fameux « V » de la victoire, avait un niveau de mi-épaule. A l’ouverture, le bouchon fort imprégné avait une acidité vinaigrée. Mais je décelais dans l’odeur un fond de velours et de douceur qui promettait que le vin serait au rendez-vous. Et il le fut d’une façon spectaculaire. Propulsé par la chair de la biche, ce vin précis, soyeux, a montré un équilibre, une définition pauillacienne parfaite qui impressionne. Il fait partie des grands Mouton que j’ai bus.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">La tâche allait être plus dure pour le vin invraisemblable que j’avais choisi. Un négociant Lafite et Cie est installé à Bordeaux. Il a une succursale à Bruxelles. Et là bas, il a imprimé des étiquettes de « château Yquem » et non pas « Château d’Yquem ». Et il appelle son Yquem « grand vin ». En plus, il écrit l’année à la main « cru 1921 ». Et cette bouteille qui a perdu beaucoup de son volume du fait d’un bouchon très rétréci est un sujet d’inquiétude. La couleur est belle, le nez est très agrume. Que va-t-il donner après avoir pris l’oxygène salvateur ? Le dessert consiste en des tranches de mangue juste poêlées sur une assiette, et des quartiers de pamplemousse sur une autre. Ces goûts très purs vont révéler la perfection de cet Yquem. Il est évident que c’est Yquem, et il est tout aussi évident que c’est pan style="COLOR: red">Yquem 1921pan>. Il a été embouteillé par un négoce belge comme cela se faisait fréquemment. Et nous avons la pureté absolue de l’Yquem 1921, presque parfaite, tant le niveau bas n’a pas affecté sa trame très précise. Un vin à la longueur infinie, au charme d’Yquem, mis en valeur pas des goûts sans complication. Le caramel est un peu moins présent que d’habitude, car les agrumes révélés par les desserts ; sont éblouissants.pan>p><p style="MARGIN: 0cm 0cm 6pt; TEXT-ALIGN: justify">pan style="FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Verdana">Il est impossible de classer ces trois vins tant ils sont différents. Ce qui me frappe, c’est que chacun fut la pure définition de ce qu’il devait être, même lorsque le niveau était signe de danger. Et la pureté clinique des recettes a favorisé les vins qui se complaisent de saveurs pures. L’accord le plus pur, c’est le Mouton 1943 sur la chair de la biche. Mais la pomme de terre crémée de truffe sur le Laville Haut-brion 1948, c’est d’un charme énigmatique renversant. Je n’aurais jamais parié que mes vins atteignent ces niveaux de perfection.pan>p>
<p>pan style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Verdana">pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/Mouton43.jpg" width="275" align="left" border="0" />pan style="FONT-SIZE: 10pt; COLOR: black; FONT-FAMILY: Verdana">pan>Le moment de remonter les vins de cave est toujours excitant car on est obligé de faire des choix.
Pour le 24 (ce soir) :
pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Laville Haut-Brion 1952 pan> pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Mouton Rothschild 1943 pan> pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Yquem 1921pan>. Cette bouteille est vraiment particulière. Etiquette de négoce, avec comme titre Chateau Yquem et non Chateau d'Yquem. Ensuite, négociant Lafite et Cie à Bordeaux (Gironde), mais il y a marqué aussi : Bruxelles. Et enfin, l'année 1921 est écrite à la main. Je pense que c'est vraiment Yquem 1921, mais mis en bouteille à Bruxelles par un négociant bordelais. Comme j'ai la mémoire d'Yquem 21, on va vérifier
Pour le 25 (midi) : pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Champagne Mumm 1937 pan> pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Laurent Perrier Grand Sièclepan> (très vieux) pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Puligny Montrachet Ph. Meunier 1949pan> (il a l'air complètement madérisé, mais sur un foie gras poêlé, ça peut marcher pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Vin de l'Etoile Philippe Vandelle 1967pan> (je suis un amoureux fou des vins de l'Etoile. ce sera sur une volaille crémée à la truffe) pan style="FONT-FAMILY: Verdana">Madère mis en bouteille en 1875pan>
Je ne sais pas si ce sera bon. Mais le fait de prendre ces vins en cave, c'est déjà une partie du plaisir.pan>p>
<p>La bouteille est sans étiquette. La capsule est bizarrement mise sur le goulot (sans doute relevée pour lire l'année). L'année est difficile à lire. J'ai commencé par lire 1952. Mais avec une loupe, j'ai déchiffré 1948.p><p>Un nez extraordinairement intense. Nous verrons.p><p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/Laville1948.jpg" width="336" border="0" /> p><p> p>
<p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/Yq21.jpg" width="273" border="0" />p><p>The label says "grand vin".p><p>Then, instead of writing "chateau d'Yquem", the label says : "chateau Yquem".p><p>The picture is really Chateau d'Yquem.p><p>The label concerns the Brussels susidiary of this "négociant", who put his name on the capsule.p><p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/capsYq21.jpg" width="362" border="0" /> p><p> The year is hand written and requires my trust. We will see !p>
<p>Si aujourd'hui, boire et conduire sont deux exercices qui s'excluent l'un l'autre, l'idée n'était pas la même en 1935, car on considérait alors qu'un digestif, c'est fait pour digérer !p><p>Voici un conseil qu'il ne faut plus suivre, évidemment.p><p>pace="5" src="https://www.academiedesvinsanciens.org/uploads/CopiedeCointrea.jpg" width="640" border="0" /> p><p> p>