<p>pan style="font-family: Verdana;">Décidément, les vins de la Romanée Conti ne me quittent plus. Sébastien, un fou de vin dijonnais, lance une invitation dont le thème est la Romanée Conti. Il coordonne les apports de chacun et l’ordre du jour est à la générosité. Le repas devant se tenir à Dijon, j’ai apporté il y a plus de deux semaines mes deux bouteilles au domaine de la Romanée Conti où Sébastien en a pris possession.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">La veille de l’événement, Sébastien m’envoie un mail où il déclare que pendant la séance des photos des bouteilles apportées, il a pu constater que le Richebourg 1942 que j’ai fourni est considéré par lui-même et un ami comme un faux. Instantanément j’envoie un mail de réponse avec des extraits des bulletins 89 et 216 dans lesquels j’ai raconté les bouteilles sœurs de celle-ci. L’une était fatiguée, l’autre splendide, mais aucune ne m’avait donné le moindre doute sur son authenticité. Il est vrai que sur l’étiquette il n’y a pas la mention des propriétaires, ce qui paraît étrange et sur lequel je reviendrai après la dégustation du vin.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Après ce mail qui me froisse un peu, je choisis une bouteille de complément, « pour le cas où ». Le lendemain matin, jour de la dégustation, j’arrive au pan style="color: #0000cc;">restaurant La Dame d’Aquitainepan> à Dijon, et je descends des marches pour me trouver dans une magnifique salle d’architecture gothique aux nombreux piliers qui soutiennent d’élégantes voûtes. La hauteur de plafond est très grande et l’atmosphère du lieu est engageante. Sébastien est en train d’aligner les bouteilles présentes pour des photos. Ma bouteille de La Tâche 1974 est alignée avec les autres mais la bouteille de 1942 est dans un casier de réserve. Je dis à Sébastien qu’il me paraît opportun de boire la 1942, ne serait-ce que pour un intérêt pédagogique : si elle est vraie, que conclure et si elle est fausse, que peut-on en dire ? Je sens Sébastien réticent et je lui réitère mon opinion sur les deux précédentes que j’ai bues, d’un lot que j’ai dû acheter il y a une vingtaine d’années.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Un de ses amis arrive, qui avait questionné le domaine sur la 1942. Il dit que dans une dégustation qui se veut sérieuse, on ne devrait pas l’ouvrir. Un peu agacé par cette réaction, je décide d’offrir à la dégustation un Richebourg 1953 de beau niveau, d’une année de grande réussite ce qui fait que mon apport sera : La Tâche 1974, Richebourg 1953 et Richebourg 1942 que je tiens à goûter au sein des autres vins.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Avec Sébastien, j’ouvre les bouteilles et lorsque je sors le bouchon du Richebourg 1942, il apparaît que le bouchon est bien de cette époque, qu’il a 1942 imprimé clairement visible et le mot « Richebourg » écrit comme on l’écrit au domaine. Voilà un élément qui conforte ma bouteille et Sébastien en convient.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">A onze heures débute dans la belle salle voûtée une dégustation verticale d’Echézeaux du domaine. Un ami signale que si cette dégustation démarre à onze heures, c’est qu’à ce moment précis nous entrons dans un jour fleur. Nous rions de cet à-propos. Sabine, propriétaire avec son mari du restaurant fait le service du vin en annonçant à haute voix celui qu’elle répartit. Elle aura accompagné notre parcours et nos facéties avec une bonne humeur digne d’éloges.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Christian, l’ami qui voulait refuser ma 1942 remet à tout le monde un document où nous devons marquer trois notes pour chaque vin : d’abord celle que nous donnerions, sur 20, sans avoir bu, en fonction de ce que nous attendons. La seconde note est celle du vin dégusté et la troisième est le classement du vin dans l’ensemble des vins de la journée. Nous sommes douze et il y a 29 vins à boire. Aurons nous la force de noter au final ? L’avenir le dira mais l’idée est intéressante.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1989pan> a une couleur trouble assez évoluée. Le nez est un peu dévié, amer. La bouche est opulente. Le vin est plus riche que ce que je pensais. Il est nettement meilleur que ce que le nez annonce. Il a une belle acidité, mais il commence à décliner. On note une torréfaction. Il est beaucoup plus évolué qu’il ne devrait et lorsqu’on y revient plus tard, le vin décline.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2003pan> a un nez très fenouil, très végétal. Le vin est jeune, gourmand. Il est généreux, au final poivré. Ce vin tue le pauvre 1989 qui est trop évolué. Tout au long de cette dégustation des Echézeaux, des amis vont signaler le côté gibier des vins, pour presque tous. Je ne partage pas cette analyse pour le 2003 que je trouve végétal, au final de cassis.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2005pan> a une couleur assez claire. Le nez est de menthe et d’anis. Avec lui je perçois le côté gibier suggéré par les amis. La bouche est assez dure et marquée par une certaine sécheresse, mais ce vin a un gros potentiel. Il faut qu’il devienne moins rugueux et il sera grand.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2006pan> a une couleur grenat. Le nez de ce vin est absolument magique. Il est élégant, velouté, capiteux. Une merveille de nez. En bouche, le vin est élégant avec un léger manque de puissance. C’est un vin de plaisir que j’adore. Il est vraiment DRC.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2007pan> a une couleur très claire et le nez laisse apparaître le gibier. La bouche est agréable, un peu modeste. On sent ses limites. C’est un vin qui ne me parle pas et je suis gêné par son côté gibier.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2008pan> a un nez jeune qui sent le soufre. La bouche est goûteuse, gourmande. C’est bon. Le vin est jeune et minéral, pas encore positionné, mais c’est un vin de plaisir. Il est agréable à boire maintenant et c’est assez difficile de prédire son futur. Il me semble gourmand et gastronomique.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’pan style="color: red;">Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 2009pan> a une couleur plus sombre. Le vin est plus dense. On sent le cassis et le poivre. La bouche est puissante, envahissante. Le final est plus discret. Il a la sécheresse du 2005 mais il est plus élégant. Il est beau mais son final est un peu court.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Plutôt que de noter ces sept vins au sein des 29 vins, j’ai jugé plus prudent de les classer entre eux et ce sera dans l’ordre de préférence : pan style="color: #0000cc;">2006, 2008, 2009, 2005, 2003, 2007, 1989pan>. J’ai pu constater que mes amis ont des votes différents entre eux.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Nous faisons une pause pendant que notre table se prépare pour le déjeuner. Mon ami Florent a apporté deux champagnes et le sauternes. Il me sert le pan style="color: red;">Champagne Dom Pérignon rosé 1985pan> et ma réaction est instantanée : ce vin sent le Paris-brest. Et tout le monde en convient. C’est incroyable que ce champagne soit aussi nettement Paris-brest. Mais il l’est aussi en bouche ce qui est encore plus incroyable. Alors mon cerveau est totalement possédé par cette image. Plus tard, je sentirai de la truffe blanche. Nous allons différer Florent et moi, car je pense que ce goût atypique est une déviation de ce que devrait être ce rosé. Florent n’est pas d’accord. Mes amis ont aimé ce champagne plus que je ne l’ai aimé. Le champagne réagit bien à un amuse-bouche au ris de veau.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Champagne Krug 1989pan> de Clément a beaucoup plus de tension et de précision. Il est très agréable, à la bulle forte. Le pan style="color: red;">Champagne Henriot Brut Souverain magnum 1949pan> est absolument délicieux. Il a la perfection de l’année 1949, une des plus belles en Champagne, et il a le charme fou des champagnes anciens. Sa bulle est discrète mais le perlant est là. Sa force vient de sa conservation en magnum. La douceur est d’une élégance rare. C’est un pur régal.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le menu conçu par pan style="color: #0000cc;">Laurent Perrigueypan> est : tartare de Saint-Jacques à l’huile de truffe, copeaux de parmesan et mesclun / foie gras de canard poêlé aux légumes oubliés / barrette de thon mi-cuit, crumble de chorizo et grué de cacao / déclinaison de porcelet, la côte en juste température, le carré confit et le pied en cromesquis / crépinette de queue de bœuf et joue de bœuf, purée de rattes / plateau de fromages / assortiment de sorbets poire Williams, pêche de vigne, yuzu et mirabelle.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Bourgogne Hautes Côtes de Nuits blanc mis en bouteille par DRC 2009pan> a un nez de vin très jeune. On sent le beurre et le toast, voire un peu de noisette. C’est un vin un peu limité.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Montrachet Domaine de la Romanée Conti 2001pan> a un nez diabolique de richesse et d’évocation. Ce nez est à se damner. Ce montrachet n’est pas très puissant par rapport à d’autres du domaine et ça lui va bien, car il joue sur l’élégance et la discrétion. Dans le brouhaha, car notre joyeuse équipe est assez dissipée, j’essaie de me recueillir sur un accord de première grandeur, voire de folie. Car l’huile des coquilles est parfumée à la truffe blanche et trouve un écho incroyable dans ce vin splendide. C’est un moment merveilleux de ce repas. C’est totalement sublime.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Corton Prince Florent de Mérode Domaine de la Romanée Conti 2009pan> a un nez de vin jeune, un peu imprécis. Mais en bouche, c’est une belle surprise, car il est beaucoup plus riche que ce qu’on attendrait. J’ai une bonne relation avec ce vin. Le pan style="color: red;">Vosne-Romanée 1er cru Cuvée Duvault-Blochet Domaine de la Romanée Conti 2002pan> servi en même temps que le Corton fait beaucoup plus faible. Toutefois, et c’est cela la magie de la gastronomie, il trouve une alchimie avec le goûteux foie gras qui crée un accord fabuleux.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Sébastien, par prudence, fait servir maintenant les deux 1961 pour que nous ayons toute notre lucidité pour les apprécier. Les deux vins sont noirs et donneront des sensations un peu torréfiées. pan style="color: red;">La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1961 pan>est très vivante et la pan style="color: red;">Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti 1961pan> est magique de complexité. Le côté torréfié est commun aux deux. Nous sommes face à deux très grands vins, car toutes les complexités sont là, mais en revenant sur eux après la série des Richebourg, j’ai noté dans mes verres une fatigue qui ne devrait pas exister.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">La pan style="color: red;">Romanée Saint-Vivant Marey-Monge Domaine de la Romanée Conti 2004pan> est superbe et très étonnante après les deux 1961, car elle les snobe de sa jeunesse. J’aime beaucoup sa subtilité. Le pan style="color: red;">Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1997pan> est beaucoup plus vieux que ce que son année devrait donner. Il n’est pas très intéressant.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">C’est maintenant qu’apparaissent les trois Richebourg dont un est affirmé faux par Sébastien et Christian. La surprise n’en est que plus agréable, car le pan style="color: red;">Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1942pan> a le nez d’un vin du domaine et d’un vin de cette époque. Il est très conforme à ce qu’on attend d’un Richebourg du domaine. Le pan style="color: red;">Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1953pan> est lui aussi très DRC, et j’en jouis avec plaisir, heureux de l’avoir rajouté pour qu’il serve de témoin au 1942. Et le pan style="color: red;">Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1975pan> ajouté par Sébastien est nettement meilleur que ce qu’on peut imaginer de cette année faible. Je l’aime beaucoup. Ces trois Richebourg sont superbes, très DRC et je classe pour moi : pan style="color: #0000cc;">1942, 1953 et 1975pan>.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">pan style="color: red;">La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1997pan> est un très beau vin que je trouve un peu conventionnel, surtout après les émouvants Richebourg, qui surclassent à mon sens les deux 1961.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">pan style="color: red;">La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1974pan> est aussi un très beau vin du domaine. Il n’a pas de signe de fatigue. Il est quand même en dessous des deux Richebourg que j’ai aussi apportées. pan style="color: red;">La Tâche Domaine de la Romanée Conti 2007pan> est un vin agréable mais qui donne relativement peu d’émotion après les vins plus canoniques.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Nous buvons un vin mystère de Sébastien et j’avoue que pan style="color: red;">« Le Vin le plus simplement » domaine Van Berg à Meursault 2006 pan>n’a pas laissé de trace dans ma mémoire tant une myriade d’étoiles des vins du domaines valsaient dans mon cerveau.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Champagne Heidsieck Monopole « Red Top », goût américain vers 1930pan> est superbe, plus sec que ce que suppose le goût américain. Il est très beau mais nettement moins vibrant que le Heidsieck 1907 gardé cent ans dans des eaux de la mer du Nord. Mais c’est un grand vin.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Château Suduiraut Sauternes 1928pan> est comme toujours une merveille de précision. C’est un de mes chouchous du sauternais et c’est pour cela que Florent l’a apporté. D’une couleur acajou, bien gras, c’est un vin de bonheur.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Le pan style="color: red;">Marc de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti 1991pan> est à la pan style="color: red;">Fine de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti 1991 pan>ce que le vin jaune du Jura est au vin blanc de Bourgogne. Le côté interlope, canaille du marc est un bonheur coupable, car il fauche comme des blés nos restes de lucidité.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">L’ambiance du repas a été joyeuse, parfois estudiantine. Sabine a été une hôtesse parfaite et son mari Laurent a fait une cuisine remarquable. Si je classe ce qui n’est pas vin rouge, ce sera : pan style="color: #0000cc;">1 – Montrachet DRC 2001, 2 – Champagne Henriot 1949, 3 – Suduiraut 1928, 4 – Marc 1991pan>.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Si je classe les vins rouges, ce sera pan style="color: #0000cc;">1 – Richebourg 1942, 2 – Richebourg 1953, 3 – La Tâche 1961, 4 – Romanée Conti 1961pan>. Le fait de classer premiers deux de mes vins peut paraître puéril ou provocateur, car souvent, je regarde mes vins avec les yeux de Chimène. C’est indéniablement pour le goût que je fais ce classement et cela donne l’occasion de réfléchir au problème des faux. Si l’on est capable de faire un faux 1942 (grands dieux, pourquoi cette année) avec la typographie exacte du domaine, pourquoi oublierait-on d’indiquer les noms des propriétaires. Comme le bouchon est d’origine, comme le goût est celui d’un Richebourg du domaine (personne n’a crié au faux en le goûtant et je n’ai eu que des compliments), je m’entretiendrai avec le domaine sur une hypothèse que je risque : c’est en 1942 qu’Henri Leroy achète les parts des Chambon dans la société civile du domaine, selon ce que j’ai lu. Quelqu’un au domaine aurait pu demander à l’imprimeur d’étiqueter des bouteilles sans que les noms des propriétaires n’apparaissent, puisqu’ils changeaient. C’est peut-être une hypothèse fausse. Mais elle a plus de consistance pour moi qu’un faux, qui pourrait se mesurer à égalité avec deux Richebourg du domaine, dont on ne voit pas l’objet quand il a été fait.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Plutôt que d’envisager un faux dont la logique n’est pas évidente je préfère, pour cette époque, croire à une initiative dont on n’aura pas gardé la trace, puisque les archives n’ont pas été conservées. C’est peut-être de l’optimisme, mais fondé sur les résultats de la dégustation.
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<p>pan style="font-family: Verdana;">Ceci étant mis à part, ce fut un moment extraordinaire, grâce à Sébastien et à la générosité de tous. Nous avons bu des grands vins, émouvants, avec une cuisine exacte en un lieu prestigieux. Mon compteur a maintenant une marque de 350 vins du DRC bus depuis 12 ans, en 74 millésimes. Même si je ne peux pas me prétendre expert des vins du domaine, j’en ai maintenant une certaine accoutumance.
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<p>It really begins to look like I cannot escape the wines from the Romanée Conti. Sébastien, a wine enthusiast from Dijon, is inviting people for a lunch based on the theme of the Romanée Conti. He coordinates everyone’s contributions and generosity is the word of the day. Since the meal is to take place in Dijon, I delivered my two bottles two weeks ago to the Domaine de la Romanée Conti where Sebastien collected them.p>
<p>The day before the event, Sébastien sends me an email in which he states that during the photo session of the bottles brought by the participants, he was able to observe that the 1942 Richebourg I provided was apparently a counterfeit bottle, according to him and a friend of his. I immediately send an answer by email with extracts from some of my reports (numbers 89 and 216) in which I narrated the adventures of the sister bottles of this one: one was exhausted, and the other beautiful, but neither gave me the slightest doubt about their authenticity. It is true that on the label there is no mention of the owners, which seems odd, but I will come back to this point after the tasting.p>
<p>After this mail that offends me a bit, I choose an alternative bottle—just in case. The next morning, on the day of the tasting, I arrive at pan style="color: #0000cc;">La Dame d’Aquitaine in Dijonpan>, and walk down a flight of stairs to find myself in a magnificent room in the style of Gothic architecture, with many pillars that support elegant arches. The ceiling height is impressive and the atmosphere of the place is engaging. Sébastien is in the process of aligning the bottles to take photos. My bottle of 1974 La Tâche is aligned with the others, but the 1942 bottle is kept on the side in a plastic crate. I tell Sébastien that it seems appropriate to drink the 1942, if only from an educational point of view: if it is authentic, what should we make of it? And if it is counterfeit, what can we say about the wine? I sense that Sébastien is a bit reluctant and I reiterate my opinion on the other two bottles that I drank, all from the same lot that I probably bought some twenty years.p>
<p>One of his friends arrives, who has apparently asked the domaine about the 1942 bottle. He says that in a tasting that aspires to be serious, it should not be served. I am a little upset by this reaction, and I decide to contribute another bottle to the tasting, a 1953 Richebourg with a beautiful level from a highly successful vintage. As a result, my contribution will be: 1974 La Tâche, 1953 Richebourg and 1942 Richebourg which I insist I want to taste along with the other wines.p>
<p>With Sébastien, I open the bottles and as I uncork the 1942 Richebourg, it appears that the cork is indeed from that time period, with « 1942″ and the word « Richebourg » clearly printed on it as is traditional at the domaine. This element seems to confirm the authenticity of my bottle, and Sébastien agrees.p>
<p>At eleven, in the beautiful vaulted room, we begin a vertical tasting of the Echézeaux of the domaine. A friend points out that if the tasting starts at eleven, it is because at that very moment, we enter a « flower day » in the biodynamic calendar. The coincidence makes us smile. Sabine, co-owner of the restaurant with her husband, proceeds to serve the wines, announcing each of them out loud. She will accompany our journey and our antics with very commendable good humor.p>
<p>Christian, the friend who wanted to reject my 1942, hands everyone a document on which we need to give three grades to each wine: first the grade that we would give to the wine out of 20, without having tasted it, according to our expectations; the second grade is for the tasting of the wine properly speaking; and the third is the ranking of the wine among the bottles of the day. There are twelve participants, and 29 wines to drink. Will we have enough strength to give grades in the end? Time will tell, but the idea is interesting.p>
<p>The pan style="color: red;">1989 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> is of a hazy, relatively evolved colour. The aromas are deviated somewhat, with a certain bitterness. In the mouth, it is opulent. The wine is richer than I thought. It is much better than what the nose promises. It has nice acidity, but it begins to decline. There are also roasted aromas. It is much more evolved than it should be, and when we come back to it a bit later, the wine is indeed declining.p>
<p>The pan style="color: red;">2003 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> has a very fennelly, vegetal aroma. It is a young and tasty wine, generous and with a peppery finish. It delivers the final blow to the poor 1989 that is far too evolved. Throughout this tasting of Echézeaux, our friends will point out the gamey flavour of almost all of the wines. I do not share this point of view for the 2003 which I find more vegetal, with a blackcurrant finish.p>
<p>The pan style="color: red;">2005 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> has a fairly light colour. The aromas evoke mint and aniseed. Here I can perceive the gamey flavour that our friends mentioned. The mouth is rather severe and has a certain dryness to it, but this wine has great potential. If it loses some of its roughness, it will become great.p>
<p>The pan style="color: red;">2006 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> is of a garnet colour. The aromas of this wine are absolutely magical. It is elegant, velvety, intoxicating—a wonder of a scent. On the palate the wine is elegant with a slight lack of power. This is a pleasure wine and I love it. It is DRC for sure.p>
<p>The pan style="color: red;">2007 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> has a very light colour and the smell evokes game. In the mouth it is pleasant, somewhat unassuming. It clearly has limits. This wine does not speak to me and its gamey flavour hinders my tasting pleasure.p>
<p>The pan style="color: red;">2008 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> has a young, sulfurous smell. In the mouth it is tasty and flavourful. This is good. The wine is young and mineral, and has not settled yet, but it is a pleasure wine. It is pleasant to drink now and it is pretty hard to predict its future. It strikes me as a tasty and gourmet wine.p>
<p>The pan style="color: red;">2009 Echézeaux Domaine de la Romanée Contipan> is of a darker colour. The wine is denser, and evokes blackcurrant and pepper. On the palate it is powerful and mouth-filling, and with a more discreet finish. It has the typical dryness of 2005 wines, but it is more stylish. It is beautiful but its finish is a bit short.p>
<p>Rather than ranking these seven wines among the group of 29, I think it would be wiser to classify them separately, in order of preference: pan style="color: #0000cc;">2006, 2008, 2009, 2005, 2003, 2007, and 1989pan>. I notice that my friends’ rankings differ from each other.p>
<p>We pause while our table gets ready for lunch. My friend Florent has brought two champagnes and the Sauternes. He pours me the pan style="color: red;">1985 Champagne Dom Perignon Rosépan> and I instantly react—this wine smells like a Paris-Brest cake. And everyone agrees. It is amazing that this champagne can be so evocative of Paris-Brest. But it does too in the mouth, which is even more incredible. My brain becomes totally obsessed with this association. Later, I will find white truffle aromas in this champagne. Florent and I will not see eye to eye on this, because I believe this unusual flavour is a deviation from what this rosé should be. Florent does not agree. My friends appreciate this champagne more than I do. It pairs well with an appetizer based on sweetbreads.p>
<p>The pan style="color: red;">1989 Champagne Krugpan> brought by Clément has much more power and accuracy. It is very pleasant, with a strong bubble. The pan style="color: red;">1949 Champagne Henriot Brut Souverain Magnumpan> is absolutely delicious. It has the perfection of the 1949 vintage—one of the finest for Champagne—and it has the enticing charm of old champagnes. Its bubble is subdued but still present. It gets its strength from the magnum format. It is sweet and of rare elegance—a pure delight.p>
<p>The menu designed by pan style="color: #0000cc;">Laurent Perrigueypan> includes: tartare of scallops in truffle oil, parmesan shavings and mixed salad / pan-fried medallion of duck foie gras with ancient root vegetables / strip of seared tuna, chorizo crumble and pan style="font-family: Cambria Math;">pan> cocoa nibs / variations on the suckling pig: slow-cooked chop, confit rack, and trotter in a croquette / flat sausage of oxtail and beef cheek, mashed ratte potatoes / cheese platter / a selection of sorbets: Williams pear, wild peach, yuzu and plum.p>
<p>The pan style="color: red;">2009 Bourgogne Hautes Côtes de Nuits Blancpan>, bottled by the DRC, has the aromas of a very young wine. It smells of butter and toast, and a little bit of hazelnut. This is a somewhat limited wine.p>
<p>The pan style="color: red;">2001 Montrachet Domaine de la Romanée Contipan> has fiendishly rich and evocative aromas. It is to die for. This Montrachet is not very powerful compared to others from the domaine and that suits it quite well because it is all about elegance and discretion. Amidst the hubbub caused by our unruly and joyful team, I try to collect myself and appreciate a first-rate, almost insane pairing: the oil that comes with the scallops is flavoured with white truffle and finds an incredible echo in this splendid wine. It is a wonderful, absolutely sublime moment of the meal.p>
<p>The pan style="color: red;">2009 Corton Prince Florent de Mérode Domaine de la Romanée Contipan> has the slightly imprecise smell of a young wine. But on the palate, it is a nice surprise, because it is much richer than could be expected. I have a good relationship with this wine. The pan style="color: red;">2002 Vosne-Romanée 1er Cru Cuvée Duvault Blochet Domaine de la Romanée Conti pan>served alongside the Corton appears a much weaker wine. However, thanks to a little bit of haute cuisine magic, it develops a chemistry with the tasty foie gras and creates a fabulous pairing.p>
<p>Sébastien, as a precautionary measure, now asks both 1961 to be served when we are still level-headed enough to appreciate them. Both wines are black and produce light roasted aromas. The pan style="color: red;">1961 La Tâche Domaine de la Romanée Contipan> is very much alive and the pan style="color: red;">1961 Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti pan>is of magical complexity. They share this roasted flavour. We have two great wines here, in all their complexities, but as I come back to them after the Richebourg flight, I notice in these wines a certain exhaustion that should not be there.p>
<p>The pan style="color: red;">2004 Romanée Saint-Vivant Marey-Monge Domaine de la Romanée Contipan> is superb and very surprising after the two 1961 bottles, giving them the cold shoulder in all its youthful glory. I love its subtlety. The 1997 Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti is much older than its vintage should produce. It is not very interesting.p>
<p>It is then that we come face to face with the three Richebourgs, once of which Sébastien claims is counterfeit. That makes it even more delightfully surprising, for the pan style="color: red;">1942 Richebourg Domaine de la Romanée Contipan> has the aromas of a wine from the domaine and from this period. It is quite consistent with what you would expect from a DRC Richebourg. The pan style="color: red;">1953 Richebourg Domaine de la Romanée Conti pan>is also very DRC, and I greatly enjoy it. I am happy to have added it to today’s list so that it could serve as a supporting witness to the 1942. And the pan style="color: red;">1975 Richebourg Domaine de la Romanée Contipan> that Sébastien also adds to the list is much better than you can imagine from this weak vintage. I love it. These three Richebourgs are great wines, typical of the DRC, and I would rank them as follows: 1942, 1953 and 1975.p>
<p>The pan style="color: red;">1997 La Tâche Domaine de la Romanée Contipan> is a beautiful wine that I find a bit safe, especially after the very moving Richebourgs, which I believe outperformed both 1961 wines.p>
<p>The pan style="color: red;">1974 La Tâche Domaine de la Romanée Contipan> is also a beautiful wine from the domaine, showing no sign of tiredness. It is however below the two Richebourgs that are also my contribution. The pan style="color: red;">2007 La Tâche Domaine de la Romanée Contipan> is a pleasant wine but it creates relatively little emotion after more canonical wines.p>
<p>We drink a mystery wine that Sébastien serves us and I have to admit that the pan style="color: red;">2006 « Le Vin le Plus Simplement » Domaine Van Berg from Meursaultpan> barely leaves a trace in my memory as a myriad of shining wine stars dance inside my brain.p>
<p>The pan style="color: red;">1930 or thereabout Champagne Heidsieck Monopole « Red Top » Goût Américainpan> is superb and drier than what the « American taste » suggests. It is very beautiful but much less vibrant than the 1907 Heidsieck that was left dormant in the waters of the North Sea for a century. But this is a great wine.p>
<p>The pan style="color: red;">1928 Château Suduiraut Sauternespan> is a precision marvel, as always. This is one of my darlings from the Sauternes region and this is why Florent brought it today. It is of a mahogany colour and very fat—a wine of happiness.p>
<p>The pan style="color: red;">1991 Marc de Bourgogne Domaine de la Romanée Contipan> is to the pan style="color: red;">1991 Fine de Bourgogne Domaine de la Romanée Conti pan>what vins jaunes from the Jura are to white wines from Burgundy. The rakish, cloak-and-dagger side of the marc is a guilty pleasure, reaping whatever clear-sightedness we still have left.p>
<p>The atmosphere of the meal is joyful, sometimes reminiscent of a group of students. Sabine is a perfect hostess and her husband Laurent produces remarkable dishes. If I rank everything that is not red, it would be: pan style="color: #0000cc;">1 – 2001 Montrachet DRC; 2 – 1949 Champagne Henriot; 3 – 1928 Suduiraut; 4 – 1991 Marcpan>.p>
<p>If I rank the red wines, it would be: pan style="color: #0000cc;">1 – 1942 Richebourg; 2 – 1953 Richebourg; 3 – 1961 La Tâche; 4 – 1961 Romanée Contipan>. It could seem a bit childish or provocative to place two of my wines in the top two, for I frequently look upon my wines with great fondness. But undoubtedly I rank them as such based on the taste, and this gives us the opportunity to ponder on the problem of counterfeiting. If one is able to produce a counterfeit 1942 (but good gods, why this particular year?) with the exact typography of the domaine, why would one forget to indicate the names of the owners? Since the bottle has an original cork, and it tastes like a Richebourg from the domaine (there was no cries of outrage when tasting it and I had nothing but compliments about it), I will have a talk with the domaine about a hypothesis that I dare suggest: according to what I have read, it is in 1942 that Henri Leroy buys the Chambon shares in the Civil Society of the domaine. Someone from the domaine could have asked the printer to label some bottles without indicating the names of the owners, since they were changing. This may be a false assumption. But it has more substance to me than the possibility of a counterfeit that could compete on equal footing with two Richebourgs from the domaine and whose purpose seems quite a bit obscure.p>
<p>Rather than considering a fake bottle whose logic does not seem obvious, I would rather believe in a spur-of-the-moment initiative which would not have been recorded since no records have been kept. This may be optimistic, but based on the results of the tasting.p>
<p>That put aside, it was an extraordinary moment, thanks to Sébastien and everyone’s generosity. We drank great, moving wines, paired with precise cooking and in a prestigious location. There are now 350 wines on my DRCometer, drunk over the last 12 years, encompassing 74 vintages. Even if I cannot call myself an expert on the wines of the domaine, I now have at least a certain addiction to them.p>
<
p>Mon ami Tomo continue de
promener son grou
pe de ja
ponais dans tous les restaurants de la ca
pitale. Le dernier dîner de leur séjour sera au
pan style="color: #1d02be;">restaurant Garancepan> et Tomo me demande de me joindre à eux. Tous les vins seront de la cave du restaurant ou de la cave de Tomo. Nous serons neuf car trois ja
ponaises viennent grossir le contingent que nous formions au restaurant Taillevent il y a
peu de jours. L’une est sommelière dans un restaurant de Sens, une autre est journaliste et conseillère en communication à
Paris et à Tokyo et la troisième est l’attachée de
presse du restaurateur de Tokyo. Je serai le seul non ja
ponais de la table.
p>
<
p>Nous commençons, sur la suggestion de Guillaume Muller
par le
pan style="color: red;">Champagne Cuvée 736 Jacquesson extra-brutpan>. Il ne faut
pas longtem
ps
pour se rendre com
pte que ce cham
pagne n’est
pas dosé. Il est en effet assez abru
pt, mais j’aime beaucou
p sa
personnalité affirmée. Il est jeune et très judicieusement, de fines tranches de magret bien grasses atténuent sa fougue.
p>
<
p>Le moment est venu de goûter deux cham
pagnes assez exce
ptionnels. Le
pan style="color: red;">Champagne Moët & Chandon Brut Impérial 1966pan> ex
plose en bouche d’arômes innombrables, comme les gigantesques boules d’un feu d’artifice. On dirait un bouquet tout rond de saveurs infinies. La sommelière évoque le bonbon au miel et c’est très vrai. J’y ajoute le
picotement du
poivre et un bouquet de fruits exotiques. Alors que le Moët 1966 est tout en rondeur, le
pan style="color: red;">Champagne Dom Pérignon 1966pan> est tout en
profondeur. Très riche, lourd de sens, il laisse une trace en bouche qui est comme un sillon de bonheur. Ce cham
pagne est beaucou
p grand que le Moët mais ne lui fait
pas ombrage. Les deux sont délicieux, très différents, le Moët dans des notes très colorées et généreuses, le Dom
Pérignon dans la
profondeur, dans la noblesse et l’élégance. J’ai toujours eu un amour
particulier
pour Dom
Pérignon 1966. Celui-ci est brillant et c’est sans doute le
plus sérieux de ceux que j’ai bus. Avec le Brut Im
périal, je me demande toujours comment fait Moët
pour réussir des vins de cette richesse. La matière de ces deux cham
pagnes est beaucou
p plus brillante que celle du Jacquesson.
p>
<
p>Sur la brioche à la crème, le Moët est à son aise et sur des dés de veau cru au raifort, le Dom
Pérignon est
parfait. Lorsque l’on
prend avec du
pain la sauce au
parmesan, l’accord avec le Moët est diabolique.
p>
<
p>Le
pan style="color: red;">Château Mouton d’Armailhacq 1934pan> est bien fatigué. Il ex
pose une acidité assez
prégnante qui gêne le
plaisir. Le lieu jaune, absolument divin arrive à le réveiller et comme j’ai la chance qu’on me serve le fond de la bouteille je
peux
prendre conscience de la richesse de trame de ce vin car l’acidité n’a
pas touché la lie, riche et truffée.
p>
<
p>Lorsque j’étais arrivé, Tomo était en train de se battre avec le bouchon du
pan style="color: red;">Château Montrose 1959pan>. J’ai
pris les choses en main, car j’adore ça,
pour sortir le bouchon tout déchiqueté sans qu’aucune brisure ne tombe dans le liquide. Tomo était
peu o
ptimiste
pour ce vin et il a tort, car c’est un très beau Montrose,
peut-être légèrement coincé et un
peu sim
plifié, mais c’est un vin
plaisant, riche au message très droit. Je l’ai beaucou
p aimé. Le lieu jaune s’accorde à merveille avec ce vin. C’est le
plus beau
plat du dîner.
p>
<
p>Le
pan style="color: red;">Musigny domaine Comte Georges de Vogüé 1967pan> est d’une couleur d’un rose fané. Le vin est un
peu trouble. En bouche, on a un vin qui n’est
pas désagréable, mais qui n’est
pas ce que
peut donner le domaine de Vogüé. Alors, on est un
peu déçu.
p>
<
p>Fort heureusement, le
pan style="color: red;">Musigny domaine Jacques Prieur 1967pan> rattra
pe la mise. Au nez et à l’attaque en bouche, il a des accents de vins de la Romanée Conti. C’est à cause de sa trace saline. Résolument bourguignon, ce vin me
plait beaucou
p. Il est de 1967, ce qui limite un
peu sa
puissance. Mais il est
plaisant. Sur l’agneau servi en deux services les deux vins se com
portent bien, surtout sur la
première
partie.
p>
<
p>Tomo me demande la couleur du vin que j’aimerais goûter maintenant. J’aimerais bien un vin rouge charnu. Le vin est goûté à l’aveugle et je me trom
pe de région, car ce vin très équilibré, sans as
périté a
pparente
pourrait
provenir de
plusieurs régions. J’ai eu en tête Haut-Brion mais c’est en fait un
pan style="color: red;">Chateauneuf-du-Pape Henri Bonneau Cuvée Spéciale 1998pan>. Il n’y a eu que 2.200 bouteilles de cette cuvée dont Tomo me dit qu’elle n’a été faite qu’en 1990 et 1998. Le vin est o
pulent, d’un équilibre rare. On a du mal à le cerner, tant tout est intégré, lissé,
policé. C’est un beau grand vin sur
prenant. Je l’aime beaucou
p. Nous le buvons sur une tomme de Savoie un
peu forte
pour lui.
p>
<
p>Nous finissons notre
parcours avec un
pan style="color: red;">Château Rieussec 1958pan> à la magnifique couleur, agréable, mais qui demanderait à s’étoffer de quelques heures d’aération avant de le déguster.
p>
<
p>Le service est amical et attentionné, les
plats sont d’une grande justesse. Si l’agneau en deux services est un régal, la deuxième
partie étant d’une gourmandise rare, c’est le lieu jaune que j’ai trouvé le
plus raffiné. La
palme à l’innovation vient de la viande crue au raifort avec la crème de
parmesan. C’est une belle idée. La bouteille qui émerge, et de loin, est le Dom
Pérignon 1966 magnifique, suivie du vin d’Henri Bonneau 1998 et du Moët 1966.
p>
<
p>Tous les vins n’étaient
pas
parfaits, mais ce qui com
pte c’est le voyage que nous avons faits dans le tem
ps, avec des convives attentifs, dans une ambiance multilingue joyeuse. Merci Tomo.
p>
<
p>
p>
<
p>
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p>
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p>
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p>
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p>
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p>
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