Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.
Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.
Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.
Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.
C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.
Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.
Par le biais d’un ami archéologue, nous invitons des personnes qui sont en charge de la conservation d’objets antiques. L’une est française et l’autre italienne. Pour l’apéritif j’ai ouvert un Champagne Dom Pérignon 1993. J’ai toujours eu un faible pour cette année considérée comme faible, car elle est apparue entre 1990 et 1996 deux années brillantes. Mais Dom Pérignon réussit les années faibles, comme le fait le Domaine de la Romanée Conti.
Le bouchon est de très belle qualité. Il n’y a aucun pschitt à l’ouverture ce qui est étonnant. Le champagne est de belle couleur, n’a pratiquement plus de bulle mais a un joli pétillant.
En bouche, il a l’exquise rondeur des champagnes anciens. Sur la poutargue, ce Dom Pérignon est parfait. Notre invitée italienne tombe amoureuse de cette poutargue au goût si intense et percutant.
Nous avons longuement discuté avec ces personnes passionnantes. Il est envisagé que nous nous revoyions.
Nous recevons deux personnes qui s’occupent, à Marseille, de la gestion des ressources archéologiques sous-marines au DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, basé à Marseille). Autour d’un repas très simple, j’ai prévu de leur faire goûter un Champagne Dom Pérignon 1993.
Il est intéressant de constater que lorsque le 1993 a été mis sur le marché, peu de gens s’y sont intéressés, car il s’inscrivait dans une succession de grandes années pour Dom Pérignon : 1988 et 1990 avant lui, puis 1995 et 1996. Mais avec l’âge, ces années prétendument petites se révèlent extrêmement intéressantes. Ce Dom Pérignon a une grâce, une légèreté et une douceur absolument charmantes, qui en font un champagne de grande qualité.
Pendant nos vacances dans le sud de la France, nous avons reçu presque tous nos enfants et petits-enfants, à de très rares exceptions près. La dernière à nous rejoindre, en fin de séjour, est l’une de nos petites-filles, âgée de 19 ans. Elle s’est peu à peu acclimatée aux vins anciens, sans que je fasse quoi que ce soit pour lui imposer ce genre de dégustation.
Ce soir-là, j’ai envie d’ouvrir un Champagne Moët & Chandon Brut Impérial 1971. Le millésime 1971 est grand dans de nombreuses régions. Ce qui est absolument frappant, c’est que ce champagne est grand, puissant, large, et offre un plaisir de dégustation considérable. Comme quoi les Moët & Chandon Brut Impérial anciens sont des valeurs sûres, ce que l’on ne soupçonnerait pas pour un vin produit en aussi grandes quantités. Ma petite-fille l’a beaucoup apprécié, sur la poutargue, le saucisson des rillettes et mille autres petites choses.