dîner à Miami dans un restaurant italien mercredi, 21 janvier 2026

Avec ma femme, nous partons à Miami passer près de trois semaines auprès de notre fils. Sarah, la plus fidèle participante de mes dîners vit à Miami. Elle m’invite à un dîner avec des amis qui sont des chevaliers du Tastevin comme elle et avec d’autres amis.

Le matin, elle vient me demander comment organiser les vins de sa cave qu’elle a choisis et l’ordre des plats. Le soir nous nous retrouvons à sept dans le restaurant italien Portosole à Coral Gables.

Sur du caviar Malossol très plaisant nous buvons un Champagne Philippe Gonet Signature Blanc de Blancs sans année. Ce champagne de Mesnil-sur-Oger a une belle finesse pointue et un jolie personnalité.

J’ai apporté un Champagne José Dhondt Blanc de Blancs sans année prélevé dans la cave de mon fils qui ne pouvait pas se joindre à nous. Ce champagne d’Oger est un peu plus rond que le Philippe Gonet mais l’on mesure bien la proximité de goût liée à la proximité géographique. Autour de la table les préférences sont très partagées. J’ai préféré le Dhondt, mais j’aurais pu mettre les deux champagnes à égalité.

Le Condrieu Guigal 2014 est généreux et joyeux et ce qui frappe, c’est son équilibre serein. C’est un vin très agréable à boire. La salade, le tartare de thon et carpaccio de crevettes lui conviennent. C’est un vin de gastronomie.

Deux vins vont accompagner du Tonnarelli au fromage et au poivre avec de la truffe noire. Le Barbaresco Gaja 1999 est un vin solaire et joyeux, d’un caractère généreux. Le Château Trotanoy Pomerol 1986 est beaucoup plus strict mais aussi beaucoup plus subtil. Le contraste entre les deux est très grand. On peut préférer la joie de vivre du vin italien. La combinaison pomerol et truffe me conduit à préférer le Trotanoy, grand pomerol s’il en est.

Un chateaubriand d’un bœuf de grande qualité est associé à un Crozes-Hermitage Guigal 2018. Ce vin est très plaisant mais on ressent qu’il n’a pas la puissance et la largeur d’un Hermitage. Mais il a beaucoup de qualités.

On présente pour le Château d’Yquem 1995 un plateau de fromages dans lequel il y a des fruits et des confitures. Je demande à tous mes convives de ne toucher ni aux fruits ni aux confitures pour ne pas gâcher ce délicieux sauternes d’un équilibre séduisant. Cet Yquem n’a pas une puissance extrême mais sa maturité délicate est adorable.

Dans ce restaurant où aucune musique ne vient couvrir les discussions, les américains parlent fort et j’ai eu du mal à comprendre tous leurs propos. Mais l’ambiance était joyeuse. Les serveurs ont été attentifs à nos réflexions et à nos préférences, espérant que nous désignerions le vin italien premier. Tous les vins se sont montrés sur leur beau jour. Les bonnes surprises sont le Gaja et le Condrieu, l’Yquem étant hors catégorie. Ce fut un beau dîner grâce à la générosité de Sarah. Nous la reverrons pendant notre séjour.

déjeuner au restaurant Épicure de l’hôtel Bristol mardi, 13 janvier 2026

Lorsque j’ai lancé mes dîners, j’en ai fait douze à l’hôtel Bristol jusqu’au 185ème, ce qui faisait à peu près un par an. Eric Fréchon, grand chef très occupé, avait trop peu de temps à consacrer à la préparation de mes dîners avec moi aussi, quel que soit le talent de ce chef, je n’avais pas le plaisir de la création en commun. D’autres chefs m’ont offert des coopérations plus motivantes pour moi.

Le Bristol me manquait, aussi j’ai voulu renouer le lien avec cet endroit où j’ai beaucoup de beaux souvenirs, y compris avec Eric Fréchon lorsque j’y allais en client avec des amis ou en famille.

Je vais déjeuner avec le plus fidèle participant à mes dîners qui a créé le contact avec Jonathan Moncuit le second du chef Arnaud Faye et avec Jérémy Lebon, adjoint du chef sommelier. Les deux me suivent sur Instagram et Jonathan a participé auprès de Pascal Barbot à des dîners que j’ai faits à l’Astrance du temps où il exerçait dans l’avenue Beethoven.

Jérémy a proposé que l’on puisse apporter du vin et j’ai cherché dans ma cave des vins qui sortent des sentiers battus. J’en ai apporté quatre pour qu’on en choisisse deux.

Le vin de la bouteille de Chablis Moutonne Long Dépaquit 1966 a une couleur magique, d’une rare beauté. C’est ce vin, dans le millésime 1959, que j’avais ouvert avec Jancis Robinson, célèbre experte internationale du vin que j’avais invitée avec son mari. Je m’étais posé la question : quel vin pourrait impressionner cette femme qui connait tous les vins de toutes les régions et dont je serais sûr qu’elle ne l’ait jamais bu. Elle avait été éblouie par ce 1959 et au nez, le 1966 me paraît du même niveau. Ce vin rare dans cette année m’excite beaucoup.

Pour le deuxième vin j’ai choisi un vin dont je suis sûr que Jérémy n’en a jamais bu et dont je pense qu’il ne soupçonne même pas qu’il puisse être passionnant. J’ai ouvert un Fleurie « la Madone », vin sélectionné par les Jurés Gourmets de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin J. Calvet & Cie 1953. La majorité des amateurs de vins pensent qu’un beaujolais de 73 ans ne peut pas être bon. Le parfum à l’ouverture est puissant, direct et intense, ce qui surprend Jérémy et Jonathan.

Ils sont aussi impressionnés par l’ouverure des vins car les bouchons sont sortis entiers et aucune miette de bouchon n’est tombée dans le vin.

Nous n’allions pas commencer notre déjeuner par le chablis aussi j’ai choisi dans la belle carte des vins un Champagne Pierre Moncuit Vieille Vigne 2004.

Pour ce champagne, nous avons été invités à descendre en cave où nous pourrons déguster de délicieux amuse-bouches.  Ce qui est fascinant, c’est la continuité fluide entre une huître dotée d’une crème d’une belle acidité et le champagne. Cette association est magique et le champagne est grand, long et intense. Ce 2004 est d’une maturité solide, un vraiment grand champagne.

Le Chablis Moutonne Long Dépaquit 1966 est un empereur majestueux. Sa sérénité est enthousiasmante sur deux plats, une langoustine cuite idéalement et une sole du Morbihan avec une compression de topinambour et macadamia et avec un jus des arêtes rôties à la truffe noire. L’équilibre du chablis est une merveille.

Le chevreuil parfaitement exécuté met en valeur le Fleurie « la Madone », vin sélectionné par les Jurés Gourmets dela Confrérie des Chevaliers du Tastevin J. Calvet & Cie 1953 que jamais personne n’aurait imaginé aussi brillant. Il est riche, puissant, long et d’une présence en bouche idéale.

Normalement je classerais en premier le chablis qui a une personnalité immense, mais le Fleurie est une telle surprise que c’est ce vin qui sera mon préféré tant la surprise est grande de le voir brillant à ce point.

Notre déjeuner dans une ambiance joyeuse fut plus qu’agréable et la cuisine est de haut niveau. Nous avons vu une belle salle où des repas pour douze personnes sont possibles. Nous pensions y faire un prochain dîner, mais les exigences financières du groupe Oetker nous en priveront. Quel dommage !

dîner de la Saint-Sylvestre 2025 mercredi, 31 décembre 2025

Pour une fois, le réveillon de la Saint-Sylvestre se tiendra à notre domicile et pas dans notre maison du sud. Nous recevrons six amis et deux couples passeront la nuit chez nous.

J’avais fait un programme de onze vins mais comme nous ne sommes que sept à boire, j’ai allégé d’un bordeaux blanc et d’un vin du Rhône rouge et du fait des arrivées décalées des invités, j’ai rajouté un champagne. Ma femme a préparé le repas pendant trois jours, avec l’envie de faire un grand repas.

Le menu sera : amuse-bouches avec poutargue, gougères, saucisson, jambon espagnol Pata Negra, olives, œufs de caille, foie gras et autres / deux caviars avec du thon cru / deux autres caviars avec des coquilles Saint-Jacques crues / boudin blanc à la truffe / deux services de wagyu / Brillat-savarin / madeleines et financiers.

Des amis sont arrivés deux heures avant l’heure prévue car ils ont eu peur des manifestations devenues traditionnelles de fin d’année. Prévoyant ces décalages d’arrivées j’avais mis au frais un Champagne Taittinger Comtes de Champagne 2006 que j’ouvre devant eux. Je savais que ce 2006 est une véritable réussite, mais ce champagne va bien au-delà de mes attentes. Il est d’une profondeur spectaculaire. Il est riche, envahit le palais et se montre percutant. Quel grand champagne à l’aube de sa vie !

Les autres amis arrivent, et l’un d’eux montre des tranches fines d’un thon cru qu’il suggère pour l’apéritif. Simplement en le voyant, je pense que sa place sera de cotoyer les caviars, car le Champagne Dom Pérignon 1962 ne me semble pas du tout adapté à lui. Le 1962 est tout en douceur et en rondeur. Il est charmant, facile à vivre, ce qu’il n’exclut pas sa belle complexité. C’est champagne de plaisir, à l’aise sur tous les amuse-bouches et qui trouve avec le foie gras une association gourmande.

Le Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915 est logé dans une structure en bois qui exige que l’on trouve la façon de l’extraire de cette boîte sans parois. Il fait libérer le col de la bouteille par une sorte de pont-levis. J’ai voulu faire cette ouverture devant les amis car une telle présentation est rare. Après plusieurs minutes, aidé des conseils des amis et de Chat GPT, la bouteille sort de son carcan et le bouchon vient entier, délivrant un parfum magique.

Nous passons à table et j’annonce que ce repas, fait selon la philosophie de mes dîners, sera le 306ème de mes dîners.

Deux caviars, l’osciètre et le kristal se mangent avec du pain et du beurre et on leur a ajouté le thon cru. L’accord thon et osciètre est tellement pertinent. Nous nous régalons. Le Champagne Krug 1982 est très différent du 1962. Il est noble, glorieux et montre qu’il incarne l’aristocratie du champagne. Il s’accorde à merveille avec les caviars et le thon.

Le deuxième plat a aussi deux caviars, l’osciètre et le baeri qui sont posés sur des tranches de coquille Saint-Jacques crues, à la douceur extrême. L’accord avec le Krug est agréable et je pense que le Dom Pérignon aurait aussi apprécié la délicatesse des coquilles.

L’Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949 est une grande surprise, car l’accord avec le boudin blanc à la truffe est phénoménal. Ils sont faits l’un pour l’autre. La cohérence de ce vin joyeux qui n’a pas l’ombre d’une trace d’âge est enthousiasmante. Nous sentons tous que c’est un grand moment de gastronomie.

Le premier service de wagyu est fait avec deux vins de Bordeaux, le Château Haut Bailly 1962 et le Château Cheval Blanc 1943. Ce sont deux vins très différents. Le 1962 est percutant, tout en longueur et en profondeur comme l’était le champagne de Taittinger. Au contraire le 1943 est en rondeur et en grandeur, avec la noblesse qui n’appartient qu’aux grands vins d’un grand millésime. On peut aimer les deux mais dans les votes le Cheval Blanc sera le plus apprécié.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964 accompagne le deuxième service de wagyu. Il donne instantanément l’image du vin parfait. On sent tout de suite qu’on est au sommet de ce que le domaine de la Romanée Conti peut offrir. Il y a de la sagesse, de la subtilité mais surtout de l’émotion. On le boit en se recueillant. Quel bonheur.

L’Hermitage La Chapelle Paul Jaboulet Aîné 1990 est servi avec le Brillat-savarin. Ce vin d’un équilibre rare est conçu comme une œuvre architecturale. Il est d’une précision étonnante. Il est « jeune » à mon goût et je ressens que trente ans de plus le mettraient dans le sillage du mythique 1961.

Le Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915 est servi sur des madeleines et des financiers. Le silence se fait car nous pensons que nous sommes face à un vin hors du commun, riche, intense, exotique, doux et profond. Une image de la perfection. Ce bonheur unique nous laisse sans voix.

J’avais prévu un Porto de 1943 mais j’ai envie de proposer autre chose. Il y a un meuble où j’ai des dizaines d’alcools qui ont été ouverts au fil du temps. Je dis à mes amis : choisissez de boire ce que vous voulez. Je sors une Fine Normande 1903, un marc de rosé d’Ott 1929, un Quetsch de 50° des années 50 et le fameux calvados d’un chauffeur de ma société que j’adore au dessus de tout et que je boirai.

Nous sommes sept à voter pour huit vins car le 2006 Comtes de Champagne n’était pas sur ma liste. Le Tokaji rafle six votes de premier et La Tâche gagne le vote de premier qui reste à attribuer.

Le classement de la table est : 1 – Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964, 3 – Château Cheval Blanc 1943, 4 – Champagne Krug 1982, 5 – Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949, 6 – Champagne Dom Pérignon 1962.

Mon vote est : 1 – Tokaji Aszu Esszencia Hongrie 1915, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1964, 3 – Hermitage Blanc Château de Thouet Salavert 1949, 4 – Champagne Krug 1982, 5 – Château Cheval Blanc 1943.

Nous avons tous senti que nous vivions un dîner exceptionnel avec deux accords émouvants, le boudin avec l’Hermitage blanc 1949 et le wagyu avec La Tache 1964, suivis par l’émotion intense du Tokaji. Voilà un beau moyen de finir l’année 2025 sur du bonheur.

dîner de Noël mercredi, 24 décembre 2025

Trois jours avant Noël, la cuisine est en pleine ébullition. Ma femme essaie des recettes car elle veut un dîner de Noël parfait. Ayant vent de ce que pourrait être le menu, j’ai déjà fait une sélection de vins.

Le jour venu nous recevons nos deux filles et leurs quatre enfants pour célébrer Noël. Notre fils et ses enfants fêtent Noël aux États Unis.  Comme les deux groupes arrivent avec un décalage, je cherche un champagne pour occuper le temps. Dans l’un des réfrigérateurs où se trouvent des vins, il y a des bouteilles entamées de récentes réceptions.

Je prends un Champagne Besserat de Belfond 1966 dont il reste de quoi faire quelques verres. La couleur est belle, le nez est peu avenant mais en bouche, quelle belle surprise. Le champagne a gardé une belle vivacité et une expression intéressante. Il est presque gourmand.

Il reste encore un peu de ce champagne quand ma fille cadette arrive et je lui dis : « tu sais le parfum n’est pas bon mais le goût est agréable ». Elle prend le verre que j’ai versé. Elle sent et se retourne vers moi : « mais ça sent bon ». Je sens aussi et le parfum est parfait. Décidément les vins offrent souvent de belle surprises.

Ma femme a préparé des feuilles de brick pliées en triangles – enfin pas toutes car sa géométrie n’est pas conventionnelle – et fourrées de crème d’oignon. Il y a aussi de fines tranches de saucisson corse que l’on peut associer à de délicieuses gougères.

Le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème qui est de la deuxième génération des Grandes Cuvées avait fait un petit pschitt à l’ouverture, mais c’est quand même un pschitt que l’on doit signaler pour un champagne de plus de quarante ans. Ce champagne est noble, imposant, complexe et de grand plaisir.

Le menu préparé par ma femme est : deux caviars, un Baeri et un Osciètre, avec du pain et du beurre / boudin blanc à la truffe noire / poulet avec une purée de marron / Brillat-savarin à la truffe / bûche grains d’orge et noix de Grenoble créé par le chef Bras.

Le Champagne Dom Pérignon 1973 est en complet contraste avec le Krug. Il est doux, plaisant et charmeur. Avec le caviar il est idéal. J’ai un amour particulier pour le Dom Pérignon 1973 que j’ai bu avec Arnaud Donckele au tout début de nos relations, mais celui de ce soir n’est pas le meilleur des 19 que j’ai bus.

Le Montrachet Domaine de la Romanée Conti 1989 accompagne le boudin blanc. L’ouverture de ce vin avait été difficile car le bouchon était descendu de deux centimètres environ et une boursoufflure du verre du goulot empêchait de retirer le bouchon sans le déchirer. Le nez du vin est assez discret, ce qui n’est pas habituel. Le vin est très puissant et l’on voit à quel point il est solide. Mais il manque de la largeur que j’aurais aimé trouver. Il est bon, bien sûr, mais pas glorieux.

Sur le poulet délicieux, le Moulin à Vent  du domaine des Hospices de Romanèche-Thorins 1964 au parfum délicat et subtil se montre émouvant tant il est comme le parfum émouvant et subtil. C’est un vin que l’on ne peut qu’aimer. J’ai toujours eu un amour pour les beaujolais anciens, car avec le beaujolais nouveau, on a donné l’impression que ce vin devait se boire jeune, alors que comme les grands bourgognes, il devient subtil en vieillissant et beaucoup plus complexe. Ce vin est un régal.

J’avais acheté un Brillat-Savarin à la truffe parce que le fromager n’avait pas de Brillat-Savarin ‘nature’. Je suis allé en acheter un ‘nature’ dans un autre magasin, et lorsque j’ai goûté les deux celui à la truffe avait beaucoup plus de charme que l’autre et un gras fluide délicieux. Avec le beaujolais l’accord se trouve même si le Moulin à Vent n’a pas la largeur que de puissants bourgognes plus adaptés offriraient.

Pour la bûche, nous buvons le Château d’Yquem ½ bt 2001. Cette année est légendaire et j’avais eu une forte émotion lorsque je l’avais découvert le jour de sa sortie officielle. Je trouve que celui-ci a évolué vers plus de caramel, ce qui n’est pas la direction que j’aime le plus. Il est grand bien sûr mais je pense qu’il faudra le laisser vieillir pendant de longues années, car il a le potentiel pour devenir mythique.

Le lendemain midi, jour de Noël, seule ma fille cadette et ses deux enfants sont restés, rejoints par Victoire, leur nounou de toujours.  Nous avons continué de boire les vins de la veille, sur un filet de saumon cru puis sur une tarte à l’oignon. La grande surprise, c’est un vin ouvert hier mais non servi, un Gevrey-Chambertin Grivelet Cusset 1943 absolument délicieux qui a fortement impressionné ma fille.  Discret et délicat comme le Moulin à Vent, il a montré une subtilité, une justesse qui en font un grand vin, bien sûr pas tonitruant, mais d’une élégance exceptionnelle.

Ma femme avait préparé des madeleines et des financiers selon la recette de Pascal Barbot le chef de l’Astrance. Ce fut un délicieux point final à un joyeux Noël.

Pour ces deux repas, mon classement est :

1 – Gevrey-Chambertin Grivelet Cusset 1943

2 – Moulin à Vent Hospices de Romanèche Thorins 1964

3 – Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème

4 – Champagne Dom Pérignon 1973

Dans une ambiance familiale joyeuse, avec des petits-enfants qui s’extasient à chaque cadeau qui leur est donné, nous avons eu un Noël mémorable de grand bonheur.

Bulletins du 2ème semestre 2025, du numéro 1063 à … samedi, 20 décembre 2025

Bulletins du 2ème semestre 2025, du numéro 1063 à …

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(bulletin WD N° 1078 251223)    Le bulletin 1078 raconte : un déjeuner comme un Casual Friday au restaurant Pages, des vins merveilleux au restaurant L’Ecu de France et l’annonce d’un beau livre sur la classification des vins de Bordeaux de 1855.

(bulletin WD N° 1077 WD 251213)    Le bulletin 1077 raconte : déjeuner au siège des champagnes Salon et Delamotte et dîner de grands vins au restaurant Comme chez Soi de Bruxelles organisé par la société Vincroyable, dans l’esprit de mes dîners.

(bulletin WD N° 1076 251203)    Le bulletin 1076 raconte : déjeuner d’anniversaire en famille et 304ème dîner à Reims, la première fois à l’Assiette Champenoise d’Arnaud Lallement.

(bulletin WD N° 1075 251119)    Le bulletin 1075 raconte : dîner au restaurant l’Ecu de France où un jeune italien a eu un plaisir émouvant, dîner au restaurant Hakuba de l’hôtel Cheval Blanc et déjeuner au restaurant Pages, le déjeuner Enigma, 303ème repas de wine-dinners.

(bulletin WD N° 1074 251111)    Le bulletin 1074 raconte : le 302ème dîner de wine-dinners au restaurant Maison Rostang Nicolas Beaumann, déjeuner du dimanche en famille, déjeuner au Yacht Club de France et déjeuner « couscous » avec des amis d’école au restaurant Harissa.

(bulletin WD N° 1073 251029)    Le bulletin 1073 raconte : déjeuner au restaurant Le Sergent Recruteur avec des vins d’Algérie et le 301ème de mes dîners au restaurant Astrance.

(bulletin WD N° 1072 251021)    Le bulletin 1072 raconte : un champagne de Bouzy inconnu, déjeuner à l’Assiette Champenoise pour préparer un futur dîner, déjeuner au restaurant Pierre Gagnaire, dîner au restaurant Hanada et déjeuner au restaurant Pages avec un vin australien de 1883.

(bulletin WD N° 1071 251009)    Le bulletin 1071 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou, trois déjeuners au restaurant l’Aventure, déjeuner au restaurant A.M. d’Alexandre Mazzia, une « battle » entre Salon 2008 et 2015 et déjeuner d’amis dans ma cave.

(bulletin WD N° 1070 250930)    Le bulletin 1070 raconte : déjeuner au restaurant l’Aventure, apéritif chez des voisins, arrivée des premiers convives du 15 août, déjeuner au restaurant d’Alexandre Mazzia et 300ème repas de wine-dinners dans ma maison du sud.

(bulletin WD N° 1069 250923)    Le bulletin 1069 raconte : comparaison de deux champagnes Salon, réception de voisins, déjeuner au restaurant l’Aventure, déjeuner avec des vins algériens exceptionnels, apéritifs d’été et déjeuner au restaurant Brise Marine.

(bulletin WD N° 1068 250911)    Le bulletin 1068 raconte : apéritif au restaurant Rouge, dîner au restaurant de l’hôtel Lilou, comparaison de champagnes, dîner au restaurant Rouge et plusieurs repas au restaurant l’Aventure.

(bulletin WD N° 1067 250903)    Le bulletin 1067 raconte : 299ème dîner au restaurant Le Doyenné situé à Saint-Vrain, déjeuner au restaurant l’Aventure dans le sud, et déjeuner au restaurant de l’hôtel Lilou à Hyères.

(bulletin WD N° 1066 250825)    Le bulletin 1066 raconte : dégustation de vins de Bourgogne organisée pour le club d’amateurs de vins d’une grande société internationale de conseil et déjeuner au restaurant La Maison Arthur Dubois.

(bulletin WD N° 1065 WD 250818)    Le bulletin 1065 raconte : 298ème dîner, imaginé et créé sous le signe d’une totale extravagance et déjeuner au restaurant Le Doyenné à Saint-Vrain où se tiendra un futur dîner.

(bulletin WD N° 1064 250715)    Le bulletin 1064 raconte : compétition de dégustation à l’aveugle au siège de la maison Bollinger pour 14 écoles de commerce, déjeuner avec les élèves et 297ème dîner de wine-dinners au restaurant Maison Rostang Nicolas Beaumann.

(bulletin WD N° 1063 250702)    Le bulletin 1063 raconte : dégustation de vins anciens pour les élèves de l’Association Grands Crus HEC et 296ème repas de wine-dinners au restaurant Plénitude Arnaud Donckele avec 17 vins dont 12 premiers grands crus classés de Bordeaux, pour célébrer la classification de 1855.

Un Palmer 1989 sublime mercredi, 17 décembre 2025

Lors d’un déjeuner au restaurant Pages, je reçois une personne qui est unerelation professionnelle. Comme il n’a pas d’expérience des vins anciens je choisis de lui faire connaître des vins matures, mais pas trop. Le menu composé avec le chef Ken et Pierre Alexandre le directeur est : poisson cru en carpaccio / cabillaud sauce vin rouge / bœuf maturé de plusieurs semaines / wagyu / financiers. Cette cuisine simple est parfaite pour accompagner les vins.

Nous buvons un Champagne Dom Pérignon 1985 qui est d’une belle énergie, fort et gourmand. Il est d’un bel équilibre et d’une belle longueur. Le carpaccio lui convient.

J’ai apporté un Château Palmer Margaux 1989. Quelle puissance, quelle profondeur de goût. Ce vin est exceptionnel. Ce vin impose sa grandeur et je trouve en lui un message que jamais les bourgognes n’auraient aussi percutant. Je m’en veux d’avoir délaissé les bordeaux de cet âge en me consacrant à des bordeaux beaucoup plus vieux, car il y a dans ce vin noble une énergie et une profondeur qui sont rares.

J’avais il y a deux jours ouvert un sauternes inconnu et sans date qui je daterais volontiers entre 1890 et 1900. Il est toujours aussi magistral, équilibré et de belle longueur mise en valeur par de délicieux financiers.

déjeuner de conscrits au Yacht Club de France mardi, 9 décembre 2025

L’ami grec de notre club de conscrits nous invite au Yacht Club de France. L’apéritif comporte poutargue, Saint-Jacques et charcuteries fines. Nous buvons un Champagne Ayala Brut sans année qui est particulièrement agréable, joyeux et bien fait.

Le menu composé par Thierry Le Luc, gérant du Yacht Club est : belle assiette de fruits de mer / rôti de lotte comme une viande, sauce homard au poivre, pommes duchesse, légumes de saison / fromages d’Eric Lefebvre MOF / buchette chocolat noir croustillante.

Le Chablis Vieilles Vignes Jean Durup 2022 est très agréable sur les langoustines. Il a une belle structure et emplit bien le palais.

Le Meursault Les Tillets domaine Pierre Labet 2017 est gourmand mais a moins de finesse que le chablis.

Je ne bois quasiment jamais les seconds vins des châteaux bordelais puisque j’ai en cave leurs grands crus. De ce fait, l’Amiral de Beychevelle Saint-Julien 2015 est une très agréable surprise, car il a un gouleyant que je n’attendais pas aussi joyeux.

Il fut un temps où dans notre club nous refaisions le monde. Comme la France est en train de se détruire avec délectation, la cause est entendue : la France se meurt, la France est morte.

des vins à risque et des merveilles dimanche, 7 décembre 2025

J’ai commencé à entrer des vins en cave en 1970. C’est en 1975 qu’est apparu mon amour pour les vins anciens. De ce fait il y a dans ma cave des bouteilles dont l’espérance de vie est en question, généralement du fait de la faiblesse du bouchon qui ne joue plus son rôle, mais aussi des blessures des capsules qui favorisent les évaporations. Comme mon âge avance, je sais que je ne pourrai pas boire tous les vins qui m’attendent, alors il faut que je m’intéresse aux vins qu’il faut ‘sauver’, c’est-à-dire, les boire avant qu’il ne soit trop tard.

C’est évidemment avec mon fils que je peux « sauver ces soldats blessés ».

J’ai ouvert de bon matin les vins du repas. En premier, La Tâche 1954 au niveau très bas. Le haut du goulot est plein de poussière et le bouchon est noir et poussiéreux. Tout est sale et mes mains sont noires. Et, pour couronner le tout l’odeur est désagréable et nauséabonde. Tout laisse prédire un vin imbuvable.

J’ouvre donc un Corcol Grand Vin de Beaune Bourgogne 1938 qui a lui aussi un bouchon noirci et sale, mais le parfum annonce un vin probablement buvable.

J’ouvre ensuite un Champagne Maurice d’Arhanpé Blanc de Blanc Mareuil sur Ay 1955 venant d’un caviste de Monte Carlo. C’est curieux qu’on fasse à Mareuil un blanc de blancs dans la région des blancs de noirs. Le bouchon se cisaille lorsque je le tourne pour le sortir. L’odeur est possible, nous verrons.

Comme je ne peux pas imposer à mon fils uniquement des vins ‘en sursis’, j’ai ouvert une demi-bouteille de Champagne Perrier-Jouët Réserve Cuvée Finest quality Extra Dry 1928 réservé pour la Grande Bretagne qui est d’une rare beauté. Le bouchon vient entier et il a une particularité que je vais essayer d’élucider : au centre de la capsule rouge, il y a comme la tête d’un clou doré, qui porte un nombre : 40. De quoi s’agit-il, je ne sais pas.

Quatre heures plus tard, nous prenons l’apéritif autour d’un caviar osciètre de Kaviari, absolument délicieux. Le couleur du Champagne Maurice d’Arhanpé Blanc de Blanc Mareuil sur Ay 1955 est presque rouge foncé. En bouche, le champagne est délicieux. Il a des signes d’âge qui ne limitent pas le plaisir de le boire. 1955 est une grande année dans beaucoup de régions dont la Champagne. L’accord est grand avec le caviar et moins avec une rillette de porc. Nous considérons, mon fils et moi, que c’est un grand champagne.

Nous passons à table. La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1954 est d’un belle couleur d’un beau rouge et ce qui est ahurissant, c’est que le parfum est parfait. Je suis habitué aux resurrections de vins de la Romanée Conti, mais c’est quand même invraisemblable que le vin soit si grand. Nous avons l’une des plus belles expressions de La Tâche, avec le côté salin si reconnaissable. Sur un poulet délicieux, nous sommes aux anges et d’autant plus que ce vin aurait été éliminé par plus d’un amateur de vins anciens.

Nous n’en sommes pas à une suprise près, car quand le Corcol Grand Vin de Beaune Bourgogne 1938 est servi, on sent nettement un nez de bouchon. Et quand le vin est servi le nez de bouchon est toujours là, mais aucune trace n’est perceptible en bouche. Le vin est agréable mais n’a pas le charme de La Tâche. Il est quand même intéressant. Le Brillat-Savarin fait briller le Corcol 1938 alors que l’Époisse est idéale pour La Tâche.

C’est maintenant le moment de boire le petit bijou que je voulais partager avec mon fils. Le Champagne Perrier-Jouët Réserve Cuvée Finest quality Extra Dry 1928 en demi-bouteille a une couleur d’une incroyable jeunesse, d’un or éblouissant. Et le champagne est majestueux, riche, flamboyant de jeunesse. Quel bonheur ! Alors que j’avais trouvé La Tâche magistrale, ce champagne m’émeut encore plus, car je suis un adorateur du millésime 1928.

Alors que j’avais choisi des vins à risque, le plus en danger étant La Tâche, nous avons bu deux vins merveilleux, La Tâche à la résurrection impensable et le glorieux Perrier-Jouët brillantissime. Mais les autres avaient aussi leur mot à dire, car ils avaient encore de beaux messages. Cette expérience avec mon fils m’a beaucoup plu.

305th wine-dinners in Astrance restaurant vendredi, 5 décembre 2025

The 305th wine-dinners dinner is held at the Astrance restaurant with chef Pascal Barbot. We are twelve and it is certainly one of the most cosmopolitan of my dinners: there are two Hungarians whom I had met at the recent dinner at the restaurant Comme chez Soi in Brussels, two Spaniards including a winemaker, a Dutch also a winemaker in Champagne, a French person living in Mexico who came with his two children and three regulars. Half of the table is made up of new participants at my dinners.

I arrive very early at the restaurant because I will receive around 4pm the two Spanish guests who wish to let me taste wines from their vineyard. When I say hello to Pascal Barbot, he is all joyful because he was able to find an old Brane-Cantenac that will serve as a red mullet sauce to create a beautiful agreement with the Petrus 1976 and the Brane-Cantenac 1978.

While waiting for my Spanish friends, I open the bottles. The sommelier Lucas Hubert brought me the bottles he had put on their feet last night and the color of La Tâche 1966 seems like a rosé wine. Would the wine be depigmented? I don’t see any deposit. This color remains an enigma.

As always, there are wines whose stoppers come in torn pieces, which is generally caused by necks that are not cylindrical and whose pinching prevents the ascent. This will be the case for the Carbonnieux Blanc 1947 cork and especially for the wine of Cyprus 1870.

Luis and Emmanuel came with three bottles of wine, an Alto Alberche 2023 from Domaine Dexaïe de la Sierra de Gredos and two great wines La Camilleja Domaine Dexaïe 2021 and 2023. These wines from the Sierra de Gredos are growing at an altitude of 1200 meters. The wine is based on Grenache with sometimes centenary vines. If the Alto Alberche 2023 is simple but pleasant, both La Camilleja are really big and rich, with a beautiful nobility. This wine enjoys a good reputation and I am happy to have tasted these two vintages.

To thank my friends, I had brought a 1973 Champagne Canard Duchêne of which there was one unopened bottle left from the three that I had brought to the academy of ancient wines. This champagne is round and charming, tasty and full of pleasure.

The dinner composed by Pascal Barbot for my wines is thus written: gougères au comté, gribiche tiles with radishes, Pata Negra ham / some shellfish, raw and cooked/ Koshihikari rice, marinated juice / scallops, warm oysters and Kombu butter / steamed rouget butter and red butter / grilled hare grated, onion fondue / hare compote according to the recipe of Senator Couteau / Charcoal mushrooms and melted with comté/ natural stilton/ mango/ financial with rose.

The guests arrive and we start with a Champagne Laurent Perrier Grand Siècle 60s or 70s. It is of a beautiful maturity and noble, but it is especially the roundness and softness that make it very pleasant. With Spanish ham, the pairing is gourmet.

From the first sip of the 1982 Salon Champagne, we know that we are in the presence of an immense champagne. We rub shoulders with the perfection of champagne. What nobility! What greatness! With the oyster, champagne is excited. It is lively. With a clam topped with an acidic sauce, it is also excited. We swim in happiness.

Normally the 1982 Salon should have accompanied the divine rice which is a success of Pascal Barbot, but we were greedy and the rice accompanies the Château Carbonnieux Graves Blanc 1947 which one might think that the nose is corked but this is not the case. This perfume hinders a bit to appreciate at best the very interesting, fluid and pleasant Graves from 1947.

On the contrary, the Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989 is rich and generous. I believe I have never tasted such succulent and delicate scallops as those prepared by Pascal Barbot this evening. The texture is divine and moves me, and the solid Bâtard highlighted the dishes showing a wealth that brings happiness.

The red mullet is also masterfully treated with a Brane-Cantenac wine sauce. The Château Brane-Cantenac Pauillac 1978 is an accomplished wine, very dense, but it is a little erased by the complexity and refined richness of the Pétrus Pomerol 1976. What a great truffle-flavored wine highlighted by this fish that is my ‘caprice” : every time I put a Petrus in a dinner, I like it to be accompanied by a red mullet and a red wine sauce. We have the proof.

In the menu, it was planned that the two Bourgognes would be served together, but I prefer that the Musigny Vieilles Vignes Domaine Georges de Vogüé 1985 be alone to add the hare râble. This racy and glorious wine is of a rare youth. We are in the presence of a very great long, rich, and subtle Burgundy. It leaves a very convincing impression on the palate. The highly veniform character of the hare highlights it.

The hare compote is served for La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966 which has completely lost the rosé color of the moment of the opening. The wine has a beautiful dark color and its scent is that of a rich and powerful wine. This 1966 is of a perfect personality and we are all under the charm of this wine. What happiness!

Next to him on the same dish there is the Châteauneuf du Pape Réserve des Chartes Léopold Ranc 1947. If he were alone, we would feast on his incredible balance and charm. But unlike Josephine Baker, we cannot have two loves on this dish.

I had asked Pascal Barbot not to plan for a county that is too often chosen to marry a yellow wine from the Jura. His dish with mushrooms happily accompanies a relatively little powerful but pleasant and very accessible Château Chalon Joseph Tissot 1947.

We will now drink three wines that if they were rated at school, would have 20 out of 20 or if they were rated by wine experts, would have 100 out of 100.

The Château de Fargues Lur-Saluces 1989 is the ideal and perfect Sauternes of this period, a total achievement for its age. Alexandre de Lur Saluces was very proud of this 1989 Fargues that I have drunk several times with him.

The Château Guiraud Sauternes 1893 is equipped with an original stopper. The year can be clearly read on the cap, which is not frequent for very old corks and the capsule bears the name Guiraud which is very readable. The bottle has no label and a thick layer of black dust was removed when I had to open the wine, so that Lucas would not have black hands at the time of serving this wine.

To situate this 1893, it turns out that I had the chance to drink 106 vintages of Yquem and that I consider Yquem 1893, drunk several times, as the archetypal Yquem. It summarizes and synthesizes everything that Yquem can offer. I find in this Guiraud 1893 a particular perfection. This wine offers wealth and grace, with infinite finesse. It is sweet but lively. It is the perfection of the multifaceted Sauternes.

At the opening, the Vin de Chypre 1870 was the one with the most complex fragrance possible. I made Emmanuel, the Spanish winemaker feel it so that he smells an absolutely complex perfume, mixing acidity and sweetness. I am naturally in love with these sweet wines so powerful.

The atmosphere at our table was particularly cheerful. Jokes and laughter were flowing but in front of the wine, we were serious.

There are so many great wines that we have very different votes. All the wines of the meal had at least one vote, which is remarkable since we drank thirteen wines.

Five wines were nominated first. The Salon 1982 and La Tâche 1966 each had four first-prize votes. The wine of Cyprus 1870 had two first-place votes. Le Bâtard-Montrachet 1989 and the Guiraud 1893 had a first vote and what is paradoxical, it is that the Guiraud, despite only one first vote finishes first in front of those who had four first votes, because he had six second votes.

The ranking of the entire table is: 1 – Château Guiraud Sauternes 1893, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966, 3 – Champagne Salon 1982, 4 – Vin de Chypre 1870, 5 – Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989, 6 – Musigny Vieilles Vignes Domaine Georges de Vogüé 1985.

My ranking is: 1 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966, 2 – Château Guiraud Sauternes 1893, 3 – Champagne Salon 1982, 4 – Vin de Chypre 1870, 5 – Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989, 6 – Château de Fargues Lur-Saluces 1989.

Pascal Barbot often came to comment on the dishes. He achieved tonight a quality and subtlety that make me think he is at the level of a three-star chef. The cooking of scallops, rice, mullet are at the top of what I have been able to taste in my culinary experiments. He lives these gastronomic moments with passion.

All this evening, by the cosmopolitan side of the table, its good mood, the cuisine and exceptional wines, makes this 305th dinner one of the most exciting that I have created.

le 305ème dîner au restaurant Astrance vendredi, 5 décembre 2025

Le 305ème dîner de wine-dinners se tient au restaurant Astrance avec le chef Pascal Barbot. Nous sommes douze et c’est certainement l’un des plus cosmopolites de mes dîners : il y a deux hongrois que j’avais rencontrés au récent dîner au restaurant Comme chez Soi à Bruxelles, deux espagnols dont un vigneron, un hollandais lui aussi vigneron en Champagne, un français vivant à Mexico venu avec ses deux enfants et trois habitués. La moitié de la table est composée de nouveaux participants à mes dîners.

J’arrive très en avance au restaurant car je recevrai vers 16h les deux convives espagnols qui souhaitent me faire goûter des vins de leur vignoble. Lorsque je dis bonjour à Pascal Barbot il est tout joyeux car il a pu récupérer un Brane-Cantenac ancien qui servira de sauce au rouget pour créer un bel accord avec le Pétrus 1976 et le Brane-Cantenac 1978.

En attendant mes amis espagnols, j’ouvre les bouteilles. Le sommelier Lucas Hubert m’apporte les bouteilles qu’il avait mises debout hier soir et la couleur du La Tâche 1966 paraît celle d’un vin clairet. Est-ce que le vin serait dépigmenté ? Je ne vois pas de dépôt. Cette couleur reste une énigme.

Comme toujours il y a des vins dont les bouchons viennent en morceaux déchirés, ce qui est généralement causé par des goulots qui ne sont pas cylindriques et dont le pincement empêche la remontée. Ce sera le cas pour le bouchon du Carbonnieux Blanc 1947 et surtout pour le vin de Chypre 1870.

Luis et Emmanuel sont venus avec trois bouteilles de vins, un Alto Alberche 2023 du Domaine Dexaïe de la Sierra de Gredos et deux grands vins La Camilleja Domaine Dexaïe 2021 et 2023. Ces vins de la Sierra de Gredos sont élevés à une altitude de 1200 mètres. Le vin est à base de grenache avec des vignes parfois centenaires. Si l’Alto Alberche 2023 est assez simple mais plaisant, les deux La Camilleja sont vraiment grands et riches, d’une belle noblesse. Ce vin jouit d’une belle renommée et je suis content d’avoir goûté ces deux millésimes.

Pour remercier mes amis j’avais apporté un Champagne Canard Duchêne 1973 dont il restait une bouteille non ouverte des trois que j’avais apportés à l’académie des vins anciens. Ce champagne est rond et charmant, goûteux et porteur de plaisir.

Le dîner composé par Pascal Barbot pour mes vins est ainsi rédigé : gougères au comté, tuiles gribiche aux radis, jambon Pata Negra / quelques coquillages, crus et cuisinés/ riz Koshihikari, jus marinière / saint-jacques, huitre tiède et beurre de Kombu / rouget vapeur et beurre rouge / râble de lièvre grillé, fondue d’oignon / compote de lièvre selon la recette du sénateur Couteau / Champignons à la braise et fondue au comté / stilton au naturel / mangues / financier à la rose.

Les convives arrivent et nous commençons par un Champagne Laurent Perrier Grand Siècle années 60 ou 70. Il est d’une belle maturité et noble, mais c’est surtout la rondeur et la douceur qui le rendent très plaisant. Avec le jambon espagnol, l’accord est gourmand.

Dès la première gorgée du Champagne Salon 1982 on sait qu’on se trouve en présence d’un champagne immense. On côtoie la perfection du champagne. Quelle noblesse ! quelle grandeur ! Avec l’huître le champagne est excité. Il est vif. Avec un clam garni d’une sauce acide il est aussi excité. Nous nageons dans le bonheur.

Normalement le Salon 1982 aurait dû accompagner le riz divin qui est une réussite de Pascal Barbot, mais nous avons été gourmands et le riz accompagne le Château Carbonnieux Graves Blanc 1947 dont on pourrait penser que le nez est bouchonné mais ce n’est pas le cas. Ce parfum gêne un peu pour apprécier au mieux le très intéressant fluide et plaisant Graves de 1947.

Au contraire, le Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989 est riche et généreux. Je crois n’avoir jamais goûté des coquilles Saint-Jacques aussi succulentes et délicates que celles préparées par Pascal Barbot ce soir. La texture est divine et m’émeut et le solide Bâtard a mis en valeur le plats montrant une richesse porteuse de bonheur.

Le rouget est lui aussi traité de façon magistrale avec une sauce au vin de Brane-Cantenac. Le Château Brane-Cantenac Pauillac 1978 est un vin accompli, très dense, mais il est un peu effacé par la complexité et la richesse raffinée du Pétrus Pomerol 1976. Quel grand vin au goût truffé mis en valeur par ce poisson qui est mon ‘caprice’ : chaque fois que je mets dans un dîner un Pétrus, j’aime qu’il soit accompagné par un rouget et une sauce au vin rouge. Nous en avons la preuve.

Dans le menu il était prévu que les deux bourgognes soient servis ensemble, mais je préfère que le Musigny Vieilles Vignes Domaine Georges de Vogüé 1985 soit seul pour accompagner le râble de lièvre. Ce vin racé et glorieux est d’une jeunesse rare. On est en présence d’un très grand bourgogne long, riche et subtil. Il laisse une trace en bouche très convaincante. Le caractère très gibier du lièvre le met en valeur.

La compote de lièvre est servie pour La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966 qui a perdu complètement la couleur clairette du moment de l’ouverture. Le vin a une belle robe foncée et son parfum est celui d’un vin riche et puissant. Ce 1966 est d’une personnalité parfaite et nous sommes tous sous le charme  de ce vin. Quel bonheur !

A côté de lui sur le même plat il y a le Châteauneuf du Pape Réserve des Chartes Léopold Ranc 1947. S’il était seul, on se régalerait de son équilibre incroyable et de son charme. Mais contrairement à Joséphine Baker, nous ne pouvons pas avoir deux amours sur ce plat.

J’avais demandé à Pascal Barbot de ne pas prévoir de comté qui est trop souvent choisi pour se marier à un vin jaune du Jura. Son plat avec des champignons accompagne fort heureusement un Château Chalon Joseph Tissot 1947 relativement peu puissant mais agréable et très accessible.

Nous allons maintenant boire trois vins qui s’ils étaient notés à l’école, auraient des 20 sur 20 ou s’ils étaient notés par des experts en vins, auraient des 100 sur 100.

Le Château de Fargues Lur-Saluces 1989 est le sauternes idéal et parfait de cette période, d’un accomplissement total pour son âge. Alexandre de Lur Saluces était très fier de ce Fargues 1989 que j’ai bu plusieurs fois avec lui.

Le Château Guiraud Sauternes 1893 est doté d’un bouchon d’origine. L’année se lit clairement sur le bouchon, ce qui n’est pas fréquent et la capsule porte le nom Guiraud qui est très lisible. La bouteille n’a aucune étiquette et une forte épaisseur de poussière noire a été enlevée lorsque je devais ouvrir le vin, pour que Lucas n’ait pas les mains noires au moment du service de ce vin.

Pour situer ce 1893, il se trouve que j’ai eu la chance de boire 106 millésimes d’Yquem et que je considère Yquem 1893, bu plusieurs fois, comme l’Yquem archétypal. Il résume et synthétise tout ce qu’Yquem peut offrir. Je trouve en ce Guiraud 1893 une perfection particulière. Ce vin offre de la richesse et de la grâce, avec une finesse infinie. Il est doux mais vif. C’est la perfection du sauternes multiforme.

A l’ouverture, le Vin de Chypre 1870 était celui qui avait le parfum le plus complexe qui soit. Je l’ai fait sentir à Emmanuel, le vigneron espagnol pour qu’il sente un parfum absolument complexe, mêlant l’acidité et la douceur. Je suis naturellement amoureux de ces vins doux si puissants.

L’atmosphère à notre table a été d’une gaieté particulière. Les plaisanteries et les rires fusaient mais face au vin, nous étions sérieux.

Il y a tellement de grands vins que nous avons des votes très différents. Tous les vins du repas ont eu au moins un vote, ce qui est remarquable puisque nous avons bu treize vins.

Cinq vins ont été nommés premiers. Le Salon 1982 et La Tâche 1966 ont eu chacun quatre votes de premier. Le vin de Chypre 1870 a eu deux votes de premier. Le Bâtard-Montrachet 1989 et le Guiraud 1893 ont eu un vote de premier et ce qui est paradoxal, c’est que le Guiraud, malgré un seul vote de premier finit premier devant ceux qui ont eu quatre votes de premier, car il a eu six votes de second.

Le classement de l’ensemble de la table est : 1 – Château Guiraud Sauternes 1893, 2 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966, 3 – Champagne Salon 1982, 4 – Vin de Chypre 1870, 5 – Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989, 6 – Musigny Vieilles Vignes Domaine Georges de Vogüé 1985.

Mon classement est : 1 – La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1966, 2 – Château Guiraud Sauternes 1893, 3 – Champagne Salon 1982, 4 – Vin de Chypre 1870, 5 – Bâtard-Montrachet Antonin Rodet 1989, 6 – Château de Fargues Lur-Saluces 1989.

Pascal Barbot est venu souvent nous commenter les plats. Il a atteint ce soir une qualité et une subtilité qui me font penser qu’il est du niveau d’un chef trois étoiles. Les cuissons des saint-jacques, du riz, du rouget sont au sommet de ce que j’ai pu goûter dans mes expériences culinaires. Il vit ces instants gastronomiques avec passion.

Tout ce soir, par le côté cosmopolite de la table, sa bonne humeur, la cuisine et des vins hors normes, fait que ce 305ème dîner est l’un des plus passionnants que j’ai créés.