Le jour le plus long de mon année de vin samedi, 10 décembre 2011

Aujourd’hui, c’est le jour le plus important de l’année, quand il s’agit de vin. Alors que les aventures se succèdent et que je vais d’émerveillement en émerveillement, j’ai toujours le même enthousiasme et au réveil, mon cœur bat comme pour un premier rendez-vous amoureux. Depuis onze ans, j’organise un dîner annuel de vignerons appelé le dîner des amis de Bipin Desai, célèbre collectionneur américain d’origine indienne. Et, disons-le tout simplement, je suis fier que des vignerons dont je célèbre les vins soient devenus des amis. Le simple énoncé des vins et de ceux qui les apportent montre l’ampleur de l’événement :

Champagne Salon magnum 1983 (Didier Depond qui devait venir mais a eu un empêchement), Champagne Dom Pérignon Œnothèque magnum 1966 (Richard Geoffroy), Corton Charlemagne Bonneau du Martray magnum 1990 (Jean-Charles de la Morinière), Musigny Blanc GC Domaine Comte de Vogüé 1991 (Jean-Luc Pépin), Château de Beaucastel Chateauneuf-du-Pape blanc 1987 (Jean-Pierre Perrin), Château La Gaffelière Naudes 1953 (François Audouze), Château Palmer 1964 (François Audouze), Clos de Tart 1996 (Sylvain Pitiot), Musigny Vieilles Vignes Domaine Comte de Vogüé 1985 (Jean-Luc Pépin), Chambertin domaine Armand Rousseau 1983 (Eric Rousseau), Volnay Caillerets Bouchard Père & Fils 1959 (Joseph Henriot), La Romanée Comte Liger-Belair 1974 (Louis-Michel Liger-Belair), Richebourg Théophile Gavin 1947 (François Audouze), Clos de Tart 1945 (Sylvain Pitiot), Hermitage Les Bessards Delas Frères 1990 (Jacques Grange), Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1959 (Joseph Henriot), Château d’Yquem 1967 (Pierre Lurton non présent).

Le cas de Pierre Lurton mérite d’être signalé. Dès que j’ai lancé les invitations, Pierre savait qu’il ne pourrait venir. Or il a tenu à être présent dans nos pensées en offrant un vin, et pas n’importe lequel.

Entretemps, Bipin Desai a souhaité déjeuner avec moi. Nous allons au restaurant Apicius. La liste ci-dessus est colossale pour douze personnes à table. En rajoutant un déjeuner, comment va se terminer la journée ?

déjeuner au restaurant Apicius vendredi, 9 décembre 2011

Avec Bipin Desai, nous nous retrouvons au restaurant Apicius dont la décoration est chaleureuse, avec des couleurs qui m’évoquent le mouvement Cobra, chatoyantes et distinguées. Tout porte au bien-être. Etant en avance j’ai le temps d’étudier la carte des vins copieuse et intelligente où des prix inabordables du fait de la folie actuelle cohabitent avec de très bonnes pioches. Nous choisissons des menus différents. Le mien est une demi-portion d’une entrée de coquilles Saint-Jacques avec une langoustine crue et de la truffe blanche, l’autre demie que j’ai écartée du fait des autres choix est le yang du yin, la coquille Saint-Jacques en pâtisserie avec de la truffe noire. Ensuite, langoustines bretonnes cuites en coques, thé fumé de crustacés comme une « Miso soupe », puis filets de rougets mijotés « minute » dans l’eau de mer, huître et cresson curry. En amuse-bouche c’est une brandade de morue avec une émulsion de fleurs de courgettes.

Ce qui frappe dans cette cuisine, c’est son élégance. Ici, pas de recherche farfelue conduisant sur des sentiers inexplorés, mais une interprétation sereine de produits connus. Bipin Desai a pris en plat principal le cabillaud demi-sel cuit à la vapeur puis laqué, avec une multitude d’herbes en vinaigrette de soja. Alors qu’avec mes rougets, on est douché par les embruns, tant l’iode domine le débat pour un plat résolument marin – et j’adore, le cabillaud est le plat le plus gourmand que l’on puisse imaginer. Je suis un adorateur de la chair du cabillaud, et là, on s’en repaît.

On nous propose à notre arrivée un petit verre de blanc, un Rully Deux Montille Sœur-frère 2008 blanc. Le nez est charmant, l’attaque est très fruitée. Le vin est très simple, très sec, mais comme il est bien fait, il se boit sans chichi. La bonne pioche, c’est le Corton-Charlemagne Jean François Coche-Dury 2008. On me fait goûter. Je sens et je souris. Car les vins de Coche, ça se reconnaît au nez à cent lieues de distance. Ce vin est « la » perfection du Corton Charlemagne. Son acidité est exemplaire. Il a été carafé et je dois dire qu’il m’enthousiasme dans sa fraîcheur, plus que lorsqu’il est épanoui. Car pour ce vin jeune, le coup de fouet que donne la fraîcheur et son acidité révélée est spectaculaire. Quelle richesse ! Avec une vin de ce calibre, on ne décrit pas, on en jouit.

Comment pouvons-nous être aussi fous, car à 16 heures nous étions encore à table, de festoyer ainsi (nous avons même demandé du fromage pour finir le vin !), alors que dans quatre heures, c’est un vrai marathon qui nous attend.

16ème séance de l’académie des vins anciens jeudi, 1 décembre 2011

La seizième séance de l’académie des vins anciens se tient au restaurant La Cagouille tenu par le sympathique et truculent André Robert. Nous sommes 27 à nous partager 43 vins dont quinze proviennent de ma cave. Nous sommes répartis en deux groupes dont voici les vins :

Groupe 1 : Champagne le Brun de Neuville Chardonnay brut – Champagne Janisson Baradon & Fils brut – Champagne François Giraux brut élaboré par P et C Heidsieck années 2000 – Mesnil Nature Blanc de blancs Vin originaire de la Champagne – Mesnil Nature Blanc de blancs Vin originaire de la Champagne – Champagne blanc de blancs sélection Cuis de Pierre Gimonet des années 70 – Champagne Chanoine Frères à Ludes Grande année 1969 – Champagne Charles Heidsieck 1949 – Pavillon Blanc de Château Margaux 1981 – Vin de l’Etoile Coopérative Vinicole de l’Etoile 1979 – Château La Mission Haut-Brion magnum 1972 (commun aux deux groupes) – Château Lafite-Rothschild 1970 – Château Brane Cantenac 1962 – Château Croizet-Bages 1957 – Château Meyney 1914 – Chassagne-Montrachet rouge 1er Cru Boudriottes domaine Ramonet 1978 – Clos Vougeot Armand Naulot 1937 – Châteauneuf-du-Pape Domaine de Mont-Redon 1961 – Hermitage Rochefine Jaboulet Vercherre 1955 – Domaine Weinbach Collette Faller Gewürztraminer Vendanges Tardives 1976 – Sauternes Soleil de France années 1930;

Groupe 2 : Champagne le Brun de Neuville Chardonnay brut – Champagne Janisson Baradon & Fils brut – Champagne François Giraux brut élaboré par P et C Heidsieck années 2000 – Mesnil Nature – Blanc de blancs – Vin originaire de la Champagne – Champagne Piper-Heisieck des années 60 – Champagne blanc de blancs sélection de Pierre Gimonet des années 70 – Puligny-Montrachet 1er Cru Les Combettes domaine Robert Ampeau 1979 – Côtes du Jura blanc Fruitière Vinicole de Château Chalon à Voiteur 1979 – Chateau Coufran 1970 – Château Lestage Listrac 1961 – Château La Mission Haut-Brion magnum 1972 (commun aux deux groupes) – Château Haut-Brion 1964 – Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1938 – St Emilion Seignouret 1937 – Vosne-Romanée 1er Cru Les Malconsorts domaine Sylvain Cathiard 1985 – Beaune Cent-Vignes Grands Vins Chevillot 1961 – Chambertin Cuvée Héritiers Latour domaine Louis Latour 1955 – Chateauneuf du Pape Armand Girardin 1953 – Vouvray demi-sec Albert Moreau 1955 – Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles Hugel 1976 – Champagne Meunier à Ay rosé années 2000.

J’arrive à 17 heures avec la quasi-totalité des vins, certains ayant été livrés au restaurant il y a quelques jours. Kang et Olivier, deux collaborateurs efficaces du restaurant aménagent un espace pour que je puisse ranger les vins de chaque groupe dans l’ordre de service, pour faire la traditionnelle photo de groupe. L’opération d’ouverture commence et je suis très rapidement rejoint par deux amis luxembourgeois qui sont venus avec deux rieslings allemands, Oestricher Lenchen Riesling Auslese Weingut Norbert Eser 1971 et Wehlener Sonnenuhr Riesling Auslese Joh. Jos. Prum 1983, que nous buvons pour nous donner des forces. Ces vins sont brillants, joyeux, et nous mettent d’humeur enjouée. Plus tard, d’autres amis viennent partager ces deux vins et parfois aider aux ouvertures, mais l’opération est déjà presque terminée.

L’apéritif debout se prend avec le Champagne Le Brun de Neuville Chardonnay brut qui est le champagne de la famille d’un des académiciens les plus assidus. Il est simple, mais se boit avec une grande spontanéité. Le Champagne Janisson Baradon & Fils brut est beaucoup trop simple et sans vibration aussi nous le laissons de côté.

Etant du groupe 1, je décrirai ces vins que nous buvons maintenant à table. Le Champagne François Giraux brut élaboré par P et C Heidsieck années 2000 est une belle surprise. Il est agréable, se boit bien et avec des coques, il est généreux et de bon plaisir. Le Mesnil Nature Blanc de blancs Vin originaire de la Champagne pourrait être des années 70, voire 60. Il est beaucoup trop fatigué pour qu’on trouve du plaisir, malgré un goût intéressant que l’on devine.

Le Champagne blanc de blancs sélection Cuis de Pierre Gimonet des années 70 est un champagne déjà évolué mais sympathique. Il a des fruits confits et des fruits bruns et se boit aimablement. Le Champagne Chanoine Frères à Ludes Grande année 1969 est original et agréable, mais il manque un peu de profondeur.

Le Champagne Charles Heidsieck 1949 est d’une année exceptionnelle et l’on ressent tout ce qu’il pourrait dire. Mais hélas il ne délivre qu’un message limité par la fatigue. Ce vin complexe est intéressant mais limité ce qui est frustrant.

Le Pavillon Blanc de Château Margaux 1981 est glorieux, joyeux et puissant. C’est un vrai vin jeune en pleine possession de ses moyens, avec un nez tonitruant. Il est conquérant et convaincant.

Le Vin de l’Etoile Coopérative Vinicole de l’Etoile 1979 est un vin que j’adore. Il est déroutant, profond, coloré. C’est un bonheur lié à sa typicité et son étrangeté.

Le Château La Mission Haut-Brion magnum 1972 (commun aux deux groupes) me déçoit à la première approche et mes amis autour de moi ne comprennent pas ma sévérité. Progressivement il s’assemble et ressemble à ce que La Mission Jaut-Brion peut être, même s’il est discret.

Le Château Lafite-Rothschild 1970 a la beauté racée d’un Lafite, et sa discrétion ne limite pas sa noblesse. C’est un grand vin.

On ne dira jamais assez à quel point 1962 est au dessus de tout ce qui a été écrit. Car le Château Brane Cantenac 1962 est tout simplement superbe de sérénité. C’est un très beau vin de plaisir.

Le Château Croizet-Bages 1957 est une belle surprise, car on n’attendrait pas ce gouleyant d’un vin de ce millésime. Il est très agréable.

Le Château Meyney 1914 est « la » merveille qui justifie à elle seule tous les objectifs de l’académie. Toute la table est subjuguée par ce vin incroyable. C’est le septième ciel. Le fruit rouge et rose, framboise et cassis est incroyablement présent. Il est grandiose. J’avais apporté cette bouteille pour montrer que l’académie doit mettre en valeur ces vins qui méritent d’être bus avant qu’il ne soit trop tard et ne justifient pas le scepticisme absurde trop généralement répandu.

Le Chassagne-Montrachet rouge 1er Cru Boudriottes domaine Ramonet 1978 est un jeune bourgogne très sympathique, qui a de belles subtilités de fruits rouges.

Le Clos Vougeot Armand Naulot 1937 que j’ai apporté avec la même intention de découverte est un magnifique vin accompli. Il a un équilibre parfait de « vrai » bourgogne et ne souffre d’aucun signe de fatigue. Un très grand vin.

Le Châteauneuf-du-Pape Domaine de Mont-Redon 1961 est une merveille. C’est le Châteauneuf accompli, serein. C’est un exemple.

L’Hermitage Rochefine Jaboulet Vercherre 1955 est très beau, vivant, très Rhône.

Le Gewürztraminer Vendanges Tardives Domaine Weinbach Colette Faller 1976 est gourmand et aussi accompli que l’était le Pavillon Blanc de Château Margaux. Un Alsace d’une élégance rare et d’un fruit plein.

Le Sauternes Soleil de France années 1930 ou peut-être plus jeune est fatigué et sans vrai message.

La cuisine intelligente dans sa simplicité a permis, par la multiplicité de plats de la mer de nous restaurer agréablement. Les plats raffinés nous ont plu.

A l’académie des vins anciens, il est normal que cohabitent des vins fatigués et des vins brillants. Nous avons eu la chance de profiter de vins exceptionnels, dont les meilleurs se suivaient à la fin du repas.

Mon classement est : 1 – Château Meyney 1914, 2 – Clos Vougeot Armand Naulot 1937, 3 – Châteauneuf-du-Pape Domaine de Mont-Redon 1961, 4 – Gewürztraminer Vendanges Tardives Domaine Weinbach Colette Faller 1976, 5 – Hermitage Rochefine Jaboulet Vercherre 1955, 6 – Château Brane Cantenac 1962, 7 – Pavillon Blanc de Château Margaux 1981, 8 – Vin de l’Etoile Coopérative Vinicole de l’Etoile 1979, 9 – Château Lafite-Rothschild 1970.

L’académie des vins anciens a atteint son objectif : faire sortir des caves des vins anciens et les partager entre amateurs motivés.

Superge repas bien dosé

Académie des Vins Anciens (AVA) – 16ème séance du 1er décembre 2011 jeudi, 1 décembre 2011

Académie des Vins Anciens (AVA) – 16ème séance du 1er décembre 2011

Règles et informations mises à jour au 20/11/11

(à lire avec attention)

Date et heure : 1er décembre 2011 à 19h00

Lieu : Restaurant La Cagouille 10 Place Constantin Brancusi 75014 PARIS Tél : 01 43 22 09 01 dirigé par André Robert

Nous sommes environ 35 à ce jour, inscrits à cette séance.

Participation financière :

120 € par personne si l’inscrit apporte une bouteille de vin ancien (1) agréée par François Audouze

240 € par personne si l’inscrit vient sans bouteille

(1) si l’inscrit n’a pas de vin assez ancien, un « troc » est possible avec François Audouze, qui mettra au programme un vin ancien, contre une (ou plusieurs) bouteille de vin jeune qui présente un intérêt pour lui

Paiement :

Aucun chèque ne sera remis en banque avant le 30 novembre 2011. Il n’y a donc aucune raison de retarder l’envoi du chèque de paiement.

Le chèque doit être remis si possible avant le 1er novembre à François Audouze. Tout chèque tardif sera refusé et l’inscription ne sera pas confirmée.

L’ordre du chèque est : « François Audouze AVA »

Chèque à envoyer à François Audouze 18 rue de Paris 93130 NOISY LE SEC

Livraison des vins :

Les vins doivent être proposés et agréés par François Audouze. Les bouteilles sont à déposer chez Henriot 5 rue la Boétie 75008 Paris – 2ème étage – 01.47.42.18.06. Notre contact sur place est Martine Finat : mfinat@champagne-henriot.com . Aucune bouteille ne pourra être livrée après le 10 novembre.

Une variante est de m’envoyer par la poste la bouteille à l’adresse : François Audouze société ACIOPAR 18 rue de Paris 93130 NOISY LE SEC

Toute personne qui n’aurait pas effectué son paiement et livré son vin le 10 novembre perdrait son inscription. Le chèque arrivé tardivement lui serait rendu et la bouteille arrivée tardivement aussi.

Remarque sur le caractère strict de cette mesure : la dernière réunion a démontré qu’il est possible de tout régler un mois à l’avance. Le respect de la règle de l’engagement définitif et complet avant le 10 novembre est le moyen d’assurer une réunion sans imprévu.

Au cas (très improbable) où un trop grand nombre d’académiciens n’auraient pas réglé leur participation et livré leur vin au 10 novembre, j’envisage de supprimer la réunion, du fait de l’absence de rigueur constaté lors de précédentes réunions. Je suis persuadé que je peux compter sur la compréhension de chacun, pour une règle facile à appliquer : on dispose aujourd’hui de deux mois pour l’envoi d’un chèque et d’une bouteille, ce qui est une tâche dont la réussite de la réalisation n’est pas irréaliste.

Au plaisir de vous accueillir pour une réunion aussi brillante que les précédentes, et encore plus rigoureuse, car c’est possible.

Déjeuner au restaurant Hiramatsu jeudi, 24 novembre 2011

Déjeuner au restaurant Hiramatsu est toujours un grand plaisir. La décoration est très seyante et cosy, le service est délicat et la nourriture est de grande qualité. Nous prenons une entrée aux coquilles Saint-Jacques et un chausson de lièvre à la royale. La cuisine est à la fois subtile et rassurante. Le lièvre est gentiment gibier, juste ce qu’il faut.

Je me demandais si le Chambertin Armand Rousseau 1999 aurait assez de force face au lièvre et en fait, ce vin délicat, raffiné, jouant sur sa grâce sait hausser le ton quand il faut. Et sans renier une once de sa noblesse il sait s’encanailler avec le plat, poussant son fruit et sa force alcoolique pour faire jeu égal avec des chairs très typées. Ce Chambertin est un très grand vin, avec la noblesse et la subtilité discrète des grands vins bourguignons. Ses petits fruits roses aigrelets lui donnent une vivacité plaisante qui prolonge sa mémoire en bouche.

La cuisine de ce restaurant appelle de grands vins. Nous l’avons vérifié.

déjeuner au Yacht Club de France mercredi, 23 novembre 2011

On pourrait intituler ce sujet : « de l’effet de la motivation ». Depuis qu’avec quelques conscrits nous déjeunons au Yacht Club de France, nous sommes chouchoutés, et la cuisine comme le service valent les prestations de bons étoilés.

Le menu : velouté de potiron aux morilles et langoustines, saumon fumé de Saint-Pierre et Miquelon, éventail d’asperges, algues, œuf mollet de caille / rôti de carré d’agneau pané à la tapenade verte, ris de veau, courge spaghetti aux morilles, pomme paillasse au safran, jus d’agneau / fromages Alléosse / délice poire et vanille au parfum de crème brulée. On sent qu’ils y a des intentions et les chairs sont raffinées.

Le directeur de la restauration courant le marathon avec un des gardes du corps du Président de la République, nous buvons un Champagne « ensemble tout est possible », cuvée 6 mai 2007, élaboré par Pierre Mignon. C’est un champagne autoritaire, beau parleur mais qui agit peu sur la langue. Il est bling-bling, paillettes, genre sauveur de la planète. Court, il ne laissera pas de trace dans l’histoire de la dégustation. Le Champagne Grand Cru Brut Tradition Michel Arnould & Fils a plus de personnalité. Il est très typé, voire un peu trop. Il se boit avec plaisir, car il raconte – lui – des histoires crédibles. C’est en fait le Champagne Grand Cru Pierre Moncuit qui est le plus charmant, élégant, au discours galant.

Le Pouilly-Fuissé Pierre Marchand 2009 a un joli fruit, mais sa verdeur est un peu forte pour moi. La Côte Rôtie La Viaillière domaine de Bonserine 2007 est une très belle surprise, car elle est joyeuse, construite, ensoleillée de belle mâche gourmande. Un vin de belle tenue et de grand charme.

Ces déjeuners au Yacht Club de France où nous reconstruisons ou déconstruisons le monde sont de grands moments, grâce à cette belle motivation d’une équipe efficace.

Charmante attention du restaurant du Yacht Club de France d’avoir écrit le mot « conscrit » sur le dessert, puisqu »ils savent que nous sommes tous de la même année.

déjeuner à laRôtisserie d’en Face mardi, 22 novembre 2011

Selon une tradition instaurée après la mort de notre mère, ma sœur, mon frère et moi, nous nous retrouvons à déjeuner trois fois par an, à l’invitation de chacun d’entre nous à tour de rôle. Notre sœur nous convie au restaurant La Rôtisserie d’en face, l’en face étant le restaurant de Jacques Cagna. La décoration est minimaliste, mais sympathique. On a voulu marquer qu’il n’y a pas de confusion à faire avec la maison-mère. La carte des vins est une douche froide. Car les choix sont quasiment inexistants. Il n’est pas normal que l’on crée à ce point la différence avec « l’en face ». Nous prenons un champagne Moët & Chandon brut sans année qui arrive bien frappé et se boit agréablement.

Le seul vin qui excite mon envie, c’est un Volnay Marquis d’Angerville 1999. Le sympathique maître d’hôtel, vraiment charmant, veut nous servir le vin en annonçant : « ça, c’est grand ». Hélas, le premier verre que je bois est d’une acidité anormale qu’explique un vilain bouchon. Quel embarras ! Le maître d’hôtel goûte le vin, confirme mon analyse et très gentiment remplace la bouteille. L’écart gustatif est colossal et nous goûtons un bourgogne sensible, subtil, émouvant, déclinant de belles rugosités bourguignonnes.

La cuisine est délicieuse. Les cuisses de grenouilles et le poulet à la purée sont d’une exécution franche, sympathique rassurante. Ce fut un beau moment et les vins choisis nous ont plu. Mais on aimerait une carte des vins un peu plus grassouillette.

150è dîner – les vins jeudi, 17 novembre 2011

Plusieurs bouteilles sont sous cellophane. Je ne les ai pas touchées pour la photo.

Champagne Moët & Chandon magnum 1959

Champagne Dom Pérignon Œnothèque magnum 1966

Hermitage blanc La Tour Blanche Jaboulet Vercherre 1947

Château Mouton d’Armailhacq Pauillac 1947

Château l’Angélus Saint Émilion 1947

Château Lafleur Pomerol 1947

Pétrus Pomerol 1947

Château Latour Pauillac 1947

Château Lafite-Rothschild 1947

Champagne Moët & Chandon 1928 dégorgement à la volée

Château Latour Pauillac 1947

Gevrey-Chambertin R.Vinzent négociant 1947

Châteauneuf-du-Pape Réserve des Chartes 1947

Champagne Moët & Chandon Millésime 1911

Vin de Paille Jean Bourdy 1947

Red Port Collection Massandra 1947

Vin de Chypre 1845 (elle est morte, hélas, cassée au château de Saran)

la voici, cadavre qui a embaumé la pièce

les vins offerts au journaliste et au photographe « en mission »

les vins rassemblés au château de Saran. Il manque les Moët 1928 et 1911 qui seront dégorgés à la volée

les bouchons