Il y a un an, l’un des organisateurs des concours de dégustation à l’aveugle de grandes écoles européennes m’avait fait rencontrer un italien grand amateur de vins italiens, venu déjeuner avec moi, et bien sûr avec lui au restaurant Pages, autour de vins italiens de très grande qualité.
Récemment, cet ami des grandes écoles me demande de rencontrer à nouveau l’amateur italien, qui souhaite me revoir. Compte tenu des agendas des uns et des autres, nous sommes convenus de nous retrouver dans ma cave. Mon programme étant assez chargé, j’ai demandé au jeune Maxime de s’occuper des victuailles, et j’ai pu constater qu’avec son ami italien, qui accompagne le grand amateur, il a fait des prouesses d’achats, avec abondance, en provenance de très renommés fournisseurs de charcuterie et de pâtisserie.
Nous sommes cinq. À l’arrivée, la visite de la cave impressionne souvent les personnes que j’invite. Nous sommes ensuite passés dans la salle où nous allons déjeuner.
Le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème que j’ai ouvert tôt ce matin et qui n’avait fait aucun pschitt est d’une subtilité rare, raffiné, fin, d’une longueur infinie et d’une prestance incroyable. Un véritable bonheur. Et sa couleur claire montre une jeunesse rafraichissante.
Le Barolo Giuseppe Mascarello E Figlio 1987 est très impressionnant car il est jeune, mais d’une rondeur remarquable, qui s’exprime surtout dans le finale. Celui-ci est incroyablement long et donne au vin une personnalité vraiment très plaisante.
Le Gaja Sorì San Lorenzo 1970 est un bon vin, mais, passant après le jeune 1987, il manque d’ampleur et surtout de longueur.
Le Barolo Giacomo Conterno Monfortino Riserva Speciale 1971 est brillantissime. C’est l’expression absolue du Barolo, équilibré, long, puissant et d’une prestance souveraine. Je dois pourtant avouer un petit faible pour le 1987, dont la longueur me le fait apprécier encore davantage.
Le Barbaresco Bruno Giacosa 1990 est un très bon vin italien, mais il manque un peu de saveurs souveraines.
Arrive ensuite La Tâche Domaine de la Romanée-Conti 1967, que j’avais aussi ouvert ce matin, dont le bouchon avait sous la capsule une tête dure comme du béton. Mais le bouchon était venu entier, de grande qualité. Ce vin est totalement au sommet. C’est un vin de plénitude, de réflexion, d’humilité. On dit souvent que La Tâche est puissante, mais celle-ci est délicate, douce et subtile. On ne peut que s’agenouiller devant un vin de cette force, de cette ampleur et de cette noblesse. Un vin immense. Il m’a tellement impressionné que j’ai évoqué la visite du Pape Léon XIV à Lourdes qui s’est agenouillé devant la vierge dans la grotte de Massabielle. Toutes révérences gardées, j’ai eu la même impression avec cette bouteille de La Tâche qui m’a profondément ému.
Les vins italiens ont des richesses particulières très intéressantes. Il est peut-être trop tard dans mon parcours d’amoureux du vin pour en explorer toutes les richesses.