C’est à mon tour d’organiser le déjeuner avec mes amis conscrits. Ce sera au siège du Yacht Club de France à Paris. Le responsable du club et en même temps cuisinier, Thierry Le Luc, essaie toujours de faire une cuisine de haut niveau pour notre groupe. J’ai une très bonne relation avec lui et je sais qu’il aimera se surpasser pour créer de beaux accords avec mes vins.
Je lui ai envoyé la liste et nous avons discuté ensemble du menu que voici : hors d’œuvres en apéritif / sashimi de dorade arrosé d’un bouillon asiatique à l’algue de Nori / Saint-Jacques rôties sur une mousseline de topinambour et ail, confites, chips de topinambour / petit filet de bœuf charolais façon Rossini, légumes de saison / fromages d’Éric Lefebvre MOF / tartelette au citron meringuée.
J’arrive une heure avant le repas pour ouvrir mes vins. Le vin blanc et les champagnes avaient été mis au frais la veille. Les parfums sont très engageants.
Les amis arrivent et nous commençons par le Champagne Bollinger R.D. 1995 magnum qui avait fait un pschitt énergique à l’ouverture. Sa couleur est déjà joliment ambrée et la bulle est très active. C’est un champagne puissant et noble, de grand plaisir et de grande expression.
Nous passons à table et pour les deux premiers plats le champagne et le Corton-Charlemagne Bouchard Père & Fils 2005 magnum accompagnent les plats. Le vin de Bouchard est généreux et gourmand. Il associe puissance et douceur. Les deux grands vins sont de beaux compagnons des plats. Ce qui m’a conquis particulièrement, c’est le bouillon asiatique avec le Corton Charlemagne, une merveille de combinaison.
Le Château Brane Cantenac 1978 magnum est très largement au-dessus de ce que j’imaginais. Il est jeune et d’un équilibre incroyable. Lui aussi est gourmand mais surtout noble et pénétrant. Il est de grande profondeur. L’accord avec le charolais est pertinent.
Les accords sont si parfaits que mes amis sont un peu jaloux, car ils se demandent pourquoi la cuisine de Thierry Le Luc est tellement brillante pour ce repas. Il n’est pas impossible que les vins aient aussi participé à ce succès.
Pour la délicieuse tartelette, j’avais prévu un Champagne Dom Ruinart rosé 1981 qui s’est montré élégant et précieux et a réagi avec enthousiasme à la texture meringuée.
Chez moi, dans une armoire à alcools, j’ai choisi une Chartreuse jaune années 80 de 40°qui a fini élégamment notre déjeuner de conscrits. A nos âges, la Chartreuse est l’alcool idéal de fin de repas.
Si je devais classer les vins en prenant en compte les surprises, je classerais : 1 – Château Brane Cantenac 1978, 2 – Corton-Charlemagne Bouchard Père & Fils 2005, 3 – Champagne Bollinger R.D. 1995. Ce sont les trois magnums.
Ce repas amical fut de haut niveau.