Le lendemain, j’ouvre un Champagne Deutz Cuvée William Deutz 1990. La robe est joliment dorée, la bulle est très fine et active. En bouche ce champagne est tout miel. Ce qui frappe c’est l’accomplissement que lui donne son quart de siècle. Il est serein, équilibré bien construit. C’est un très grand champagne, noble, racé, subtil. Lorsqu’il s’échauffe dans le verre, au-delà du miel on sent un peu de fruits rouges en pâte de fruit. Un nouveau Pibarnon 2001, très semblable à celui de la veille, confirme les prédispositions généreuses de ce beau Bandol.
Archives de catégorie : dîners ou repas privés
Deux beaux vins rouges qui cohabitent bien mardi, 14 juillet 2015
Avec mes enfants, la tentation d’ouvrir des vins est grande. Ce sera d’abord un Château de Pibarnon Bandol rouge 2001. Il sent la garrigue, les forêts d’été. En bouche, c’est un vin très agréable charmeur et équilibré, de belle râpe, évoquant garrigue, romarin, fenouil et olive noire. Puissant mais mesuré, c’est un vin de soleil accompli.
Vient ensuite un Vega Sicilia Unico 2000. Le nez est classiquement de cassis et de fruits noirs, avec une pointe de poivre. En bouche, l’attaque est elle aussi classique avec un joli cassis. Mais c’est alors qu’une fusée intersidérale nous emmène dans l’infini. Car le finale de ce vin est une explosion atomique. Il y a des petits grains de cassis pilés qui sont les étoiles brillantes d’un feu d’artifice, sur un fond merveilleusement mentholé. L’attaque est sage, le finale est une explosion, avec force et fraîcheur. C’est diabolique et tétanisant. Nous nous regardons tous tant ce finale paraît invraisemblable. S’il fallait un déclic – dont je n’ai pas besoin – pour que j’adore le Vega Sicilia Unico, ce serait avec le tourbillon vertigineux de ce 2000 qui est encore très jeune, mais qui est affolant par cette fraîcheur mentholée.
Plus étonnant encore est le fait que le vin espagnol ne porte pas ombrage au Pibarnon, qui cohabite très bien sans être éclipsé. Le prétexte de ces vins était une hampe de bœuf très goûteuse et évoquant l’onglet, et c’est le Pibarnon qui lui convient le mieux, le Vega se dégustant pour lui-même.
Déjeuner en famille à l’hôtel du Castellet dimanche, 12 juillet 2015
Déjeuner en famille à l’hôtel du Castellet, à la brasserie San Felice. Nous sommes huit dont trois enfants. L’apéritif se prend avec un Champagne Krug Grande Cuvée magnum. Lorsqu’il est ouvert juste devant nous, la première gorgée signe un champagne très vert, très jeune. L’évolution qui va suivre est très spectaculaire car le champagne prend de l’ampleur, de la densité et devient riche, gorgé de fruits dorés. Il en impose. Il donne beaucoup de plaisir même si l’on sait que quelques années de cave de plus l’auraient encore bonifié. Nous nous sommes régalés.
Pour une araignée de porc que nous avons choisie, j’ai commandé un Musigny domaine Jacques-Frédéric Mugnier 2010 qui est la bouteille qui me tente le plus de la belle carte du restaurant gastronomique de l’hôtel du Castellet. La robe du vin est très clairette, presque violette. Le nez du vin est superbe de grâce, évoquant tous les fruits rouges et noirs que l’on pourrait imaginer. En bouche, le vin est prodigieux. Il est tout velours. Ce qui est impressionnant c’est sa grâce. Il est tout en élégance, en suggestion et chaque goutte de ce nectar est un régal de distinction. Il est tellement bon que je préfère le boire seul, sans le plat, pour profiter de toutes ses subtilités. C’est un vin velouté, toute en finesse, tout simplement merveilleux, avec une mâche très riche et joyeuse.
La cuisine de la brasserie est convenable, le service très attentif. Le soleil de plomb est adouci par une légère brise. Nous avons fait une petite sieste sous les gazebos plantés au milieu du golf. Le cadre de l’hôtel est enchanteur. La vedette du jour aura été le Musigny.
Champagnes pour des repas d’été vendredi, 10 juillet 2015
Nos enfants nous rejoignent dans le sud. C’est d’abord ma fille cadette qui vient par le train. La SNCF était réputée pour son exactitude et semble renier son passé, aussi faute de correspondance, le voyage de ma fille s’est terminé en taxi. A peine arrivée, elle me dit : « bon, on ne va pas se laisser abattre ». L’appel du pied est discret. J’y réponds par un Champagne Dom Pérignon 1998. Ce champagne ne cesse de progresser. Il a atteint une sérénité et une rondeur qui font plaisir à boire. Il y a un joli fruit, une belle mâche. C’est un champagne de satisfaction tant il réjouit le palais. Ma fille m’ayant offert un Pata Negra bien gras, c’est un régal sur le Dom Pérignon.
Le lendemain son frère arrive aussi par le train et aussi en retard. Le dîner s’organise autour de petits sandwiches variés de la maison Matyasy d’Hyères ainsi qu’autour de mini desserts variés de la même maison. Le champagne s’impose. Le Champagne Philipponnat Clos des Goisses 2002 fait un fort contraste avec le champagne de la veille. C’est le janséniste face au rabelaisien. Ce Clos des Goisses est strict, droit, précis, sans aucune recherche de séduction. Quand il s’anime sur la nourriture il montre combien il sait être complexe, mais ne veut pas charmer. Je l’aime bien pour la pureté de son goût, fluide et convaincant.
Le Champagne Salon 1996 met un sourire sur nos lèvres, car celui-ci a tout pour lui. Il a la grandeur, la complexité mais aussi le charme. C’est un grand champagne dont je pense qu’il va encore s’améliorer avec quelques années de plus. Sa longueur est infinie. C’est particulièrement intéressant d’avoir pu goûter ces trois champagnes presque à la suite, si différents mais tous dotés de fortes personnalités. Le Dom Pérignon est charme et sérénité, Le Clos des Goisses est précision et rigueur et le Salon est grandeur et majesté. Il faut de chacun pour faire un monde.
Dîner d’été avec un jeune Vega Sicilia Unico mardi, 7 juillet 2015
C’est le premier dîner d’été où nous invitons. Des voisins et amis nous rejoignent. L’apéritif permet d’ouvrir un Champagne Initial de Jacques Selosse dégorgé en septembre 2011. La première impression est que ce délai de quatre ans après dégorgement est un idéal. Car le champagne est d’une sérénité remarquable. Sa couleur est d’un jaune un peu foncé, de blés de fin d’été, la bulle est bien active et en bouche le champagne est rond, plein, joyeux, facile à vivre, avec un peu de fruits jaunes et des suggestions de miel. Avec ce champagne on ne se pose pas de question, on le boit en se disant que c’est sacrément bon. Des toasts avec des miettes de maquereaux et des toasts avec du foie gras coiffé de kumquats confits cohabitent très bien avec le champagne qui les accueille à bras ouverts tant il est à l’aise. A table, un œuf juste poché sur un fond de purée de petits pois oblige le champagne à devenir plus sophistiqué et il le réussit.
Le gigot d’agneau basse température et son écrasé de pommes de terre (je me mets à utiliser le vocabulaire de la restauration) accompagne un Vega Sicilia Unico 2007. Je venais juste de recevoir ma dotation de cette année qui se commercialise et j’avais envie de l’essayer. Le nez, de cassis, de poivre, d’un soupçon de framboise et d’une suggestion mentholée est à se damner. En bouche, le bambin est encore tout fou. Il y a de la truffe, de l’amertume, du clou de girofle et du cassis sec pilé, mais ce qui domine est cette expression de jeunesse folle. C’est un grand vin, mais il faut le laisser se calmer, car ses 14,5° sont des mustangs sauvages. Il est grand mais pas assez domestiqué, un peu dur pour qu’on l’adore vraiment. A laisser vieillir.
Le repas s’est terminé sur d’excellentes glaces de madame Ré, et sur des discussions où l’on reconstruit le monde, comme s’il nous attendait.
Déjeuner à l’hôtel du Castellet samedi, 27 juin 2015
Déjeuner à l’hôtel du Castellet, juste à côté du circuit automobile, dans la brasserie San Felice. Avant le déjeuner nous prenons l’apéritif sur la terrasse du bar, face au golf et à la piscine de l’hôtel. Le sympathique sommelier Romain Ambrosi me confie le livre de cave qui est très épais. Il fait une chaleur caniculaire aussi est-il normal d’aller vers les champagnes. Le Champagne Dom Pérignon 2005 est disponible à la coupe. Il est le choix d’apéritif. Les verres de service sont si petits qu’il me paraît opportun de prendre ce champagne en bouteille entière plutôt qu’au verre. La première impression ne me plait pas. Le champagne à la belle bulle active est un peu rustaud, pataud, manquant à la fois d’énergie et de vibration. Il est bon quand même, mais pas à la hauteur de ce qu’on attend de Dom Pérignon.
Nous commençons le déjeuner par une tartelette façon pizza avec un râpé de truffe de Richerenches absolument délicieuse qui excite bien le champagne. Je prends ensuite une pièce d’agneau du boucher avec une ratatouille de légumes. Tout cela est bien exécuté et gourmand. Lorsque le 2005 est fini, je demande que l’on apporte un Champagne Dom Pérignon 2004 que je connais beaucoup mieux. La différence est plus que sensible. Il y a dans le 2004 un beau fruit, une belle énergie et une belle mâche. On le boit avec gourmandise. Sur une tarte aux abricots de Riboux et sa glace vanille, on se sent bien.
Comme chaque fois nous allons prendre le café sous les gazebos qui sont installés au sein du parcours de golf, pour une petite sieste qu’excuse la canicule qui règne aujourd’hui, en cette fin du mois de juin.
Non, non, ce n’est pas à moi hélas, cette Posche 918 hybride de 887 chevaux ! Elle est sur le parking de l’hôtel
Dîner chez des amis par un beau soir d’été mercredi, 24 juin 2015
Dîner chez des amis par un beau soir d’été. Le Champagne Salon 1999 est fort agréable mais on n’a pas encore ce qui fera sa grandeur dans quelques années. Un beau jambon Pata Negra le fouette bien ce qui lui donne une belle vibration. C’est un champagne sophistiqué.
Le Champagne Egly-Ouriet Brut Tradition Grand Cru dégorgé en janvier 2013 est plus joyeux, moins sophistiqué, plus facilement compréhensible. Des toasts aillés au foie gras lui donnent une joie de vivre particulière.
Le Champagne Krug 1995 marque un saut qualitatif certain. Ça pianote dans ce champagne où le fruité le dispute à la complexité. Un champagne qui, lui aussi, va encore gagner de l’ampleur avec quelques années de plus.
Le menu de notre hôtesse, remarquable cuisinière, est une crème de petit pois associée à une crème de fromage fondant, puis un navarin d’agneau aux légumes variés et une tarte meringuée au citron.
Le Château Ausone 1980 me plait beaucoup, car ce millésime fait découvrir toute la subtilité du vin quand il parle à voix basse. Discrétion et charme sont ses caractéristiques.
Le Château Figeac 2008 parle d’une voix plus affirmée, beau vin truffé mais dont on mesure ce que le millésime lui retire, la générosité.
Le Château Figeac 2006 contraste avec le précédent, car pour lui le fruit est joyeux, exubérant, spontané. On a la grâce d’un beau Saint-Emilion, avec un naturel évident.
Le Château Haut-Brion 2004 me frappe par la densité de sa trame. C’est un vin extrêmement riche et profond, de grande race. On voit bien que l’on est face à un premier grand cru classé, car il en a la noblesse, et il joue beaucoup plus intensément que ce qu’on attendrait de son millésime.
Le Château de Beaucastel Châteauneuf-du-Pape 1996 en magnum amorce un virage complet par rapport aux vins précédents. Tout d’un coup, on entre dans le monde des vins charmeurs, presque érotiques tant ils flattent les sens. Le parfum de ce vin est celui des mille et une nuits. On nage dans le bonheur. Si le Haut-Brion a une trame beaucoup plus noble et profonde, le Beaucastel se place sur le registre de la joie de boire, ce qui n’exclut pas l’élégance, au contraire. Ce vin a encore beaucoup de ressources et va gagner de l’ampleur. Il a tout l’avenir pour lui.
Classer ces vins si disparates serait difficile, mais trois émergent, le Krug 1995, le Haut-Brion 2004 malgré l’année, et le Beaucastel 1996. La cuisine était superbe. Ce fut une bien belle soirée.
Dîner chez des amis en bord de mer jeudi, 18 juin 2015
Nous sommes invités par des amis dans leur somptueuse maison surplombant la Presqu’île de Giens et offrant des panoramas de rêve sur Porquerolles et Brégançon. Parmi les invités je retrouve avec plaisir le dirigeant du domaine Tempier et son épouse. Le maître de maison nous entraîne dans sa cave et nous demande de faire l’ordre de service des vins.
Le Champagne Henriot Blanc de Blancs sans année est absolument délicieux, gourmand, qui se boit avec une infinie facilité. Voilà un champagne de plaisir. Sur des toasts à la poutargue il est agréable mais c’est surtout sur des toasts au foie gras que le champagne est tout émoustillé.
Nous passons à table. Le Bandol rosé domaine Ray-Jane 2014 est fortement handicapé par sa jeunesse qui bride toute qualité possible. Mais il se boit malgré tout sur des originales pâtes à l’encre de seiche très réussies.
Nous allons goûter quatre vins rouges sur le pigeon. Le Bandol rouge La Tourtine Domaine Tempier 2012 a un nez magnifique prometteur d’un vin bien plein. En bouche c’est un régal. Ce qu’il m’évoque, c’est l’olive noire. Il est vraiment goûteux, joyeux, plein.
Le Bandol rouge La Tourtine Domaine Tempier 2009 montre qu’il est plus âgé, plus assis, sans la violence du fruit, mais il est dans un âge beaucoup plus ingrat que le 2012 encore tout fou. Ce 2009 est dans une phase ingrate où la maturité n’a pas encore pris le dessus. Il est évidemment très bon, mais la balance penche du côté du 2012.
Dans la cave de notre hôte, j’avais repéré une bouteille d’Ott rouge avec l’ancienne bouteille très jolie en forme de quille de jongleur. L’étiquette est rongée au point qu’on ne peut rien lire, mais à vue de nez, je dirais que la bouteille est des années 80. Son bouchon qui se casse au milieu n’a aucune indication d’année. Le Bandol Domaine d’Ott rouge vers 1985 a un nez assez discret. C’est en bouche que tout se joue, sur des notes discrètes, légères, très romantiques. Ce vin me plait énormément car il pianote, un peu à la façon de certains bourgognes élégants et discrets. Certains autour de la table ont du mal à l’apprécier après la richesse de trame des Tempier, mais j’apprécie ce vin, de plain-pied dans une élégante maturité, qui joue en suggestion. La femme du vigneron est de mon avis, ce qui me fait plaisir.
Le Vosne-Romanée Premier Cru les Malconsorts Sylvain Cathiard 1996 a un nez superbe de générosité. La bouche est belle, le vin est pur. Lui aussi est un vin de plaisir. 1996 réussit bien à la Bourgogne.
Un délicieux baba au rhum sera accompagné du Marc de Provence du Domaine Tempier, jeune mais d’une belle personnalité paysanne, râpeux à souhait, viril et joyeux. Il a un goût de revenez-y qui ne trompe pas sur sa qualité. Bien belle soirée par l’une des plus longues journées de fin de printemps.
la jolie forme du Ott
Déjeuner au restaurant Le Quinzième du chef Cyril Lignac mardi, 2 juin 2015
Un ami m’invite au restaurant Le Quinzième du chef Cyril Lignac. Il est implanté dans une partie du quinzième arrondissement assez impersonnelle, mais les abords sont soignés. Le lieu est cossu, au plafond un peu bas, mais l’espace pour les tables est très vaste. La décoration est froide et stricte, compensée par un accueil chaleureux, surtout de la part du sommelier qui m’a reconnu, ce qui crée des relations plus personnelles.
La carte des vins est astucieuse et certains prix sont très attractifs. Mon ami me demande choisir le vin et je suggère un Pouilly Fumé Silex fait par Louis-Benjamin Dagueneau 2011.
Nous choisissons le menu « Découverte au printemps », avec : œuf bio de Plouisy moelleux, girolles cuisinées au jus, émulsion noisettes du Piémont / turbot de Plouguerneau cuisiné à l’huile d’olive, crème safran anis vert, asperges blanches de Soustons fondantes / ris de veau de Corrèze rôti au beurre noisette, jus acidulé aux piquillos, purée de pomme de terre ratte / rhubarbe de Saint Riquier, crémeux chocolat ivoire, sablé beurré, marmelade et sorbet à la rhubarbe.
Le chef fait une cuisine rassurante, traditionnelle et bien exécutée. Les amuse-bouche sont un peu prudents en saveurs, l’œuf est magnifique et gourmand, le turbot aux asperges est classique, le ris de veau est très bon mais un gramme trop cuit, la purée est gourmande. Les desserts sont légers et goûteux. C’est donc rassurant, agréable et facilement lisible.
A la première gorgée, le Pouilly Fumé Silex fait par Louis-Benjamin Dagueneau 2011 est vraiment très vert, une bombe de minéralité. Il ne fait rien pour charmer. Lorsque le vin s’assied dans le verre, et sur les plats, toute la race vive de ce vin apparaît. Fluide, frais, profond, intense, il me plait beaucoup dans une expression assez sauvage. Je pense quand même, comme le sommelier, qu’il faudrait lui laisser quelques années de plus pour le silex lisse ses arêtes tranchantes et devienne presque un galet.
A meal with 50 Pétrus, 47 Pétrus, 45 Mouton, 47 Laville and others dimanche, 31 mai 2015
Florent is a wine enthusiast with an enthusiasm that fascinates me. A generation separates us and I admire his motivation. He organizes a lunch of rare wines for seven to eight people. In the list I see that it includes Latour à Pomerol 1947 considered one of the legendary wines of 1947. This gives the tone of the meal that requires one aligns this level. I decided to hit hard too, to lead others to offer also great wines. My contribution will be a magnum of Pétrus 1950 year which belongs to the legendary years for Pétrus. The magnum has a level in the neck which is particularly good because the capsule is obviously of origin.
The contributions are in addition to contributions with a pure debauchery of some crazy fans, and Florent asks me to choose the restaurant. Having seen how the chef Ryuji Teshima named Teshi, who owns restaurant Pages is passionate about wine, I suggested this restaurant. It was a brilliant idea, as osmosis was found between the cuisine and wines in an atmosphere of rare involvement of the whole team.
Florent and Tomo yesterday attended the dinner for my birthday. Lunch is the next day, which is pure madness. I asked Florent to arrive early in the restaurant to open as many bottles already delivered as he can, and told him that I would open Pétrus 1950 when I arrive. I lent him my tools. The wines were therefore open from 10:00, mine a little before 11:00 and the Mouton 1945 of Tomo arrived a little before noon. Lunch having started around at 1 pm and lasted up to 6 pm, each wine had almost enough oxygenation.
We are seven, all wine lovers. There are professionals who sell old wines, and Tomo, Florent and me.
The weather is nice, and on the sidewalk of the street, we are munching crisps and we drink Champagne Bollinger Vieilles Vignes Françaises 1992. It has a beautiful light golden color. The bubble is present but unobtrusive. The taste evokes honey and brioche. The wine is nice, but I still feel a lack of breadth and length.
We go inside for lunch. The menu made by Teshi considering a few suggestions I made to him is: vegetables / grilled pointed cabbage chips, shredded chorizo / bread puffed crispy potatoe of Noirmoutier / caviar of Sologne in a small pancake / bass carpaccio Ikejime line / line turbot Ile d’Yeu and shellfish citrus / Wagyu carpaccio Ozaki, radishes and turnips / lamb of Lozère walnuts and grilled lamb in Binchotan, declination carrots / beef of Galicia matured 45 days grilled Binchotan, beef juice egg and chanterelles / Wagyu Kobe beef, five months of maturation, grilled Binchotan, potatoe / verbena sorbet and poppy duo / brûlée flavored ice cream Elderberry sorbet strawberry charlotte and rhubarb compote.
Teshi had the intelligence to simplify the dishes in order that they fit best to the wines. Teshi, his sommelier Vincent and the whole kitchen team were able to taste the wines. It was a joy to see their eyes shine.
Champagne Philipponnat Grande Réserve Blanc de Blancs 1955 carries a banner with the words « exceptional selection of 2,000 bottles. » The fragrance is that of an ancient wine, superb. Without really showing its bubbles it has a sparkling finish. The color is amber. It is for me an immense champagne, magic, with a precise nose. It evokes almonds, lime, which makes it very fresh. It has a very long finish which shows its alcohol. One can also feel the cigar and butter. Its final is of a rare freshness. It reminds me of beautiful Meursaults maturity. Caviar of Sologne is absolutely outstanding, a perfect balance.
The Batard-Montrachet Domaine Claude Ramonet 1961 is an amber wine. One might worry too much about its evolution but in fact it is beautiful, with a nice outfit nose. The mouth is generous. This is just the final which shows a little bitterness but that fades with time. The wine enjoys a nice evolution in the glass. It is subtle. It is a wine that tells beautiful things. But we’ll soon forget!
For the Château Laville Haut-Brion 1947 Graves has an incredible nose of strength and subtlety of lemon. My table neighbor keeps the feel for minutes, without feeling the need to drink as the fragrance is spellbinding. Its color is light golden honey. The palate is powerful, exotic, fabulous. This is the perfection of white Bordeaux wine. This is a white wine anthology reminds me of the sea as it seems iodized. But there are also flowers and citrus. The fluidity of its finish is extreme.
The Corton Charlemagne Jean-François Coche-Dury 2001 has an explosive scent. It evokes a flint. Fat wine is huge, but it also has a lot of freshness. It evokes toasted hazelnuts. One wonders how such exuberance is possible.
The Château Latour à Pomerol 1947 has a very dark color. The nose evokes a strong truffle. The mouth is also very truffle. The wine is rather sweet. Wine is a little roasted, evoking coffee. We are very far from the legend and magic I expected and which had prompted me to register. Wine is too short, but with the carpaccio Ozaki, it takes greatness.
The Château Latour Pauillac 1921 has a nose of red fruit that I love and that will continue until the end of the meal. The good dark color is very beautiful. The nose is « giant », evoked fruits are crazy, raspberry and cassis. It is impossible to imagine that it is 94 years old. The mouth is beautiful with a little bitter fruits. The mouth is not totally perfect and the wine, except his nose, is not a total balance. In addition to fruits, one feels the truffle.
When I wear the glass to my nose, I cringe. The Chateau Trotanoy Pomerol 1959 is corked and I am surprised that we are so little to perceive it. I feel the glass of Tomo which actually has less cork smell, but it is there. In the mouth it feels nothing at all but minimally in the final. The wine is quite cheerful, full, with lots of charm. We would meet in if there was not this final drying, reflecting the cork accident.
Aside from the very pretty fruits of 1921, I find this series of three rather weak. Fortunately, the second series of three wines will delight us.
Château Mouton-Rothschild 1945 of Tomo, I examined every angle. All indices show that the wine is authentic. On the cork, which broke into a thousand pieces, one clearly reads 194 and the small bottom hook accredits the number 5. The nose is superb. It is a very fine wine, very subtle, but I remain cautious in my review because I do not find the perfection that I have in memory. The wine is generous, the color is beautiful, barely tiled. Galicia is wonderful meat and sticks well to the wine, which is becoming increasingly close, comfortable and balanced. At this point, now I find the expected perfection. The wine is not as nice as the one I drank, but it really is very close to that perfection. The wine is velvety, with a small sign of roasting more than I have in memory. It belongs to great wines.
The Pétrus Pomerol 1947 extraordinary color is full of youth and again doubt about wine is not possible when looking at the capsule and the cork. The nose is very elegant, slightly closed. In the mouth it is also what some roasted side that I do not like. I was very surprised that the majority of the guests are so laudatory to this wine that does not provide the quality I’ve experienced with Pétrus 1947. I have not felt the magic it should have and it bothers me a little that some are captivated by the supposed magic of myth, which, moreover, had no label.
The Pétrus Pomerol 1950 magnum might push me toward my natural tendency to prefer wines I bring, but now I do not need, because wine is a hundred cubits above all others. It is absolute perfection. It has charm, velvet, not a fault of a gram. It is absolute perfection. It evokes the truffle and its finale that never ends, there is the truffle. It is fluid, fresh and young. It is perfect. We will see in the votes I am not exaggerating.
Chateau Sigalas-Rabaud 1921 has a beautiful deep amber color. The wine smells of caramel. In the mouth it is also there in front of perfection. And with crème caramel creates an almost orgasmic combination.
We poured a glass of each wine that shared the chef, sommelier and all the team. See their eyes light to approach such wines is a delight. The atmosphere in the restaurant was of a friendship and a dream generosity because Teshi opened for us the wonderful caviar and a piece of very rare Kobe because of aging. We were almost alone in the restaurant that has created a family atmosphere.
For once we involved the chef and the sommelier to our votes. We are nine voting, choosing four wines. They focused on seven wine out of twelve wine which is a higher concentration than usual. I believe this is the first time that a wine harvests a place of number one seven times on nine voting. This is the Pétrus 1950. The 47 and 45 Mouton had a vote of first.
The consensus of the vote would be: 1 – Pétrus Pomerol Magnum 1950, 2 – Pétrus Pomerol 1947 3 – Château Mouton-Rothschild 1945, 4 – Château Laville Haut Brion Graves 1947 5 – Corton Charlemagne Jean-François Coche-Dury in 2001.
My vote is: 1 – Pétrus Pomerol Magnum 1950, 2 – Château Mouton-Rothschild 1945, 3 – Château Laville Haut-Brion 1947 Graves, 4 – Champagne Philipponnat Grande Réserve Blanc de Blancs 1955.
The Pétrus 1947 is not in my vote and its second place in the combined votes surprises me. But it is the law of the genre. Tastes are different between lovers. The cook was inspired, Teshi, highly motivated, applying to what the pure product is highlighted by complementary flavors, all consistent.
My vision of this experience is that the four wines for which I voted, plus the Latour 1921 and the Sigalas-Rabaud 1921 value this meal to make it an absolutely memorable meal. We cannot have a 100% success and even a little weak wine had something to say. The incredible atmosphere in the restaurant fascinated me.
Tomo was pleased with the performance of his Mouton. He invites us, plus the chef to share a champagne home, as if we needed it. Champagne Moët & Chandon magnum 1959 has a beautiful golden color like wheat. But on the palate, the wine is not at the rendezvous, a little pasty, although this wine, which we have already shared Tomo and I in magnum is normally a quality and freshness extraordinary. It still is drunk with pleasure, honey and brioche supporting good.
The final grace, the desired end point is found with the Arbois Vin de Paille 1915 of Tomo. Suave, almost sweet, it has a lot in common with the subtle sweetness of Tokaji 5 Puttonyos 1866 I recently drank. Such a conclusion is perfect for a great tour through legendary wines, some being there at their rendez-vous, some not, but who cares, to quote the regretted Joseph Henriot, « the important thing is the way. »
(pictures are on the article in French)





































































