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La passion d’un amoureux de curiosités antiques mardi, 1 novembre 2011

La personne chez qui je suis allé à Rennes goûter le vin de 1690 qui m’a procuré une émotion énorme est un passionné. C’est lui qui avait déniché cette bouteille.

Il n’a pas des moyens gigantesques mais sa passion le pousse à explorer des vins atypiques dont certains sont prestigieux.

J’adore cette authentique passion. Voici le message qu’il m’a envoyé, « dans son jus », pour que sa passion transparaisse comme elle s’exprime :

Romanée Conti 1964 avec Dominique Fornage en Suisse : Rose Reglisse , 20 sur 20

Petrus 1947 bouchon étiquette d’origine, 1000 euros en Belgique chez Vinum Petri spécialiste des vieux Van der Meulen : Framboise Botryfiée ,19 sur 20

Yquem 1921 1500 euros chez Vinum Petri :Mélasse de Fraise,19 sur 20

margaux Aligre vers 1850 ,100 euros a la cave de saint Germain les lices a Rennes ( qui a des cognac du 19eme dont des 1811 ) La bouteille a 2 sceaux, bouchon d’ origine :couleur rouge,fruits rouges en attaque ,puis du cuir chevalin , 12 sur 20

Gruaud Laroze 1869 d’épave,j’ai raté la vente aux enchère mais l’acheteur me la revend 700 euros.Reconditionnée en 1992: couleur rose virant marron dans le verre.massif, cuir chevalin en attaque , orange en milieu ,safran en finale , ensemble salé et marin et un peu chocolaté. 22 sur 20

Sauternes vers 1865 ,j’achete cette bouteille 500 euros près de bordeaux a la veuve d’un collectionneur, c’est la plus vielle de la cave, elle refuse de la confier a un transporteur, je me déplace.Verre vert avec des bulles rondes dedant ,bouchon d’origine rétrécit ciré : vin épais noir,concentration et puissance inouies ,merveilleux gout de mélasse de pruneaux botrifiés 25 sur 20

Porto garrafeira 1871 ,130 euros a la cave nationnal garrafeira de lisbonne spécialiste des portos maderes antiques.le vin a passé 60 ans en bombonnes ,embouteillé vers 1930:robe marron,prunes botryfiées ,très bon mais pas magique 15 sur 20

madères ,j’ai travaillé 18 mois a oslo, dans un bar a vin au nom oublié , un couple commande 2 madères 1825 et 1845 enbouteillés vers 1920 ,ils partent en laissant la moitié pour le personnel, le sommelier chinois me fais gouter les vins: Racés avec des paliers dans le corp ,vieux bois. 20 sur 20

PX vers 1800, 400 bouteilles diverses du 19eme sont retrouvées entérées dans un chateau a saint brieux,aux enchères j’en obtient une pour 60 euro l’une des plus vielles et moins chères,,un cilyndre en verrre noir ciré début 19eme identique a votre lachrima christi 1805: noir et visqueux, caramel café très chargé en safran. Des années après l’ouverture le dépot sent toujours bon .Un long sejour en fut probable indique que le vin pourrait dater de la fin 18eme 24 sur 20

Madère 18eme offerte par monsieur Audouze ,cilyndre en verre noir vers 1800 : couleur or , sublime fin racé complexe long ,le miel se mélange au caramel,l’alcool a la cire,le citron a la pomme, les fleurs aux noix.le vin a bien du passer 50 ans en bombonne comme c’est la méthode des grand maderes , il pourrai dater entre 1730 et 1780 , 24 sur 20

oignon 1730 d’épave d’un 3 mats de la mer du nord coulé dans une tempete,800 euros a un antiquaire australien.:a l’ouverture forte odeur de crotte d’éléphant puis plus d’odeur,bois pourri salé très passé sans alcool ,au nez une touche de cuir bovin, imbuvable. 3 sur 20

Oignon 300 ans bouteille d auberge antérieure a la commercialisation publique .1000 euros aux enchères a londres. Elle vient d’une cave mais le vendeur garde l anonymat .Bas niveaux,bouchon moisi , couleur jaune orangé: très peu d alcool mais il a encore du corp; Nez d herbes de provences ,bouche: vieux tabac terre craie. 17 sur 20

J’adore cette passion. La bouteille bue ensemble est la dernière de ce message.

prix Edmond de Rothschild – préparatifs mercredi, 26 octobre 2011

La baronne Nadine de Rothschild remet chaque année deux prix qui couronnent des ouvrages sur le vin. Le jury se réunit dans une salle de réunion de l’immeuble de la banque Rothschild. Nous sommes en petit comité du fait des vacances scolaires et de nombreux votes ont été exprimés hors séance. Nous discutons des ouvrages en compétition qui seront primés dans un mois.

Un buffet contrebalance les nourritures spirituelles. Le Château Clarke 2005 est d’un très bel épanouissement.

Je découvre le Champagne Barons de Rothschild que je ne connaissais pas et qui s’accorde merveilleusement avec le brie délicieux produit sur les terres de notre hôtesse.

Les discussions entre membres du jury, essentiellement des professionnels de l’écriture sur le vin, sont animées et passionnantes.

Une rencontre purement invraisemblable mardi, 13 septembre 2011

Une rencontre purement invraisemblable

Bipin Desai, le chercheur et professeur en physique nucléaire d’une des plus grandes universités américaines organise des dîners thématiques spectaculaires. Il « promène » avec lui chaque année un groupe d’amateurs américains pour des festivités dans les plus grands restaurants de France et d’Espagne. Je rejoins son groupe pour une dégustation thématique des vins du domaine de Montille, et je rencontre un nouveau venu dans le groupe d’américains. Nous bavardons, papotons de-ci-delà, et la question vient : « qu’est-ce que c’est qu’un vin ancien ? ». Je réponds, croyant avoir à faire avec un amateur « normal » et c’est alors que je vais de surprise en surprise. Cet d’homme d’environ 55 ans a bu Ausone 1865, a bu des pétrus du 19ème siècle, se met à parler de vins pré phylloxériques, et il me subjugue par une connaissance des vins de Bourgogne, des parcelles même, qui est hallucinante.

On voit bien quand quelqu’un a une culture livresque ou quand c’est du vécu.

Très modeste, disant juste quelques petites choses sur les vins d’Henri Jayer, sur l’évolution des parcelles de La Tâche dans les années 20, qui situe l’être hors norme.

Je me suis tu, j’ai écouté, d’autant qu’ils se renvoyaient la balle avec Michel Bettane et j’étais bouche bée.

Alors, ce matin, je suis allé sur Google avec le nom de mon voisin de table, et j’ai lu des comptes-rendus de dîners qu’il a faits avec Michael Broadbent, sortant plus de dix millésimes exceptionnels de la Romanée Conti, dont du 19ème siècle,

En lisant sur le net, j’ai vu que la cave fabuleuse du restaurant RN74 de San Francisco est son apport en nature, car il est l’un des actionnaires de ce restaurant aux grands vins inouïs.

Nous avons prévu de nous revoir, mais je dois dire que je me sentais petit gamin pas seulement pour ce qu’il a bu, mais aussi par l’invraisemblable connaissance qu’il a de l’histoire des vins. C’était surtout sur la Bourgogne, parce que nous étions à la table d’Hubert et Etienne de Montille. Mais quelqu’un qui a bu Ausone 1865 ou Pétrus 1893 ne doit pas être un perdreau de l’année en vins de Bordeaux.

J’adore ces rencontres totalement imprévues qui me montrent qu’il y a un peu plus large que la cour de mon clocher.

Son nom ? Wilf Jaeger. Faites comme moi, Googlez : vous serez subjugué.

les vins bus cet été – récapitulation jeudi, 1 septembre 2011

Je suis dans le sud depuis le 11 juin. Il est intéressant de voir tout ce que nous avons bu dans le sud sur cette période d’été qui finit.

Ce sont 104 vins qui ont été ouverts, dont 25 magnums et 79 bouteilles. Le champagne, car c’était ma volonté, est le grand gagnant, avec 44 flacons dont 23 magnums. Il est suivi de 36 vins rouges, 18 vins blancs, seulement 4 liquoreux, ce qui est logique du fait de la chaleur et 2 alcools.

Par région, on a 44 champagnes, 19 vins du Rhône, 14 bordeaux, 9 vins de Provence, 9 bourgognes, 6 vins étrangers, 1 vin du Sud-ouest et 2 alcools.

Voici les vins :

Champagnes :

Champagne Bollinger Grande Année 1990 – Champagne Bollinger Grande Année 1996 – Champagne Bollinger Spéciale Cuvée magnum sans année – Champagne Cristal Roederer rosé magnum 1999 – Champagne Dom Pérignon 1996 – Champagne Dom Pérignon magnum 1988 – Champagne Dom Pérignon magnum 1990 – Champagne Dom Pérignon magnum 1998 – Champagne Dom Ruinart 1990 – Champagne Dom Ruinart rosé 1988 – champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1996 – Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs magnum 1990 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Henriot magnum 1996 – Champagne Krug Grande Cuvée – Champagne Krug Grande Cuvée sans année – Champagne Krug Grande Cuvée sans année – Champagne Krug Grande Cuvée ss A # 1985 – Champagne Laurent Perrier Cuvée Grand Siècle magnum sans année – Champagne Laurent Perrier Grand Siècle magnum sans année – Champagne Laurent Perrier Grand Siècle vers 1970 – Champagne Laurent-Perrier Cuvée Grand Siècle magnum ss A – Champagne Perrier Jouêt rosé 1966 – Champagne Perrier-Jouët rosé 1969 – Champagne Pierre Péters Cuvée Spéciale les Chétillons magnum 2002 – Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1996 – Champagne Pol Roger Cuvée Winston Churchill 1996 – Champagne Roses de Jeanne, Pinot Blanc La Bolorée, Cédric Bouchard 2005 – Champagne Ruinart sans année – Champagne Salon 1982 – Champagne Salon 1997 – Champagne Salon 1997 – Champagne Salon magnum 1988 – Champagne Salon magnum 1995 – Champagne Salon magnum 1996 – Champagne Salon magnum 1997 – Champagne Salon magnum 1997 – Champagne Salon magnum 1997 – Champagne Veuve Clicquot Ponsardin Brut 1979

Vins du Rhône

Condrieu Les Chaillées de l’Enfer Domaine Georges Vernay magnum 2000 – Hermitage Chave blanc 1983 – Hermitage Chave blanc 1989 – Château Rayas Chateauneuf-du-Pape 2000 – Château Rayas Chateauneuf-du-Pape rouge 1988 – Chateauneuf-du-Pape « Cuvée Reservée » Domaine du Pégaü 1981 – Chateauneuf-du-Pape « Reserve des Célestins » Henri Bonneau 1981 – Chateauneuf-du-Pape Château de Beaucastel Hommage à Jacques Perrin 1999 – Chateauneuf-du-Pape Château de Beaucastel Hommage à Jacques Perrin 2001 – Chateauneuf-du-Pape Domaine de Mont-Redon 1978 – Chateauneuf-du-Pape Les Olivets de Roger Sabon & Fils 1971 – Côte Rôtie La Landonne Guigal 1979 – Côte Rôtie La Landonne Guigal 2000 – Côte Rôtie La Landonne Guigal 2000 – Côte Rôtie La Mouline Guigal 1986 – Côte Rôtie La Mouline Guigal 1986 – Côte Rôtie La Mouline Guigal 1996 – Côte Rôtie La Mouline Guigal 2000 – Côte Rôtie La Turque Guigal 2000

Les bordeaux

Château Haut-Brion blanc 1960 – Château Haut-Brion blanc 1970 – Château Haut-Brion blanc 1985 – Château Laville Haut-Brion 1967 – Château Laville Haut-Brion 1980 – Château Laville Haut-Brion 1982 – Château Climens 1962 – Château d’Yquem 1998 – Château Gilette Crème de Tête 1953 – Château Figeac 2001 – Château Mouton Rothschild 1967 – Château Pavie 1960 – Château Trotanoy 2001 – Château Trotanoy Pomerol 1999

Les bourgognes

Chassagne-Montrachet les Chaumées Olivier Leflaive 2000 – Chevalier-Montrachet Bouchard Père & Fils 1998 – Meursault Charmes Domaine des Comtes Lafon 2002 – Puligny-Montrachet Louis Chevallier 1964 – Chambertin Clos de Bèze domaine Armand Rousseau 2002 – Chambertin F.Tortochot 1969 – Clos de la Roche domaine Dujac 1978 – Gevrey-Chambertin Clos Saint-Jacques Domaine Armand Rousseau 2001 – Pommard Epenots domaine Parent magnum 1969

Les vins de Provence ou sud Rhône

L’Angueiroun Côtes de Provence rosé 2010 – Château de Pibarnon Bandol rouge 2005 – Château Pradeaux Bandol 1996 – Château Sainte-Anne Bandol 1998 – Château Vannières Bandol 1983 – Château Vannières Bandol 1983 – Palette Domaine du Grand Côté 2005 – Terrebrune Bandol 1987 – Terrebrune Bandol rouge 2007

Les vins étrangers

Grüner Veltliner « Ried Lamm » Schloss Gobelsburg 1995 – Ilios, vin blanc sec de Rhodes 1987 – Kistler Durell Vineyard Sonoma Coast 2008 – Tokaji Eszencia Aszu 1988 – Vega Sicilia Unico 1965 – Vega Sicilia Unico 1989

Le vin du sud-ouest

Clos Joliette Jurançon sec 1974

Les alcools

Bas Armagnac Langeroy du Tiers 1985 – Single Cask Malt Whisky Karuizawa 1967

En regardant ces listes on s’aperçoit que nous avons bu surtout des valeurs sûres, des vins dits d’étiquettes, mais c’est voulu, car il faut choisir des climats plus tempérés pour faire des découvertes.

Je suis naturellement content d’avoir pu partager ces vins avec ma famille et mes amis.

Mais la cerise sur le gâteau, c’est que malgré ce programme assez massif, au moment de repartir à Paris, j’ai perdu 7 kilos !

Que demander de plus !

fondation Maeght et musée Bonnard samedi, 20 août 2011

Lorsque ma femme est allée voir notre fils à Miami, elle a rencontré un jeune galeriste à Palm Beach dans une foire d’Art Moderne du type FIAC. Elle a acheté un tableau d’un jeune peintre qui monte et le galeriste lui a signalé une des galeries de ses parents belges à Saint Paul de Vence. Nous y sommes allés et dans un gigantesque ensemble architectural des œuvres résolument modernes sont exposées. L’une a attiré mes yeux. Il s’agit de la cage d’un but de football dont le filet est remplacé par un vitrail ancien représentant un saint évêque croisant les mains ce qui pourrai laisser penser qu’il cache un ballon. Ailleurs c’est une armoire vitrée flamande qui de loin semble abriter de la porcelaine de Delft, avec des motifs aux variations de bleu sur fond blanc. On s’approche et ce que l’on a pris pour de beaux vases sont des bonbonnes de gaz et les belles assiettes décorées sont en fait des lames d’acier de scies circulaires. Etonnant, non, comme dirait Desproges.

Ma femme a demandé les prix des œuvres du peintre qui l’avait intéressé à Palm Beach, et en quelques mois, la cote à facilement triplé. Nous allons à la deuxième boutique des Pieters en face de la Colombe d’Or, puis nous nous rendons à pied par un soleil de plomb à la Fondation Maeght.

En pleine nature, l’ensemble immobilier conçu par un architecte catalan il y a cinquante ans frappe encore par son modernisme. Et l’on respire l’art pur, fou dans son abstraction, et l’on sent l’amitié qui devait lier les Maeght aux plus grands artistes du 20ème siècle. Cette immersion dans un art débridé et désinvolte est rafraîchissante.

Une amie nous avait suggéré : « ne ratez pas le musée Bonnard ». Ce qu’elle ne savait pas, c’est que mon père, qui peignait, avant une secrète adoration pour Bonnard.

Nous nous rendons au Cannet au musée inauguré il y a seulement deux mois, qui regorge d’œuvres de ce peintre atypique, coloriste de génie, qui cherchait la vérité dans la peinture d’objets ou d’instants d’une grande banalité. Car cette vérité il la voulait sans influence de la scène ou de l’objet.

C’est cette recherche de la vérité par le trait et la couleur qui est assez fascinante. Alors que ma femme ne mordait pas, je vibrais comme par filiation, sentant les émotions que devait éprouver mon père.

Nous sommes ensuite allés en fin de visite regarder un film très complet sur Bonnard qui explique de façon déterminante sa recherche, son évolution, et les choix de sa vie. Ce film est fondamental pour comprendre ce grand peintre qui n’a pas la renommée qu’il devrait avoir. Ma femme a complètement revu sa perception du peintre. Nous reviendrons !

Du groupe des Nabis, il a côtoyé les plus grands peintres mais aussi Mallarmé dont la recherche avec des mots a beaucoup de points communs avec sa recherche par les couleurs.

Cette bouffée d’art, ça fait du bien !