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Les vins que j’ai bus en 2013 dimanche, 29 décembre 2013

Les vins que j’ai bus en 2013

Il reste encore deux jours, mais tant pis. J’ai bu 834 vins en 94 millésimes. La liste qui suit donne les nombres bus par année. Le signe # indique une année jugée approximativement parce que la bouteille était illisible ou sans année. Ces années avec # ne sont pas comptées dans les 94.

1850 #, 1856, 1865, 1876, 1880, 1890 #, 1891, 1894, 1896, 1899, 1900, 1900 #, 1901, 1904 #, 1910 #, 1911 (2), 1913, 1914 (3), 1915, 1918, 1919, 1921, 1922 (3), 1923 (2), 1926 (3), 1928 (12), 1929 (6), 1930 #, 1931, 1932 (2) – 1933 – 1934 (7) – 1935 – 1937 (8) – 1938 – 1940 # – 1942 – 1943 (11) – 1944 # – 1945 (5) – 1946 – 1947 (7) – 1948 (2) – 1949 (6) – 1950 (6) – 1950 # (3) – 1951 – 1952 (2) – 1953 (2) – 1955 (8) – 1956 (3) – 1957 (3) – 1958 – 1959 (9) – 1960 (4) – 1960 # (5) – 1961 (13) – 1962 (12) – 1964 (9) – 1965 – 1966 (9) – 1967 (6) – 1968 – 1969 (6) – 1970 (9) – 1970 # (3) – 1971 (6) – 1973 (7) – 1974 (3) – 1975 (8) – 1976 (6) – 1977 – 1978 (8) – 1979 (6) – 1980 (7) – 1980 # (2) – 1981 (2) – 1982 (7) – 1983 (16) – 1984 (4) – 1985 (12) – 1986 (5) – 1987 – 1988 (9) – 1989 (19) – 1990 (22) – 1991 (10) – 1992 (9) – 1993 (7) – 1994 (2) – 1995 (13) – 1996 (31) – 1997 (9) – 1998 (16) – 1999 (17) – 2000 (19) – 2001 (9) – 2002 (31) – 2003 (21) – 2004 (25) – 2004 # – 2005 (22) – 2006 (13) – 2007 (23) – 2008 (14) – 2009 (28) – 2010 (32) – 2010 # – 2011 (27) – 2012 (13) – 2013 – ss A (65) – Total général (834) en 94 millésimes (les # ne sont pas comptés.

Les années que j’ai bues le plus sont bien jeunes ! 2010, 1996, 2002, 2009, 2011, 2004, 2007, 1990, 2005, 2003 sont les années dont j’ai bu plus de 20 vins.

J’ai essayé de trouver les bouteilles qui m’ont donné les plus grandes émotions cette année. Ce n’est pas un classement par le goût seulement, car certaines bouteilles ont une valeur de souvenir par les émotions qu’elles m’ont données. L’examen étant fait de mémoire, je peux avoir oublié des grands vins. Là aussi, tant pis.

Champagne Dom Pérignon 1929 : bu avec Richard Geoffroy. Dans mon rangement de cave, cette bouteille a été exhumée, alors que j’ignorais que je l’avais. Il fallait absolument que je la boive avec Richard Geoffroy. C’est le plus grand Dom Pérignon de ma vie.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti 1962 : j’ai enfin pu acheter ce mythe. Je l’ai bue avec un ami dont la Romanée Conti 1960 était hélas trop fatiguée. Ce vin a été totalement conforme au mythe. Un des plus grands vins rouges de ma vie.

Marsala 1856 : bouteille que j’ai apportée au restaurant El Celler de Can Rocca nommé premier restaurant du monde, où je me suis rendu avec Didier Depond. Le vin a été éblouissant.

La Tâche Domaine de la Romanée Conti magnum 1990 : apporté par Aubert de Villaine au dîner annuel de vignerons que j’organise, le point culminant de mon année d’amoureux des vins. La bouteille a été conforme à sa légende.

Champagne Dom Pérignon Œnothèque magnum 1975 : bu au même dîner de vigneron, ce vin m’a impressionné par sa puissance de persuasion. Un champagne immense.

Château Margaux 1/2 bt 1928 : j’ai eu la chance d’acheter cette demi-bouteille qui s’est montrée éblouissante de jeunesse dans un dîner d’amis.

Château Mouton-Rothschild en deux demi-bouteilles 1928 : même remarque pour ces deux demi-bouteilles, éblouissantes, dont personne ne pouvait imaginer que ce vin si sublime provienne de demi-bouteilles

Champagne Salon magnum 1971 : bu à El Celler de Can Rocca et fournie par Didier Depond. Vin de première grandeur partagé avec lui.

Vin d’Alicante 1865 : c’est un de mes apports au dîner de vignerons. Vin de grande délicatesse et subtilité. Merveilleux témoignage d’une époque pré-phylloxérique qui a fait des grands vins.

Romanée Conti domaine de la Romanée Conti 1934 : l’émotion vient du fait que je l’ai partagée avec Aubert de Villaine ey Bipin Desai le lendemain du dîner de vignerons.

Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1962 : bouteille apportée par Richard Geoffroy lorsque nous avons partagé la Dom Pérignon 1929

Romanée Conti domaine de la Romanée Conti 1956 : bouteille que j’ai apportée lorsque nous avons partagé la Dom Pérignon 1929. Grande par le goût et par l’émotion du partage.

Champagne du centenaire de la maison Pierre Péters (de 1921 à 2010) : champagne fait par Rodolphe Péters et comportant tous les millésimes fait par trois générations de Péters. L’émotion est venue du fait que c’est la première fois que Rodolphe Péters ouvrait cette bouteille.

Côtes de Nuits, vers 1850 # : l’une des deux bouteilles trouvées dans les ruines e l’abbaye de Saint-Vivant. Aubert de Villaine m’a fait l’honneur de me demander, comme pour la première d’ouvrir cette bouteille relique

Musigny Coron Père & Fils 1899 : j’avais ouvert ce même vin le 31/12/1999 à 23h40 pour passer à l’année 2000 avec un vin de juste cent ans. Ce Musigny s’est montré lors d’un dîner d’amis aussi sublime que le précédent.

Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1946 : ouvert au domaine par Aubert de Villaine lors de la cérémonie d’ouverture de la relique de l’abbaye de Saint-Vivant.

Chartreuse faite à Tarragone vers 1928 : bue en de nombreuses occasions à la maison, car c’est sans doute ce qui se fait de mieux en termes de goût.

Champagne Krug Clos du Mesnil 1981 : champagne sublime de complexité bu avec un ami.

Pingus Ribeira del Duero 2009 : ouvert lors d’un repas d’été. Il est ajouté dans cette liste par amitié envers Pieter Siesseck, touché par un deuil familial d’infinie tristesse

Marc de Bourgogne Chauvet 1913 : le seul flacon de 1913 que j’ai ouvert pour ses cent ans, lors de mon dîner d’aniversaire

Maurydoré Rancio de Volontat 1880 : ouvert lors du dîner de vignerons. Je connaissais le tonneau d’où fut extrait ce vin concentré comme un parfum

Château La Tour Blanche 1943 : ouvert par mes hôtes au château lors de ma visite, pour honorer mon anniversaire

Château Lafite-Rothschild 1947 : mis dans cette sélection à cause de la perfection du goût de ce vin

Musigny Roumier 1969 : ajouté parce que je n’ai que rarement bu des vins de ce prestigieux domaine.

Au-delà de ces vins il y a des vins extraordinaires, mais j’ai choisi ceux que ma mémoire a reconnus et ceux qui ont été entourés de l’émotion de les partager.

2013 a été une année bénie pour moi, m’offrant des rencontres avec des vins extraordinaires. Je suis sensible à cette chance extrême que j’ai et aussi à l’amitié que me portent des vignerons et des amateurs qui sont chers à mon cœur.

Emission « on ne parle pas la bouche pleine sur France Culture dimanche, 29 décembre 2013

J’avais annoncé l’émission à 12h30 mais elle a été diffusée à 12h00 ce 21/12/2013.

Beaucoup d’amis ne l’auront pas entendue.

Il reste une chance pendant 8 jours de l’entendre :

https://www.franceculture.fr/emission-on-ne-parle-pas-la-bouche-pleine-du-beau-du-bon-et-des-canons-2013-12-29

on ne parle pas la bouche pleine

Analyse des champagnes que j’ai bus jeudi, 26 décembre 2013

Il s’agit des champagnes que j’ai bus depuis 2000.

Il y en a 2285 dans ma base de données, avec une accélération de leur consommation.

Ainsi, sur la période 2002 + 2003 + 2004 j’ai bu 179 champagnes et sur la période 2011 + 2012 + 2013, j’ai bu 857 champagnes soit près de cinq fois plus. C’est très probablement lié à trois causes : ma meilleure compréhension des champagnes, le développement de mon amour pour les champagnes anciens, et la plus grande digestibilité (à mon âge) des champagnes.

Voici la répartition par année :

1893, 1900, 1904, 1907, 1910, 1911 (4), 1914 (4), 1920 (2), 1921 (2), 1928 (6), 1929 (4), 1930 (2), 1934 (4), 1935 (2), 1937 (8), 1940, 1942 (2), 1943 (2), 1945 (6), 1947 (7), 1948, 1949 (7), 1950 (5), 1952 (14), 1953 (9), 1955 (12), 1957, 1959 (26), 1960 (5) – 1961 (11) – 1962 (11) – 1964 (35) – 1965 (4) – 1966 (50) – 1969 (26) – 1970 (13) – 1971 (9) – 1973 (22) – 1974 (4) – 1975 (32) – 1976 (28) – 1978 (12) – 1979 (40) – 1980 (14) – 1981 (9) – 1982 (64) – 1983 (27) – 1985 (86) – 1986 (22) – 1987 (7) – 1988 (105) – 1989 (30) – 1990 (132) – 1991 (2) – 1992 (22) – 1993 (25) – 1994 – 1995 (102) – 1996 (158) – 1997 (60) – 1998 (105) – 1999 (86) – 2000 (62) – 2001 (2) – 2002 (89) – 2003 (28) – 2004 (35) – 2005 (18) – 2006 (8) – 2007 (8) – 2008 (2) – 2009 (2) – 2011 – 2012 – sans année (534) Total (2285) en 74 millésimes.

Il y a 802 champagnes d’avant 1990 (jusqu’à 1989).

Les années les plus fréquentes : 1996, 1990, 1988, 1998, 1995, 2002, 1985, 1999, 1982…. L’ordre est le fruit de hasards et d’occasions.

Les principales maisons dont j’ai bu les champagnes sont :

Krug : 230 / Dom Pérignon : 223 / Salon : 155 / Bollinger : 131 / Laurent Perrier : 124 / Henriot : 101 / Moët & Chandon : 97 / Ruinart 95 / Roederer : 84 / Selosse : 83 / Taittinger : 76 / Pol Roger : 66 / les différents Heidsieck (Charles, Piper et Monopole) : 62 / Mumm : 55 / Deutz : 49 / Philipponnat : 47 / Clicquot : 44 / Delamotte : 44 / Pommery : 39 / Billecart : 32 / Besserat : 23

ce qui fait un sous-total de 1.860 et les autres champagnes représentent 425 champagnes. Il ya donc 19% des champagnes qui ne viennent pas des maisons citées ci-dessus, avec Agrapart, Egly-Ouriet, Diebolt-Vallois, Pierre Péters et beaucoup d’autres.

émission sur radio courtoisie à propos de mon livre mercredi, 25 décembre 2013

Il est possible d’écouter cette interview de 90 minutes sur Radio Courtoisie jusqu’au 20 janvier maximum

Il faut aller sur www.radiocourtoisie.radio.fr  et sur cette page il faut cliquer sur « aller sur le site de la station »

aller sur le site de la station

une fois sur le site de la radio, on fait dérouler le menu des émissions et l’on choisit celle du 21/12 « Journal des Lycéens »

émission F Audouze sur Radio Courtoisie

Evolution des vins que j’ai dégustés. Vive le champagne ! mercredi, 25 décembre 2013

La base de données de 11.315 vins que j’ai bus depuis l’an 2000 permet de faire des analyses. Par région, ils se répartissent ainsi :

valeurs globales

Il est intéressant de comparer ce qui s’est passé entre la période 2002 + 2003 + 2004 et la période 2011 + 2012 + 2013, avec 9 ans de distance entre les deux.

En valeur absolue :

écart en val absolue

Le nombre de vins bus sur trois ans a presque doublé, mais c’est essentiellement parce que je suis invité de plus en plus à des dégustations ayant un objectif professionnel, soit aux domaines, soit dans des manifestations où la presse est invitée. La moitié de la progression est pour les champagnes.

En % de ma consommation de vins :

écart en pourcent vins

C’est assez spectaculaire et on peut l’interpréter ainsi :

1 – le bordeaux pèse de moins en moins parce que je découvre d’autres vins. Le prix peut aussi jouer un rôle, mais pas seulement, car les bourgognes ont aussi augmenté les prix et se maintiennent bien dans l’ensemble. Pourrait-on dire que les bordelais, attiré par les sirènes chinoises, ont oublié qu’ils avaient des amateurs français ?

2 – la progression des champagnes est spectaculaire et a très certainement deux causes principales :

– je comprends beaucoup mieux les champagnes qu’avant et je suis tombé amoureux des champagnes anciens

– l’effet de l’âge, puisque je supporte mieux les champagnes que les autres vins.

Mais bien sûr mon attirance est d’abord liée au goût !

3 – il y a certainement un effet de curiosité pour des vins que je cherche a apprendre. Ainsi les bordeaux, que j’ai découverts en premier au cours de ma vie, sont moins un sujet de curiosité, alors que la Bourgogne et le Rhône ont poussé mon envie d’apprendre. On a le même phénomène pour les vins du Jura : je les ai fortement recherchés il y a dix ans. Il y aujourd’hui moins de surprises.

Alors, que dire de cette étude flash : Vive le champagne et vive la Bourgogne !

Interviews à Radio Courtoisie et France Culture lundi, 16 décembre 2013

Samedi 21 décembre, je serai interviewé sur Radio Courtoisie de 12h00 à 13h30 et c’est une surprise que d’avoir un tel créneau pour parler seul avec un journaliste. Ceux qui sont intéressés m’écouteront sur : 95.6 – Paris/IdF – 100.6 – Caen – 104.5 – Chartres – 87.8 – Cherbourg – 101.1 – Le Havre – 98.8 – Le Mans  ou, Via https://tv-radio.com  (lien direct flux audio MP3). On évoquera le vin bien sûr au moment des fêtes, mais aussi mon livre « la France de l’Excellence ».

Le dimanche 29 décembre, je serai à l’émission « on ne parle pas la bouche pleine » d’Alain Kruger  sur France Culture à 12h30. On parlera de bonne chère et de bons vins !

La quintessence irréelle de la dégustation à l’aveugle mercredi, 4 décembre 2013

Il faut en être témoin pour le croire. Je suis assis entre Bernard Burtschy et Michel Bettane lors d’un dîner dont Aubert de Villaine est l’invité de marque. Un ami nous verse un vin sous étui, dont il est impossible de lire le nom.

Le vin est trouble, sans doute remué, d’un rouge sang coupé de rose. Il est beaucoup trop froid. Bernard et Michel annoncent tout de suite pinot noir et à la question de la région, c’est Bernard qui lance le premier la région Bourgogne. Michel est le premier à lancer Côtes de Beaune et Bernard acquiesce. Michel a en tête Volnay. Le premier à lancer une année – et il n’y en aura pas deux – c’est Bernard qui dit 1985 et c’est 1985. On lui demande pourquoi et il répond : « parce que 1985 est la seule année équilibrée des années 80″. Bien. On s’égare un peu vers Pommard, sans y croire, et le tir se rapproche de Corton et l’ami approuve. Michel dit : je verrais bien Chandon de Briailles et ça doit être un Bresssandes.

Bernard dit Clos du Roi et l’ami confirme à Bernard : « c’est effectivement Clos du Roi Chandon de Briailles « . Michel dit : « c’est curieux, parce que pour moi, c’est le style d’un Bressandes ». Et l’ami pour détromper Michel soulève le cylindre qui cachait l’étiquette, regarde et pousse un cri de stupeur : « oh, ça alors, je croyais avoir pris un Corton Clos du Roi, car je voulais faire un clin d’œil à Aubert de Villaine qui fait un Corton sur les terres de Mérode dont une partie est en Clos du Roi et je me suis trompé en la prenant ».

Si on me racontait cette histoire, j’aurais du mal à la croire. Assis entre ces deux géants de la dégustation, je hochais la tête de droite à gauche comme le spectateur d’un match de tennis et j’allais d’émerveillement en émerveillement quand ces deux sommités expliquaient les raisons de leurs choix. Le vin est un Corton Grand Cru Les Bressandes domaine Chandon de Briailles 1985 à la couleur trouble et servi trop froid, découvert à l’aveugle en additionnant ces deux talents. Très doucereux, presque parfois sucré, il était bien vivant et velouté. Un vin au fruit rose ou rouge bien dessiné, frappé d’une infime trace de TCA.

On mesure le fossé himalayesque qui sépare un amateur de vin de ces deux génies, dotés d’une culture qui m’époustoufle en chaque occasion où j’ai la chance de déguster à leurs côtés.

La France de l’Excellence – livre de François Audouze dimanche, 24 novembre 2013

Le vin est ma passion mais je suis aussi citoyen. Excédé de voir mon pays s’enfoncer dans le déclin par l’irréalisme de toutes les politiques où la démagogie et les bons sentiments ont exonéré de la nécessité de gérer, j’ai écrit un livre, « La France de l’Excellence« , pour décrire non pas ce que l’on peut faire, mais ce que l’on doit faire.

Ce livre est brutal, car les mesures présentées paraîtront impossibles. Mais ce que l’on sait, c’est que si l’élection présidentielle de 2017 se joue, comme en 2012, sur la démagogie, le pays est définitivement perdu.

Ce livre est un avertissement sur ce qu’il faut faire avec courage en impliquant l’ensemble des citoyens.

On ne discutera pas de ce livre sur ce blog, car ce n’est pas l’objet d’y parler de politique.

Mais je ne veux pas cacher l’existence de ce cri du cœur adressé à mon pays.

Il sera disponible cette semaine dans les librairies et sur les sites marchands.

La France de l’Excellence, Editions du Rocher.

la France de l'Ecellence 001 - Copie

Du kebab de compétition au « Grillé » vendredi, 22 novembre 2013

Au cœur de Paris, j’ai rendez-vous avec une papesse de la communication. Elle virevolte entre ses téléphones, tutoie la terre entière, brusque les uns et caresse de sa voix les autres. Entremetteuse de talent, sans le moindre souci du contenu de mon agenda, elle m’organise pour le lendemain un enregistrement sur France Culture.

Ce jonglage permanent sur les ondes hertziennes s’arrête soudain et elle me dit : « on va manger un kebab, vous m’emmenez ». Elle sait que j’ai le dîner de l’Académie du Vin de France qui m’attend, mais on ne résiste pas à cet Attila en jupe.

Au coin d’une rue, il y a effectivement une boutique « Grillé » ouverte et lumineuse, qui fait des kebabs. On me dit que le midi, on y fait la queue tant il y a de demandes, et ce soir, nous sommes les premiers servis du premier service du soir de la boutique qui n’était active qu’au déjeuner. C’est donc le soir d’ouverture. Et là, qui vois-je ? Hugo Desnoyer le boucher le plus célèbre de Paris. Il est associé dans cette affaire. Quelle belle surprise ! On me donne à goûter un kebab absolument délicieux, dont la viande est excellente et la sauce verte judicieusement épicée. On peut grignoter de petites frites croquantes à souhait. Ce lieu a joué la carte de la qualité et c’est franchement bon.

Ne dites pas à ma mère que je suis dans un kebab, elle me croit au dîner de l’Académie du Vin de France, où je me rends toutes affaires cessantes.

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