308ème repas au restaurant Pagesjeudi, 19 février 2026

Un ami fidèle de mes dîners me demande d’organiser un déjeuner pour cinq personnes selon le principe de mes repas. Ce sera le 308ème repas de wine-dinners. J’arrive au restaurant Pages pour ouvrir les vins du repas, auxquels j’ai ajouté les deux vins ouverts la veille, un Krug Grande Cuvée étiquette couleur bordeaux et un Echézeaux du domaine de la Romanée Conti 1961.

L’ouverture des vins est sans histoire. Les convives sont un ami fidèle et son épouse que je ne connaissais pas et un couple de leurs amis que je ne connais pas non plus. La conception du menu est faite avec mon ami et le chef Ken ainsi que Pierre-Alexandre, directeur de Pages. Ce sera : carpaccio de sériole / poisson maigre à la sauce au vin rouge / veau et carottes blanchies / wagyu / tarte Tatin.

Le Champagne Salon 1999 avait eu un pschitt fort sympathique à l’ouverture par Pierre-Alexandre. Il est brillantissime, vif, fringant et dynamique. A côté de lui je suis content d’avoir ouvert le Champagne Krug Grande Cuvée étiquette bordeaux, car nous pouvons comparer deux styles très différents et très complémentaires. Le Salon est un guerrier, le Krug est un aimable compagnon, accueillant, raffiné et rassurant. C’est le Salon qui est le plus vibrant avec le poisson cru.

Le Château Mission Haut-Brion 1948 avait un niveau à mi épaule, et une belle couleur. Le parfum à l’ouverture m’avait rassuré sur sa qualité. L’accord avec le poisson est pertinent. Le vin est solide, serein, équilibré, très dogmatique. Il est rassurant, profond et long. Un vin noble et de plaisir.

Nous allons boire maintenant deux vins de la Romanée Conti. En premier, le Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988 au niveau parfait, au bouchon parfait et au parfum révélant déjà la complexité du vin. Sur le délicieux veau, le vin délivre un festival de saveurs raffinées. Le vin est riche mais surtout élégant, à la magnifique rémanence en bouche.

A côté de lui, l’Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1961 est plus lourd, plus charpenté mais j’adore sa richesse. Et il va briller sur le wagyu, révélant une force et une cohérence qui sont exceptionnelles. Le fait que ce vin si blessé soit nommé premier par un des convives grâce au wagyu est quelque chose qui me ravit : même le plus blessé des vins peut trouver un moment de grâce pure.

Pierre-Alexandre était allé avec Victor le pâtissier acheter des pommes pour préparer la tarte Tatin que j’avais suggérée. Quel restaurant ferait cela aussi spontanément ? La tarte Tatin est très bonne mais un peu trop sucrée. Le Château d’Yquem 1988 était mon préféré de la trilogie 1988, 1989, 1990. C’est l’Yquem que j’ai bu le plus des 107 millésimes d’Yquem que j’ai bu. Il est solide, parfait, cohérent, rond et de grand plaisir. Un Yquem qui marquera l’histoire.

Nous ne sommes que cinq avec six vins mais nous allons voter. Le Grands Echézeaux 1988 a trois votes de premier, la Mission 1948 et l’Echézeaux ont chacun un vote de premier.

Le vote de l’ensemble de la table est : 1 – Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988, 2 – Château d’Yquem 1988, 3 – Champagne Salon 1999, 4 – Château Mission Haut-Brion 1948.

Mon vote est : 1 – Grands Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1988, 2 – Champagne Salon 1999, 3 – Château d’Yquem 1988, 4 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1961.

L’ambiance fut extrêmement sympathique. L’implication de toute l’équipe du restaurant Pages est exemplaire. La performance d’un vin blessé de la Romanée Conti est pour moi la surprise la plus belle, car il faut toujours donner sa chance à un vin, tant les surprises sont étonnantes.