Archives de catégorie : dîners ou repas privés

Déjeuner au Castellet lundi, 18 août 2014

Le lendemain du dîner de vins du 15 août, nous allons avec nos amis au restaurant San Felice de l’hôtel du Castellet. L’endroit est toujours aussi beau, incitant au calme et à la sérénité. L’apéritif se prend avec un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1988. Le vin est aussi ambré que le Mumm René Lalou 1979 et le Substance de Selosse de la veille. Serions-nous abonnés à cette jolie couleur dorée ? Le vin a un parfum intense. La bulle est active et ce qui frappe, c’est la personnalité affirmée du champagne.

Chacun choisit ses plats. Mon menu comprend de délicieuses grosses crevettes puis une araignée de porc avec du chorizo et des blettes. La cuisine est bien exécutée. Le Corton Bonneau du Martray rouge 1996 est d’une grande subtilité. C’est un vin qui caresse le palais, avec une petite acidité qui émoustille. J’ai toujours eu un penchant pour ce vin affable, courtois et raffiné. La pêche Melba est un péché, je le confesse, mais que c’est bon.

Le lendemain au déjeuner, nous avons confronté les fins de bouteilles du Corton Bonneau du Martray 1996 qui a juste 24 heures après l’ouverture, avec La Turque 2000 qui a été ouverte il y a trente-six heures, comme le Vega Sicilia Unico 2000. Le Corton a perdu de la fraîcheur, prenant une acidité qui dévie le goût. La Turque est encore meilleure que ce que nous avions bu et le Vega Sicilia Unico s’il est encore très bon, montre un peu les effets des 36 heures. C’est donc La Turque qui a les plus belles aptitudes à résister au temps. Bravo pour ce vin racé et solide.

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Dîner du 15 août samedi, 16 août 2014

Le dîner du 15 août, c’est une institution, occasion d’ouvrir de belles bouteilles entre amis. Nous serons six, dont cinq buveurs. J’ouvre tous les vins vers 17 heures, sauf les deux 2000 rouges dont je souhaite une ouverture de dernière minute pour bénéficier de l’éclosion du fruit de ces deux champions.

Le premier acte de l’apéritif met en présence des petites sardines avec le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979. La bouteille est toujours aussi belle, avec ses rondeurs biseautées et le vin est d’un or glorieux. Le nez est très expressif. Le vin est grand, opulent, majestueux, avec de jolis fruits jaunes. Le champagne est confortable avec une acidité citronnée très légère. Alors que le champagne Henriot avait eu du mal avec les petites sardines, l’accord se trouve avec ce vin de presque 35 ans. Sa maturité s’accompagne d’une jeunesse exaltante. On dirait que ce champagne est au sommet de sa forme.

Le Champagne Substance Jacques Selosse dégorgé en 2006 lance le deuxième acte de l’apéritif avec du jambon Pata Negra. Le jambon est assez sec, a relativement peu de gras et n’a pas cette sensation de noisette. Mais il va bien avec le champagne qui présente un saut gustatif par rapport au précédent qui est considérable. J’ai toujours peur avec les dégorgements très anciens de Substance, mais là, force est de constater que celui-ci est exemplaire. Sa couleur est aussi foncée que celle du Mumm, son parfum est intense, et en bouche, il a une longueur infinie par rapport à celle du Mumm. Le vin est puissant, solide sur ses bases, et emporte le palais dans une danse de plaisir. C’est un très grand champagne terriblement vineux.

Nous passons à table et le vin blanc va accompagner une friture de petits rougets relativement peu convaincante, car la panure est trop présente, et des grosses crevettes d’un goût exquis, jointes à d’originales lamelles de courgettes. Le Vina Tondonia Gran Reserva Lopez de Heredia Rioja blanc 1991 est une découverte. Je n’ai aucun repère. Si le vin boude la friture, il s’approprie les crevettes pour offrir une palette aromatique étendue. Ce vin de soleil, chaud et généreux est confortable, mais il n’offre pas énormément de complexité. Il est très correct, évoque quelques chardonnays américains. Il est probable qu’on l’oubliera dans peu de temps.

Le Château Latour 1974 est d’une bouteille rhabillée au château en 2003, ce qui veut dire qu’elle a toujours son bouchon d’origine. Le nez à l’ouverture montrait une grande délicatesse. Maintenant, je ressens un peu de poussière qui n’est pas loin d’évoquer un goût de bouchon mais cette impression fugace ne durera pas. Ce vin est de belle race et il est apprécié de mes amis, mais je suis gêné par le côté poussiéreux qui vient masquer le potentiel du vin. De petite année, il a la discrétion polie. Le voile qui le masque m’enlève le plaisir.

L’agneau cuit à basse température est fondant. Le pressé de pommes de terre est enthousiasmant. Il faut bien cela pour deux seigneurs. La Côte Rôtie La Turque Guigal 2000 est toute en fruit. Elle est généreuse, mais elle offre une belle subtilité gracieuse. Ce n’est pas un vin qui passe en force. Malgré ses muscles saillants, elle fait gant de velours.

A côté, Vega-Sicilia Unico 2000 se distingue par cette caractéristique qui me comble d’aise : la fraîcheur est mentholée avec de petites traces de fenouil.

Les deux rouges sont magnifiques et fondamentalement différents. Les départager serait difficile. Je dirais qu’en début de dégustation, c’est la fraîcheur mentholée de l’espagnol qui le met en tête. Et en fin de soirée, c’est la grâce subtile de La Turque qui lui donne la palme.

Bien évidemment les trois rouges ont accompagné un camembert Jort dont nous sommes friands, et fort agréablement le Latour a, pour un instant, oublié son voile de poussière. Il est devenu charmant et distingué.

Des tranches de mangue légèrement caramélisées ont fait tourne et retourne sur la plancha. C’est un Château d’Yquem 1990 qui va en profiter. Ce qui est fascinant avec Yquem c’est que la question de sa qualité ne se pose pas, il est parfait. Pourquoi le comparer avec d’autres millésimes dont on a la mémoire, quand on profite d’un tel moment de luxure pure. Ce 1990 est très équilibré, très jeune encore comme en atteste la couleur. Il est tout simplement une « sex bomb » de sauternes.

Les discussions animées nous ont portés jusqu’à deux heures du matin. Nous nous sommes endormis heureux d’avoir vécu un moment d’amitié ponctué de bonne chère et de grands vins. Yquem sera toujours Yquem, les deux 2000 sont fascinants et le Substance est un champagne incontournable. Quel bonheur !

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Début des festivités à l’occasion du week-end du 15 août vendredi, 15 août 2014

Le 15 août est traditionnellement l’occasion de repas de bonne chère et de grands vins. Les amis arrivent par l’avion du matin. Pour donner le coup d’envoi des festivités, l’apéritif est dédié au Champagne Krug Grande Cuvée. Il est accompagné d’anchoïade et de tapenade sur des gressins. Le champagne est noble, généreux, construit, et s’il satisfait le palais, je lui reprocherais d’être un peu trop consensuel. Le repas qui suit, à base de poulet grillé, est à l’eau pour ménager nos montures.

Le soir, l’apéritif est au Champagne Delamotte 2004. Ce blanc de blancs est fort agréable, facile à vivre. Le saucisson d’ Auvergne lui va comme un gant. Le champagne est clair, fluide, et lorsqu’il se réchauffe dans le verre, on sent que la matière vineuse est de grande qualité.

Les chipolatas cuites à la plancha accompagnent un Château de Pibarnon rouge Bandol 2000. Le nez est entraînant. L’attaque est franche, puissante, de belle garrigue. Les chipolatas souvent poivrées mettent en valeur le vin qui se distingue par un velours extrême. Ce vin est tout en charme. Il n’a pas une grande longueur, mais il compense par une séduction qui ne laisse pas insensible. C’est manifestement un grand vin. Les pommes de terre en quartiers cuites avec des citrons du jardin sont superbes et il faut éviter de boire le vin juste à la suite. Quelques fromages font retrouver le beau Bandol ou le Delamotte lorsqu’il s’agit du Brie. La salade de pêches se déguste avec de l’eau pour seule compagne. C’est demain que les choses sérieuses vont commencer.

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Beaux vins et belle expérience lors d’un dîner souriant mercredi, 13 août 2014

Avec quelques amis ma fille cadette vient dîner à la maison. Nous sommes six. L’apéritif nous donne l’occasion d’ouvrir un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1998 qui est différent des précédents que nous avons bus en ce qu’il est nettement plus évolué. On dirait qu’il a dix ans de plus et cela lui va bien. Le bouchon ne fournit aucune indication sur ce vieillissement. Avec des tranches de saucisson fumé d’Auvergne de grande qualité, le mariage se fait et le saucisson élargit le champagne bien rond, affirmé, aux fruits dorés généreux. C’est un champagne très expressif et très rassurant, car le message est limpide. Pas de complication excessive. Nous l’essayons avec des sardines « 16/20″ très petites puisqu’il y en a seize par boîte métallique. Les sardines sont délicieuses, mais l’accord ne se trouve pas avec le champagne soudainement rétréci.

Nous passons à table. Nous voulons montrer à nos invités la qualité exceptionnelle des œufs de nos poules qui vivent à l’air libre et sont nourries d’aliments bio. Que faire boire avec une omelette ? Près du boucher traiteur dont nous sommes fidèles, le marchand de journaux a été remplacé par un caviste en vins. Par curiosité je m’y étais rendu et il m’avait fait goûter un rosé qui m’avait impressionné. Nous buvons donc un Clos Cibonne Tibouren Côtes de Provence Cuvée Prestige Caroline 2013. Le rose saumoné est intense, le nez n’est pas significatif. Ce qui frappe, c’est la richesse de construction de ce rosé. Il est puissant, pénétrant, de grande longueur en bouche. C’est un grand rosé gastronomique. L’accord se trouve avec l’omelette onctueuse qui est un régal. Aucun œuf du commerce ne pourrait donner cette délicatesse et ce plaisir.

Le plat suivant est un agneau cuit quatre heures en papillotes, essai de ma femme, avec un pressé de pommes de terre et des aulx. Les trois composantes du plat sont fondantes en bouche. Le plat est réussi. Le Mas de Daumas Gassac rouge Vin de Pays de l’Hérault 2000 a un nez raffiné qui plante de décor. Nous sommes face à un grand vin. Il a des accents de vin bordelais et je pense qu’à l’aveugle, je serais parti dans la direction de Bordeaux. Le vin est beaucoup plus noble que ce que j’attendais, même si j’attendais un grand vin. Il est rond, avec une complexité charmante et équilibrée et son final truffé se prolonge avec bonheur. L’accord est naturel sur les goût simples et francs du plat.

Je demande alors aux invités de se concentrer car nous allons réaliser une expérience avec le plus grand sérieux. Il y a un plateau de fromages qui nous attend, mais le centre de nos recherches sera le camembert Jort. Il sera accompagné d’un champagne et d’un vin rouge. Nous devrons dire avec lequel nous préférons le Jort.

Le Champagne Salon 1999 est fort, vineux, percutant. Avec le camembert, il donne des impressions de noisettes. Il est fouetté par le Jort de façon très convaincante.

La Côte Rôtie La Mouline Guigal 1997 est appréciée par tous. Je la trouve un peu stricte et un peu moins fruitée que d’autres Côtes Rôties de Guigal, mais le fromage excite le vin qui prolonge l’accord d’une grande plénitude.

Pour beaucoup l’accord camembert et champagne est une première et ils sont étonnés que ça se passe aussi bien. Au moment de voter, j’aurais tendance à mettre les deux accords ex aequo, même s’ils sont très différents, mais je choisis l’un des deux.

Le résultat est : trois votes pour l’accord avec La Mouline et deux votes pour l’accord avec le Salon. Si j’avais gardé l’ex aequo, le vote final aurait donné les deux ex aequo car mon choix a été pour La Mouline. L’accord avec le Salon, avec ces goûts de noisette, satisfait l’esprit, alors que l’accord avec La Mouline est beaucoup plus sur la jouissance. La bouche est remplie d’un vin juteux quand le Jort l’accompagne.

Voilà deux accords non conventionnels que nous avons plébiscités. Nous avons continué avec de délicieux fromages dont un original Bellota Bellota qui se présente comme une boule très dure dont on mange l’intérieur crémeux à la cuiller. C’est fort et riche en calories.

Le Salon s’est terminé sur une tarte aux mirabelles du jardin. L’un des amis avait apporté une demi-bouteille sans étiquette dont il nous explique le contenu. C’est un limoncello qui ne vient pas de Sorrente mais de Grasse, avec les cinq sortes de citrons de Grasse ou de Menton, je ne sais plus. Ce digestif est d’une traîtrise absolue, car on ne sent pas du tout l’alcool. On a un jus de citron d’une pureté exceptionnelle au point que l’on en ressent la pulpe. Et il se boit si bien que la demi-bouteille s’est asséchée en un temps record.

L’ambiance s’en est ressentie au point que sur un sujet futile, un fou-rire nous a tenus hors d’haleine pendant un bon quart d’heure. Ce fut une belle soirée d’été.

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Apéritif impromptu samedi, 9 août 2014

Ma fille cadette a loué une villa à portée de fusil de notre maison. Arrivant chez elle à l’heure de l’apéritif, elle nous ouvre un Pouilly-Fuissé Le Clos de Monsieur Noly Domaine Valette 2002. La couleur est d’un or prononcé, superbe. Ce qui est passionnant, c’est le final de ce vin. L’attaque est aimable et tout se joue dans le final. C’est une explosion de fraîcheur citronnée intense. Il y a même un léger poivre qui rend le vin encore plus insistant. Sur des chipolatas elles-mêmes poivrées, c’est un régal. Voilà un vin de grand plaisir.

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Quelques champagnes par de belles soirées d’été jeudi, 7 août 2014

Des amis viennent prendre l’apéritif à la maison. Le Champagne Delamotte 2004 est fort plaisant, de bonne et large soif, pour paraphraser le vocabulaire rabelaisien des confréries viniques. Il est suivi par un Champagne Henriot Cuvée des Enchanteleurs 1998 qui n’est pas un service à rendre au Delamotte. Car le blanc de blancs est tout en suggestion, en gracilité, alors que le Henriot est en puissance, conquérant, et l’emporte grâce à son charme convainquant. Les deux sont de grands champagnes, très différents, mais il ne faut pas les servir ensemble ni dans cet ordre.

Ma fille aînée et ses filles sont parties, mon fils, son épouse et ses deux enfants viennent juste de partir. L’impression de vide se ressent. Aussi, avec ma fille cadette, nous décidons de ne pas nous laisser abattre. Le Champagne Krug Grande Cuvée a une belle force de caractère. Sur de la poutargue, il est un accompagnateur poli. Il a la même gentillesse avec de mini sardines, mais aucune percussion n’est atteinte. Le champagne commence à s’ébrouer sur une terrine aux abats. L’apothéose vient avec un camembert Jort bien fait qui sent presque l’écurie tant il est typé. Là, le Krug s’émeut, vibre, et nous ravit. Il a besoin d’une confrontation musclée. Globalement, le Krug Grande Cuvée qui mériterait un peu plus de temps en cave, s’il est racé et de belle complexité, manque un peu de vibration. Il lui faudrait au moins cinq ans de plus.

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Beau déjeuner au San Felice de l’hôtel du Castelet mardi, 5 août 2014

Par une belle journée d’été, nous allons déjeuner en famille à l’hôtel du Castellet. Le restaurant gastronomique deux étoiles, le Monte Cristo, n’est ouvert que le soir aussi allons-nous à la brasserie
San Felice, installée au bord de la piscine le long du parcours de golf.

Avant cela, sur la terrasse du bar de l’hôtel, nous prenons l’apéritif avec un Champagne Dom Pérignon 2004. L’immédiate impression est celle d’un champagne confortable. Il a une jolie complexité, une belle race, c’est un champagne de plaisir. Il n’a ni la typicité ni la complexité des plus grandes cuvées mais il est rassurant et confortable. C’est un très bon champagne que l’on boit avec gourmandise.

J’ai choisi les vins avant la commande des plats. Nos désirs sont variés, je prendrai une tartelette à la sardine et aux tomates confites, puis la pièce de bœuf. Mon entrée pourrait convenir au blanc et au rouge, aussi les deux vins sont servis.

Le Riesling Clos Sainte Hune Trimbach 1998 est opulent et rond, mais surtout il a un fort botrytis. De ce fait, il s’installe en conquérant dans le palais et perd un peu du ciselé si caractéristique de ce Clos légendaire. C’est un beau vin, gras, opulent, de belle race.

Le Corton rouge Bonneau du Martray 1996 est d’une élégance joyeuse. C’est son final qui entraîne dans les saveurs follement bourguignonnes. Il est beaucoup plus adapté à la sardine qu’il caresse que le Sainte Hune qui domine le plat. Le Corton expose des complexités subtiles, toutes en distinction. C’est un régal de boire ce vin puissant et délicat.

Après le repas, sous un gazébo, une belote acharnée nous a permis de reposer nos corps avant de reprendre la route. Ce lieu porte au calme et à la sérénité. La brasserie ne vise pas la grande cuisine mais une honnête prestation. Ce contraste avec l’ambiance marine de notre maison plait à mon épouse. Comme de plus on trouve des prix acceptables pour de grands vins, c’est une étape obligée de nos vacances.

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Un Vega Sicilia Unico parfait samedi, 2 août 2014

La famille est au complet dans notre maison qui grouille de monde. Il arrive que certains décident d’aller dîner en ville aussi, les seuls qui boiront ce soir sont ma fille cadette et moi. Il y a un agneau au programme du dîner ce qui est une invitation à ouvrir un grand vin. Dès la première gorgée du Vega Sicilia Unico 1996, nous nous regardons, ma fille et moi, en faisant un signe qui ne trompe pas : nous sommes face à une bouteille totalement exceptionnelle. Ma fille est surprise et je le suis tout autant. Ce vin est d’une totale perfection. Le nez est tonitruant, riche de fruits noirs. La bouche est étonnamment fluide. On y trouve menthe, fenouil, feuille de cassis et fruits de cassis, avec des myriades d’évocations d’une totale pertinence. Le vin glisse en bouche, fruité, riche, frais et léger. Quel bonheur que ce vin.

Chaque gorgée nous confirme que nous sommes en présence d’un vin parfait. Je l’avais sorti de l’armoire à vins au moment de le boire, et dans sa fraîcheur, il est d’une gourmandise raffinée. Très convenable sur l’agneau, nous l’avons essayé sur un camembert Gillot peu fait. Ce camembert n’a pas la forte personnalité du Jort mais il est plus orthodoxe. Il est excellent et l’accord s’est trouvé pour notre plus grand plaisir. Il est rare que Vega Sicilia Unico, vin que j’adore, m’ait autant donné une image de perfection.

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Vins de vacances dimanche, 27 juillet 2014

Les enfants sont tous présents ainsi que les petits enfants. Nous ouvrons des vins au fil de nos humeurs. Un Château de Pibarnon rouge 2000 est plaisant car il est carré. Il a de la puissance et une belle harmonie. Il se boit bien.

Nous en ouvrons un autre lors d’un autre dîner. Le Château de Pibarnon rouge 2000 est un peu moins vibrant mais toujours aussi équilibré et carré. L’occasion est belle de le comparer avec le Château de Pibarnon rouge 2001. Le précédent m’avait déçu parce que l’alcool dominait et bridait le discours. Celui-ci, à l’inverse, est d’une grande délicatesse. Sur un agneau provençal, il brille par son élégance. L’honneur est sauf, le 2001 qui m’avait déplu n’était pas ce qu’il devait être. Ce 2001 confirme sa belle stature de Bandol de charme et d’élégance.

Nous décidons, sur une proposition de mon fils, d’organiser l’apéritif sur la terrasse de toit du cabanon qui surplombe la mer. Mer et soleil en fin de journée nous offrent des couleurs de mer et de ciel qui sont un véritable spectacle, rose, bleu argenté, gris argenté puis noir d’encre. Le Champagne Delamotte 2004 est un vrai grand champagne, rassurant, complet, agréable au palais.

Le Champagne Salon 1997, dès la première gorgée, montre que l’on change de dimension. Il y a une complexité d’une autre échelle. Ce Salon est complexe, suggéré plus qu’affirmé, tout en délicatesse. Je pense qu’il conviendrait de l’attendre encore quelques années pour qu’il révèle ce qu’il a dans le cœur.

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Déjeuner avec des vins inattendus dont une Roussette et un Royal Kebir dimanche, 20 juillet 2014

Le propriétaire de l’une des plus importantes maisons de ventes aux enchères américaines m’annonce qu’il passe dans la région ce qui me conduit tout naturellement à l’inviter à déjeuner. Il viendra avec son épouse, son agent français pour l’Europe accompagné lui aussi de son épouse. Ce commissaire priseur que je connais depuis des années organise des dîners de folie où les vins les plus rares coulent à flot avec des excès dignes des paulées bourguignonnes et reçoit des invitations de tous les plus grands collectionneurs de la planète.

Je prends cette invitation comme un challenge : comment lui montrer, ainsi qu’à ceux qui l’accompagnent, la spécificité de mon amour du vin. Je prépare les vins du repas que l’on découvrira le plus souvent à l’aveugle, pour ajouter du piment à la découverte. Le menu mis au point avec mon épouse est : coquilles Saint-Jacques saupoudrées de poutargue / gigot d’agneau à l’ail confit et purée de pomme de terre à l’huile d’olive / camembert Jort / petits desserts variés et macarons de la maison Matyasy à Hyères.

L’apéritif est constitué de Cecina de Léon, superbe viande de bœuf fumée onctueuse et douce en fines tranches, tapenade, anchoïade, chorizo et graissins. Le Champagne Delamotte 2002 que j’ai ouvert – pour une fois – deux heures avant, est parfaitement adapté à toutes les composantes de cet apéritif, la vibration la plus forte étant obtenue avec le bœuf fumé. Le champagne est bon, mais je n’ai pas la même étincelle qu’avec le même champagne bu hier, qui m’avait enthousiasmé. Il est grand, joue dans la cour des grands, mais n’a pas le même instant de grâce pure que celui d’hier. Il est vineux, carré, moins complexe qu’hier, mais de bel accomplissement. L’américain trouve le millésime.

J’avais envie d’ouvrir les champagnes deux heures avant et quand j’ai voulu ouvrir le suivant, ce fut impossible de l’ouvrir à la main. Le bouchon est collé et rien ne le fait bouger. Lorsque le couple de français arrive, je demande que l’on m’aide et la même impossibilité apparaît. Alors, je déchire autant que je peux la partie émergente du bouchon, je plante un limonadier et malgré l’effet de levier puissant, je n’arrive pas à décoller le bouchon et j’ai peur de casser mon tirebouchon.

Arrive l’américain et nous essayons à nouveau de lever le bouchon sans casser le tirebouchon. Au bout de nombreux efforts le bouchon se décolle. Il se trouve que l’étiquette de la bouteille est recouverte du papier d’emballage resté collé aussi le millésime n’est pas visible alors que le nom du champagne est évident. Le challenge sera de trouver l’année.

La couleur du Champagne Salon 1982 est dorée comme le soleil. Le champagne est d’une folle complexité et ce qui est fascinant, c’est le final qui ne finit pas. Il y a du pomelos dans ce final de belle acidité qui n’arrête pas d’envahir la bouche. Ce champagne est miraculeux. Je dis à mon ami que ce champagne mériterait 100 points car je lis ses commentaires fondés sur le système Parker, mais il me dit qu’il ne donne jamais 100 points. Alors, contentons-nous d’un 99 points, ce qui n’a pas d’importance, car seul compte le fait que ce champagne a un final fascinant qui envoie ses saveurs en ondes successives porteuses comme un tapis volant. Quel immense champagne ! Les deux amis ont placé ce Salon dans la décennie 70, mais c’est le sublime 1982.

Pour les deux vins qui vont suivre, je promets, si l’un d’entre eux trouve le vin, d’acheter le porte-avions Charles de Gaulle et de le lui donner, car je pense que ce serait impossible qu’ils trouvent. Les vins ouverts il y a plus de quatre heures ont été gardés à température de service et mis en carafe juste avant de passer à table.

Le vin servi sur les coquilles est d’un or citronné de belle jeunesse. Ce qui fascine dans ce vin, c’est sa précision et c’est de loin cette caractéristique qui me comble d’aise. Il est bien structuré, avec une jolie trace citronnée, évoque les fruits jaunes, et rebondit bien sur la poutargue en copeaux. Mon ami américain a éliminé les pistes de Bordeaux ou Bourgogne et serait volontiers allé vers le Jura. Cette piste pouvait être envisagée, mais la fluidité et la limpidité de ce vin se trouvent peu en Jura où les vins sont plus marqués. Ce vin est une merveille, c’est une Roussette de Savoie le Marestel Altesse Dupasquier 1990 qui a atteint un accomplissement admirable que n’auraient pas des versions récentes de ce vin.

La carafe qui suit contient un vin très foncé, qui est un peu tuilé sur le pourtour du verre, ce qui annonce un âge certain. Le vin a un fort café, un sensible moka mais il a une vivacité qui empêche de le trouver fatigué. Bien au contraire, il est envahissant. Il en impose par sa profondeur, sa structure large. C’est un vin de plaisir qui aurait probablement été meilleur quelques années auparavant car le café eût été moins insistant. Il avait un niveau dans le goulot, ce qui est exceptionnel. C’est Royal Kébir Frédéric Lung rouge vin d’Algérie 1945.

J’ouvre à la dernière minute et il n’y aura pas d’aveugle, la Côte Rôtie La Turque Guigal 1995. De plus en plus j’aime ouvrir ces vins au moment de les boire, sans les carafer. Le vin est une bombe de cassis, juteux, séducteur, diabolique, et nous le goûtons sur un camembert Jort coulant à souhait, ce qui conduit à un de ces plaisirs rares que j’adore parce qu’ils sont inattendus. Cet accord est captivant.

La cuisine de ma femme, sobre, lisible, était idéale pour les vins. Je suis content car j’ai emmené ces grands spécialistes du vin sur des pistes qui leur sont inconnues. Les vins rares et chers sont leur quotidien. Ce voyage éclectique leur a plu, ce qui est mon plus grand plaisir.

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le papier d’emballage collait à l’étiquette du Salon 1982

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on remarque le niveau dans le goulot du Royal Kebir 1945

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voici le bouchon du Salon 1982 qu’il a fallu déchirer pour introduire un tirebouchon qui a eu bien du mal à lever le bouchon collé

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bouchon du Lung et du Marestel

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photo du bouchon de La Turque prise 15 jours plus tard ce qui explique le resserrement

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photo de groupe

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