Archives de catégorie : billets et commentaires

La troisième étoile de Guy Savoy vendredi, 1 mars 2002

D’abord, l’événement le plus sympathique des jours récents, c’est la troisième étoile de Guy Savoy. Il la mérite depuis longtemps, mais c’est si agréable de le constater quand cela arrive. Je suis passé le féliciter. Il règne dans son restaurant une atmosphère euphorique qui fait plaisir à voir. Guy Savoy sera certainement le plus ouvert et le plus accessible des grands chefs de ce groupe si restreint de grands talents. Il n’y a pas le risque qu’il se disperse, comme hélas d’autres l’ont fait.
Le lien de cet événement avec la bouteille ci-dessus n’est pas évident, mais voilà. Guy Savoy avait fait pour ma femme et moi une recette spéciale : un poulet en vessie au « zan » ! Pour une de mes bouteilles de Chypre 1845. Et l’association était magique, le soupçon de zan se mariant si bien avec la saveur de réglisse du Chypre. J’aimerais bien qu’il fasse – s’il en a envie – une recette pour ce si étrange apéritif Clacquesin qui sent le goudron de façon intense, comme de vieux Rieslings. C’est une liqueur faite avec des pins de Norvège, dont on prend les bourgeons, les fruits, et des herbes, pour obtenir une décoction noirâtre qui sent de façon brutale. En bouche on cherche sa voie, tant c’est étrange. On pense au Fernet-Branca, puis assez rapidement, comme le suggère le long texte de l’étiquette, on est pris par le coté apéritif, c’est à dire donnant faim, tant il titille les papilles. C’est sur cet appel d’un plat que j’aimerais qu’un grand chef crée, car on peut s’amuser sur une palette de goûts extrêmement inhabituelle. Je verrais bien des calamars, des pâtes parfumées, et pourquoi pas tester le céleri et l’artichaut ? L’association la plus provocante, ce serait sans doute le caviar tapissant le dos d’un poisson (ça passe ou ça casse, car c’est osé). J’ai faim en l’écrivant et en y pensant.

LE SITE DE WINE-DINNERS jeudi, 6 septembre 2001

Le site wine-dinners est de plus en plus visité, avec régulièrement plus de 200 visites par jour, de plus de 10 minutes par visite, ce qui est énorme. Ce sont des amoureux du vin de tous pays, qui viennent voir nos jolies photos. On a même frôlé les mille visites le 30 juillet, avec 961 visites et 2056 pages consultées.

Un article des Echos jeudi, 6 septembre 2001

On revient de vacances. Sur son bureau, une pile de journaux. Les Echos, qu’on ne s’est pas fait envoyer sur le lieu de villégiature (une petite pause sur les Greenspan, Trichet et autres plans sociaux ou tribulations du CAC 40). Les Echos « week-end » du 14 juillet, ça parait obsolète quand on rentre. Mais l’oeil est attiré par un article sur Mas Amiel, cette si délicieuse propriété qui fait des vins magiques. Ce vignoble au grand potentiel fera des merveilles. Il en fait déjà. Je mettrai peut-être les produits du domaine d’Olivier Decelle au centre d’un dîner. Ce serait une bonne manière pour un vin qui a dans le passé été boudé par des amateurs ou restaurateurs un peu oublieux. Et l’équipe d’Olivier Decelle, authentique amoureux, même s’il est aussi investisseur, mérite une reconnaissance ou un encouragement. On feuillette encore, et un nouveau signal attire l’œil : un article sur le champagne Salon que l’on a servi récemment et qui fut tant apprécié. Et là, on découvre des mots aimables sur wine-dinners écrits par Jean Francis Pécresse dont les papiers sont marqués de tant de pertinence, dans une analyse sereine, hors des modes. Quelle joie d’avoir trouvé complètement par hasard cette allusion sympathique à nos dîners. Il nous appelle les « lofteurs » du vin, voulant sans doute dire que lorsque nous sommes ensemble à dîner, nous n’avons plus aucune envie de quitter la pièce où nous nous sommes enfermés !

VINEXPO mercredi, 20 juin 2001

Beaucoup de contacts avec des journalistes, une interview télévisée pour l’Amérique du Sud. On sent que l’intérêt pour wine-dinners et son concept progresse. Un aimable mot de M. Nicolas de Rabaudy dans la revue l’Amateur de Bordeaux fait aussi plaisir.
Vinexpo fut l’occasion de goûter de belles et bonnes choses, de France, mais aussi d’autres pays qui comme les Etats Unis, l’Australie, l’Espagne et l’Italie progressent dans des vins à qui l’on peut reprocher une certaine uniformisation vers des vins facilement charmants. Mais il faut reconnaître qu’ils sont charmants. Ce serait faire œuvre d’aveuglement que de nier la pertinence de certains choix.
La question pour la France sera de choisir entre l’expression de ses terroirs selon la forme la plus authentique, et ce goût international immédiatement chaleureux. La dégustation des 2000 de Bordeaux montre qu’il y a bien deux écoles : ceux qui maintiennent leur goût primitif, et mon palais s’accommode bien de leur démarche, et ceux qui suivent la voie internationale, avec des vins plus travaillés, plus forcés dans leur talent, mais plus immédiatement flatteurs.

Vinexpo mercredi, 20 juin 2001

D’abord, quel melting pot ! C’est le forum de tous les acteurs du monde du vin, avec un formidable tremplin pour des tas de pays qui font du bon vin, avec des méthodes qui méritent attention. C’est aussi l’occasion de rencontrer tous ceux qui écrivent sur le vin, ce que j’ai fait. J’ai retrouvé sur place avec beaucoup de plaisir Sir Michael Broadbent, l’homme qui a bu cent fois plus de vins rares que moi, qui revenait de Californie où il avait goûté dix vins californiens datés de 1812 à 1880. Et ils étaient bons, ce qui prouve que les méthodes de cette époque permettaient de faire des vins éternels. J’ai vu les plus grands sommeliers : Olivier Poussier, Philippe Faure Brac, et j’ai rencontré des producteurs si sympathiques et enthousiastes, soit à la dégustation des 2000, soit à la magnifique soirée à Yquem.

D’autres achats et divers commentaires du moment mardi, 29 mai 2001

Les achats de vins se poursuivent. Nous avons retrouvé avec bonheur des vins de Chypre, des Malvoisie de la première moitié du 19ème siècle, qui nous donneront l’occasion de belles dégustations. Nous avons pris livraison de Mouton 45 si beaux, et attendons avec impatience l’arrivée d’un Mouton 1900 qui est une légende, même supérieure à celle des Mouton 45.
La véritable inconnue qui interpelle tout le monde du vin, c’est l’attitude qu’il faut avoir vis-à-vis du millésime 2000. Nous allons en acheter un peu, mais ils figureront aux dîners de wine-dinners de nos petits enfants !!!
Depuis quelques mois, nous « ratons » tous les Romanée Conti des années récentes, tant les prix grimpent à des sommets quasiment inatteignables. Les prix de tous vins dans certaines ventes et dans certains restaurants dissuadent même des acheteurs qui se donnent de gros budgets. La mise en vente de l’année 2000 va peut-être servir de révélateur de réveils brutaux.
Nous allons bientôt créer le site de Vimperiale.fr, qui vendra des vins qui ne seraient pas réservés pour les dîners de wine-dinners. Comme notre intention n’est pas de lancer un vrai commerce, il s’agira plus de faire profiter à certains membres de wine-dinners de bons achats que nous réalisons.
Le local du futur Musée du vin a été acheté. Il faut maintenant l’équiper. Il y en aura pour plus d’un an.
Il faut se préparer pour le dîner 13, et les dîners de la rentrée. Pour finir, une citation de Winston Churchill : « Je ne suis pas difficile, je me contente toujours du meilleur ». Voilà de quoi se motiver pour de bonnes dégustations.

DES Achats en salles de vente dimanche, 29 avril 2001

Même si la cave de wine-dinners est plus qu’abondamment pourvue, on achète en permanence. Sur cette quinzaine, Romanée Conti 81 et 82, des Yquem 88 que nous aimons tant (à boire plus tard mais aussi maintenant), mais surtout des Mouton Rothschild 1945. On dit que c’est le plus grand Bordeaux qui ait été fait. Il faudra le goûter pour le vérifier, car à ce jour, c’est Mouton 1900 qui est la bouteille de Bordeaux la plus transcendantale que nous ayons bue. Inutile de dire que pour participer à cette expérience, cher lecteur, vous avez intérêt à être un fidèle client de wine-dinners. Ce qui constitue une forme élémentaire mais totalement assumée de « chantage ».

Commentaires sur les bulletins et le site wine-dinners. Ça démarre ! mercredi, 21 mars 2001

Quelques amis destinataires de ce bulletin à qui je demandais leur avis sur ces petites notes m’ont dit : « c’est très bien, j’ai survolé, mais je vais le relire ». Si on ne le lit pas tout de suite, on ne le lira pas. Or ce bulletin, c’est du Balzac, de l’Alexandre Dumas réécrit par Rabelais (!!). Il doit se dévorer dès sa parution comme les BD de notre enfance (il est à noter que ceux à qui s’adresse cette remarque ne la liront pas, puisque par définition, il ne vont pas jusqu’à ce stade du texte).
Il en est de même du site : beaucoup l’ont survolé. Or ce site www.wine-dinners.com a été conçu pour être un lieu de promenade et de rêve. Les 400 photos, avec commentaire succinct pour les bouteilles bues, et les commentaires détaillés pour les repas déjà faits sont destinés à donner envie de boire ces merveilleuses traces de l’histoire du vin. Il est aussi un moyen d’inscription. Nous allons l’utiliser.
N’hésitez pas à nous raconter vos belles dégustations, faire des remarques et des suggestions.

Le salon des grands vins dimanche, 11 mars 2001

Le salon des grands vins a eu lieu. Une réussite exemplaire. Organisation parfaite, vignerons ou négociants proposant de grands vins, et des visiteurs compétents et ouverts. Tous ces ingrédients ont permis de nouer des contacts qui promettent de beaux dîners. Jamais nous n’aurions rêvé d’un tel accueil à notre concept. Bien sûr les bouteilles exposées (vides car bues par nous lors de dîners) ont fait peur à beaucoup de visiteurs qui pensaient que ce niveau de qualité de vins ne pouvait être pour eux, financièrement ou gustativement, du fait d’un manque d’expérience. Mais généralement, les visiteurs ont posé de bonnes questions et ont montré leur intérêt. Le stand était beau, et la presse nous a bien accueillis. Attendons les retombées.