Archives de catégorie : billets et commentaires

les étiquettes de Mouton-Rothschild jeudi, 3 décembre 2009

Un ouvrage que l’on peut lire aisément sur le net :

http://fr.calameo.com/read/00003074798238f3abade

Philippe Margot, journaliste vitivinicole suisse a fait ce livre qui montre la gestation de toutes les étiquettes depuis celle de 1924 de Carlu, qui est reprise en haut et à gauche de mon blog.

Lisez cet ouvrage passionnant et instructif.

Audouze subliminal dimanche, 29 novembre 2009

Cet après-midi, à 16 heures, le journaliste de M6 qui m’avait contacté pour l’émission "Capital" du 29/11/09, qui m’avait suivi à une vente aux enchères à Paris, et à une autre à Cannes où j’ai perdu une journée et où je me suis ruiné, m’envoie un SMS me disant que du fait de la longueur de certains sujets, la partie du reportage qui me concerne n’a pas été retenue.

C’est punir ceux qui ont eu la gentillesse de chercher à me voir.

On me voit 1/10ème de seconde, devant une bouteille de Romanée-Conti, que d’ailleurs j’ai achetée.

C’est bien la première fois que je suis aussi peu bavard de ma vie.

un nouvel achat samedi, 28 novembre 2009

l’annonce est de vieux madères dont on me montre les photos.

Sans avoir goûté, j’achète. Les voici dans ma cave (à droite de mes vins de Chypre)

la similitude avec le flacon d’un Lacrima Christi 1780 (à droite), offerte par un ami avec qui je l’ai bu le 31/12/99 (en fait le 1/1/00, car il était tard) est très grande :

les culs semblent montrer que le vin acheté (à gauche) est un peu plus jeune que le 1780

mais tout cela est très vieux…

A boire, vite !

photos vendredi, 13 novembre 2009

Un lecteur fidèle du blog me reproche l’absence de photos sur maintenant plus d’un mois.

Je suis extrêmement en retard, et ce n’est pas le voyage à Los Angeles qui me fera rattraper ce déficit.

Le jour venu, il vous faudra lire plusieurs pages en arrière pour retrouver les photos qui agrémentent les textes.

Désolé pour ce retard et mille excuses.

Mes coups de cœur à Los Angeles mercredi, 11 novembre 2009

Essayant de mettre de l’ordre dans ma mémoire voici quelle pourrait être aujourd’hui la synthèse de mes coups de cœur de ce voyage à Los Angeles :

Les vins qui constituent une divine surprise et un divin plaisir :

Meursault Perrières Comtes Lafon 1989 / Veuve Clicquot 1949 / Montrachet Ramonet 1989

Les vins que je connaissais et qui sont d’une perfection absolue :

Yquem 1959 / Montrachet DRC 1999 / Latour 1959 / Pétrus 1989

Les vins qui m’ont donné un plaisir immense :

Lafite 1959 / Latour 1929 / Salon 1996 / Hermitage La Chapelle Jaboulet 1959 / La Tâche DRC 1989 / Bonnes-Mares Roumier 1959 / La Tâche DRC 1949 / La Romanée Liger Belair 1949

shopping à Beverly Hills vendredi, 6 novembre 2009

Aller faire du shopping à Beverly Hills ne ressemble à rien d’autre. Toutes les plus grandes marques mondiales du luxe sont présentes dans de larges avenues où le vrombissement des Ferrari et le feulement de mastodontes dont le son évoque les vieux bateaux de pêche, passent totalement inaperçus. Ici, tout respire le fric, tout exsude l’opulence avec des taux de concentration qui dépassent les seuils admissibles et pourraient être interdits par la loi si l’on était en France. Ici, tout est serein, assumé. J’avoue que venant d’un pays où la réussite n’est pas acceptée et doit être cachée, on se sent bien. Mais on se sent petit, tant l’échelle du pouvoir d’achat paraît atteindre des dimensions inconnues. Le plaisir de se promener dans des allées où les palmiers graciles montent au ciel l’emporte largement.

Bipin Desai, l’organisateur des trois jours de folie ayant prévu d’organiser un dîner informel entre les trois repas officiels m’a demandé de fournir un champagne récent de qualité. Ayant reçu son mail après mon départ en avion, je vais dans une boutique de vins de qualité que j’avais déjà visitée. Le double magnum de Mouton 1929 est toujours là, ainsi que d’impressionnantes collections de grands vins anciens. J’achète un champagne et voulant négocier, le vendeur me dit qu’il faut l’aval de la patronne propriétaire de l’endroit. Nous bavardons, j’achète et elle me dit : « voulez-vous prendre un café ». Et à la terrasse d’une échoppe qui vend des chocolats, nous avons bavardé autour d’un café coupé de chocolat chaud. Il n’y a qu’en Amérique qu’une telle convivialité peut si facilement se nouer.

à la recherche des faux, pause au Crillon et jury littéraire mercredi, 28 octobre 2009

Pour une émission de télévision célèbre, un journaliste veut traiter du sujet de l’investissement en vins et de la problématique des faux. Un premier rendez-vous a lieu dans une grande maison d’enchères pour une vente de vins. Quand j’assiste à une vente, j’achète. Nous bavardons du sujet de l’émission. Des rendez-vous de tournage se prennent. Dès que tout est en route, je quitte vite la vente pour ne plus acheter. Ayant peu de temps après rendez-vous avec le jury du prix Edmond de Rothschild, je fais une halte dans le hall de l’hôtel Crillon pour travailler en nomade. Antoine Pétrus, l’un des deux sommeliers du lieu, fait un cours de dégustation à de jeunes sommeliers. Un verre de Chateauneuf-du-Pape Domaine du Vieux Télégraphe 1990 atterrit comme par miracle sur ma table de travail. Nous nous reverrons demain à l’académie des vins anciens. Antoine me fait donc la grâce de ce verre. Le parfum est magnifique, mais le vin semble fatigué. L’attention compte plus que le vin.

La Baronne Nadine de Rothschild m’a fait l’honneur de m’admettre au sein du jury du prix Edmond de Rothschild et du prix Nadine de Rothschild destinés à couronner des ouvrages dont le vin est l’objet principal. La réunion a lieu dans une des salles artistiquement lambrissées de la banque Rothschild. Nous commentons les ouvrages. Nicolas de Rabaudy dirige les débats avec autorité. Michel Bettane et Philippe Bourguignon sont écoutés. Le choix se fait assez rapidement entre des livres de grande valeur. Nous rejoignons un joli buffet où nous sont proposés les vins des domaines d’Edmond de Rothschild ainsi que les produits de es fermes, beurre salé, un brie de très grande qualité ainsi que d’autres fromages. La profusion ayant été à l’ordre du jour, Nadine nous fait préparer des petits sachets de fromages. Le mien sera utilisé à l’académie des vins anciens du lendemain, où je retrouverai Nicolas de Rabaudy pour le troisième soir consécutif.

Nicolas de Rabaudy signe son livre mardi, 27 octobre 2009

Nicolas de Rabaudy a commis un livre sur l’histoire des cinquante plus grands restaurants de France. Il invite des amis pour la signature de son livre dans un des jolis salons de l’hôtel Ritz. Le buffet préparé par Philippe Roth est d’un goût exquis. Je suis assis à une petite table avec Michel Soutiran, dont le champagne est servi au verre. Je le complimente, car la définition d’un bon champagne c’est celui dont le verre est vide avant que l’on ait eu l’envie de le reposer. Michel Soutiran est ravi que notre table assèche aussi vite le Champagne Soutiran qui est un blanc de noirs. Nicolas nous trousse un discours où l’émotion le dispute aux évocations de souvenirs. Ayant reçu du baron Edmond de Rothschild un magnum de Lafite-Rothschild 1984, il le fait partager par ses amis. Ce vin d’une subtilité charmante est d’un contraste diamétral avec le vin du Château Peyrat-Fourthon au modernisme envahissant. Différences de culture et de génération entre ces deux vins. Nicolas était accaparé par les dédicaces et attrapait de la façon la plus flatteuse la crampe de l’écrivain. L’engouement de tous ses amis présage un succès littéraire.

voyageurs mes frères… lundi, 12 octobre 2009

Il est des moments où l’on pense que l’on atteint l’apogée des sentiments.

La scène se passe dans l’avion de retour. Après neuf heures de vol et alors qu’il en reste environ deux, on nous sert un petit-déjeuner. J’imagine assez l’acheteur des produits alimentaires de cette société de transport aérien, demandant du jambon, à condition qu’il soit trop salé et rempli d’eau, demandant que le yaourt ait un goût de gélatine et qu’aucune saveur ne puisse imiter de près ou de loin celle d’un fruit, cherchant le pâtissier qui pourrait construire un pain au chocolat qui ait la texture et le goût d’un matelas, mais la sensation n’est pas là.

Elle est dans la petite coupelle qui contient une salade de fruits. Ce bol plat de forme carrée est entouré d’un film plastique protecteur, transparent et bien lisse sur le dessus, et froissé et replié sur le dessous. Dans le siège exigu, le mouvement se passe ainsi : d’une main on soulève la coupelle, et de l’autre, on farfouille en dessous pour trouver les bords du film plastique afin de le dérouler. Et c’est à ce moment-là qu’une des sensations les plus vives se produit. La main du dessous a les doigts recroquevillés qui palpent, qui grattent, qui extirpent. Le plastique se détend, s’ouvre, se déroule. Il est assez compréhensible qu’en avion, il y ait des soubresauts. Quoi de plus logique. Dans ces conditions, le jus de la salade, sorte de sirop bien sucré, a sauté des bords de la coupelle pour s’étaler dans les plis du film. Et que fait la main qui cherche à ouvrir ? Elle reçoit lentement et délicatement le sirop qui glisse dans la paume. Et plus le film se déroule, et plus la paume devient gluante, suinte et arrose le reste du plateau. Prisonnier que l’on est de ses deux mains, on endure ce supplice comme l’un des plus sadiques que l’on puisse connaître.

Voyageurs mes frères, évitez les salades de fruit dans les avions.

Pas de « French Laundry » lundi, 12 octobre 2009

Le lendemain, alors que les « Blue Angels » sous un ciel bas essayaient par de chiches acrobaties de faire oublier leur semi-défection de la veille qui avait choqué le public non prévenu, mon nouvel ami m’appelle pour me dire qu’il aurait oublié qu’il avait un autre dîner. J’imagine qu’il était aussi fatigué que moi. Une salade verte avec des frites fut mon dernier repas de ce séjour à San Francisco.